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Accueil du site > Actualités > Europe > La Pologne interdit toute référence au communisme dans l’espace (...)

La Pologne interdit toute référence au communisme dans l’espace public

On a peu parlé en presse alternative, voire pas du tout, de la fameuse manifestation des 240 000, versus 45 000, à Varsovie, ce samedi 7 mai 2016. Rassemblement organisé par l'opposition réunie, contre le gouvernement musclé actuel, ultra catholique et euro-sceptique. Manifestation relayée par contre en long, en large et en travers, par toute la presse conventionnelle, sous la seule bannière - étoilée - des … 240 000 !

240 000 revendiqués par la mairie de Varsovie, tandis que la police de la même ville s'obstinait à n'en avoir compté que 45 000. Ces batailles de chiffres nous connaissons, nous avons les nôtres !

La presse alternative relate par contre un peu plus régulièrement le glissement qui s'opère et tend sur certains points à imiter le modèle du voisin tout proche de l'autre côté de la frontière ukrainienne. Notamment ici sur Agoravox.

Tout récemment la presse conventionnelle, après s'être émue de la très controversée loi sur les médias publics, puis des tentatives de contôle du Tribunal constitutionnel, s'inquiète une nouvelle fois, quoi que de manière plus discrète, dans certaines de ses colonnes, sous le titre : « La Pologne interdit toute référence au communisme dans l’espace public »

Par exemple ici : http://www.lesoir.be/1216590/article/actualite/monde/2016-05-20/pologne-interdit-toute-reference-au-communisme-dans-l-espace-public

 

Les réactions des lecteurs, à cette découverte interpellante, souvent gravitent autour d'une apparente évidence : « Oui mais, au vu de l'histoire de la Pologne etc. on peu comprendre … »

On peut comprendre oui. Sauf que, il faut aussi se méfier des a priori, et des lieux communs .

 

Lors de l'anniversaire des vingt ans de la chute du mur, en 2009, France Culture avait réalisé une superbe série d'émissions intitulée « Vent d'Est ». J'en conserve d'ailleurs précieusement le contenu, que j'ai écouté et réécouté à de multiples reprises. On y décrivait au travers de témoignages nombreux, d'analyses, de commentaires, l’atmosphère pour le moins surréaliste, invraisemblable, d'un système chaotique présenté comme une machine folle, dont l'effondrement était inéluctable. Les intervenants locaux, mi figue mi raisin, entre l'embarras et les éclats de rires, parfois nerveux, s'interrogeaient encore, et témoignaient avec beaucoup de réalisme, nous transmettant avec une réelle émotions des tranches de leurs vies passées.

 

Je vis depuis quelques années plusieurs mois par an en Pologne, et je finis donc naturellement un jour par raconter le contenu de ces émissions à mes amis Polonais, qui me demandaient, curieux, de le leur en décrire le contenu. Déjà qu'ils s'étonnent en général, un peu ahuris, de l'intérêt que je porte à un mur qui ne me concernait pas, il s'interrogeaient cette fois, intrigués, sur le contenu de ces émissions françaises. Que pouvaient elles bien raconter de ce mur et de ce qui se passait de l'autre côté, c'est à dire chez eux ? Une façon certainement aussi de connaître la façon dont la France parlait d'eux. En tout cas de leur passé récent.

 

Je précise le contexte, qui est primordial pour comprendre la suite de ce récit. La conversation se déroule dans un petit village traditionnel, constitué encore en bonne partie de coquettes maisons en bois posées directement sur l'herbes toujours soigneusement fauchée. Les fleurs débordent des jardins, délicieusement simples, entretenus sans ostentation, et les vergers généreux sous le ciel d'un bleu tranché, s'entourent de simples clôtures de planchettes de bois colorées. L'église St Jacques et ses bulbes bleutés, superbe construction de bois entourée d'une muraille blanchie à la chaux, couronne la seule éminence locale, modeste motte qui y tient lieu de colline, que l'on gravit par un escalier blanc lui aussi, et de laquelle nous apparaissent dans leur immensité, les espaces déguagés ininterompus des prairies, sans aucunes délimitaions autres que la forêt, découpée de généreuses percées champêtres. Les cigognes, symbole de bonheur, objet d'attention, nichent à proximité des habitations, leurs nids de branchages, imposants, perchés au sommets de mats et de structures installés à leur intention. Et à la fin de l'hiver, les bisons de passage, que l'on y dénomme Zubr, paissent librement à proximité, avant de rejoindre pour la belle saison les frondaisons de l'immense forêt de Bialowieza. Nous sommes à la campagne, campagne préservée, et jusque tout récemment encore rythmée principalement par les travaux de la terre et de la forêt.

