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La vérité sort de la bouche des Anglais !

Le journal The Economist lance le cri de victoire de la langue anglaise !
Leur rafraîchissant souffle de vérité vient de fracasser le mur d’hypocrisie qui entoure la question des langues dans l’Union européenne.
Ce chant de victoire n’est pas venu d’un quelconque supporter anglais qui aurait trop forcé sur la Guinness, mais d’un journal économique de référence à l’échelle mondiale, comme dit Wikipedia. Et pourtant, cet article tonitruant n’a donné lieu à aucun commentaire dans nos médias...


Le titre de l’article est assez clair : "English is coming" (12 février 2009), quoiqu’un peu ambigü : l’anglais arrive, soit, mais faut-il s’écarter sur son passage, le saluer ? Ou arrive-t-il comme un des cavaliers de l’Apocalypse ?

Cet article est si vigoureux, sa franchise tranche tellement avec les fadaises qui remplissent sur ce sujet les colonnes francophones et européennes, qu’il nous a paru utile - sanitaire même - d’en faire la recension.
Les quelques extraits cités seront en anglais, car nous n’avons pas la prétention de le traduire correctement ; du reste, tout Européen véritable n’est-il pas censé comprendre l’anglais ? Ah oui, j’oubliais : ce n’est pas encore officiellement la langue de l’UE... sauf si l’on en croit cet article !

Lequel, en effet, ne s’embarrasse pas de subtilités politiques, ne ménage pas la susceptibilité et la fierté identitaire des peuples de l’UE. Un article que l’on pourrait résumer par « L’anglais a gagné », ou encore : « Vae victis », selon le mot célèbre d’un autre envahisseur, venu de Rome celui-ci. La morgue des vainqueurs est décidément toujours la même à travers les siècles, d’où qu’ils viennent.

Par une métaphore basée sur un jeu de plage, il nous est expliqué que la résistance linguistique et politique à l’hégémonie de l’anglais s’est comportée comme les murs de sable qui résistent longtemps, mais qui, une fois contournés et endommagés, voient les digues s’effondrer rapidement : « European efforts to resist the rise of the English language have now reached the same point. »

En outre, de graves accusations sont lancées contre nos médias, accusés d’avoir été complices de la victoire de l’anglais, ni plus ni moins ! Voyez plutôt :
 
"The latest Anglo-surge comes from the European press, with a dramatic increase in the number of heavyweight publications launching English-language websites, offering translated news stories and opinion pieces. (...) But the new development involves big, established national journals, whose bosses want to be more visible in English. Der Spiegel, a German newsweekly, has founded a pan-European “network” linking up such websites. A Dutch daily, NRC Handelsblad, joined a few months ago, followed by Politiken from Denmark."

Encore un peu et ils les accusaient de traîtrise, de collaboration avec l’ennemi, voire de haute trahison !

Gageons que nos grands journaux vont avoir à cœur de se défendre contre cette ignoble accusation en rédigeant des réponses bien senties... et que French 24 – cette télé en anglais qui coûte aux Français, si généreux en temps de crise, 160 m/an (80 avant que TF1 en parte les poches pleines) - va, elle aussi, sonner le rappel de ses troupes et clouer le bec à ces arrogants journalistes.

« The trio are in talks with newspapers in France and Spain. They are eager to expand into eastern Europe, though the credit crunch is likely to slow progress (an online English edition can cost half a million euros a year in translation fees). »

Ah tiens, ce n’était pas une question de morale, mais de pognon : une édition anglophone supplémentaire, ça coûte la peau des fesses, et c’est à la crise économique que les médias français doivent d’avoir moins soutenu l’anglais que d’autres !

Quant aux médias en ligne, d’après The Economist, c’est pire :

« Beyond this network, a non-exhaustive trawl finds English-language websites of big newspapers in Germany, Italy, Finland, Greece, Spain, Romania, Poland, Bulgaria and Turkey. Many are recent ventures. »

Mais notre mauvais esprit nous a égarés ; si les médias ont basculé vers l’anglais, ce n’est pas seulement pour le bizenesse, mais aussi par idéalisme, si, si, c’est marqué là :

« Editors’ motives are a mix of idealism and commercial ambition. Bosses at Spiegel have a political dream to create a platform where “Europeans can read what other Europeans think about the world,” says Daryl Lindsey, who runs the magazine’s international edition. »

Effectivement, divers commentateurs ont fait remarquer qu’il n’existe à l’heure actuelle aucune opinion publique européenne, aucun débat citoyen : l’UE reste cloisonnée par la barrière des langues, chacun chez soi faute de pouvoir dialoguer. Les grands médias se sont donc rangés à l’idée que le débat public européen se fasse dans la langue du descendant de Shakespeare, descendant de l’avion avec son bagage à main et sa valise : l’anglais d’aéroport.

