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Accueil du site > Actualités > Europe > La dernière comédie belge : nous avons un nouveau gouvernement (...)

La dernière comédie belge : nous avons un nouveau gouvernement !

Il a fallu 540 jours pour enfanter du monstre. 450 consacrés à céder devant le diktat flamingant qui désirait à tout prix une reconnaissance de ses frontières en y incluant un maximum de territoire et subséquement 250.000 francophones bruxellois qui, bien qu'ils y soient très largement majoritaires seront dorénavant réduits au statut de sous-citoyens privés de toute expression culturelle.

Une erreur se pardonne, l'humiliation jamais.

Conséquence première de ce reniement inacceptable de la classe politique francophone, la capitale de l'Europe va sous huitaine être totalement entourée de Flandre et le jour inéluctable où celle-ci votera unilatéralement son indépendance, le cap prochain et elle ne s'en cache même pas, notre terre de liberté sera définitivement enclavée dans le seul pays européen où l'extrême-droite est déjà majoritaire.

Dans ces conditions, inutile de dire que son statut de capitale de la seconde puissance du monde lui sera immédiatement renié et adieu veaux, vaches, cochons et couvées.

 

540 jours moins 450 = 90. Dès que la classe politique francophone dans son entièreté, sauf le Front des Francophones, a abjuré ses grands principes de mixité culturelle, c'est sous l'empressement des agences de notations et de la clique au vilain Barroso que la Belgique a été forcée de se doter d'un gouvernement de plein exercice apte à prendre les mesures conservatoires qu'il fallait pour combler le trou d'une dette grandissante causée par l'âpreté de la finance internationale et le tonneau des Danaïdes que sont les dépenses somptuaires de ceux pour qui être représentant élu du peuple permet de s'assurer sur le compte du citoyen la seule chose qui les intéresse : le pouvoir à tout prix et de préférence ad vitam.

Un pouvoir qui, en Belgique, se transmet de génération en génération.

Comment cela de génération en génération ?

Oui ! Curieux hazard très constructif, il se fait que quatre des six présidents des partis qu'il a été nécessaire de regrouper pour trouver une majorité sont des fils dont le père a occupé les mêmes fonctions dans un passé récent.

Et ...mmh, trois sur quatre ont été élus sans opposant.

Comme dans un Califat. Comme chez les Bongo et autres Kabila. Comme dans tout pays où le droit du sang l'emporte sur la démocratie. Comme dans toute dictature héréditaire qui ose dire son nom...

L'illustre culte du moi propre à l'homo politicus erectus.

 

Ceci dit, tout ne démarre pas sous les meilleures auspices, loin s'en faut. S'il y en a parmi nos frères qui se réjouissent un peu vite de voir un fils d'immigré accéder aux plus hautes fonctions de l'Etat, d'autres regrettent amèrement que ce même bonhomme, le sieur Di Rupo, soit depuis dix ans à la tête d'un parti dont trop, bien trop de têtes pensantes ont connu la joie de la correctionelle, des condamnations en bonne et due forme, des inculpations par dizaines sans qu'il n'ait jamais cru bon élever la voix contre cette mafia tentaculaire qui a transformé notre nation francophone en Walbanie du meilleur aloi. Un Président de parti pas même rouge de honte d'avoir menti comme un arracheur de dents en promettant 7 milliards d'euros aux plus faibles pour emporter leur vote tout en sachant bien qu'il n'en possédait pas le moindre liard.

7 milliards de dépenses somptuaires qui, de fil en aiguille, de palabres en palabres, de constatations amères en constatations amères, sont devenues entre-temps 11,3 milliards de dette à combler d'urgence pour ne pas connaître les affres de la faillite.

Admirez l'honnêteté intellectuelle du personnage...

Et la mouise dans laquelle son orgueil nous met.

 

Comme la gauche avait besoin de la droite et réciproquement, méfait du système proportionnel qui est pourtant le plus démocratique qui soit, ces 11 milliards ont été “ théoriquement “ trouvés dans la poche de qui n'est pas directement protégé par un groupe de pression qu'il soit du grand patronat ou des syndicats. Onze milliards à confisquer sous forme de taxes qui toucheront directement le portefeuille du consommateur : augmentation des accises sur le tabac et l'alcool, de tous les services publics payants, diminution notable des remboursements médicaux, haro sur les voitures de société, dégressivité prononcée des allocations de chômage, augmentation du prix de l'énergie, TVA sur les actes notariés, recul de l'âge de la pension avec un calcul non plus basé sur la dernière rémunération mais de toute la carrière et un tas d'autres mesures que la population ignore encore pour la bonne et simple raison que, si leur résultat a déjà été quantifié, leur applicabilité n'a même pas encore été abordée.

