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Accueil du site > Actualités > Europe > L’UE et l’Inde viennent de signer une déclaration commune sur (...)

L’UE et l’Inde viennent de signer une déclaration commune sur le multilinguisme

Qui a dit que l’Union européenne est triste, n’intéresse personne ou manque de « glamour » ? Cette institution est au contraire capable d’irrésistibles effets comiques, car l’Inde, qui n’a pas réussi à se défaire de la langue de ses anciens colonisateurs, devient pour M. Orban, signataire au nom de l’UE, un modèle de bonnes pratiques sur le multilinguisme !

« L’Union européenne et l’Inde, qui comptent chacune 23 langues officielles, signent une déclaration commune sur le multilinguisme »

« L’anglais peut être utilisé pour des motifs officiels et le pays comporte 22 langues officielles régionales. Cette riche diversité linguistique existe depuis le début de l’histoire de l’Inde et, au niveau local, elle est considérée comme tout à fait naturelle.
Cette similitude avec l’Union européenne concernant le paysage linguistique fait de l’Inde un interlocuteur privilégié pour l’Europe en matière de multilinguisme. Cette déclaration conjointe prévoit l’organisation de discussions et l’échange de bonnes pratiques sur une base régulière. »

Alors que, dans le monde entier, la décolonisation se poursuit sur le terrain linguistique, que l’Ukraine a « dérussifié » son enseignement supérieur, que les enseignants malais se rébiffent, que dans de nombreux pays arabes un mouvement grandit qui veut actualiser l’arabe standard sur le plan scientifique et le favoriser dans l’enseignement, l’UE choisit comme modèle le seul pays où quasiment personne ne conteste réellement la place de l’anglais comme langue nationale, sauf jadis un certain Gandhi :

« Le recours à une langue étrangère en Inde pour assurer l’enseignement supérieur a causé à la nation un préjudice moral et intellectuel incalculable. Nous sommes encore trop rapprochés de cette période pour mesurer l’énormité du dommage subi. Et c’est un tour de force presque impossible que d’avoir à juger nous-mêmes cette éducation dont nous sommes également les victimes.

Il me faut aussi préciser les raisons qui m’ont conduit à poser de telles conclusions. Pour ce faire, le mieux est, je crois, de faire part de ma propre expérience.

Jusqu’à l’âge de 12 ans, tout l’enseignement me fut donné en gujarati, qui est ma langue maternelle. J’avais alors quelques rudiments d’arithmétique, d’histoire et de géographie. Puis, j’entrai au lycée où pendant trois années encore, je reçus mon enseignement dans la langue maternelle. Mais le rôle du professeur était de faire rentrer l’anglais dans la tête des élèves par tous les moyens. C’est pourquoi plus de la moitié de notre temps se passait à étudier l’anglais et à maîtriser l’orthographe et la prononciation si arbitraires de cette langue. (...)

Les universités devraient être indépendantes. L’État ne prendrait à sa charge que ceux dont il a besoin pour ses services, et pour le reste, il encouragerait l’initiative privée. Il faudrait aussi, à tout prix et immédiatement, ne plus se servir de l’anglais pour assurer l’enseignement, mais redonner aux langues de chaque province la place qui leur convient. Je préférerais assister à la désorganisation temporaire de l’enseignement supérieur plutôt que de voir se perpétuer jour après jour ce gâchis criminel..."

Par cet accord entre l’UE et l’Inde, qui auraient une convergence de vues et de pratiques sur le multilinguisme, nous ne sommes pas loin d’un aveu que l’anglais est devenue LA langue de l’UE, et que, s’il ne l’est pas encore officiellement, beaucoup le souhaitent.

L’Ambassade de France, qui a participé aux réunions préparatoires, ne semble pas y avoir soutenu la langue française le moins du monde :

"Une première étape vers ce dialogue a été franchie en décembre 2008 avec la conférence sur le thème Multilingualism and Cultural Dialogue in Globalisation qui s’est tenue en Inde, à New Delhi, dans le contexte de l’Année européenne du dialogue interculturel (2008). Cette conférence était organisée conjointement par la Commission européenne, l’ambassade de France, sous la présidence française de l’Union européenne, la National Knowledge Commission indienne et la European Union of National Institutes for Culture (EUNIC-India Cluster)."

