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Accueil du site > Actualités > Europe > La défense européenne : échec annoncé ?

La défense européenne : échec annoncé ?

L’introuvable mais nécessaire défense européenne...

Il est convenu de considérer que le problème de la défense européenne est politique et institutionnel. Ce sont les réponses qui seront apportées en effet à ces deux questions qui permettront ou non la création d’une armée européenne : la décision des chefs d’Etat et de gouvernement de mettre en commun leurs forces militaires est le préalable nécessaire, mais non suffisant car, à défaut d’une Constitution mort-née, il faut aussi un nouveau Traité pour que l’UE se dote du cadre juridique et des règles qui permettent l’emploi de ces forces. Mais ceci est à portée de main, d’autant que les opinions publiques sont acquises à cet « élargissement qualitatif » de l’Europe.

Mais ne faut-il pas se poser une autre question qui est de savoir si les Européens ont la capacité technique et financière de construire, à un horizon raisonnable (quinze à vingt ans par exemple), les armes nécessaires à cette armée européenne ? Quand on sait qu’il a fallu vingt ans à la France pour construire un porte-avions qui n’embarque que quelques Rafale, qui n’ont pas, aujourd’hui pour leurs missions en Afghanistan, de « Pod d’éclairage de cibles » pour larguer des bombes guidées..., et qu’il faudra plus de dix ans pour faire un ou deux porte-avions de plus avec la Grande-Bretagne (peut-être), que l’Airbus A400M ne sera pas opérationnel avant dix ans (au mieux), que la décision de lancer Galiléo a été trop longtemps reportée, et le programme est aujourd’hui en panne alors que la Chine est sur le point de lancer son propre système, que les Anglais s’approvisionnent largement en missiles aux USA, que la Pologne a acheté des F16 et non des Rafale, il ne faut pas s’étonner que l’intervention dans les Balkans n’ait pu se faire que grâce aux armes US, et que l’OTAN n’ait qu’un faux nez pour leur intervention en Afghanistan. Devant la panoplie d’armes - terrestres, maritimes et aériennes - mise en œuvre par l’US Army, sans oublier toute la partie cachée des satellites aux moyens de traitement de l’information etc., ne sommes-nous pas définitivement décrochés ? Le gap est abyssal, tant qualitatif que quantitatif, entre l’armement de l’UE et celui des USA. La grande variété des matériels, leur complémentarité, leur fiabilité, et l’efficacité d’une chaîne de commandement capable d’intégrer tous ces systèmes en temps réel, à partir de la Maison-Blanche le cas échéant, nous permet de mesurer le chemin à parcourir pour que l’Europe devienne un acteur indépendant sur le théâtre des opérations, et crédible en terme de dissuasion...

Que vaudrait une armée européenne si son matériel ne lui permet pas d’être l’une des « premières armées du monde » ? L’initiative de défense stratégique de Reagan n’a pas seulement mis KO l’URSS, mais aussi rendu plus difficile la création de l’Europe de la défense - ce qui n’était sans doute pas à l’époque un objectif déclaré, mais qui le devient par ces tours que l’Histoire se plait à faire aux hommes.

Il faut donc un effort très important, exceptionnel ,de la part des vingt-sept pays membres, pour que la future armée européenne soit autre chose qu’une force d’appoint de l’US Army. Le débat sur les moyens doit aussi être ouvert : les 12 de l’Euroland seront naturellement les moteurs de cette réflexion sur l’organisation de la Défense européenne et ses moyens, mais le noyau dur ne se formera que par un rapprochement irréversible, sans retour en arrière possible, de la France, de l’Allemagne et du Royaume-Uni, tout en sachant que les ressources financières nécessaires ne pourront être trouvées qu’auprès des 27.

