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La Hongrie et la discrétion coupable de l’Europe

Le constitution hongroise, entrée en vigueur le 1er janvier dernier, votée par une assemblée non élue pour être constituante, comporte des régressions notables et, en multipliant les références nationalistes, s'inscrit à rebours des grands principes fondateurs de l'Europe. Dans cette note, Marie Gautier montre que, au-delà du contenu et des dispositions précises, la nouvelle Constitution hongroise conforte et autorise l'adoption de tout un arsenal législatif nationaliste et antidémocratique. Elle vient confirmer un succession de régressions législatives face auxquelles la timidité des réactions européennes est préoccupante, alors même que la possibilité juridique de réagir existe : face au danger d'une violation des droits fondamentaux de l'Union, les Européens en ont même le devoir.

L’entrée en vigueur de la Constitution hongroise, le 1er janvier dernier, a fait la une des journaux, tant les nouvelles dispositions qu’elle prévoit heurtent certains des grands principes sur lesquels l’Europe s’est bâtie. Préoccupante en elle-même, la situation l’est également à cause du mutisme des institutions européennes et des gouvernements des vingt-six autres Etats membres de l’Union.
 
Le texte promu par Viktor Orban comporte de nombreuses mentions qui font sursauter, comme les références nationalistes agressives. Plus précisément encore, le texte fixe dans le marbre constitutionnel certains choix contestables (définition du mariage, protection du fœtus dès sa conception, emprisonnement à vie sans possibilité de libération conditionnelle) que toute majorité future aura du mal à défaire. A l’inverse, la Constitution ne comporte pas de protection suffisante pour certains droits et libertés (interdiction de la peine de mort, liberté de la presse comme droit de l’individu, interdiction des discriminations selon l’orientation sexuelle, indépendance des magistrats). En outre, cette nouvelle Constitution intervient alors que plusieurs signes avant-coureurs pouvaient être repérés depuis plusieurs mois (modification des règles applicables à la cour constitutionnelle, liberté de la presse et des médias).
 
Pourtant, les institutions européennes (Union européenne et Conseil de l’Europe) sont restées extrêmement discrètes. Seul le Parlement a, non sans mal, adopté une résolution de protestation, contre le PPE - dont est membre l’UMP - qui avait fait de la résistance. Le contraste avec le scandale qui avait salué l’arrivée de l’extrême droite autrichienne au gouvernement en 1995 ne peut que surprendre, alors surtout que les outils juridiques existent pour sanctionner les atteintes aux principes démocratiques qui sont aujourd’hui une réalité en Hongrie.
 
L’Europe doit réagir car cette expérience hongroise démontre que les menaces que font peser les partis politiques populistes sur la démocratie ne sont pas théoriques. Le projet européen doit être revivifié et les questions économiques et financières, aussi préoccupantes soit-elles en ces temps troublés, ne sont pas les seules sur lesquelles les Européens sont interpelés. Il ne faut pas laisser tomber la Hongrie dans l’indifférence, au risque d’abîmer notre propre démocratie.

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par Terra Nova (son site) mercredi 11 janvier 2012 - 23 réactions
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  • Par paoum (xxx.xxx.xxx.56) 11 janvier 09:48

    ça pousse des cris d’orfraie à géométrie variable ce "réservoir de pensée" ( marre de l’anglais !).
    on eût aimé des réaction similaires à propos des états-unis et de la dérive dangereusement autoritariste ( loi fdaa) qui s’y déroule, toutes regrettables que soient les dispositions hongroises sus-décrites...
    en passant on est bien morts de rire du soutien inconditionnel de ce réservoir à l’europe, dirigée par un gouvernement, non-élu par le peuple, pourri de groupes de pressions corrupteurs qui travaillent à mettre à bas notre république, le programme (humaniste et unique dans l’histoire) du conseil national de la résistance et les acquis sociaux arrachés de haute lutte par le peuple français !
    et ça a l’oreille du candidat socialiste...au moins ça confirme qu’il ne faut pas voter pour lui !
     smiley

  • Par Aldous (xxx.xxx.xxx.209) 11 janvier 09:33
    Aldous

    Terra nova... Un think tank bien comme il faut !


    Avec chenilles et canon de 28
  • Par tikhomir (xxx.xxx.xxx.227) 11 janvier 10:40

    @Terra Nova

    En fait, pourquoi vous prêchez là ? Votre Europe, les Français y ont dit "NON" par referendum et nous y sommes entrés de force et c’est le gouvernement Hongrois que vous critiquez et que vous dénoncez comme menace autoritaire ?

    Vous pouvez bien en appeler à l’Europe, etc. mais allez le dire dans les pays qui ont voté pour.

    Oui, la constitution Hongroise protège les foetus et refuse de les tuer, c’est ça qui vous effraie ? La protection de la vie ? Vous devriez plutôt vous inquiéter que chez nous on ait des abattoirs de fœtus, d’êtres humains en devenir qui tournent désormais à un régime de 230 000 morts/an, pratique mortifère dont beaucoup en France font la promotion. La menace, elle est chez nous, pas en Hongrie donc.

    Oui, la constitution Hongroise protège et définit le mariage et c’est normal, c’est quand même mieux que chez nous où on essaye à tout prix de le pervertir et de le redéfinir pour des idéologies qui n’ont que peu à voir avec le bien commun.

    L’État et les lois doivent protéger et organiser le bien commun. Ne pas tuer d’enfants en devenir, protéger la famille et le couple pour qu’ils accueillent sereinement des enfants, etc., c’est ça le bien commun.

    La Hongrie est donc justement en train de revenir des dérives totalitaires que vous essayez de nous imposer. La menace, c’est vous chères gens de Terra Nova et les gens comme vous avec ces idées, pas le gouvernement Hongrois.

    Pour la liberté de la presse, on en reparlera vu qu’en France, les grands patrons de médias sont copains comme cochons avec le gouvernement. Et niveau indépendance des magistrats pareil, il y a de quoi y redire, indépendance par rapport à qui ou à quoi selon vous ?

    Comme la constitution Hongroise le dit : "Dieu bénisse les Hongrois !".

  • Par Aldous (xxx.xxx.xxx.209) 11 janvier 12:04
    Aldous

    Meu non, c’est la loi mettant fin a l’independence de leur banque centrale qui enerve les eurocrates.

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