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Accueil du site > Actualités > Europe > Le rôle des médias belges dans le débat politique actuel : un pouvoir de (...)

Le rôle des médias belges dans le débat politique actuel : un pouvoir de réunification qui reste partisan

L’impact des médias sur l’opinion publique est connu et reconnu, depuis longtemps, à la fois par celui qui les suit, et par le monde politique qui les observe. La particularité de la cohabitation de deux groupes linguistiques principaux dans un même Etat, en Belgique, cette particularité qui se retrouve dans les institutions, la répartition des pouvoirs, le vécu quotidien de ceux qui vivent sur un territoire polyglotte, se retrouve également dans les médias. Cet article va essayer de montrer de quelle manière ceux-ci sont, par la séparation linguistique, amenés à jouer un rôle dans le problème de l’identité belge, là où leur puissance d’influence pourrait très simplement donner des perspectives communes aux deux communautés.

Je vais commencer par montrer que l’évidence apparente du concept de conflit linguistique cache en réalité un univers très complexe, en débutant ce cheminement de pensée autour de ce qu’est l’homme politique.

Les hommes politiques. Tout un programme de parler d’eux, me direz-vous. Je vais essayer. Je vais me mettre à leur place. "Bon, ça y est, j’avais des idées, un certain regard sur la Belgique et le monde, et on m’a élu. Maintenant, je vais devoir faire ou en tout cas essayer de faire ce que je me suis engagé à faire. Auprès de ceux qui ont voté pour moi et mes idées. Et puis, je verrai bien comment ils réagissent aux imprévus." Voilà, ça tient à ça. Mais il y a le monde politique et la construction juridique belge, très particuliers, qui compliquent ce qui a commencé simplement. On n’est pas en France avec la voie royale à la présidence républicaine.

Et dans les faits, ce qui se passe est effectivement très complexe, je me demande parfois si chaque Belge pour pouvoir prendre parti ne doit pas être politologue, ce qui n’est pas mon cas. En gros, il y a les Flamands qui veulent plus qu’ils n’ont, et refusent de concéder quoi que ce soit. Puis, il y a les francophones qui n’ont pas beaucoup et qui se disent que, si on leur prend plus, ils n’auront plus rien. Maintenant, reste à savoir ce qu’est un Flamand et un francophone. Bon, c’est simple : ils parlent réciproquement le flamand et le français. Pas étonnant qu’ils ne se comprennent pas ! Ah, mais, en fait, ils arrivent très bien à parler la langue de l’autre, quand ils veulent. Faudrait pas imaginer que ce ne soit qu’un conflit linguistique. C’est un conflit sur le financement des régions et communautés, et la répartition des territoires périphériques de Bruxelles. Territoires riches, ce qui revient à dire lié au financement.

Je crois, si je ne me trompe pas, qu’en Italie, ils ont aussi ce problème de financement entre régions riches et régions pauvres. Et les régions riches veulent devenir autonomes, comme ici on va dire "à l’extrême" en Flandre. Mais le problème, s’il est récurrent, est vite effacé par l’argument de solidarité nationale, enfin j’imagine. Je me demande quelle est la raison pour laquelle cette solidarité nationale met tant de temps à se manifester en Belgique. Au niveau politique, en tout cas. "Les riches veulent tout pour eux et abandonner les pauvres", c’est pas vraiment un argument de campagne électorale.

Pour poursuivre cette petite réflexion que j’espère de bon sens, je recherche la raison pour laquelle les riches Belges envisagent, en tout honneur, de laisser les Belges moins riches s’en sortir sans eux. Il doit y avoir quelque chose qui joue à la fois sur la séparation entre riches et pauvres et sur l’honneur qu’ils ont (ou pas) de leurs identités. Ah, mais il se fait que, justement, les riches sont ceux qui parlent flamand, et les pauvres, le français. Et voilà le cœur du problème : il y a une construction de l’identité linguistique qui cache des intérêts financiers. Je crois que si on parlait tous la même langue, le problème serait presque le même : comme en Italie. Et, comme en Italie, le problème resterait mineur.

La solution que je m’imagine, c’est de déconstruire cette identité linguistique. Je suis naïf peut-être, mais si DEUS arrive à réunir dans un concert polyglotte, on pourrait imaginer quelque chose du même ordre à un autre niveau. Lorsque je me mets à la place des hommes politiques, avec leur équipe d’observation des médias et de l’opinion, ils se soucient de ceux qui ont voté pour eux. Et on vote en fonction de la langue, et donc les médias surveillés par le politique sont ceux de son groupe linguistique. En tout cas, c’est lui qu’il va essayer de satisfaire, là où les médias de l’autre groupe seront vus comme propagandistes, identitaires, etc.

