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Accueil du site > Actualités > Europe > Le français à la sauce bolognaise

Le français à la sauce bolognaise

Le "processus de Bologne" fait partie de la "stratégie de Lisbonne" dont l’objectif est la construction dans l’UE d’une économie plus compétitive et plus innovante, on lit même parfois la plus innovante au monde - autant voir grand. Mais la France et le français seront inévitablement victimes du processus de Bologne, qui amplifie l’anglicisation de l’enseignement supérieur.

Nous avons déjà abordé sur AV le fait que les pays nordiques s’interrogent sur les effets de cette politique linguistique, mais d’autres aspects de la question méritent d’être discutés.

1. Qu’est-ce que le processus de Bologne ?

2. Avantages annoncés par l’UE.

3. Et les sous ?

4. L’UE reconnaît les nombreux obstacles à la mobilité des étudiants et des enseignants.

5. Diverses critiques sont déjà apparues.

6. La visibilité internationale.

7. La réponse actuelle à l’obstacle linguistique : l’anglicisation de l’enseignement supérieur.

8. Un processus gagnant-gagnant, ou gagnant-perdant ?

9. Les pays qui ont anglicisé leur enseignement supérieur, Suède et Norvège,
s’interrogent.

10. Les effets secondaires sont déjà visibles en France.

11. Une nouvelle religion européenne : la mobilité.

12. L’idéologie qui préside au processus de Bologne : une vision économique de la recherche.


1. Qu’est-ce que le processus de Bologne ?

La Déclaration de Bologne de 1999 a fixé comme objectif la création d’un espace européen de l’enseignement supérieur, un cadre commun, ce qui nécessite un abandon progressif des systèmes nationaux pour une structure à trois niveaux (licence, maîtrise et doctorat, LMD, ou bachelor, master et doctorat selon les pays). Il s’accompagne d’un système de crédits pour confirmer les acquis et assurer une équivalence reconnue dans toute l’UE, ce qui permettra un transfert de ces crédits d’un pays à l’autre.

Une présentation sur le site Euractiv

Le système est en fait à 2 étages, inspiré des USA ("undergraduate" et "postgraduate"), mais, comme le deuxième cycle est divisé en cycle court (maîtrise) et cycle long (doctorat), c’est similaire au système à trois étages LMD, déjà en place en France dans de nombreuses filières.

Il est également envisagé de rapprocher les calendriers universitaires et scolaires des différents pays, afin de faciliter la mobilité des enseignants et des étudiants.


2. Avantages annoncés par l’UE :

Mobilité des étudiants, permise par le transfert des crédits, et amélioration de l’employabilité des Européens.

Lisibilité plus grande de l’enseignement supérieur européen, et compétitivité accrue des universités européennes sur le plan international.

Les rapports européens sur les programmes Erasmus et Erasmus mundus sont particulièrement creux : ils détaillent les chiffres par pays, et commentent largement la satisfaction des participants sans préciser quelles matières ont été étudiées ni dans quelle(s) langues, sans évaluer ce que ces quelques mois d’études dans un pays et une langue étrangère ont apporté aux étudiants en terme de compétences professionnelles dans leur domaine.

Le "rapport intermédiaire" (2007)

Remarquons qu’il n’est nullement prouvé que des étudiants suivant pendant quelques mois des cours dans une langue étrangère en tirent un bénéfice dans leur domaine.

Malgré la légèreté de ces bilans, les déclarations d’intention sont toujours teintées du plus grand lyrisme :

"L’Europe de l’enseignement supérieur est en marche."


3. Et les sous ?

On nous présente comme un postulat que l’harmonisation de l’enseignement supérieur améliorera la compétitivité de la recherche européenne, en oubliant de parler du nerf de la guerre - le financement !

Les investissements en recherche et développement sont en diminution dans l’UE (1,85% du PIB en 2006), bien inférieurs à ceux des États-Unis (2,5%) et du Japon (3%). Finlande et Suède sont depuis longtemps déjà à plus de 3%, meilleurs élèves de la classe européenne en matière de RetD, financée en partie par les états, en partie par les entreprises, ce qui complique l’analyse : qui, des entreprises ou des États, a fléchi ?

Quoi qu’il en soit, les mêmes pays qui investissent le plus dans la recherche universitaire voient leurs entreprises investir davantage. La création de l’Institut européen de technologie s’inscrit aussi dans cette stratégie.

Diverses formes de coopération transnationale et inter-établissements de recherche existent déjà depuis longtemps, bien avant ce processus de Bologne. Et le fait que l’harmonisation de l’enseignement supérieur européen favorise la recherche et la compétitivité européennes n’est qu’une supposition. L’innovation est difficile à programmer.

4. L’UE reconnaît les nombreux obstacles à la mobilité des étudiants et des enseignants

Ce sont d’abord des problèmes techniques : statut, fiscalité des bourses, logement (difficile sans statut), validation, régimes sociaux, pas de droit aux réductions étudiantes pour les stagiaires, etc. Du côté des enseignants, l’obstacle est plutôt le manque d’enthousiasme devant le peu d’intérêt de quelques mois à l’étranger sur le déroulement de leur carrière.

Mais le principal obstacle, et de loin, c’est la barrière des langues. Or, si les difficultés linguistiques sont plusieurs fois citées dans le rapport très détaillé mentionné plus haut, elles ne font l’objet d’aucun bilan, d’aucun commentaire, d’aucune proposition !

Répétons-le, pour bien s’en convaincre : l’obstacle principal au processus de Bologne n’est pas du tout commenté dans le rapport d’évaluation !

En matière de langue, le non-dit demeure la règle. Passons outre ce tabou et disons donc le non-dit : l’anglais serait aux yeux de certains le nouveau latin. Ils partagent la vision grandiose d’un nouveau Moyen-Âge où les étudiants de l’UE et du monde entier iraient d’une fac à l’autre suivre l’enseignement supérieur en anglais... Quelle est la part du fantasme dans cette vision ?

Voilà en tout cas ce que beaucoup pensent, mais que personne n’écrit, car c’est à la fois contraire aux principes fondateurs de l’Europe (égalité des peuples et des langues), et anticonstitutionnel en France - même si depuis de nombreuses années divers établissements violent cet article 2 de la constitution en toute impunité.


5. Diverses critiques sont déjà apparues

Les détracteurs du processus de Bologne dénoncent une marchandisation de l’enseignement supérieur, une diminution de la justice sociale, une perte d’autonomie intellectuelle des établissements (avec le risque d’une certaine standardisation des formations et des recherches), et un possible raccourcissement de certaines études.

"Parmi les principaux détracteurs de réformes en cours, on compte la Fédération des étudiants francophones, l’Aped et, dans une moindre mesure, l’Union des Étudiants de la Communauté française."

(La Fédération des étudiant(e)s francophones (FEF) est la plus grande organisation regroupant les délégations étudiantes de la Communauté française de Belgique.)
"(...) D’une part, la Fédération soutient les mesures visant à favoriser la mobilité étudiante au niveau européen et la reconnaissance internationale des diplômes.
D’autre part, la Fédération s’est toujours montrée réticente face à la vision marchande et compétitive de l’enseignement supérieur qui est véhiculée, selon elle, dans les instances de décision du processus de Bologne. C’est pourquoi la Fédération s’est opposée à certains aspects des réformes entreprises récemment en Communauté française sous l’égide du processus de Bologne." (Wikipedia)

En Suisse (non membre de l’UE, mais très représentative des difficultés du plurilinguisme), les réactions sont majoritairement favorables ; les commentaires suivants, bien que ce ne soit pas leur but, confirment le risque d’anglicisation de l’Union européenne toute entière :

"Les deux Écoles polytechniques fédérales de Zurich et Lausanne affichent avec fierté leurs proportions élevées d’étudiants et d’enseignants étrangers. A Zurich, elle est de 60% pour les professeurs et de 56% pour les doctorants. Et l’environnement de la recherche est exclusivement anglophone. Pour sa part, Anders Hagström est convaincu que la Suisse tire un excellent profit de la présence de cette matière grise étrangère."

"Et pour attirer des étudiants d’autres nationalités, il faut impérativement proposer des filières de formation en anglais, poursuit cette responsable des relations entre universités suisses et étrangères. Force est d’admettre qu’aujourd’hui, le véritable langage académique, c’est l’anglais".

"Pourtant, le monde politique reste divisé face à l’importance grandissante de la langue de Shakespeare dans l’enseignement, qui reste avant tout l’affaire des cantons. Certains privilégient l’anglais au primaire, d’autres estiment que les élèves doivent d’abord apprendre une seconde langue nationale. Dans les universités, la pratique de l’anglais n’est pas récente, mais elle a indéniablement pris de l’ampleur au cours des dix dernières années (...)"

