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Le gouvernement tchèque est tombé !

Mardi 24 mars, une motion de censure du Parlement a renversé le gouvernement en République tchèque. Cette chute n’est pas une surprise, au vu des nombreuses querelles politiques. Cependant, la République tchèque assure en ce moment, et jusque fin juin, la présidence de l’Union européenne. Ce renversement a donc des conséquences hors de ses frontières, pour l’Europe dans son ensemble...


Le vote de défiance

Mardi 24 mars, la motion de censure du Parlement tchèque a eu raison du gouvernement minoritaire de centre droit de Mirek Topolánek. Il a été renversé !
 
C’est la première fois dans l’histoire de la République tchèque que l’opposition réussit à exprimer son manque de confiance dans le gouvernement en place. Celui-ci a été mené à l’initiative de l’opposition de gauche, les sociaux démocrates (CSSD) et les communistes (KSCM). Les anciens députés de la coalition devenus indépendants Jan Schwippel et Vlastimil Tlusty (ODS), Olga Zubova et Vera Jakubkova (parti vert SZ) ont aussi voté contre le gouvernement, ce qui a permis d’obtenir les 101 voix nécessaires pour renverser le gouvernement, au sein d’une chambre basse composée de 200 députés. Peu après l’annonce officielle du vote Topolánek a simplement déclaré : "Je prends acte de ce vote et j’agirai conformément à la Constitution. Merci".
Ce renversement n’est pas une surprise... Les élections de 2006 n’ont pas abouti à une majorité claire et le gouvernement de Mirek Topolánek a survécu à 4 votes de défiance depuis sa prise de fonction en janvier 2007, en raison de nombreuses affaires et querelles internes. Il reposait d’ailleurs dernièrement uniquement sur une base de 96 députés sur 200 au Parlement, ce qui faisait dépendre le gouvernement de députés indépendants à chaque vote.
 
Le premier ministre et son gouvernement vont devoir démissionner, mais la Constitution ne fixe aucun délai. Le président est par ailleurs obligé d’accepter sa démission. Plusieurs cas de figures se présentent : le chef de l’Etat nomme un premier ministre pour former un nouveau gouvernement, ou bien les partis politiques décident d’organiser des élections anticipées, probablement en été ou en automne.
 
Le CSSD (opposition) refuse toute participation au gouvernement avec le parti OSD et Topolánek espère de son coté que le président le reconduira à son poste. Le président eurosceptique Vaclav Klaus, qui possède en réalité peu de pouvoirs, est l’investigateur et le grand gagnant de la bataille de mardi. Il n’hésite pas à enfoncer le gouvernement du parti ODS, parti qu’il a créé et qui a assuré par 2 fois son élection en tant que président ("le gouvernement de Topolánek ne me plaît pas tellement"). La République tchèque pourrait ainsi devenir une curiosité : un président élu par la droite et passé dans le camp de la gauche...
 
Quelle conséquence pour l’Europe ?
 
Le gouvernement se situe à mi-parcours de son semestre de présidence de l’Union européenne. Topolánek aura plus de mal qu’il n’en a déjà à imposer son autorité sur les 27 Etats membres, en tant que président du Conseil européen. Les réactions européennes vont dans ce sens "le peu de leadership manifesté jusqu’à présent par Topolánek risquant de s’évanouir totalement", ou, selon Joseph Daul, président (français) du groupe conservateur Parti populaire européen (PPE) au Parlement européen, "L’Europe a besoin de leadership fort en ces temps de crise. Or un gouvernement qui assume la présidence de l’UE et qui est privé de confiance ne peut pas assumer ce leadership". Evidemment à Prague comme à Bruxelles, on s’efforce le plus souvent de minimiser l’impact de l’échec de Topolánek.
Il faut en effet se rassurer, ce n’est pas la première fois qu’un pays chargé de la présidence tournante du Conseil européen connaît un changement de donne politique en cours de mandat : au premier semestre 1993 pour le Danemark (chute du gouvernement Schlüter et arrivée au pouvoir du social démocrate Rasmussen, actuel président du parti socialiste européen), au premier semestre 1995 pour la France, au premier semestre 1996 pour l’Italie (le parti centre gauche de Prodi succède au parti centre droit de Dini, après des législatives).
 