 

Ma description des émissions de France Culture faite - la France intéresse toujours beaucoup mes amis polonais - je les vois, une fois de plus, dubitatifs. Un peu embarrassés. Comme si mon récit, finalement ne les concernait pas vraiment. Je ressens vaguement une déception, une interrogation.

Il y a bien mon plus proche ami, Dariusz, qui dans l'enthousiasme qui le caractérise lance, sans doute un peu aussi pour me rassurer, à la cantonade : oui c'est vrai, le communisme c'était nul ! Et d'ajouter : mais de toute façon c'est la même chose aujourd'hui, rien n'a changé, ce sont encore tous des 'communistes' …

J'ai appris depuis belle lurette que chez mon ami, 'communiste', indépendamment de la gauche, de la droite, et de toute autre tendance et nuance, cela signifiait seulement profiteur à la petite, ou à la grosse semaine. Un catholique d'extrême droite fait pour lui, sans contradiction aucune, aussi un parfait 'communiste' s'il le faut. Communiste est là bas un quolibet. Pas bien méchant en général d'ailleurs, j'ai pu le constater.

Halina son épouse lui rétorque du tac au tac. Mais Darek, enfin, souviens toi, nous ne manquions de rien ! Nous vivions bien ! Nous étions heureux ! Dariusz acquiesce un peu dépité.

Comme Halina vit la majeure partie de l'année à Bruxelles, elle ajoute à mon égard : J'adore la ville et les magasins. J'aime pour ça la Belgique, où je me plais bien. Les gens y sont gentils et ne font pas de différences, alors qu'ici, en ville, surtout les petites villes, les gens des campagnes sont un peu méprisés. C'était en tout cas comme ça avant. Mais je ne trouve pas que la Belgique c'est forcément mieux que ce que nous vivions ici avant.

C'est vrai, poursuit elle, à l'époque je ne changeais de paire de chaussures que quand la précédente était usée, et je n'avais pas le choix du modèle. Mais c'était comme cela pour tout le monde et je n'imaginais même pas que cela puisse être autrement. Maintenant, ma fille me réclame pour aller à l'école un cartable à plus de mille euros parce que c'est ce qu'ont ses copines, et qu'elle voudrait la même chose. Tu trouves que c'est mieux ? Pour moi, c'est complètement ridicule.

Et puis nous vivions à l'époque beaucoup plus ensemble. Tu ne peux imaginer en voyant ce que le village est devenu aujourd'hui l'animation qu'il y avait ici il y a encore vingt ans, et même dix. C'était des allées et venues incessantes chez les uns et les autres. Et le soir venu, le travail achevé, c'était la fête.

Maintenant, c'est un désert, plus personne ne se rencontre la journée, et le soir, tout le monde est devant sa télévision. C'est devenu comme en Belgique.

 

Elle ajoute cependant : Il y a une chose que je regrette, que je regrette vraiment, c'est de ne pas avoir fait des études plus importantes. Nous ne manquions de rien, nous avions du travail, nous étions jeunes et nous avions déjà une maison à nous, des champs et des prés à cultiver, un magasin, une menuiserie, on se sentait en sécurité. Les études semblaient inutiles, sans aucun intérêt. Nous avons fait plus ou moins les mêmes que celles de nos parents. Et ça, c'est un peu à cause du communisme et de la sécurité qu'il nous donnait. Ces études, nous aurions pu les faire, la possibilité était là, mais nous n'en ressentions pas le besoin. Cela oui je le regrette.