Accessoirement, c’est aussi la langue de l’élite, des maîtres du monde, et c’est bien pratique pour les journalistes :

« But an English presence is also a “calling card” when pitching to international advertisers. It has proved helpful to journalists seeking interviews with world leaders. »

Au passage, nous apprenons que nous ne sommes pas les seuls à croire que le reste du monde attend impatiemment notre avis en anglais, ces illusions sont parfois partagées aussi en Allemagne : « Kees Versteegh of NRC Handelsblad talks of creating a European “demos”, but also admits to frustration at publishing some “very fine pieces” in Dutch that the rest of the world never notices. »

Mais venons-en au vif du sujet, car ces piques n’étaient que des passes d’armes, simple échauffement avant l’attaque frontale :

« The evidence points to the imminent collapse of the European Union’s official language policy, known as “mother tongue plus two”, in which citizens are encouraged to learn two foreign languages as well as their own (ie, please learn something besides English). »

Deux lignes et demi seulement, mais quelle force, quelle cruauté !

Le rêve d’égalité des peuples et des langues est balayé sans ménagement, les trois langues de travail ne sont même pas évoquées, considérées comme une simple tactique d’une bataille appartenant déjà au passé. Le multilinguisme, lui, grandiose et mythique projet européen, est chassé d’un revers de raquette digne de Wimbledon.

L’intercompréhension, cette imposture universitaire, n’a même pas droit de cité dans l’article ! Dur, dur... Quant au rapport dit "du groupe d’intellectuels sur le multilinguisme", dont la proposition d’une langue adoptive (comme troisième langue) ne faisait qu’entériner l’anglais comme deuxième langue, mais sans oser l’écrire clairement, est moqué avec une élégance toute britannique...

Ce que nos intellectuels, nos politiques, nos eurocrates et nos journalistes pour la plupart n’osent pas dire, The Economist, lui, l’écrit franchement :
« This is a clear win for English. »

Sonnez trompettes ! Dommage qu’il n’y ait pas le son dans leur journal, ça ferait du bruit...

Mais le journaliste, venant subitement de se souvenir qu’il était Européen lui aussi, donc quasiment un frère, nous concocte vite fait un couplet pour adoucir son communiqué de victoire :

« But paradoxically, it does not amount to a win for Europe’s native English-speakers. »

Ouais, bon, a-t-il dû se dire, va maintenant falloir trouver en quoi cette écrasante victoire de l’anglais est un problème pour nous autres les native english... « There are several reasons for this. » Mouais, mais lesquelles ? Pfouu, quel casse-tête. Si mon patron m’avait pas dit de calmer le jeu, j’aurais bien fini mon article par « This is a clear win for English. », ça avait quand même plus de gueule, non ?

Enfin, allons-y, faut bien passer de la pommade à ces froggies et leurs amis Allemands :


- Ca ne favorise pas l’importation d’un mode de pensée anglo-saxon, comme certains ont pu le prétendre dans les domaines législatif, scientifique, politique, culturel et économique : « European politicians long feared that the use of English in the EU would lead to the dominance of Anglo-Saxon thinking. They were wrong. » Y a même des non-natifs pour confirmer que ces accusations sont des conneries : « English is merely “an instrument”, says Mr Versteegh of NRC Handelsblad, not “a surrender to a dominant culture.” »


- Et aussi, ça permet aux Européens de discuter entre eux, car avant l’anglais, l’Europe, c’était un peu comme si un Mandchou voulait papoter avec un aborigène : « The example of newspapers is instructive : thanks to English (and the Internet), a genuinely pan-European space for political debate is being created. »


- En plus, la pensée anglo-saxonne ne risque pas de dominer le débat européen, pour l’excellente raison que nos concitoyens s’en contrefichent ! « There is a second reason why Anglophones are not about to dominate European debate : they do not want to. British readers have access to an unprecedented range of news and ideas from Europe in their mother tongue. They show little interest. » Ils ont suffisamment de lecture en anglais !