Le président français Sarkozy profiterait-il de l’occasion ? A n’en point douter, il en rêverait. Cependant, il devra se consoler car la probabilité la plus forte qui se profile est que le gouvernement restera en fonction pour gérer les affaires courantes jusqu’à la fin de la présidence tchèque de l’UE, c’est à dire jusqu’au 30 juin. Quelle que soit la décision prise, il devrait rester en place jusqu’à ce qu’un autre gouvernement puisse lui succéder, ce qui peut durer plusieurs mois.
 
Jiri Paroubek (chef du parti CSSD) a d’ailleurs déclaré que le gouvernement en place devrait continuer à travailler jusqu’à la fin de la présidence de l’Union européenne, malgré la démission. Topolánek, de son coté, a tenté de rassurer les députés européens réunis en séance plénière en affirmant : "Nous avons affaire à l’obstruction des sociaux-démocrates en République tchèque. C’est un problème rencontré à maintes reprises au cours de cette présidence (...), mais ne vous inquiétez pas, cette situation n’aura pas d’impact sur la présidence". Tous les événements prévus par la présidence tchèque auront lieu, jusqu’à nouvel ordre, et mis à part un sommet sur l’emploi (mais ce n’est pas lié).
 
Depuis le début de la présidence tchèque, il semblerait que cette présidence laisse à désirer, vu le nombre de critiques qu’elle a reçu de la part de ses homologues européens. Certes, cette présidence a défendu les intérêts européens lors de la crise gazière entre la Russie et l’Ukraine en janvier. Cependant, elle est passive lorsqu’il s’agit de la gestion de la crise financière. Conséquence : les Etats investissent et agissent chacun de leur coté, alors que ce genre de crise nécessiterait sans doute une coopération cohérente. Le gouvernement tchèque qui tombe met donc à mal la présidence même de l’UE, au moment où elle est vraiment nécessaire. En outre cette chute peut remettre en cause les efforts menés pour la ratification du Traité européen de Lisbonne par Prague.
Chute qui finalement ne prédit pas d’un plus grand investissement de la République tchèque pour l’Europe...

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4 réactions à cet article    


  • ASINUS 26 mars 2009 11:50

    la présidence de la CEE mise a mal , oh que je suis triste , sauf votre respect ça ne serrait pas les presidences successives et LIBERALES de la cee qui nous ont mis A MAL ????
     

    yep bof , vous me direz le peuple français a bien envoyé un message de défiance au parlement et aux decideurs autoproclamés de l europe, mais ils s assoient dessus , un jour nous enverront des chaussures en attendant d envoyer des grenades quien sabe ?


    • Lucie A. Elise A. 26 mars 2009 14:43

      la CEE est un des piliers de l’UE et république tchèque assure pendant 6 mois la présidence de l’UE, ce qui n’est pas rien, environ 70% de la législation française vient de l’UE ! donc s’il y a un changement de tête et de parti, oui des choses peuvent évoluer (au moins un peu)
      Les présidences successives sont assurées par les gouvernements des Etats membres, donc le problème n’est pas la présidence je crois mais les orientations politiques des gouvernements en Europe, et que l’Europe est libérale, mais ça ce sont nos gouvernements nationaux qui décident de son orientation surtout..
      Je suis d’accord avec vous, ils ne prennent pas assez compte des critiques des citoyens mais je crois qu’il y a un désinformation, on ne peut pas tout mettre sur le dos de l’Europe...


    • Lucie A. Elise A. 26 mars 2009 14:57

      dans un seul mandat c’est juste surprenant,
      mais vu le personnage ca ne changera rien c’est certain !


    • brieli67 27 mars 2009 05:02

      à quand la suite ?

      ça continue de patauger dans la gadoue et le bac de sable.

       

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