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Accueil du site > Actualités > Europe > L’Union européenne prix Nobel de la guerre !

L’Union européenne prix Nobel de la guerre !

Récompensée pour « soixante ans de paix ». On croit rêver. Une vaste et mauvaise plaisanterie. D’abord l’Union n’a pas soixante ans. Le Traité de Rome et la création d’une Communauté économique européenne date de 1957. Traité qui n’a pas changé de nom jusqu’au 1er déc. 2009 et l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne… lequel, par un tour de passe-passe, l’a rebaptisé « Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne ».

Au mieux, l’Union n’a que vingt ans et naît en 1992 à Maëstricht. Il aura fallu quarante sept ans après les invasions et les prodigieuses dévastations anglo-soviéto-américaines, pour que l’agglomérat européen que nous connaissons aujourd’hui commence à se structurer quelque peu. Mais en quoi cet « ensemble gazeux » dont se gaussait ainsi l’ex ministre socialiste des Affaires étrangères, Hubert Védrine, a-t-il contribué à la paix au cours des soixante dernières années ? À part le jury du Prix Nobel de la Paix réuni à Oslo (à Stockholm pour les autres disciplines), lequel a décidément du bran dans les yeux, vraiment qui peu gober ça ?

Sophistes et sophismes

Bien sûr les sophistes ne manquent pas de souligner l’extinction des conflits intra européens durant les Trente glorieuses, autrement dit les sinistres années de Guerre froide. À l’Est, l’on se tenait coi dans le frigo collectiviste. Passons sur la révolte hongroise d’octobre 1956 et sa répression, passées par pertes et profit. À l’Ouest l’Europe – en tout cas les pays qui la composent, mais l’Europe est-elle autre chose que la somme de ses membres 1 ? – les guerres extérieures font rage. Mais extérieure ou intérieure, la guerre c’est la guerre. Après la fin des guerres dites de libération – Indochine 1945, Corée 1950, Madagascar 1947, Algérie 1954, Suez octobre 1956, Angola 1961, Mozambique 1964… pour les plus marquantes. Il n’est pas d’année sans que s’ouvre un nouveau front de guerre périphérique dans lequel l’un ou l’autre état européen ne soit peu ou prou engagé.

La construction européenne qui s’amorce concrètement après 1957 ne change rien à cela. En fait, la « paix » européenne n’est pas due au pacifisme de nations tard guéries des démons du nationalisme – d’ailleurs en reconstruction après s’être autodétruites - mais en raison de l’équilibre de la Terreur. Jusqu’en 1991 et l’effondrement soviétique, l’Europe vit dans la hantise d’un affrontement nucléaire entre les deux Blocs et l’actualisation – au sens aristotélicien – de la doctrine de la « destruction mutuelle assurée » ! La construction européenne n’a donc rien à voir avec la « paix » imposé de facto par les arsenaux atomiques et les dizaines de milliers de blindés se faisant face de part et d’autre du Rideau de fer, à chaque instant prêts à livrer l’ultime bataille du « Centre Europe ».

Puis, au contraire de ce que l’on eut été en droit d’espérer et d’attendre, la fin du monde communiste et la signature en 1992 du Traité de Maëstricht instituant l’Union, ouvre dès 1993 les portes de l’enfer avec un cycle de sept années de dures guerres balkaniques 2. Celles-ci ne s’achèvent qu’au printemps de 1999 avec la destruction économique de la Serbie par l’Otan, après soixante-dix jours de bombardements criminels au sens littéral 3. Là encore les vicieux sophistes vous diront que la Fédération yougoslave n’étant pas membre de l’Union, on ne saurait parler de guerre intra européenne. En vérité, belle et bien la première depuis 1939. Conflits à répercussions multiples – les Balkans sont toujours et encore inflammables à ce jour - et que l’on doit justement à l’Europe de Bruxelles…. L’Otan n’est pas l’Europe ajouteront les sophistes ! Certes l’on peut jouer longtemps sur les mots comme le faisait sur France Inter le 15 octobre le sénateur Jean-Louis Bourlange, gaulliste de gauche, parfait exemple des négationnistes des réalités les plus immédiates. Reste que les faits sont là : l’Otan c’est l’Europe et l’Europe c’est l’Otan, certes sous commandement américain, comme en Afghanistan où la chose est ouvertement officielle. Faut-il développer ?