En outre, les jeunes Anglais, prétendument européens, se désintéressent des langues étrangères : « Such parochialism may be linked to a fall in language-learning, accelerated since 2003, when foreign languages became voluntary in England and Wales for pupils over 14. »

Ils savent pertinemment que sur le continent, les Européens sont si serviles devant la nouvelle noblesse de langue qu’il suffit d’un seul anglophone dans une salle pour qu’automatiquement on adopte cette langue, même si tous les autres comprennent le français ou l’allemand ! Alors, la recommandation de la Commission d’étudier la langue de ses voisins, on s’en tape !

« Under his “maxi-min rule”, Mr van Parijs observes that speakers at EU meetings automatically choose the language that excludes the fewest people in the room. They do not use the language best known, on average, by those present (which in some meetings will still be French). Instead, they seek the language that is understood, at least minimally, by all. Thanks to EU enlargement to the east (and poor language skills among British and Irish visitors to Brussels), this is almost always English. »


- Et la prétendue influence considérable des lobbys anglophones est une fable, car personne ne comprend les native english !

 « In Brussels, native English-speakers are notoriously hard for colleagues to understand : they talk too fast, or use obscure idioms. »

« Mr van Parijs has a prediction : Europeans will become bilingual, except for Anglophones, who are becoming monolingual. In other words, just when the British should be happy, some nasty storm clouds are gathering. You could say it sounds rather like a day at the British seaside. »

L’hégémonie de leur langue rapporte entre 15 et 20 milliards d’euros par an au Royaume-Uni (estimation du rapport Grin, commandé par l’Éducation nationale, disponible en ligne mais enterré par les médias...), plus la récente certification en langue des lycéens de toute l’Europe (inutile, ou qui pouvait être réalisée par nos professeurs), qui va rapporter quelques dizaines de millions supplémentaires, et ils se plaignent...

Jamais contents !

Malgré sa brutalité et son arrogance de vainqueurs par KO, la franchise de cet article est réjouissante, loin de l’hypocrisie qui règne au parlement et à la Commission.

Reste un petit détail : The Economist a-t-il raison, l’anglais a-t-il gagné ?

Aujourd’hui - oui, leur constat est incontestable, tous les métiers qui coopèrent sur le plan européen le font en anglais (à l’exception du juridique, et peut-être de la poste), et l’UE se comporte à l’étranger, notamment en Asie, comme un commis voyageur de la langue anglaise, un missionnaire du British Council.

Mais ce qui est vrai aujourd’hui ne le sera pas forcément demain.

D’aucuns pensent que le déclin de l’anglais est déjà programmé, et ce, pour diverses raisons :


- Tout empire a une fin, et cette hégémonie prendra fin elle aussi. Rien n’est définitif.


- La décolonisation se poursuit sur le terrain des langues : dans le monde arabe, de nombreuses voix souhaitent accélérer la mise à jour et l’harmonisation du vocabulaire afin de couvrir tous les champs lexicaux actuels, l’espagnol s’impose sur tout un continent, l’Afrique réfléchit à la possibilité de recevoir un enseignement dans sa propre langue (celle dans laquelle on pense le mieux).


- On considère de plus en plus que recevoir un enseignement dans sa langue dite « maternelle » est un droit, certes peu reconnu et difficile à systématiser, mais le réveil des langues est d’autant plus vif que personne n’ignore la disparition prochaine de milliers de langues dont les locuteurs sont rares.


- L’anglais s’est dialectisé au point des les anglophones britanniques, étatsuniens, australiens, d’Afrique du sud, d’Inde et d’ailleurs peinent à se comprendre entre eux, mais également à comprendre les non natifs qui causent dans un étrange anglais d’aéroport, quand ce n’est pas un vulgaire « kitchen » ou « broken english »...


- On pourrait soutenir que l’anglais a échoué à devenir la langue internationale, car malgré les efforts pharaoniques consentis depuis un siècle par de nombreux pays en faveur de l’enseignement de cette langue, le budget traductions de l’UE est de 3 milliards d’euros par an. Qui plus est, c’est une course sans fin : on vient de réaliser qu’on va manquer d’interprètes d’anglais, du fait même qu’on l’utilise dans les réunions, et comme langue-pivot pour les combinaisons rares !

Certains ne voient d’autre issue que dans la poursuite de cette fuite en avant : imposez l’anglais de la maternelle à la maison de retraite, et vous verrez les résultats ! Finançons des stages d’été en anglais, attachez les enfants devant des dessins animés en VO, supprimez les films en français du « prime time » et le Français seront bientôt tous bilingues, ce qui signifie curieusement, selon notre ministre Darcos, français-anglais ! Pur délire, aveuglement ou complicité ?

