Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Europe > Le plurilinguisme, et quelques clichés sur les langues étrangères

Le plurilinguisme, et quelques clichés sur les langues étrangères

A l’occasion du 26 septembre, journée européenne des langues, il nous a paru utile de rappeler que le domaine des langues vivantes est un terreau favorable aux clichés. Ils sont nombreux et très vivaces.

Première partie : les clichés sur les langues
(Deuxième partie, à venir : le plurilinguisme raisonné)

A. Faisons un tour d’horizon de quelques citations et de quelques phrases toutes faites que l’on retrouve fréquemment dans les médias.

A tout seigneur, tout honneur - commençons par le roi des clichés.

- L’anglais serait une langue facile !

Non, c’est une langue très difficile, contrairement à ce qu’une propagande de près d’un siècle essaie de nous faire croire, avec sa phonétique aberrante et ses idiomes innombrables.

(Difficulté reconnue par les pédagogues du ministère de l’Education nationale, dans le Bulletin officiel : BO n° 6, 25 août 2005, programme des collèges LV anglais.
"L’anglais est en effet, contrairement aux idées reçues, une langue difficile pour les francophones, en particulier à l’oral. (...) Le schéma accentuel du mot est immuable et doit à ce titre être appris pour chaque mot nouveau. Un accent mal placé peut déformer totalement un message, voire le rendre inintelligible."

Si l’anglais était facile, ça se saurait, et les profs n’auraient pas besoin de nous le répéter depuis un siècle ! Si chacun pouvait l’apprendre facilement, le besoin d’interprètes serait-il toujours aussi grand dans les rencontres internationales, et même de plus en plus important dans l’UE ?

- "Qui ne connaît pas de langues étrangères ne sait rien de la sienne",
Johann Wolfgang von Goethe, écrivain allemand (1749-1832).

- "Plus tu connais de langues, plus tu as d’âmes", "Apprendre une langue, c’est s’ouvrir vers une autre culture".

Jolies formules, mais pour posséder l’âme d’une langue, il faut arriver à un niveau très élevé (C1 dans l’échelle du CECRL), autant dire qu’une infime minorité de gens y parviennent, dans une infime minorité des 6 000 langues du monde. Le moyen le plus utilisé dans le monde pour apprendre sur les autres, c’est la traduction. Qui donc a lu les classiques en VO dans ne serait-ce que trois langues différentes ? Peu de gens ont ce niveau dans deux langues, encore moins dans trois. Au-delà, on tombe dans l’exceptionnel.

- Le monde entier parle anglais.

Non : les hôtels du monde entier parlent anglais (mal) !

Les conférenciers se comprennent à peine, les commerciaux guère mieux, et bon nombre d’entreprises françaises sont revenues de leurs efforts pour amener tout le personnel à un bon niveau d’anglais... Rappelons que six ans après la création du CECRL (une échelle de niveau acceptée par tous les pays européens) aucune étude sur le véritable niveau en anglais des Européens n’est disponible, comme si on ne voulait pas savoir... On préfère gloser sur les sondages d’Eurobaromètre à qui on fait dire ce qu’on veut. En outre, il faut garder à l’esprit que l’expression "parler anglais" ne veut rien dire : cela recouvre toute une gamme de niveaux différents qui va du simple balbutiement de quelques phrases bancales assorties d’un vocabulaire limité, à un niveau "fluent". Et le niveau "broken english" se rencontre bien plus souvent que le "fluent", y compris parmi les universitaires et les lettrés.

- "Traduttore, traditore"

Célèbre formule, souvent utilisée à tort et à travers. En fait, cela veut dire qu’un traducteur doit parfois adapter le texte lorsqu’une expression n’a pas son parfait équivalent, ce qui est souvent le cas pour les idiotismes ; alors, effectivement, on peut perdre un peu du sel de la langue d’origine. Mais c’est une trahison toute relative qui n’a pas empêché la traduction et la diffusion mondiale de tous les classiques, qu’il s’agisse de Molière, Cervantès, Buzzati, Shakespeare - bref, de tous les grands textes. Que ferait-on sans traductions ? Imagine-t-on un plurilinguisme où nous apprendrions 6 000 langues ?

- Le bilinguisme serait favorable en terme de résultats scolaires.

Aucune étude ne l’a prouvé. Récemment en Allemagne, une étude sur des enfants turcs n’a pas montré d’avantages scolaires chez ceux qui apprenaient leur langue maternelle et la pratiquaient régulièrement.

- L’apprentissage précoce d’une langue étrangère à l’école serait favorable.

Là encore, aucune étude ne l’a prouvé. Je renvoie à mon article sur Agoravox.

En sport et en musique, on apprend d’abord les bases, on essaie différents sports, différents instruments, et, plus tard, on choisit de se perfectionner selon ses aptitudes et ses goûts. Les langues sont le seul domaine où l’on fait une spécialisation précoce (en anglais, le plus souvent sans choix).

- Le plurilinguisme est une richesse.

Oui, mais c’est une richesse parmi d’autres. C’est le cas de n’importe quelle connaissance - musicale, scientifique, littéraire ou sur les végétaux, ou d’une éducation sportive poussée, ou d’aptitudes au bricolage, de la transmission d’un savoir-faire artisanal, etc. Les langues ont de la valeur, mais pas plus que chacune de ces connaissances. Il faut désacraliser les langues vivantes. Les quelque 6 000 langues existant dans le monde sont un héritage culturel du passé où chacun s’est développé de son côté, mais, avec la mondialisation, les déplacements, la communication instantanée dans le "village planétaire", cinq ou six langues ont connu une diffusion mondiale ; elles se sont répandues davantage que d’autres pour des raisons politico-économiques. Outre ces facteurs réels, le besoin d’une langue auxiliaire commune à l’humanité est de plus en plus ressenti.

Actuellement, il disparaît une langue par semaine d’après l’Unesco, ou tous les quinze jours d’après une étude récente !

Pourtant, osons le dire : cette multiplicité des langues qui est une richesse culturelle peut aussi être une difficulté pour l’humanité, nous le verrons dans la deuxième partie sur le plurilinguisme.

- Le cerveau des enfants est une éponge, il n’y a pas de limites au nombre de langues qu’ils peuvent apprendre.

Même une éponge a un maximum d’absorption ! Ils peuvent apprendre des bribes de plusieurs langues, mais toute volonté d’apprendre à un bon niveau suppose d’énormes efforts et un travail soutenu, donc un temps d’étude forcément pris ailleurs. Le temps, pas plus que le cerveau, n’est extensible. La seule chose prouvée est une plus grande facilité à apprendre les sons différents (inexistants en français), mais pour cela, il suffit de faire de l’initiation linguistique à plusieurs alphabets différents (cyrillique, arabe, quelques idéogrammes, prononciation des autres langues européennes, etc.)

- L’intercompréhension passive serait une voie d’avenir : chacun parlant dans sa propre langue et tâchant de comprendre l’autre.

Ce n’est pas autre chose qu’un faible niveau de langue, le stade où on comprend un peu sans pouvoir s’exprimer. Le terme adéquat serait intermalentendu passif !

Depuis 15 ans qu’on en parle, aucune méthode pédagogique basée sur cette théorie n’existe nulle part.

L’idée que cela puisse s’enseigner en tant que méthode reste ce que c’est : une idée, une hypothèse, de la recherche linguistique. Cette théorie est soutenue et subventionnée (congrès au Portugal en septembre 2007) par l’UE qui y voit un moyen de repousser aux calendes grecques la question de l’hégémonie de l’anglais comme lingua franca. La recherche est respectable et nécessaire, mais prétendre que c’est autre chose qu’une théorie est une imposture scientifique.

Mais par souci d’objectivité, voici un article d’Eric Castagne qui présente favorablement cette idée.

