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Le revenu d’existence européen cherche encore 860 000 signatures

Au départ, l’idée d’un « revenu de base inconditionnel » découle d’un constat simple : à partir du moment où l’on considère la dignité de la vie humaine comme un droit, la société doit assurer à toute personne, de la naissance à la mort, le minimum pour préserver cette dignité. La rémunération du travail doit s’ajouter à cette première couche de revenu qui, de même que l’air qu’on respire, est indispensable à l’homme. L’argent ne doit plus être une préoccupation de survie.

Les organisateurs ont jusqu’au 14 janvier 2014 pour collecter leur million de signatures, ils en sont à seulement 140 000, faute, disent-ils, d’une grande médiatisation de leur projet. Ils ont commencé à chercher des signatures en avril.

Jusque-là, seuls deux pays ont atteint le quota : la Croatie et la Slovénie.

Saviez-vous que les procédures citoyennes sont également possible au niveau de l’Union européenne ? La procédure n’est pas tellement moins complexe qu’en France. Elle ne débouche pas sur un référendum mais au moins, le nombre de signatures à réunir n'est pas hors de portée : il en faut un million, avec un quota minimum dans sept pays.

Rue89 en parle en ce moment.

Pour signer le texte d'origine, ça se passe ICI.

Initiateurs de l’Initiative Citoyenne Européenne

Les personnes qui présentent la proposition de cette ICE sont des citoyens issus de 15 États membres (Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, France, Grèce, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Pologne, Royaume-Uni, Slovaquie, Slovénie).
 
Bien qu’ils parlent différentes langues et que leurs intérêts sociaux divergent, et malgré leurs différences culturelles, politiques, philosophiques, religieuses, tous partagent la vision présentée ici comme une solution à long terme.

Définition du revenu de base inconditionnel

Le Revenu de Base Inconditionnel ne remplace pas l’État-providence, mais le complète et transforme l’État-providence aujourd’hui compensateur en un État-providence émancipateur.

Le Revenu de Base Inconditionnel émancipateur est défini par les quatre critères suivants : universel, individuel, inconditionnel, suffisant pour assurer une existence digne et une participation à la société.

Universel : En principe, chaque personne, indépendamment de son âge, de ses origines, de son lieu de résidence, de sa profession, etc. est en droit de recevoir cette allocation. C’est pourquoi nous revendiquons un Revenu de Base Inconditionnel garanti dans l’ensemble de l’Union Européenne.

Individuel : Chaque femme, chaque homme, chaque enfant a droit à un Revenu de Base individuel, qui lui est attribué personnellement et selon son appartenance à une famille ou un couple. Le Revenu de Base Inconditionnel est indépendant de circonstances telles que la situation conjugale, la cohabitation ou autre configuration de ménage ; il doit aussi être versé indépendamment de tout autre revenu ou propriété d’autres membres du ménage ou de la famille. C’est la seule manière de respecter la vie privée et d’éviter de voir les individus soumis à un contrôle. Cela permet à chaque personne de prendre ses propres décisions.

Inconditionnel : Nous considérons que le Revenu de Base est un droit de l’Homme qui ne peut dépendre de conditions préalables, que ce soit l’obligation d’accepter un travail salarié, de s’impliquer dans des travaux d’intérêt général ou de se conformer aux rôles traditionnels dévolus aux genres. Il ne peut non plus être limité par d’autres revenus, épargnes ou propriétés.


Suffisant : Le montant doit pouvoir permettre d’accéder à un niveau de vie décent conformément aux standards sociaux et culturels du pays concerné. Il doit prévenir la pauvreté matérielle et rendre possible la participation à la société. Cela signifie que le revenu net doit, au minimum, être au niveau du revenu éliminant le risque de pauvreté selon les normes de l’Union Européenne, ce qui correspond à 60 % du revenu national équivalent médian net. En particulier dans les pays où les revenus sont peu élevés pour la majorité de la population et où le revenu médian est alors faible, le montant du revenu de base devrait être indexé à un indice alternatif (par exemple un panier de biens de consommation), afin de garantir la possibilité d’une existence dans la dignité, la sécurité matérielle et la pleine participation à la vie de la société.

Justifications du revenu de base inconditionnel

Compte tenu des modèles actuels d’emploi et des systèmes inadaptés de maintien des revenus (dispositifs conditionnels, sous condition de ressources, pas assez élevés), nous considérons l’introduction d’un Revenu de Base Inconditionnel comme essentielle afin de garantir les droits fondamentaux, spécifiquement le droit de mener une existence digne, mis en avant dans la Charte des Droits Fondamentaux de l’Union Européenne.

Avant tout, le Revenu de Base Inconditionnel contribue à prévenir la pauvreté et à donner plus de liberté à chaque individu, qui peut ainsi déterminer le cours de sa propre vie et renforcer sa participation à la vie en société.

Le Revenu de Base Inconditionnel contribue à éviter les divisions sociales ; les débats qui prennent leur origine dans la jalousie, les abus et leurs conséquences ; ainsi que les contrôles et les enquêtes bureaucratiques superflus, coûteux, répressifs et vecteurs d’exclusion. En tant que paiement de transfert libre de discrimination et de stigmatisation, le Revenu de Base Inconditionnel constitue prévient ainsi la pauvreté cachée et différents maux.

Le Revenu de Base Inconditionnel apporte la liberté sociale ; il aide les citoyens à s’identifier à l’Union Européenne, il garantit leurs droits politiques et il soutient la mise en oeuvre des droits fondamentaux. En effet, « la dignité de la personne humaine est non seulement un droit fondamental en lui-même mais elle constitue la base des droits fondamentaux » (explication officielle de l’article 1 de la Charte des Droits Fondamentaux de l’Union Européenne).

L’introduction d’un Revenu de Base Inconditionnel et de toute étape transitoire vers son instauration font partie des responsabilités des États membres de l’Union Européenne.

De nombreuses études proposent différentes modalités de financement de ce Revenu de Base Inconditionnel. Dans cette ICE, nous n’en recommandons aucune en particulier.


Dispositions des Traités européens concernés

Traité de l’Union Européenne (TUE) - Version consolidée du Traité sur l’Union Européenne. 2010/C83/01 (le 30 mars 2010).

Article 2 : « L’Union est fondée sur les valeurs de respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d’égalité, de l’État de droit, ainsi que de respect des droits de l’homme, y compris des droits des personnes appartenant à des minorités. Ces valeurs sont communes aux États membres dans une société caractérisée par le pluralisme, la non-discrimination, la tolérance, la justice, la solidarité et l’égalité entre les femmes et les hommes. »

Le Revenu de Base Inconditionnel, tel que défini par ses quatre critères, manifeste toutes les valeurs énoncées ci-dessus. Il offre, sans conditions, la sécurité matérielle et la pleine participation à la vie en société ainsi que l’égalité entre tous les individus.