On sent pourtant comme un frémissement européen en faveur de l’espéranto, seule autre solution pour doter les Européens d’un moyen de se comprendre.

Rappelons qu’un milliard de Chinois peuvent discuter à l’aise grâce au mandarin, quand quelques malheureux millions d’Européens en sont incapables... No comment. Il s’agirait d’un multilinguisme organisé : chacun sa langue, l’espéranto comme langue seconde commune, beaucoup plus rapide à apprendre, laissant donc du temps si nécessaire, pour l’étude d’une ou deux autres langues selon les besoins professionnels, les affinités, les origines régionales ou familiales.

J’ai bien dit frémissement, restons réalistes, surtout dans un des pays les plus réfractaires à l’espéranto, langue construite, simple et neutre, européenne par son vocabulaire, internationale par sa grammaire (agglutinante : préfixes et suffixes, mots composés, et langue isolante aux racines invariables).

Mais je vous sens venir, vous voulez des preuves, comme Saint-Thomas, qui avait bien raison, alors en voici quelques-unes :


- Il est soutenu par divers députés européens. Récemment, Mme Novak, slovène, a proposé des amendements en sa faveur.

Et contrairement au boycottage de la question linguistique par nos médias, un journal espagnol en a parlé , citant également Marco Cappato, du parti radical italien, qui a lui aussi proposé des amendements similaires.


- L’Unesco a officiellement reçu à Paris les représentants de quelques organisations représentatives de l’espéranto - dont le mouvement, international, est très éparpillé, décentralisé en de très nombreux clubs locaux et organisations.


-  Le Parlement polonais avait voté une résolution en sa faveur


- Reinhardt Selten, prix Nobel d’économie, en avait également parlé devant le parlement, lors de la journée de l’Europe


- Deux députées suisses avaient proposé l’UEA (organisation pour la promotion de l’espéranto) au prix Nobel de la paix.


- Plus surprenant et tout récemment, l’Union européenne elle-même vient d’accepter sur son site une version en espéranto d’un document.
La page sur laquelle se trouve ce document (voir « self assesment grid », en pdf, langues au choix)


- Les commentaires de la visite de Strasbourg en bateau peuvent être écoutés en espéranto, bravo !

Sauf erreur, aucune de ces infos n’a eu l’honneur de paraître dans nos grands médias ! Honte à eux, et vive Internet, le nouveau contre-pouvoir du contre-pouvoir qu’est (que fut ?) la presse !

A chacun de décider s’il veut que l’UE soit anglophone, le choix de l’élitisme (coût, difficulté, séjours), de l’injustice et de la force, ou soutient l’espéranto comme langue véhiculaire des Européens, dans le respect de toutes les langues de l’Union, choix de la raison et de la démocratie (beaucoup plus facile, donc accessible au plus grand nombre).

On peut voter EDE (Europe-démocratie espéranto) aux européennes, mais on peut aussi commencer d’apprendre l’espéranto par soi-même, Internet est riche de bonnes surprises.

Développement équitable versus UE à deux vitesses, la raison contre la force, l’équité contre l’injustice, on voit combien le choix est difficile !




par Krokodilo (son site) vendredi 6 mars 2009 - 316 réactions
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  • Par erikano (---.---.---.123) 6 mars 2009 17:57

     smiley

    .... EUH...... Franchement, eh ben NON, NON et NON : Je n’ai à peu près RIEN COMPRIS aux EXTRAITS EN ANGLAIS !!

    et pourtant, j’ai bien fait quelques 10 ans de cours d’anglais au total, + des méthodes Assimil !!

    Donc : arrêtez de CROIRE (d’un côté comme de l’autre), que l’anglais est compris par tous.

    C’est JUSTE TOTALEMENT FAUX !!! Sortez de vos milieux privilégiés ou commerciaux ou je ne sais quoi.

    Dans mon quartier, moins de 1 personnes sur 1000 est capable de comprendre clairement des textes en anglais de ce genre !!!

    Franchement : Faites des tests autour de vous (hors milieux bizness et informatique ou sur-super-diplômés) ET VOUS VERREZ !

    Ce que je dis est également valable en : ITALIE (j’y ai de la famille et je connais bien leur niveau d’anglais : inexistant) en SUISSE ALLEMANDE (idem) et vraisemblablement dans la TRES GRANDE MAJORITé des PAYS EUROPEENS !

