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Accueil du site > Actualités > Europe > Le gender mainstreaming : un outil d’égalité

Le gender mainstreaming : un outil d’égalité

La notion de « gender mainstreaming » est la politique européenne la plus connue en matière d’égalité homme-femme. Le « gender mainstreaming » vise à incorporer la notion d’égalité homme-femme dans la formulation de toutes les politiques publiques en Europe.

Toutefois, tous les pays européens ne sont pas au même niveau en matière d’égalité. Si les pays de l’Est ont pendant longtemps été en avance sur les pays de l’Europe de l’Ouest, il n’en est plus de même aujourd’hui.
Par ailleurs, le principe d’égalité de traitement entre les hommes et les femmes est inscrit dans le traité fondateur de l’Europe. En outre, depuis 1997, le « gender mainstreaming » est l’un des objectifs explicites de la stratégie européenne pour l’emploi. En effet, la stratégie de Lisbonne précise que d’ici à 2010, la proportion de femmes présentes sur le marché du travail devra passer à 60%. Parallèlement, la stratégie pour l’emploi requiert que toutes les politiques doivent être considérées du point du vue de l’homme et de la femme. Par exemple, il y aura des politiques visant plus spécifiquement à promouvoir l’entreprenariat au féminin.
Pour les pays de l’Est, ce programme rappelle les programmes d’émancipation féminine sous le communisme. L’attention particulière faite à l’égalité sur le marché de l’emploi n’est pas sans rappeler la priorité économique de l’Union européenne, mais elle laisse présager des avancées en matière sociale. Le but des politiques européennes est d’inclure la femme dans tous les changements du marché du travail. Cependant, l’inégalité homme/femme fait structurellement partie du système capitaliste alors qu’elle existait à un degré moindre sous le système socialiste.

En effet, dans ces pays, le communisme a promu une politique d’émancipation féminine faisant de la femme l’égale de l’homme, notamment du point de vue salarial. Depuis la chute du mur de Berlin, la tendance s’inverse. L’arrivée en masse du système économique occidental a entraîné une paupérisation de la main-d’œuvre féminine, qui a des conséquences négatives dans tous les pans de la société.
Selon Eva Fodor, le passage d’une économie socialiste à capitaliste aurait fortement ébranlé l’égalité homme/femme sur le marché du travail dans les pays de l’Est.
Bien que l’Union européenne se soit dotée d’un arsenal juridique dont la plus connue est la politique de gender mainstreaming destinée à éviter toute discrimination, les Européennes de l’Est ont vu en quinze ans leur situation se paupériser sur le marché du travail.
Les directives européennes concernant l’égalité homme/femme peinent à être appliquées et, selon Eva Fodor(1) elles ont un objectif limité qui détourne l’attention des véritables causes de l’inégalité.
Cependant, il est fort probable qu’elles vont aider les femmes à se positionner sur le marché du travail de façon égale aux hommes et favoriser un processus d’empowerment.
Le chemin vers l’égalité des hommes et des femmes notamment sur le marché du travail sera sans nul doute long et tortueux.

(1) Eva FODOR, Gender mainstreaming and its consequences in the European Union, The Analyst, 2006


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4 réactions à cet article    


  • aquad69 (---.---.33.228) 27 mars 2007 13:22

    Bonjour Claire,

    article intéressant, je ne savais pas ce qu’était le "gender mainstreaming.

    Qu’il soit normal que tous les individus de ce pays puissent être à égalité pour faire carrière en entreprise ou en politique, c’est une évidence.

    Mais l’intégration de la femme en tant qu’individu ne changera pas cette société qui est, et restera celle que nous connaîssons, définie par ces valeurs et ces dérives typiquement masculines :

    Le culte de la performance, du record et de la victoire en tous domaines ; l’adoration du pouvoir et de la puissance, et en conséquences, des situations d’abus de pouvoir de plus en plus courantes. L’idolâtrie du mouvement et du travail.

    Un style de gouvernement parfaîtement autoritaire, directif et psycho-rigide...

    La pure égalité peut être aussi un piège pour la femme si elle se limite à celà, car c’est seulement lui proposer de participer aux « jeux des garçons », à la condition qu’elle en respecte les règles définies pendant les siècles précédents ; entrant comme acteur en entreprise ou en politique, elle ne fera que servir, perpétuer et cautionner ce système patriarcal, et achever de verrouiller cette société.

    Le génie féminin n’a rien à envier au masculin, et n’a surtout aucun compte à lui rendre ; il faut donc qu’il se fasse aussi reconnaître en tant que personnage et, sans complexe, en tant qu’altérité à part entière.

    Les femmes doivent réfléchir au fait que, quand elles travaillent, elles ne sont pas en train de se hisser péniblement au rang de l’homme, mais bien plutôt de se rabaisser à son niveau.

    Et que si elles veulent réellement apporter ici quelque chose de nouveau, ce qui est dans leurs capacités, c’est de la base qu’il faut partir, sans attendre quoi que ce soit des pouvoirs politiques...

    Cordialement Thierry


    • elise (---.---.214.119) 27 mars 2007 14:54

      100% d’accord, quand le combat pour la femme se résume à la faire monter dans un hiérarchie sur des critères typiquement masculins, alors ce combat devient une regression.


    • aquad69 (---.---.33.228) 27 mars 2007 17:40

      Bonjour Elise,

      votre commentaire m’a fait plaisir.

      Celà fait un certain temps que j’essaye de rencontrer des associations de femmes pour développer un peu ce thème, mais sans grand succès.

      Et pourtant nous aurions bien besoin d’une montée en charge de l’autre point vue humain de cette société, qui puisse aborder les problèmes sous un autre jour, et ainsi peut-être pouvoir leur trouver des solutions.

      Mais celà ne pourrait se faire qu’en dehors du cadre de ce système officiel rigidement défini...

      Cordialement Thierry


    • ARCHER 7 avril 2007 06:15

      Qu’une femme devienne astronaute, médecin ou chanteuse d’opéra, je ne pense pas qu’elle veuille nécessairement « monter dans la hiérarchie ». Elle choisit un métier possible en fonction de ses acquis éducatifs. C’est ainsi que cela marche pour la plupart d’entre nous.

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