Aucune ligne directrice, rien pour les jeunes sinon l'assistanat à coût réduit.

Rassurez-vous bonnes gens, ils ont sauvé les meubles, c'est ce qu'on appelle le budget.

 

Autant dire que nous sommes à l'aube des mauvaises surprises en série. Comptons sur l'imagination fertile de nos bons édiles qui, et là c'est carrément se foutre de notre gueule, ont décidé main sur le coeur de contribuer à l'effort général en diminuant leurs rémunérations – ministérielles seulement ! de 5 %, soit une économie globale de 510.000 euros pour tout sacrifice.

Les pauvres... , comment feront-ils pour boucler leurs fins de mois avec les misérables 20.000 euros nets qu'ils s'attribuent douze, que dis-je treize fois par an ? Un sacrifice incommensurable qui prend toute sa valeur lorsqu'on sait que le fonctionnement public de la Belgique est déjà et de loin le plus élevé parmi les pays de l'OCDE.

Odieux personnages, votre générosité de participer si noblement à l'effort collectif nous comble. Ceci dit, ma pension s'élève à 1.136 euros par mois, si bien que je suis foutu le camp à l'étranger pour survivre au monde de violence tous azimuts que vous m'avez offert. Merci de tout coeur, tenez je me prosterne devant vous de ne pas avoir osé toucher à sa liaison avec l'indice des prix.

Momentanément...

 

Pincé et pas seulement au niveau du costume noeud-pap', notre cher et nouveau félon Premier Ministre prétend avoir mis sur pied un des gouvernements les plus restreints de notre histoire. Par comparaison avec le dernier où un socialiste francophone était à sa tête, c'est vrai puisque nous sommes passés de 36 ministres à 13. Ce l'est beaucoup moins si on y ajoute le nombre record de Secrétaires d'Etat, des sous-membres du gouvernement qui font pleinement partie de l'exécutif mais sans droit de participer au Conseil des Ministres. ...Tout en étant payés moins : 201.000 euros par an sans compter les à-côtés liés à la fonction, c'est si peu...

La classe politique est ravie d'avoir sauvé les meubles, la presse subsidiée qui a participé au lavage de cerveaux tout autant mais bordel, c'est le citoyen qui va passer à la caisse et on l'y attend avec un rouleau compresseur !

Là, ils s'avèrent l'un et l'autre évidemment beaucoup moins diserts, c'est de bonne guerre.

 

Comme souvent, une petite anecdote de derrière les fagots en dit plus qu'un long discours. Lors de la prestation de serment du nouveau cartel gouvernemental, un ministricule libéral dénommé Chastel s'est mélangé les pinceaux dans les deux “ je jure que...”qu'il avait à prononcer.

L'inconscient étant logé fin fond le langage, le commentaire de notre Primus inter pares dopé par son égo dissolu fut à la hauteur de ses préoccupations premières. Interrogé par la presse sur ce couac qui pour un rien eut éveillé le courroux de Sa Majesté le Roi, sa réponse toute en considération positive fut à la hauteur de la tonicité liée à l'évènement :

“ Relativisons, demain je lui achèterai une boîte de testostérone “

Sic ! M'est avis que c'eût été DSK, il aurait certainement parlé de Viagra.

Un premier Sinistre qui ne parle même pas néérlandais, l'autre langue nationale, voilà qui promet...

Mais bon me direz-vous. l'introuvable pacification linguistique était à ce prix.

 

Pacification vraiment ?

La réponse est venue sans plus tarder de la bouche même de Kris Peeters, l'ultra-nationaliste Ministre-Président du gouvernement flamand, un barbare qui, pas plus tard qu'hier lors de la cérémonie célébrant les 40 ans d'existence de “ son “ parlement, a précisé dans un discours à peine moins fielleux que d'habitude, je cite :

“ L'autonomie croissante de la Flandre est un processus irréversible “

Autant dire que le nouveau gouvernement peut s'attendre à voir très bientôt une nouvelle peau de banane lui glisser sous le pied. Non seulement les transferts financiers Flandre-Wallonie, un rendu qui ne viendra jamais, seront définitivement clôturés dans dix ans. Ajoutons-y que le texte du présent accord de majorité consacre le fait que le centre de gravité décisionnel de la plupart des matières personnalisables sera déplacé de l'état national aux régions.