Article 3 : « L’Union établit un marché intérieur. Elle oeuvre pour le développement durable de l’Europe fondé sur une croissance économique équilibrée et sur la stabilité des prix, une économie sociale de marché hautement compétitive, qui tend au plein emploi et au progrès social, et un niveau élevé de protection et d’amélioration de la qualité de l’environnement. Elle promeut le progrès scientifique et technique. Elle combat l’exclusion sociale et les discriminations, et promeut la justice et la protection sociales, l’égalité entre les femmes et les hommes, la solidarité entre les générations et la protection des droits de l’enfant. Elle promeut la cohésion économique, sociale et territoriale, et la solidarité entre les États membres. Elle respecte la richesse de sa diversité culturelle et linguistique, et veille à la sauvegarde et au développement du patrimoine culturel européen. »

Un Revenu de Base Inconditionnel, en permettant la réduction et la redistribution du temps de travail, facilite une nouvelle forme de plein emploi. Le Revenu de Base Inconditionnel combat l’exclusion sociale et la discrimination, inhérentes aux systèmes actuels de maintien des revenus. Nous sommes convaincus que le Revenu de Base Inconditionnel concourt à la réalisation des objectifs de l’UE que sont : atteindre le plein emploi, combattre l’exclusion sociale et la discrimination, favoriser la justice et la protection sociales (Art. 3 §3 TUE).

De plus, le Revenu de Base Inconditionnel promeut les droits des enfants et favorise la solidarité entre les générations et entre les États membres. Nous prenons donc l’initiative et demandons à la Commission de l’UE d’agir dans le cadre de ses compétences dans le domaine de la politique sociale (Art. 151 ff TFUE) tout en préservant les droits des États membres selon l’Article 156.

Traité sur le fonctionnement de l’Union Européenne (TFUE) - Version consolidée du Traité sur le fonctionnement de l’Union Européenne 2010/C83/01 (le 30 mars 2010).

Article 5 : « L’Union peut prendre des initiatives pour assurer la coordination des politiques sociales des États membres. »
 
Les politiques sociales des États membres peuvent être coordonnées pour lutter contre le dumping social. La mesure commune pour tous serait l’introduction du Revenu de Base Inconditionnel selon les quatre critères définis. La responsabilité d’adapter le système social national existant au Revenu Inconditionnel de Base appartient aux États Membres.

Article 156 : « En vue de réaliser les objectifs visés à l’article 151 et sans préjudice des autres dispositions des Traités, la Commission encourage la coopération entre les États membres et facilite la coordination de leur action dans tous les domaines de la politique sociale relevant du présent chapitre, et notamment dans les matières relatives :

  • à l’emploi,
  • au droit du travail et aux conditions du travail,
  • à la formation et au perfectionnement professionnel,
  • à la sécurité sociale,
  • à la prévention des accidents et maladies professionnels,
  • à l’hygiène au travail,
  • au droit d’association et de négociation collective entre les employeurs et les travailleurs. »

Conformément à l’article 156 du traité, la Commission Européenne peut encourager la coopération entre les États-membres en utilisant le RBI comme un outil pour améliorer leurs systèmes de sécurité sociale.

Charte des Droits Fondamentaux de l’Union Européenne - Versions consolidées du Traité sur l’Union Européenne et Traité sur le fonctionnement de l’Union Européenne. 2010/C83/01 (le 30 mars 2010).

Article 1 : Dignité humaine : « La dignité humaine est inviolable. Elle doit être respectée et protégée. »

La dignité de l’individu doit inclure la possibilité de vivre librement et de manière responsable au sein de la société. Le Revenu de Base Inconditionnel octroie à chaque individu la liberté et la possibilité de vivre dans la responsabilité en supprimant tant les contraintes existentielles et administratives que l’exclusion de la vie sociale.

Article 2 : Droit à la vie : « Toute personne a droit à la vie. »

Ce droit humain à la vie est incontesté. Dans notre système économique actuel, la vie dépend de l’obtention de ressources matérielles pour exister grâce à l’argent. On pourrait évidemment obtenir le même résultat par l’octroi de bons d’achat mais les utilisateurs de ces bons seraient discriminés vis-à-vis des personnes qui peuvent décider librement de l’utilisation de leurs ressources financières provenant de sources de revenu différentes. Le droit légal au versement d’un Revenu de Base Inconditionnel assure une vie digne et offre aussi l’occasion de participer à la vie en société, tout en répondant au droit à la justice, libre de toute discrimination.

Article 6 : Droit à la liberté et à la sûreté : « Toute personne a droit à la liberté et à la sûreté. »

Le Revenu de Base Inconditionnel encourage le libre choix de style de vie personnel, l’organisation de ses relations sociales et permet d’éventuellement s’engager et coopérer dans la vie sociale et économique. La liberté s’accompagne de la responsabilité dans la solidarité. En complément de la protection fournie par les systèmes de sécurité sociale et les services sociaux actuels, le Revenu de Base Inconditionnel offre la meilleure garantie de sécurité financière pendant les périodes de maladie et de chômage.

Article 15 : Liberté professionnelle et droit de travailler : « Toute personne a le droit de travailler et d’exercer une profession librement choisie ou acceptée. »

Le Revenu de Base Inconditionnel facilite la pratique d’une activité choisie plus librement, ou au moins considérée comme plus acceptable. Dans beaucoup des systèmes actuels de maintien des revenus, le besoin d’accéder à des biens et services pour survivre, couplé à des contraintes administratives diverses, limite l’individu dans le choix de son activité et le force à accepter du travail rémunéré inadapté.

Article 21 : Non-discrimination : « 1. Est interdite, toute discrimination fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, les origines ethniques ou sociales, les caractéristiques génétiques, la langue, la religion ou les convictions, les opinions politiques ou toute autre opinion, l’appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance, un handicap, l’âge ou l’orientation sexuelle. 2. Dans le domaine d’application du traité instituant la communauté Européenne et du Traité sur l’Union Européenne, et sans préjudice des dispositions particulières desdits traités, toute discrimination fondée sur la nationalité est interdite. »

Le RBI évite toute discrimination et promeut l’autonomie en fournissant une sécurité matérielle et financière à toute personne.

Article 34 : Sécurité sociale et aide sociale : « 1. L’Union reconnaît et respecte le droit d’accès aux prestations de sécurité sociale et aux services sociaux assurant une protection dans des cas tels que la maternité, la maladie, les accidents du travail, la dépendance ou la vieillesse, ainsi qu’en cas de perte d’emploi, selon les modalités établies par le droit communautaire et les législations et pratiques nationales. 2. Toute personne qui réside et se déplace légalement à l’intérieur de l’Union a droit aux prestations de sécurité sociale et aux avantages sociaux, conformément au droit communautaire et aux législations et pratiques nationales. 3. Afin de lutter contre l’exclusion sociale et la pauvreté, l’Union reconnaît et respecte le droit à une aide sociale et à une aide au logement destinées à assurer une existence digne à tous ceux qui ne disposent pas de ressources suffisantes, selon les modalités établies par le droit communautaire et les législations et pratiques nationales. »

L’octroi d’un Revenu de Base Inconditionnel, en complément des sécurités sociales respectives et des services sociaux existant au sein de chaque pays, est la meilleure façon de réaliser le droit fondamental à la sécurité financière et à l’aide sociale. Tous les membres de la société en bénéficient, et personne n’est exclu ni victime de discriminations. Cela contraste avec le caractère stigmatisant de nombre de systèmes actuels de maintien des revenus, qui décourage de nombreux bénéficiaires potentiels de demander une allocation alors qu'ils y ont légalement droit. Ce faible taux d'accès favorise l'exclusion sociale.


