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La perte du triple A est l’échec de l’Europe des marchés au détriment des peuples souverains

La France perd son triple A tant chéri et c'est la frénésie qui s'empare des états-majors politiques. Les uns accusant les autres de mauvaise gestion, les autres minimisant la portée de cette nouvelle pourtant d'importance puisque la France devrait voir augmenter ses taux d'intérêts de remboursement de la dette. Quand même ! Autrement dit on va encore payer plus... Mais dans le même temps personne, ou presque, ne vient vous dire que ce triple A est l'arme de soumission des financiers sur les politiques et donc sur les peuples souverains. C'est leur arme de dissuasion massive en cas de rébellion contestataire des états souverains eux-mêmes déjà soumis à une Europe elle-même déjà contrôlée par les banksters. Vous avez suivi ? C'est simple pourtant...

Une Europe construite par et pour les marchés.

Non pas celle-là !

L’Europe telle que vous la voyez se construire devant vos yeux est une Europe des marchés et non une Europe des peuples. Autrement dit il n’y a aucune philosophie humaniste dans cette construction européenne hors le fait qu’il n’y ait plus de guerres intra-européennes dit-elle. C’est son seul argument et elle le ressasse à longueur de temps pour tenter de convaincre les peuples que cette union européenne est indispensable. Il lui faut noyer le poisson pour tenter de cacher ce qu’est cette construction européenne : un grand marché et puis c’est tout.

Un grand marché construit par la droite et par la gauche comprenez-le bien. Les deux partis, au niveau européen, n’ont fait qu’entériner étape par étape la construction de la domination financière sur les peuples et cela depuis l’entrée de l’Angleterre dans l’union en 1973 couplée avec l’abandon de la souveraineté monétaire française aux marchés financiers privés.

Depuis tous les traités ont été orientés vers une uniformisation économique et financière pour faciliter l’ultralibéralisme financier, la libre circulation des flux dans un esprit de concurrence libre et non faussée. Dans le même temps nous avons empilé de nouveaux pays notamment en provenance de l’Europe de l’Est pour parvenir à 27 membres aujourd’hui.

Il faut être naïf pour croire que les 27 pays peuvent avoir les mêmes objectifs de développement alors qu’ils ne partent pas déjà à égalité économique sur la même ligne de départ. Comment concilier une politique économique commune entre la Lituanie, la Grèce, l’Allemagne et la France ? Nos voisins ne sont pas les mêmes donc nos attentes de protection et de sécurité non plus. Et c’est bien normal c’est la loi naturelle de la géographie.

La seule décision politique commune aura donc été d’unifier les lois financières autant que possible pour faciliter l’intrusion des marchés financiers dans les politiques publiques. Le modèle anglo-américain quoi. C’est ce modèle qui a été choisi, par la force, pour être celui du modèle européen. Exit les protections sociales, les services publics, tout doit être mis en concurrence. C’est cela le dogme européiste.

Malheureusement, ou heureusement, ce dogme montre ses limites et les peuples tentent de résister tant bien que mal à l’abandon de souveraineté que cela entraine. Souveraineté c’est peut-être un gros mot mais c’est synonyme de démocratie citoyenne. Sans souveraineté vous n’aurez aucune prise sur les décisions et vous vous en remettrez à Bruxelles pour décider de tout.

Comment est-ce possible de concilier une politique commune pour 27 pays qui n’ont pas les mêmes intérêts économiques, géostratégiques, géographiques, etc ? C’est impossible comprenez -le bien et cela n’amène que le désastre constaté aujourd’hui. Cette construction européenne nous enferme dans une vision unique du développement économique qui n’est pas la bonne ! Tout simplement.

Une autre Europe est possible.

Un mythe...

Une autre Europe est possible sans perdre notre souveraineté je précise car c’est la condition sine qua non de la démocratie. Et les gauchistes clament à tout vent qu’ils veulent une Europe sociale mais sans donner au peuple le droit de peser dessus. Autrement dit ils font croire que c’est de l’intérieur qu’on la changera alors que son évolution montre inexorablement la domination des marchés sur les peuples, et cela avec l’adoubement de l’internationale socialiste ! C’est eux qui ont voté Maastricht puis donné leur accord au traité de Lisbonne malgré le NON du peuple français. Cette gauche internationaliste et européiste vous ment ! Ils ne changeront rien à cette Europe parce qu’ils ne veulent pas les instruments du changement au peuple.