Démocratie intempestive et agressive

Depuis vingt années et la naissance de l’Union, nous n’avons en vérité pas cessé d’être en guerre. Peut-être pas « chez nous », mais chez les voisins, alors qu’est-ce que cela change ? Et pas tous les États membres de l’Union à la fois, qui y vont suivant leurs intérêts du moment et leurs humeurs séparément, successivement, chacun dans son rôle et suivant ses compétences. Cela commence en 1991 en Mésopotamie, se poursuit en 2001 en Afghanistan, puis rebelote en Irak en 2003, sans oublier d’innombrables intervention « postcoloniales » dites de « maintien de la paix » en Afrique sub-saharienne, dans la Corne de l’Afrique et l’Océan Indien et autres opérations de stabilisation, en Bosnie, au Kossovo, en Macédoine, au Liban… Enfin, last but not least, directement ou indirectement en Libye et en Syrie où l’Otan – c’est-à-dire l’Europe plus l’Amérique du Nord – interviennent ou sont intervenus à des degrés divers, de façon plus ou moins conventionnelles… puisque de nouvelles formes de guerre, subversives et terroristes, sont désormais à l’œuvre sur des champs de bataille, guerres sans déclaration préalable, avec ou sans l’aval du Conseil de sécurité. Kosovo 1999, Irak 2003, Libye 2011, détournement de la résolution 1993 d’assistance humanitaire pour un bain de sang démocratiquement salafiste… guerre inavouée et inavouable, massacres de civils et des communautés minoritaires en Syrie ! Et puis enfin, les sanctions unilatéralement décrétées par l’Union européenne à l’égard de la République islamique d’Iran – la dernière en date le 15 octobre, après les rétorsions financières et l’embargo pétrolier à l’exportation, consistant pour Eutelsat à bannir les 19 chaînes iraniennes du satellite Hotbird – ne sont-elles pas autant d’actes de guerre ? Guerre qui ne dit pas son nom mais vise à asphyxier mortellement l’économie et la société iranienne ?

Le Nobel Obama « Monsieur Drone »

L’union a de toute évidence bien mérité son Nobel de la paix tout comme M. Obama – lequel brigue en ce moment même, toute honte bue, un deuxième mandat à la tête des États-Unis d’Amérique - a amplement justifié le sien en ayant fait participer son pays à quelque quinze conflits à travers le monde au cours de ses quatre année de présidence. Et, bien que cela n’ait jamais été officialisé, l’Administration Obama a toujours refusé de confirmer ou d’infirmer, le recours à des drones de guerre pour l’élimination des ennemis de la Grande Amérique. Un secret de Polichinelle et une pratique de règle au Pakistan, en Afghanistan, en Somalie, en Libye et cætera. L’armée américaine forme aujourd’hui à ce propos, davantage de pilotes de drones que de pilotes tout court ! Or, selon le quotidien londonien « The Guardian » du 5 juin 2012 : « le Bureau du journalisme d’investigation (BIJ), basé à Londres, estime qu’environ 830 civils, dont des femmes et des enfants, auraient perdu la vie lors des attaques de drones au Pakistan, 138 au Yémen, et 57 en Somalie ». M. Obama a de cette façon très largement justifié son Nobel de la Paix, inutile d’insister !

