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Le conseil de l’Europe face au « livre noir du communisme »

En quoi une condamnation des crimes communistes par l’Assemblée de l’Institution paneuropéenne des Droits de l’Homme et de la démocratie serait-elle choquante ?

Mikis Theodorakis a été le premier à « s’insurger ». Nombre de partis communistes européens -le grec et le français notamment- crient au scandale. Alors que la Russie s’apprête à présider le Comité des ministres, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe examine une proposition-résolution sulfureuse, qui ravive les polémiques provoquées (entre autres) en 1997 par la publication du « Livre noir du communisme », cet ouvrage collectif publié chez Laffont et dirigé par Stéphane Courtois. Cette assemblée représentative des parlements de 46 pays veut être mercredi prochain la première institution internationale à condamner "les crimes des régimes communistes totalitaires".

Le rapporteur , le Suédois Göran Lindblad, membre du groupe du Parti populaire européen (PPE, droite), a vu son rapport approuvé en commission , malgré l’hostilité des délégués russes, et il espère, bien sûr, que l’hémicycle de Strasbourg le suivra, mercredi 25 janvier : "Les crimes communistes n’ont jamais été condamnés par la communauté internationale, à la différence des crimes du nazisme". D’ailleurs, le même jour, l’assemblée du Conseil de l’Europe examine un rapport sur la nécessité de combattre la résurgence du nazisme.

Ce rapport contre les "crimes commis par les régimes communistes "est contesté dans son existence même : « Du passé faisons table rase » prend un sens nouveau pour nombre de communistes aujourd’hui... Il est contesté aussi au nom des « communistes qui ont résisté au nazisme et l’ont combattu » : c’est la première source de la colère de Mikis Théodorakis. Il est contesté aussi parce qu’il préconise des révisions des livres d’histoire, et invite les PC qui ne l’ont pas encore fait à exercer leur auto-critique : « liberticide », s’exclame-t-on au PCF. Il est surtout contesté en raison du rapprochement fait entre nazisme et communisme : « une ignominie », dit un communiqué du PCF. C’est, bien sûr, oublier bien des choses, à commencer par le pire des symboles des deux totalitarismes : BUCHENWALD, près de WEIMAR....
La question n’est pas nouvelle : les deux totalitarismes ne sont pas semblables, par leur nature même et leurs motivations. L’hitlérisme est un « idéal », qui s’est réalisé avant d’être vaincu par les armes (et non par les arguments, comme le souligne justement Pierre Legendre). Le stalinisme est un idéal trahi.

« Pour le Parti communiste français, le stalinisme est une perversion terrible d’un idéal communiste qui ne peut pas séparer l’égalité et la liberté, la justice sociale et les droits imprescriptibles de la personne », précise aujourd’hui un communiqué du PCF, en soulignant qu’il « n’a pas attendu la chute de l’URSS pour condamner les violations des libertés qui ont si longtemps bafoué, et, parfois, continuent de bafouer, les principes humanistes et démocratiques qui sont le cœur du projet communiste ».

Le PCF va même plus loin : « Ce n’est pas l’idée communiste, mais sa dénaturation qui a produit les crimes. En identifiant le communisme et le nazisme, le projet vise à nier la place tenue par les communistes, à partir de leurs valeurs, dans le combat acharné contre le fascisme. De fait, il participe de la négation de l’exceptionnalité du phénomène nazi. Il contribue ainsi à la banalisation du génocide des Juifs. »

Ce n’est évidemment ni l’esprit, ni le but du projet de résolution. Sur ce point précis, le PCF « oublie » que l’antisémitisme a marqué aussi le stalinisme, même si ce constat n’enlève rien à la spécificité de la Shoah. Le PCF et ceux qui ont lancé une campagne contre ce débat et contre le projet de résolution oublient que quelles que soient leurs différences, nazisme et communisme d’Etat constituent, selon la formule de François Furet dans Le passé d’une illusion, les « deux faces d’un même monstre totalitaire ».