 

…..

 

C'est alors que m'a sauté aux yeux la faille des émissions de France Culture, que je n'avais pas repérée jusque là. Les personnes qui y sont interviewées appartiennent principalement aux classes privilégiées, de la cultures, des arts, et même du système politique de l'époque. C'est à dire la bourgeoisie, si ce terme avait encore eût un sens à l'époque communiste (En fait j'ai l'impression que oui, cela en avait encore un… même s'il était hypocritement dissimulé).

Une tentative y est bien effectuée à un moment donné auprès d'un ouvrier, mais il est justement stigmatisé comme vieux communiste aigri, n'acceptant pas les changements opérés, préférant rester enfermé dans la nostalgie d'un monde pour lequel il avait la plus grande estime. Le reportage semble présenter cela comme un cas isolé.

 

Plusieurs fois mes voisins m'ont expliqué comme leur travail était mieux considéré, respecté, et rémunéré à l'époque communiste. Sans être nostalgiques du tout par ailleurs, je n'ai pas perçu non plus une seule fois de critique acerbe pour ce passé là. Sur les absurdités d'une pénurie incompréhensible, oui ; de tracteurs par exemple, rouillant par milliers sur des dépôts, alors que les listes d'attente aux alentours étaient interminables. On s'y moque aussi un peu, et gentiment, de l'un ou l'autre voisin nostalgique qui subsiste dans l'une ou l'autre famille, mais un peu comme si on me décrivait une personnalité excentrique, originale ou romantique, passionnée excessivement.

En fait tout cela est très respectueux de l'histoire, de ce qu'a été la vie jusqu'à tout récemment. Bien loin de notre vision caricaturale en Europe occidentale, qui je m'en rends compte aujourd'hui, n'est finalement en dépit de son intérêt et de ses émissions culturelles sur le sujet pas respectueuse du tout, minée par son esprit partisan et ses a priori. Je comprends maintenant le silence embarrassé de mes amis après ma narration naïve et finalement indélicate.

 

Alors je me le demande et je vous le demande aussi : à quoi s'attaque vraiment le président conservateur Polonais Andrzej Duda en promulguant cette loi « interdisant dans l'espace public toute référence dans les noms de rues ou d’installations dans l’espace public censée propager le communisme ou un autre régime totalitaire… » ?

 

Sans aucune intention de ma part de faire ici l'apologie d'un système qui a trop bien montré ses failles, ou d'un autre, qui ne cesse de découvrir chaque jour l'abîme des siennes propres, n'assiste t-on pas en ce moment à Varsovie, émanant du centre du pouvoir polonais, à la tentative de consolidation d'une élite inquiète et agressive tentant de bétonner les acquis de sa contre révolution, usant pour cela du procédé répendu plus que jamais, de négation de son histoire ?

 

En guise d’épilogue, j'aimerais terminer par la remarque d'un autre amis et voisin, Geniek, jeune retraité de la Légion étrangère française, qui me disait ceci tout récemment : tu vois Laurent, dans ce petit village où tu habites maintenant une partie de l'année, comme dans tout ceux qu'il y a par ici et plus loin encore de l'autre côté de la frontière, et plus loin encore, jusqu'en Sibérie certainement, c'est la même chose, la vie des gens est restée souvent simple et modeste, elle n'a pas beaucoup changé à travers les siècles, survivant presque indifféremment à tous ces régimes autoritaires, ces invasions, ces guerres, ces incendies, ces déportations. Mais une chose est demeurée intacte, fondamentale pour les gens ici, c'est que, qui que tu sois et d'où que tu viennes, tu peux aller frapper à n'importe laquelle des portes des maisons de ces villages, tu y seras toujours bien accueillis, et reçu avec joie, parce que tout le monde sait bien ici à quel point, ne fusse qu'en raison seulement des conditions climatiques, la vie est fragile et à quel point donc nous avons tous besoin des uns et des autres.