Point n'est besoin d'être politologue Madame Soleil, on peut facilement en conclure que la Flandre a bel et bien déclaré la lutte finale aux compétences résiduelles de ce bout de chiffon dénommé Belgique.

 

Autre signe inquiétant de cette dangereuse évolution de la toute puissance attachée à l'idéologie de ceux qui se conduisent de plus en plus ouvertement comme nos maïtres, la commune de Grimbergen au Nord de Bruxelles a tout récemment ouvert un bureau de délation chargé de collationner le nom des commerçants qui, dans l'exercice de leur métier où l'accueil joue un rôle prépondérant, s'obstinent à répondre en français ou en anglais à leur clientèle, soit grosso modo 35 % de la population locale.

Bientôt l'étoile jaune et noire. Telle est la vraie pacification communautaire version flamande, elle est enracinée en leur âme...

Notre très plat pays n'existe plus que par ses pralines, ses bières, la valeur factice attachée au label made in Belgium, ses héros de bandes dessinées et son Roi.

Gageons que celui-ci va très bientôt abdiquer pour son fils.

Mission accomplie, il a de toute justesse sauvé sa couronne.

 

Asterix c/o l'allocaterre sur les forums belges


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9 réactions à cet article    


  • lloreen 8 décembre 2011 10:35

    L’autonomie croissante du citoyen est un processus irréversible...(en Islande)
    http://www.cadtm.org/Quand-l-Islande-reinvente-la


    • asterix asterix 8 décembre 2011 13:42

      Entièrement d’accord avec toi. Mais en Belgique, le citoyen est brimé ou victorieux selon son appartenance linguistique.
      Un seul exemple : l’espace Wallonie-Bruxelles est d’accord pour signer la convention de protection du droit des minorités et la Flandre n’en veut pas.
      Donc la Belgique n’en veut pas non plus, cqfd.


    • ZEN ZEN 8 décembre 2011 10:37

      Salut astérix d’outre-Mont Noir !

      Clap, clap ! Bravo !
      Les apparences sont sauves dans le Royaume, grâce au fils de l’émigré italien, qui va se mettre à l’Assimil néérlandais
      La mouise, comme chez nous...
      Mais la bière et le Roi sont préservés.
      Comment dit-on Gott sei Dank ! en flamand ?
      Sur ce, oublions le AAA smiley


      • asterix asterix 8 décembre 2011 13:34

        Sabaïdî bôô, Zen !
        En néérlandais, cela se traduit : God zegt dank u.
        Il y a un autre leit-motiv nationaliste flamand qui va dans le même sens.
        Textuellement : Vlaanderen voor Christus en Christus voor Vlaanderen.
        Même Dieu est sélectif...


      • Will Will 8 décembre 2011 11:50

        je fus résident dans votre petit royaume d’opérette, et à force d’écouter « la première » et ses impayables, quoique souvent brillants, débats politiques lors de mes fréquents déplacements, j’avais commencé à croire avoir compris quelques bribes du fonctionnement de votre , oh combien couteux, fédéralisme royal !

        Mes amis belges en avaient tous ras le bol de ces infinies supposées négociations, entrecoupées des multiples démissions des hilarants démineurs et autres en...de drosophiles (ce qui devait plaire à votre nouveau premier smiley).
        Je vois que leurs prévisions n’étaient pas si sottes, qui prédisaient à moyen termes la mort de ce calme petit royaume de BD.

        Vous y êtes, encore quelques tombereaux de mensonges et de manipulations oligarchiques, et vous devrez vous soucier d’un nouveau nom...

        La Belgique est morte, vive l’ailleurs !