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36 réactions à cet article    


  • claude-michel claude-michel 19 novembre 2013 09:21

    Je suis Anti Européen...ayant déjà assez de mal a être Français.. !

    L’UE est une aberration de plus sortie d’un chapeau de banquier pour faire de l’argent sur le dos des peuples.. !
    Je hais l’Europe de l’argent...
    Je vomi l’Europe de l’Euro...et des politicards véreux... !
    Amen...


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 19 novembre 2013 09:21

      Au
      Revenu de Base financé par la Fiscalité, sans Refondation du Capitalisme
      on peut préférer le
      Dividende Universel financé par l’Épargne, avec Refondation du Capitalisme

      Refondation du Capitalisme & Instauration d’un Dividende Universel par l’Épargne.

      Lire, SVP :
      Refondation du Capitalisme & Dividende Universel
      ou/et
      http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/3/40/ ... cerite.pdf

      Le Parti Capitaliste Français ( PCF ) propose une synthèse socio-économique permettant d’instaurer une authentique compatibilité entre compétitivité et cohésion sociale ; entre compétitivité et solidarité.

      Ce projet de « Refondation du Capitalisme et de création d’un Dividende Universel » se compose d’un Objectif Principal et de deux Objectifs Spécifiques qui découlent de l’objectif principal.

      Objectif Principal :
      Acquisition Citoyenne & Collective du Pouvoir Économique
      Par un effort préalable d’épargne soutenu, les « démunis » (par opposition aux « nantis ») acquerront collectivement des actions du capital des entreprises du secteur marchand, banques incluses.
      Cette participation au capital pourra être minoritaire (minorité de blocage) ou majoritaire.

      Objectifs Spécifiques :
      I)
      Transformer le « capitalisme ordinaire » en un véritable 
      Capitalisme Écologique, Anthropocentrique, Philanthropique et Équitable.
      Les représentants des « démunis », démocratiquement élus, géreront ce patrimoine financier de manière à infléchir Recherche, Développement, Production & Commercialisation des entreprises contrôlées : Refondation du Capitalisme.
      II)
      Faire bénéficier chaque citoyen, même mineur, d’un 
      Dividende Universel évolutif qui, de facto, éradiquera définitivement le concept même de chômage ainsi que celui de la « lutte des classes ».
      II.1)
      À terme, les profits des entreprises sous contrôle des « démunis » seront partiellement distribués à l’ensemble des « démunis » sous forme de Dividende Universel.
      II.2)
      a) Ceux qui le souhaiteraient pourraient s’arrêter de travailler et se satisfaire du Dividende Universel.

      b) Ceux qui souhaiteraient gagner plus que le seul Dividende Universel pourraient travailler dans l’économie marchande et, éventuellement, y gagner des rémunérations faramineuses sans être accusés d’exploiter qui que ce soit.
      II.3)
      Si plus personne ne souhaitait travailler dans l’économie marchande, celle-ci s’effondrerait totalement et, avec elle, le patrimoine accumulé des « démunis » deviendrait stérile et interdirait le bénéfice du Dividende Universel.



      • claude-michel claude-michel 19 novembre 2013 09:39

        C’est beau de croire encore au Père Noël.. !


      • JL JL 19 novembre 2013 09:33

        Le revenu d’existence est de toute évidence une idée d’inspiration libérale basée sur le célèbre aphorisme : ’’il faut que tout change pour que rien ne change’’.

        A qui allez vous demander de vous verser un RU (ou RE, ou tout ce qui y ressemble) ? Aux possédants actuels, à ceux qui font des profits sur le dos des travailleurs. Il leur serait évidemment impossible de faire du profit sur le dos des inactifs, et ils ne voudront évidemment jamais partager leurs profits. Si le RU était accordé, les travailleurs devraient donner d’une main trois fois ce qu’ils recevraient en RU de l’autre. Autrement dit, si ce n’est pas la baisse à court terme, du trop mal nommé coût du travail, c’est la baisse assurée des revenus du travail : la mutualisation de la misère.

        Au mieux c’est une fausse bonne idée : l’équivalent dans le domaine de la physique c’est le mouvement perpétuel.

        ’’De nombreux services sociaux, comme la formation ou la santé, ont été transformés en assurance individuelle ou en crédit. Le mode de développement néolibéral est fondé sur le crédit et l’endettement. Cette situation s’est aggravée avec la crise des subprimes de 2007. Un exemple ? La formation aux États-Unis : la Réserve fédérale (Banque centrale) a récemment évalué que le montant total de prêts aux étudiants était de 1 000 milliards de dollars ! C’est un chiffre astronomique. Pour avoir accès aux services, à la formation, vous devez tout payer par vous-même. Vous devenez débiteur. Entrepreneur de votre vie, de votre « capital humain ».’’ Maurizio Lazzarato


        • JL JL 19 novembre 2013 09:56

          Mona Chollet a écrit dans Le monde Diplomatique un excellent article sur le sujet : Imaginer un revenu garanti pour tous. Son texte est équilibré mais je me suis néanmoins attaché à y relever quelques arguments ne faveur du RU relativement contestables, et j’y réponds ici.

          Mona Chollet écrit : « Tandis que le bénéficiaire du revenu inconditionnel est entouré d’autres bénéficiaires, le gagnant du Loto est totalement isolé. Or la valeur du temps libre croît avec le nombre de personnes avec qui il est possible de le partager.  »

          Je dis : Affirmation gratuite. On peut soutenir avec la même assurance le contraire.

          MC écrit : « Marx prédisait qu’arriverait un moment où le savoir accumulé au fil de l’histoire par l’ensemble de la société serait le cœur de la création de valeur. Avec l’avènement de l’économie de l’immatériel, nous y sommes, affirment ses lecteurs. Et, dès lors, le capitalisme ne peut que devenir de plus en plus agressivement parasite : il ne fait plus que s’approprier des compétences développées en dehors de lui et inséparables des personnes, lesquelles, de surcroît, n’ont pas besoin de lui pour les mettre en œuvre. »

          Je réponds  : Savoirs accumulés ? Quid des savoirs perdus ?

          MC écrit : « chacun, par ses activités quotidiennes les plus anodines, participe indirectement à l’économie. L’argument a l’avantage de renvoyer à leur inanité les représentations fantasmatiques, agitées par les démagogues, d’« assistés » inutiles et fainéants vivant du travail des autres. Mais en faire la justification du revenu garanti constitue un piège que Gorz avait bien vu : ‘On reste ainsi sur le plan de la valeur travail et du productivisme. ’ Or ‘le revenu d’existence n’a de sens que s’il n’exige ni ne rémunère rien’ : il doit au contraire permettre la création ’de richesses non monnayables’ »

          Je réponds : Tout est monnayable, rien n’échappe au capitalisme.