« L’Europe c’est la paix » - La Suisse manœuvre En 2005 l’un des arguments de vente du Projet de Traité constitutionnel européen, l’unique véritable slogan de campagne, tenait en cette sentence orwellienne : « l’Europe c’est la paix ». Et apparemment plus le mensonge est énorme plus il passe comme lettre à la poste. Avec, il est vrai, l’inlassable unanime complicité des médias… et le muselage d’opinons publiques interdites de parole. Seule voix discordante, celle de l’eurodéputé eurosceptique britannique Nigel Farage pour lequel ce Nobel de la Paix « montre que les Norvégiens ont un réel sens de l’humour… l’UE a créé de la pauvreté et du chômage pour des millions de gens » [AFP]. Magnifique œuvre de paix sociale, en attendant des poussées de fièvres et des spasmes de guerre civile européenne, assortis de massif mouvements de populations. Le tout induit par une paupérisation galopante, notamment de l’Europe orientale … dans cette occurrence la Confédération helvétique mobilise cent mille réservistes pour la protection de ses frontières. 4 Quant au « Nobel de la paix » 1983, Lech Walesa, figure charismatique du syndicat « Solidarité » lui aussi déplore un tel choix : « Je suis surpris et déçu ». Surpris ! On peut l’être en effet, déçu sans doute pas car si « la paix c’est la guerre » - Relire « 1984 » – l’Union européenne, faux-nez du laminoir mondialiste, nobélisée pour son œuvre de destruction méthodique de l’Europe réelle, a en effet bien mérité de ses commanditaires, Goldman Sachs à Manhattan et Rothschild à Londres… Plus tous les autres ! Une attribution au final révélatrice de la fonction politique et idéologique des Prix Nobel, en particulier celui d’Oslo. Après tout n’oublions pas qu’il porte le nom d’un homme qui ne fut pas seulement l’inventeur en France de la dynamite – cette nitroglycérine stabilisée – mais plus encore l’associé indirect, par le truchement de son frère aîné Ludvig, des grandes banques d’affaires américaines pour la recherche et l’exploitation de l’or noir de la Mer Caspienne. À Bakou, à travers la Petroleum Production Company Nobel Brothers, Limited ou « Branobel », la multinationale avant la lettre de Ludvig Nobel détiendra à partir de 1875 et jusqu’à la Grande guerre et la Révolution bolchévique, quelque 50% de la production mondiale de brut. Ce sont 12% des capitaux de cette compagnie qui alimentèrent à l’origine le fonds Nobel destinés aux prix du même nom.

Notes

(1) Les sophistes parlent de l’Europe, d’une Europe abstraite indemne ou étrangère des guerres auxquelles se livrent ses membres. Mais la guerre de l’un est la guerre de tous dès lors que l’on considère l’Europe en tant que réalité ethnohistorique vis-à-vis du reste du monde. Et plus encore, dès lors qu’il existe une Union, même embryonnaire constituée. Ce qui vaut pour le projet d’Union né avec la Déclaration du 9 mai 1950 de Robert Schuman ministre des Affaires étrangères, dictée par le Commissaire au Plan Jean Monnet. Eux-mêmes faisant écho au projet strictement anglo-saxon lancé le 19 septembre 1946 à Zürich par Winston Churchill : « Il faut que notre but permanent soit d’accroître et de renforcer la puissance de l’Onu. Il nous faut créer la famille européenne en la dotant d’une structure régionale placée sous cette organisation mondiale, et cette famille pourra alors s’appeler les États-Unis d’Europe. Le premier pas pratique dans cette voie est la constitution d’un Conseil européen. Si, au début, tous les États européens ne veulent ou ne peuvent pas adhérer à l’union européenne, nous devrons néanmoins réunir les pays qui le désirent et qui le peuvent ».

(2) Bien plus que le « nationalisme » la prévalence du principe des « nationalités », lequel s’impose à la fin de la première guerre mondiale au détriment de « l’intangibilité des frontières », va constituer l’un des plus redoutables facteurs et fauteurs de guerre contemporains. Avant même la signature de Traité de l’Union, l’Allemagne, prenant les devants sur la Communauté européenne, reconnaissait l’indépendance de la Slovénie et de la Croatie créant de la sorte un appel d’air belligène.

(3) L’utilisation de bombes au graphite contre des centrales électriques relèvent du crime de guerre.