Comment dire poliment ce que l’on ressent ? Ah oui : la haute idée que se font d’eux-mêmes nos représentants n’est pas forcément partagée. Bah, du moment que le salaire tombe et que les légions d’honneur pleuvent, qu’importe l’opinion des citoyens ?

Citons quelques passages assez évocateurs des communications aux conférences préparatoires à l’accord :

« There are two distinct Indias : one that is comfortable in English and the one that isn’t. And when two young people, equally smart and intelligent, enter college, the one with English understands better, gets better grades. And when both enter the job market, the one with English gets a far better pay packet. »
(« 21 languages for the 21st Century », par Geeta Dharmarajan)

Est-ce là le destin de l’UE, un meilleur avenir professionnel pour ceux qui étudieront en anglais ?

« India, with its three-language strategy has shown a way, which Europe with its 1 + 2 model is now following. »
(communication du Dr Knopp - Indien Rede 1 - 2 : Linguistic Diversity : a Challenge and a Chance. Can Europe learn from India ?)

Décidément, ils sont mieux informés du côté de l’inde que nous autres en Europe, sur notre propre système, où 1+2 représenterait donc l’anglais pour tous en n°1. Ce serait officiel et personne ne nous aurait rien dit ?

L’intronisation de l’anglais comme langue officielle de l’UE semble donc assez proche... Le presque aveu vient d’en être fait par cet accord entre l’UE et l’Inde, qui auraient une convergence de vues et de pratiques sur le multilinguisme.

Mais, en pratique, cette convergence consiste essentiellement à faire chapeauter la Babel des langues par l’usage officiel de l’anglais !

Quand on sait que la propension à tirer sur le messager est une solide tradition historique, qui tiendra ce rôle ? Courage fuyons, mieux vaut que l’aveu se fasse en Inde, à l’autre bout de la terre !


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138 réactions à cet article    


  • Wlad Wlad 9 mars 2009 17:27

    N’empêche que l’ami Gandhi, sans anglais, n’aurait probablement pas été avocat, et a fortiori un observateur de la société occidentale. Facile de cracher dans la soupe.


    • Asp Explorer Asp Explorer 9 mars 2009 22:06

      Je rajouterai que si Gandhi - qui soit dit en passant n’était peut-être pas totalement tout seul dans son combat pour l’indépendance - a finalement triomphé grâce à la non-violence qu’il prônait, c’était uniquement parce qu’il avait en face de lui une démocratie fondée sur certaines valeurs que l’on peut qualifier d’occidentales. Gandhi a très finement observé qu’il serait possible de retourner ces valeurs - justice, liberté, recherche du bonheur - contre ceux qui les prônaient. Une stratégie qui donc s’est avérée efficace contre une démocratie telle que la Grande-Bretagne, mais qui, dans le cas du Tibet par exemple, se heurte à l’arbitraire d’une dictature pour qui ces mots sont vides de sens et ne mène à rien.

      C’est précisément parce qu’ils étaient estimables que les Anglais ont perdu. Ils ne méritent sans doute pas la haine et le mépris dont monsieur Krokodilo les abreuve à longueur de post, par pur dépit cocardier d’une puissance franchouillarde qui a depuis longtemps cessé d’être.


    • XF Xavier Faureste 9 mars 2009 22:44

      Il est clair que la dictature chinoise bénéficie d’un curieux traitement de faveur... alors que les américains et les britanniques, ces suppôts de la langue anglaise, sont responsables de toute les malheurs du monde. Il me semble pourtant que ce sont ces derniers qui se sont lancés par milliers, et au mépris du danger, à l’assaut des plages normandes pour nous rendre notre liberté. Ah ! excusez-moi, j’oubliais, parmi ces soldats, il y avait quand-même 177 français...