Les Polonais des campagnes me paraissent en tout cas infiniment plus sages que ceux qui les représentent et qui siègent au gouvernement. Mais ceci, il faut bien le reconnaître, n'est pas l'apanage de la seule Pologne.

Knail


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128 réactions à cet article    


  • sylvie 30 mai 17:39

    Excellentes observations, merci.


    • knail knail 30 mai 18:18

      @sylvie

      Merci à vous ! smiley

      knail


    • leypanou 30 mai 18:02

      Bel article qui apprend un peu plus sur la Pologne et les Polonais.
      A la question : « à quoi s’attaque vraiment le président conservateur Polonais Andrzej Duda en promulguant cette loi ? », je pense qu’il ne veut surtout pas que des gens puissent penser qu’il y a eu quelque chose de bien du temps de l’ancien système. Et j’ai apprécié les propos de l’une des femmes qui parlaient.
      N’oublions pas aussi qu’en Russie, il y a beaucoup de Russes qui regrettent l’ancien temps.
      Je ne sais pas pour ce président polonais mais beaucoup de dirigeants d’ex-pays de l’Est ont reçu un lavage de cerveau aux États-Unis, l’exemple le plus connu étant l’ancien président de Géorgie, maintenant naturalisé ukrainien.


      • knail knail 30 mai 18:37

        @leypanou
        Merci !
        Je pense comme vous qu’il y a, et cela ne concerne pas que la Pologne, une tentative généralisée de laisser penser que la seule voie possible, la seule façon de marcher, c’est bien sûr la nôtre, celle de l’occident ultra-capitaliste. Tout le reste est considéré comme déviant, menaçant, et doit être déraciné. L’offensive est mondiale. C’est un mouvement contre révolutionnaire.
        Et je dis cela sans faire l’apologie du communisme, ni d’aucun autre système. Pour moi tout reste à faire. Mais disons que cette contre-révolution agit à l’encontre de tout ce que les peuples ont réussi petit à petit à arracher, vaille que vaille, aux systèmes des dominants. C’est cela qui est combattu. Parmi certains acquis des peuples, il y a et il y a eu des petites, des moins petites, et des grandes choses réalisées, un peu partout, et donc aussi en ex union soviétique, dont c’était en plus le programme officiel...C’est cette connaissance là qui doit être effacée.
        L’élite polonaise a effectivement fui durant toute l’époque communiste en grande partie au Royaume Unis et aux Etats Unis. Le gouvernement de la République de Pologne en exil, a eut son siège à Londre jusqu’en 1990.

        Cordialement.

        knail


      • escoe 30 mai 23:17

        @leypanou Je ne sais pas pour ce président polonais mais beaucoup de dirigeants d’ex-pays de l’Est ont reçu un lavage de cerveau aux États-Unis

        Depuis 1939 les pays baltes et la Pologne ont eu des gouvernements en exil à Chicago (seconde ville de Pologne). C’est là qu’à été organisée la guerre froide et les gouvernements balte et polonais en proviennent pour l’essentiel.
        Je connais des petits paysans polonais depuis 1973 et ce que dit l’auteur est exact. On ne vivait pas bien plus mal que des petits paysans lorrains à la même époque et en tout cas on était pas obligé d’envoyer les enfants travailler sur des chantiers en France ou en Angleterre.


      • Jelena 30 mai 18:13

        De toutes façons dans tous les pays de l’ex-URSS ou de l’ex-SFRJ, le PC fait un score de proche de zero, donc interdit ou pas, ça ne changera pas grand chose...
         
        Ce n’est pas que tout était mauvais sous Staline/Tito, mais pour revenir à cette époque, il faudrait tout détruire et tout recommencer.


        • knail knail 30 mai 18:44

          @Jelena
          Certainement qu’à l’avenir je ferai aussi un article sur la perception que j’ ai des désastres du communisme en Pologne.
          Le seul but de mon article était de tenter de sortir de la caricature.
          En matière de désastre, ce n’est pas mal ici non plus, et en Pologne après les destructions du communisme, l’environnement subit maintenant celles du capitalisme. Ils sont servi !

          Cordialement.

