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Accueil du site > Actualités > Europe > La Belgique s’accroche à Van Rompuy

La Belgique s’accroche à Van Rompuy

Désormais favori pour occuper le poste de président permanent du Conseil Européen, le premier ministre belge Herman Van Rompuy, qui ne s’est pas encore exprimé en public sur la question, est tiraillé entre la formidable opportunité de se voir échoir la première présidence du conseil européen et la campagne trans-partisane en Belgique qui l’incite à poursuivre son mandat. S’il devient président de l’Europe, il nous manquera et nous serons face à un nouveau chapitre a estimé la présidente du parti chrétien-démocrate flamand CD&V Marianne Thyssen, dont est issu Van Rompuy. A gauche, même son de cloche. Le député européen socialiste francophone Marc Tarabella admet que le départ d’Herman Van Rompuy pour la présidence du conseil européen serait une grande perte pour le gouvernement fédéral. La presse a également pris parti, La Libre estimait ainsi dans son édition de lundi qu’il est un évident et incontournable facteur de stabilité. Effectivement, depuis son arrivée au 16 rue de la Loi en décembre dernier, cet homme de consensus est parvenu à apaiser les tensions entre flamands et francophones qui minent le pays, engageant une sortie de crise institutionnelle.

Depuis 2007, la Belgique ne parvient pas à rétablir un équilibre politique : l’écart de développement économique entre wallons et flamands croît d’années en années (taux de chômage de 6% en Flandre, contre 16 en Wallonie), au même rythme que les transferts fiscaux inter-régionaux : ainsi, la Flandre contribue à hauteur de 2 à 3 milliards d’euros annuels à la sécurité sociale wallonne ! L’agacement de trainer ce boulet est d’autant plus compréhensible que de 1850 (date de création de la Belgique) à 1967, ce sont les francophones qui dominaient l’activité économique belge, du fait de leur industrie florissante : en 1940, le taux de chômage s’élevait à 19% en Flandre contre 8% en Wallonie ! Les flamands étaient également marginalisés par cette Wallonie bourgeoise, cultivée, qui méprisait le flamand, considéré comme un vulgaire patois face à la "noblesse" du français.

En conséquence, les indépendantistes et régionalistes se sont fait de plus en plus nombreux au cours des dix dernières années, et, dans un but électoraliste, les partis politiques flamands ont entrepris de radicaliser leur discours : ils réclament un transfert des compétences fiscales et d’allocations (comprenant la sécurité sociale) de l’échelon fédéral à l’échelon régional. Hors de question pour les partis wallons, qui refusent d’avaliser une sixième réforme de l’Etat, conscients qu’affermir les régions aux dépens de l’état fédéral ne serait qu’un pas de plus vers la scission de la Belgique.

Depuis l’arrivée de Herman Van Rompuy au 16, le rétablissement de la pérennité politique du pays semble être sur une bonne voie. Son départ serait d’autant plus préjudiciable que nul ne semble disposer d’une légitimité suffisante pour lui succéder. Le CD&V, qui veut à tout prix garder le premier ministère en ses mains, n’a qu’Yves Leterme à proposer, mais l’impopularité de ce dernier met à mal sa candidature. La présidente du CD&V, Marianne Thyssen, qui n’a qu’un mandat de députée européenne à faire valoir sur son C.V, manque de légitimité. Du coup, le centre-droit francophone, le Mouvement Réformateur, se verrait bien placer son leader, le ministre des finances et des réformes institutionnelles, numéro 2 du gouvernement, Didier Reynders. Au risque de provoquer une fronde entre la droite francophone et flamande, replongeant le pays dans une crise institutionnelle... 

 
Retrouvez ce billet dans son contexte original sur le blog de l’auteur, http://lenouvelhebdo.com

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18 réactions à cet article    


  • LeGus LeGus 5 novembre 2009 09:47

    Un peu court...
    Ne pas oublier Bruxelles (85% francophone) qui contribue à hauteur de 20% des recettes de l’État et ne bénéficie que de 10% de la dotation.
    Ne pas oublier que la crise économique affecte beaucoup plus durement la Flandre que le sud du pays.
    Ne pas oublier que Didier Reynders (un admirateur de Sarko) est lui même l’objet d’une fronde au sein de son parti.
    Et surtout ce qui plait tant aux européen c’est son absence de toute consistance.


    • GHX64 GHX64 5 novembre 2009 11:05

      Bien vu, nos voisins français ne connaissent vraiment pas bien l’histoire de la Belgique.