Pourquoi vouloir à tout prix imposer une vision unique au bloc européen et à qui cela profite-t-il ? Vous avez la réponse aujourd’hui. La construction européenne est un instrument de domination financière sur les peuples souverains. Et cet instrument financier est à la solde de l’impérialisme anglo-américain c’est aussi simple que cela. Il suffit de regarder comment nous sommes intégrés maintenant dans l’Otan et donc dans une vision américaine du monde pour le comprendre. La finalité de cette Europe est donc de nous intégrer, par la force encore une fois puisqu’il s’agit de retirer aux peuples la possibilité de décider par eux-mêmes de leur destin, dans l’empire américain. Tout simplement et c’est inacceptable pour ceux qui ont une vision EUROPEENNE du monde et qui pense l’Europe comme un pôle à part entière du monde multipolaire qui doit émerger.

Alors une autre Europe serait possible mais cela demande déjà de sortir de celle-là ! Cela ne sert à rien de dire qu’on va la changer de l’intérieur et que l’on va attendre d’avoir une majorité souverainiste blablabla vous pourrez attendre longtemps. Il faut en sortir si possible de façon concertée et digne d’avec nos voisins, mais fermement ! La France ne peut plus cautionner cette construction européenne qui prive le peuple français de tous ses droits démocratiques inscrits dans sa constitution ! On comprend mieux pourquoi VGE avait tenté de substituer la constitution européenne à la nôtre.

Une fois sorti il faut reprendre la construction par un autre bout et sur un autre dogme : la coopération inter-nations, le partenariat économique pour une meilleure protection sociale. Là on peut commencer à construire un modèle européen différent qui nous protégera de la voracité financière et qui permettra aux peuples de mieux vivre et de croire à nouveau au progrès. On peut commencer à un petit noyau puis laisser adhérer les pays un à un qui voudrait s’aligner sur cette nouvelle conception de l’Europe. Une conception multi-nationale de l’Europe alignée sur un objectif commun : le progrès humain !

Conclusion.

Il est urgent de sortir de cette Europe anti-démocratique, anti-populaire et anti-progrès humain. Il faut en sortir non pas pour s’isoler splendidement mais pour construire un projet commun basé sur le partenariat et la concertation collective en laissant la liberté aux peuples souverains d’adhérer ou pas à cette nouvelle philosophie. Sereinement. Et je suis persuadé qu’une Europe orientée réellement vers le progrès humain, qui n’est pas uniquement technologique mais aussi et surtout sociétale, deviendra à nouveau attractive pour les peuples européens et dans le monde aussi.

Cette crise financière doit donc être le moment pour tout repenser pour tout reconstruire sur d’autres bases. C’est le bon moment. L’euro va imploser ainsi que la construction européenne autant s’y préparer tout de suite et commencer par y réfléchir. Une autre Europe est possible si c’est l’Europe des peuples souverains et non celle des marchés


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14 réactions à cet article    


  • Robert GIL ROBERT GIL 16 janvier 2012 11:32

    La « construction européenne » telle qu’elle fut menée a abouti à un redoutable dumping social et fiscal. Il faut aussi rappeler les directives de la Commission européenne contre les services publics et les acquis ouvriers. Le constat s’impose  : la «  construction de l’UE  », depuis 35 ans, s’intègre étroitement au déploiement de la mondialisation néolibérale et aux reculs sociaux qui l’ont rythmée. Chaque élément de cette construction l’a été en fonction des exigences capitalistes et de rien d’autre. On ne peut croire au mirage d’une UE «  démocratisée  », «  plus sociale  ».....
    http://2ccr.unblog.fr/2012/01/04/sortir-de-l%E2%80%99euro-ou-du-capitalisme%E2%80%89/


    • Le citoyen engagé Le citoyen engagé 16 janvier 2012 13:00

      On ne peut décemment plus croire en cette construction européenne c’est un fait. Cette Europe bâtie sur la libre concurrence est en fait une guerre organisée en son sein des compétences économiques pour les mettre entre les mains des puissantes transnationales et des banquiers. Qu’ont à gagner les peuples à se soumettre à cette Europe ? Rien.


    • Aldous Aldous 17 janvier 2012 09:57

      Qu’ont à gagner les peuples à se soumettre à cette Europe ? Rien.

      Qu’ont ils à perdre ? Tout !

      Tiens... sans m’en rendre compte mais je fais l’antinomie de l’abbé Sieyès là :

      Qu’est-ce que le Tiers État ? Tout.
      Qu’a-t-il été jusqu’à présent dans l’ordre politique ?
      Rien. Que demande-t-il ?

      Comme quoi nous vivons bel et bien un 1789 à rebourg.


