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La Hongrie ou la gouvernance de l’extrême droite révélée

La Hongrie. Pays d'Europe centrale de dix millions d'habitants, pour une superficie de moins d'un cinquième de la France, la Hongrie est membre de l'Union européenne depuis le 1er mai 2004. Ses voisins directs sont entre autres l'Autriche, la Slovaquie ou encore l'Ukraine et la Roumanie. Jusqu'ici, la Hongrie faisait parler d'elle notamment grâce au rayonnement culturel de sa capitale, Budapest, et politiquement suite à sa présidence de l'Union européenne au premier semestre 2011. Un long fleuve tranquille, ou presque... En effet, la Hongrie provoque de plus en plus de remous depuis quelques semaines maintenant, notamment par le biais de Viktor Orban, son Ministre-Président, et par l'application le 1er janvier 2012 de sa toute nouvelle Constitution ultra-nationaliste, qui vient couronner une longue série de lois, de réformes et de décisions politiques plus loufoques et dérangeantes les unes que les autres.

Arrivé au pouvoir en 2010 avec son parti ultra-conservateur Fidesz (Alliance des Jeunes Démocrates), il mène depuis lors une politique pouvant être qualifiée de dirigiste et de populiste. Dans la foulée des élections législatives, où sa coalition obtient la majorité absolue des voix au Parlement, il fait adopter un amendement constitutionnel relatif à la double nationalité pour les minorités magyares situées hors du territoire national. Premier tollé général pour les voisins directement concernés du pays, qui voient cette décision comme un ingérence pure et simple dans leurs affaires nationales. Fin 2010, il fait également adopter une loi sur le contrôle des médias, qui sera à peine allégée suite aux protestations de l'Union européenne. Les médias publics ont alors été directement placés sous la tutelle directe du parti du Ministre-Président, et près de six cents journalistes et techniciens réputés hostiles au Fidesz ont été licenciés. La loi impose également la production d'une information "équilibrée" et "objective", et n'oublie pas la suppression de la protection des sources. Dans le contexte de crise économique qui frappe la Hongrie de plein fouet, l'autocensure s'est appliquée presque immédiatement. Quant aux rares médias d'opposition, soit ils appartiennent à de grands groupes soucieux de ne pas être financièrement pénalisés s'ils ne reçoivent plus de publicité par le biais de l’État, soit leur licence leur a été retirée.
 
En 2011, Viktor Orban et son parti frappent encore plus fort. En avril, l'Assemblée nationale adopte à la majorité la Loi fondamentale de la Hongrie, nouvelle Constitution très conservatrice qui s'applique dès 2012. Les grandes lignes du texte sont le changement du nom du pays, qui passe de République de Hongrie à Hongrie, les multiples références aux racines chrétiennes de "l'histoire millénaire" du pays, l'interdiction du mariage homosexuel (le texte précise qu'un mariage ne peut avoir lieu qu'entre un homme et une femme, empêchant tout débat), ou encore la remise en cause de l'interruption volontaire de grossesse (l'embryon est considéré comme être humain à part entière dès son premier jour). Dans le cadre de l'application des différents textes et réformes, Viktor Orban a également proposé de faire appel à des policiers à la retraite pour surveiller les allocataires d'aides sociale ou de chômage, lorsque ces derniers effectueront les travaux d'intérêt général. En effet, la loi les impose dès septembre 2011 pour continuer à bénéficier des aides sociales. Certains observateurs ont dénoncé le retour des "camps de travail" (les Roms, première minorité du pays, sont particulièrement visés par ce texte). Bien évidemment, les règles électorales, ainsi que les critères de nomination des hauts-fonctionnaires, ont été modifiés en profondeur.
 