Rappelons que c’est dans sa langue natale que l’on pense le mieux (ou dans sa langue dominante), sauf exceptions individuelles, ou comme dans les pays où l’enseignement universitaire se fait dans une autre langue (Algérie, malgré une réforme d’arabisation de l’enseignement, Suède et Norvège dont une partie des cursus est en anglais).

- L’anglais en trois mois, l’allemand sans haine, l’espagnol sans peine, le japonais en 90 jours, le chinois en dessinant : foutaises, billevesées et fariboles de bonimenteurs ! Nos respectables librairies sont pourtant remplies de titres similaires... On ne veut pas voir la dure vérité : les langues étrangères sont une énorme difficulté et leur acquisition un travail de longue haleine qui demandera des années.

- Une langue ne se décrète pas, ne se planifie pas, son évolution est naturelle : faux.

S’il est vrai que la grammaire ne fait que décrire la langue, que les Académies ne peuvent que proposer et suivre, que seul l’usage choisira entre courriel et "mail", voire gardera les deux, il a existé dans le passé plusieurs planifications de langues. Il y a longtemps, le russe et l’italien ont été réorganisés, l’un par Dante et l’autre par Lomonossov. Plus récemment, l’hébreu moderne a été remanié par Ben Yehuda, et l’indonésien vers 1930 à partir du malais (préféré au javanais, beaucoup plus difficile), parce qu’il était déjà utilisé comme lingua franca régionale ; on lui a donc ajouté des milliers de mots, et on a modifié son orthographe pour chasser la moindre trace de la colonisation.

- L’évolution des langues est naturelle, la politique n’a rien à y voir : faux encore.

Sinon, on se demande bien à quoi servent tous ces instituts financés par les grandes puissances - British Council, Alliance française, Instituts Confucius - et toutes les subventions aux instituts et manifestations culturelles en tout genre, notamment anglophones. L’anglais serait une langue officielle de l’Inde par un processus naturel ? La colonisation n’aurait rien à y voir ? "Funny" ! Dans l’après-guerre, le large accueil aux produits culturels d’outre-Atlantique a fait partie des accords bilatéraux. Dire que tout ça est naturel est une absurdité : il s’agit d’une véritable lutte d’influence, une guerre pacifique.

Sur le sujet des langues régionales, une interrogation : faut-il pratiquer envers les langues menacées l’acharnement thérapeutique que l’on condamne en médecine ? Certes, la multiplicité des langues est une richesse culturelle de l’humanité, notre patrimoine, mais déjà des dizaines, voire des centaines de langues ont disparu. Le latin lui-même est mort, pourtant l’humanité a survécu. A l’heure de la mondialisation, des communications instantanées, des déplacements professionnels d’une région à l’autre et d’un pays à l’autre, d’un continent à l’autre, n’est-il pas inéluctable que certaines langues disparaissent ? En tout cas, elles ne pourront survivre que si elles sont réellement pratiquées, parlées, écrites, à un bon niveau et par la volonté des locuteurs, pas par un décret.

- Les enquêtes réalisées sur le niveau des Européens en langues étrangères.

Non : pour l’instant, il n’existe que des sondages... Les premières vraies études basées sur le CECRL (Cadre européen commun de référence en langues vivantes, une échelle consensuelle en six niveaux plus ou moins détaillés) seront démarrées seulement l’an prochain, résultats annoncés pour 2009, sept ou huit ans après la mise au point de cette échelle ! L’UE ne semble pas pressée de connaître la vérité sur les langues étrangères dans les différents pays.

- Les Français sont nuls en langues, et l’herbe est plus verte chez le voisin !

Non : les Français sont comme tout le monde, leur cerveau est identique, les méthodes guère différentes. Les pays qui travaillent le moins les langues étrangères sont les pays anglophones. Par ailleurs, il est absurde de se comparer à des pays comme la Suède, le Danemark, la Norvège et quelques autres, car ils ont choisi l’anglais comme lingua franca internationale, et ont fort logiquement fait le "forcing" dessus, avec enseignement précoce et soutenu. C’est leur droit, mais la comparaison est faussée, car la France défend le plurilinguisme européen, du moins officiellement...

- La France défend la diversité linguistique.

C’était vrai autrefois ! Depuis, on a financé France 24, une chaîne télé d’infos en anglais camouflée en plurilingue (grâce à un canal en français et 4 heures d’arabe), on a rendu l’anglais quasiment obligatoire à l’école primaire (sauf exception ici ou là, l’allemand en Alsace, parfois la langue régionale), sans aucun choix des parents - ce qui constitue un changement radical et illégal (!) totalement passé sous silence par les médias ! Le français va céder la place dans l’aviation civile sur le sol français, et le gouvernement s’apprête à signer le Protocole de Londres sur les brevets, qui donnera jurisprudence à des textes en anglais sur le sol français...

Un peu de pédagogie maintenant : si un enfant de l’école primaire est en difficulté en français, langue à l’orthographe difficile car beaucoup moins régulière sur le plan phonétique que le finlandais ou l’italien (dixit les linguistes), il va tirer un grand bénéfice de son initiation à l’anglais, langue difficile à la phonétique totalement irrégulière, pour lui donner confiance en lui-même. Euh... non, c’est pas ça, il doit y avoir une autre explication.

- "Erasmus" favorise l’étude des langues.

Non : "Erasmus" a été conçu pour développer un esprit européen (c’est écrit partout) et favoriser la mobilité de certains étudiants (un très faible pourcentage) et des personnels, mais en pratique il favorise l’anglais, car les petits pays ont tendance à faire des programmes en anglais, se disant que peu d’étudiants étrangers seront motivés pour suivre des cours en slovène ou dans une autre langue de moindre diffusion. Quant au sous-programme nommé Erasmus mundus, destiné aux étudiants hors UE, c’est pire : c’est un véritable cheval de Troie de l’anglais dans le monde scientifique, alors que son hégémonie dans ce domaine est déjà flagrante. En effet, une écrasante majorité des programmes agréés pour mundus sont en anglais, y compris en France, ce qui est illégal, mais on en est plus à ça près. La France subventionne ainsi le message suivant : la modernité et la science européenne sont anglophones.

- L’Union européenne est plurilingue : c’est faux !

A l’exception du juridique, l’UE est déjà anglophone. Faites vous-même votre propre enquête sur tous les sites et organismes suivants :

Eurocorps, European Centre for Disease Control (ECDC) in Stockholm, Banque centrale européenne, L’European Wind Energy Association, Observatoire du racisme (version française vide), ETF (agence pour la formation), Erasmus mundus, Centre européen pour le développement de la formation professionnelle, EMCDDA, Observatoire européen des drogues et des toxicomanies, EMEA, Agence européenne pour l’évaluation des médicaments, projets européens de recherche, rapports sur la pêche, Energie et transport, Entreprise et industrie, L’Europe de l’information et des médias, Prospective sur la croissance et l’emploi, Comité pour les normes en technologie d’apprentissage, la salle de presse de l’UE (les communiqués de presse), European Research Area, et son logo « invente our future together », European Space Research and Technology Centre (ESTEC) (le cœur technique de l’Agence spatiale européenne), Galerie multimedia de l’ASE (superbes photos), etc.

Conclusion

Nous espérons, par ces quelques remarques sur des clichés fréquents, avoir contribué à fournir tous les éléments pour un débat sur la barrière des langues et le plurilinguisme, un sujet d’une brûlante actualité dans l’Union européenne, mais qui n’est pourtant pratiquement jamais abordé par nos médias.