    • le journal de personne le journal de personne 16 janvier 2012 12:29

      Ils n’ont jamais partagé avec nous les fruits de la croissance…
      Mais ils veulent que l’on partage avec eux les fruits de la crise !
      Échanges d’amabilités : la prospérité pour eux, l’austérité pour nous.
      Quand il n’y a plus de gâteau, on nous sert le temps des cerises…
      Digérer la crise en songeant à la terre promise.
      Comme si les Temps étaient trop âgés et qu’il n’y avait plus rien à partager, excepté : la misère, les galères et la vie chère.
      http://www.lejournaldepersonne.com/2011/11/ha-ha-ha/


        • Richard Schneider Richard Schneider 16 janvier 2012 17:26

          Bien d’accord avec l’auteur de l’article. Rappelons-nous ce qu’on nous avait dit : « Votez pour l’Euro ! vous aurez le bonheur, la paix et la prospérité » ! 

          Aujourd’hui, nous avons la paix (encore heureux !), mais quid du bonheur et de la prospérité ? Demandez leur avis aux Grecs, Espagnols et Portugais - et en attendant demain aux Italiens et aux Français !
          Cette UE et surtout cet Euroland se sont construits sur les bases de l’ultra-libéralisme mondialisé, telles qu’elles étaient voulues par les Anglo-Saxons. (L’Empire US était à son apogée à l’époque de Maastricht) 
          Dominée par la Finance et les Grandes Entreprises, l’Europe est devenue dès sa naissance une zone de libre-échange - ce dernier profitant essentiellement au Capitalisme mondialisé. Et cela malgré l’opposition des certains peuples : les Hollandais et les Français avaient rejeté nettement le désastreux traité de Lisbonne ; les dirigeants n’ont rien trouvé de mieux que de s’assoir sur la volonté populaire, en l’imposant par tous les moyens !
          Aujourd’hui que faire ? Sortir de l’Europe ? Décision lourde de conséquenses pour un seul pays. Il faudrait que tous les peuples européens s’unissent et imposent à leur dirigeants de véritables réformes. Mais ça ...

          • Le citoyen engagé Le citoyen engagé 16 janvier 2012 18:00

            Exactement ! L’Europe n’est qu’une émanation de l’empire anglo-saxon. D’ailleurs le grand projet est la fusion transatlantique à l’horizon de 2015.


          • Jason Jason 16 janvier 2012 17:54


            Tout ça ne serait que risible si les populations et leurs gouvernements n’étaien pas pris en otage par les soi- disant marchés.

            Mais la punition était prévisible. On (mais qui est ce fameux « On » ?) a donné aux instituts financiers des bâtons pour nous flanquer une bonne râclée.

            Il suffisait simplement de ne pas permettre la mise sur le marché secondaire (ou de la rendre très difficile) des titres de dettes souveraines pour arrêter la spéculation. En clair, d’interdire la spéculation sur ces dettes. Et pour l’interdire ou la rendre très difficle, il fallait fabriquer des instruments d’emprunt nouveaux et se départir des idées reçues. Mais ça ..... il aurait fallu avoir d’autres gens que les crétins auto-satisfaits qui nous entourent.

            Et tout ce cirque n’existerait pas. Mais, personne n’y a pensé. Et maintenant, c’est l’omelette à la sauce AAA. Bon appétit.


            • Jason Jason 16 janvier 2012 18:52

              @ Richard Schneider,

              « Aujourd’hui que faire ? Sortir de l’Europe ? » Il faudrait plutôt sortir de la connerie collective, de l’aveuglement, de l’inféodation aux idées qui prévalent depuis plus de 50 ans sur l’intervention néfaste de l’Etat, se libérer de la propagande libérale (dans le sens US de minimum d’intervention de l’Etat), bref la liste est longue des propagandes.

              Au lieu d’inventer, de créer, nous avons servilement imité, par peur, par intérêt, par routine, par paresse itellectuelle, par jalousie, par... par... Et l’idéologie dominante est en train de nous bouffer. Tous, et avec gourmandise.

              Tant pis pour nous.


              • Richard Schneider Richard Schneider 16 janvier 2012 20:00

                Vous avez raison, Jason. 

                Juste un mot : je crois que l’idéologie dominante nous a déjà bouffés.

              • fr_lh 16 janvier 2012 21:32

                Pour sortir de lUE - première chose à faire quoi qu’il en soit des remarques très pertinentes de Jason - un seule chose à faire : utiliser l’article 50 du Traité sur l’Union européenne.


                • Le citoyen engagé Le citoyen engagé 17 janvier 2012 02:34

                  Merci d’avoir posté ce lien. Et oui il faut un choc à cette Europe capitaliste et donc il faut en sortir pour pouvoir la reconstruire. Il n’y a pas d’autres solutions.


                • GaelR GaelR 25 janvier 2012 01:01

                  @ l’auteur : J’ose espérer que vous connaissez François Asselineau. Vos analyses rejoignent tout à fait les siennes.

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