    • Krokodilo Krokodilo 9 mars 2009 23:05

      Les Anglais, comme tous les peuples qui ont eu leur période coloniale, ont commis des massacres. Cette présentation d’une gentille décolonisation pleine de fair-play est ridicule.


    • Hermes Hermes 10 mars 2009 08:37

      &N’empêche que l’ami Gandhi, sans anglais, n’aurait probablement pas été avocat, et a fortiori un observateur de la société occidentale. Facile de cracher dans la soupe. &

      Petite question Wlad : Vous vivez en France, vous appréciez tous les aspects francais ? Je pense, que comme moi, non, vous critiquez certains points ou aspects de la France. Et bien vous voyez Gandhi, il fait la même chose, il aime l’Angleterre mais sur certains aspects il est contre. Pour résumer, Gandhi pensait que faire apprendre l’anglais à tout le monde de force était une mauvaise chose, pour lui il était préférable d’utiliser la traduction c’est à dire que certains apprennent l’anglais, en gros ceux qui sont doués ou ont les moyens pour qu’ils traduisent dans les differentes langues de son pays.


    • Wlad Wlad 10 mars 2009 10:31

      Et c’est un nouveau record de l’Illettré dans la catégorie "A côté de la plaque" ! Je te la refais : moi y en a dire que si l’anglais n’avait pas été usité en Inde, le petit Gandhi n’aurait pas pu s’expatrier et avoir le brillant destin que l’on sait. Alors c’est facile de dire "Bravo Gandhi, il a dit que les Anglais étaient méchants !", mais il faut prendre conscience du fait que sans parler anglais, il n’aurait pas mené son action.


    • Hermes Hermes 10 mars 2009 11:05

      Wlad, quel esprit de deduction, vous m’épatez, je n’aurais jamais pensé que vous réussiriez à comprendre que sans anglais Gandhi n’aurait probablement pas été avocat. Mais bon sur le sujet de fond, vous avez repondu à coté de la plaque à ma réponse.


    • skirlet 10 mars 2009 13:07

      C’est précisément parce qu’ils étaient estimables que les Anglais ont perdu

      Ça oui alors smiley Les zentils Anglais sont venus massacrer les méchants Indiens (qui n’ont rien demandé), leur imposer l’anglais, piller les ressources du pays... C’est très estimable. Les valeurs démocratiques européennes, sans doute.


    • Hermes Hermes 10 mars 2009 15:31

      HA làlà, quand on dit cracher dans la soupe cela sous entend que notre monsieur crache sur la gueule des anglais. Hors au contraire dans les faits historiques ce n’est pas cela, il aime l’angleterre mais dit que sur certains points c’est pas la meilleur methode qu’ils ont eux. C’est pas parce que l’on fait une critique que l’on crache dans la soupe. Vous c’est plutot du genre tout ou rien, c’est à dire on est soit absolument d’accord et on devient copain , soit on n’est pas totalment d’accord et on devient l’ennemi numéro un.


    • Wlad Wlad 10 mars 2009 15:38

      Allez, tu as fait un effort de ponctuation, alors je vais répondre. Mais ensuite tu pourras crever tant que je n’aurai pas l’information que je t’ai demandée :

      HA làlà, quand on dit cracher dans la soupe cela sous entend que notre monsieur crache sur la gueule des anglais. Hors au contraire dans les faits historiques ce n’est pas cela, il aime l’angleterre mais dit que sur certains points c’est pas la meilleur methode qu’ils ont eux. C’est pas parce que l’on fait une critique que l’on crache dans la soupe.

      Si, justement. "
      Le recours à une langue étrangère en Inde pour assurer l’enseignement supérieur a causé à la nation un préjudice moral et intellectuel incalculable. Nous sommes encore trop rapprochés de cette période pour mesurer l’énormité du dommage subi. Et c’est un tour de force presque impossible que d’avoir à juger nous-mêmes cette éducation dont nous sommes également les victimes.", c’est cracher dans la soupe. Je ne vois pas en quoi avoir fait de lui un brillant avocat est un préjudice moral et intellectuel incalculable. A moins, bien entendu, que Krokolidio ait savamment tranché dans le gras pour faire dire à Gandhi ce qu’il n’a pas énoncé.