Moyenne des avis sur cet article :  3.62/5   (58 votes)




Réagissez à l'article

208 réactions à cet article    


  • LE CHAT LE CHAT 26 septembre 2007 11:51

    hola krokodilo ,

    l’angliche est pas facile à parler avec un bon accent pour nous les chtimis , l’allemand est plus facile à prononcer ( achtung et armonte tes marones , ça cominche tout parel ).

    apprendre les langues n’est pas si facile , et c’est en les pratiquant sur place qu’on apprend le plus .Rien ne vaut la pratique en la matière .

    EL GATO CON BOTAS smiley


    • Goldy Goldy 26 septembre 2007 12:19

      Je ne peux que « plussoyer » cette article.

      Je pensais à tort quelques affirmations que vous démontez dans votre article, particulièrement l’europe, j’avais encore espoir qu’aucune langue ne soit prédominante dans les instances européennes, il s’emblerait qu’on n’y échappe définitivement pas...

      Il aurait été intéressant de parler des milliards de dollars d’économies que réalisent les pays anglophones grâce à la prédominance de leur langue.


      • Boileau419 Boileau419 26 septembre 2007 12:23

        « on y échappe définitivement pas ».

        Haha, « définitivement » est un parfait anglicisme.

        Dites « décidément ».


      • Krokodilo Krokodilo 26 septembre 2007 13:51

        En fait, on a parlé plusieurs fois de l’aspect financier, entre autres à la suite d’articles de Henri Masson, chaque fois qu’il a été question d’espéranto, et je le mentionnerai aussi dans la suite « Le plurilinguisme ».


      • Boileau419 Boileau419 26 septembre 2007 12:22

        Le latin n’est pas mort du tout. J’ai dans ma biblio « Le Latin sans peine » d’Assimil et il fut un temps où je pouvais m’exprimer en latin. Depuis je me contente de le lire. Voilà la langue européenne par excellence. D’ailleurs elle est toujours la langue du Vatican et le pape fait certains de ses discours en latin.

        Pour le reste, je suis d’accord avec vous. L’invasion de l’anglais globiche est flagrante.

        Agoravox est un bon exemple : pratiquement pas un jour ne passe sans que l’on ne voie un article avec un titre dans lequel on trouve des mots anglais. Insupportable.

        Vanité, bêtise, lâcheté, suivisme.


        • LE CHAT LE CHAT 26 septembre 2007 12:59

          @boileau

          tu préférerais des articles avec des mots en latin pour faire plaisir au ratzinger et aux jumeaux kaczynski ? smiley

          le latin est une langue MORTE ! Il doit y avoir quand même un peu de darwinisme là dedans smiley c’est une langue dont le milieu naturel a disparu et seuls quelques specimens barbotant dans les bénitiers le coasse encore .. smiley


        • Krokodilo Krokodilo 26 septembre 2007 13:59

          Boileau419,

          Il ne s’agit pas d’une critique du latin lui-même, mais la simple définition donnée par les dictionnaires quant à son statut actuel. Les locuteurs dont vous parlez sont quasiment exclusivement des universitaires, des profs de latin-grec, des enseignants ou des linguistes latinistes. Je n’ai pas d’autre expression dans mon lexique que « langue morte » pour qualifier une langue qui ne vit pas réellement comme les autres.

          Vous savez que personnellement, je penche plutôt pour la langue qu’on surnomme parfois (ce qui doit vous choquer) le « latin moderne », car à la limite je préfèrerais l’anglais au latin par simple flemme puisque je baragouine le « broken english », mais j’aborderai ce thème dans la deuxième partie, le plurilinguisme.


        • FAUST FAUST 26 septembre 2007 21:09

          Demian, en effet : le latin a survécu par mutation, donnant des enfants en France, Espagne, Portugal, Roumanie, Italie... L’anglais est mort aussi : celui de nos jours est il le même que celui de Marie Stuart ? La lecture de la chanson de Rolland, page de gauche en authentique et de droite en transposition moderne est sur ce point fort interressante. D’ailleurs, en lire quelques pages à l’école serait sympathique pour illustrer le phénomène. Rolland, c’était un franc, dans tout les sens du terme. (comme image d’Epinard y’a pas mieux)


        • FAUST FAUST 26 septembre 2007 22:04

          sur l’article : j’y vois une contorsion plus qu’un exposé objectif. Répondre à des clichés par des contre clichés qui semblent être d’autres clichés c’est s’exposer pour le moins, perdre son temps au pire. Le temps n’est pas perdu, l’article à ouvert une bonne discussion. Merci donc pour avoir soulever un sujet digne d’Agoravox, sur lequel il ne risque pas d’y avoir trop de répliques singlantes. En ce qui me concerne (donc ok : je ne généralise pas) je veux témoigner, ayant comme qui dirait un passif génétique illustré. Je suis franchouillard de terre via ma parenté berrichone et poitevine. Là, aucun doutes, à part par accident je n’ai pas de prédisposition à la langue étrangère (mes 18 premières années furent passées en Touraine, donc loin des influences frontalières). Or : naissant à la fin des sixties, (happy years) je bénéficiais de programmes de rapprochement Franco-Germaniques qui me valurent une maternelle avec de l’allemand (basique et restreint à chanter-danser-goûter). En plus, pas l’ombre d’un allemand dans la classe. Ecole pilote. Continuité du principe sur le primaire avec des injections d’heures tranquilles à écouter de l’allemand et parler un peu. Premier cours de langue officiel en sixième, le prof ne dit pas un mot de français de tout le cours, passe des diapos, pose des questions aux élèves, tous répondent dans le ton, avé l’accent et sans se tromper. Que dire de plus : pilote réussi, j’ai progressé jusqu’au niveau de grammaire « impeccable » en troisième. Ma structure de phrase (si ardue paraît il en allemand) est nickel, même si mon vocable a un peu perdu par la suite. Le lycée où l’expérience s’est arrêtée a été un coup de frein brutal : profs peu motivés, élèves pris par le bac et le petit coéf des langues. Ecole d’ingénieurs : j’ai entretenu. Des films, Fassbinder, Schlöndorf... Des lectures : Urfaust de Goethe. Toujours, des correspondances avec des Allemands. De temps en temps un magasine. Voilà. Entre temps l’anglais m’a converti de force. Professionnel de l’informatique et autres modernitudes américanophile ou américanophage, j’ai du me résoudre à utiliser la chose. Notons au passage un séjour de plusieurs mois en Hongrie où j’avais des cours de Magyar. J’en garde pas mal de vocabulaire et la capacité de rafraîchir tout ça en une semaine. Et survivre sur place sans traducteur. Aurais je fais ce choix sans les premières années et leur amorce linguistique ? Je passe sur mon métier que je pratique écrit comme oral en anglais systèmatique hormis entre Français (ce qui est rare). Et je passe beaucoup de temps avec Indiens et US’boys. (11 ans : donc je suis marqué, et mon niveau est « broken fluent », j’assure des conférences et des « trainings » pour des gens qui me comprennent) Au cinoche, je me passe des sous-titres (sauf film texan, là je n’ai jamais pu). Nota : je n’ai pratiquement pas été immergé dans un pays anglo saxon. Donc : l’apprentissage de l’allemand précoce a totalement décomplexé ma personne et je ne frissone jamais du risque de me rater à conjuguer en langue étrangère. J’m’en fous. Au pire l’interlocuteur fera une drôle de tête et je reformulerai. Ma femme : elle est prof d’allemand. Elle est française. Donc, depuis le début de mon aventure conjugale, je me suis remis dans le bain. La télé à la maison n’est plus française, ce qui me force à voir le pays d’à côté et le niveau remonte. Mes enfants : mis dans une maternelle billingue dès 3 ans. J’habite pas loin d’une grosse compagnie Franco-Allemande, du coup j’ai mon cortège de cousin germain à portée de langue. Mes enfants ont donc fréquenté de petits hispano-germains parlant français, allemand, espagnol, des chinois parlant allemand, des anglais parlant espagnol... en sortant de maternelle, les coquins avaient un accent parfait. Une intonation parfaite, une structure de phrase parfaite. Et du vocabulaire. Continuité : ils font (dans le privé) une primaire billingue. Et qui comporte de l’initiation à l’anglais. (sans douleur, sans effort, pas plus compliqué que d’apprendre à faire une passe au basket) A la maison, ils voient passer des collègues indiens ou américains. C’est cool. Le monde est de toute les couleurs. On a passé trois semaines au pays basque, les coquins voulaient absolument dire bonjour en langage local. La curiosité : gagné. L’ouverture : gagné. Le racisme, la peur de la différence : vaincus d’avance. (quoique faut toujours veiller de ce côté là) Un neveu, pas loin géographiquement (200m) : au lycée international. Classes billingues Franco-Anglaise. Avenir : doré. Un autre neveu : sort d’un MBA en Inde, a passé son bac en Angleterre. Avenir : mégadoré (le filou a fait une école de business, il va sûrement devoir licencier son oncle un jour ou l’autre smiley) ) Mes conclusions : de mon point de vue, à l’évidence, apprendre tôt c’est décupler la capacité d’apprendre, hé oui, les enfants ne demandent que ça. Apprendre même une langue parlée par la poignée d’habitant d’une vallée perdue , c’est se former à d’autres langages et faciliter l’assimilation des autres (langages ET peuple, donc culture). C’est donner de l’ouverture d’esprit. Donc limiter le repli identitaire, l’égocentrisme et permettre de « penser autrement ». Désolé pour l’auteur : pas besoin de 30 années au lang’z’o pour « percevoir » ou « assimiler » la culture étrangère. J’ajoute qu’avec des voyages (incluant ceux qu’on fait sur son canapé avec un bon bouquin ou des photos ou un film ou documentaire) on grave l’acquis.