          MC écrit : «  Nul besoin, de toute façon, d’en passer par le general intellect pour fonder en théorie l’instauration d’un revenu garanti. Dans La Justice agraire, en 1796, l’un des premiers promoteurs de l’idée, le révolutionnaire anglo-américain Thomas Paine, y voyait une juste indemnisation pour l’appropriation par quelques-uns de la terre, pourtant censée appartenir à tous… »

          Je réponds : Là on est au cœur du problème : la croissance est aussi nécessaire au capitalisme que l’air que nous respirons. Le capitalisme n’aura de cesse que le jour il ne pourra plus marchandiser ce qui est gratuit., et détruire ce qu’il ne contrôle pas. C’est précisément dans cette indemnisation de l’appropriation que l’impôt prend tout son sens, impôt que ces happy-few qui spolient et polluent ne veulent pas payer

          Une fois que l’on a fait ce constat, il faut donc séparer les variables : recueillir l’impôt c’est une chose ; le répartir en budgets en est une autre. Il n’est prouvé nulle part que le versement d’un RU soit la meilleure manière de faire. Les gouvernements actuels dit de gauche ont inventé le ‘Socialisme de l’offre’ ce que Michel Rocard désignait en son temps comme une redistribution à l’envers.

          Je cite Rocard : ’’Les pertes d’emploi ne sont pas « le résultat de 20 ans de destructions de l’emploi, grâce aux géniales politiques redistributives et au génial salaire minimum »« mais dues à ces politiques anti-keynesiennes ou keynesiennes négatives, appelées du doux euphémisme de » politiques de l’offre", ces politiques qui conduisent comme dit Michel Rocard, à une redistribution à l’envers. Et c’est cela que les terroristes de la pensée qualifient de redistributives et utilisent pour demander qu’on tue ce malade congénital qu’est l’État pour régler le problème’’.

          C’est à ces politiques anti-keynésiennes-là que répond le RU ou RE ! Oui, le RU ’est bien cette chose destinée à tout changer pour que rien ne change.


        • jpm jpm 19 novembre 2013 18:53

          Excellente lecture JL,

          L´article de Mona Chollet dans Le monde Diplomatique est vraiment complet et je m´étonne que vous n´y ayez trouvé que quelques arguments en faveur du Revenu de Base, car c´est un véritable plaidoyer :
          Imaginer un revenu garanti pour tous.

          Dommage que vous n´arriviez pas à dépasser votre vision passéiste du capitalisme… et que vous ne puissiez imaginer qu´un autre montre est souhaitable… et surtout possible.


        • JL JL 19 novembre 2013 23:46

          Comme d’habitude, jpm, vous dites n’importe quoi dès qu’il s’agit de me contredire.

          Vous dites que je ne peux pas imaginer qu’un autre monde est souhaitable ? Pfff ! Je vous ai déjà dit ) plusieurs reprises que, le revenu d’existence, il y a plus de 50 ans que j’y pense.

          Je n’arrive pas à dépasser ma vision passéiste ? Pfff ! Moi au moins, je lis des articles intelligents sur le sujet même et surtout s’ils sont pour, au lieu de répéter comme vous, inlassablement les mêmes mantras.

          Je n’ai trouvé que ces arguments ? Pfff ! Les autres contenus dans cet article je les ai vus partout, et plusieurs fois démontés.

          Ceci dit, à part vos attaques ad’hominem récurrentes, vous êtes bien incapable de faire ici comme d’habitude, une réponse correcte à mes coms ci-dessus.


        • jpm jpm 20 novembre 2013 09:21

          JL, j´apprécie au contraire que vous vous intéressiez aux excellents articles traitant du revenu de base tel que celui Mona Chollet paru dans Le monde Diplomatique. Imaginer un revenu garanti pour tous.

          Maintenant excusez- moi si je n´ai pas répondu a vos commentaires… mais ils m´ont semblés un peu simplistes mais pour le plaisir de vous contredire je veux bien essayer..

          JL écrit : Affirmation gratuite. On peut soutenir avec la même assurance le contraire.

          Je réponds, Effectivement on peut soutenir le contraire, mais pas forcement avec la même assurance, car l´article est particulièrement bien argumenté.

           

          JL : Savoirs accumulés ? Quid des savoirs perdus ?

          C´est vrai que nous avons perdu les recettes d´auroch faisandés à la broche, mais nous avons conservé le langage articulé, l´écriture, les lois et l´ensemble des techniques telles que la roue ou l´électricité. Tout cela fait partie du patrimoine commun de l´humanité.

           

          JL : Tout est monnayable, rien n’échappe au capitalisme.

          Non justement tout n´est pas monnayable… l´égalité et la fraternité sont des valeurs qui ne sont pas monnayables… malheureusement on ne peut pas en dire autant de la liberté, lorsque des gens sont contraints d´effectuer des sales boulots pour survivre.

           

          JL  : recueillir l’impôt c’est une chose ; le répartir en budgets en est une autre. Il n’est prouvé nulle part que le versement d’un RU soit la meilleure manière de faire.

          C´est vrai que la répartition d´une partie des impôts (prélèvement sur la production) via un revenu de base universel, individuel et inconditionnel n´est pas nécessairement la seule solution, mais elle parait la plus simple et la plus sure pour n´oublier personne. Par ailleurs, elle a le mérite d´être claire et transparente… et d´inciter les personnes a continuer de travailler pour completer leurs revenus.

           

          Alors maintenant si vous pensiez vraiment au revenu d´existence depuis 50 ans, vous devriez être heureux que l´idée fasse son chemin…plutôt que de répéter vainement qu´on ne peut rien contre le capitalisme.


        • JL JL 20 novembre 2013 18:54

          jpm,

          1 - non seulement on peut soutenir le contraire avec la même assurance, mais surtout, comme il y a déjà pléthore d’inactifs (chômeurs, retraités, rentiers, ...), cet argument est nul.

          2 - Les savoirs perdus, bien entendu je parle des savoirs répartis dans la population. Ils auront bonne mine, ceux qui travaillent dans la haute technologie ou les grandes structures, le jours où chacun devra se démerder tout seul. Comparé aux pionniers qui ont conquis l’Ouest américain, l’homme moderne est un infirme.Je suppose que si on vous donnait une fourche, un arpent de terre, et rien d’autre, vous seriez bien embêté.

          2 - réponse absurde. Quand je dis que tout est monnayable, je soutiens que le capitalisme est capable de tout marchandiser. Et ce qu’il ne peut pas marchandiser (l’amour : cf. 1884), il le détruit. L’air respirable n’est pas une marchandise ? Patience : en le polluant, ils céreront un marché des masques de protection. L’eau était gratuite ? Elle ne l’est plus. Et demain, si les gaz de schiste nous envahissent ce sera pire. Ce n’est pas avec des RU que vous y ferez barrage.