          Knail


        • Jelena 30 mai 19:00

          @knail >> la perception que j’ ai des désastres du communisme en Pologne.
           
          Ce que n’ont pas digéré les polonais, c’est « l’occupation des soviets », ce que je peux comprendre, car la Pologne n’était en aucun cas « un pays de l’axe ».


        • Aristide 30 mai 19:16

          @knail


          Eh l’historien, « ce que n’ont pas digéré, les polonais », mais aussi les lettons, les estoniens, les lituaniens, les allemands de l’est, les bulgares, les roumains, les tchèques, les slovaques, les hongrois, ...


        • wesson wesson 30 mai 19:19

          @Jelena
          Le but est de nier sa propre histoire, pour essayer de faire oublier l’idée utopique que fut le communisme. 


          ça marchera un temps, mais c’est peine perdue : aux mêmes causes les mêmes effets, et l’idée communiste resurgira lorsque tout le monde la pensera morte et enterrée, mais surtout lorsque le capitalisme se croyant définitivement débarassé de ce danger laissera libre court à ses pulsions mortifères et à la destruction méthodique de ses propres soutiens.

          C’est justement cela, la théorie de Marx, et tout bien considéré, cette partie là est toujours valable.

          De toute manière, tous ces pays sont en réalité démographiquement mort. Toute l’élite à foutu le camp.

        • Jelena 30 mai 20:00

          @wesson Concernant la chute du capitalisme, je ne sais pas comment ça va pas se passer, il y a plusieurs scénarios possibles... La seule chose que l’on peut affirmer sans se tromper, ce que nous les 99%, « on va morfler grave ».
           
          >> De toute manière, tous ces pays sont en réalité démographiquement mort.
           
          Je sais... Mais si à l’Ouest vous n’êtes « démographiquement » pas morts, c’est grâce aux afro-arabes hein ?
           
          >> Toute l’élite à foutu le camp.

           
          Une fois de plus, je sais... Tous les BAC +20 vont en Allemagne, en Russie ou au Canada. Mais malgré cela, il y aura toujours des connards de socialos pour écrire que l’UE fait le bonheur des pays de l’Est.


        • Aristide 30 mai 20:07

          @Jelena


          Et des salopards pour attribuer à l’UE une situation provoquée par les communistes.

        • Jelena 30 mai 20:26

          @wesson Encore une chose.. La Grèce est le seul pays des Balkans qui n’a pas connu le communisme, c’est la raison pour laquelle l’x-gauche est actuellement au pouvoir.
           
          Pour les autres pays, comme je l’ai dit dans mon commentaire précédent, ils ont conscience qu’un retour en arrière, à moins de tout détruire et de tout recommencer est impossible.


        • escoe 30 mai 23:20

          @wesson De toute manière, tous ces pays sont en réalité démographiquement mort. Toute l’élite à foutu le camp

          je connais plein de lettons ou d’ukrainiens très qualifiés qui travaillent dans l’aéronautique à Moscou ou Novosibirsk.


        • wesson wesson 31 mai 02:37

          @Jelena
          « Mais si à l’Ouest vous n’êtes « démographiquement » pas morts, c’est grâce aux afro-arabes hein ?  »


          bon allez, ça mérite une réponse un peu élaborée quand même. 

          Tu as effectivement les pays dudit « club med », dans lesquels la France a bonne place, qui ont effectivement des liens familiaux importants avec l’Afrique du Nord. Et ces liens sont anciens, centenaires même. 

          Ce qui fait que au final, bon gré mal gré la population Française se mélange assez bien avec ces nouveaux venus : Un bon indicateur étant le taux de mariages mixtes : 19% je crois en France, entre personnes nées en Afrique du Nord et personnes nées sur le territoire Français.

          Par contre, tu as les pays nordiques ou de l’est qui eux n’ont en réalité jamais eu ces migrations constantes et étalés dans le temps. Et on peut d’ailleurs prendre le même indicateur - le taux de mariage mixtes - entre par exemple les Allemands et les Turcs (qui y sont pourtant nombreux) : moins de 1%. Cette population effectivement ne se mélange pas. Si elle est tolérée, elle n’est toutefois pas intégrée.