      Vous c’est plutot du genre tout ou rien, c’est à dire on est soit absolument d’accord et on devient copain , soit on n’est pas totalment d’accord et on devient l’ennemi numéro un.

      Tiens, ça me rappelle le comportement de certaines personnes avec l’esperanto. Sûrement une impression fugace...


    • Hermes Hermes 10 mars 2009 15:53

      Car notre saint homme, en revenant dans son pays a vu l’étendu des dégats. Pour lui cela n’a pas porté prejudice bien au contraire, mais pour de nombreux compatriotes si, car absence de conditions neccessaire. C’est un phénomène bien connu et il existe de multiples rapports nationaux et provenant de linguistes. Le problème sous jacent est que l’absence de maitrise d’une langue ne permet pas d’avoir un bon niveau scolaire correct au moyen de la dite langue.


    • Wlad Wlad 12 mars 2009 12:04

      Prouve tes dires.

      (Super, j’ai trouvé un nouveau jeu, je vais singer l’Illettré !).


    • Hermes Hermes 12 mars 2009 13:03

      Bon voici un extrait sur le saint homme, pour le reste faut me laisser du temps pour tout retrouver.

      "Un mot sur la littérature. Nous devions apprendre plusieurs livres de poésie et de prose anglaises. Nul doute que tout ceci était fort beau. Mais ces connaissances ne m’ont été d’aucune utilité pour servir mon peuple ou me rapprocher de lui. Je suis dans l’impossibilité de dire qu’il me manquerait un trésor précieux si j’ignorais tout de la poésie et de la prose anglaises. Si, à la place, j’avais passé ces précieuses sept années à maîtriser le gujarati et si, en même temps, j’avais appris en gujarati les mathématiques, les autres sciences et le sanskrit, il m’aurait été facile de faire profiter mon entourage de mes connaissances. J’aurais pu enrichir le lexique gujarati et qui sait, si avec mon acharnement coutumier et mon amour démesuré pour mon pays et ma langue maternelle, je n’aurais pas réussi à servir les hommes d’une manière plus féconde et plus large ? Il ne faut pas me prêter l’intention de vouloir dénigrer l’anglais ou sa noble littérature. Les colonnes du Harij en témoignent suffisamment en faveur de mon amour de l’anglais. Mais la noblesse de sa littérature ne peut être guère plus utile à la nation indienne que le climat tempéré de l’Angleterre ou son paysage. L’Inde doit s’épanouir sous un climat, dans un cadre et selon une littérature qui lui appartiennent en propre, même si tous trois ne valent pas ceux qu’on trouve en Angleterre. Nous devons, nous et nos enfants, bâtir sur notre propre héritage. Nous l’appauvrissons dans la mesure où nous empruntons à celui d’un autre. Les nourritures qui viennent de l’étranger ne pourront jamais nous faire grandir. Je tiens à ce que le pays parvienne à la connaissance des trésors d’une culture étrangère au moyen de ses langues vernaculaires. Je n’ai pas besoin d’apprendre le bengali pour connaître les beautés de l’oeuvre incomparable de Rabindranath. Je peux y avoir accès grâce à de bonnes traductions. Ceux qui parlent gujarati n’ont pas à étudier le russe pour apprécier les nouvelles de Tolstoy. Ils peuvent en prendre connaissance dans une bonne traduction. Les Anglais se vantent de pouvoir, en une semaine, publier les meilleures productions de la littérature mondiale et les mettre à la disposition de leurs lecteurs traduites dans un anglais facilement accessible. Il est inutile d’apprendre l’anglais si je veux connaître ce qu’il y a de mieux dans la pensée et les écrits de Shakespeare et Milton. Ce serait faire une bonne économie que de mettre à part un groupe d’étudiants dont le travail serait d’apprendre dans les différentes langues du monde ce qu’on peut y trouver de plus précieux, et, ensuite, d’en donner la traduction dans leur langue vernaculaire. Nos maîtres s’y sont mal pris avec nous, et l’habitude aidant, l’anomalie fait figure de norme...