        • asterix asterix 8 décembre 2011 13:25

          Bonjour Will !
          La Belgique est morte, vive l’ailleurs ! Lu et approuvé, mon pote.
          Sans cette maudite télé, nous avons à notre manière une vue plus acérée de ce qu’est l’exotisme belge, ce curieux virus qui me rend virtuellement dans ce royaume de drosophiles et physiquement présent dans la société de mon choix.
          Que veux-tu ! On a beau leur écrire que la Belgique est morte, ils ne l’acceptent pas encore.
          Ceci dit , les forums permettent de saisir que beaucoup en ont encore plus ras le bol que nous. Il suffit de les écouter, ils vivent cela tous les jours.
          Moi, cela me rendrait malade...
          Et je suis triste pour eux.


        • HERVE 8 décembre 2011 14:10


          Je serais loin de faire une confiance absolue en Elio Di Rupo.

          La clarté n’est pas faite sur son neveu qui se rendait régulièrement au château mafieux de Forchies-la-Marche (des frères Di Luciano) ni sur les activités et les liens de son frère Franco Di Rupo.

          _ _ _


          http://idisk.mac.com/textimus-Public/Decadi/D213N65.pdf

          « Ces derniers temps, l’hebdomadaire de droite « Père Ubu » a concentré son tir sur le procès Cools comme révélateur de la main-mise mafieuse de la bureaucratie socialiste sur l’appareil judiciaire de Liège. Sont particulièrement visés, l’ex-ministre, actuel chef du parti socialiste liégeois Guy Mathot, le ministre wallon et député européen José Happart , le Procureur Général de Liège , qui cornaque l’instruction du procès Dutroux, Anne Thily, le ministre de la Justice Laurette Onkelinx et bien entendu le président du Parti, Elio Di Rupo, dont un neveu vient d’être dénoncé comme assidu du château mafieux de Forchies La Marche. « Père Ubu » est régulièrement attaqué en justice par les socialistes. Curieusement, alors qu’il martèle à longueur de semaines que José Happart était bien au courant du contrat qui a coûté la vie du ministre André Cools et qu’il désigne Happart et Mathot comme commanditaires probables, aux côtés du ministre suicidé Alain Vanderbiest, aucune action en diffamation n’a été entreprise contre l’hebdomadaire. (…)

          Quant à Dutroux, « Père Ubu » ne se prive pas de répercuter les analyses du journaliste flamand Douglas De Coninck, proche de la mouvance blanche et de la famille Russo pour conclure « QUI a protégé Dutroux et pourquoi ? »

          _ _ _


          http://archives.lesoir.be/justice-des-millions-d-euros-fraudes-deux_t-20100326-00UUX9.html?query=Forchies-la-Marche&queryor=Forchies-la-Marche&firstHit=10&by=10&when=-1&sort=datedesc&pos=15&all=147&nav=1

          Deux châteaux à confisquer

          DUBOIS,FREDERIC
          Page 10
          Vendredi 26 mars 2010

          Justice Des millions d’euros fraudés

          La substitut Catherine Badot a requis des peines de 4 ans de prison ferme, ce jeudi, contre les deux principaux protagonistes du dossier de blanchiment d’argent dit « du château de Forchies-la-Marche ». Selon le Ministère public, le châtelain Sébastiano Di Luciano et le dentiste de Hourpes, Philippe Melchior, seraient les maîtres-penseurs d’une organisation criminelle spécialisée dans l’évasion fiscale et les carrousels TVA.

          En novembre 2003, 250 policiers équipés d’un hélicoptère et d’un sonar perquisitionnaient le château de Forchies-la-Marche. La juge Baeckeland s’intéressait en effet au train de vie suspect des châtelains, les frères Di Luciano. Lors de cette descente, les forces de l’ordre avaient découvert un stock d’armes et d’explosifs, ce qui a déjà fait l’objet d’un procès en correctionnelle. Mais c’est l’aspect pécuniaire de cette affaire qui est aujourd’hui examiné par le tribunal correctionnel de Charleroi. Le parquet s’est attaché à démontrer les transferts d’argent douteux entre la Belgique, la Suisse, le Luxembourg ou encore Monaco, pour aboutir le plus souvent sur les comptes bancaires des enfants de Sébastiano Di Luciano ou de Philippe Melchior. Le châtelain, qui déclarait 650 euros de revenus par mois, roulait pourtant en Bentley, Ferrari 348, Porsche 911 ou BMW 745. L’intéressé nie formellement ce train de vie de nabab, déclarant que son fils serait le seul détenteur des châteaux de Hourpes et de Forchies-la-Marche.