          Coût de l’opération : là ça coince. Moi (en tant que parent) ça me coûte une école privée, des vacances lointaines (Allemagne) quoique les prix soient moins élevés qu’à La Baule... ça me coûte de l’énergie, parce que le soir après le bureau, faire le repas « auf deutsch » c’est un peu moins simple qu’en français. Pas automatique. Je pense que ce n’est pas aujourd’hui accessible à tout le monde. Je pense que les profs font de leur mieux. Je fréquente (via la profession de ma femme) une prof d’espagnol et une autre d’anglais. Je confirme : les profs font beaucoup, beaucoup d’effort. Les élèves, il faut vraiment leur tirer les bretelles pour qu’ils arrivent à voir les choses en face : c’est un chance d’apprendre une langue étrangère. Et une récréation. Et pas tant de travail que ça. Attention : on vit très bien sans avoir lu Goethe ou Kant, et on peut facilement se faire des amis Allemands, d’autant plus que parmi eux, éh bien pas tant que cela auront lu Kant ou Goethe. Bien : la semaine prochaine, une amie prof de lettre moderne quitte Paris pour passer quelques jours chez moi, elle a vécu 10 ans en Chine et maîtrise le russe (avec lecture de Pouchkine, Akhmatova en VO etc.) ; je lui demanderai son avis. Pour tenter une généralisation : la totalité des parents des enfants qui sont en billingue dans mon entourage (ça fait une cinquantaine) sont convaincus de la grande réussite de l’opération (humaine et technique). Si je puis me permettre, ce n’est plus un cas isolé. Dernier point : Erasmus est un tremplin fantastique. Il faut de l’audace pour ne pas y voir un moyen de renforcer les liens internationaux et favoriser les langues vivantes. L’auteur assume, c’est son point de vu et je le respecte. Mais qu’il fasse une contre-enquête vers les gens qui ont fait l’expérience. Que les peuples se parlent ! Merci d’avoir lu un témoignage personnel dans un contexte où j’ai ressenti le besoin de faire partager mon expérience. Meilleures Salutations, Faust (le pseudo me poursuit, c’est un signe)


        • Krokodilo Krokodilo 26 septembre 2007 23:11

          Faust,

          Votre ouverture au monde fait chaud au cœur, et je n’ai jamais critiqué eux qui ont cette curiosité. J’ai seulement rappelé que tout le monde n’a pas l’occasion ou le temps ou les possibilités, bref, que pour beaucoup de monde, l’essentiel de ce que l’on sait des autres peuples nous vient de la traduction, et souvent aussi de la télé, aussi réducteur que cela soit. De plus, même si l’on a appris une ou deux langues étrangères, et habité à l’étranger, finalement, quel pourcentage du monde cela représente-t-il ? Je ne souhaite pas systématiquement prendre le contre-pied de toute notion classique !

          Par contre, vous remarquerez que ce n’est pas Erasmus qui est critiqué dans mon article, mais le sous-programme Erasmus mundus, qui pousse tous les pays, y compris la France à faire des cours en anglais pour les étudiants hors UE. Ci-après un extrait d’un des rares témoignages disponibles à ce sujet sur la toile :

          « L’ORS : La langue vous paraît-elle être un critère important pour le choix du master ? Keiko : Non, dans la mesure où les cours proposés sont en anglais. Mais il est ensuite selon moi indispensable d’apprendre à parler la langue des pays que nous visitons. Ne serait-ce que pour assurer notre quotidien : se déplacer dans la ville, faire ses courses, etc. Durant mon séjour en France je me suis efforcée d’apprendre les rudiments du français. »

          http://www.europe-education-formation.fr/erasmus-mundus-temoignage.php


        • ARMINIUS ARMINIUS 27 septembre 2007 09:10

          Faust, votre réaction est très intéressante, j’espère qu’elle contribuera à faire prendre conscience de l’urgence de la réhabilitation de l’apprentissage de la langue allemande que je place en priorité car : L’Allemagne est toujours notre premier client ( mais pour combien de temps encore ?) et notre premier fournisseur. Le potentiel export de nos produits vers l’Allemagne est loin d’être totalement exploité, en particulier en agro-alimentaire où notre absence laisse le champ libre à des pays qui possèdent ( ou posséderont bientôt)la « fibre export », alors que nous français avons encore une relativement bonne image de marque ( mais pour combien de temps encore ?) Nos PME ont besoin de commerciaux parlant allemand ( l’anglais est insuffisant !) D’autant que d’autres marchés s’ouvrent en Europe et que là aussi la langue véhicule est l’allemand ! ouvrons les yeux : la 1ére langue européenne est maintenant l’allemand. L’espagnol, choisi trop souvent en 2ème langue car d’emblée plus facile est une absurdité ! Je suis d’accord avec vous sur la trop basse qualité de l’enseignement de cette langue dans le secondaire, le niveau des « apprenants » qui accédent aux « grandes » écoles ou à l’université dépasse rarement celui de la troisième ( et encore !)Nos ministres successifs de l’éducation feraient bien de se pencher sur le pourquoi et le comment du problême ! comme dit plus haut il y a urgence !


        • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 30 septembre 2007 02:32

          Je n’ai vraiment pas d’opinion définitive sur l’opportunité de ralentir ou d’accélérer la dominance de l’anglais somme langue de l’Occident. Je souligne, cependant, me débrouillant assez bien dans plusieurs langues romanes, qu’il serait possible de bâtir et d’enseigner rapidement un sabir que quiconque parle français, italien espagnol ou portugais pourrait apprendre en un mois et utiliser par la suite comme langue véhiculaire dans un bassin de population de taille comparable à celui qu’occupe l’anglais. Je n’en vois pas vraiment la nécessité, mais le coeur a ses raisons... smiley

          Pierre JC Allard

          http://nouvellesociete.org


        • Darwa 1er octobre 2007 00:17

          Pourquoi insupportable ? C’est pas insupportable vous voudriez quoi que la langue Française prenne la place de la langue anglaise dans le monde ? Faut accepter mais pas se resigner c’est tout. C’est a l’etat français de promouvoir la langue française et si elle ne le fait pas c’est aux citoyens de la defendre en arretant les angliscismes ou en preferant l’usage du français quand c’est possible à la place de l’anglais. Mais cela fait des années que la France a abandonné l’idée de promouvoir le français et c’est lamentable que la France fer de lance de l’Europe ne promuent pas le français au moins sur son territoire et dans les institutions européennes. Mais contrairement à ce que dit l’article il est plus facile d’apprendre l’anglais. Si vous mettez 2 gosses chinois n’ayant jamais etudié le français et l’anglais les progres en anglais seront plus rapides car on pourra jamais me convaincre que I want you want she wants we want you want they want et plus dur a apprendre que je veux tu veux il veut nous voulons vous voulez ils veulent. Si l’anglais à la place qu’il a c’est certes parce que economiquement et culturellement les pays de langue originelles anglaise on su l’imposer mais c’est surtout parce qu’elle est plus facile à apprendre. Qu’attend la France pour faire de même...


        • J.F. Clet 13 avril 2009 18:31

          Pierre JC Allard a écrit :
          Je n’ai vraiment pas d’opinion définitive sur l’opportunité de ralentir ou d’accélérer la dominance de l’anglais somme langue de l’Occident. Je souligne, cependant, me débrouillant assez bien dans plusieurs langues romanes, qu’il serait possible de bâtir et d’enseigner rapidement un sabir que quiconque parle français, italien espagnol ou portugais pourrait apprendre en un mois et utiliser par la suite comme langue véhiculaire dans un bassin de population de taille comparable à celui qu’occupe l’anglais. Je n’en vois pas vraiment la nécessité, mais le coeur a ses raisons... smiley

          Pierre JC Allard

          Ça existe déjà, cela s’appelle  l’interlingua…
          http://www.interlingua.com/
          http://fr.wikipedia.org/wiki/Interlingua


        • docdory docdory 26 septembre 2007 13:52

          @ krokodilo

          Tu es un peu médisant vis-à-vis des méthodes Assimil . J’ai , il y a une vingtaine d’années , en prévision de vacances en Grèce , appris le grec moderne par Assimil quelques mois avant ce voyage , sans CD d’accompagnement . Après quelques jours , j’arrivais parfaitement à comprendre et me faire comprendre , et à plusieurs reprises pendant ce séjour , on m’a demandé de faire l’interprète . Ce n’est donc pas si inefficace que ce que tu prétends , mais il faut un peu de persévérance . En tout cas ce sont des méthodes infiniment plus efficaces que les cours de langue donnés au collège et lycée , qui , eux , ne servent pas à grand chose ... L’essentiel est de voyager dans le pays dont on veut parler la langue .

          Bien sûr , le grec est une langue très facile pour un français ( racines communes , phonétique très simple , ressemblance des conjugaisons ) , ça aurait été certainement plus difficile , mais pas impossible , avec des langues non indo-européennes telles que le turc , le hongrois ou le japonais !


          • ZEN ZEN 26 septembre 2007 14:11

            @ Kroko et Doc

            Moi aussi , j’ai appris seul l’anglais (les bases essentielles) et l’espagnol avec la méthode Assimil. Il faut dire qu’à mon époque, on n’avait pas grand chose à sa disposition.Mais sans bases solides de latin et de grec ancien, je ne sais pas si cela aurait été possible

            Kroko, es-tu aussi sévère que Lecherbonnier qui, se désolant de la baisse de niveau de la pratique du français, est partisan de l’exclusion de l’anglais dans le primaire, enseignement souvent mal fait, dont les enfants retirent peu de bénéfices, et qui se fait aux dépends d’un maîtrise suffisante des bases et de la structure de notre langue maternelle ? J’ai constaté, comme nombre de professeurs de langues que je connais, que sans ces fondements, tout apprentisage des langues étrangères est difficile et donne des résultats trés aléatoires...

            http://www.lire.fr/critique.asp/idC=48285/idR=213/idG=8


          • Krokodilo Krokodilo 26 septembre 2007 14:12

            Docdory,

            Bien sûr que ces livres ont leur utilité, j’en ai moi-même quelques-uns. Ce que je critique, avec un zeste d’ironie qui peut déplaire, c’est que l’avalanche de livres ainsi titrés contribue à cacher la vraie difficulté des langues, et masque aussi l’absence d’une échelle de niveau qui nous permettrait de savoir de quoi on parle. Je ne conteste pas que tu aies fait des progrès rapides grâce à une méthode et à l’immersion linguistique en voyage, mais à quel niveau, par exemple sur le CECRL ? Le mot que tu emploies, « parfaitement » n’est-il pas un peu excessif dans le domaine des langues ?

            Par contre, en parlant de proximité des langues, tu confirmes implicitement qu’il est abusif de se comparer aux résultats scolaires des Norvégiens en anglais, parce que leur langue est germanique et plus proche de l’anglais, la deuxième raison étant qu’ils ont choisi l’anglais et mettent le paquet dessus, alors que nous avons longtemps défendu la diversité linguistique. D’accord aussi sur l’importance de l’immersion linguistique et le peu d’efficacité de l’apprentissage scolaire des langues vivantes.


          • Krokodilo Krokodilo 26 septembre 2007 15:06

            Zen,

            J’ai son livre « Pourquoi veulent-ils tuer le français ? » éd. Albin Michel (Lecherbonier), et j’aimerais d’ailleurs en avoir sa maîtrise. A côté de son livre pamphlet aux nombreux exemples détaillés (politique, science, enseignement, médias, UE, lois), mes critiques sont des chatouillis !

            Evidemment que je suis d’accord, mais je ferais une remarque sur ta formulation qui est le reflet du dogmatisme que nous subissons tous : « est partisan de l’exclusion de l’anglais dans le primaire », ce qui présente la chose comme une suppression, une perte de chances, une privation de droits acquis !

            Il ne s’agit pas d’exclure l’anglais, mais de ne pas l’imposer !

            Or, ce qu’aucun média ne dit, c’est qu’il s’agit d’une révolution en France : pour la première fois, une langue est imposée sans aucun choix des parents (je passe sur les rares choix d’allemand en Alsace, ou parfois de langue régionale), il faut savoir qu’environ 80% des insttits valident l’anglais aux IUFM (chiffre officiel introuvable...) ce qui va amplifier le phénomène. Les profs de langue eux-mêmes sont victimes de nombreux clichés et du dogmatisme : sur l’apprentissage précoce, je te renvoie à mon ancien article d’A.Vox, à ma connaissance aucune étude n’a prouvé quoi que ce soit à ce sujet, et la plus récente (en Allemagne sur des enfants turcs itou). Le rapport d’un collège d’experts européens que je commente était si peu enthousiaste qu’entretemps, sur le site Europa, un nouveau rapport l’a remplacé, plus favorable... La seule chose prouvée est la plus grande facilité des enfants pour l’apprentissage musical, celui des sons qui n’existent pas dans notre langue, mais pour travailler cela, nul besoin de se spécialiser en anglais, un apprentissage linguistique simple et large suffit, c’est-à-dire apprendre l’alphabet cyrillique, arabe, quelques idéogrammes pour s’amuser, apprendre la jota espagnole, apprendre à lire le tchèque, le roumain, le hongrois, comparativement avec les mêmes mots, rien de haut niveau car nous parlons de toute façon d’initiation, mais sans spécialisation en anglais qui est une langue à la phonétique irrationnelle. En gros ouvrir l’esprit à la diversité des sons et des langues, plutôt que répéter sans fin quelques phrases d’anglais. D’ailleurs, c’est parfois ce qui se passe car une de mes filles a fait un an anglais, un an allemand, l’autre une langue régionale, à chaque fois sans aucun choix !