      Les universités devraient être indépendantes. L’État ne prendrait à sa charge que ceux dont il a besoin pour ses services, et pour le reste, il encouragerait l’initiative privée. Il faudrait aussi, à tout prix et immédiatement, ne plus se servir de l’anglais pour assurer l’enseignement, mais redonner aux langues de chaque province la place qui leur convient. Je préférerais assister à la désorganisation temporaire de l’enseignement supérieur plutôt que de voir se perpétuer jour après jour ce gâchis criminel..."

      Post-scriptum : Gandhi : "Tous les hommes sont frères". Paris : Gallimard NRF (coll. Idées). 1969 ; p. 258 à 262.

    • Wlad Wlad 12 mars 2009 14:40

      C’est bien beau, cette déclaration d’intention, mais l’Inde compte 36 langues en sus de l’anglais. Alors avant de faire bénéficier un Népalais (parlant népalais) de toute la littérature indienne...

      Ceci dit, je comprends que ça ait pu l’horripiler qu’on lui fasse apprendre la littérature anglaise avant celle de son pays.

      Mais il me semble que la question ne se trouve pas vraiment là. En effet, à l’époque, quel pourcentage de la population était scolarisé ? Que tu me dises "Les élites intellectuelles du pays ont eu moins l’occasion de connaître la littérature indienne dans le détail", pourquoi pas. Mais de là à dire que les Anglais ont empêché les Indiens d’apprendre leurs classiques, je reste sceptique.

      En outre, Gandhi affirme qu’il aurait aimé apprendre les mathématiques à ses compatriotes. Alors OK, parlons de mathématiques : qui a inventé le zéro ? Il y a eu de la transmission culturelle dans les deux sens, mon pote.


    • Wlad Wlad 12 mars 2009 15:08

      Prouve tes dires.


    • Hermes Hermes 15 mars 2009 20:05

      &C’est bien beau, cette déclaration d’intention, mais l’Inde compte 36 langues en sus de l’anglais. Alors avant de faire bénéficier un Népalais (parlant népalais) de toute la littérature indienne... &

      D’une part l’inde possède beaucoup plus de langues que cela. D’autre part vous n’avez pas compris son propos. Le problème à cet époque c’est que peu de personnes maitrisent sufisament l’anglais pour pouvoir lire dans le coeur du texte en anglais les differents types de litterrature du monde. Donc le but était d’avoir des traducteurs vers les langues locales pour que plus de monde puisse accéder à la litterrature

      &Ceci dit, je comprends que ça ait pu l’horripiler qu’on lui fasse apprendre la littérature anglaise avant celle de son pays. &

      Vous avez mal lu son propos

      &Mais il me semble que la question ne se trouve pas vraiment là. En effet, à l’époque, quel pourcentage de la population était scolarisé ? Que tu me dises "Les élites intellectuelles du pays ont eu moins l’occasion de connaître la littérature indienne dans le détail", pourquoi pas. Mais de là à dire que les Anglais ont empêché les Indiens d’apprendre leurs classiques, je reste sceptique. &

      Difficille d’apprendre ses classiques quand il existe des dizaines de langues dans un pays, c’est comme si un basque lisait un texte breton sans connaitre le breton.

      En outre, Gandhi affirme qu’il aurait aimé apprendre les mathématiques à ses compatriotes. Alors OK, parlons de mathématiques : qui a inventé le zéro ? Il y a eu de la transmission culturelle dans les deux sens, mon pote.


    • Hermes Hermes 15 mars 2009 20:08

      &En outre, Gandhi affirme qu’il aurait aimé apprendre les mathématiques à ses compatriotes. Alors OK, parlons de mathématiques : qui a inventé le zéro ? Il y a eu de la transmission culturelle dans les deux sens, mon pote.&

      Vous avez encore mal lu, son propos ait d’enrichir le vocabulaire de sa propre langue et aussi de leur enseigner plus facilement les maths au moyens de sa propre langue à ses compatriotes de même langue


    • Wlad Wlad 17 mars 2009 13:10
      								&C’est bien beau, cette déclaration d’intention, mais l’Inde compte 36 langues en sus de l’anglais. Alors avant de faire bénéficier un Népalais (parlant népalais) de toute la littérature indienne... &

      D’une part l’inde possède beaucoup plus de langues que cela. D’autre part vous n’avez pas compris son propos. Le problème à cet époque c’est que peu de personnes maitrisent sufisament l’anglais pour pouvoir lire dans le coeur du texte en anglais les differents types de litterrature du monde. Donc le but était d’avoir des traducteurs vers les langues locales pour que plus de monde puisse accéder à la litterrature



      Quand tu en auras marre de m’accuser d’avoir mal compris pour redire exactement la même chose que moi, tu me préviendras.


      &Ceci dit, je comprends que ça ait pu l’horripiler qu’on lui fasse apprendre la littérature anglaise avant celle de son pays. &

      Vous avez mal lu son propos



      Non.


      &Mais il me semble que la question ne se trouve pas vraiment là. En effet, à l’époque, quel pourcentage de la population était scolarisé ? Que tu me dises "Les élites intellectuelles du pays ont eu moins l’occasion de connaître la littérature indienne dans le détail", pourquoi pas. Mais de là à dire que les Anglais ont empêché les Indiens d’apprendre leurs classiques, je reste sceptique. &

      Difficille d’apprendre ses classiques quand il existe des dizaines de langues dans un pays, c’est comme si un basque lisait un texte breton sans connaitre le breton.



      Ce qui est exactement ce que je disais dix lignes plus haut, dans le premier paragraphe de ce commentaire.


      &En outre, Gandhi affirme qu’il aurait aimé apprendre les mathématiques à ses compatriotes. Alors OK, parlons de mathématiques : qui a inventé le zéro ? Il y a eu de la transmission culturelle dans les deux sens, mon pote.&

      Vous avez encore mal lu, son propos ait d’enrichir le vocabulaire de sa propre langue et aussi de leur enseigner plus facilement les maths au moyens de sa propre langue à ses compatriotes de même langue
      							

      Et hop, une réponse à côté de la plaque. Je ne parle pas de son désir d’enseigner les maths en sanskrit, je fais remarquer qu’en suivant ce raisonnement de "bouh les méchants Anglais", on peut aussi dire qu’en inventant le concept de néant, sans lequel nous ne pourrions pas traiter de ton niveau en français, les Indiens ont lésé les Anglais, jusque là heureux de leur ignorance du zéro.

    • Hermes Hermes 19 mars 2009 11:08

      "La tyrannie de l’anglais s’étendait si loin qu’il fallait passer par cette langue et non par la nôtre pour apprendre le sanskrit ou le persan. Si un élève s’exprimait dans sa propre langue, le gujarati, on le punissait. II n’importait nullement au professeur que l’enfant parlât mal l’anglais et qu’il fût incapable de le prononcer correctement ou de le comprendre parfaitement. Pourquoi le maître aurait-il dû s’en inquiéter ? Lui-même parlait un anglais qui était loin d’être parfait. Il ne pouvait pas en être autrement. L’anglais était une langue étrangère aussi bien pour lui que pour ses élèves. Le résultat était catastrophique. On nous donnait à apprendre par coeur beaucoup de choses que nous étions loin de toujours comprendre parfaitement et qu’il nous arrivait même souvent de ne pas comprendre du tout. La tête me tournait quand le professeur s’escrimait à nous faire comprendre ses démonstrations de géométrie."

      Apprendre dans une langue, que l’on ne maitrise pas, ne permet pas d’acquérir correctement un savoir pour la plus part des gens. D’où l’idée d’utiliser sa langue native et de faire des traductions.


    • dom y loulou dom 16 avril 2009 23:58

      @wlad

      que gandhi ait eu quelque chose à reprocher à la langue anglaise reste à prouver, c’est bien la première fois que j’entends cela. C’est de la main-mise impériale anglaise qu’il a libéré l’Inde.