(4) 7 octobre « Schweizer Zeitung » : « le gouvernement suisse a mobilisé l’armée et Reservisti qui prendront part à des manœuvres militaires, y participeront également différents organes de police disclocati dans plusieurs cantons de la Confédération ». Selon le chef d’état-major André Blattmann suisse et le ministre de la Défense Ueli Maurer, en raison de « la situation problématique » de l’Europe du Sud et de l’Est – Italie, Espagne, Portugal et Grèce - de nombreux ressortissants de ces États pourraient tenter de franchir illégalement la frontière helvétique. Des manœuvres appelées « Stabilo 2 » mobilisant 100.000 hommes du rang, 2.000 officiers et 1.600 membres des forces de police devront assurer quatre cantons pouvant faire l’objet d’éventuels arrivages massifs de migrants, voire contenir des troubles liés à la situation générale dans l’Union. Une mise en pratique de la maxime favorite du Ministre fédéral de la Défense d’Allemagne, Thomas de Maizière « Wir dienen Deutschland » - « nous servons l’Allemagne » – et les Suisse l’Helvétie. Finalement rien d’extraordinaire à cela puis que les Européens se sont dotés en 2004 d’une Force de gendarmerie européenne - EuroGendFor – actuellement déployée en Bosnie-herzégovine et au Kosovo… et en Afghanistan. Formation de police à statut militaire dont à terme les missions sont sommes toutes identiques à celles de l’armée suisse : rétablir l’ordre en cas de soulèvement populaire non maîtrisable par les capacités disponibles de tel ou tel État.


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14 réactions à cet article    


  • Javascript Javascript 24 octobre 2012 08:51

    Excellent article que je plusse immédiatement.

    Petit bémol cependant, je pense que l’auteur aurait dû intégrer un paragraphe concernant la suspicion de propagande déguisée pro-européenne en Norvège par ce prix Nobel. D’après cet article du Figaro (voir lien plus bas) le président du comité du Nobel de Norvège Thorbjorn Jagland est un europhile convaincu, trop content de pouvoir faire de la pub pro-Europe dans ce pays résolument eurosceptique (deux référendum sur l’Europe et le peuple Norvégien a toujours dit « non »).

    La polémique enfle tellement en Norvège que certains réclame la démission de ce monsieur.

    Bref, il est possible que ce prix Nobel ne soit en réalité qu’un message adressé au peuple norvégien. En espérant pour l’avenir de ce pays que son peuple reste sur ses positions et ne cède jamais aux mirages de l’Europe.

    http://www.lefigaro.fr/international/2012/10/12/01003-20121012ARTFIG00619-nobel-le-mecontentement-des-eurosceptiques-norvegiens.php


    • Robert GIL ROBERT GIL 24 octobre 2012 10:08

      En 2009, juste après son élection, Obama avait aussi reçu le prix Nobel de la paix, lui le chef d’État de la plus grande puissance militaire de la planète ! Aujourd’hui, c’est le tour de leur principal allié. Un nouveau geste de propagande pour le compte des maîtres du monde.......

      voir :
      http://2ccr.unblog.fr/2012/10/14/prix-nobel-leurope-vous-salue-bien/


      • frugeky 24 octobre 2012 10:37

        Que dire de plus ? C’est tout bonnement parfait !

        Alors, en résumé, un peu d’humour noir avec cette chronique de Pierre-Emmanuel Barré sur France-inter, la semaine dernière http://www.agoravox.tv/actualites/medias/article/pierre-emmanuel-barre-et-le-prix-36679 sur cette honteuse attribution.

        • Iceman 24 octobre 2012 11:43

          Superbement écrit ! Comment, en effet, peut-on se ravir d’une telle attribution eut égard à la longue histoire guerrière de l’UE ou du moins de ses membres ? Bravo Camus !

          Je plussoie et partage de ce pas !


          • icaptwo 24 octobre 2012 14:25

            Quand on dit que l’Europe est en paix depuis 60ans c’est par rapport à la deuxième guerre mondiale. L’Allemagne, l’Angleterre et la France ont arrêté de se massacrer entre eux depuis 60 ans, ce n’est pas rien. Maintenant qu’il y’a des conflits auquel certain pays européens ont participé cela on ne peut pas le nier. Il y’a 2 façons de voir. Soit on est contre l’union européenne et chaque pays ira comme aujourd’hui payer sa petite guerre(comme la France et l’Angleterre) ou sinon on construit une vrai armée européenne. Cela aura l’avantage de gaspiller moins d’argent dans l’armée et forecera les pays européens de devoir trouver des solutions consensuelles pour éviter des guerres contre la Libye par exemple.


            • Filou_45 24 octobre 2012 16:01

              Je suis mille fois d’accords avec vous, pourquoi faire sans blanc de ne pas comprendre que ce prix nobel est accordé pour les guerres qui n’ont plus lieues entre les pays européens...


            • JL JL 24 octobre 2012 18:40

              ça veut dire quoi faire sans blanc ? Je suis à mile lieues de comprendre !

               smiley


            • marc 24 octobre 2012 15:02

              Manquent à l’appel : l’immobilisme total face à l’occupation et à la colonisation de Chypre par la Turquie ( évidemment la Turquie étant un des pivots de l’OTAN, elle mérite plus de l’UE que Chypre qui est , elle, membre de l’UE, mais ça compte pas ) sans compter la complicité absolue et active de lUE dans le massacre des Kurdes « turcs » ( 50 000 morts en 25 ans ) , la complicité plus qu’active avec les régimes les plus abominables de la planète que sont les monarchies du Golfe, le soutien à l’apartheid, l’épuration ethnique, les exécutions sommaires et les pogroms en Palestine de la part d’un pays, Israel, quasiment membre de l’UE .... J’en oublie sûrement.


              • Marc Chinal Marc Chinal 25 octobre 2012 01:53

                Pas de doute possible : le nazionalisme est en plein renouveau.
                Et quoi de mieux que les prochaines guerres réelles pour relancer les « seines » guerres économiques ?! On aura enfin de la croissance !
                Ce sera le bonheur ! (mangés par les vers)


                • Lucadeparis Lucadeparis 25 octobre 2012 15:06

                  Georges Orwell étant mentionné, on aura intérêt à lire les analyses révélatrices de Jean-Claude Michéa dans : Orwell, anarchiste tory, ou L’Empire du moindre mal (Essai sur la civilisation libérale).


                  • jaja jaja 25 octobre 2012 15:11

                    Et pour celles et ceux qui ne veulent pas voir Orwell, ce glorieux combattant du POUM, lors de la Guerre d’Espagne, récupéré par les réactionnaires à la Michéa lire ce texte :

                    http://www.lherbentrelespaves.fr/michea.html


                  • bdoume bdoume 26 octobre 2012 13:42

                    A qui le prix Nobel de l’infamie ?

                     

                     M. Georges Papandréou, ancien premier ministre grec et toujours député du Parti socialiste (PASOK) à Athènes, va désormais donner des cours dans la prestigieuse université de Harvard (Massachusetts, États-Unis d’Amérique).

                    L’objet de ces cours sera de présenter aux étudiants son expérience de la crise économique et politique sans précédent, dont il a été le principal responsable pour son propre pays.

                    Selon la presse grecque, le salaire de ce nouveau professeur d’un type particulier sera de 46 000 € par mois.

                    Rappelons que M. Georges Papandréou, après avoir été dirigé la Grèce du 6 octobre 2009 au 11 novembre 2011, a laissé son pays dans une situation économique, financière et sociale tellement catastrophique qu’il n’en existe pas d’autre exemple dans l’histoire de la Grèce depuis la Deuxième Guerre mondiale.