          Pour les pays baltes ou la Pologne, là on est du niveau de l’epsilon : ça doit carrément leur faire tout drôle lorsqu’ils voient un black, les pauvres ils sont pas habitués comme nous.

          Est-ce bien, est-ce mal, évidemment vu de Riga, ceux qui y défilent avec les insignes nazis doivent voir ça plutôt d’un mauvais œil. Moi, vu de là ou je suis je pense que c’est au final une bonne chose, tout en considérant que ça va quand même être très très compliqué avec ceux que veulent bien nous envoyer les Turcs (en gros les moins éduqués et intégrables et surtout les plus endoctrinés par le wahhabisme). 




        • wesson wesson 31 mai 02:40

          @Jelena
          « c’est la raison pour laquelle l’x-gauche est actuellement au pouvoir (en grèce) »


          ah vraiment ? Ce qu’il y a au pouvoir, si toi tu les qualifie d’x-gauche, moi j’appelle ça plutôt des godillots.

          J’aimerai vraiment qu’il en arrive un qui soit réellement un peu radical, mais pour l’instant ce n’est pas arrivé.

        • roman_garev 31 mai 07:23

          @Jelena
          « De toutes façons dans tous les pays de l’ex-URSS ou de l’ex-SFRJ, le PC fait un score de proche de zero »

          Ah bon ? Surtout pas en Russie. La fraction du PC à la Douma (parlement) est la deuxième après le parti gouvernemental « Russie unie » (malgré toutes ses falsifications évidentes durant les élections dernières de 2011) et ne va évidemment que croître cette année 2016.
          Élections 2007 : RU - 315 députés, PC - 57, deux autres partis - 78.
          Élections 2011 : RU - 238, PC - 92, deux autres - 120.
          Élections 2016 : on verra, mais la fraction PC sera sûrement encore plus nombreuse.
          Score proche de zéro, vous dites ? Rien que dans vos rêves...


        • knail knail 31 mai 07:23

          @wesson

          Vos commentaires sont fort intéressants. je n’ai malheureusement pas le temps de lancer un échange à propos de chacun d’eux.
          Mais je ne résiste pas à la tentation de vous faire part d’une petite anecdote qui illustrera votre propos.

          Atterrissant crevés à Varsovie, tard, directement de Bruxelles, où la mixité est si j’ose dire « intégrale », je me trouvais avec un grand ami polonais à déambuler au pied du Palais de la Culture, en attendant notre autobus.
          Tout d’un coup je le vois se retourner avec insistance. Une fois, deux fois, trois fois. Il me regarde un peu ahuri, et entraîne mon regard en direction d’une échoppe ambulante. Je n’y vois rien de particulier. Il insiste. Je m’exécute mais suis obligé de reconnaître que je ne vois toujours rien.
           Il finit par me dire... mais le type, là, le type de l’échoppe - Enfin quoi le type ? - Tu ne vois pas... ? - Non je ne vois pas ! ( en plus il faisait nuit et l’échoppe était à peine éclairée, disparaissant à peu près dans la pénombre !)
          - Mais c’’est un bamboula !

          Ensuite durant une ou deux minutes, la tête baissée il n’a pas cessé de s’interroger : un bamboula à Varsovie, un bamboula à Varsovie, ce n’est pas possible... Ce n’est pas possible, je rêve. Ils sont jusqu’ici maintenant.

          Cette petite anecdote m’a aussi permis de relativiser le réel contenu d’une expression à priori pour moi parmi les plus désobligeante. En réalité, cet ami, qui vit pourtant à Bruxelles, mais est originaire de la campagne, n’est pas à proprement parler ce que l’on peut appeler un xénophobe, sinon peut être au strict sens étymologique, la peur de l’étranger comme la peur de l’inconnu.. Simplement comme vous dites : « ça doit carrément leur faire tout drôle lorsqu’ils voient un black, les pauvres ils sont pas habitués comme nous »

          Cordialement.