    • L'enfoiré L’enfoiré 5 novembre 2009 10:18

      @L’auteur,
       
      « que de 1850 (date de création de la Belgique) »

      Jeune homme, il faudra revoir votre histoire. La création de la Belgique date de 1830.

      «  les indépendantistes et régionalistes se sont fait de plus en plus nombreux au cours des dix dernières années »

      Sauf à Bruxelles. Vous ne vous souvenez plus de la manifestation à Bruxelles ?

      « Depuis l’arrivée de Herman Van Rompuy au 16, le rétablissement de la pérennité politique du pays semble être sur une bonne voie »

      Il a été aidé par la crise et aussi par le fait que les affaires marchent moins bien en Flandres.

      "le Mouvement Réformateur, se verrait bien placer son leader, le ministre des finances et des réformes institutionnelles, numéro 2 du gouvernement, Didier Reynders."

      Yes, but... Reynders sort, difficilement, d’une crise sérieuse dans son parti.
      Savez-vous que c’est depuis Leburton, qu’il n’y a plus eu de 1er ministre francophone. C’était dans les années 70.

      Encore, une chose : la Belgique, ce n’est pas la Flandre et la Wallonie. Il y a la région bruxelloise, l’os à moeille de la Belgique. Vous semblez l’oublier la capitale de l’Europe, de la Belgique


      • GHX64 GHX64 5 novembre 2009 11:15

        Vraiment, rien à dire de plus, une seule remarque, la wallonie a été effectivement très prospère pendant que la flandre piochait pour sortir du trou et que de nombreux flamands sont venus en wallonie pour y travailler, qu’ils ont profités de la prospérité de la wallonie et que c’est un juste retour des choses, si nos voisins du nord doivent apporter une aide financière au sud, en sachant aussi que la population flamande est bien davantage vieillissante qu’en wallonie et que dans quelques années, c’est eux qui seront demandeurs en matière de sécurité sociale par exemple...


      • L'enfoiré L’enfoiré 5 novembre 2009 11:42

        Parfaitement.
        Je me demande vraiment si l’auteur en connait quelque chose à l’histoire de la Belgique.
        Mais l’article peut être un prétexte à la discussion. Et cela un Belge de souche pourra en donner.
        Pas de problème. On peut l’attendre sur ce point-là.


      • Antoine Diederick 5 novembre 2009 21:14

         smiley je crois discerner que l’Enfoiré sent sa fibre de belge remuer  smiley


      • ZEN ZEN 5 novembre 2009 18:16

        Tout, tout, tout, vous saurez tout sur la Belgique...


        • L'enfoiré L’enfoiré 6 novembre 2009 09:34

          Pas mal fait ce portail.
          Merci Zen. Je vais me l’accrocher quelque part dans un de mes articles


        • Antoine Diederick 5 novembre 2009 21:43

          Alex, malgré quelques petites erreurs factuelles, votre article est pas mal du tout....

          je passe outre....

          pour ma part, Van Rompuy ferait mieux de rester premier ministre en Belgique pour des raisons évidentes de stabilité politique. Je ne comprends pas bien à quel jeu joue l’Europe en lui proposant cette sorte de promotion qui ne servira à rien et ce d’autant que son départ pourrait relancer la mise en place de nouvelles élections.

          Ou alors l’Europe joue une carte et ce faisant court-circuite la politique belge à dessein ?

          Mais, il y a longtemps que je m’intérresse plus au délire politique belge....et donc. (ennuyeux).


          • t_faz 6 novembre 2009 14:01

            désolé de vous contredire mais cet article est trop simpliste, le message générale est le bon (il n’est pas dans l’interet de la belgique que van rompuy parte), mais toute la partie en italique est remplie d’erreurs

            l’écart de développement économique entre wallons et flamands croît d’années en années (taux de chômage de 6% en Flandre, contre 16 en Wallonie)

            faux, l’écrt diminue entre la wallonie et la flandre. En effet, le taux de croissance wallon est plus important....
             
            ainsi, la Flandre contribue à hauteur de 2 à 3 milliards d’euros annuels à la sécurité sociale wallonne !