Un autre type de critique pointe le fait que les pays sont toujours concurrents, malgré la construction européenne :

"Les classements sont mondiaux, les étudiants à haut potentiel sont courtisés sur tous les continents. Les temps ne sont plus dès lors à la coopération : chaque pays tente de se placer au mieux dans la compétition. Le processus de Bologne fait pudiquement écran devant les enjeux du moment et les stratégies qu’ils inspirent, à savoir la segmentation de l’offre universitaire qui sera présentée demain par des réseaux internationaux et sans doute intercontinentaux très hiérarchisés. Leur accès sera régulé par des droits d’inscription dont la hauteur sera proportionnelle au prestige de la certification de la qualité que chacun aura obtenue"

Jean-Emile Charlier
Professeur des Facultés Universitaires Catholiques de Mons (FUCaM)
http://www.lemensuel.net/Ou-en-est-le-processus-de-Bologne.html


6. La visibilité internationale.

En quoi un cadre commun LMD donnerait une meilleure visibilité, nul ne l’explique. Un postulat de plus. Nous avons quelques doutes sur le fait que des étudiants asiatiques ne situent pas sur le globe la région du monde qui fabrique les Airbus ou le TGV (va-t-on l’appeler VHS, Very High Speed ?). Quant au classement de Shanghai des universités, tout le monde sait qu’il est bidon : certes le dynamisme de la recherche étatsunienne est incontestable, mais il suffit de regrouper diverses facultés parisiennes ou grandes écoles à la dimension d’un campus plus grand pour avancer dans ce classement très suspect.

Les programmes Tempus visent les nouveaux pays de l’est indépendants, et d’autres pays volontaires d’Europe centrale et orientale ; Erasmus mundus, destiné spécifiquement aux étudiants hors-UE, ne donne son agrément pratiquement qu’à des cursus en anglais, y compris en France. En 2007 et 2008, environ 90% des cursus sont en anglais, 80% exclusivement.

Sous couvert de visibilité internationale, ce qui va bien se voir de loin, c’est que la science de l’UE est anglophone !


7. La réponse actuelle à l’obstacle linguistique : l’anglicisation de l’enseignement supérieur.

Ce n’est pas officiel, mais avoué à demi-mot et sans complexes par des personnalités comme Mme Pécresse, Bernard Kouchner, Attali et bien d’autres.
"18/03/2008 (…) Mme Pécresse nous annonce qu’elle "ne milite pas pour imposer l’usage déclinant (sic) du français dans les institutions européennes à l’occasion de la prochaine présidence française de l’Union. (…)"

Elle a par ailleurs récemment plaidé pour la levée du "tabou de l’anglais".

Il est facile de vérifier sur la Toile à quel point le processus de Bologne est intimement lié à l’anglicisation de l’enseignement :
About the Bologna Process

Dix Lignes d’action du Processus de Bologne Action (uniquement en anglais)

Prise de décision dans le Processus de Bologne (uniquement en anglais)

La 6e Conférence ministérielle sur Bologne se tiendra à Louvain-la-Neuve les 28 et 29 avril 2009.
Secrétariat du processus de Bologne

100% monolingue en anglais !


 8. Un processus gagnant-gagnant, ou gagnant-perdant ?

La théorie des promoteurs du processus de Bologne :

"Dans le domaine de l’enseignement supérieur, les meilleurs étudiants d’Asie, d’Amérique latine et d’Afrique préfèrent, s’ils peuvent choisir, effectuer un MBA dans une université américaine plutôt que des études en Europe. Ce déséquilibre est particulièrement flagrant pour les études avancées d’ingénieur, de mathématiques et d’informatique. De plus, près de la moitié des Européens obtenant un doctorat outre-Atlantique y restent plusieurs années après leur diplôme."

(Viviane Reding, commissaire européenne à l’Éducation et à la Culture. 12/09/03)

 Les langues de faible diffusion y trouveront effectivement leur compte, car il sera probablement plus facile pour la Lituanie, la Slovénie, ou même la Catalogne (8 millions de locuteurs de catalan) d’attirer des étudiants en proposant un cursus en anglais plutôt que dans leur propre langue. Sans considération de valeur culturelle, on peut supposer que des étudiants hors-UE auront déjà quelques notions d’anglais mais aucune de catalan ou de slovène.

Par contre, les langues de grande diffusion comme le français (une des langues de travail de l’UE) sont à notre avis dans une position tout à fait différente, car France et Allemagne attirent depuis longtemps de nombreux étudiants étrangers.
Où est-il démontré qu’on séduira davantage un étudiant en mathématiques, asiatique ou africain, par des cours en anglais plutôt qu’en lui proposant des bourses, des aides au logement, un suivi de son intégration dans son nouvel environnement ?

Autrefois, des étudiants ayant choisi la France, ayant fait l’effort considérable d’apprendre le français, choisissaient souvent d’y travailler des années. Ce ne sera plus le cas. Après six mois en France en anglais, ils iront suivre des cours dans d’autres pays européens, toujours en anglais. In fine, les plus brillants seront tentés d’achever leurs études par des formations post-doc en GB ou aux États-Unis, d’autant plus qu’ils auront fait de grands progrès en anglais. Leurs années les plus productives risquent fort de se passer aux USA ou en GB, qui en retireront les bénéfices en terme de recherche et de brevets.

Quant aux étudiants français ou allemands, ils peuvent tout à fait être formés dans leur propre pays jusqu’au plus haut niveau. Seuls une poignée d’entre eux auront l’utilité de stages à l’étranger dans des labos de pointe.


9. Les pays qui ont anglicisé à outrance leur enseignement supérieur, Suède, Norvège et Danemark, en constatent maintenant les effets pervers sur leurs langues, menacées de disparition, et s’interrogent. Je renvoie à mon précédent article, qui cite des extraits de presse de ces différents pays.


10. Les effets secondaires de cette politique sont déjà visibles en France

La notion de choix des langues est morte dans nos écoles : l’anglais est imposé au primaire à 86% des enfants - c’est-à-dire sans que les parents se soient vus proposer un choix de langues. Beaucoup auraient choisi l’anglais, n’en doutons pas, mais la vérité crue, c’est que sans aucune loi, on impose maintenant une langue étrangère comme si celle-ci était devenue une matière obligatoire.

Et cela ne concerne pas que l’école primaire : au secondaire aussi, la diversité linguistique est en chute libre, certaines 6e ne "proposant" que l’anglais !
L’apprentissage précoce de l’anglais (officiellement, il faut dire "des langues") a même déjà ses extrémistes :

"(...) car, chez les petits tout cela se fait naturellement.(...) Tous les élèves devraient pouvoir suivre certains de leurs cours, comme l’histoire ou la géographie, dans une langue étrangère, et des activités ludiques, faisant appel aux langues, devraient leur être proposées en dehors des heures de classe". Wolfgang Mackiewicz, du Conseil européen pour les langues."

Pourtant, aucune étude scientifique ne confirme ces délires, ce serait même plutôt le contraire, les experts concluent souvent par des appels à la prudence.

Certains établissements d’enseignement supérieur et de recherche sont déjà devenus partiellement anglophones ! Il est instructif de visiter le site du CNRS, de Pasteur, ou de recenser les nombreux établissements qui organisent et imposent à leurs étudiants des cours en anglais. Tous les enseignants ne sont pas enthousiastes devant cette évolution, mais les opposants le font au risque de leur carrière, puisque hiérarchie et médias roulent pour l’anglais.

Nous y perdons l’esprit européen, qui s’est crée sur le principe de l’égalité des langues et des cultures.

Nous aboutissons à la monoculture anglophone, et l’UE perd son âme dans le processus de Bologne.

Perdre son âme, passe encore, mais nous perdons aussi du pognon ! L’hégémonie de l’anglais rapporte déjà à la GB un véritable impôt linguistique, une fortune dépassant les revenus du pétrole de la mer du Nord. (cf. le rapport Grin) Le processus de Bologne ne fait qu’accentuer ce flot financier qui coule vers GB et USA simplement grâce à la position de leur langue.

Quelques exemples des sommes énormes qui sont sacrifiées au dieu anglais, dans de nombreux pays, dans le fol espoir de combler le désavantage linguistique que les natifs auront toujours :

French 24, cette chaîne d’infos en anglais totalement inutile et redondante, nous coûte 80m/an.

L’université de Cambridge vient d’être choisie pour organiser la certification en anglais basée sur le CECR (échelle de langue), comme si nos professeurs étaient incapables de certifier leurs élèves ; va-t-on faire aussi contrôler par Cambridge les notes d’anglais au bac ?

De nombreux Conseils régionaux ont déjà financé à 90% ces certifications, sachant que les parents hésiteraient à dépenser 100€ pour une certification à l’utilité incertaine.