Le destin de l’Europe est bien dans sa capacité de faire naître une défense européenne. Sans elle, pas de diplomatie forte, pas de poids dans les affaires du monde à l’ONU et dans les différentes instances internationales, pas d’interventions directes sans les Etats-Unis. Si ce projet de défense européenne ne voit pas le jour, restera l’Europe thatchérienne, c’est-à-dire une vaste zone de libre échange... quasi indifférente aux affaires du monde, par manque de volonté politique limitée au discours sur les droits de l’homme, sur l’écologie, etc., et par manque de moyens militaires réduite à conduire des actions humanitaires.

Le Royaume-Uni détient dans cette partie une carte stratégique maîtresse, car lui seul peut faire le lien entre l’Europe et Etats-Unis, lien au demeurant indispensable pour les deux parties devant la montée en puissance de l’armée chinoise et l’affaiblissement durable de l’armée russe. Les Etats-Unis ont, eux aussi, besoin d’une défense européenne forte... La décision sur l’avenir de la défense européenne serait donc à Londres, dans la mesure où les sujets de Sa Gracieuse Majesté voudront bien abandonner leur attentisme européen sans sacrifier leur atlantisme, considérant enfin que leurs intérêts reposent maintenant sur les deux bords de l’Atlantique qu’ils peuvent contribuer à rapprocher, au profit de tous...


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13 réactions à cet article    


  • Yannick J. Yannick J. 7 mai 2007 15:52

    Cela fait déjà un bout de temps que la grande bretagne à un pieds sur chaque continent et qu’elle s’échine à faire le grand éccart....malheureusement pour elle elle n’a jamais trouvé écho à ses désirs...... peut-être est-ce en effet du au fait que personne sur le continent ne les rejoint plus dans leur position ?

    Quant à la supposée infériorité européenne... permettez moi de vous dire que pour les interentions très très délicates on fait appel a la grande bretagne et ses SAS ou la france et son 13ème dragon pour la reconnaissance... Le rafale tient en échec même leur nouveau chasseur décolant verticalement, et qu’il ont interdit à nos navire notemment le charles de gaules une certaines taille pour être tranquille... Maintenant oui , effectivment il serait intéressant de regroupper les moyens militaires pour une harmonisation des ressources de défense, Mais cela dit ce genre de gestion à montré ses limites en irak ou en afganistan avec le commandement centralisé et totalement déconnecté de la réalité du pentagone...

    amicalement


    • Manu Manu 7 mai 2007 19:57

      En quoi une défense européenne est-elle indispensable ?

      Certes, plus 50 % du budget de l’UE va à l’agriculture, mais je préfère financer des tracteurs que des chars. Voyons les USA : la boucle est bouclé chez eux : la guerre est devenue une nécessité pour faire tourner les usines d’armement et sauvegarder l’emploi. Prenons garde à ne pas prendre le même chemin !


      • alfa1 8 mai 2007 10:50

        Manu, cette histoire de tracteurs, c’est ne pas voir plus loin que le bout de son nez.

        En 1981,les représentants des syndicats de giat industrie,proclamaient à tout vent, « non à la vente d’armement à l’étranger » résultat, d’autres nous ont remplacés et giat industrie a vu beaucoup d’établissements fermés.

        Oui, sans défense Européenne, pas de diplomacie sérieuse pour l’Europe.La France a, là aussi, un rôle important à jouer. C’est le seul pays européen qui dispose d’une menace de frappe atomique indépendante des USA.

        Quant à la renommée de l’armée française, elle n’est plus à faire. Il n’y a pas si longtemps, les Etats unis voulaient nous louer la Légion étrangére ; lors de la 1° guerre d’Irak,toutes les armées alliées demandaient leur appui feu à notre artillerie.


        • ZeusIrae 8 mai 2007 12:31

          Je ne partage pas le pessimisme de l’article.

          Si il est illusoire d’esperer une politique international et de defense à 27,on peut legitimement esperer que les etats qui estiment necessaire pour l’europe d’avoir une influence dans son environement immediat se mette d’accord.