          Sur cette phrase : ’’chacun, par ses activités quotidiennes les plus anodines, participe indirectement à l’économie.’’ Ben voyons : poussé à l’absurde - mais ça ne fait pas peur aux libéraux - certains affirment même que, consommer ça fait marcher l’économie, donc c’est du travail, donc on devrait être payé.

          3 - Le RU ou l’impôt négatif ne permettent pas la progressivité : dans les hautes tranches, l’impôt sur le revenu tend vers la linéarité, c.à.d. à taux quasi fixe. Quand la simplicité intéresse les spoliateurs, ils sont pour, mais dans tous les autres cas, ils construisent des usines à gaz, vu que ni l’absurdité ni la complexité ne les arrête.

          Et puisque j’y suis, on parle beaucoup d’impôt prélevé à la source : le prélèvement à la source ne permet pas la progressivité ou alors, il ne simplifie rien du tout, au contraire : deux usines à gaz au lieu d’une.

          Quant à la dernière phrase : vous avez la prétention de me dire ce que je devrais penser ? Vous ne manquez pas d’air ! Mais ça, je le sais depuis longtemps.

          Oui, le RU est vraiment la solution qui change tout pour que rien ne change !



        • jpm jpm 20 novembre 2013 21:32

          Vous êtes décidemment impayable JL, preuve que le capitalisme ne vous atteint pas… et je vous confirme aussi que je ne manque pas d´air… car je tiens absolument à profiter à fond de ce que le capitalisme n´a pas encore réussi à marchandiser (j´ai même fait quelques réserves car on ne sait jamais). smiley

           

          Mona Chollet a donc écrit : « Tandis que le bénéficiaire du revenu inconditionnel est entouré d’autres bénéficiaires, le gagnant du Loto est totalement isolé. Or la valeur du temps libre croît avec le nombre de personnes avec qui il est possible de le partager.  »

          On peut effectivement avoir une approche égoïste… et se dire ce n´est pas le tout d´avoir de l´argent et du temps libre, encore faut il être sur que les autres n´en ont point pour être heureux… et l´on peut aussi développer une approche plus altruiste et se réjouir de ce que ses semblables bénéficient des mêmes chances pour pouvoir faire des choses en commun. Personnellement je penche plutôt pour l´approche de Baptiste Mylondo reprise par Mona Chollet.

          Pour le second point, à propos des savoirs perdus, il est possible que certains ne sachent plus se servir d´une fourche…mais bon, grâce aux savoirs accumulés par l´humanité, il sera vite fait de retrouver ces savoirs perdus d´un clic de souris… Par ailleurs, il n´a jamais été question de se démener tout seul… car la solidarité et la spécialisation est un des avantages de la vie en société.

          Pour le troisième point (2 bis pour vous), il est possible que le capitalisme chercher à tout breveter et à tout monnayer… mais nous ne sommes pas obligés d´accepter. C´est donc aux citoyens de mettre en place des lois pour prévenir ces abus. Cela n´a donc rien à voir avec l´instauration ou pas d´un revenu de base.

           

          J´adhère totalement à cette phrase : ’’chacun, par ses activités quotidiennes les plus anodines, participe indirectement à l’économie.’’ Consommer fait effectivement marcher l’économie, tout comme le bénévolat permet d´enrichir les relations sociales. Personne n´a jamais dit que consommer était un travail qui devait être rémunéré… sauf bien sur si vous travaillez au service achats d´une grande entreprise. Ce qui est rémunéré sous forme d´un revenu de base inconditionnel, c´est le fait de vivre. A l´inverse de vos considérations sur le capitalisme… votre existence aura une valeur en monnaie qui vous sera versée tous les mois.

           

          Dernier point concernant la fiscalité, la mise en place d´un revenu de base financé par un prélèvement à la base à taux fixe, n´implique nullement de supprimer la progressivité au delà de ce taux plancher pour les très haut revenus. Par ailleurs en considérant le revenu de base comme un crédit d´impôt, on peut au contraire montrer qu´avec un prélèvement à la base à taux fixe, il a une progressivité continue de l´imposition sur les autres revenus… qui va d´un taux négatif pour les bas revenus pour tendre effectivement vers le taux fixe retenu pour les plus hauts revenus. Ce n´est pas à un vieux mathématicien comme vous que je vais apprendre cela (surtout si vous y pensez depuis 50 ans).


          Peut être trouvez vous cela trop simple… pour préférer la complexité actuelle de l´impôt sur le revenus qui assure péniblement une bien faible progressivité des prélèvements obligatoires...qui frappent plus surement les classes modestes que les plus riches qui savent très bien comment y échapper.

          Le revenu de base est donc l´occasion d´une véritable refonte de notre système social et fiscal…pour une redistribution plus juste et plus efficace des richesses produites.


        • JL JL 21 novembre 2013 09:29

          jpm,

          je suis peut-être impayable (non marchandisable ?), mais vous devriez garder vos insultes pour vous même : vous êtes bien plus nécessiteux que moi.

          Vous dites : ’’On peut effectivement avoir une approche égoïste… et se dire ce n´est pas le tout d´avoir de l´argent et du temps libre, encore faut il être sur que les autres n´en ont point pour être heureux…’’ Je dis : cette réponse abjecte, ridicule et irrecevable serait une bonne raison pour que je jette le reste de ce torchon sans le lire.

          Néanmoins, je continue. Vous dites : ’’grâce aux savoirs accumulés par l´humanité, il sera vite fait de retrouver ces savoirs perdus d´un clic de souris’’ Ben voyons. Le jour où les gens refuseront de travailler pour des salaires de misère, vous croyez que ceux qui mènent la danse continueront à leur servir gracieusement la soupe ? Le pire c’est que vous ajoutez benoitement en dessous que les citoyens ne sont pas obligés d’accepter les brevets ! Sans le droit des brevets, il n’y aurait pas de haute technologie ! Vous mélangez, non pas les époques, mais les contextes, ce qui revient ici au même ; vous voulez le beurre du capitalisme et l’argent de l’anti-capitalisme C’est anachronique, ridicule et pensé avec les pieds.

          Vous dites : ’’Consommer fait effectivement marcher l’économie’’ Je dis : oui, aussi vrai que l’air permet aux moteurs à explosion de produire de l’énergie. De là à conclure que c’est une source d’énergie, il n’y a que les ignorants et les idiots qui ... Donc vous êtes là encore, à coté de la plaque ou dans l’esquive.

          Vous écrivez : ’’votre existence aura une valeur en monnaie qui vous sera versée tous les mois.’’ Cette phrase mérite d’être versée au Panthéon de la sottise.

          Pour vos considérations sur la progressivité, le mécanisme que vous évoquez est à l’inverse du mécanisme de la progressivité utile : l’impôt négatif génère une forte progression pour les bas revenus et n’est que peu ou pas progressif pour les hauts revenus. Vous proposez une progression logarithmique là où une progression exponentielle s’impose. Doublement injuste, donc.