                    Pendant que M. Papandréou va cumuler son salaire de député socialiste avec ses revenus de professeur de l’université de Harvard à 46 000 € par mois :

                    - l’économie grecque va connaître sa 6ème année consécutive de récession,

                    - les services publics sont en passe d’être quasiment entièrement privatisés en des mains étrangères,

                    - tous les acquis sociaux obtenus par les travailleurs grecs au cours du XXe siècle sont démantelés les uns après les autres,

                    - le patrimoine public du pays est vendu à l’encan et le gouvernement grec envisage même d’organiser la déportation de populations établies dans des îles de la mer Égée, afin de vendre celles-ci à des fonds d’investissement et à des établissements financiers anglo-saxons,

                    - le taux de chômage de la population grecque a atteint les 25 %,

                    - un nombre considérable de retraités ont vu leur maigre pension amputée du tiers ou de la moitié, et parfois même purement et simplement supprimée,

                    - la clochardisation de l’ensemble de la société grecque se poursuit à vive allure, de même que la montée en flèche de la pauvreté,

                    - la consommation d’antidépresseurs et les soins psychiatriques connaissent une hausse vertigineuse à travers tout le pays,

                    - le taux de suicides a augmenté de +18% en 2010 et encore de 25% en 2011. La Grèce est ainsi le pays au monde qui connaît la plus forte augmentation du nombre de suicides. La Grèce était un pays heureux avant l’euro puisqu’il avait jusqu’à récemment le taux de suicide le plus bas de tous les pays européens. Il est en passe de devenir l’un de ceux où il est le plus élevé.

                    [cf. http://www.u-p-r.fr/actualite/france-europe/euro-la-grece-s-enfonce-dans-l-tragedie-et-la-misere ]

                    Pour l’ensemble de cette œuvre remarquable, et pour le merveilleux cynisme dont fait preuve cet homme, qui se sert de la détresse humaine et de la misère épouvantable dans laquelle il a plongé tout son peuple pour engranger une fortune à titre personnel, l’UPR a décidé d’attribuer son Prix Nobel de l’Infamie 2012 à M. Georges Papandréou, politicien de nationalité grecque, « Européen convaincu » né le 16 juin 1952 à Saint Paul, États-Unis d’Amérique, et actuellement président en exercice de l’Internationale socialiste, dont fait partie le Parti Socialiste français

                    Source : http://www.lepoint.fr/monde/pendant-ce-temps-la-papandreou-enseigne-la-crise-a-harvard-23-10-2012-1520183_24.php

                     

                    • SEPH 28 octobre 2012 10:14

                      VOICI LE RÉSULTAT DES DERNIÈRES ENTREPRISES DE « PAIX » DE L’UNION EUROPÉENNE EN LIBYE  :

                      Libye : Le prix du sang libyen. Ni oubli, ni pardon

                       par Jilata Marka

                      N’oublions jamais le triste rôle des « ni-nis » patentés, et de la gauche "plurielle anticapitaliste". Elle n’est ni plurielle ni anticapitaliste. Elle est complice.

                      Il y a un an, le 20 octobre 2011, le Colonel Kadhafi était sauvagement lynché et assassiné des mains des mercenaires de l’OTAN. Assassinée avec lui, aussi, la révolution libyenne, la Jamahiriya, qui avait obtenu des succès si manifestes que l’ONU, un mois avant de donner son feu vert pour la fameuse « zone d’exclusion aérienne », félicitait le gouvernement libyen, lui-même, pour ses grandes avancées sociales.

                      Depuis, la Libye est plongée dans le chaos.

                      Inexistante en tant qu’État, envahie par des milliers de mercenaires étrangers engagés dans une terrible chasse aux sorcières, où tortures et assassinats sont légion. Les membres-mêmes du gouvernement imposé, affichent la nationalité étasunienne, et vivent pour la majorité d’entre eux, aux USA. Les couleurs d’Al Qaeda flottent désormais sur ce territoire, le pseudo-gouvernement a instauré la charia et le président du Parlement libyen est nord-américain, un cas unique dans l’histoire. Le pays qui fut si riche et crédité d’un Indice de Développement Humain (IDH) le plus important du continent africain, n’est plus qu’un tas de décombres, avec ses banques, son pétrole et ses ressources en eau saccagés ; ses hôpitaux, écoles, ports, réseau de distribution en eau, troupeaux d’élevages, cultures et récoltes, détruits par les bombardements de l’OTAN.