            faux. Une étude parue la semaine dernière par l’institut belge des soins de santé indique exactement l’inverse http://www.lalibre.be/actu/belgique/article/538618/soins-de-sante-les-depenses-sont-les-moins-elevees-a-bxl.html et avec le vieillissement la population flamande cela ne va que s’accentuer. Les chiffres que vous avancez sont ceux utilisé par la propangande flamingante, qui ou oublient bruxelles, ou selon leur vision politique intègrent bruxelles à la flandre (bruxelles étant une région à part entière et à 90% francophone). Certe la Wallonie n’est pas l’eldorado et est en terme de pib/habitant juste derière le nord pas de calais mais devant la corse pour vous situer (il est dans la moyenne française en terme de ppa),. Mais bruxelles à un des pib les plus importants d’europe (plus précisement le 2ème devant paris ou luxembourg et juste derière la city de londre). Dès lors en terme de pib/habitant wallonie + bruxelles sont plus riche que la flandre, sans tenir compte que la plupart des travailleurs de bruxelles habitent en flandre et redistribuent donc leur impôts à la flandre....

            donc pour résumer, oui la région flamande est plus riche que la région wallonne, mais non les néerlandophone ne sont pas plus riches que les francophones, c’est même le contraire...

            L’agacement de trainer ce boulet est d’autant plus compréhensible que de 1850 ...

            1830 ...

            Les flamands étaient également marginalisés par cette Wallonie bourgeoise, cultivée, qui méprisait le flamand, considéré comme un vulgaire patois face à la « noblesse » du français.

            la noblesse était aussi flamande mais parlait le français (fransquillons) ...nuance


            • L'enfoiré L’enfoiré 6 novembre 2009 19:08

              t_faz ;,
              Parfaitement, d’accord avec cette analyse.
              Comme je le disais plus haut, l’auteur est à côté de la plaque.
              Comme il ne cherche pas à se justifier.
              Oublions très vite cet article.


            • SANDRO FERRETTI SANDRO 8 novembre 2009 11:15

              D’accord avec toi , l’Enfoiré.
              Si Van Romuy , qui fut mon voisin pendant 5 ans, est un homme de qualité (cultivé, discret, bosseur), personne à ce jour ne parle de lui dans le microcosme de l’UE pour étre le nouveau Président du Conseil.
              Après les soutiens à Blair ( il y 8/10 mois, aujourd’hui hors course pour plusieurs raisons), les favoris sont à l’évidence :
               -le Luxembourgeois Jean -Claude Juncker( fin connaisseur de l’Europe, mémoire vivante de l’institution, 1er Ministre d’un petit pays souvent utilisé comme « troisième larron » pour dénouer les rivalités de « grands » Etats Membres)
              -Le Danois Rassmussen , dans le cadre d’un deal avec l’OTAN.

              Et par ailleurs , la Belgique ayant déjà le siège de l’UE et de l’OTAN( avec toutes ses retombées économiques, notament pour Bruxelles, ville « sous perfusion », qui survit essentiellement, pour les Hotels/ Restaurants/ boutiques d emode/ Concessionnaires automobiles/ marché des villas et appartements de luxe à louer) qu’avec l’UE et l’OTAN, il est exclu et sans précedent que les Belges aient aussi le Pt.
              Il n’y a pas de Suisses à la téte de l’ONU à Genève, ni de français directeur de l’UNESCO à Paris...
              C’est tout simple.
              On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre.


            • SANDRO FERRETTI SANDRO 8 novembre 2009 11:52

              J’ajoute que ce n’est pas faire injure à M. Van Rompuy que de dire que malgrè ses qualités , il manque singulièrement que charisme.
              Or le Traité de Lisbonne a précisément institué ce poste de « chef du Conseil Européen » pour tenter (je dis bien tenter, car je doute du résultat) de donner une image charismatique et photogénique à l’UE , illisible et technocratique, face aux USA/ Russie/ Chine. Lesquels aiment bien identifier un interlocuteur sous le vocable de « Mr. quelque chose », plus que d’avoir des appareils comme « counterparts ».
              Et là, il y a un handicap supplémentaire à la très hypothétique nomination de M. Van Rompuy (sans parler des obstacles belgo-belges).