          Pour le reste, soit vous ne m’avez pas lu, soit vous n’avez rien compris.

          Mais je sais, et vous l’avez déjà dit : en vous répondant, je vous donne une tribune, tant il est vrai que vous tenez un discours que les gens ont envie d’entendre  : de l’argent et du temps pour tous, et laissez nous rêvez grâce aux pipoles, leurs yachts, leurs voitures rutilantes et tout ce que les gens vivent par procuration dans leurs auges, pardon, leurs télévisions. Clairement, les problèmes d’évasion fiscale ne vous concernent pas.

          En face, mon discours est rébarbatif : «  N’importe quoi, sauf la vérité. Il n’y a que ça qui ne se vend pas.  » disait à juste titre Boris Vian.

          Le mensonge, c’est ce qui fait la force principale du libéralisme qui ne peut avancer que masqué. Cf. l’accord de libre échange entre l’UE et le Canada qui nous apportera les gaz de schiste aussi sûrement que la libre circulation des capitaux nous a apporté la mondialisation libérale qui nous tue. Et ce n’est pas votre misérable RU qui nous en protègera.


        • jpm jpm 21 novembre 2013 10:02

          JL, si vous êtes impayable, vous manquez singulièrement d´humour car je n´ai pas eu l´impression de vous insulter. Au pire, je vous ai taquiné car vous savez que je vous aime bien lorsque vous réagissez systématiquement au quart de tour, ce qui permet á chaque fois de préciser la définition et les avantages du revenu de base.

          Concernant la progressivité de l´imposition, je suis d’accord avec vos remarques sur le plan mathématique… mais je ne suis pas persuadé qu´une progressivité exponentielle soit souhaitable sur le plan économique… le but étant encore une fois de permettre a celui qui fait l´effort de reprendre un travail pour autrui… d´être immédiatement récompensé, les hauts revenus pouvant être traites à part par une progression supplémentaire…

          Maintenant le sujet c´est le revenu de base… et non pas l´évasion fiscale contre laquelle il faut évidemment lutter. C´est justement en simplifiant la fiscalité que l´on libèrera du temps et de l´énergie pour traquer les montages douteux et les revenus illicitement dissimulés.

          Le revenu de base n´a pas vocation à résoudre tous les problèmes… mais simplement de simplifier la vie des plus modestes en les rendant autonomes et libres de leurs choix.


        • JL JL 21 novembre 2013 10:25

          Et vous un fieffé imbécile.

          Ce n’est pas parce que je ne rie pas avec le premier venu que le premier venu peut dire que je manque d’humour.


        • Alpo47 Alpo47 19 novembre 2013 09:56

          Je crains que les initiateurs de cette recherche de signatures n’aient pas vu l’arnaque du principe du million de signatures pour soumettre un projet.
          De mémoire (Chirac ?), le texte européen dit que la commission « PEUT » se saisir d’un texte ou projet soutenu par un million de signatures. PEUT et non pas DOIT. Et un mot à la place d’un autre, cela change tout.
          Deuxième obstacle, se saisir d’un texte, c’est n’est pas le valider automatiquement pour en faire un texte de loi ou une réglementation. En fait, il y a même très, très loin (surtout dans le cas de l’arnaque européenne), entre les deux.

          En fait, nous sommes face à des arnaqueurs (l’europe) et nous agiter dans notre bocal ne sert plus à grand chose. Faisant cela, nous restons dans leur système et ils ont verrouillé toutes les portes.

          Les solutions, s’il y en a encore, consisterons à sortir des alternatives qui nous sont présentées.


          • JL JL 19 novembre 2013 11:34

            Bonjour Alpo47,

            vous avez raison. Mais on peut aussi écrire, et c’est tout aussi vrai : ’’la commission « PEUT » se saisir d’un texte ou projet soutenu par moins d’un million de signatures’’

            En réalité, la Commission peut se saisir de tout texte qu’elle juge opportun. Opportun est le bon mot choisi ici à dessein, puisqu’ils peuvent tordre le texte en question pour lui faire dire ce qui est conforme à l’intérêt des classes possédantes, les seules auxquelles ils ont en vérité à rendre compte.

            Si demain cette pétition aboutissait, il y a de bonnes raisons de penser que cette fausse bonne idée pourrait devenir un cauchemar.


          • cevennevive cevennevive 19 novembre 2013 10:30

            Bonjour à tous,


            Le revenu d’existence est un très beau concept, un espoir de vie décente pour tous. J’y crois, je souscris à tous les arguments de l’auteur, et j’ai signé, dès le début sous cette belle demande.

            Pourtant, si je crois au revenu d’existence, je ne crois pas en l’Europe. Je n’en attends rien que des ennuis pour tous.

            Comment ce monument d’inégalités, d’argent, de pouvoir et de gabegies pourrait apporter l’espoir ?

            Il ne peut rien sortir de bon pour nous de cette « Europe » telle qu’elle est. Peut-être pourrions-nous n’en attendre rien et nous débrouiller par nous-mêmes...

            Tout de même, et malgré ce qui précède, je suis reconnaissante à l’auteur d’avoir écrit cet article et de remettre les arguments en faveur de ce formidable élan d’espoir.

            Bonne journée.

             

            • miha 19 novembre 2013 13:16

              Idem que Cevennevive.

              Je ne crois pas en l’UE mais j’ai quand même signer cette « pétition » car le revenu de base est une utopie réalisable.

              Malgré mes réticences envers l’UE, il faut souligner que, là, il suffit de un million de signatures pour toute l’Europe alors qu’en France, si la loi sur le Référendum d’initiative citoyenne voit le jour, il faudra, en plus de l’accord de 185 députés, plus de quatre millions de signatures... juste pour la France : QUATRE MILLIONS !!!


            • bibou1324 bibou1324 19 novembre 2013 11:01

              « Le montant doit pouvoir permettre d’accéder à un niveau de vie décent conformément aux standards sociaux et culturels du pays concerné. »


              Le problème ici est que le mot « décent » est difficile à définir.

              60 % du revenu national équivalent médian net ? Alors que j’était étudiant il y a 3 ans, avec 300€ par mois pour vivre (plus 87€ d’APL), je n’aurais même pas su quoi faire de tant d’argent. Alors qu’à Paris, avec 60% du revenu moyen, on dort sous les ponts.

              Pour moi, un niveau de vie décent signifie pouvoir manger à sa faim et dormir sous un toit. Pas de recevoir de l’argent qui tombe du ciel sans rien faire.

              Certains préfèrent avoir le dernier smartphone plutôt que de manger à leur faim, ou acheter des tickets de loto plutôt que de vivre dans un appartement. Donner de l’argent aux pauvres ne résoudra rien. Donnez leur de l’éducation, de la nourriture, un toit. Pas un revenu inconditionnel.