          Les principaux obstacles sont financiers et industriels.Ils sont complexes mais pas infranchissables. Le Rafale et l’EFA ont effectivement mis 20 ans à etre operationnel mais les USA ont les mêmes problemes.Les armée occidentale souffre d’une hyper-sophistication qui augmente considerablement les coûts.Cela a ses avantages mais aussi des inconvenients. Pour ce qui est de Galileo, je pense personnelement qu’il souffre de l’ambiguïté des objectifs à la fois commercial et militaire.Resultat quand les perspectives commercial semblent bouché l’aspect strategique est mis en danger aussi.

          @Manu : Raisonnement simpliste qui ne meriterais pas mon attention s’il n’etait pas aussi rependu.

          Vous etes surement l’une de ces bonnes âmes qui veulent que l’europe soit presente dans le monde pour aider,nottament dans le conflit israelo-palestinien.

          Malheureusement une tel influence ne s’obtiens que par uen politique volontaire et des moyens militaires et financiers credible.


          • Ar Brezonneg 9 mai 2007 09:57

            Vous confondez les moyens : armes , équipements, et systèmes (qui -pour certains- peuvent être « achetés » sur étagères, et pour d’autres qui relèvent de la souverainete du pays (armes nucléaires, logiciels à but militaire )) , et les hommes qui ne sont pas prêts à mourir pour Dantzig.... Personnellement, si je peux prendre les armes -sans problème- pour mon pays la France, je ne lèverai jamais le petit doigt pour protéger l’oligarchie bruxelloise que je ne supporte pas : les « commissaires europeens » et affidés dont les propres valeurs me sont étrangères ....


            • Thierry T. 20 mai 2007 18:01

              L’arme nucléaire est une tres bonne arme de défense, aucun besoin d’une défense européenne pour nous protéger.

              Question crédibilité, tout dépends a quoi vous aspirer, montrer au monde qu’on ne plaisante pas (comprendrez ce que vous voulez) necessiterai une meilleure défense (et un rapprochement ideologique avec les USA).

              Pour ma part je préfère l’approche diplomatique et pacifique pour appuyez la crédibilité de l’europe.

              En fait une meilleure amrée nous protégerai uniquement... des Etats Unis.


              • Iren-Nao 23 mai 2007 11:24

                Mon bon Gerald

                Votre article ne fait que refléter le point de vue de la grande presse qui ne veut faire de peine a personne et cette vieille admiration béate de la soit disant puissance US.

                Parlons donc de cette mirobolante puissance militaire américaniste, et pour commencer, un peu d’histoire contemporaine :

                WW2, nous fumes certes contents de les voir en Normandie, mais il y avait la plus de britanniques que de ricains, lesquelles étaient déjà champions des dégâts collatéraux notamment sur les villes françaises sans objectifs militaires.

                Déjà le bombardement massif ayant pour but d’assouplir les populations par la terreur (sans résultat autre que de raidir la résistance des allemands d’ailleurs) faisait partie de la doctrine très officielle US sous le terme de » terror ». Vous avez dit terrorisme...

                La version moderne de la doctrine c’est le fameux « shock and awe » (awe = épouvante/crainte respectueuse) qui donne de si brillants résultats en Irak.

                L’Allemagne fut finalement terrassée, mais on oublie un peu vite que le très gros du boulot fut fait par les Russes au prix de beaucoup de sang.

                Il fallut 2 bombes atomiques pour en finir avec le Japon.

                En Corée il y eut au mieux match nul.

                Ils eurent beau dépenser par moment 1.000.000$ (de l’époque !!) pour buter 1 seul Viet et déverser sur ce pays autant de bombes que sur l’Allemagne ils durent bel et bien partir la queue entre les jambes.

                Ca ne les a pas empêches de faire les malins.

                Nous aurons la charité de ne pas nous étendre sur la Somalie, et pourtant c’est une affaire fort typique, des que ces super fantassins sur équipes se retrouvent en une ville non encore complètement bombardée ils massacrent a tout va, mais doivent repartir en pleurnichant car les autres, qui sont soit des terroristes soit des criminels, leur tuent du monde les salauds.