          Knail


        • Osis Oxi gene. 31 mai 07:26

          @Aristide
           
           
          Eh l’historien, « ce que n’ont pas digéré, les polonais », mais aussi les lettons, les estoniens, les lituaniens, les allemands de l’est, les bulgares, les roumains, les tchèques, les slovaques, les hongrois, ...
           
           
           
          et en ce qui concerne :
          Les Algériens, les Marocains, les Tunisiens, les Congolais, les Béninois, les Camerounais, les Égyptiens, les Biafrais, les Gabonais, les Guinéens,les kenyans, les Lybiens, les Syriens, les Maliens, les Mauritaniens, les Sénégalais, les Soudanais, les Tchadiens, les Palestiniens...
          Non c’est vrai...pas les Palestiniens......

          On dit quoi ?
           
           
           
           


        • roman_garev 31 mai 07:58

          @Oxi gene.

          Exact. Les aristides ne sont que des incarnations des truismes et des clichés otaniens. On ne peut qu’en rire. 

        • Jelena 31 mai 08:02

          @Wesson Je suis d’accord pour l’explication France-Afrique, mais si il n’y aurait pas cette population extra-européenne, niveau démographie, ce ne serait pas plus joyeux qu’à l’Est.
           
          PS : Le FDG n’est pas plus radical que Syriza.
           
          @Roman En dehors de « la patrie de Lénine », je maintiens que le PC fait un score proche de zéro et si Syriza est actuellement au pouvoir en Grèce, c’est parce que les grecs n’ont pas connu le communisme.


        • roman_garev 31 mai 08:08

          @escoe

          « @wesson De toute manière, tous ces pays sont en réalité démographiquement mort. Toute l’élite à foutu le camp
          je connais plein de lettons ou d’ukrainiens très qualifiés qui travaillent dans l’aéronautique à Moscou ou Novosibirsk. »


          Ah bon ? Mais ce fait-là ne fait que confirmer la mort démographique de leurs pays respectifs (et la vie active démographique de la Russie). 

        • roman_garev 31 mai 08:12

          @Jelena

          Alors il ne faut pas parler de « TOUS les pays de l’ex-URSS », ça sonne ridicule.

        • Jelena 31 mai 08:18

          @roman_garev La prochaine fois je dirai « tous les pays ayant été sous colonisation de la Russie ». smiley


        • roman_garev 31 mai 08:31

          @Jelena

          Ce serait beaucoup plus proche de la vétité que votre autre phrase smiley

        • Jelena 31 mai 08:47

          @roman_garev En Serbie, celui qui disait du bien du père Staline allait sur une ile cassait des cailloux pendant 20 ans... Il doit me rester quelque chose de cet héritage. smiley
           
          Plus sérieusement... Dés le lendemain de la victoire sur les nazis, il y a eu guerre froide entre USA-Russie et chaque camp voulait mettre un maximum de pays « sous son emprise ». Dit autrement, si la Pologne n’aurait pas été « sovietisée », elle aurait été « américanisée ».


        • roman_garev 31 mai 08:50

          @Jelena

          Mais oui, d’ac en tout point, mais de là à affirmer que dans TOUS les pays de l’ex-URSS le score du PC serait nul...

        • CN46400 CN46400 31 mai 09:06

          @Jelena

           La Pologne a été échangée (Churchill-Staline) avec la Grèce !

        • CN46400 CN46400 31 mai 09:14

          @Jelena


            Le Fdg concerne un pays de 65 millions d’habitants (PIB = 2000 milliards €) et Syrisa un pays de 11 millions (242 milliards €), nuance.....