    Donc, arrêtez de croire niaiseusement que "l’ANGLAIS A GAGNé" - sous prétexte que les journalistes français se croient souvent "malin" ou "banchés" quand ils arrivent à mettre un maximum d’expressions plus ou moins anglaises (en réalité généralement plutôt "franglaises") dans leurs articles !!

    TOUT CECI est UNE ILLUSION. MOINS DE 0,1% des EUROPEENS - hors Royaume uni et Irlande - SONT CAPABLES DE TENIR UNE VRAIE CONVERSATION POLITIQUE en Anglais !! (et philosophique, je préfére ne même pas en parler... !)

    Le PROBLEME que vous avez, comme beaucoup de "Forumiens", c’est que vous fréquentez des milieux TROP FERMES, trés privilégiés, avec séjours "Erasmus" ou "séjours linguistique" ou "travail à l’étranger" fréquent !! ...
    et d’ailleurs, même dans ce cadre, vous SURESTIMEZ TRES SOUVENT les capacités en anglais de ceux qui PRETENDENT le parler !!!
    (J’en est des tappées autour de moi : "si, si, j’arrive trés bien à parler en anglais". Et paf ! dès que je leur soumet 3 lignes du genre de celles que nous sert Krokodilo : PERSONNE ne PEUT ME TRADUIRE !
    (sauf ET EXCLUSIVEMENT certains amis qui sont bilingues... de NAISSANCE !! c’est à dire dont l’un des parents EST ANGLOPHONE.... et encore, même dans ce cas, on a bien souvent des surprises de compétences disont "moyenne")

    C’est ce qu’on pour appeller l’effet "PETIT BOUT DE LA LORGNETTE" - on croit voir le monde par son petit entourage particulier... et en plus on gobe les premiers "on dit" entendu par-ci par-là ("oui, oui, je me débrouille trés bien en anglais...")

    donc, il me semble que :

    NON, l’anglais n’a pas encore "gagné la bataille" des langues en Europe, loin de là.

    Il a seulement - pour l’instant gagné- la "bataille des idées" comme disait un certain Sarkozy quand sa popularité caracolait à 65 %..... et qui a peut-être changé d’avis depuis que sa popularité est descendue à 30% !!!

    Hors, en langues, cette "victoire dans les têtes" n’est pas totalement suffisante : ENCORE faudrait-il que, suite à ça, la totalité des enseignements soit dispensés, partout en Europe, entièrement en Anglais, pour égaliser le niveau !!

    Et ce jour là n’arrivera vraisemblablement JAMAIS, car ethno-politiquement IMPENSSABLE...

    ...Sauf si : dans 60 ans ou 70 ans, à force d’absorber en masse du vocabulaire et des locutions anglophones, les différentes autres langues d’Europe "s’effacent" progressivement, si bien qu’à la fin, il n’y aurait plus personne pour s’opposer à un enseignement scolaire 100 % anglophones....

    Mais ce dernier scénario de science fiction n’arrivera -sans doute- pas non plus, pour deux raisons :

    1 - à force, c’est l’anglais lui même qui ne serait sans doute plus de l’anglais, par effet de rétro-action ! Donc il s’agirait trés vraisemblablement d’une "novlangue" su laquelle il n’est pas exclu que les Européens s’accordent pour REFORMER TOTALEMENT L’ORTHOGRAPHE - puisque l’ortograff anglaise actuelle est absurde et donc INEXPORTABLE en l’état ,à terme. NOTEZ BIEN : Dans ce cas CETTE LANGUE N’AURAIT EN FAIT PLUS GRAND CHOSE A VOIR AVEC L’ANGLAIS ACTUEL, puisque les effets de "retro-action" entre écriture et prononciation sont également trés puissant (il y a plein d’exemple, dans toutes les langues, ou c’est finalement une ORTOGRAPHE un jour fixé par des auteurs ou une académie, qui a a posteriori influencé la PRONONCIATION).

    2 - Il est actuellement possible, sinon trés PROBABLE, que, d’ici là, l’influence GRANDISSANTE DU CHINOIS (mandarin) aura LARGEMENT FAIT LE TOUR DU MONDE, notamment grâce au développement inéluctable du "PINYIN" (écriture du chinois établie par les chinois, avec alphabet latin et accent.... et 100% phonétique, comme l’ESperanto !!! !) qui va REVOLUTIONNER la diffusion du CHINOIS dans le monde, et bien sûr grâce à l’INELUCTABLE DOMINATION ECONOMIQUE et CULTURELLE de la trés trés trés bientôt première puissance mondiale !

    CQFD. L’anglais n’aura jamais "gagné", contrairement à ce que semble penser ces niaiseux de journalistes !!

    P.S. : Au passage :
    l’Esperanto me semble ainsi, aujourd’hui, encore davantage qu’un rempart contre l’impérialisme "anglophone" -déjà pénible" - UN REMPART PREVENTIF CONTRE Le futur IMPERIALISME LINGUISTIQUE ET CULTUREL CHINOPHONE , qui, si nous n’y prenons garde, emportera tous sur son passage dans les 20 à 30 ans ( et au-revoir l’anglofolie !!!)

    Car l’anglais est bien trop COMPLEXE, ILLOGIQUE, et INECRIVABLE (ou IMPRONONçABLE - ça dépend par quel biais vous essayez de l’apprendre) pour persister comme langue international sur long terme !

    Méfiez-vous : le CHINOIS est beaucoup plus facile que vous ne le croyez !!!! (bien qu’il nécessite au moins 20 ans d’étude pour un européen !! TANT PIS POUR LES ANCIENS !!!)

  • Par Helveto (---.---.---.237) 8 mars 2009 01:27
    Helveto

    Bon, il est vraiment exceptionnel que je laisse un commentaire sous un article, mais après avoir lu toutes les interventions ci-dessus, y’a quand même quelque chose qui me titille... alors je vais "claviériser" une petite remarque.

    Je suis canadien ET suisse. Je suis aussi bilingue français / anglais. Je bosse dans les technologies de l’information (où l’anglais technique "computerenglish" est évidemment un must). Et à part ça (comme si ça ne suffisait pas) ça fait 20 ans que j’ai appris (et que j’utilise plutôt régulièrement) la langue internationale espéranto dans des contacts réguliers avec des gens de tout un tas de pays.

    Alors, des débats comme celui ci-dessus : "l’esperanto ceci, oui.. mais. Et puis non, parce que l’anglais cela, et puis après ceci..." qui finissent par être ponctués de "ben, t’es con ou quoi ? et patati, et patata... !", Dieu sait combien ça me prend la tête et combien j’en ai croisé au cours de ces 20 longues années.

    J’ai compris depuis belle lurette que la langue [la sienne notamment smiley], c’est une chose qui touche aux émotions, qui est rattachée aux premiers rapports avec les autres humains, dans nos toutes premières années. Donc c’est toujours un sujet éminemment explosif. Aborder ce sujet ne va pas sans se sentir vite pris aux tripes, ce qui donne envie (trop souvent) d’agresser l’autre.

    Comprendre ça m’a permis d’acquérir une certaine "sagesse" (entre gros guillemets) me semble-t-il, quand vient le moment de parler avec quelqu’un de l’apprentissage des langues.

    Mais y’a quand même un truc que j’ai pas encore pigé :
    C’est ***pourquoi faut-il qu’il y ait constamment une mise-en-opposition entre l’esperanto et l’anglais ???***

    Je connais bien les arguments d’un côté comme de l’autre, le genre David contre Goliath, dès qu’on parle de ça.
    Chaque camp tire vite à boulets rouges...
    Pourquoi y a-t-il si peu de commentaires qui fassent la part de l’ouverture, de la diversité des langues, et pourquoi pas de l’humanisme (respecter l’humain, en respectant aussi qu’il soit attaché à sa propre langue —allez demander aux Québécois ce qu’ils en pensent— sans pour autant rejeter les autres langues, nationales ou construite).

    Voici ce que je dis à mes deux fils concernant l’anglais ET l’espéranto : Ne perds pas ton temps en bagarres stériles qui opposerait ces deux langues. L’anglais existe et occupe en ce moment la position que l’on sait. L’espéranto a aussi le mérite d’exister, de s’être développé depuis 130 ans et de jouer dans la communication humaine un rôle différent de celui de l’anglais, c’est déjà indéniable. Aussi, la seule attitude que je me sens capable de défendre pour le bien de mes fils, c’est de les encourager à les apprendre LES DEUX. C’est le seul choix qui me semble logique pour leur avenir (abstraction faite de leur recommander d’apprendre le mandarin, dans les 30 prochaines années). Je leur dis donc : bien sûr l’anglais te sera utile, voire indispensable, sur le plan professionnel, pour voyager dans les gares et les aéroports, et aussi pour accéder à un immense savoir (conférences internationales professionnelles dans de nombreux domaines), ou même pour goûter à la culture anglo-saxone (ouh... j’en vois qui s’offusquent, chez les francophones radicaux, mais il existe bien une immense culture anglosaxone, comme il y en a une française, ou allemande... on ne comprend juste pas assez l’anglais habituellement pour la goûter vraiment).

    Donc, je dis à mes fils : apprenez l’anglais. Cependant, ils parlent aussi déjà tous les deux l’espéranto (de naissance, tout comme une brochette de leurs meilleurs copains). Et ils sont copains avec eux parce que ça leur permet d’être véritablement et rapidement en communication non frustrante avec ces enfants hongrois, serbes, flamands, norvégiens, allemands, catalans... et Jean Passe (il est de toutes les fêtes celui-là). Je ne parle pas ici de théorie, ni d’amis uniquement "potentiels", voire virtuels. Non. Je parle de leurs copains, qui débarquent chez nous à Pâques ou aux vacances de ski avec leurs parents. Je parle de leurs copains qu’on rencontre en partie chaque été, qui sont donc des enfants et des ados en chair et en os, avec des prénoms comme Jon, Bojan, Gretel, Marie, etc. Faut les voir jouer ensemble aux petites voitures, ou aux échecs, ou au foot, sans barrières linguistiques comme l’espéranto le leur permet, alors même que plusieurs d’entre eux se débrouillent pourtant AUSSI en anglais... pour comprendre que le débat qui consiste à opposer ces deux langues est un faux débat. Ils utilisent l’espéranto entre eux parce qu’ils sont cette langue facile en commun, et ils utilisent leur anglais dans les circonstances où ils en ont besoin. Eux en tout cas n’y voient rien d’étrange !

    Mon aîné (11 ans tout juste) a tout naturellement développé une curiosité pour les langues, de par la proximité avec ces autres enfants qui viennent de pays aussi divers. Pardi, quand on est déjà bilingue avant l’école, on est suffisamment affranchi des structures parfois rigides de sa propre langue pour aborder l’apprentissage d’une autre (n’importe laquelle) en souplesse, et on est vite rassuré sur sa capacité à investir une troisième langue, fut-elle l’anglais, l’allemand, ou le serbo-croate ! Cet avantage est connu et documenté comme l’effet propédeutique de l’espéranto, qui facilite l’accès aux autres langues. Les enfants de plusieurs classes primaires genevoises qui avaient fait une année d’espéranto à l’école, suivie de 5 années d’allemand avaient, au terme de cette expérience, un niveau d’allemand nettement supérieur à celui des classes témoins (j’ai failli écrire "normales") qui avaient étudié 6 ans l’allemand.

    Et cet effet existe aussi, évidemment, pour l’apprentissage d’autres langues, dont l’anglais. Mes fils ont aujourd’hui ce net avantage sur leur père, moi qui n’ai appris l’esperanto qu’à 27 ans.

    Mon fils ne côtoie pas vraiment de véritables anglophones (un peu en fait, 5 jours par an environ), il n’a pas (encore) commencé l’anglais à l’école (en Suisse, ils ont d’abord l’allemand comme langue "seconde"). Et pourtant, il a maintenant un vocabulaire de compréhension immédiate de l’anglais que j’évalue entre 400 et 500 mots. Et ça ne déclenche chez nous aucune réaction épidermique ; les sceptiques peuvent-ils croire cela possible dans une famille qui s’avère être aussi espérantophone ?

    Donc mon opinion personnelle dans ce débat, découlant de mon vécu de tous les jours, c’est tout bonnement que l’un n’empêche pas l’autre. Punkt schluss.

    L’anglais ne menace pas l’espéranto. Et (évidemment) l’espéranto ne menace pas l’anglais. Ce sont deux langues différentes, dont l’usage diffère aussi. Comme mon vélo qui me permet d’aller partout à ma guise et à mon rythme ne menace pas l’avion de ligne que je prends pour aller au Canada. Comme je peux affirmer sans avoir besoin d’insulter mon voisin que j’aime autant le gigot d’agneau que le tiramisu. J’aime le calme des pâturages de nos montagnes, comme j’aime l’animation de Paris ou de Barcelone. Puis-je préférer la bière blonde sans qu’un amateur de bière brune se sente agressé ?