                La première héroïque guerre du golfe, ou hélas nous participâmes, s’attaquait a une armée épuisée par 10 ans de guerre contre l’Iran. Le Koweït fut évacue, mais je me souviens car j’y étais 1 semaine plus tard, je n’ai vu que du très vieux matériel d’origine russe.

                Suivirent 12 ans d’embargo qui furent un véritable « crime contre l’humanité » puis « Shock and awe » sur un pays deja detruit, et en quelque jours le crétin du Texas déclarait l’affaire réglée.

                Des dizaines de milliers de civils morts ou emprisonnes plus tard le résultat est la et la défaite est consommée, le reste d’honneur et de crédibilité US perdu a travers la planète.

                Ce pays qui dépense a lui seul pour ses armées autant que le reste de la planète réuni peut se vanter d’avoir le plus désastreux rapport qualité prix de la planète en matière militaire.

                Une seule méthode : tout casser et foutre les survivants en taule ou les buter. Sauf que ces salopards n’ont toujours pas compris qui est l’empire du bien.

                La réalité c’est que Shock and awe et sa suite ont détruit l’Irak mais que malgré l’avalanche de haute technologie et les milliards de $ la guerre est perdue et l’Armée US durablement brisee.

                La réalité c’est que Israël qui avait en son temps une des toutes premières armées du monde, devenu le chienchien des US a été vaincu, y compris techniquement, par le Hezbollah pour avoir adopte des doctrines militaires US.

                L’appareil militaire US est certes capable de vitrifier la planète, ce qui n’est pas recommandable, (mais même la France pourrait le faire) pour le reste, a part des dégâts collatéraux...

                Nous avons surtout besoin de nous découpler des USA, de l’OTAN qui n’est plus pertinent.

                Les Armées françaises sont reconnues comme étant de très bonne qualité, et nos matériels de toute première classe, y compris en terme de communication du champ de bataille (système que les US nous achètent eh oui..)

                Nous avons un vrai savoir faire en matière de conflit de basse intensité (les plus nombreux) ou guerre asymétrique et maintien de la paix que d’ailleurs les généraux US les plus lucides (il y en a ) nous envient, eux se demandent encore comment nous avons gagne la « bataille d’Alger...

                Quant a créer une armée européenne, c’est une autre paire de manche, il parait exclu pour longtemps de faire cela a 27.

                Cependant beaucoup a déjà été fait au niveau de l’inter-operabilite, y compris et c’est plus que souhaitable hors des stupides doctrines americano Otanesques et au niveau des matériels, le corps franco allemand est fort constructif a cet égard et certaines opérations en commun fonctionnent pas mal du tout.

                Un paquet France Allemagne Benelux Espagne représenterait deja une puissance fort respectable et de très très bon niveau. Les armées britanniques sont excellentes et seraient bienvenues bien sur, encore faudrait il qu’elles soient affranchies de la pesante sujétion aux USA notamment par rapport a tout ce qui est nucléaire (propulsion et armement).

                Nous avons avec les GB un projet commun de porte avions, c’est je crois un matériel peu utile et coûteux, a gros risque de prendre du missile face a des adversaires un peu sérieux (par exemple l’Iran a tout ce qu’il faut pour couler du PA dans ses eaux du Golfe) Cela occupera du monde et fera peur a l’Armée monégasque. Mais il faut le dire avoir un seul PA est un peu idiot.

                Le concept français des Mistral porte aéronef me parait beaucoup mieux adapte au type d’intervention a venir.

                L’armée française elle est certes assez petite, mais ce n’est pas du « virtuel » comme les clowns US.

                L’Atlantisme c’est mauvais pour l’indépendance et la qualité de nos armes. Nous n’avons que très peu a attendre de ces gens la.

                Nous ne prétendons pas être le flic de la planète.

                Iren-Nao


                • non666 non666 23 mai 2007 12:51

                  Pour que naisse une defense « europeenne », il faudrait d’abord que l’atlantisme meurt...

                  A quoi sert l’Otan ?

                  Force d’occupation née du pacte atlantique au depart, force d’opposition au pacte de Varsovie ensuite, l’Otan ne sert desormais a rien d’autre que de vassaliser les europeens sous la baniere et la domination US.