            Et j’ai vu sur un forum d’instits qu’ils sont loin d’être enthousiastes, au point que certains d’entre eux ont refusé au début de la réforme de faire de l’initiation à l’anglais, de peur de transmettre un mauvais accent, et que les écoles ont fait appel à des intervenants extérieurs, des natifs anglophones.

            Sur le niveau en français en fin de primaire, un récent rapport est assez critique, c’est vrai, et notre ministre a peu après annoncé une augmentation des heures de sport et du travail des langues par vidéoconférences avec des natifs, très vraisemblablement anglophones ! Comme les PDE (nouveau nom des instits) sont majoritairement pragmatiques et raisonnables, ils savent bien qu’il vaut mieux ne pas diminuer le français, ce temps sera donc pris ailleurs.


          • docdory docdory 26 septembre 2007 16:45

            @ léon

            J’ai dit quelque mois d’assimil , et non pas quelques jours ! Mais ça m’a bien servi !


          • Thomas Trolljaeger Thomas Trolljaeger 27 septembre 2007 11:34

            Le grec en quelques mois ? Facile.

            Le grec démotique, bien sûr. C’est à dire le grec courant. Il n’est d’aucune utilité à l’église, pour lire certain journaux, et dans la majorité des rapports avec l’administration. Enfin, je ne parle pas du discours que vous tiendra le guichetier, mais du document officiel occasionnel, PV, jugement, etc... A noter que parfois la forme « catharevusa » est assez ardue aussi pour un natif. Ce n’est pas pour rien qu’on utilise de plus en plus le démotique. Sa difficulté majeure consiste en l’acquisition du vocabulaire, ce qui effectivement peut se faire très rapidement, même pour un français dont les fameuses racines grecques plongent plus dans le grec pur que le grec populaire. D’autant que pour la plupart, les grecs sont favorablement prédisposés envers un touriste qui essaye de s’exprimer dans leur langue. Au pire, on obtiendra souvent une réaction de franche hilarité. Au mieux on parlera vite un grec allégé comme le reste de la population.

            Signomi, milate gallika, parakalo ?

            Absolument rien à voir avec l’anglais. Essayez de vous passer du sujet (même implicite) dans une phrase anglaise adressée à un anglophone, juste pour voir...

            Yassas !


          • docdory docdory 28 septembre 2007 18:47

            @ Thomas Trolljaeger

            Le grec katharevousa a officiellement disparu de Grèce depuis une vingtaine d’années ( réaction du peuple après la chute du régime des colonels , régime qui affectionnait le grec katharevousa ) . On peut voir encore des inscriptions en katharevousa dans les vieux autobus . Il est affiché a côté du chauffeur « min omeileite eis ton odygon » alors qu’en grec démotique on dirait « min milate ston odygo » ( ne parlez pas au chauffeur ) Tous les journaux actuels sont en démotique , ainsi que les procès et documents administratifs . Cette réforme a mis fin à l’état étonnant de diglossie dont la Grèce souffrait à son corps défendant il y a 25 ou 30 ans ! Si l’on osait une comparaison , cette situation ubuesque révolue aurait été comparable à une France dont les citoyens auraient reçu leur déclaration d’impôts en ancien français genre « le cantilène de Sainte eulalie » ou « les lais de Marie de France » ! Etonnant , non ?


          • bifluor bifluor 26 septembre 2007 14:09

            Hi guys,

            Sorry to bother you but I was wondering if it was likely to add a button on Agoravox which could allow us « globish people » to fully translate Agoravox in English. It would be a definitely clever idea as I am pretty sure a lot of us would like to take part to those forums.

            I mean French people are so open minded that this is not a tricky issue. They will not be discombobulated, will they ?.

            Please Agoravox, make an effort I am sure this is right up your street. smiley


            • Marsupilami Marsupilami 26 septembre 2007 14:45

              @ Bifluor

              Hi bifluor

              Don’t complain, you can read Agoravox greatest french agorapainter in english. It’s here. And you’re lucky : sometimes when he writes in english you can understand what he means. In french, never, poor of us (he writes a lot...).

              @ Krokodilo

              Pour l’anglais « langue difficile », pas d’accord. C’est au contraire une langue hyper-simple à apprendre. Ceci dit il est vrai que les langues sont très souvent très mal enseignées au collège ou au lycée. Personnellement j’ai eu du pot : j’ai passé de très nombreuses années de scolarité dans des établissements multinationaux et c’est essentiellement en taillant la bavette avec des anglais, des irlandais et des étasuniens que j’ai appris à parler l’anglais couramment (pas avec mes profs qui pour la plupart le parlaient avec l’accent de Maurice Chevalier ou de Charles Trenet).

              A part ça d’accord avec Docdory : on peut très rapidement apprendre les rudiments d’une langue sur dans des bouquins genre Assimil. Après, reste à se débrouiller sur le terrain quand on est à l’étranger. Si on veut vraiment entrer en contact avec les populations autochtones ne sachant pas un mot de globish, on se perfectionne rapidement.

              Enfin, pas d’accord en ce qui concerne l’apprentissage des langues chez les enfants. Témoignage personnel : une de mes amies est une Australienne qui a longtemps vécu au Brésil, mariée à un Français parfaitement bilingue français-anglais. Leurs trois gosses parlaient très jeunes couramment anglais, français et portugais sans se mélanger les pinceaux, passant d’une langue à l’autre avec brio. Il faut dire que les parents avaient pris soin de leur apprendre ces 3 langues en séquences bien distinctes dès qu’ils ont eu l’usage de la parole.

              A part ça article très intéressant, mais sorry, you can’t avoïd english or globish when you travel, man...


            • Krokodilo Krokodilo 26 septembre 2007 15:27

              Marsu,

              Tu confirmes ce que dit Docdory sur l’immersion linguistique qui est le socle de tout apprentissage sérieux des langues, mais pourquoi parallèlement reprendre l’opinion sur l’enseignement dans les écoles qui serait mal fait ? 1500 à 3000 heures de cours ne peuvent faire de miracles, quelles que soient les méthodes.

              Depuis quand un exemple remplace-t-il une étude scientifique ? Tant mieux si ça s’est bien passé pour leurs enfants, mais je ferais trois remarques :
              - Beaucoup de ces enfants s’orientent ensuite vers un métier où ces connaissances en langues leur seront utiles, traducteurs, littéraires, commerciaux, etc. Est-ce nécessaire pour tout le monde ?
              - Il existe des contre-exemples de familles qui ont vécu la difficulté de l’éducation réellement plurilingue, mais ils n’osent pas en parler parce que ça ne va pas dans le bon sens, et en parler où ? Convaincre un gosse d’étudier une langue dont il ne voit pas l’utilité dans son environnement (école, amis, télé), sinon pour faire plaisir à un des deux parents, sans que l’enfant perçoive le but réel. Car « c’est une chance pour ton avenir » ne veut rien dire pour un petit. Les risques sont le désintérêt, suivi d’une pression parentale qui peut aller jusqu’à de difficultés psychologiques, un refus de l’enfant, des blocages, des conflits larvés.
              - Tous les polyglottes disent qu’il est préférable d’avoir une langue dominante, sinon on ressent une espèce de flou intérieur.
              - Toute éducation est un conditionnement : on peut également faire apprendre jeune piano, flûte violon, chant, c’est le cas des familles de musiciens, et beaucoup deviendront musiciens professionnels ; faut-il en faire un principe pour tous ? Idem en sport : certains font au moins trois sports différents régulièrement, suivis de près par le père en général, faut-il généraliser ? Faut-il donc formater toute éducation, et penser que nous pouvons tous tout faire faire à nos enfants ?