    J’adore le français. Mais de même que je parle couramment l’espéranto, de même je ne crains pas d’affirmer que j’aime AUSSI l’anglais. Même si j’ai grandi au Québec. Et de plus en plus, d’ailleurs. C’est pourquoi le débat stérile des "pro-" et des "cons" m’exaspère. (So what ? mon attitude serait-elle trop "mojosa" ? — comprenne qui pourra).

    Si vous avez consacré jusqu’à maintenant au moins 30 ou 40 heures de votre vie à débattre ou discourir CONTRE l’anglais, ou CONTRE l’espéranto (même futilité), vous auriez eu meilleur temps (expression suisse) d’investir ces quelques heures à au moins apprendre les seize règles de grammaire et les structures de l’espéranto, pour ensuite utiliser ces mécanismes pour à la fois vous ouvrir de nombreuses frontières et à la fois [pourquoi pas] vous consacrer enfin sérieusement à l’amélioration de votre niveau en anglais. Vous seriez alors gagnant sur les deux tableaux. Et puis voilà...
    [Et parlant de tableaux : Ô joie, le tableau des mots when, where, what, always, never, someone, why, because, everywhere, nowhere, etc. enfin "apprenables" de manière structurée et logique en les disposant comme le tableau des 45 mots correlatifs de l’espéranto : une pure merveille qui ferait gagner un temps fou aux enfants des écoles. Pourquoi on ne m’a pas enseigné l’anglais comme ça, à Montréal ??? smiley ]

    Pendant que nous débattons, d’autres écrivent quelques lignes (même malhabiles) à leur correspondant esperantophone (tout aussi débutant qu’eux) ou regardent un bon film, mais en version originale anglophone sans sous-titres. Ou autre chose, de leur choix... pourvu que ça soit positif (POUR quelque chose, plutôt que CONTRE). Oui, je sais, pendant que nous débattons, d’autres meurent de faim, ou sautent sur des mines anti-personnel. Mais c’est un autre débat.

    Bref, je crois que vous avez maintenant suffisamment compris ma position...

    Je recommande à quiconque croit que l’anglais est mieux que l’espéranto ou vice-versa de vite apprendre la seconde (amusant et utile), pour ensuite apprendre plus profondément la première (souvent nécessaire). Y’a pas d’opposition, en fait.

    C’est du moins mon témoignage, qui n’est évidemment basé que sur ma propre expérience.

    Pour vos commentaires en réponse à ce commentaire, on se les fait (au choix :->) en anglais ou en esperanto... d’ac ? smiley

    L’Helveto.


    PS. Je n’ai pas souvenir d’avoir lu plus d’une page écrite par Henri Masson dans toute ma vie (je ne suis pas Français), mais si la question des langues au sein du parlement européen vous intéresse, lisez en tout cas le livre Le défi des langues, de Claude Piron, publié à L’Harmattan.

  • Par x79y (---.---.---.241) 7 mars 2009 05:03

    Il y a beaucoup de colonisés linguisistes, les eurocrates, les journalistes, les pingouins du web qui se casse le luc toute une nuit pour que les anglophones ne perdent pas leurs temps à apprendre une langue étrangère et cetera

    Celui qui perd sa langue perd son identité culturelle.

  • Par Krokodilo (---.---.---.33) 6 mars 2009 19:35
    Krokodilo

    Erikano, tout à fait d’accord quant au niveau général en anglais. D’ailleurs, je pense que s’il n’existe aucune étude scientifique du niveau, par catégories socio-professionnelles ou autres, de toute la population ,alors qu’on a l’outil depuis quelques années (échelle de niveau), c’est bien parce que ce point est dérangeant. Les seules donnée sérieuses , genre Toefl ert Toeic, concernent une catégories très particulière, hypermotivée.

    Par contre, sur le plan de l’infrastructure européenne, politiques, fonctionnaires, journalistes, et surtout la fraction des Européens qui coopèrent professionnellement sur le plan européen, je pense que l’article anglais a raison, du moins aujourd’hui : armée, police, espace, nucléaire, médecine, ferroviaire, portuaire, pratiquement toutes ces professions coopèrent en anglais (sauf juridique, et peut-être poste), et la plupart des sites correspondants sont monolingues anglophones. Seul le Parlement conserve un semblant de plurilinguisme, avec toujours plus de moyens au service de traduction, et beaucoup de blablabla sur le plurilinguisme à destination des citoyens pour les enfumer. Le français garde aussi une petite place dans les conférences européennes, du moins dans les territoires assez francophones (Liban, Afrique du nord), mais c’est tout.

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