        • knail knail 31 mai 09:33

          @Jelena

          Bonjour Jelena,
          je reviens à votre premier commentaire dans lequel vous dites, un peu humoristiquement je présume :
          « ...le PC fait un score de proche de zéro, donc interdit ou pas, ça ne changera pas grand chose... »
          Je ne pense pas pour ma part, qu’imposer un interdit dans un espace donné cela ne change pas grand chose. Ca révèle en tout cas quelque chose que j’ai du mal à cerner : une crainte, une haine...
          Si comme vous le dites, le PC est mort, il n’y a aucune raison d’imposer par force de loi de débaptiser des noms de rues, de ponts, de détruire des monuments... cela se ferait naturellement de soi-même. Sans compter que les interdits appellent naturellement la transgression, les protestations, la résistance. Pour finir, on commence avec le communisme sous prétexte de totalitarisme - comme si le catholicisme pendant des siècles n’en avait pas été lui même une forme de totalitarisme - n’en est il d’ailleurs pas encore une un peu en Pologne justement ...- et on continue ensuite avec quoi ?
          La négation de l’histoire, l’impossibilité de penser la complexité, la tentative de réduction de la réalité à une caricature, n’augure rien de vraiment bon, et je dois dire que je suis inquiet de ce qui se passe pour le moment à Varsovie. Comme vous dites, on a déjà tellement tout cassé, qu’il serait temps de faire avec ce que nous avons. On ne peut perpétuellement tout reprendre à zéro. La ’tabula rasa’, l’idéologie de la rupture totale, chère au début du XXième siècle ça commence à dater, et ça a montré ses limites.
          Mais bon, les populations et les gouvernements vivent dans des réalités parallèles qui ne se rencontrent que rarement, en tout cas pour le moment.

          Au plaisir.

          Knail


        • wesson wesson 31 mai 09:48

          @Jelena
          « PS : Le FDG n’est pas plus radical que Syriza. »


          >soupirs

        • leypanou 31 mai 11:38

          @roman_garev
          Merci pour ces précisions. C’est çà l’avantage d’avoir des gens qui connaissent : je me doutais bien que le PC russe avait quelques députés, que des Russes regrettent l’ancien temps où tout n’a pas été aussi catastrophique comme on l’entend matin, midi et soir ici en France. Ce que les gens ne savent pas c’est si Poutine a pu redresser la Russie en aussi peu de temps, c’est parce qu’il a pu aussi profiter de ce qui a été fait durant le « communisme » de l’URSS.


        • escoe 31 mai 14:48

          @roman_garev Ah bon ? Mais ce fait-là ne fait que confirmer la mort démographique de leurs pays respectifs (et la vie active démographique de la Russie)

          Je n’avais pas l’intention de dire autre chose que vous.


        • roman_garev 31 mai 17:32

          @escoe

          Donc c’est moi qui ai dû me méprendre. Merci pour cette notice.

        • roman_garev 31 mai 17:39

          @leypanou

          Merci. « Ce que les gens ne savent pas », c’est ce qui se passait les années dernières et se passe exactement en Russie, de sorte qu’ils essaient de présenter les choses en les réduisant aux définitions superficielles propres à leur vision simpliste, parfois du niveau de la maternelle.

        • politzer politzer 1er juin 02:11

          @Jelena Petite rectification : le pc en russie est le deuxieme parti je croix qu il fait 12% soit plus que notre grde gueule nationale Melenchon. Il soutient grosso modo la politique d indépendance de Poutine.


        • Armelle 1er juin 09:16

          @Oxi gene.

           Et bien !!!!! En voilà une réflexion pertinente !!!
          Si l’on devait associé un terme à l’auteur, ça pourrait être le « vide » par exemple...


        • Aristide 30 mai 18:22

          La description de la « petite maison dans la prairie » communiste est émouvante au possible. On en pleurerait de découvrir la nostalgie de ces petites maisons colorées, des petites fleurs, ...


          Bon, c’est joli tout cela, mais ... le pouvoir d’achat des polonais a plus que doublé, je passe sur toutes les autres statistiques qui font de la Pologne le pays qui a le plus rapidement profité de la sortie du communisme.



          • Jelena 30 mai 18:35

            Ceci était un commentaire d’un socialo qui croit avoir appris l’histoire de la Pologne grâce à TF1.


          • Aristide 30 mai 18:48

            @Jelena


            C’est celui qui écrit « Ce n’est pas que tout était mauvais sous Staline/Tito » qui donne des leçons d’histoire. 

            Mais que vient faire Tito dans cette affaire polonaise ...

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