              • Robert GIL ROBERT GIL 19 novembre 2013 11:33

                voici une proposition de B.Friot qui c’est penché sur la question.

                voir : http://2ccr.wordpress.com/2012/03/26/pour-un-salaire-a-vie/


                • tesla_droid84 19 novembre 2013 14:11

                  Pour une fois, je suis d’accord avec Robert. J’ai lu « l’enjeu du salaire » et « l’enjeu de la retraite » de Mr Friot qui sont rafraichissant pour l’esprit, j’ai meme tendance à dire que je suis plutot pour la solution prôné par ce dernier. On peut donc etre à l’UPR est ne pas etre extreme droitiste ascendant bourgeois... smiley

                  Cependant, j’en revient toujours à la même marotte qui est en sachant que l’union européenne est le cheval de Troie du néo-libéralisme OTANesque, il n’y a aucune chance pour que soit modifié les traités. Une telle mesure nous rendrait moins compétitif (à la limite on s’en fou, on est pas des chevaux de trait) ce qui imposerait de se protéger contre les pays n’ayant pas cet acquis social.
                  Je pense qu’il y a beaucoup plus de chance que cette initiative émerge dans un pays libre et souverain comme la suisse qui prendrait les mesures économique pour que ce soit viable, que dans un empire néo-libéral en construction.


                   


                • foufouille foufouille 19 novembre 2013 11:47

                  "Alors que j’était étudiant il y a 3 ans, avec 300€ par mois pour vivre (plus 87€ d’APL), je n’aurais même pas su quoi faire de tant d’argent."

                  mdr !


                  • MonnaieLibre MonnaieLibre 19 novembre 2013 13:48

                    La mise en place du revenu universel passe d’abord par la mise en place d’un nouveau système monétaire :

                    http://www.thankmoney.com/accueil/pourquoi.aspx

                     


                    • viva 19 novembre 2013 13:51

                      Il suffit de faire tourner les planches à billet et de distribuer ...

                      J’ai bon ?
                       Il faut arréter, la base de la monnaie, c’est son adossement à quelque chose, en France la monnaie est adossé au travail. 
                      Soit on prend l’argent a quelqu’un qui travaille soit on fabrique des billets.
                       Tout le reste c’est du pipeau, si un état fait cela il va constituer une nouvelle bulle monétaire qui ne manquera pas d’éclater et encore je ne parle pas de l’inflation, tu donne 500 euros à tout le monde c’est équivalent à augmenter de zéro. Automatiquement les prix vont s’aligner sur cette augmentation de revenu, le bénéfice sera nul en terme de pouvoir d’achat.

                      Cela ne sera possible qu’avec des bouleversements radicaux du système bancaire et financier, autant dire que ce n’est pas pour demain. 
                      En plus, les individus deviennent directement dépendant de l’état et de la finance ça c’est le plus grave.
                      Au moins lorsque l’on fourni un travail on est payé et on ne doit rien à personne, c’est ça la liberté, il faut parvenir à partager le travail c’est une évidence, on produira de toute façon de plus en plus avec de moins en moins de monde.

                      • foufouille foufouille 19 novembre 2013 15:41

                        "tu donne 500 euros à tout le monde c’est équivalent à augmenter de zéro. Automatiquement les prix vont s’aligner sur cette augmentation de revenu, le bénéfice sera nul en terme de pouvoir d’achat.« 

                        si on diminue de 500€ le smic, les prix diminuent »Autoto-matiquement" ?



                      • viva 19 novembre 2013 18:06

                        Non, les prix ne baissent pas non plus, les profit augmentent tout comme dans le cas d’une hausse généralisée des revenus.


                        Les effets d’aubaines profitent toujours à ceux qui vendent des produits, des services ou qui prélèvent les impôts.
                        Si demain, vous augmentez tout le monde de 500 euros imédiatement, vous verrez les impôts grimper, les charges contraintes (gaz, électricité, mutuelles, assurances, frais bancaires, produits de bases et les autres ...) Cela a toujours fonctionné ainsi. La concurrence libre et non faussée n’existe pas.
                        Il faut des conditions idéales pour que cela fonctionne et ces conditions ne sont pas possible à mettre en place.

                      • foufouille foufouille 19 novembre 2013 19:56

                        donc c’est pas totomatique dans un seul sens ?


                      • eau-du-robinet eau-du-robinet 19 novembre 2013 13:53

                        Bonjour Xtf17,

                        Le revenu d’existence européen na aucune chance de voir le jour même pas avec deux millions de signatures !

                        Ceux qui font se genre de pétitions ne semblent pas connaitre le fonctionnement européen !

                        Les lois européens émergent de la commission Européenne ou siègent des gens non élus et qui sont sous forte pression par environ 15000 lobbyistes situé à Bruxelles.

                        Ses technocrates travaillent dans l’intérêt de l’oligarchie (intérêts privées) et négligent l’intérêt général !

                        Les traitées de Maastricht et de Lisbonne sont des traitées fait dans l’intérêt du monde de la finance avec un cap fix, la mondialisation (un système ou priment les bénéfices d’une minorité de gens sur les travailleurs, voire l’intérêt général) !

                        Le patronat en Allemagne se bat farouchement contre le salaire minimum
                        alors il ne faut même pas penser à leur parler d’un revenue d’existence !

                        Je tiens à rappeler que l’Europe à bloque le projet d’étiquetage des aliments avec les feux tricolores pour signaler les quantités des sucres, sels et graisses ceci sous la pression du lobby de l’industrie alimentaire.

                        Idem pour les OGM ... l’industrie ne souhaite pas d’étiquetage.

                        Ce que beaucoup de gens semblent avoir oublie c’est que les traitées de Maastricht et de Lisbonne ont été crée pour favoriser le dumping salarial ... ’’ directive Bolkestein ’’ indirectement mise en place (travailleur indépendant polonais).

                        1. Les abus du statut de travailleur indépendant

                        Si l’essentiel des abus observés concerne le détachement des travailleurs, force est de constater que le statut juridique des travailleurs indépendants est en principe beaucoup plus propice aux distorsions de concurrence. En effet, si le travailleur détaché devrait juridiquement bénéficier du « noyau dur » des droits des travailleurs du pays d’accueil, il n’est en revanche absolument rien prévu de tel pour les travailleurs indépendants. Il est vrai que ces derniers sont à eux-mêmes leur propre entreprise et qu’à ce titre, bénéficient pleinement du principe de libre prestation de service, qui inclut la libre fixation de leurs prix.

                        Il ne serait ainsi pas impossible qu’un artisan maçon ou plombier polonais propose en France ses services au salaire polonais, c’est-à-dire par exemple autour de 300 ou 400 euros par mois.

                        Les « carreleurs polonais » en Allemagne

                        Les autorités fédérales ont constaté avec étonnement que plusieurs milliers d’artisans carreleurs indépendants originaires de Pologne étaient envoyés chaque année en Allemagne.