          Selon Catherine Badot, les enquêteurs ont démontré que Sébastiano Di Luciano prêtait de grosses sommes d’argent à des personnes impliquées dans des carrousels TVA. Les taux d’intérêts très élevés qu’il réclamait obligeaient ses débiteurs à persister dans la fraude. Un expert a ainsi évalué les capitaux à 2,1 millions d’euros et les intérêts à 2,7 millions. Le parquet a requis trois ans de prison contre Michele Messina, l’un de ces « carrouselistes », et deux ans contre Donato Mafussi, Louis Walravens, la comptable Chantal Minet, le garde du corps Andrzej Zawal et l’entrepreneur Angelo Troiano.

          Mais pour de nombreux prévenus, ce sont les confiscations réclamées par le parquet qui constitueraient la peine la plus grave. Dans ce dossier, des millions d’euros ont en effet été saisis, de même que deux châteaux et de nombreux véhicules de luxe. On imagine que la défense s’opposera fermement à ces confiscations lors des prochaines audiences.

          _ _ _


          http://archives.lesoir.be/forchies-la-marche-des-liens-avec-la-mafia-un-bel_t-20031125-Z0NTAM.html?query=Forchies-la-Marche&queryor=Forchies-la-Marche&firstHit=60&by=10&when=-1&sort=datedesc&pos=62&all=147&nav=1

          Forchies-la-Marche - Des liens avec la mafia Un bel arsenal sous le château

          DUBOIS,FREDERIC
          Page 6
          Mardi 25 novembre 2003

          * Un dépôt de plusieurs tonnes d’armes et de munitions découvert à Forchies. Cinq mandats d’arrêt décernés. Une organisation criminelle.

          FRÉDÉRIC DUBOIS

          Le parquet de Charleroi et ses enquêteurs viennent de donner un magistral coup de pied dans la fourmilière. Mercredi dernier, près de 300 policiers ont en effet été mobilisés pour une vaste d’opération de perquisitions visant l’entrepreneur en construction, Sebastiano Di Luciano, et son entourage.

          Depuis plusieurs années, cet individu résidant au château de Forchies-la-Marche (propriété de son frère et de son fils), était suspecté d’avoir des liens ténus avec la mafia. Mais hormis une condamnation de la cour d’appel de Mons à 2 ans de prison pour faillite frauduleuse et escroquerie, Di Luciano était toujours passé entre les mailles du filet.

          Toutefois, constatant que le suspect vivait bien au-dessus de ses moyens, le parquet de Charleroi a relancé une enquête pour blanchiment il y a 4 mois. Sebastiano Di Luciano avait en effet acheté le château du Bois de Hourpes pour son fils et possédait une série de véhicules de luxe alors que ses revenus déclarés ne permettaient pas de payer un seul leasing.

          Mais la procédure s’est encore accélérée, il y a un mois, lorsque 400.000 euros appartenant à Di Luciano ont été saisis sur base d’une dénonciation à la Cetif (Cellule de traitement des informations financières). Pensant à juste titre que le suspect pouvait se rendre compte qu’on s’intéressait à lui d’un peu trop près, le parquet de Charleroi a déclenché les grandes manoeuvres.

          Une vaste opération a donc été organisée mercredi dernier et 25 perquisitions ont été menées sur base de 6 mandats. Trois provenaient d’une enquête liégeoise sur les vols d’armes au banc d’essai et chez l’armurier Grimard. Deux volets carolorégiens concernaient le recel d’armes et le blanchiment. Enfin, une commission rogatoire française participait à la fête dans le cadre d’un vol d’artillerie et d’uniformes dans une gendarmerie proche d’Amiens.

          Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’arsenal découvert au château de Forchies-la-Marche dépassait toutes les attentes. Au total, plusieurs tonnes de munitions, d’armes et d’explosifs ont été mises au jour. Des détonateurs, des grenades, des silencieux, des armes de chasse, de collection et de guerre (dont une mitrailleuse anti-aérienne MG-42) : il y avait de tout pour monter une petite armée.

          Qui plus est, ce stock pourrait encore s’élargir puisque les fouilles se poursuivent à Forchies, avec l’aide de deux architectes et d’un archéologue. En effet, le château abrite toute une série de souterrains et de caches qui restent à explorer. Certaines armes ont été retrouvées dans la niche du chien et sous le poulailler. Il semble également que le clan Di Luciano fabriquait ou réparait sur place puisqu’un atelier d’armurier a été découvert.