Cependant, ces nombreuses réformes liberticides n'ont pas eu la même répercussion sur les membres de l'Union européenne que les textes relatifs à l'économie et aux finances.Le Forint, actuelle monnaie nationale, devient constitutionnellement la devise nationale. Cela signifie de facto que l'adhésion à l'euro de la Hongrie, objectif de Budapest à l'horizon 2020, nécessitera un vote au Parlement avec une majorité des deux-tiers. Par ailleurs, la T.V.A. passe de 25 à 27%, taux le plus élevé de l'Union. Le déficit public est dans le rouge (6,2% pour une norme européenne à 3%) et la dette publique ressemble à un trou sans fond (82,6% du Produit Intérieur Brut). La Hongrie de Viktor Orban pourrait ainsi bien être le premier pays de l'Union européenne sanctionné pour ses dérapages budgétaires. Si la Commission est entendue par les États de l'Union européenne, la Hongrie pourrait alors se voir privée de plus d'un milliard d'euros d'aides européennes. Impôts spécifiques sur les secteurs bancaires, les télécoms et l'énergie où les investisseurs internationaux étaient particulièrement présents, nationalisation des fonds de pension privés... En six mois, la devise hongroise a plongé de plus de 23% face à la monnaie européenne, et les taux d'emprunt explosent. Et pour finir, la mise sous tutelle par le pouvoir de la Banque centrale hongroise (MNB) et l’inscription dans la Constitution d’un taux unique pour l’impôt sur le revenu ont entrainé une véritable défiance des investisseurs.

La Hongrie a désormais besoin de plus de 15 milliards d’euros cette année pour faire face à ses échéances. Budapest a donc été contraint de faire appel à l’aide du FMI et de l’Europe. Le bras de fer est ainsi lancé entre la nécessité européenne de ne pas voir un autre de ses membres sombrer dans une abîme économique sans fin et la volonté de voir le gouvernement hongrois faire marche arrière sur les nombreuses lois contraires aux "valeurs" de l'Union... La Hongrie vient ainsi de démontrer à tous ceux qui y croyaient encore qu'un abandon de la monnaie unique n'est simplement pas une solution et que le protectionnisme à tout prix est en réalité une condamnation sans appel de l'économie nationale.
par Céline_G (son site) mercredi 25 janvier 2012 - 40 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par Aldous (xxx.xxx.xxx.209) 25 janvier 08:46
    Aldous

    Encore un article qui passe sous silence le fait que l’ue poursuit la Hongrie uniquement pour atteinte a l’independence de sa banque centrale.


    L’independence des medias ? Mais la Hongrie est bien mieu classee par Reporter sans Frontieres que la Sarkosie, qui est 44e, et ou c’est lepresudent et ses potes milliardaires qui font la pluie et le beau temps dans les medias !

    Le nom devient du pays devient Hongrie ? Avant c’etait Republique democratique hongroise.
    Ensuit c’est devenu republique hongroise, et cette supression de ’democratie’ etait un progres democratique. Ce qui presage bien pour la supression de ’republique’ qui pourait bien etre un progres republicain.

    En tous cas, on ne parle pas en Hongrie de deficit depocratique !

    Le catholicisme est inscrit dans la constitution ? En Irlande, en Pologne aussi.
    En GB c’est l’anglisisme.
    En Grece c’est l’orthodoxie.

    Pourtant ces pays sont dans l’UE et ont la patente ’democratie veritable’ !

    Le marriage est l’union d’un homme etd’une femme ? Ben quoi c’est pas une position extreme tout de meme !

    L’avortement ? Il est interdit dans pas mal de pays en UE.


  • Par Alex (xxx.xxx.xxx.25) 25 janvier 09:32

    Un article sans aucune objectivité qui ignore :
    – l’histoire de ce pays (amputé des 2/3 de son territoire après le traité de Versailles),
    – l’importance de la dictature et de la répression communistes (Bela Kun au début du siècle, prise de pouvoir et intense répression par les staliniens après le 2e guerre mondiale - l’auteur n’a pas entendu parler de Budapest 1956),
    – la vraie démocratie.

    Chacun a parfaitement le droit de détester l’extrême-gauche, l’extrême-droite ou tout autre tendance politique ; mais laissez les peuples choisir eux-mêmes !
    Qu’ils élisent des islamistes, un Orban, un Netanyahu (nous avons bien un Sarkozy), c’est leur problème, pas le vôtre, surtout quand on constate votre ignorance en Histoire.

    La démocratie permet l’alternance : si les peuples ne sont pas contents de leur sort, ils changeront. Mais il me semble préférable qu’ils expérimentent d’abord, ce qui leur permettra de parler ensuite sur pièces.