Le rapporteur du Conseil de l’Europe peut faire quelques constats qui justifient pleinement son initiative, d’ailleurs très tardive :

1) La réalité des chiffres. Sans reprendre ceux (contestés) du Livre noir du communisme, il est clair que le rapport de l’ouvrage est incontestable sur ce point :
« Les régimes communistes ont été marqués par une violation massive des droits de l’homme, dès l’origine. Pour arriver au pouvoir et s’y maintenir, les régimes communistes sont allés au-delà des assassinats individuels et des massacres à l’échelle locale, et ont intégré les procédés criminels dans le système de gouvernement. Il est vrai que quelques années après l’établissement du régime dans la plupart des pays européens, et au bout de dix ans en Union soviétique et en Chine, la terreur a quelque peu perdu de sa violence initiale. Toutefois, le « souvenir de la terreur » a joué un rôle important dans les sociétés, la menace potentielle remplaçant les atrocités réelles. De plus, si la nécessité s’en faisait sentir, ces régimes recourraient à la terreur, comme on a pu le voir en Tchécoslovaquie en 1968, en Pologne en 1971, 1976 et 1981, ou en Chine en 1989. Cette règle est valable pour tous les régimes communistes, historiques et actuels, quel que soit le pays.
D’après de prudentes évaluations (les chiffres exacts ne sont pas connus) le nombre de personnes tuées par les régimes communistes répartis en pays ou régions s’établit comme suit2 :
- Union soviétique : 20 millions de victimes
- Chine : 65 millions
- Vietnam : 1 million
- Corée du Nord : 2 millions
- Cambodge : 2 millions
- Europe orientale : 1 million
- Amérique latine 150 000
- Afrique : 1,7 million
- Afghanistan : 1,5 million
Ces chiffres recouvrent des situations très diverses : exécutions individuelles et collectives, décès dans les camps de concentration, victimes de la faim et des déportations. Mais faut-il les « oublier » ?
"Le grand public est d’ailleurs très peu conscient de ces crimes, et l’on constate une inquiétante nostalgie dans certains pays", regrette le rapporteur du Conseil d’une Europe "qui est le gardien des droits de l’homme, et dont tous les anciens pays communistes d’Europe sont membres, à l’exception de la Biélorussie".

2) Quinze ans après la dissolution de l’URSS, les révélations des archives soviétiques et des pays de l’Est le prouvent sans discussion : le communisme et le nazisme sont de même nature. Les deux idéologies, d’après l’historien Alain Besançon, se donnent comme objectif de parvenir à une société parfaite en arrachant le principe mauvais qui lui fait obstacle. D’un côté, les "races inférieures", de l’autre les "capitalistes" et assimilés. Pour créer l’homme nouveau, les deux régimes n’hésiteront pas à légitimer le meurtre de masse, à déporter les peuples, à affamer des régions entières.
Communisme, nazisme, tous les régimes totalitaires usent des mêmes méthodes. Embrigadement des jeunes, propagande dès l’école, militarisation de la société, culte de la personnalité du chef, suppression des libertés individuelles, traque systématique et sans scrupule des opposants, répression aveugle et sans pitié, etc. L’objectif : asservir complètement le peuple, pour en faire ce que l’on veut.
Le communisme d’Etat, tel qu’il a été pratiqué, répond aux critères du totalitarisme selon Hannah Arendt (« Les mouvements totalitaires sont des organisations massives d’individus atomisés et isolés »), et Raymond ARON, ( Démocratie et totalitarisme, Folio Essais, Gallimard, 1965 : « Il me semble que les cinq éléments principaux sont les suivants :

  1. Le phénomène totalitaire intervient dans un régime qui accorde à un parti le monopole de l’activité politique.
  2. Le parti monopolistique est animé ou armé d’une idéologie à laquelle il confère une autorité absolue et qui, par suite, devient la vérité officielle de l’État.
  3. Pour répandre cette vérité officielle, l’État se réserve à son tour un double monopole, le monopole des moyens de force et celui des moyens de persuasion. L’ensemble des moyens de communication, radio, télévision, presse, est dirigé, commandé par l’État et ceux qui le représentent.
  4. La plupart des activités économiques et professionnelles sont soumises à l’État et deviennent, d’une certaine façon, partie de l’État lui-même. Comme l’État est inséparable de son idéologie, la plupart des activités économiques et professionnelles sont colorées par la vérité officielle.
  5. Tout étant désormais activité d’État et toute activité étant soumise à l’idéologie, une faute commise dans une activité économique ou professionnelle est simultanément une faute idéologique. D’où, au point d’arrivée, une politisation, une transfiguration idéologique de toutes les fautes possibles des individus et, en conclusion, une terreur à la fois policière et idéologique. [...] Le phénomène est parfait lorsque tous ces éléments sont réunis et pleinement accomplis. »