          Pour l’heure, 5 mandats d’arrêt ont été décernés. Le cerveau de cette affaire, Sebastiano Di Luciano, a ainsi été écroué pour blanchiment et gérance d’une organisation criminelle. Son frère Domenico, considéré comme l’expert en armes, est poursuivi pour recel. Philippe Melchior, un dentiste possédant un cabinet à Nice et un autre à Londres, est quant à lui suspecté d’être le financier de cette mafia. Enfin, Michele Messina et Donato Mafucci ont été arrêtés pour avoir participé à des carrousels TVA et versé des sommes d’argent sur les comptes privés de Sebastiano Di Luciano. Mafucci a toutefois été libéré hier par la chambre du conseil.

          Si les enquêteurs espèrent terminer les fouilles d’ici deux semaines, le dossier, lui, semble posséder des ramifications dans divers secteurs de la criminalité, même si rien n’est encore prouvé. Dans les années 90, Sebastiano Di Luciano avait été inquiété dans l’affaire des négriers du Centre (affaire Bongiorno). Selon certaines sources, Mauro De Santis et Silvio De Benedictis (affaire Cools) faisaient aussi partie de ses connaissances.·

          _ _ _


          http://www.observatoirecitoyen.be/article.php3?id_article=455

          Médias

          Le traitement de l’info sur les mafias en Belgique : tentative d’analyse d’un cas


          Sebastiano Di Luciano et son château à Forchies-la-Marche, vus par 5 journaux

          En 1994, une enquête de Françoise Van de Moortel diffusée par la RTBF souligne l’implantation de la mafia dans notre pays et pointe notamment en direction de Forchies-la-Marche et de son château, propriété d’un certain Di Luciano soupçonné d’appartenir au crime organisé.

          Démentis officiels, étouffement médiatique, mise sous pression morale et judiciaire de la journaliste... Par contre, pendant près de 10 ans, Di Luciano continue à vaquer à ses occupations. Fin 2003, une opération coup de poing révèle que les informations apportées par Françoise Van de Moortel étaient fondées.

          Revenir sur cette affaire « Forchies - Di Luciano » et sa couverture par la presse à deux moments-clés (1994 et 2003) permet de comprendre comment d’autres journalistes, sans peut-être en avoir conscience, ont pu contribuer à la banalisation de la criminalité organisée.

          Ce phénomène peut notamment se produire lorsque la mafia se fond dans le paysage rassurant d’une économie qui tourne grâce à « des gens bien », des femmes et des hommes qui « paient de leur personne » (cfr la notion de « sur-adaptation » utilisée par Jean de Maillard pour décrire cette mutation fondamentale dans la criminalité : elle ne se produit plus seulement dans les marges de nos socités, mais elle s’installe au coeur des pouvoirs - économico-financier, politique, policier, et elle infiltre jusqu’aux medias).

          _ _ _

          http://archives.lesoir.be/enquete-sur-le-milieu-montois-de-la-construction-quatre_t-19950117-Z090CR.html

          ENQUETE SUR LE MILIEU MONTOIS DE LA CONSTRUCTION
          QUATRE ARRESTATIONS A TOURNAI

          HAQUIN,RENE
          Page 15
          Mardi 17 janvier 1995

          Une longue enquête du Comité supérieur de contrôle dans le milieu de la construction, dossier mis à l’instruction en février 1994 à Tournai parce que « trop chaud » pour être traité à Mons ou à Charleroi, a amené le juge Gérard Bresoux à inculper et arrêter, au début de janvier, Gioacchino (Jacky) Cappalonga, un Italien de 47 ans domicilié à Morlanwelz (pour infractions aux lois sociale, commerciales et fiscales). Puis, le 10 janvier, pour faux, usage de faux, escroquerie, infractions aux lois fiscales et sur les sociétés, un récidiviste de l’usage de faux et de (trois) banqueroutes, Georges Dudome, 66 ans, de Hautrage (Saint-Ghislain). Et, trois jours plus tard, dans la nuit de vendredi à samedi, l’entrepreneur Franco Di Rupo, 49 ans, de Chapelle-lez-Herlaimont, et un de ses anciens employés, Philippe Bertrand, 45 ans, domicilié à Temploux.

          Franco Di Rupo est président du club de foot de Chapelle. Il est aussi le frère aîné du vice-Premier ministre et ministre des Communications, qui n’est pas cité dans le dossier.

          En mai 1994, une quarantaine de membres du Comité supérieur de contrôle perquisitionnaient aux sièges de plusieurs sociétés. De nombreux documents furent saisis notamment chez Franco Di Rupo, 40, rue Neuve, à Chapelle-lez-Herlaimont, où se trouvent les sièges d’Énergie D. (petite entreprise de génie civil), d’Energy D. (travaux d’installations électriques) et d’Ecodi (services techniques). D’autres sociétés ont été perquisitionnées dans l’immeuble contigu, au 42, rue Neuve : la Carmy (petit holding) et les pneus Hennaut (un commerce de voitures d’occasion dont la Carmy est actionnaire) ainsi que le siège de Catecom (installations électriques), à Morlanwelz, la FEC, Distrilec (rue du Douaire, à Chapelle-lez-Herlaimont) et la société Bertrand, de Philippe Bertrand, également administrateur d’Ecodi.

          Les documents comptables saisis ont fait apparaître des irrégularités dans la gestion et la direction des sociétés, de fausses factures, des factures gonflées (passant de 1 à 16 millions, indique-t-on dans les milieux judiciaires), des faux bilans et des dépenses personnelles excessives, notamment de nombreux voyages, au détriment des sociétés.

          Franco Di Rupo, dont l’épouse et la fille ont aussi été longuement interrogées, et Georges Dudome sont soupçonnés être derrière ces sociétés-écrans : Di Rupo dirigeait toutes les sociétés (bien qu’en 1994 ses seuls mandats officiels étaient administrateur délégué d’Ecodi et d’Energy D. dont son épouse était aussi administrateur), Dudome étant chargé de collecter la main-d’oeuvre. On indique de source judiciaire que, brûlé dans de nombreux ministères, Franco Di Rupo répondait néanmoins aux adjudications publiques par le biais des sociétés qu’il contrôlait. Il réussissait ainsi à présenter plusieurs offres, assuré que l’une lui reviendrait.

          Les quatre hommes sont écroués à Tournai. Les autorités judiciaires ajoutent que les faits n’ont été dévoilés qu’hier pour les besoins de l’enquête.

          Bertrand et Di Rupo, mis au secret depuis samedi, doivent comparaître ce matin devant la chambre du conseil de Tournai où l’avocat de Franco Di Rupo, Me T. Afschrift, de Bruxelles, estimant qu’il s’agit plus de fiscal que d’escroquerie, va demander la remise en liberté du frère du ministre. Pour lui, rien dans ce dossier ne permet de faire un lien avec la politique.

          Mais l’enquête porterait sur des centaines de millions et touche bien à des marchés publics. D’autres auditions sont prévues par le juge.

          _ _ _ _ _ _ _


          Il est aussi assez étonnant de voir que l’avocat de Franco Di Rupo est Me Thierry Afschrift, grand expert fiscaliste (opposé à toute taxation ; l’impôt, c’est le mal absolu ou presque...). Pas vraiment un socialiste ...

          Un élément important : Thierry Afschrift est cité dans le rapport ATLAS. Les gens qui se sont intéressés aux « affaires » belges des années 1980 et 1990 en ont entendu parler ; il doit encore être possible de le trouver sur internet. Le rapport ATLAS parle également beaucoup de Félix Przedborski, entendu par la justice après l’assassinat de André Cools ; cette personne a longtemps eu une immunité diplomatique (par le Costa Rica !) mais son nom est cité dans des dossiers troubles ; un de ses fils, avocat à Genève, semble avoir poursuivi ses « activités ». On peut noter que Thierry Afschrift a aussi un cabinet à Genève ...