                        Il s’est en fait avéré que de nombreux travailleurs polonais du bâtiment s’étaient, quelles que soient leurs spécialités réelles, effectivement inscrits comme carreleurs indépendants, dans la mesure où les modalités d’inscription en tant qu’artisan dans cette profession sont plus ouvertes que dans d’autres spécialités professionnelles en Pologne.


                        L’Europe n’est pas la solution l’Europe c’est le problème !

                        Programme de Libération Nationale - UPR


                        • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque (Courouve) 19 novembre 2013 14:21

                          Quel magnifique appel d’air pour l’immigration !


                          • Klisthène 2017 Kxyz 19 novembre 2013 15:09

                            oui pour qu’ ils soient les esclaves car pour distribuer des richesses ils font les produire..
                            cette idée est aussi louffok que de croire au père noel...
                            si ce revenu était mis en place les travailleurs n iraient plus bosser et où trouveriez vous les richesses à acheter...
                            ce qu il faut favoriser c est la diminution du temps de travail 32 h par exemple ce qui libérait du temps pour des familles pour s ’ occuper de leurs enfants de repenser en conséquence les rythmes scolaires .
                             de repenser notre société de consommation basée sur l ’obsolescence programmée et du gâchis camouflé par le recyclage..
                            et surtout de repenser nos territoires..


                          • Camille DESMOULINS Camille DESMOULINS 19 novembre 2013 16:55

                            Le débat sur le revenu inconditionnel d’existence promet d’être passionnant... à partir du moment où il y aura un véritable enjeu, c’est-à-dire quand il pourra être soumis à un référendum DÉCISIONNEL. Ce n’est pas le cas en Europe, car l’I.C.E. n’est qu’un leurre : la proposition - si elle recueille au moins 1 M de signatures dans au moins un quart des pays membres, est soumise à la Commission... qui en fera ce qu’elle veut, y compris l’expédier à la poubelle (ce qui explique pour une grande part le faible nombre de signatures...)
                            Et le référendum mis en place par Hollande en France (qui n’est que la mise en œuvre de la révision constitutionnelle de Sarkozy en 2008) relève de la même fumisterie : il faut 4,5 millions de signatures pour soutenir une initiative parlementaire rassemblant au moins 20 % de ses membres, sans aucune garantie de déboucher sur un référendum.
                            A l’inverse, en Suisse, une initiative citoyenne a abouti : les 100 000 signatures nécessaires (125 000 pour être plus précis) ont été récoltées, et la question du revenu d’existence débouchera donc sur un référendum avant 2 ans. Son résultat s’imposera aux politiques (même si à mon avis il sera probablement négatif : le « culte » de la « valeur travail » des Suisses ne leur permet pas d’envisager sereinement que l’on puisse empocher 2500 CHF sans contrepartie). Donc pour que des questions comme le revenu de base (et bien d’autres) puissent être posées, il faut d’ABORD conquérir l’outil (le référendum d’initiative populaire) qui permet de rendre la réponse efficiente ! C’est ce que les Allemands sont en train de faire au travers de l’association « Mehr Demokratie » (plus de démocratie) qui a imposé ce thème aux partis engagés dans les négociations pour la « grande coalition ». C’est ce que nous faisons en France avec l’association Article 3 (www.article3.fr)


                            • Ruut Ruut 19 novembre 2013 17:33

                              Le but c’est quoi ?
                              Celui qui reste chez luis a glander toute la journée, gagne autant que celui qui vas crever au travail ?
                              Au contraire, un salaire pour le parent qui reste a la maison et s’occupe des enfants, c’est logique.


                              • jpm jpm 19 novembre 2013 18:42

                                En fait le revenu de base est inconditionnel et versé sans conditions de ressources. Il est donc cumulable avec les autres revenus… ce qui fait que toute personne souhaitant améliorer ses conditions de vie ou celles de ses proches restera encouragée à travailler.

                                Le but c´est donc au contraire de développer l´autonomie et permettre à ceux qui décident de travailler pour autrui… d´être systématiquement récompensés de leurs efforts. Mais ceux qui décideraient de vivre plus simplement et plus modestement pourraient vivre comme ils l´entendent sans avoir aucune justifications à produire. Cela pourrait être par exemple, le cas de parents qui décident de se consacrer tous les deux à l´éducation de leurs enfants en faisant une pause momentanée dans leur carrière.


                              • cardom325 cardom325 20 novembre 2013 08:57

                                attention les judéo chrétiens sont de retour, un salaire pour un parent qui reste à la maison et s’occupe des enfants, allez jusqu’au bout de votre pensée, plutôt la mère qui torcherait les gniards, non ?

                                le revenu d’existence n’ a pas pour but de payer des glandeurs, car il serait notoirement insuffisant pour qui voudrait consommer beaucoup , mais il permettrait de choisir son temps de travail en fonction de ce que l’on souhaite comme pouvoir d’achat

                                Enfin ne vous leurrez pas, les patrons seront vent debout contre ce genre de répartition, vous pensez bien , de nos jours , le chantage à l’emploi est leur credo, assurer un minimum décent à chacun réduirait leur marge de manoeuvre


                              • ddacoudre ddacoudre 19 novembre 2013 20:06

                                bonjour Xtf17

                                il est difficile de s’opposer au revenu d’existence, mais nous ne sommes que des humains et nous ne nous attachons pas à ce qui est abondant. c’est un vieux atavisme du monde qui impose que pour s’allier deux choses doivent s’attirer, en bref il faut qu’il existe un attracteur. Donc si nous souhaitons que ce revenue fonctionne, il lui faut un attracteur. en 1982 j’avais soulevé la problématique d’où nous retirerions nos revenus si 10 millions de citoyens suffisent a faire fonctionner l’économie. après de longues réflexions discutions opposition et contre verse, j’en ai déduit que devant l’évolution où* nous n’avons plus besoins du travail de tous il fallait rémunérer les hommes pour qu’ils apprennent tout au long de l’existence et disposer ainsi d’une ressource complémentaire ou de remplacement pour une activité essentielle à laquelle nous devons toutes nos créativités l’apprentissage des Savoirs.
                                La question sous roche est quand nous ne sommes pas tenu par l’activité travail à quoi consacrer notre existence, le complément d’existence n’y répond pas, mai Jean Marie Albertini avait donné une réponse.http://ddacoudre.over-blog.com/pages/remunerer-les-hommes-pour-apprendre-7538257.html.
                                http://ddacoudre.over-blog.com/pages/la-rarete-est-une-invention-geniale-7886790.html.
                                pour lire mon essai c’est ce lien http://vicno.web4me.fr/orage-de-plumes/.
                                cordialement.


                                • HerveLE HerveLE 19 novembre 2013 23:01

                                  Il n’y a aucun salut à attendre de l’europe, cette coquille qui prétend se supplanter à nos états nations.


                                  Mettre 27 pays d’accord, c’est au dessus des forces meme de Chuck Norris

                                  • Yohan Yohan 21 novembre 2013 10:32

                                    C’est de la connerie ce truc. Au début, on demande un revenu de base, puis on va en vouloir toujours plus. Des droits sans devoirs, c’est la pire des choses...

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