              Sur l’anglais « hyperfacile », alors là, pas du tout d’accord, je te renvoie à mon ancien article d’A.Vox, c’est tout aussi difficile que le français, notamment en raison d’une phonétique totalement aberrante, chose rarissime peut-être unique, et d’un très grand nombre d’idiotismes et une dialectisation de la langue selon les régions du monde.

              Enfin, nombre de gens ont voyagé sans connaître l’anglais.


            • LE CHAT LE CHAT 26 septembre 2007 15:29

              @bifluor

              min tiot chpère , in 2008 ptêt ben qu’agoravox y foutra in bitonio pour eul parlach en chtimi smiley per nouzotte , eu sro plus fasil de comprint eul demian qui nous prind pour d’z’ épeutnards eud gardin ! arvète meu l’degaine de chtila espert de l’pinturach smiley


            • Marsupilami Marsupilami 26 septembre 2007 15:44

              @ Krokodilo

              Au sujet des enfants je n’ai pas fait une communication scientifique, j’ai donné un témoignage d’expérience vécue en soulignant bien un fait capital : ces enfants ont appris ces trois langues dans des séquences d’apprentissage parfaitement distinctes dans le temps (donc pas de risque de mélange de langues). J’ai connu d’autres cas où les parents n’avaient pas pris cette précaution capitale et les résultats étaient assez désastreux. Enfin ne n’ai nullement prôné l’apprentissage de plusieurs langues dès la petite enfance chez tous les enfants... vu que c’est non seulement une impossibilité, mais que ce serait une systématisation inutile.

              Enfin, on peut certes voyager sans parler l’english ou le globish, mais c’est quand même vachement plus useful de speaker les both...


            • thirqual 26 septembre 2007 15:52

              Marsu ton point de vue présente l’apprentissage de l’anglais via l’intéraction avec des anglophones. J’ai aussi trouvé l’anglais très facile dès que j’ai arrêté de suivre les cours pathétiques du secondaire et que j’ai pris le seigneur des anneaux dans une patte, le dico anglais/français (vite remplacé par le dico d’anglais tout court) dans l’autre et le bouquin de linguistique tenu avec les orteils. Ca et parler des heures sur le net avec des anglophones (merci teamspeak et les muds). Les méthodes d’enseignement de cette langue la rendent très ardue : comment travailler les idiomes et cette prononciation aléatoire en cours ? Alors que l’allemand (pour parler de ce que je connais) s’apprenait extrêmement bien en cours, avec un chouia de curiosité pour compléter le vocabulaire.


            • Krokodilo Krokodilo 26 septembre 2007 16:04

              Marsu,

              je ne nie pas la valeur d’un témoignage individuel, mais je précise que ce sont toujours les témoignages en faveur du plurilinguisme familial (réussi) qui mis en valeur dans les médias, alors que les falmilles où ça s’est moins bien passé se taisent, souvent à cause d’un vague sentiment de culpabilité, pensant vaguement qu’ils s’y sont mal pris, qu’ils sont trop nuls, de mauvais parents.

              Seules des études bien conduites pourraient confirmer ou infirmer ces questions, mais des études reproductibels dans le domaines des langues sont très difficiles à mettre en place, car il faudrait isoler une seule variable, et sur une quinzaine d’années... Autant dire mission impossible. On en est donc réduits à se baser sur des convictions, des affirmations basées sur des convictions personnelles, ou de soi-disant études affligées de nombreux biais méthodologiquesn, et de peu de valeur.


            • LE CHAT LE CHAT 26 septembre 2007 16:07

              BOBO , zéro article paru , le néant total , avec un pseudo à kiffer Ségolène assorti de la vulgarité crasse d’un acteur de téléréalité . Du sous joe star !


            • LE CHAT LE CHAT 26 septembre 2007 16:09

              bobo , trois crans encore en dessous de Koton et nephilim , c’est tout dire !


            • Marc P 26 septembre 2007 16:31

              Bonjour Marsu Krokodilo et tous les autres,

              Oui l’anglais est une langue facile pour celui qui désire en acquérir les bases et commencer à échanger dans cette langues.

              ceci pour de nbreuses raisons :

              selon certaines hypothèses, losque l’élite de la cour d’angleterre a abandonné cette langue au peuple alors qu’elle n’usait que du Français, la langue est virtuellement devenu un créole tant sa grammaire s’est simplifiée. Pas de conjugaison vraiment, on entend ttes les désinences comme ds ttes les langues sauf le français (désinences muettes)).

              la quantité des monosyllables, et des mots à base d’une onomatopée très faciles à retenir. L’accent tonique pertinent est à la fois une difficulté (nous n’en avons pas en Français) et une facilitation à cause de la musicalité que cela ajoute.

              De même peut être pour les voyelles diphtonguées, à la fois pour certains agréables à entendre, pour d’autres insupportables à entendre et à prononcer... Le nombre de sons différents me paraît beaucoup plus élevé en Anglais.

              Le Français est la langue la plus monotone après l’espagnol, cela l’éloigne beaucoup de l’anglais, cependant 60% des mots anglais viennent du Français et/ ou du latin ce qui devrait avantager les apprenants français...

              Les mots d’origines anglaise nombreux malgrès tout n’on comme origine étymologique qu’enx même ou presque, en Français la transition par le latin ou le grec est presque toujours obligatoire d’où une difficulté suppléme,taire pour les étrangers (et les français ) apprenant le français)...

              En revanche, il est difficile d’acquérir un bon niveau en anglais élaboré (niveau élevé) sans doute entre autre à cause de la richesse inégalée du vocabulaire et des nuances exprimables).

              il y a encore beaucoup à dire mais voilà pour l’instant... Le plus amusant si cela est confirmé est que l’anglais doit grandement sa primauté du fait de sa simplicité à cause du Francais ou en tout cas des nobles « anglais » qui l’ont dédaigné pour le Français...

              Quant à l’orthographe non phonétique, il me semble que 2 langues sont concernées : l’anglais et le français...

              Marc P


            • thirqual 26 septembre 2007 16:45

              C’est pas plutôt deux opposés ? en anglais quand on entend un mot en général on sait l’écrire, en français quand on voit un mot écrit en général on sait le prononcer.


            • Marsupilami Marsupilami 26 septembre 2007 16:48

              @ Krokodilo

              C’est vrai qu’en même temps que j’évoquais cet apprentissage multilinguistique réussi, j’aurais dû évoquer aussi les les échecs. Je pensais m’être bien fait comprendre (in french in ze text) en précisant que cette réussite était le fruit d’un non-mélange systématique des trois langues. Le mélange provoque des résultats déplorables (j’en ai témoigné dans mon deuxième post) : confusion entre structures grammaticales, phonétiques et syntaxiques.

              @ Marc P

              Bien vu pour l’anglais, qui est pour les raisons que tu donnes une langue d’une musicalité bien plus grande que le français (c’est vraiment pas difficile). D’ailleurs, je dois avouer que l’étude des textes des chansons des Beatles ou de Léonard Cohen m’a aussi énormément fait progresser à toute vitesse, avec nettement plus de fun (argl, sorry Krokodilo !) qu’avec des « my tailor is rich » et tutti quanti (mi scusi Krokodili !).

              Comme le dit la leçon n° 1 d’Assimil pour l’espagnol, Hay diversos medios para apprender una lingua !


            • docdory docdory 26 septembre 2007 16:54

              @ le chat

              J’essaie de te traduire , corrige moi si je me trompe :

              Mon petit père

              Peut-être bien qu’agoravox, en 2008 , mettra un bouton pour parler en chtimi pour nous autres , ce sera plus facile de comprendre demian qui nous prend pour des épinards de jardin ( pour des cons ? ) . Regarde moi la dégaine de cet expert en peinture !