                      Le Président du Conseil Tribal Libyen (c’est-à-dire le seul représentant légitime de ce pays) s’est adressé à Ojos para la Paz pour leur demander de dévoiler publiquement – ce que les médias occidentaux lui refusent, sauf rare exception- la réalité de la ville assiégée de Bani Walid (بني وليد ), et du bombardement, au gaz sarin et au phosphore, dont ils ont été victimes, des produits chimiques clairement interdits par la Convention de Genève, mais qui sont utilisés à profusion en Libye pour exterminer la tribu Warfala. Comme le dirait le général espagnol Enrique Ayala : « Aux tribus - qui ne se rendent pas - nous devons les convaincre politiqu…ou militairement ». Dans les hôpitaux les malades et les morts s’entassent sans que personne ne lève le petit doigt pour cette ville inscrite sur la liste noire par l’autoproclamée « communauté internationale ». Les photos saisies dans les hôpitaux sont hallucinantes. Le besoin de médecins et de médicaments est urgent.

                      Comme tous les gouvernants, à la tête des pays pétrolifères, qui ne se sont pas pliés aux diktats de l’occident, Kadhafi a du subir, lui aussi, une campagne médiatique continue. De nombreuses preuves attestent que la CIA avait même orchestré l’attentat de Lockerbie (un autre Maine [1]) en l’imputant à la Libye.

                      Des journalistes écossais avaient révélé que cet attentat, en 1988, dans lequel un avion de la Pan American avait explosé en plein vol au-dessus de cette localité écossaise, avait été préparé aux USA par des agents de la CIA. Après de longues recherches, le citoyen libyen Abdelbaset Ali Mohmed Al Megrahi fut accusé et déclaré coupable de l’attentat [en 2001], condamné à la prison à vie puis libéré [huit ans plus tard, en 2009] atteint d’une maladie incurable. Nous savons depuis peu, que les témoins à charge contre l’accusé avaient été soudoyés.

                      La journaliste écossaise Lucy Adams découvrit des faits frappants, soigneusement occultés : " Le Département de la Justice des USA avait généreusement payé les principaux témoins de l’accusation, Paul Gauci et Tony Gauci. Ce dernier était le patron d’un magasin à Malte, qui avait affirmé que Megrahi avait acheté du tissu qui, plus tard, devrait être retrouvé dans la valise contenant la bombe. Cette seule déclaration fut la clé de l’accusation. Nous savons maintenant, que Anthony Gauci, avant le procès, avait désespérément besoin d’argent, et qu’il reçût après sa déclaration, près de deux millions de dollars du Département de la Justice US « , selon le communiqué de la journaliste.

                       »En réalité, la Jamahiriya a toujours nié une quelconque responsabilité dans l’attentat, estimant qu’elle était l’objet d’un chantage des grandes puissances occidentales, mais elle accepta d’indemniser les victimes, à hauteur de 2700 millions de dollars, en échange de la levée des sanctions économiques que lui imposaient les grandes puissances. Kadhafi croyait qu’en résolvant à tout prix les différents litiges entre les USA et son pays, il parviendrait à arrêter les préparatifs de guerre de l’OTAN. L’histoire a montré que son calcul était erroné, et que l’OTAN ne manque pas d’imagination lorsqu’il s’agit d’inventer de nouveaux prétextes pour justifier les guerres qu’elle a planifié à l’avance ".

                      Dans un célèbre documentaire intitulé The Maltese Double Cross-Lockerbie, le journaliste étasunien Allan Francovich démontre, lui aussi, que l’attentat fut véritablement perpétré par un agent US.

                      La Libye était un pôle de prospérité, avec les meilleurs PIB et IDH de toute l’Afrique, selon le PNUD : scolarisation des enfants, prolongement de l’espérance de vie (78ans), répartition équitable des rentes du pétrole, haut niveau des soins de santé, universels et gratuits, un réseau de distribution en eau couvrant tout le territoire et ayant permis également la plantation de millions d’arbres et la création d’immenses zones de culture dans le désert, le logement reconnu comme un droit constitutionnel, le plein emploi avec plus de 2,5 millions de postes de travail pour les immigrants. Le gouvernement libyen avait offert, à ses habitants, de grandes avancées encore inégalées dans une majorité des pays européens.