      Personellement j’ai toujours entendu qu’au contraire il prenait avec sourire le seul avantage que les anglais avaient apporté à l’Inde, une langue qui leur permettait d’être une grande nation.

      maintenant cracher dans la soupe... on se demande qui crache sur qui... accomplis une oeuvre comme celle de gandhi et on reparle.

      et puis je trouves le ton de l’article très réducteur parce que justement là nous avons des gens qui ont essayé de vanter les mérites de la diversité et s’allient justement sur ce point, ce qui et tout à fait louable et devrait vous réjouir à moins de ne voir plus que le mal partout et un pervers derrière chaque sourire.

      En fait on ne comprend pas où vous voulez en venir.

      Vous êtes contre l’anglais comme langue parlée sur tout le continent et on vous rassure, cela n’arrivera jamais.

      Quand aux places mieux payées en anglais... franchement... encore faut-il aimer ce genre de boulots bureucratiques, cela ne s’adresse forcément pas à toutes les disciplines.




    • Krokodilo Krokodilo 9 mars 2009 17:57

      Pour ceux qui suivent le sujet de la guerre des langues, la bataille du doublage repart en Catalogne :
      http://www.lemonde.fr/cinema/article/2009/03/06/cinema-bataille-de-langues-en-catalogne_1164514_3476.html



      • Hermes Hermes 9 mars 2009 20:39

        Kroko tu devrais lire le livre de Calvet sur la guerre des langues, très instructif et bien documenté


      • Hermes Hermes 9 mars 2009 21:46

        En tout cas kroko, tu devrais bannir les termes "guerre des langues", utilise plutôt "politiques linguistisques", c’est sa version soft, green, people, fashion, classe, moderne, en bref. smiley


      • Krokodilo Krokodilo 9 mars 2009 23:23

        Hermès,

        En fait, je le fais exprès ; peu de gens sont conscients des relations entre langue et pouvoir, ou de la lutte d’influence permanente que se livrent les langues, soutenues par les Etats correspondants. En ce sens, il s’agit bel et bien d’une guerre, non sanglante, mais féroce. L’anglais a mis la pâtée au français et à l’allemand dans l’UE. Comme à la fin de toute guerre, il y a un tribut à payer au vainqueur, des dommages de guerre : les 15 à 20 milliards par an que rapporte à la GB l’hégémonie de l’anglais, plus la récente certification en langue que vont faire tous les pays européens, en pure perte.
        J’ai indiqué dans un message un lien vers la récente bataille au sujet du doublage des films en catalan (plutôt qu’en espagnol, ce qui augmente le coût des producteurs hollywoodiens), il s’agit bien d’une bataille commerciale, bataille qui s’inscrit dans le conflit plus général entre les langues.
        L’économie libérale prend son pied à expliquer à quel point il faut se battre dans le monde cruel du commerce, et met sur un piédestal les gens qui ont bâti un empire, ; inversement, pourquoi parler de la guerre des langues met-il si souvent mal à l’aise ? Peut-être parce que les beaux esprits nous ont fait avaler de sannées que l’évolution des langues était naturelle, un monde de douceur et de spiritualité...

        Contrairement à ce que prétend Asp, j’aime bien les Anglais et leur culture, de même qu’une bonne part de celle des Etatsuniens (je viens de lire un Tom Clancy), mais je réclame que nos amis d’Outre-manche nous traitent dans en Europe sur un pied d’égalité, à savoir que chacun fasse le même effort linguistique : seul l’espéranto comme langue seconde des Européens peut éviter une ridicule Europe où les « native english » seront la nouvelle noblesse.





      • Hermes Hermes 10 mars 2009 06:34

        Kroko, ne t’inquiète pas, je t’avais bien compris. C’était plus pour dire qu’en changeant des mots, on peut dire la même chose, ce que certaines personnes ont du mal à comprendre. C’est ce que l’ on appelle verbiage politique. Sinon pour la phobie, pour ASP et compagnies, ce sont plutôt eux les phobiques, en gros accuser les gens sans preuves, en modifiant les preuves ou en les fabriquant


      • Wlad Wlad 10 mars 2009 10:33

        accuser les gens sans preuves, en modifiant les preuves ou en les fabriquant

        Dixit le gars qui nous accuse d’être un multipseudo mais s’avère incapable de le démontrer, alors que son mentor a brillamment utilisé la technique du compte double.


      • Hermes Hermes 10 mars 2009 11:06

        Wlad, qu’est ce que je disais, vous accusez sans preuve en ce moment


      • Wlad Wlad 10 mars 2009 14:37

        Tiens, va, ami à la mémoire aussi courte que cobain. Arrête de te faire passer pour plus con que tu l’es (ce qui en soi est un bel exploit).


      • Hermes Hermes 10 mars 2009 15:12

        absence de preuve toujours, pour le cas de kroko ; et modification de preuve, car c’est de kroko qu’il s’agit et non de masson.


      • Wlad Wlad 10 mars 2009 15:17

        Putain... les bras m’en tombent.

        Je te réexplique :

        Dixit le gars qui nous accuse d’être un multipseudo mais s’avère incapable de le démontrer, alors que son mentor a brillamment utilisé la technique du compte double.

        Autrement dit, TOI ET TA CLIQUE nous accusez d’être multipseudos, mais sans preuves. Alors que comme le prouve mon lien, MASSON, TON MENTOR, en est un. C’est bon, ça rentre ?


      • Hermes Hermes 10 mars 2009 15:19

        Toujours absence de preuve de votre part, la comprenoise est difficile chez certains.


      • Hermes Hermes 10 mars 2009 15:25

        Autrement dit, c’est à vous, de prouver que je vous accuse de multipseudo ainsi que dans le reste de notre groupe. Et non l’inverse. La croyance fléau des temps modernes.

        Pour ma part, je me suis posé la question, j’ai écrit et je réécris que je ne pense pas qu’il y est de multipseudo. Et en second, kroko ni skirlet ne vous accusent de multipseudo puisque eux même n’ont pas de preuves. Merci à mes deux acolites de confirmer mes dires par un message futur.


      • Hermes Hermes 10 mars 2009 15:35

        Ho vous savez, vous êtes pas une grande perte. C’est toujours étonnant de voir certains donner des lecons et ne pas réussir à les appliquer à soit même la plus part du temps. Sans rancune ?


      • Wlad Wlad 10 mars 2009 15:45

        J’ai la flemme de chercher les exemples systématiques, je te livre en tout cas une citation authentique de Krokodildo dans « Erasmus est un échec 2 » :

        Liste non exhaustive de la bande à Asp et/ou de ses pseudos, l’affaire n’est pas éclaircie :
        Asp explorer, Winkiesman, Beubeu, Typhon, Qual, Zalka, Wlad, entre autres.


        La voilà, l’accusation de Krokodildo.


      • Hermes Hermes 10 mars 2009 16:00

        C’est toujours pas une preuve , vous montrez seulement un exemple d’interrogation de kroko, rien de plus. Je veux une preuve récente où il dit explicitement qu’il existe multipseudo chez asp de facon affirmative.


      • Wlad Wlad 10 mars 2009 16:05

        Dont acte :

        Je soupçonne fortement cette « bande » dont voici la liste, non exhausitive, d’être une seule et même personne : Asp explorer, Muadib, Winkiesman, Jovitouriste, Lymb, Typhon, Qual, Zalka, Wlad, Dwuth, Dna, Polachnikow, fouadraiden, Calimero, entre autres.

        Krokolidio, "Erasmus 3".


      • Hermes Hermes 10 mars 2009 16:10

        Elle est où l’accusation ? Cela n’est qu’une interrogation


      • Hermes Hermes 10 mars 2009 16:30

        Et ca répond toujours pas à la question, c’est juste une tentative d’insulte. Le niveau baisse


      • Wlad Wlad 10 mars 2009 16:30

        Il est évident que si mon commentaire précédent ("je soupçonne Hermès, blablabla") venait à sauter, ce serait une preuve que j’ai raison, puisque si c’est Hermès qui a raison, alors ce commentaire n’est en rien une accusation mais une simple intyerrogation, et n’a aucune raison de disparaître.

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