    Dans le dernier numéro du magazine Le Point, l’imposteur BHL tire lui aussi à boulets rouges sur la Hongrie ; mais si l’on s’amuse à remplacer « Orban » par « Netanyahu », « Hongrie » par « Israël », « chrétien » par « Juif », et quelques autres mots du même ordre dans son texte, le résultat est une critique forcenée d’Israël, un pays bien plus ultranationaliste et axé sur la religion que la Hongrie, et qui n’est pas du tout critiqué de la même manière.
    Il ne semble pas que BHL – qui se décrit comme supporter inconditionnel de ce pays – ait jamais critiqué le choix des Israéliens.

    Le choix politique d’un peuple est motivé, pour l’essentiel, par son histoire et par une série d’actions et de réactions.
    La Hongrie alternera elle aussi, comme tous les autres pays non dictatoriaux.
    Si le régime Orban ne convient pas aux Hongrois, il sera remplacé. Mais s’il leur convient, je ne vois pas au nom de quel principe on devrait les obliger à changer.
    Les pressions extérieures de l’UE s’apparentent aux pressions des USA, les bombes en moins.
    Pour le moment...

  • Par TSS (xxx.xxx.xxx.50) 25 janvier 10:06

    la Hongrie est le fer de lance de la derive autoritaire de l’Europe !!

    Et puis les politiques et journalistes montrent du doigt la Hongrie et sont à genoux

    devant les USA qui à l’heure actuelle sont bien plus fascistes que la Hongrie.... !!

  • Par krapo (xxx.xxx.xxx.157) 25 janvier 15:04
    krapo

    Je vous prie tout d abord de lire cet article :  http://www.marianne2.fr/La-Hongrie-en-bute-au-dogmatisme-monetaire-europeen_a214668.html

     Ensuite,comme je vis depuis bientôt 15 ans en Hongrie et en tant que témoin vivant en Hongrie profonde, je puis vous garantir qu’il n y a pas de tzigane terrorisé dans les rues pas plus que de chasses aux juifs, les SDF sont repoussés vers les extérieurs des grandes villes... comme en France. Pour ne pas gêner les touristes , demandez aux mairies de grandes villes comme Nice, Canne,Bordeau..

    Il n’y a pas non plus de travaux forcés ou de camps de travail.

     La majorité de la population continue de soutenir Viktor Orbán tout en regrettant ses erreurs qui doivent être corrigées au niveau de la nouvelle constitution.

     Je tiens à vous rappeler que le parti FIDESZ de Viktor Orbán a été élu avec les 2/3 des voix en sa faveur et ce n’est pas pour rien. Le parti socialiste hongrois MSZP , après une gestion catastrophique a laissé le pays dans une situation financière intenable. 

     Ce petit pays (10millions d habitants, Paris et sa ceinture) a une histoire particulière et il est impossible de porter un avis impartial quand on ne connait ni sa langue, ni les habitants surtout du bout de "la lorgnette Europe Occidentale".


     Ici nous sommes en Europe Centrale. Il y a 20 ans les hongrois sortaient tout juste du communisme et l’Europe est venue se servir...

     Les banques ont apporté des crédits à la consommation, indexé sur le franc suisse ou l’euro, comme si, le forint n’était pas sur.

    La population qui roulait en Trabant et vivait dans des tanya-s c est précipité et encore aujourd’hui, elle paye le prix fort pour rembourser.

     Des entreprise hongroises ont été achetée pour être fermées pour laisser la place aux entreprises françaises , allemande, autrichienne etc…créant ainsi du chômage.

     Il y a des personnes adultes et enfants qui ne mangent pas à leur faim.

     Ici le SMIG est a 250€ environ et tout le monde ne touche pas ce salaire, pourtant l essence est presque plus cher qu’en France…

     

    Enfin, je trouve incroyable cette campagne de presse contre la Hongrie et d une grande partialité, à croire qu en France il n y a pas de FN, qui démocratie, oblige n est pourtant pas représenté á la chambre des députés malgré ses 15% d’électeurs

    En Hongrie, il y a le Jobbik et démocratiquement  54 parlementaires représente ce parti. C est la démocratie.

     On attribut cette phrase à Voltaire :

    « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez le dire. »

     

    Je suis en colere contre ces „journaleux francais” qui á partir d’un article mal informé, font des copié collé et transmettent des informations fausses ou mal renseignées.

     La Hongrie et les hongrois ne méritent pas ca…

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