                      Aujourd’hui, la Libye est en ruines et pleure ses 75.000 morts, les libyens ont perdu leur pétrole, les réserves d’or de leur Banque Centrale et les dépôts bancaires d’un montant de 200 millions de dollars (dépôts que les USA se sont empressés de voler en premier), les pensions, les soins médicaux, les bourses pour les étudiants, l’emploi… ils ont tout perdu. L’apartheid s’est instaurée et la population de couleur –principalement des immigrants- est pourchassée à mort.

                      Excellent travail de l’autoproclamée « communauté internationale » (tant acclamé par ces monarchies féodales qui maintiennent toujours l’esclavage. Et l’on félicite Obama et l’UE pour leur prix Nobel de la paix. Quelle ironie.

                      Qu’ont-ils fait pour mériter cela, les libyens ?

                      Ils n’ont fait que défendre leur indépendance, cherché à créer leur propre monnaie, et garder d’importantes réserves d’argent, d’or, de pétrole et de gaz fossile, convoitées par des pays sans scrupules qui, avec les services de l’OTAN, agissent comme une dangereuse bande de malfaiteurs, se destinant au terrorisme et au pillage. L’Espagne, elle, (c.a.d un consortium d’entreprises qui se disent espagnoles) a décroché le marché de construction de la ligne ferroviaire du TGV La Mecque-Médina [2], en contrepartie de son engagement dans le massacre des libyens. De grands travaux, qui comme dans toute la Libye, se réalisent au prix du sang.

                      Jilata Marka

                      Auteur

                      Purificación González de la Blanca est une avocate andalouse et membre du collectif International Ojos para la Paz, et de la Plateforme Mondiale contre les Guerres.

                      Trad. Jilata

                      Source : « Libia, ni olvido, ni perdón »

                      Publié le 20 octobre 2012 par Ojo para la Paz

                      1- En 1898, les USA organisent un auto-attentat à l’explosif pour couler leur cuirassé « Maine » dans la rade de la Havane, et accuseront les espagnols. Ce sera le prétexte pour déclarer la guerre à l’Espagne et s’approprier de ses dernières colonies.

                      2- Le 25 mai 2011, la ministre des affaires étrangères d’Espagne, Trinidad Jiménez, se rend en Arabie Saoudite pour promouvoir des investissements d’entreprises espagnoles dans ce pays et contracter la construction de la ligne ferroviaire du TGV qui doit relier La Mecque à Médina (pas moins de 450 km de voie ferrée, lié avec toutes les infrastructures les plus sophistiquées. En contrepartie, l’Arabie Saoudite demande à l’Espagne de s’engager activement et militairement dans l’invasion de la Libye. Le 26 octobre 2011, l’agence EFE annonce que le contrat pour la ligne TGV La Mecque-Médina, est attribué au consortium espagnol « Al-Shoula ». Le 14 janvier 2012 à Riad, les ministres du PPE, Ana Pastor et García Margallo ratifient avec le prince d’Arabie Saoudite, Mishal bin Abdul Aziz, le contrat du TGV pour 6,736 milliards d’euros, TGV la Mecque-Médina le prix du sang libyen (es).

                      Source  : http://www.legrandsoir.info/libye-le-prix-du-sang-libyen-ni-oubli-ni-pardon-ojosparalapaz-org.html


                      • Analis 29 octobre 2012 15:05

                          Encore une fois, les discussions viennent à tourner autour des méfaits des USA. N’oublions pas quand même le titre de cet article : « L’ Union Européenne Prix Nobel de la Guerre ». Les Européens n’ont jamais eu besoin des Etats-Uniens pour être impérialistes et colonialistes, commettre des agressions en série, réaliser des attentats sous faux drapeau, manipuler l’opinion, s’en prendre aux populations civiles et commettre des crimes de guerre. En ce moment, on dirait même que sur la Syrie, la France, sous l’impulsion du sinistre sioniste Fabius, est encore plus en pointe que Obama, qui chercherait plutôt à calmer le jeu. 

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