3) Le défaut de « devoir de mémoire » envers les crimes staliniens nuit à la « réconciliation des mémoires » entre les pays européens de l’Ouest et ceux qui ont subi le joug soviétique. C’est lui aussi qui, dans tous les pays, favorise le retour à une idéologie qui, derrière les slogans faciles et les exhortations généreuses, se traduit par un révolutionnarisme pernicieux et dangereux.
Sur ce dernier point, il est sûr que les réactions au projet de recommandation du Conseil de l’ Europe sont aussi intéressantes à analyser que le rapport présenté et débattu mercredi. Les analyses faites voilà des années par de bons observateurs comme Jean-François Revel, ou par des historiens comme Furet gardent (malheureusement) toute leur actualité .
1) Jean-François Revel, écrivait dans Le Figaro Magazine,du 12 février 2000 :
« Le refus vigilant de toute équivalence, de toute comparaison, même, entre nazisme et communisme, malgré la parenté de leurs structures étatiques et de leurs comportements répressifs, provient de ce que l’exécration quotidienne du nazisme sert de rempart protecteur contre l’examen attentif du communisme.(...). Selon la formule d’Alain Besançon, "l’hypermnésie du nazisme" détourne l’attention de "1’amnésie du communisme ».
2) « Le passé d’une illusion » reste une illusion au présent.... Furet a bien retracé l’histoire, « ce tour de prestidigitation » qui permet, comme l’écrivait le philosophe anglais Bertrand Russell dès 1921, de transformer une tyrannie, en Russie, en l’espoir d’une libération, hors de Russie. La Seconde guerre mondiale augmentera cet espoir, puisque l’URSS stalinienne, trahie par l’Allemagne nazie, contribuera largement à son effondrement et, avec elle, croit-on, au terrassement de l’hydre totalitaire. Pourtant, comme le montre Furet, dès l’entre-deux guerres, on soupçonne l’identité foncière du nazisme et du communisme. Des auteurs comme le marxiste allemand Karl Kautsky ou le révolutionnaire Boris Souvarine en font le thème central de leurs travaux....à redécouvrir.
3) A la différence du nazisme, le régime mis en place, en Russie, à partir de 1917, a bénéficié d’une véritable aura auprès des intellectuels européens. Marx est, bien sûr, le nom propre de ce « rayonnement ». Aucun penseur sérieux ne peut mettre en question le génie du philosophe. Nous ferions bien d’ailleurs de le relire aujourd’hui... pour maîtriser cette globalisation capitalistique mondial qui engendre une autre forme de totalitarisme.

Mais qui répond vraiment à quelques questions-clefs :
* « Staline est-il dans Lénine, et Lénine est-il dans Staline ? »
* L’indulgence, les visions sélectives, les compréhensions excessives envers les « crimes communistes » (voire les nostalgies cultivées) ne masquent-elles pas des refus de ce que nous vivons : la démocratie pluraliste, l’économie de marché, les droits de l’Homme ?
* Pourquoi, aujourd’hui encore, tant d’esprits jugent-ils préférable « d’avoir tort avec Sartre plutôt que raison avec Aron » ?
* Pourquoi les « mythes » du « Grand soir », des « lendemains qui chantent » occupent-ils encore une telle place dans les têtes ?
* Pourquoi ne parvient-on pas à mieux analyser les mécanismes qui conduisent à vouloir « renoncer démocratiquement à la démocratie », comme le dit Pierre Legendre ?

Ce sont ces questions-là que pose en fait, au-delà du texte, le rapport examiné par le Conseil de l’Europe. Il ne s’agit pas seulement de mieux cerner les réalités du passé. Il s’agit de mieux préparer l’avenir, pour que l’histoire ne bégaie pas, et que de nouveaux cauchemars ne réapparaissent pas, en brun, en rouge, ou en tout autre couleur...


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154 réactions à cet article    


  • benjamin (---.---.164.2) 23 janvier 2006 14:14

    C’est vraiment naze... Tout ça pour justifier la sanctification du libéralisme.


    • Ludovic Charpentier (---.---.68.100) 23 janvier 2006 14:32

      D’un autre côté, le communisme est-il une alternative au libéralisme ? Si oui, comment ? L’URSS est tombé, et certains dirigeants ’communistes’ (Aleksander Kwasniewski, Jang Zhemin...) s’accomodent fort bien du libéralisme. La Pologne et la Chine ont même été les pays avec l’économie la plus libérale au monde !!!! Cherchez l’erreur...


    • benjamin (---.---.164.2) 23 janvier 2006 15:46

      C’est débile. Un état reste un état. La France a été une monarchie pendant 1000 ans avant d’être une République. Pour autant, elle est restée la France. Je juge juste la réaction du parlement européen majoritairement à droite. Ce n’est pas de l’histoire, c’est juste de l’idéologie. Tout comme la loi sur les bienfaits de la colonisation.


    • (---.---.91.178) 23 janvier 2006 18:45

      Un peu court comme argumentation ! Demandez donc aux libres citoyens des républiques « démocratiques » passées ou présentent quel est leur choix entre communisme et libéralisme, sans vous cantoner bien sûr, aux vénérables membres du parti.


    • Benjamin (---.---.164.2) 23 janvier 2006 19:23

      Oui, excellente idée... allors faire un tour dans ces paradis laissés à la mafia. Et comme je le dis plus bas, c’était tellement affreux que le PC fait encore 30% aux élections. Pour ma part, je me réfère aux propos de la CIA qui explique qu’elle a volontairement diabolisé le rideau de fer pour le faire chuter. Et même Jean-Paul 2 qu’on ne pouvait pas suspecté d’être un furieux stalinien a déploré ce qu’était devenu les Pays de l’ex-Bloc de l’Est. Dernière chose... La Pologne, c’est vraiment un pays qui se sent européen... la preuve avec la thune des subventions de l’UE, ils ont acheté des F-15. Cool !


    • (---.---.162.36) 23 janvier 2006 21:06

      C’est fou ce qu’un borgne peut de voir quand il n’a gardé que l’oeil du parti.


    • Benjamin (---.---.164.2) 23 janvier 2006 22:42

      Merci on m’appelle Capitaine le Rouge !! Et toi, c’est quoi ? L’Américain ? Ronald Mc Donald ? John Wayne ? Dingo ?


    • (---.---.235.151) 23 janvier 2006 22:50

      Cette assertion est tout à fait inexacte. Si vous voulez savoir comment s’est déroulée la transaction entre Américains et Polonais pour l’équipement considéré et quels en sont les motifs profonds, d’une part et immédiatement pécuniers d’autre part, interrogez M. Bronilslaw Geremek, ancien ministre polonais des affaires étrangères et présentement député au Parlement Européen.

      Soyez aimable de faire part ici de sa réponse ( que je connais ) . Merci d’avance


    • (---.---.91.178) 24 janvier 2006 10:55

      C’est encore pire, totalement aveugle.


    • Monteno (---.---.179.94) 24 janvier 2006 10:56

      Selon ton raisonnement, la France du régime de Vichy ( antisémite, pronazi, etc.) c’est encore la France éternelle et identique à elle-même ? Je ne pense pas qu’on puisse rester à ce niveau du vision trop globale !


    • Daniel RIOT Daniel RIOT 28 janvier 2006 21:26

      Absolument pas Ne confondons pas réfexe et réflexion...


    • Daniel RIOT Daniel RIOT 28 janvier 2006 21:29

      pourquoi confondez-vous Parlement européen et assemblée du Conseilde l’europe ? le droit de dire est d’abord un devoir de savoir. Pardonnez mon exigeance...cordialement


    • Daniel RIOT Daniel RIOT 28 janvier 2006 21:31

      Quelle est la définition de nase ?


    • Sylvain Reboul (---.---.151.241) 23 janvier 2006 14:39

      Ce rappel au travail de mémoire est indispensable si l’on veut construire une Europe plus démocratique avec les populations qui ont souffert du totalitarisme nazi et communiste.

      Je suis, à ce sujet, entièrement d’accord avec vous : partis de références idéologiques apparemment opposées (national-socialisme, socialisme internationaliste prétendument humaniste) nazisme et communisme, quant à leurs pratiques criminelles et liberticides, se sont mimés l’un l’autre jusqu’à progressivement échanger entre eux les mêmes références sur fond de culte de la personnalité, d’anti-libéralisme, d’anti-démocratisme, voire d’anti-humanisme devenus communs.

      Le « communisme dans un seul pays » (défense inconditionnelle de la patrie du communisme et du petit père des peuples) n’a rien à « envier » en terme de nationalisme et de totalitarisme terroriste avec le national-socialisme !

      Pour ma part je suis né au parti communiste dans les années 50 et je peux témoigner que l’anti-sémitisme y sévissait sous des formes diverses : ploutocratisme juif, vipères lubriques judéo-trotskyste et autres appellations de même farine y fleurissaient sans être contrecarrées par le direction de parti..


      • Benjamin (---.---.164.2) 23 janvier 2006 19:27

        Moi, j’y ai passé des vacances... C’était très bien !

        Et c’est vraiment le niveau de 0 de la reflexion que de renvoyer dos à dos le communisme et le nazisme.

        Dites moi, monsieur Reboul, qu’est-ce qui va le plus vite ? Le TGV ou la Ferrari ? Qui c’est qui est le plus fort ? Spiderman ou Hulk ? Le lion ou le tigre ?

        Vu votre capacité d’analyse... j’attends des réponses détaillées.


      • Sylvain Reboul (---.---.188.242) 24 janvier 2006 09:15

        Il faut distinguer en effet les communistes qui se réclament de la démocratie formelle lorsqu’ils sont dans l’opposition et les communistes au pouvoir qui le transforme en démocratie populaire à parti unique se prétendant l’avant garde de la classe ouvrière, c’est à dire en dictature du prolétariat ; ou, pour mieux dire, en dictature « sur » le prolétariat (Rosa Luxemburg).

        En France, le PC a été essentiellement un parti de résistants anti-nazis sous l’occupation à partir de la fin du pacte germano-soviétique et en parti d’opposition démocratique à fonction « tribunicienne » (dénonciatrice) avant l’occupation et par la suite ; lorsqu’il a été au gouvernement (de 45 à 47) il a été un bon régulateur des conflits sociaux (« Il faut savoir terminer une grêve », Maurice Thorez) et sous la gauche unie et plurielle il a joué un rôle de soutien indéfectible de la social-démocratie la plus traditionnelle. Du reste un nombre impressionnant des ministres et responsables communistes de cette période est devenu socialiste ou très proche (ex : Juquin, Krazuky, Fiterman, Gayssot, Herzog etc..)

        C’est bien ce que leur reproche, avec quelques raisons, les soi-disant révolutionnaires de la phrase que sont La LCR et LO. C’est pourquoi ils refusent d’aller au gouvernement et de compromettre avec les responsabilités démocratiques.

        Il y a donc un écart significatif entre les communistes au pouvoir et les communistes dans l’opposition et entre les communistes obligés d’être unis aux socio-démocrates pour gouverner et les communistes dominant le pouvoir.

        C’est cet écart qui explique les tensions et scissions internes permanentes des PC. Dans la période présente, le PCF a renoué avec sa fonction tribunicenne irresponsable, ce qui rend difficle son alliance éventuelle avec le PS pour revenir au gouvernement, voire préserver ses derniers députés ou élus locaux, mais ce qui ne lui permet pas, compte tenu de son rôle dans les différents gouvernements de gauche, de s’unir avec l’ultra-gauche. Il se trouve entre le marteau et l’enclume et se déchire en interne.

        LE PC va très mal, comme du reste le PS dont certains croient encore qu’il peut être à la fois un parti de gouvernement et un parti sinon révolutionnaire, du moins un parti radical-réformiste en rupture avec le capitalisme.

        Quant à la dérive rouge-brun toujours possible, le cas Doriot (et dans une moindre mesure Marcel Déat) en France, mériterait d’être développé par des historiens professionnels, ce que je ne suis pas.


      • caramico (---.---.227.90) 23 janvier 2006 14:49

        Dans le décompte de M Riot, qui à le mérite d’exister, j’aimerai que figure à coté des crimes du communisme ceux du libéralisme, pour n’oublier personne et être le plus objectif possible :

        Des enfants mourant dans des mines en Europe au 19ème siècle, ces mêmes enfants que l’on pendait à la même époque pour le vol d’une pomme en Grande-Bretagne. Des massacres commis par nous, les Européens, dans tous les pays colonisés, massacres parmi les plus complets pratiqués par nos amis Anglo-Saxons en Amérique du Nord, en Australie, par exemple, au nom d’une supériorité de race dont il existe nombre relents encore aujourd’hui.

        Et puis les morts dus aux actions Etats-Uniennes en Amérique du Sud : Chili, Nicaragua..

        J’en oublie, je ne suis pas historien. De grâce, n’oublions personne dans la distribution de mauvais points.


        • Plutot mort qu ’objectif (---.---.28.210) 23 janvier 2006 15:07

          Dire la vérité sur le Communisme en Europe de l’Ouest ?

          Je pense que cela est encore impossible, Les Partis communistes d’Europe de l’Ouest ayant tous été les obligés des Soviètiques qu on appelait alors Communistes et qu on appelle aujourdhui Staliniens ! (et cela pendant 40 ans !!)


        • (---.---.91.178) 23 janvier 2006 18:40

          Le problème est que tout ce que vous reprochez au libèralisme existe encore beaucoup plus fortement dans les régimes totalitaires dont font partie les régimes communistes passés ou présents !


        • Daniel RIOT Daniel RIOT 28 janvier 2006 21:38

          D’accord avec vous sur le fond . « Nous avosn tous des cadavres dans nos placards », disait George Brown, un ancien ministre de Wilson...Mais il y a des degrés, et une certaine temporalité...Soyons sérieux,si vou voulez bien. Votre qualité d’historien proclamée devrait vous y inciter... Il y pire que le défaut de mémoir , c’est la trahison des mémoires. Il y a pire que le défaut d’histoire, c’est le détourenemntde l’Histoire...C’est dur l’honnêteté intellectuelle...


        • Cyril Sauvenay (---.---.126.188) 23 janvier 2006 15:09

          Juste une courte réaction, sans développement, par manque de temps... Redécouvrir Marx me paraît effectivement une idée raisonnable. Je me permets de recommander la lecture du cours que Jacques Ellul lui a consacré pendant de nombreuses années, qui a le mérite de dépassionner et de dépoussiérer. En passant, n’oublions pas que Marx ne préconisait pas que le socialisme fut instauré par une volonté humaine, mais était persuadé que le capitalisme menait naturellement au socialisme par le jeu de ses propres contradictions. Il pensait d’ailleurs, me semble-t-il, que le pays le plus ouvert à l’avènement d’une crise propice à cette révolution naturelle était l’Angleterre , étant persuadé par ailleurs que le socialisme n’avait aucune chance de naître dans un pays rural, préindustriel, comme la Russie du XIXème siècle.


          • Monteno (---.---.179.94) 29 janvier 2006 23:14

            A vous qui nous recommandez de relire Marx, je propose cette citation tirée des mémoires de Laurent Schwartz. ( Laurent Scwartz, éminent mathématicien français,médaille Fields a été Trotskyste pendant une période de sa vie...).

            Laurent Schwartz sur Marx et Engels

            (Un mathématicien aux prises avec le siècle)

            Aux Etats-Unis, en 1948, où il fit paraître un article qui fit sensation,” A century balance’s sheet “, dans Partisan Review,Van Heijenoort prit ses distances avec le trotskisme en formulant une critique originale du marxisme et du léninisme. Passant au crible les manuscrits mathématiques de Marx, il n’y trouvait guère plus que les connaissances d’un “ étudiant alerte “ de notre premier cycle, et s’étonnant qu’il eût pu sérieusement se prendre pour un mathématicien. Face à tant de suffisance, comment, se demandait Van Heijenoort, se fier au jugement de Marx sur d’autres sujets ? Ce verdict un peu à l’emporte-pièce était fondé sur une intuition qu’on ne peut simplement repousser. Il cite de nombreuses erreurs mathématiques de Marx, et surtout d’Engels, conjuguées à un orgueil démesuré. Glaeser en avait également noté de son côté. Marx, dans une lettre à Engels, lui annonçait qu’il avait trouvé une nouvelle définition de la dérivée sans infiniment petits, plus simple que celle des mathématiciens. Il se trouve que c’était celle de Lagrange. On ne peut certes pas lui reprocher d’avoir réinventé une définition donnée par celui-ci ! Encore faut-il savoir que c’est la seule véritable erreur de Lagrange, dont l’extraordinaire génie mathématique force le respect. La réponse d’Engels à Marx accentue encore la note mégalomaniaque du dialogue : “ Bravo, vous avez enfin expliqué ce que ces Messieurs de la Faculté avaient tout fait pour nous cacher. “ A ceci près que le temps a consacré la définition de ces messieurs. Engels aggrava encore son cas en avançant, pour justifier le principe hégélien selon lequel la négation de la négation est une affirmation supérieure, que la négation d’un nombre réel positif a est -a, et que la négation de la négation de -a est (-a)*(-a) = a² plus grand que a ! C’est abracadabrant. Il confond l’opposé de a dans R avec la négation d’une proposition en logique. Si l’on voulait absolument faire cette confusion, la négation de la négation de a serait -(-a) = a et non a². Enfin, a² n’est plus grand que a que si a est plus grand que 1 ; pour a = ½, a² = ¼. Sachant cela, un mathématicien lit effectivement l’ Anti-Dühring avec d’autres yeux !


          • benjamin (---.---.164.2) 23 janvier 2006 15:48

            Oui et les communistes mangeaient les enfants !!!


            • (---.---.159.95) 25 janvier 2006 08:39

              crus ????????


            • Daniel RIOT Daniel RIOT 28 janvier 2006 21:42

              cela , c’est indigne d’agoravox...Mais ce n’est pas grave:tous les avis sont bons.La connerie est plus que le bon sens la chose du monde la mieux partagée. Merci de l’illustrer.Et de le confirmer.


            • Benjamin (---.---.164.2) 23 janvier 2006 15:56

              Je ne suis pas communiste mais je pense que Marx et Engels sont des penseurs incontournables. Pour preuve : ils considéraient que le peuple s’insurgerait tôt ou tard contre l’oppression : il l’a fait le 29 mai. C’est un parlement de droite libérale qui va juger l’histoire. C’est exactement le même principe idéologique que de faire voter une loi pour insister sur les bienfaits du colonialisme.

              Mais redescendez sur terre, l’histoire a montré que la vie au quotidien en URSS, en Pologne ou en RDA n’était pas un enfer. Pour etre crédibles, ne soyez pas outranciers !


              • Ludovic Charpentier (---.---.68.100) 23 janvier 2006 17:07

                Comparer le 29 mai à la Révolution d’Octobre Rouge, c’est peut-être un peu osé...


              • Ludovic Charpentier (---.---.68.100) 23 janvier 2006 17:09

                Et puis sincèrement, les tiquets de rationnement avec les files d’attente, l’emprisonnement pour délit d’opinion, le dopage massif des sportifs de haut niveau, ce n’est pas l’enfer, ça ????


              • Jean-Pierre Dupuis (---.---.192.14) 23 janvier 2006 15:57

                Cet article est très bien documenté et très bien orienté.Félicitation à son auteur.

                Jean-Pierre Dupuis


                • Benjamin (---.---.164.2) 23 janvier 2006 23:43

                  Oui, c’est comme au restaurant quand les cabinets sont propres. C’est très bien.


                • Daniel RIOT Daniel RIOT 28 janvier 2006 23:36

                  Merci pour votre appréciation. En ces temps d’intolérance, dans cette blogosphère où déjà le mot de « pronétaire » lancé par joël de Rosnay est déjà défiguré , c’est le bon sens qui nous fait le plus défaut Descartes, réveilles-toi, redirait Glucksmann. Mais les Français ne sont pas cartésiens, même quand ils s’en vantent...


                • Benjamin (---.---.164.2) 23 janvier 2006 16:00

                  Et puis, il est abject de renvoyer dos à dos le communisme et le nazisme. Le communisme rêvait à un monde meilleur et égalitaire, le nazisme reposait sur l’extermination de l’humanité.

                  Quant à la mise entre guillemets de la révolte de Mikis Theodorakis, c’est vraiment un truc de pauvre mec... L’art retiendra son nom. Le votre ne dépassera pas votre mort.


                  • Pierre (---.---.63.52) 23 janvier 2006 16:31

                    A Benjamin Vous demandez de ne pas être outranciers, or vos propos sont particulièrement agressifs et outranciers. Et comment pouvez-vous dire que la vie en Pologne, en RDA ou encore en URSS n’était pas un enfer ? C’étaient des dictatures où le seul et unique parti communiste avait le droit d’exister, où la liberté d’expression, religieuse, de conscience, la simple liberté de voyager étaient strictement réglementées pour ne pas dire interdites. Et ça pour vous ce n’est pas l’enfer ? Excusez-moi, mais j’ai du mal à comprendre votre point de vue, sauf s’il est volontairement « outrancier ».


                  • Daniel RIOT Daniel RIOT 28 janvier 2006 22:08

                    Si vous saviez à quel point j’admire Mikis. j’ai eu l’honneur de faire partie du comité d’accueuil qui l’a salué à Strasbourg lorsque JJSS l’a sorti des prisons des colonels grecs...


                  • (---.---.47.238) 23 janvier 2006 16:34

                    Les femmes Russes face a une denigration ? Les femmes Russes sont tres agreables. Par example : L’unique Prima Ballerina du monde des cheuveux blondes et des yeux bleues (Bellarusse Ballet a Kiew). Dans la replique (« Réagir à l’article : »Le conseil de l’Europe face au « livre noir du communisme »",Daniel RIOT) on revisite les entretiens importants entre Ulianov Lenin & Vera Sassulitsch sur la transformation moderne des societes pre-industrielles.


                    • ravachol (---.---.20.7) 23 janvier 2006 17:19

                      « Communisme, nazisme, tous les régimes totalitaires usent des mêmes méthodes. Embrigadement des jeunes, propagande dès l’école, militarisation de la société, culte de la personnalité du chef, suppression des libertés individuelles, traque systématique et sans scrupule des opposants, répression aveugle et sans pitié, etc. L’objectif : asservir complètement le peuple, pour en faire ce que l’on veut. »

                      Tandis qu’aujourd’hui, dans nos beaux pays libres et capitalistes, on n’embrigade personne, on démilitarise à tour de bras, de nouvelles lois sont votées chaque jour pour une plus grande liberté individuelle, les opposants anticapitalistes ne vont pas en prison, on ne parque plus la misère dans des guettos, il n’y a pas de pensée unique promulguée par l’Etat, la Ve répblique n’incite pas au culte de l’Homme, nous sommes tous libres et égaux devant la dernière kangoo...