                  L’Immonde TCE des collabos euro-yankee prevoit d’ailleurs très clairement l’aspect "obligatoire de cette alliance dans la defense de l’Europe.

                  Comme l’Inde de l’Empire britannique, l’Europe du traité constitutionnel n’est qu’un vice royaume qui se doit de respecter les decisions de l’Otan et donc la volonté des etats unis.

                  Dès sa constitution, elle inscrit dans le marbre l’existence de l’Otan comme etant perenne. Pourtant, la guerre en Irak nous a montré que les interets des Angles et des Yankees n’etaient plus les notres.

                  Dès lors revendiquer une defense commune, une existence militaire continentale alors meme que les forces d’occupations US stationnent encore legalement sur notre sol, sans que l’inverse soit vrai, est une plaisanterie.

                  L’echec est donc certain car une defnse europeenne serait la fin du leadership US en Europe et qu’au moins les anglais s’y opposeront.


                  • Iren-Nao 24 mai 2007 02:55

                    Tout a fait juste non666

                    Iren-Nao


                  • Jean-Philippe Immarigeon Jean-Philippe Immarigeon 26 mai 2007 00:06

                    De qui parlez-vous en évoquant une armée surpuissante, disposant de toute la panoplie technologique, d’un réseau d’intégration et de numérisation, etc etc... ? Certainement pas de l’armée américaine, qui dispose sans doute de tout cela, mais croit encore au vieux slogan de Giraudoux, comme quoi on gagne lorsqu’on est le plus fort sur le papier. Et qui se prend une pilée en Irak et en Afghanistan face à une poignée de rebelles armée de vieux RPG-7 russes et de AK-47 rafistolées. Cocteau avait répondu en 1939 à Giraudoux, qu’on est le plus fort le jour où l’on gagne, et pas l’inverse. Apparemment les leçons de la défaite de mai 1940 n’ont toujours pas été comprises.

                    Alors l’Europe de la défense, bien sûr, mais certainement pas en copiant les Etats-Unis pour dilapider des fonds publics avec du matériel high tech qui ne sert à rien pour gagner des guerres, sauf à abonder les jetons de présence des héritiers Lagardère et Dassault. Perdre une guerre à 100.000 dollars la minute, il n’y a en effet que les Américains qui soient capables de le faire. Faut-il les admirer pour cela, et surtout les copier bêtement... ?


                    • Iren-Nao 26 mai 2007 15:36

                      Ami Gerald

                      Je vous recommande ce bon J-P Immaregeon et de defensa.org qui font parti des gens qui ne se repandent pas en niaiseries en matiere de defense.

                      Pour l’heure, a lui et a vous mes salutations amicales...J’ai une grosse et delicieuse fatigue, bonne nuit