Le programme La Sardaigne parle anglais :

"“Sardegna Speaks English” è il programma approvato dalla Giunta a novembre 2006 e finanziato con un investimento di 20 milioni di euro, ritenuto strategico, perché mira a far superare ai cittadini sardi il forte ritardo nell’acquisizione di competenze linguistiche in inglese."

Ce sont donc des sommes inouïes que nous dépensons ainsi dans l’espoir de faire de nos petits des "fluent english", dans la croyance naïve que c’est la solution au recul de la recherche et aux difficultés économiques de la France.

Or, rien n’est moins sûr : la Chine est dans une phase d’investissements à l’étranger, sans pour autant que tous les Chinois soient "fluent" en anglais, loin s’en faut. Mieux : elle soutient massivement la diffusion du mandarin, comme en témoignent les nombreux Instituts Confucius qui poussent un peu partout, en France comme ailleurs.

Mais la perte la plus grave est moins apparente, insidieuse : c’est l’affaiblissement de la langue française. Nous avons vu ce qu’il en était dans les pays nordiques pour le vocabulaire scientifique, mais c’est aussi le cas pour le français du quotidien. Déjà, sous l’influence du jargon des médias, certains équivalents français d’anglicismes branchés ne nous viennent à l’esprit qu’après de gros efforts : comment dit-on coach, credit cruch, fitness, brainstroming, mail, e-learning, web, management, rush, crash, etc. ? Leurs équivalents sont pourtant simples et naturels. (Par naturels, nous voulons dire qui sonnent français, par exemple avec une finale en -age, beaucoup plus répandue chez nous que la finale -ing, ou qui font davantage appel aux ressources lexicales propres du français.)

L’autre grave conséquence à long terme, c’est l’idée qu’il n’est de modernité qu’anglophone, que l’UE est anglophone. En fait, elle l’est déjà officieusement, à l’exception du juridique, mais il est prématuré et politiquement impossible à l’heure actuelle pour nos eurocrates de l’officialiser. Ce jour est proche, n’en doutons pas, si chacun accepte sans sourciller cet esclavage linguistique.

Remarquons au passage le paradoxe : l’administration de l’UE est anglophone (organismes, rapports, sites, sauf le juridique), quand elle veut ses citoyens polyglottes de bon niveau dans trois ou quatre langues ! En les culpabilisant sans cesse de n’être ni assez polyglottes, ni assez mobiles !


11. Une nouvelle religion européenne : la mobilité.

Cette mobilité en concerne pas seulement l’enseignement : programme jeunesse, service volontaire européen, bourses Marie Curie (pour les jeunes chercheurs de niveau post-doc), Leonardo da Vinci (formation professionnelle).

"Une étape a été franchie pour le développement significatif de la mobilité en Europe. Le Conseil européen de Nice de décembre 2000 en a fait une priorité politique conformément aux conclusions du Conseil qui s’est tenu à Lisbonne au mois de mars 2000. (...)Une recommandation du Parlement européen et du Conseil de ministres assortie d’un plan d’action pour la mobilité fixent comme objectif de mettre la mobilité à la portée du plus grand nombre. Le défi est ambitieux. L’ensemble des acteurs de l’éducation, de la formation, de la jeunesse doivent se mobiliser avec les décideurs politiques pour le relever et faire de l’Europe de la connaissance, que nous appelons de nos vœux, une réalité quotidienne pour nos citoyens."

Viviane Reding, Membre de la Commission européenne, responsable de l’éducation et de la culture.

"À l’heure d’Internet et de la globalisation des échanges, la mobilité des personnes en Europe devient de plus en plus nécessaire."

Comme toute religion, celle-ci a déjà ses extrémistes : "À partir de 6 ans ?"

"Pour Roberto Ruffino, de l’association italienne Intercultura, s’il ne faut pas nier l’existence des difficultés financières et administratives liées à la mobilité, le principal obstacle est d’ordre psychologique. "Une enquête montre que la plupart des étudiants italiens considèrent toujours qu’une année à l’étranger est assimilable à des vacances ! (...) Pour changer les mentalités, je rêve personnellement d’une mobilité à partir de 6 ans !"

Cette apologie de la mobilité est pourtant contredite dans les mêmes documents ! Car l’incroyable l’amélioration des technologies de la communication permet justement d’augmenter les échanges d’un pays à l’autre, d’une fac à l’autre, sans déplacement complexes sur le plan logistique :

"La mobilité des chercheurs sera encouragée, et un réseau de communications à très haut débit reliera l’ensemble des établissements d’enseignement et de recherche ainsi que les bibliothèques et les centres de formation de l’Union européenne. et sera mise en œuvre dans tous les États membres, suivant les spécificités de chacun (voir p. 24). Les premières mesures concrètes ont été approuvées lors du Conseil européen de Stockholm de mars 2001."

On est loin du slogan régionaliste "Volem viure al país !" (Nous voulons vivre au pays). Sans nier l’utilité des stages dans des facultés ou instituts étrangers pour des étudiants pointus, en fin de formation pour les autres, la question n’est pas aussi évidente qu’on nous le vend, pas au point d’en faire une nouvelle religion dont le dogme n’a pas à être démontré ne doit pas surtout pas être mis en doute...
Faut-il se couper de ses racines pour être un bon Européen ? Toute personne qui habite en Europe est un Européen.


12. L’idéologie qui préside au processus de Bologne : l’enseignement supérieur est vu à travers le dogme de la croissance économique.

"La stratégie de Lisbonne : construire une Europe de la connaissance.
À Lisbonne, en mars 2000, les chefs d’État ou de gouvernement des Quinze s’engagent à faire de l’Union européenne l’économie la plus dynamique de la planète. Pour y arriver, une piste : accélérer la croissance économique en se basant sur l’une des principales richesses du Vieux Continent, l’"or gris", à savoir la connaissance, l’intelligence et la créativité. Une mobilité accrue des étudiants, des enseignants, des formateurs et des chercheurs sera l’une des clés du succès de cette entreprise."

Parfois, l’aveu est encore plus clair que tout ce processus n’a aucune autre base qu’une vision économique de l’enseignement supérieur. Laissons la parole à ses thuriféraires :

"Un atout pour l’insertion professionnelle"

"En matière d’éducation, une approche européenne est indispensable pour aider les étudiants à comprendre, très pratiquement, comment s’insérer dans un monde multiculturel et à en tirer un maximum de profit. Il faut donc encourager une plus grande mobilité des étudiants et des professeurs ainsi qu’une maîtrise d’un plus grand nombre de langues européennes."

("L’éducation pour les Européens : vers une société de la connaissance", rapport de la table ronde des industriels européens, 1995)

Ou encore :

"Bien entendu, la création d’un espace économique dynamique basé sur la
connaissance ne concerne pas que la mobilité. La stratégie de Lisbonne appelle également à l’achèvement du marché unique, au développement de l’esprit d’entreprise ainsi qu’à la création d’un véritable "espace européen de la recherche".

"Le G8 vise au doublement en dix ans de la mobilité internationale"


Conclusion

Tout nous montre que l’harmonisation de l’enseignement supérieur européen va de pair avec son anglicisation. Certains le souhaitent ouvertement. Du moins ne font-ils pas preuve de la même hypocrisie que la plupart des médias.

Malgré la construction européenne, les pays membres restent concurrents pour attirer les cerveaux étrangers, comme le font avec succès les USA. Les pays déjà attractifs, comme la France et l’Allemagne, n’ont nul besoin du processus de Bologne, qui favorise les "petites langues", mais nuit aux "grandes langues".

Mieux vaudrait bien accueillir ces étudiants prometteurs, simplifier leurs démarches administratives, les aider pour le logement, passer des accords avec leurs pays d’origine, offrir des cours de français - bref, favoriser leur intégration et leur travail en France, plutôt que leur organiser des cursus en anglais pour les voir papillonner d’un pays à l’autre de l’UE, voire finir aux USA (séjour facilité par leur formation à l’anglais dans l’UE) qui profiteront de leurs découvertes et en tireront seuls les fruits.

A notre avis, la France doit se désengager des programmes Comenius, Erasmus mundus et de tout le processus de Bologne, car au nom d’avantages hypothétiques, visibilité internationale et attractivité de l’enseignement supérieur européen (postulats répétés ad nauseam dans les médias), ce processus va aboutir à l’anglicisation massive de l’enseignement dans toute l’UE, ruinant l’esprit européen d’égalité des cultures et des peuples, affaiblissant le français courant et technique, perpétuant les immenses injustices économiques et politiques résultant de l’hégémonie de l’anglais, clamant au monde que la science et la modernité sont anglophones, et, au final, rendant inéluctable l’officialisation de l’anglais comme "lingua franca" de l’UE.

On troque deux avantages hypothétiques contre une montagne d’inconvénients ! Trop forts les lobbys anglophones. Pourquoi faire simple quand on peut fabriquer une usine à gaz anglophone ? Est-ce cela l’intégration européenne ?

Que les ingénieurs continuent dans cette voie s’ils la jugent inéluctable, allant jusqu’au ridicule de baptiser un récent congrès "Toulouse Space Show".

On nous dit que cette harmonisation universitaire est la seule solution au retard de la recherche et aux difficultés économiques, en oubliant de rappeler que les USA et le Japon investissent plus que nous dans la recherche et développement !

On peut très bien attirer de brillants étudiants sans mettre le doigt dans ce qui pourrait bien être une gigantesque arnaque.

C’est même confirmé par l’Europe elle-même :

"la diversité linguistique de l’Europe devrait être préservée et la parité entre les langues pleinement respectée. Les institutions de l’union européenne devraient jouer un rôle central à cet égard."

(Conclusions du Conseil sur le multilinguisme, Conseil de l’éducation, Bruxelles, le 22 mai )

Le but n’est pas la formation individuelle, c’est la mise à disposition des entreprises de personnel anglophone ayant quelques compétences supplémentaires dans diverses langues, un vivier pour répondre à leurs besoins, ce qui est légitime, mais insuffisant.

Au final, ce processus de Bologne, sous couvert d’une intégration de l’enseignement supérieur en Europe, dont la nécessité nous est présentée comme une évidence, s’inscrit surtout dans la construction d’un marché commun anglophone dont les Européens sont vus comme "mobiles", possédant tous l’anglais plus une autre langue étrangère, étudiant les langues toute leur vie pour les rendre plus "employables", une Europe axée vers la marchandisation de l’enseignement supérieur.

Sujet tabou entre tous - les milliards que retirent la GB et les USA de l’hégémonie de l’anglais, directement et indirectement, ne sont jamais évoqués. Cette injustice fondamentale sera pourtant fortement amplifiée si ce processus de Bologne est mené à son terme.

L’UE peut-elle se construire sur une injustice massive ?


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331 réactions à cet article    


  • Xebeche 3 juillet 2008 15:02

    Sujet tabou entre tous - les milliards que retirent la GB et les USA de l’hégémonie de l’anglais, directement et indirectement, ne sont jamais évoqués.

    Ce qui est bien avec vous c’est que vous êtes plus régulier qu’une horloge suisse : les mêmes rengaines avec le même leitmotiv, tout le temps la même chose. Ainsi, cette affirmation fantaisiste selon laquelle l’apprentissage de l’anglais fait gagner des "milliards" aux pays anglophones, c’est la dixième fois que je la lis.

    Et c’est la dixième fois que je me dis que cette affirmation se passe difficilement de preuves, qui n’existent pas car cette affirmation est fausse. Vous aurez beau tirer des articles par rafale contre "l’injustice linguistique" qui sévirait dans l’UE, vos théories fumeuse s’apparentant à celle du complot, ("lobby anglophone" ? N’importe quoi...) sont improuvées et improuvables. 

    Typhon


    • ZEN ZEN 3 juillet 2008 16:12

      Merci, Kroko, pour cette analyse assez fouillée
      Je vais reprendre cela à tête reposée...

      "Mme Pécresse nous annonce qu’elle "ne milite pas pour imposer l’usage déclinant (sic) du français dans les institutions européennes à l’occasion de la prochaine présidence française de l’Union. (…)"
      On savait que nos élites avaient renoncé depuis longtemps à "militer" pour l’usage de leur propre langue, accentuant ainsi le déclin que l’on consacre un peu plus en l’entérinant
      C’est la guerre économique, rien de plus !
      Sans être chauvin, quelque peu polyglotte,cette sauce bolognaise ne me plaît pas


    • Krokodilo Krokodilo 3 juillet 2008 16:25

      Effectivement, mieux vaut l’avoir dans l’assiette que dans la tête !


    • Krokodilo Krokodilo 3 juillet 2008 16:06

      Mais il est vrai que le lobby anglophone peut faire une pause dans ses efforts, puisqu’une partie des Français à un haut niveau ont entériné l’anglais comme langue internationale, oubliant le problème que cela pose à la construction européenne : allons-nous bâtir une Europe avec des citoyens de première classe, les anglophones natifs avec tous les avantages qui vont avec, les deuxièmes classe, ceux qui auront fait l’effort et eu l’opportunité en terme de pratique et de profession de parvenir au niveau "fluent", et les autres, les Européens de troisième classe comme moi, pourvus d’un anglais d’aéroport, ou, pire encore, les quatrième classe, les polyglottes d’autres langues, ne connaissant que quelques mots d’anglais. Voilà l’Europe que cet Institut de relations internationales soutient ! La présidence française de l’UE commence fort - hard, veux-je dire :

      http://www.francophonie-avenir.com/Index%20AK%20L’anglais%20pour%20lancer%20la%20pr%E9sidence%20fran%E7aise%20de%20l’UE.htm


      • Marsupilami Marsupilami 3 juillet 2008 16:51

         @ Krokodilo

        Ça aurait un excellent article s’il n’y avait eu des bouts indigestes d’anti-anglais pro-espérantiste dedans, mais bon, c’est ton dada.

        On a la sauce bolognaise : espérons que l’omniprésident irascible et agité va mettre la main à la pâte !


        • Krokodilo Krokodilo 3 juillet 2008 17:41

          Marsu,
          Etant donné que la thèse même de l’article, c’est que ce processus de Bologne favorise l’anglicisation de l’enseignement supérieur, un passage anti-hégémonie de l’anglais me paraît difficile à éviter ! Et je ne crois pas avoir mentionné une seule fois l’Eo dans cet article.


        • Wlad Wlad 3 juillet 2008 17:44

          "Etant donné que la thèse même de l’article, c’est que ce processus de Bologne favorise l’anglicisation de l’enseignement supérieur, un passage anti-hégémonie de l’anglais me paraît difficile à éviter !"

          Non, tu aurais pu te contenter d’un "c’est formidable, on va vers une compréhension mutuelle entre les élèves de diverses nations !".


        • Marsupilami Marsupilami 3 juillet 2008 17:53

           @ Krokodilo

          Je sais bien. Etant moi-même anglophile et anglophone, je regrette cette mainmise de l’anglais (et surtout de cet anglais-là), mais je crois qu’on n’y peut rien, il faut bien une langue internationale et ça ne sera pas l’esperanto, mais l’anglais. Au XIXe siècle ça aurait probablement été le français. Au XXIe siècle ce sera l’anglais. Sic transit gloria mundi.


        • Krokodilo Krokodilo 3 juillet 2008 18:23

          "Non, tu aurais pu te contenter d’un "c’est formidable, on va vers une compréhension mutuelle entre les élèves de diverses nations !".

          C’est un point de vue, et je l’ai exposé. Le droit de défendre une thèse contraire aurait-il disparu ?
          Si un jour les pays anglophones décernent une médaille du mérite aux étrangers ayant bien oeuvré en faveur de l’anglais, tu as tes chances.


        • skirlet 4 juillet 2008 13:12

          Marsupilami, vos anglophilie et espérantophobie vous ont fait commettre une erreur de calcul smiley Au XIX le français, au XX - l’anglais, et qui dominera au XXI siècle, nul ne le sait, vous pas plus que quiconque. Les lauriers de Paco Rabanne signifient parfois une gloire assez douteuse...


        • Marsupilami Marsupilami 4 juillet 2008 13:19

           @ Skirlet

          Je ne suis pas esperantophobe. Demande à Krokodilo, on a déjà abordé ce sujet dans un de ses articles. J’ai commencé à sérieusement étudier l’esperanto quand j’avais 16-17 ans parce que je rêvais naïvement et idéalistement d’un langage universel, et j’ai assez vite été dégoûté par l’ambiance rassise et sectaire qu’il y avait chez les esperantistes que j’ai ainsi été amené à rencontrer. J’ai donc laissé tomber, mais je garde une vraie sympathie pour cette utopie.


        • skirlet 6 juillet 2008 15:20

          Marsupilami : il est possible que le terme "phobie" est un peu trop fort, cependant... vous évoquez souvent cette ambiance "rassise et sectaire" que vous avez rencontrée, vous placez immanquablement le mot "utopie" - tout cela indique une expérience désagréable, non digérée et non surmontée. Vous n’arrivez pas à séparer les quelques personnes que vous avez connues et la langue elle-même - pour vous, l’espéranto est l’apanage des gens spécifiques et définis, ce qui est faux.

          Ceci dit, c’est plutôt l’anglais mondial qui est une utopie smiley Depuis de longues années, cette langue est portée par les armes de la GB, imposée aux colonies, soutenue par la puissance des EUA ; elle bénéficie des investissements énormes et pourtant elle n’est pas devenue la deuxième langue de tous, bien maîtrisée. Et maintenant, l’espagnol et le chinois commencent à lui marcher sur les talons smiley


        • Xebeche 6 juillet 2008 16:16

          C’est vrai que les espéranteux d’agoravox sont des gens charmants, ouverts d’esprit, très intelligents, et qu’ils sont très loins d’avoir une attitude sectaire...

          Typhon


        • Hermes esperantulo 6 juillet 2008 19:06

          typhon ton commentaire me rappelle quelqu’un, mais qui donc ?


        • skirlet 6 juillet 2008 19:31

          Evidemment, notre Asp Irateur mignon et ravissant tout plein dépose partout ses... euh, commentaires smiley Le bouchon pour chaque bouteille, comme on dit chez nous. Ah, quel chou... smiley


        • Xebeche 6 juillet 2008 19:38

          J’oubliais : ce qu’ils disent est toujours très clair, il ne font jamais, au grand jamais, de sous-entendus, sont francs, directs, et disent ce qu’ils pensent d’une manière tellement brutale qu’elle en serait choquante si la matière de leur discours n’était pas la Raison même. Lors d’un débat, ils comprennent d’ailleurs tellement bien les positions de leur adversaire qu’ils les connaissent souvent mieux que ces derniers. Ces gens dont la non-violence verbale religieuse force le respect et l’admiration se remettent sans cesse en question, et le fil de leurs raisonnements si clairs et si lumineux est tellement incroyable de limpidité qu’on ne peut manquer de se ranger à leurs thèses.

          En un mot comme en cent, les espéranteux d’agoratvolks sont des saints. Nul n’aurait l’idée de s’attaquer à eux, et le simple fait de songer un seul instant, même dans un état second, qu’ils puissent avoir tort, est un signe de folie, de perversion et de damanation. Face à ces créatures, les espéranteux font montre d’une charité et d’une tolérance qui, une nouvelle fois, force le respect. D’ailleurs, il semble que seul Chuck Norris se place sur un plan d’existence supérieur à ces êtres quasi-divins que sont les espéranteux d’agoratvolks qui éclaireront le monde du phare de leur raison jusqu’à la consommation des temps, au moment de laquelle il prendront leur place au coté de Masson, leur saint maître, et règneront avec lui au siècles des siècles, dans la béatitude.

          Et ils auront le poil lustré et soyeux.
          Hosanna au plus haut des cieux !
          Et tout sera merveilleux .
          Hosanna au plus haut des cieux !
          Ils sont un peuple industrieux.
          Hosanna au plus haut des cieux !
          Du monde ils ouvriront les yeux.
          Hosanna au plus haut des cieux !
          Vivent les espéranteux.
          Hosanna au plus haut des cieux !
          Et tout sera joyeux.
          Hosanna au plus haut des cieux !
          Hosanna au plus haut des cieux !
          Hosanna !
          Hosanna !
          Hosanna !
          Hosanna !
          Hosanna au plus haut des cieux !
          Hosanna au plus haut des cieux !
          Vivent les espéranteux.

          Typhon


        • Xebeche 6 juillet 2008 19:39

          Et mince, ce n’est pas "matière de leur discours", c’est "essence". Excusez moi, n’étant pas espéranteux, je suis faillible.

          Typhon


        • Enotero 16 juillet 2008 17:09

          Marsupilami :

          "dégoûté par l’ambiance rassise et sectaire"
          "Rasisse" ? Assise de nouveau ?

          Selon Normand Baillargeon (Petit cours d’aurodéfense intellectuelle") on a ici un exemple du paralogisme "généralisation hâtive" épicé de "attaque ad hominem".

          1) En supposant (je dis bien "en supposant") que quelques espérantistes soient sectaires... il n’est pas pertinent d’en déduire que tous le soient.
          2) Pas plus qu’il n’est pertinent d’en déduire pour autant que leur argumentation soit invalide.

          Ensuite la "vraie sympathie" prétendue envers l’alternative "espéranto" (et non "utopie") me semble quelque peu douteuse. Vous voyez, du genre des firmes qui affirment "Le consommateur est intelligent" tout en le "ferrant" avec moults arguments qui vont te le ligoter et le pousser à acheter tant et plus des biens superflus. Passer de la pommade est une façon bien connue de désarmer l’adversaire. C’est l’histoire du loup qui fait patte blanche pour séduire les peits chevreaux...

          ========================

          Tout cela est une question de pouvoir.
          Il y a ceux qui se soumettent au pouvoir dominant, pensant y participer.
          Et il y a ceux qui oeuvrent à le démystifier, et qui sont donc forcément la cible des attaques des soumis (ou des complices) de ce pouvoir.

          Bon, je vais faire crédit à Marsu d’une possible naïveté. Il a eu une vélléité (peut-être ??? on va faire semblant de croire cette assertion douteuse) de s’intéresser à la langue internationale auxiliaire.
          Mais... On peut aussi faire quelques suppositions :
          Comme il lui était insupportable de penser que ses années d’étude de l’anglais pourraient, dans un monde plus juste, être relativement inutiles,
          comme il en tire une forme de pouvoir (celui de participer peu ou prou au monde des "élites" anglophones),
          ... il ne peut en aucun cas souscrire à un "projet" plus équitable (celui de généraliser largement ce qui fonctionne parfaitement dans une communauté de quelques centaines de milliers ou millions d’individus). Si tout le monde pouvait communiquer, Marsupilami ne serait qu’un parmi beaucoup d’autres, alors qu’en chevalier blanc défenseur de l’anglophonie, il préserve ses "acquis"...

          Je vais me critiquer moi-même : Marsupilami n’est peut-être pas tel que je le décris.
          Mais alors... en ce cas, d’où lui vient un tel aveuglement, une telle propension à nier la validité des arguments de l’interlocuteur ? (critique qui vaut également pour d’autres adversaires de l’espéranto)
          Car enfin, je ne crois pas que messieurs Phillipson ou Grin soient plus malhonnêtes ou plus sots qu’un quelconque Marsupilami....


        • Wlad Wlad 16 juillet 2008 17:13

          "On peut aussi faire quelques suppositions :
          Comme il lui était insupportable de penser que ses années d’étude de l’anglais pourraient, dans un monde plus juste, être relativement inutiles,
          comme il en tire une forme de pouvoir (celui de participer peu ou prou au monde des "élites" anglophones),
          ... il ne peut en aucun cas souscrire à un "projet" plus équitable (celui de généraliser largement ce qui fonctionne parfaitement dans une communauté de quelques centaines de milliers ou millions d’individus). Si tout le monde pouvait communiquer, Marsupilami ne serait qu’un parmi beaucoup d’autres, alors qu’en chevalier blanc défenseur de l’anglophonie, il préserve ses "acquis"..."

          À ceci près que l’anglais n’est pas réservé à une élite ! Krokodilo pourra t’affirmer qu’on "force les pauvres petits français innocents à l’apprendre, quels qu’ils soient !".


        • Enotero 16 juillet 2008 23:20

          À ceci près que l’anglais n’est pas réservé à une élite ! Krokodilo pourra t’affirmer qu’on "force les pauvres petits français innocents à l’apprendre, quels qu’ils soient !".

          Mais il y a ici une erreur de raisonnement ! Forcer les pauvres petits français à subir un enseignement de l’anglais ne signifie pas qu’ils l’apprennent, et encore moins le maîtrisent...
          Enseigner quelque chose de difficile profite effectivement à quelques-uns. Ceux qui peuvent (de par leur situation sociale), bénéficier de séjours linguistiques, du soutien familial, etc...
          Les autres, au bout de quelques annnées d’enseignement, deviennent persuadés qu’ils ne sont décidément pas faits pour les langues... et renoncent à leur droit à la communication.

          Parenthèse : j’aimerais beaucoup voir ces défenseurs de "l’anglais véhiculaire" en réelle situation de communication "pointue", dans un débat, avec un anglophone natif. Ils se feraient sans doute ratiboiser vite fait.
          Mais l’être humain est ainsi fait, qu’il répugne à reconnaître ses faiblesses. Grand bien vous fasse, messieurs les illusionnés. Le problème étant, qu’hélas, d’autres se laissent manipuler par votre inconsciente assurance. Vous êtes complices objectifs d’un ordre injuste.


        • Wlad Wlad 3 juillet 2008 17:15

          Note préliminaire : dans le commentaire qui va suivre, le terme "fac", employé parce qu’il concerne la majorité des étudiants du supérieur, pourra être remplacé par "Grande École" ou "Institut Machintruc" selon le bon vouloir du lecteur, et en accord avec le bon sens.


          "c’est similaire au système à trois étages LMD, déjà en place en France dans de nombreuses filières."

          Mais pas dans les Grandes Écoles (ingé, commerce...), ce qui pose le problème de l’équivalence (discutable à mon avis) entre la licence et la réussite des concours de prépa. Sur ce sujet, l’application de la Déclaration de Bologne demandera un peu de travail.

          "compétitivité accrue des universités européennes sur le plan international."

          Et ben là on est mal !

          "Les rapports européens sur les programmes Erasmus détaillent [divers trucs], sans évaluer ce que ces quelques mois d’études dans un pays et une langue étrangère ont apporté aux étudiants en terme de compétences professionnelles dans leur domaine."

          Cependant, les étudiants sont autorisés à partir avec Erasmus pour suivre des cours équivalents à ce qu’ils auraient eu dans leur pays d’origine. Il ne faut pas croire que ce sont des compétences professionnelles spécifiques qui sont cherchées, mais un apprentissage dans une autre langue. Tu le signales d’ailleurs toi-même juste en-dessous.

          Quand on dit que "l’employabilité des élèves est augmentée", c’est surtout parce que s’ils veulent bosser à l’étranger, ils peuvent dès lors se prévaloir d’un diplôme délivré par une université plus probablement connue par l’employeur étranger, voire même plus prestigieuse que son équivalent français.

          ."Diverses formes de coopération transnationale et inter-établissements de recherche existent déjà depuis longtemps, bien avant ce processus de Bologne. Et le fait que l’harmonisation de l’enseignement supérieur européen favorise la recherche et la compétitivité européennes n’est qu’une supposition. L’innovation est difficile à programmer."

          Bien vu.

          .
          .

          Attention, ami lecteur, à partir d’ici Krokodilo part dans une croisade anti-anglaise, si tu veux de l’argument constructif de sa part passe ton chemin :

          "Mais le principal obstacle, et de loin, c’est la barrière des langues.

          En matière de langue, le non-dit demeure la règle. Passons outre ce tabou et disons donc le non-dit : l’anglais serait aux yeux de certains le nouveau latin. Ils partagent la vision grandiose d’un nouveau Moyen-Âge où les étudiants de l’UE et du monde entier iraient d’une fac à l’autre suivre l’enseignement supérieur en anglais... Quelle est la part du fantasme dans cette vision ?
          "

          Les étudiants concernés par ce dispositif d’études à l’étranger sont en fac, ils sont donc censés avoir une bonne maîtrise de l’anglais courant. Une bonne mise à niveau en vocabulaire technique (pourquoi pas dispensée par la fac lors des cours d’anglais, ou lors de courts intermèdes en anglais dans les autres matières ?) nécessaire devrait suffir à préparer le voyage.

          Une fois dans le pays d’accueil, les parties de jambes en l’air avec les autochtones du sexe adéquat faisant, les étudiants auront bien le loisir d’apprendre la langue locale... s’ils ne la maîtrisent pas déjà, dans la mesure où du côté des élèves, quoi qu’espèrent les institutions, on signe quand même souvent un Erasmus en priorité pour le tourisme. Et qui dit intérêt profond pour un pays (il s’agit d’y rester un an au moins, tout de même !) dit langue déjà approchée.

          Comme quoi tout n’est qu’une histoire de vocabulaire technique.

          "Les détracteurs du processus de Bologne dénoncent une perte d’autonomie intellectuelle des établissements"

          C’est pas faux, au niveau des cours qui s’homogénéiseraient. Mais l’identité d’un établissement est aussi déterminé par les travaux (et résultats) de ses chercheurs, alors sachons relativiser. Ce n’est pas parce que 50% des enseignants et des chercheurs de mon école sont étrangers que ça influe sur ses publications. Seul le talent de ces gens compte.

          .
          .
          .


          "D’autre part, la Fédération s’est toujours montrée réticente face à la vision marchande et compétitive de l’enseignement supérieur"

          Tu m’étonnes, ça reviendrait aussi (surtout avec le contenu de la Décl. de Boulogne) à mettre en compétition les élèves pour leur emploi, et ça forcerait les faqueux à travailler en cours. Inadmissible pour ce genre de groupement.

          "En quoi un cadre commun LMD donnerait une meilleure visibilité, nul ne l’explique."

          Comme tu le dis toi-même plus bas, cela permettrait à divers instituts de se regrouper en entités plus grosses et donc aux domaines de compétences élargis (c’est par exemple ce qui se fait à Paris, avec la création récente de ParisTech, qui regroupe les écoles d’ingé parisiennes et envisage de s’ouvrir à quelques facs ; on peut d’ailleurs aller suivre des cours dans d’autres écoles de PT quand on fait partie d’une d’entre elles).

          .
          .
          .

          On repart dans l’anti-britannisme primaire :

          "Sous couvert de visibilité internationale, ce qui va bien se voir de loin, c’est que la science de l’UE est anglophone !"

          Et alors ?

          Si Einar-Sven Olafsson, Luigi Mammamia, Jürgen von Klugelstroff ou Raymond Duchêne publie un article en anglais pour présenter ses travaux, qu’est-ce que ça change ?

          S’il a bossé dans un labo tchèque, c’est à lui et au labo qu’iront les bénéfices du brevet, pas aux anglo-saxons ! (voir mon commentaire suivant).

          "Après six mois en France en anglais, ils iront suivre des cours dans d’autres pays européens, toujours en anglais. In fine, les plus brillants seront tentés d’achever leurs études par des formations post-doc en GB ou aux États-Unis"

          Ah bon ? Pourquoi donc ? Tu te contredis toi-même deux lignes plus bas : "Quant aux étudiants français ou allemands, ils peuvent tout à fait être formés dans leur propre pays jusqu’au plus haut niveau. Seuls une poignée d’entre eux auront l’utilité de stages à l’étranger dans des labos de pointe."

          Faudrait savoir ce que tu veux.

          .


          "au secondaire aussi, la diversité linguistique est en chute libre, certaines 6e ne "proposant" que l’anglais !"

          Vu que la LV2 commence en 4ème, puisque tu prétends qu’au primaire les enfants apprennent automatiquement l’anglais, je ne vois pas en quoi ça te choque.

          "Perdre son âme, passe encore, mais nous perdons aussi du pognon ! L’hégémonie de l’anglais rapporte déjà à la GB un véritable impôt linguistique, une fortune dépassant les revenus du pétrole de la mer du Nord."

          N’importe quoi. Qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre ! Tu peux m’expliquer précisément comment cela fait rentrer des sous chez les anglo-saxons ?

          Parce que là, tes exemples...

          "French 24, cette chaîne d’infos en anglais totalement inutile et redondante, nous coûte 80m/an."

          Qui partent dans quelle poche ? Celle de George ?

          "L’université de Cambridge vient d’être choisie pour organiser la certification en anglais basée sur le CECR (échelle de langue), comme si nos professeurs étaient incapables de certifier leurs élèves ; va-t-on faire aussi contrôler par Cambridge les notes d’anglais au bac ?"

          Bon, là, d’accord. Mais enfin ça ne va pas non plus nous coûter des milliards.

          "Le programme La Sardaigne parle anglais :

          “Sardegna Speaks English” è il programma approvato dalla Giunta a novembre 2006 e finanziato con un investimento di 20 milioni di euro, ritenuto strategico, perché mira a far superare ai cittadini sardi il forte ritardo nell’acquisizione di competenze linguistiche in inglese."

          Ce sont donc des sommes inouïes que nous dépensons ainsi dans l’espoir de faire de nos petits des "fluent english", dans la croyance naïve que c’est la solution au recul de la recherche et aux difficultés économiques de la France.
          "

          Encore une fois, où part cet argent ? Dans la poche des profs anglo-saxons qui vivent en Sardaigne et dépensent donc leur thune au supermarché du coin  ?


          • Krokodilo Krokodilo 3 juillet 2008 17:58

            Wlad,

            "Les étudiants concernés par ce dispositif d’études à l’étranger sont en fac, ils sont donc censés avoir une bonne maîtrise de l’anglais courant."

            Depuis quand l’anglais est-il obligatoire en fac, et dans toutes les disciplines ? Je sais que certains le souhaitent, mais ce n’est pas encore fait.

            "Si Einar-Sven Olafsson, Luigi Mammamia, Jürgen von Klugelstroff ou Raymond Duchêne publie un article en anglais pour présenter ses travaux, qu’est-ce que ça change ?"
            Croire que l’omniprésence de l’anglais dans les grandes revues (sauf en maths, physique et juridique, je crois) et dans les conférences ne pèse pas dans la balance en faveur des anglophones est assez naïf. Déjà, les conférenciers non natifs parlent moins souvent et moins longtemps que les autres. De plus tout ce qui est publié dans une autre langue que l’anglais est méprisé, négligé, même lorsque c’est valable, et compte pour du beurre dans le CV et la réputation des scientifiques.

            "Qui partent dans quelle poche ? Celle de George ?"

            Combien de journalistes anglophones natifs à French 24 ? Et l’influence indirecte, le signal au monde entier qu’il vaut mieux apprendre l’anglais que le français ?

            "Encore une fois, où part cet argent ? Dans la poche des profs anglo-saxons qui vivent en Sardaigne et dépensent donc leur thune au supermarché du coin  ?"

            Parce que tu penses que c’est le cafetier du coin, ou le guide local qui va enseigner l’anglais ? Ou que les assistants qu’on fait venir en France pour enseigner l’anglais, sont bénévoles ?
            Et la masse de bouquins, manuels, instituts de langue, destinés à l’enseignement de l’anglais, ils ont été créés et sont tenus par des Inuits, ou des Brésiliens, des Libanais, des Chinois peut-être ?


          • Wlad Wlad 4 juillet 2008 10:58

            "Depuis quand l’anglais est-il obligatoire en fac,"

            C’est toi qui nous meugle en permanence que l’anglais est imposé à l’école. Encore une fois tu te contredis...

            "et dans toutes les disciplines ?"

            Pas du tout, c’est pour ça que j’ai parlé d’anglais courant.

            "Déjà, les conférenciers non natifs parlent moins souvent et moins longtemps que les autres."

            Ça sort d’où, ça ?

            "Combien de journalistes anglophones natifs à French 24 ?"

            Dont le siège social est à Issy-les-Moulineaux, et je peux t’assurer qu’on ne me demande pas mon passeport pour entrer en territoire anglo-saxon quand je sors de mon immeuble...

            "Et l’influence indirecte, le signal au monde entier qu’il vaut mieux apprendre l’anglais que le français ?"

            Mortecouille, Agoravox n’intègre pas le smiley qui fume un gros spliff...

            "Parce que tu penses que c’est le cafetier du coin, ou le guide local qui va enseigner l’anglais ?"

            Non, mais un prof d’anglais local, oui.

            "Ou que les assistants qu’on fait venir en France pour enseigner l’anglais, sont bénévoles ?
            "

            Non, mais à ce que je sache ils ne s’offrent pas un aller-retour quotidien pour aller dépenser leur salaire dans leur pays d’origine. De la même façon, leurs économies ont de grandes chances d’être placées dans des banques françaises (encore que la nationalité d’une banque soit un peu floue).

            "Et la masse de bouquins, manuels, instituts de langue, destinés à l’enseignement de l’anglais, ils ont été créés et sont tenus par des Inuits, ou des Brésiliens, des Libanais, des Chinois peut-être ?"

            Oui. Les instituts ont certes des maisons-mères dans les états anglo-saxons, mais je ne suis pas sûr qu’ils concentrent la majorité des revenus de l’enseignement. D’autre part les éditeurs français (qui publient les manuels scolaires, ne l’oubliont pas, ainsi que des méthodes pour les gens qui veulent apprendre l’anglais par eux-mêmes) ont une présence bien plus développée dans nos librairies que les étrangers.


          • Wlad Wlad 4 juillet 2008 10:59

            J’ai oublié le s de "meugles".


          • Krokodilo Krokodilo 4 juillet 2008 11:14

            L’anglais est imposé au primaire à la plupart des enfants (mais pas à tous), faute de choix, ainsi qu’en 6e dans pas mal d’établissements (combien ? l’Education ne fournit pas ses statistiques à ce sujet ...), également faute de choix, mais les cours d’’anglais ne sont pas obligatoires à la fac, du moins pas dans toutes les filières. Par contre, l’idée de le rendre opbligatoire à tous les étudiants a été récmement évoquée ;

            Pour le reste, si tu es convaincu que l’hégémonie de l’anglais ne comporte aucun avantage économique, politique, scientifique, et personnel pour les pays anglophones et leurs natifs, je n’y peux rien, chacun a le droit de ses opinions, nous avons déjà donné suffisamment de détails et de références pour que chacun se fasse son opinion.


          • Wlad Wlad 4 juillet 2008 11:22

            S’il fallait attendre la fac pour commencer à maîtriser l’anglais courant... Je sais bien que les Français sont des veaux, mais là, quand même...


          • Hermes esperantulo 4 juillet 2008 13:44

            wla c’est ine de confirmer que justement en debut de fac l’anglais pour la plus part est très basique, même la mere Pecresse le dit


          • Hermes esperantulo 5 juillet 2008 22:00

            et justment ce genre d’analyses on en a eut pas mal en esperantie et tout le monde est d’accord que ce sont principalment des habitudes et non des obligations


          • Wlad Wlad 3 juillet 2008 17:23

            Bon, ça commence à bien faire, ta conspirationnite anti-britannique aiguë : qu’est-ce que tu as contre l’anglais ?

            Pour t’aider à répondre, je te fournis les deux axes qui m’intéressent :


            Avec une liste exhaustive et précise, explique-moi en quoi le fait qu’on parle anglais rapporte des milliards aux Anglo-saxons.


            - Puisque tu confirmes l’existence d’un problème européen dû au multilinguisme, que proposes-tu à la place de l’anglais, pour la communication internationale ?


            • Marsupilami Marsupilami 3 juillet 2008 17:27

               @ Wlad

              Ben... le volapük. Euh, pardon, l’eperanpük.


            • Wlad Wlad 3 juillet 2008 17:45

              "Avec une liste exhaustive et précise"

              J’en ai oublié un bout : "Avec une liste exhaustive et précise des gens dont nous remplissons les poches, etc.".


            • Krokodilo Krokodilo 3 juillet 2008 17:59

              Je n’ai rien contre la langue anglaise, je l’utilise un peu chaque été avec les touristes. Pour le reste, je t’ai déjà répondu cent fois.


            • Krokodilo Krokodilo 3 juillet 2008 18:13

               Marsu,
              Cet article ne traite pas vraiment de la communication dans l’UE, mais du fait que pour les "grandes langues", France et Allemagne, il serait plus profitable de soutenir les étudiants prometteurs dans leur installation et leur apprentissage du français, favoriser leur séjour dans nos labos pendant des années, que de leur organiser des cursus anglophones itinérants à travers toute l’UE, ce qui profite surtout aux "petites langues", même si je n’aime pas ce terme.

              La question de la communication entre Européens et dans les instances de l’UE est tout autre.
              Par ailleurs, chacun est libre d’approuver l’anglais lingua franca, mais il faut le dire clairement et être conscient des implications et des inconvénients éventuels pour nous, car malgré la construction européenne, les pays restent des concurrents. Les enfants des élites libanaises, entre autres nombreux pays anglophones, n’apprendront plus le français si nous ne le défendons pas.

              Je remets le lien (Je crois que celui indiqué est raté) vers la conférence de l’Institut des relations extérieures, conférence même pas bilingue ! Alors que nous sommes une de slangues de travail…

              http://www.ifri.org/frontDispatcher/ifri/manifestations/s_minaire_103363601 6876/publi_P_manif_esp_conf______brux_1212593392402


            • Hermes esperantulo 3 juillet 2008 20:55

              Pour être gentil avec wlad quels sont les secteurs où la GB peut récuperer de l’argent grace à sa langue, déjà la toute premiere l’ensemble des services de traduction à travers le monde, l’immertion linguistique qui véhicule au passsage l’achat des produits locaux, le service d’enseignement par les natifs speak et produit associers dans les écoles, sans compter le monde de l’entreprise international, d’autres dommaines comme la publicité, le monde de la recherche par les université ( erasmus mondus, french 24, ect) dans les revues scientifiques , en grande partie anglaise, sinon voir rapport grin page 82 et suite


            • Wlad Wlad 4 juillet 2008 11:01

              "Pour le reste, je t’ai déjà répondu cent fois."

              Non, malgré nos demandes incessantes, toi et ta clique n’avez jamais indiqué précisément qui (quels corps de métiers, si tu préfères) se remplit prétenduement les poches.


            • Wlad Wlad 4 juillet 2008 11:20

              "Pour être gentil avec wlad quels sont les secteurs où la GB peut récuperer de l’argent grace à sa langue, déjà la toute premiere l’ensemble des services de traduction à travers le monde"

              Non. Pour traduire un bouquin on ne paye que la licence (les traductions sont toujours effectuées par des locaux afin de donner au texte un ton correct), et ça marche dans les deux sens (nous aussi, en exportant un livre, on fourgue une licence).

              "l’immertion linguistique qui véhicule au passsage l’achat des produits locaux"

              Et le tourisme ? Regarde un peu par là, en prêtant attention à la phrase en-dessous des tableaux. Si on considère, comme l’indique l’OMT, qu’un Américain vient effectuer un voyage "France + Espagne", ou "France + Italie", en moyenne il a dépensé plus qu’un Français parti visiter les States. (Le tableau juste en-dessous, "Tourisme émetteur", est éloquent à ce sujet).

              "le service d’enseignement par les natifs speak"

              qui vivent et donc dépensent leur salaire dans le pays d’accueil.

              "d’autres dommaines comme la publicité"

              Gné ?

              "le monde de la recherche par les université"

              Non. Comme je l’expliquais plus haut, un brevet déposé par un chercheur X dans un labo Y apporte des sous à X et Y, pas au MIT.

              "dans les revues scientifiques"

              Peut-être (j’attends que Typhon démonte ce point), en tout cas ça ne véhicule pas des milliards.

              "
              sinon voir rapport grin page 82 et suite"

              Typhon a déjà exprimé ce que valait ledit rapport.


            • Hermes esperantulo 4 juillet 2008 12:04

              wlad , vois tu je prefere me referer aux documents officiels, donc je n’invente rien, j’ai cherché par moi même ton fais pareil. Pour Typhon son avis n’a aucune importance, comme le mien, d’autant plus qu’il fait des critiques mais quand on lui démontre le contraire dans le rapport GRIN ; le probleme de typhon c’est quil a tendance à lire de travers ce que disent les autres même avec une belle syntaxe et une belle orthographe


            • Xebeche 4 juillet 2008 14:41

              Ben voyons ! Ce ne serait pas plutôt toi qui comprend mes critiques de travers ? Tu vois comme c’est facile de répondre "vous n’avez rien compris" ? Est ce que ça remplace un argumentaire ? Je t’accorde que c’est moins fatiguant à écrire...

              Typhon


            • Hermes esperantulo 4 juillet 2008 21:59

              il y a des fois tout de même ou tu interprete à ta facon alors que l’auteur n’a rien dit de tel, et souvent j’argumente avec toi donc...


            • Henri Masson 4 juillet 2008 07:56

              Il faut être indécrottablement naïf pour ne pas se rendre compte que l’anglais est une arme de la guerre économique et culturelle que livrent les grandes puissances anglophones (celles du réseau Echelon, mais en premier lieu les EUA et la GB) au reste du monde, c’est-à-dire env. 95% de l’humanité, et que, dans le maniement de cette arme, elles sont les championnes : The English Advantage , De l’avantage de l’anglais .

              Liste à compléter :

              "Enseigner l’anglais au monde peut être presque considéré comme une extension de la tâche qui s’imposait à l’Amérique lorsqu’il s’agissait d’imposer l’anglais comme langue nationale commune à sa propre population d’immigrants. (rapport du British Council 1960-1961)

              "L’anglais doit devenir la langue dominante remplaçant les autres langues et leurs visions du monde : chronologiquement, la langue maternelle sera étudiée la première, mais l’anglais est la langue qui par la vertu de son emploi et de ses fonctions deviendra la langue fondamentale." (...) "Le rapport proclame que le Centre [de l’anglais] a un monopole de langue, de culture et d’expertise et ne devrait pas tolérer la résistance à l’autorité de l’anglais" (The report proclaims that the Center [of English] has a monopoly of language, culture and expertise, and should not tolerate resistance to the rule of English" (...) Si des Ministres de l’Éducation nationale, aveuglés par le nationalisme [sic] refusent.... c’est le devoir du noyau des représentants anglophones de passer outre."("it is the duty of the core English-speaking representatives to override them" — Anglo-American Conference Report, 1961 ; le "Centre" est constitué par les pays dominants de l’anglophonie, c’est-à-dire le réseau Echelon)

              "Il y a un élément de commercialité dissimulé dans chaque professeur, livre, revue, film, programme télévisé, de langue anglaise envoyés au delà des mers. Si alors nous sommes en train de tirer un avantage politique, commercial et culturel de l’usage mondial de l’anglais, que faisons-nous pour maintenir cette position ?" (rapport du British Council 1968-1969)

              English is a Profitable Export” ("The International Herald Tribune", 12 octobre 1978)

              "Le véritable or noir de la Grande-Bretagne n’est pas le pétrole de la Mer du Nord, mais la langue anglaise. Le défi que nous affrontons, c’est de l’exploiter à fond." (rapport du British Council 1987-1988)

               “L’un des objectifs majeurs de notre gouvernement est de s’assurer que les intérêts économiques des États-Unis pourront être étendus à l’échelle planétaire.  » (Madeleine Albright, 20 février 1997, alors secrétaire d’État du président Bill Clinton, citée par "À gauche", 20 février 1997).

              "Il y a 6000 langues parlées dans le monde, 5 999 de trop, l’anglais suffira." Avis d’un sénateur étasunien rapporté par Hervé Lavenir de Buffon ("Le Figaro Magazine", 22.06.2002). HLB affirme par ailleurs avoir pris connaissance d’un rapport de la CIA qui, en 1997, laissait cinq ans aux États-Unis pour imposer leur langue comme seul idiome international "Sinon — selon la CIA —, les réactions qui se développent dans le monde rendront l’affaire impossible."

              "Il est dans l’intérêt général des États-Unis d’encourager le développement d’un monde dans lequel les fossés séparant les nations sont comblées par des intérêts partagés. Et il est dans les intérêts économiques et politiques des États-Unis de veiller à ce que, si le monde adopte une langue commune, ce soit l’anglais ; que s’il s’oriente vers des normes communes en matière de télécommunications, de sécurité et de qualité, ces normes soient américaines ; que si ses différentes parties sont reliées par la télévision, la radio et la musique, les programmes soient américains ; et que, si des valeurs communes sont édifiées, ce soient des valeurs dans lesquelles les Américains se reconnaissent." (David Rothkopf, directeur du cabinet de consultants Kissinger Associates “In Praise of Cultural Imperialism ?”, “Foreign Policy”, n° 107, Été 1997, pp. 38-53.)

              "Au XXIème siècle, le pouvoir dominant est l’Amérique, le langage dominant est l’anglais, le modèle économique dominant est le capitalisme anglo-saxon."
              ("In this twenty-first century, the dominant power is America ; the global language is English ; the pervasive economic model is Anglo-Saxon capitalism", Margaret Thatcher, juillet 2000, Université de Standford

              Le but du projet "English 2000" a été ainsi défini, de façon parfaitement claire : "exploiter le rôle de l’anglais pour faire avancer les intérêts britanniques en tant qu’étape de la tâche consistant à perpétuer et à étendre le rôle de l’anglais comme langue mondiale du siècle prochain."

              Le reste du monde trouvera avantage à ce que les États-Unis défendent leurs propres intérêts, car les valeurs américaines sont universelles.“ Condoleezza Rice, conseillère du président George W. Bush pour les Affaires étrangères, 2002.

              Les valeurs "américaines universelles" passent par l’objectif de la mondialisation anglo-saxonne, c’est-à-dire l’américanisation et l’anglicisation. Les partisans de l’impérialisme anglais sont généralement des anglophones de naissance ou d’adoption. Aux États-Unis, ses partisans les plus extrémistes prônent une langue et une culture unique parce que les Anglo-Saxons seraient le peuple choisi par Dieu pour coloniser l’Amérique du Nord et mener le monde vers la liberté. C’est la théorie du « choix divin » des WASP (White Anglo-Saxon Protestants), dont le président George W. Bush est le plus prestigieux porte-parole.

              "Gordon Brown a affiché sa volonté de faire de l’anglais la langue “de choix(sic !) dans le monde." (AFP 17.01.2008 — citation originale : "Mr Brown believes teaching English will quickly become one of Britain’s biggest exports. It could add a staggering £50 billion a year to the UK economy by 2010."

              "Le sujet des langues reste le grand silence de l’intégration européenne. Il y a eu beaucoup de mots sur les lacs de lait et les montagnes de beurre, sur une monnaie unique, sur la libre migration des citoyens de l’U.E. et la limitation de l’immigration pour les étrangers, mais la langue elle-même, dans laquelle on traite de ces sujets, reste en dehors des discussions. " Abram de Swaan, 1993, cité par le prof. Robert Phillipson dans International Political Science Review.

              À lire :

              Bibliografio / Bibliographie

              EN "Linguistic imperialism". Robert Philippson. Oxford : Oxford University Press. 1992.
              EN "English-Only Europe ?". Robert Phillipson. London : Routledge. 2003.
              EO "Ĉu nur-angla Europo ?". Robert Phillipson. Rotterdam : UEA. 2004 (Traduction du précédent en espéranto).
              EN "The Cultural Politics of English as an International Language". Alastair Pennycook. London : Longman. 1994).
              EN "English and the discourses of Colonialism". Alastair Pennycook. London : Routledge. 1998.
              FR "Le défi des langues". Claude Piron. Paris : L’Harmattan. 1994.
              FR "La mise en place des monopoles du savoir". Charles Durand. Paris : L’Harmattan. 2002).
              FR "La nouvelle guerre contre l’intelligence". Charles Durand. Paris : François Xavier de Guibert. 3 vol., 2002-2003.

               

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