                      Du capitalisme, ou l’art de répartir le totalitarisme entre instances politiques nationales et internationales, médiatiques et économiques. Une dictature sans tête qui se verrouille d’elle-même ; un tyran virtuel, donc inattaquable. Une société irresponsable, sans idéal. Libre de jouer à la bourse comme au casino pour espérer gratter de quoi prendre l’option « sièges en cuir » à la faveur de quelque plan de restructuration.

                      la liberté vue d’aujourd’hui : une hydre aux mille et une têtes, dévorant son passé et hypothéquant son avenir.


                      • Pierre (---.---.156.16) 23 janvier 2006 19:02

                        Ce n’est pas parce que l’on condamne le nazisme et le communisme, car étant des idéologies criminelles, qu’on considère que le capitalisme est la plus belle des organisations humaines. Non bien sûr et très loin de là : le capitalisme est également une autre forme d’asservissement de l’Homme, et les dégâts que provoque ce type d’organisation se font ressentir chaque jour. Mais cela n’enlève rien à l’horreur qu’ont été le communisme et le nazisme. L’un n’empêche pas l’autre. Malheureusement.


                      • ravachol (---.---.43.181) 23 janvier 2006 20:26

                        Vous lisez dans mes pensées cher monsieur Pierre. Il n’est pas dans mes propos ni dans mes pensées question de chercher d’une quelconque façon à excuser l’horreur de système politiques qui fonctionnent pour eux-même contre les citoyens. C’est vrai pour le nazisme, c’est vrai pour le communisme, c’est vrai encore pour tout un tas de tyrannies plus ou moins exotiques, moyen-âgeuse ou impériales. C’est vrai également pour le libéralisme, mais d’une manière beaucoup plus pernicieuse.

                        C’est vrai aussi que l’analogie entre ces trois systèmes s’arrête là. Car il est dangereux de « compter les points », idiot de comparer méthodiquement. Il s’agit plutôt de comprendre ce qu’il se passe, afin de prendre de l’altitude pour proposer autre chose qui corresponde mieux aux aspirations de chacun dans l’intérêt de tous.

                        Analyser, parce que les réflexions autour des systèmes politiques ne sont pas des matches de foot où s’affrontent des gueulards de chaque espèce.

                        Donc j’analyse : le libéralisme est un asservissement réparti entre les multiples acteurs du système, y compris les citoyens consentants avec plus ou moins de résignation. Quand il n’y a pas de chaînes à briser, pas de gouvernement auquel s’opposer, pas d’alternative apparente, on se dit qu’on doit être libre... ou alors ?

                        Libre de bouffer de la pub à outrance, libre de se découvrir des besoins nouveaux sans cesse, libre de rêver à la cagnotte du loto, libre d’être toujours plus dépendant d’une société qui nous spécialise tant qu’elle nous rend inutiles, improductifs, toujours plus loin des réalités alimentaires et énergétiques, redevables des grands génies qui « ont déjà tout inventé pour nous » ou qui sont en train de le faire, libre de laisser « les autres » penser et prendre des risques à notre place.

                        J’analyse les signes de totalitarisme que nous invite à scruter Mr Riot et je retrouve cette même substance poisseuse suintant des murs de nos sanctuaires de liberté occidentale. Quant à écrire une horreur du genre NAZI=COCO=LIBERAUX il n’y a qu’un pas qu’il convient de ne surtout pas franchir car c’est faux. Encore une fois, ce n’est pas parce que plusieurs systèmes travaillent contre le peuple qu’ils sont censés servir qu’ils sont identiques en tout point ! En fait, ce pourrait très bien être leur seul point commun.


                      • Daniel RIOT Daniel RIOT 28 janvier 2006 23:59

                        J’ai un peu de dificultés à suivre tous vos raisonements. Mais sans doute aie-je là quelques limites intellectuelles...Opposer libéralisme et communisme, par exemple est pour moi à la fois une évidence et un non-sens. Quel crime le libéralisme a-t-il commis ? Aucun. Vous confondez capitalisme et libéralisme : deux choses intrinsèquement différentes... Mais il s’agit sans doute (de ma part) de nuances sémantiques hors sujet...


                      • Daniel RIOT Daniel RIOT 29 janvier 2006 00:04

                        Le seul problème pour des gens qui ont le même type de réaction que vous, c’est que LIBERTE rime avec RESPONSABILITE. Tout un programme....

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