                      • GéraldCursoux Cursoux Gérald 28 mai 2007 10:16

                        Les avatars du « Charles de Gaulle » L’échec est là. Incontournable. Les explications embarrassées des politiques et des militaires n’apportent pas la bonne réponse aux avatars du porte-avions. C’est pour les uns un nouveau jeu de Monopoly : si vous perdez une hélice « retournez en cale sèche » ; si le vent est trop fort « passez votre tour » ; si le pont d’envol est trop court « retournez à la case départ » ; si la puissance de vos moteurs est insuffisante « revendez les Rafales et achetez des Cruisaders » ; etc.., pour d’autres une humiliation de la Royale, et pour les plus antimilitaristes encore des milliards jetés à la mer... Rappelons que sa taille a été définie par celle de la forme de l’arsenal où il a été construit, et que sa petitesse exige des performances extrêmes des hélices, qui supportent des contraintes élevées pour lui permettre d’atteindre la vitesse de décollage nécessaire aux Rafale, ce qui... (on connaît la suite). Mais la bonne question n’a pas été encore posée : est-il possible de mener à bien un tel projet sachant que les spécifications sont définies 15 ans avant l’achèvement de sa construction ? La réponse est non, bien évidemment. Parce que les spécifications doivent évoluer avec les technologies et les objectifs militaires, et que cette évolution remet en cause des choix constructifs majeurs (la puissance des moteurs par exemple) d’une part, et que d’autre part les délai de constructions ne peuvent être allongés sans réduire la qualité intrinsèque de l’ouvrage et sa cohérence technique, la réalisation d’un porte-avions ne peut durer 15 ans. Un tel projet ne peut être conduit de façon satisfaisante qu’à deux conditions : premièrement avoir au moment de son industrialisation des spécifications clairement définies pour répondre à des objectifs militaires également clairement définis et inscrits dans un avenir prévisible, deuxièmement reposer sur un planning de construction qui ne s’étire pas sur plus de 4 à 5 ans. Faute de quoi on ne peut que livrer un équipement pratiquement obsolète dès sa mise en service, souffrant de problèmes techniques majeurs, et manquant de cohérence dans ses différents systèmes. Les responsabilités de l’échec sont à inscrire (encore) au passif des hommes politiques : remettre à plus tard les choix stratégiques qui s’imposent pour définir les objectifs militaires et les spécifications des différents systèmes, réduire les budgets annuels alloués aux chantiers et aux sous-traitants pour satisfaire des priorités politiques, c’est ramener à son plus bas niveau un outil industriel complexe et in fine construire un navire souffrant de problèmes techniques, mal adapté aux missions militaires du moment, et d’un coût exagérément élevé. On peut craindre qu’il en soit ainsi de bien des équipement militaires. Le « Charles de Gaulle » doit aussi nous amener à nous poser la question de la définition des armements, en terme de lisibilité et d’industrialisation. A trop vouloir rechercher des performances multiples et complexes, - comme pour le Rafale qui doit accomplir (dans ses différentes versions) les multiples missions que l’on peut assigner à un chasseur bombardier -, n’est-on pas amené à revenir sans cesse sur les spécifications techniques, parfois contradictoires, et ainsi conduit à remettre en cause les processus d’industrialisation, et in fine à retarder de façon inacceptable la mise en service des matériels et réduire d’autant les capacités d’intervention de l’armée -, et ce en dépassant les budgets de façon importante et également inacceptable. On ne peut se satisfaire de récupérer des éléments de navires mis à la casse après 40 ans de service pour faire naviguer à petite vitesse le Charles de Gaulle ! Encore des effets d’annonce, de l’agitation médiatique, pour masquer une incapacité à conduire des projets complexes pour des coûts et dans des délais acceptables. S’il faut 15 à 20 ans pour lancer un porte-avions, autant acheter ce matériel sur le marché international, neuf ou d’occasion...Le bricolage politique conduit au bricolage militaire. Le bricolage militaire conduit à la gabegie financière, et à l’affaiblissement politique. Comme toute chose a un bon côté on pourrait conclure sur un constat : le Charles de Gaulle nous coûte moins cher en cale sèche qu’à la mer ! Il n’y a plus de petites économies après autant de dépenses...


                      • non666 non666 29 mai 2007 10:48

                        On peut voir le probleme autrement.

                        Pourquoi ne pas agrandir les cales seches des deux grands ports militaires français (Toulon et Brest ) ?

                        Pourquoi des villes qui ne dependent que de cette activité depuis des siecles refusent t’elles qu’on etende les cales sur le domaines de la ville.

                        La solution alternative consisterait a construire des cales sur des sites qui accepteraient cette infrastructure.

                        Car les pacifistes belants qui montrent du doigt les couts de l’armement oublient volontier que l’armée est le seul budget dont on souhaite qu’il ne soit jamais rentabilisé... On peut meme dire que la certitude d’avoir a le rentabiliser est inversement proportionnel a ses couts...

                        Bref depenser pour assurer la presence de l’Europe en’est pas une depense inutile.

                        La seule alternative est de payer tribu a un protecteur qui utiliserait sa monnaie ayant cour obligatoire pour financer ses deficits....

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