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Le libéralisme à la manoeuvre

Dans son discours de Londres, David Cameron a annoncé que le peuple britannique serait consulté sur le maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne d'ici 2017. On ne peut que se féliciter qu'un gouvernement consulte son peuple sur l'UE. C'est si rare. Et si la question et les débats sont clairs, si on tient compte des résultats du vote, ce sera exceptionnel.

Pour le moment, cela apparaît d'abord comme une manœuvre pour gagner les élections législatives de 2015. Car David Cameron consultera le peuple britannique après ces élections. Or, pour les gagner, il a absolument besoin de l'appui de l'UKIP (United Kingdom Indipendence Party), parti antieuropéen qui a fait une percée significative lors des dernières partielles.

S'il gagne les élections, le référendum aura lieu... avant 2017. Mais après négociation avec l'UE pour s'attaquer à l'unité européenne et la pousser plus encore à être une zone de libre-échange, lignes constantes de la politique britannique.

N'ayant pas participé aux premiers pas de l'unité européenne et devant un certain succès, imprévu, de cette entreprise qui réunissait Allemagne, Belgique, France, Italie, Luxembourg et Pays-Bas (1957), les Britanniques ont tenté de la contrer en créant l'Association européenne de libre échange (AELE), en 1960, avec le Danemark, la Norvège, la Suisse, le Portugal, l'Autriche et la Suède, formant une Zone de Libre Échange sans barrière extérieure commune. Sans grand succès !

Ils se sont donc résolus à présenter leur candidature, refusée par de Gaulle, à deux reprises, 1963 et 1967, bien que, lui aussi, défavorable à une Europe supranationale, mais méfiant devant l'atlantisme du R-U. Qui a finalement adhéré en 1973 avec l'Irlande et la Suède.

Dès lors, sa politique a consisté à freiner tout approfondissement de l'union, notamment en poussant à l'élargissement. A saper toute solidarité (I want my money back). A revendiquer le droit de retrait (opting out) de l'application des décisions communautaires.
Façon habile d'influencer les décisions sans s'y soumettre : dedans pour les négociations, dehors pour l'application des décisions.

Dans sa volonté d'avancer dans la libéralisation de la zone euro, Angela Merkel veut mettre en place, sous sa férule, avec la complicité de certains gouvernements une coordination plus étroite des politiques pour forcer le peuples à accepter l'austérité, la flexibilité... Devant les difficultés dans les prises de décision à 27, demain à 28, certains proposent des « coopérations renforcées ». Ce qui ne plaît pas à Londres..

Mais, hors zone euro, pour mener la même politique économique, il n'est étonnant que Angela Merkel ait déjà parlé de « fair compromise » avec David Cameron. La politique est la même si les moyens sont différents.

La crise et son traitement libéral entraînent la grogne dans tous les peuples de l'UE qui se traduit par une montée des populismes dans les partis d'opposition mais aussi de gouvernement. Jouant sur ce repli national, David Cameron propose la rétrocession des compétences de Bruxelles à Londres et veut réduire le budget de l’UE.

Le référendum britannique est une menace de sortie de l'UE si certaines revendications de Londres ne sont pas satisfaites. Il y a fort à parier qu'elles le seront (« fair comproise »). Londres obtiendra encore des reculs, des ajournements, des exceptions non dans sa participation aux décisions mais dans ses engagements. Et restera au sein de l'UE. David Cameron l'a dit. Il souhaite " une Europe plus compétitive, plus ouverte et plus flexible ». Angela Merkel aussi. Dans laquelle le R-U aurait pleinement sa place ! Il veut seulement réussir à 27 ce que Londres n'a pu réaliser avec l'AELE.

Faire de l'UE simplement une zone de libre échange.

A moins que ceux qui sont pour une Europe de la croissance durable et solidaire ne se fassent entendre. Mais en France, la finance ennemie, c'était l'an dernier. Et ailleurs, les gouvernements sont plus tentés par le populisme que par la solidarité.

A moins que la colère des peuples réussisse à se faire entendre. Que les peuples refusent de subir le néolibéralisme, l'austérité, la flexibilité, sous la forme européiste (Angela Merkel) ou à la sauce antieuropéenne (David Cameron, populistes).

Tous ensemble.


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3 réactions à cet article    


  • JL JL 6 février 2013 09:30

    Perfide Albion, perfide libéralisme.


    • La mouche du coche La mouche du coche 6 février 2013 14:28

      Perfide article aussi. Que dit-il vraiment ? smiley


    • leypanou 6 février 2013 15:31

      On ne va pas déjà plus loin avec le Grand Marché Transatlantique entre l’UE acceptée récemment et les Etats-Unis ?

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