Eurostat, l’office statistique de l’Union européenne, vient de publier une étude consacrée aux projections de population à long terme au niveau national à l’horizon 2051 (PDF - 562 Ko). Cette projection s’inscrit "dans une série de scénarios de mutations démographiques basées sur des hypothèses de fécondité, de mortalité et de migration" et doit être pondérée à la lumière de variantes relatives à l’incertitude démographique.
Un constat : la population de l’Union européenne (456 815 000 habitants au 1er janvier 2004) devrait diminuer. Selon les hypothèses retenues, cette baisse pourrait intervenir en 2008 (variante migration zéro), en 2009 (variante basse), en 2011 (variante profil d’âge plus élevé), en 2025 (variante de base), ou en 2043 (variante à forte fécondité)...
Le vieux continent portera assez bien son nom : la part de personnes âgées de plus 64 ans, qui était de 25 % en 2004, devrait doubler d’ici 2051. La population "très âgée" (80 ans et plus) devrait presque tripler, et passer de 18 millions en 2004 à 50 millions en 2051.
L’économie devrait être affectée par cette évolution : "La persistance d’un faible taux de fécondité est également à l’origine de la diminution attendue de la population en âge de travailler, ce qui n’est compensé que partiellement par les flux migratoires."
Le nombre croissant de décès (phénomène dû à une importante population âgée) devrait dépasser celui des naissances, "de sorte qu’il n’y aura plus d’accroissement naturel de la population." Eurostat estime que "les migrations n’assureront pas à elles-seules la croissance de la population de l’UE."
Ces processus démographiques affecteront les 25 Etats membres dans des proportions et des délais variables : la France, l’Irlande, Chypre, le Luxembourg et la Suède auront un accroissement naturel bien plus élevé que les pays d’Europe de l’Est. Ainsi, selon la variante de base, la France devrait passer de 59 901 000 habitants au 1er janvier 2004 à 65 642 000 au 1er janvier 2051. Mais l’Italie devrait voir sa population décroître de 57 888 000 à 52 387 000, et l’Allemagne de 82 532 000 à 74 201 000, soit une diminution de plus de plus de huit millions d’habitants... Dans son ensemble, la population de l’UE devrait également diminuer en passant de 456 815 000 en 2004 à 448 174 000 en 2051.
L’Assemblée nationale publie pour sa part un rapport d’information intitulé Les perspectives démographiques de la France et de l’Europe à l’horizon 2030 : analyse économique.

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