            • Krokodilo Krokodilo 26 septembre 2007 17:02

              Marsu,

              J’avais bien lu ton message sur l’apprentissage séquentiel fait par cette famille, mais pour une fois je n’avais aucun commentaire ! A vrai dire, je ne comprends pas ce que cela veut dire, parce qu’il est impossible de mélanger l’aprentissage de trois langues (sauf à tomber dans une sorte de linguistique très précoce) ; qu’ils aient procédé par tranches horaires, ou par demi-journées ou par parent, c’était toujours séquentiel, non ?


            • LE CHAT LE CHAT 26 septembre 2007 17:05

              Salut mon doryphore préféré , félicitations pour ta culture , tu pourras t’acclimater facilement au chtimiland .

              une seule erreur , epteunard signifie épouvantail , et l’expression « épeutnard de gardin » épouvantail de jardin correspond au « bouffon » des banlieues du 9-3

              astérix a pensé à nous http://www.asterix-en-picard.com/ essayes d’imaginer obélix dialoguant de l’art de tailler les menhiers en westien ! smiley


            • Krokodilo Krokodilo 26 septembre 2007 17:06

              La musicalité d’une langue est une notion très subjective. Je suppose que chacun trouve sa propre langue très expressive, très mélodique, harmonieuse.

              Si on cherche un critère technique, il y a la fréquence des voyelles et des consonnes, plus on se rapproche du rapport 1/1, pus c’est régulier et agréable pour la majorité des oreilles étrangères à cette langue-ci ; et selon ce critère, les langues les plus chantantes sont l’italien, le français et l’espagnol, je crois.


            • Krokodilo Krokodilo 26 septembre 2007 17:15

              Marc P,

              Il y a un accent tonique en français, il est fxe, toujours sur la dernière syllabe.

              En anglais, c’est mystère et boule de gomme, ce qui explique que les profs d’anglais ne parlent jamais de phonétique !

              Effectivement, le nombre de phonèmes est aussi élevé en anglais que celui d’idiotismes.

              Les bases sont faciles dans la plupart des langues, c’est après que ça se corse.

              Si l’anglais était facile, croyez-vous qu’il y aurait encore des interprètes dans des congrès ou des réunions internationales dont les participants ont bac+8 à 15 ?

              Pour croire que l’anglais doit sa position hégémonique à sa prétendue facilité, il faut beaucoup de naïveté !


            • Marsupilami Marsupilami 26 septembre 2007 17:17

              @ Krokodilo

              J’ai connu des cas d’apprentissage non-séquentiel (croyant bien faire et/ou inconscients, les parents balançaient deux ou trois langues à la fois : la cata). Et dans le séquentiel, tout dépend de la durée des séquences et de leur durée d’espacement. Faut que le gamin ait bien le temps d’assimiler les structures de chaque langue au cours de chaque séquence, donc que celles-ci soient relativement longues. Enfin, pour revenir sur un de tes propos, il me semble réaliste qu’il vaut mieux avoir une langue dominante (dans le cas que j’évoque, c’est le français) : c’est cette langue qui doit être utilisée intensivement dans les espaces entre séquences d’apprentissage des autres langues, espaces dont il vaut mieux qu’ils soient nettement plus longs que ces séquences. Je ne suis pas un spécialiste dans ce domaine, je ne fais que te dire ce que j’ai retenu de mes discussions avec cette famille qui s’intéressait pas mal aux problèmes linguistiques (la mère était traductrice).


            • Yann 26 septembre 2007 17:58

              @Marsu :« C’est [l’anglais] au contraire une langue hyper-simple à apprendre »

              Learn English Pronunciation Poem :

              Dearest creature in creation, Study English pronunciation. I will teach you in my verse Sounds like corpse, corps, horse, and worse. I will keep you, Suzy, busy, Make your head with heat grow dizzy. Tear in eye, your dress will tear. So shall I ! Oh hear my prayer.

              Just compare heart, beard, and heard, Dies and diet, lord and word, Sword and sward, retain and Britain. (Mind the latter, how it’s written.) Now I surely will not plague you With such words as plaque and ague. But be careful how you speak : Say break and steak, but bleak and streak ; Cloven, oven, how and low, Script, receipt, show, poem, and toe.

              Hear me say, devoid of trickery, Daughter, laughter, and Terpsichore, Typhoid, measles, topsails, aisles, Exiles, similes, and reviles ; Scholar, vicar, and cigar, Solar, mica, war and far ; One, anemone, Balmoral, Kitchen, lichen, laundry, laurel ; Gertrude, German, wind and mind, Scene, Melpomene, mankind.

              Billet does not rhyme with ballet, Bouquet, wallet, mallet, chalet. Blood and flood are not like food, Nor is mould like should and would. Viscous, viscount, load and broad, Toward, to forward, to reward. And your pronunciation’s OK When you correctly say croquet, Rounded, wounded, grieve and sieve, Friend and fiend, alive and live.

              Ivy, privy, famous ; clamour And enamour rhyme with hammer. River, rival, tomb, bomb, comb, Doll and roll and some and home. Stranger does not rhyme with anger, Neither does devour with clangour. Souls but foul, haunt but aunt, Font, front, wont, want, grand, and grant, Shoes, goes, does. Now first say finger, And then singer, ginger, linger, Real, zeal, mauve, gauze, gouge and gauge, Marriage, foliage, mirage, and age.

              Query does not rhyme with very, Nor does fury sound like bury. Dost, lost, post and doth, cloth, loth. Job, nob, bosom, transom, oath. Though the differences seem little, We say actual but victual. Refer does not rhyme with deafer. Foeffer does, and zephyr, heifer. Mint, pint, senate and sedate ; Dull, bull, and George ate late. Scenic, Arabic, Pacific, Science, conscience, scientific.

              Liberty, library, heave and heaven, Rachel, ache, moustache, eleven. We say hallowed, but allowed, People, leopard, towed, but vowed. Mark the differences, moreover, Between mover, cover, clover ; Leeches, breeches, wise, precise, Chalice, but police and lice ; Camel, constable, unstable, Principle, disciple, label.

              Petal, panel, and canal, Wait, surprise, plait, promise, pal. Worm and storm, chaise, chaos, chair, Senator, spectator, mayor. Tour, but our and succour, four. Gas, alas, and Arkansas. Sea, idea, Korea, area, Psalm, Maria, but malaria. Youth, south, southern, cleanse and clean. Doctrine, turpentine, marine.

              Compare alien with Italian, Dandelion and battalion. Sally with ally, yea, ye, Eye, I, ay, aye, whey, and key. Say aver, but ever, fever, Neither, leisure, skein, deceiver. Heron, granary, canary. Crevice and device and aerie.

              Face, but preface, not efface. Phlegm, phlegmatic, ass, glass, bass. Large, but target, gin, give, verging, Ought, out, joust and scour, scourging. Ear, but earn and wear and tear Do not rhyme with here but ere. Seven is right, but so is even, Hyphen, roughen, nephew Stephen, Monkey, donkey, Turk and jerk, Ask, grasp, wasp, and cork and work.

              Pronunciation — think of Psyche ! Is a paling stout and spikey ? Won’t it make you lose your wits, Writing groats and saying grits ? It’s a dark abyss or tunnel : Strewn with stones, stowed, solace, gunwale, Islington and Isle of Wight, Housewife, verdict and indict.

              Finally, which rhymes with enough ? Though, through, plough, or dough, or cough ? Hiccough has the sound of cup. My advice is give it up !

              (pour entendre ce poème : http://www.learnenglish.de/EZine/Joke3.htm )

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès