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Accueil du site > Actualités > Europe > La Grèce, appendice d’une UE en décadence

La Grèce, appendice d’une UE en décadence

Des chiffres tronqués, de la corruption à vau-l’eau, une dette pharaonique et une mauvaise gestion de l’argent public avaient, il y a quelques mois, logiquement mis la Grèce face à ses erreurs. Austérité, rigueur, intérêts incalculables, gouffre financier… Voilà la résultante des mesures prises par l’Union Européenne et du FMI à l’encontre d’un pays tout entier, prit en otage à la fois par ses dirigeants et par le monstre UE. Mais les problèmes sont loin d’être terminés.

Les conséquences économiques d’une UE instable et injuste

Prise dans l’habile stratagème des chaînes mis en place par les Etats-Unis, l’Union Européenne montre de plus en plus ses limites. La Grèce est sans doute l’exemple le plus frappant de ce modèle complètement inégal et insensé. Depuis le début de l’année, le pays s’enfonce de plus en plus dans l’obscurité, assommé par les sanctions et les prêts avec intérêts de ses « amis » européens. En interne, rien de va plus : gel des retraites, augmentation des anuités, recul de l’âge de départ, augmentation des prix du tabac, de l’essence, de l’alcool, gel du salaire des fonctionnaires, suppression des primes, taxes sur les PME… Voici donc un bon exemple de solidarité européenne.

Et ce n’est pas tout. Quand la population grecque se serre la censure, la population française et allemande sort le chéquier (8,4 millions d’aides pour l’Allemagne, 6,9 pour la France). Comment, face à cette balance injuste et ce système monétaire peu viable, ne pas espérer une dissolution rapide, et salvatrice, de la zone euro ?

La porte d’entrée officielle des produits chinois…

En plus de cela, le pays d’Homère et d’Aristote a ensuite du faire face à une vague d’intérêts financiers chinois. Comme vous le savez, l’Empire du Milieu n’en a rien à faire des problèmes de la Grèce. Rachetant un à un tous les ports de la côté grecque (Pirée, Thessalonique, Kavala, Alexandroúpolis…), ce dernier n’a pour objectif que d’ouvrir avec habileté la porte de l’Union Européenne à ses vagues de produits contrefaits et bas de gamme. La Grèce affaiblie était l’occasion rêvée !

… et de l’immigration illégale

Mais le problème le plus récent est tout autre. En plus d’être un gouffre financier pour ses voisins et sa propre population, en plus d’être la faille permettant à la Chine de nous inonder de ses produits, la pauvre Grèce est également submergée par des vagues d’immigration illégale auxquelles elle ne peut faire face.

Découragés par la fermeture des frontières italiennes et espagnoles, les émigrants d’Afghanistan, du Maghreb, d’Irak, de Somalie, de Côte-d’Ivoire et du Maghreb ont trouvé dans la frontière Gréco-turque un nouveau moyen d’atteindre « l’Eldorado ». Résultat, ces derniers mois, plus de 75% de l’immigration illégale de l’espace Schengen passe par la Grèce, où près de 34 000 personnes ont été arrêtées depuis le début de l’année. Pour faire face à cela, l’UE a pris des mesures exceptionnelles avec l’envoi de… 170 gardes-frontières. Certainement de quoi décourager ces pauvres gens exploités par les trafiquants d’êtres-humains qui leur promettent l’Eldorado.

Parlons-en justement de cet Eldorado. Une fois sur place, quand ils ne se sont pas noyés (44 depuis janvier), les réfugiés économiques sont parqués dans les différents centre de rétention grecs. Des centres débordés, inadaptés, miteux, faisant stagner ces gens dans des conditions « inhumaines » avec « une hygiène indescriptible » selon l’ONU. Peu de médecins, peu de traducteurs, peu d’aides.

Si la Grèce est déjà le deuxième bénéficiaire des fonds européens alloués à la lutte contre l’immigration illégale (300 millions d’€), cette dernière ne parvient pas à s’en sortir, combattant sur tous les fronts, et devrait recevoir 200 millions supplémentaires bientôt, en plus des quelques gardes-frontières mobilisés (dont 9 français). « Une mesure forte de solidarité » selon la Commissaire européen chargée des Affaires intérieures, Cécilia Malmström, qui se retient bien de préciser que la plupart des pays de l’UE renvoient les clandestins dans leur pays d’entrée dans la zone Europe (la Grèce pour les trois quarts), ce qui cause donc un afflux massif dans les deux sens.

Le pire étant bien que rien n’est fait, mis à part ces mesurettes de façade, pour stopper cette immigration ravageuse à la fois pour le pays ciblé mais aussi pour les immigrants eux-mêmes. Pourquoi ne pas agir en matière de politique étrangère pour aider ces pays et leur population, plutôt que de laisser les portes ouvertes à ces gens exploités par des réseaux organisés ? En se conduisant de la sorte, l’Union Européenne consentante ne fait que dépouiller ses voisins orientaux de leurs élites, se servant de la Turquie comme d’un balcon vers le Moyen-Orient, et leur mettant ainsi un peu plus la tête sous l’eau. Et c’est bien ces mêmes élites qui sont réduites au prolétariat une fois sur le sol européen, quand ce n’est pas aux conditions inhumaines observées en Grèce.

Le bilan est peu glorieux. Assommées de sanctions, d’intérêts à rembourser et de mesures d’austérité, prise d’assaut par les investisseurs – et les produits – chinois, et désormais submergée par l’immigration illégale, la Grèce pourrait bien être le grand martyr de ce projet européen suicidaire et uniquement profitable aux intérêts américains. En France, certains, comme François Asselineau, commencent à faire entendre leur voix contre ce gouffre financier qui prive au passage l’hexagone – et les autres - de sa souveraineté, de la gestion de ses frontières, de ses lois (à 80% « recommandées » par Bruxelles), et de ses intérêts. A quand un réveil citoyen dans l’intérêt des peuples, français comme grecs ?


> Le blog de Chris Lefebvre


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4 réactions à cet article    


  • bakounine 10 novembre 2010 10:56

    « Des chiffres tronqués, de la corruption à vau-l’eau, une dette pharaonique et une mauvaise gestion de l’argent public avaient, il y a quelques mois, logiquement mis la Grèce face à ses erreurs. »

    En France c’est exactement la meme chose !! sauf qu’en france les coupables sont différents.
    La faute aux Francais ; tas de faineant !!
    La faute aux emmigrés ; voleurs de boulot !!
    La faute aux syndicats fouteurs de merde !!
    La faute à la gauche ; tas de rouge staliniens !!
    La faute aux musulmans ; m’ont piqué mes horaires de piscine !!
    La faute aux jeunes z’ont k être moins cons !!
    La faute aux vieux ; sont plus rentables passé 50 ans !!
    La faute aux pauvres ; ils consomment mais ne remboursent pas !!
    La faute à l’école publique ; qui instruit des pauvres gratuitement !!
    La faute aux mauvais temps ; ca donne pas envie de bosser !!
    La faute au petit peuple ; qui veut vivre comme les élites !!
    La faute à al qaïda ; qui fait peur à tout le monde !!
    La faute aux putins de malades ; qui creuse la sécu !!

    Bref la France est dans l’état ou elle se trouve à cause de nous, de vous mais surement pas de nos zélites, du système merveilleux dans lequel nous sommes, parce que sans lui que serions nous ????

    Libre, heureux ?? beurkkk qu’elle horreur !!


    • TSS 10 novembre 2010 16:46

      la solution pour l’Europe est qu’elle interdise aux USA de foutre leur nez dans ses affaires et tout

       ira mieux !!

      c’est plutôt mal parti avec sarkho qui prenant le contrepied de tous les anciens presidents

      français delaisse l’Allemagne pour devenir le 2ème roquet des USA en alliant notre armée avec

       celle de la grande Bretagne... !!


      • asterix asterix 10 novembre 2010 21:24

        Si j’étais grec, je m’inscrirais au parti platonique.


        • BA 10 novembre 2010 21:54

          Mercredi 10 novembre 2010 :

          Aujourd’hui, il y a plusieurs groupes de pays dans la zone euro. Nous devons bien regarder deux groupes de pays, qui s’éloignent l’un de l’autre de plus en plus vite.

          1- Dans le premier groupe, nous trouvons les pays du centre de l’Europe : la France, et l’ancienne zone mark. Ces pays centraux empruntent à des taux d’intérêt très bas, pour le moment.

          Si la France lançait un emprunt à 10 ans, elle devrait payer un taux d’intérêt de seulement 2,895 %.

          http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GFRN10:IND

          Si l’Allemagne lançait un emprunt à 10 ans, elle devrait payer un taux d’intérêt de seulement 2,441 %.

          http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GDBR10:IND

          2- Dans le second groupe, nous trouvons les pays de la périphérie de l’Europe.

          Le Portugal, l’Irlande et la Grèce vont de plus en plus mal. Leur dette publique s’est emballée. Plus personne ne peut plus la contrôler.

          Conséquence : les marchés internationaux n’ont plus aucune confiance dans la capacité de ces trois Etats à rembourser leurs dettes.

          Si le Portugal lançait un emprunt à 10 ans, il devrait payer un taux d’intérêt de 7,036 % !

          http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT10YR:IND

          Si l’Irlande lançait un emprunt à 10 ans, elle devrait payer un taux d’intérêt de 8,636 % !

          http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GIGB10YR:IND

          Si la Grèce lançait un emprunt à 10 ans, elle devrait payer un taux d’intérêt de 11,551 % !

          http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB10YR:IND

          Conclusion : ces deux groupes de pays s’éloignent l’un de l’autre de plus en plus vite.

          Cette divergence est de plus en plus intenable.

          La zone euro va exploser.

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Jean Lannes

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