          • asterix asterix 8 décembre 2011 15:20

            Votre alignement de faits et de décisions judiciaires démontre qu’il y a un lien entre les affaires que vous énumérez, mais je n’y vois aucune liaison avec notre nouveau Premier Ministre.
            Bien sûr, il est impossible de devenir, et plus encore de rester Président du Parti Socialiste sans collusions, le fait est que le petit de la famille Di Rupo, celui qui a si bien réussi, n’a jamais été cité dans aucune affaire.
            Personnellement, ce que je lui reproche, c’est son éloignement des travailleurs ( on ne l’a jamais vu prêcher dans une usine ), son orgueil ( on l’appelle le Paon ), le tout pour son église ( Mons capitale culturelle de l’Europe etc... etc...) et le non-respect de la parole donnée à la communauté française toute entière ( la trahison BHV ).
            En revanche, sa force, c’est de savoir fermer les yeux.
            C’est Ponce-Pilate au pays des merveilles.
            Comme on dit chez nous, il passe bien dans le poste. Mais en français seulement.
            Sa Majesté le Roi est très content de sa prestation, ce petit rital au costume si cintré lui a sauvé sa couronne. 


          • HERVE 10 décembre 2011 18:57

            http://archives.lesoir.be/le-comite-superieur-de-controle-persiste-et-signe-di_t-19970113-Z0D5X3.html?queryand=%22Franco+Di+Rupo%22&queryor=franco+Di+Rupo&firstHit=0&by=10&when=-1&begYear=1989&begMonth=01&begDay=01&endYear=2011&endMonth=12&endDay=09&sort=datedesc&rub=TOUT&pos=1&all=5&nav=1

            LE COMITE SUPERIEUR DE CONTROLE PERSISTE ET SIGNE DI RUPO RESTE DANS LE COLLIMATEUR DES ENQUETEURS

            VANESSE,MARC

            Page 3

            Lundi 13 janvier 1997

            Le Comité supérieur de contrôle (CSC) refuse d’admettre le sort qui avait été réservé au problème de la maison montoise appartenant au vice-Premier ministre Di Rupo et de son rôle exact dans les activités de son frère Franco. C’est en tout cas ce qui ressort de l’enquête réalisée par notre confrère du journal « Vers l’avenir » qui publiait ce week-end de larges extraits du procès-verbal dressé par les enquêteurs du CSC, le 5 janvier 1995, dans le but d’informer le juge d’instruction.

            (...)

            En mai 1994, une quarantaine d’enquêteurs du Comité supérieur de contrôle avaient effectué des perquisitions aux sièges de plusieurs entreprises hennuyères pour y constater des indices d’infractions aux lois fiscales. Figuraient parmi ces sociétés, Energie D, Energy D, Carmy, Distrilec et Ecodi, cinq entreprises spécialisées dans le terrassement et l’éclairage public dirigées par le frère du vice-Premier ministre socialiste.

            Inculpé pour faits qualifiés d’escroquerie (facture gonflée), Franco Di Rupo avait été arrêté pour être remis en liberté quelques jours plus tard. L’examen des documents saisis par les enquêteurs les avaient ensuite amenés à s’interroger sur les circonstances de l’achat de la maison d’Elio Di Rupo.

            Pour les enquêteurs, le bâtiment aurait été racheté par le ministre à la société Energie D à un prix nettement inférieur à sa valeur réelle, soit 1.300.000 F alors qu’il était évalué à 2.300.000 F pour la perception des droits d’enregistrement.

            Par ailleurs, la comptabilité d’Energie D reprenait toujours à son actif la maison du ministre alors qu’elle lui avait été vendue. Erreur comptable ou vente maquillée ?, s’interroge « Vers l’avenir » avant de fournir les explications données par l’entourage d’Elio Di Rupo. (Le ministre) a bien acheté la maison de Mons, a contracté un emprunt pour régler la transaction, et continue à rembourser cet emprunt tous les mois. L’absence de trace de paiement sur les comptes d’Energie D s’explique par le fait qu’en achetant la maison, Elio Di Rupo a repris à sa charge l’emprunt hypothécaire qui courait, et que le montant de la vente n’est pas allé sur les comptes de la société mais sur celui de la banque qui a octroyé l’emprunt.

            Les soupçons du CSC n’en restent pas là. Ses enquêteurs prétendent encore que certains éléments peuvent faire penser à des interventions du ministre dans les affaires de son frère, voire à des sollicitations d’avantages de la part de ce dernier, écrit « Vers l’avenir » qui évoque, à titre d’exemple, trois voyages au Club Méditerranée au profit de Franco et Elio Di Rupo, facturés à Energy D.

            Elio Di Rupo n’a jamais favorisé son frère dans l’attribution de marchés publics, nous a-t-on répondu dans son entourage. Quant aux voyages, son frère et lui avaient pour habitude de s’offrir mutuellement des vacances.



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