            • kalon kalon 8 novembre 2009 10:21

              Il est possible de faire une autre lecture du fédéralisme belge tel qu’une préfiguration de l’Europe des régions et la suppression des gouvernements nationaux qui ont, toujours, été un frein à la construction européenne.
              En ce sens, ce systéme fédédéraliste pourrait étre le laboratoire d’essai de l’Europe du futur.
              Ce qui est, peut étre, notre seul probléme mais il est généralisé à l’Europe entiére, est , ce que j’appelerai, la consanguinité politique qui crée une dégénérécense telle que les familles royales l’ont connue auparavent.
              Les fonctions politiques ont trop tendance à se transmettre par héritage plutot que par légitimité.
              Nous avons un manque crusial de visionnaire à la téte de nos états, ce qui nous améne à ne plus pouvoir étre pro actif pour ne plus gérer les affaires de l’état qu’au jour le jour et de façon réactive.
              Lorsque, dans le privé, un entrepreneur est amené à gérer sa société de cette façon, cela veut souvent dire qu’il est au bord de la faillite.
              Et, contrairement aux dogmes enseignés, un état, tout comme une entreprise privé, peut également, faire faillite.
              Ce ne sont pas les exemples qui nous manquent au travers de l’histoire !
              A sa création, la Belgique n’était pas un pays mais une structure mise en place par ce qui est devenu la société générale de Belgique et a, depuis, été démantelé pour étre vendu aux plus offrants.
              Ce n’est pas pour rien que le siége social de cette société se trouve entre le parlement belge et le palais royal, tout un symbole !!!
              Ce n’est pas l’unité que nous devons rechercher, celle ci n’a jamais existé, mais la complémentarité entre deux peuples qui ont, tout deux, au cours de leur histoire, prouvé leurs valeurs entreprenariales.
              C’est, à ce titre, que je me sens heureux d’étre né ici.


              • kalon kalon 8 novembre 2009 10:32

                Trés beau portail, de fait.
                Je ne peut m’empécher de le remettre ici http://fr.wikipedia.org/wiki/Portail:Belgique


                • kalon kalon 8 novembre 2009 12:14

                  Pourquoi l’Europe des régions ?
                  D’une part, parce qu’un élu régional est beaucoup plus sensible aux besoins de son électorat et, donc, plus suceptible d’étre dégommé rapidement en cas de déception de la part de ses élécteurs.
                  Outre qu’avec internet, il est possible de faire une évaluation permanente de nos représentants.
                  D’autre part, une Europe des régions permet une recherche de complémentarité inter régionale beaucoup plus directe et, donc, plus efficace que cette méme recherche au niveau national.
                  L’Europe des nations est une ineptie car contradictoire en son terme !
                  Le nationalisme se nourrit de la division entre les peuples.
                  Aucun nationalisme n’a jamais recherché la complémentarité des peuples !
                  La conception de l’état tel que nous en avons hérité du 19éme siécle est archaîque et, d’une façon ou d’une autre, amenée à disparaitre.
                  Du reste, sa disparition est déjà, en cours actuellement.
                  Cet ancien systéme ne resistera pas aux nouvelle technologies de l’information.
                  Les lois hadopi et consort n’y changeront rien, ces lois ne sont que les derniers reflexes épidermiques d’un systéme devenu obsoléte.
                  Tout comme, le népotisme et le cynisme qui l’accompagne de plus en plus fréquement .
                  La plupart des lois qui sont votées actuellement sont plus des lois d’agression dirigées vers le citoyen que des lois de gestion de l’espace publique.
                  Il suffit de voir les nouveaux équipements des services de police que pour comprendre que ce n’est pas le « terrorisme » qui est la premiére préoccupation des gouvernants, mais la crainte d’un soulévement social de la part d’ensembles sociaux qui ne se reconnaissent plus du tout dans ces nouvelles conceptions politiques.
                  Le pouvoir rend paranoîaque, personne ne peut contester cette évidence !
                  Une autre forme de gestion prend forme , celle d’une démocratie directe et non plus, représentative.
                  Ce systéme de gestion direct de l’espace publique par ceux qui le composent est celui qui me semble le plus naturel.
                  Impossible à réaliser auparavant, il est devenu possible grace aux nouvelles technologies de l’information.
                  Avant internet, l’information était dirigée du haut vers le bas avec censure préalable.
                  Aujourd’hui, elle est dirigée du bas vers le haut !
                  Nos politiciens devraient commencé à accepter que ce changement est fondamental et doit les amener à revoir leurs anciennes méthodes sous peine de disparaitre.
                  Se réfugier vers un néo fascisme ne servira qu’a prolonger l’agonie sans influencer en rien, le cours de l’humanité.
                  Pourquoi maintenir la souffrance là ou l’on peut construire le bonheur ! 


                  • kalon kalon 8 novembre 2009 12:30

                    Vu de cette façon, le démantellement pacifique de la nation Belge ne serait que le prémise d’un nouveau départ à la réalisation d’un espace européen tel que ses péres fondateurs en avaient la vision lorsqu’ils ont fondé la CECA.

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Auteur de l'article

AJ


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