Et puis. Triste Belgique où les médias le sont effectivement, où le vecteur "langue parlée" véhicule des idées engagées à ceux "dont la langue signifie riche ou pauvre". Moi, très personnellement, je crois à l’immense responsabilité des médias dans toute cette histoire. Ils agissent comme un écho qui s’amplifie entre le discours journalistique et le discours politique, qui résonnent en commun. Je trouve que l’initiative du Soir et du Standaart, qui était simplement de faire paraître dans une édition traduite le journal de l’autre communauté, était excellente. Et qu’il faudrait aller plus loin, rendre cette action pérenne, jusqu’à fusionner les opinions au-delà des identités linguistiques, pour retrouver une identité belge traduite en deux langues, et qui autorise une vision globale de ce qui se passe, et pas une demi-vision, systématiquement partisane.

Celui ou celle qui trouvera le courage de parler à tous les Belges de ce qui se passe, en tenant le même discours clair sur toute cette mesquinerie identitaire et sur le délabrement réel de certaines parties du pays, celui-là qui arrivera à envoyer aux politiques une image unie de ce que pense le Belge, celui-là qui les réunifiera tous dans une opinion commune, celui-là, je crois qu’il tendra la solution clés en main aux hommes politiques. Ou, pour le dire autrement, si un journal d’une des deux communautés avait le courage de sortir en édition traduite, non seulement le contenu, mais également le lectorat, se trouveraient élargis. Quel francophone ne s’est jamais demandé ce dont était fait l’actualité flamande, et le contraire est vrai aussi. La solution : diffuser un contenu critique de l’actualité en bilingue, avec la responsabilité de former une vision unie et distanciée à ce qui se passe dans tout notre pays.

On me reprochera peut-être d’être simpliste, de postuler l’existence d’une "identité belge" là où il n’y a que des conflits, de réduire flamand à "riche et égoïste" ou encore francophone à "pauvre et misérable". De me dire que l’opinion repose exclusivement sur le médiatique sur lequel repose également le politique. Mais, dans les faits, il y a une identité belge, et si on en vient à se dire qu’il n’y a que des communautés, c’est par le parti pris des médias qui défendent les intérêts de son auditorat. Les connaissances que nous avons de ce qui se passe dans le débat politique est toujours orienté par le vecteur linguistique, ce qui construit cette identité de la langue, dans une confusion entre communauté et richesse. Sortir du "conflit entre communauté" pourrait très bien passer par le dépassement de ce vecteur linguistique pour dire les intérêts au-delà de l’identité communautaire, et sous cet angle global de la situation belge, le discours partisan laisserait place à ce qui me semble être la seule solution possible, quand on quitte l’identitaire : la solidarité.


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8 réactions à cet article    


  • faxtronic faxtronic 2 juin 2008 13:36

    Mon point de vue de francais vivant en Belgique.

    Le gros probleme en belgique,c’est qu’il n’y a pas de partis politiques trans-communautaire, donc chaque homme politique trvaillent pour ses propres electeurs, donc sa propre communaté, et les conflits communatires ne sont que de conflts de partis politiques, par communautés interposés.

    En gros, il n’y a pas d’homme politique belge.

    La belgique ressemble a l’Europe, Il y a un peuple europeen theorique, mais en pratique non. C’est un ensemble de democraties, mais pas une democratie en elle meme.

     

     


    • Adonis Adonis 2 juin 2008 15:33

      Tout bon votre article. Hier encore, lors de l’émission "Mise au point", j’ai envoyé un mail pour demander à l’animateur du débat, Olivier Maroy, de cesser de jeter à tout bout de champs de l’huile sue le feu à propos du "communautaire" ! Comme vous, je rêve de voir un journal télévisé à destination de tous les belges et pas seulement à l’intention d’une communauté linguistique. J’approuve totalement les initiatives de la Communauté Française d’intensifier l’apprentissage du néerlandais dès le plus jeune âge en espérant qu’il n’est pas trop tard pour l’unité du pays !


      • Reflex Reflex 2 juin 2008 16:32

        Napax nous prévient : il n’est pas politologue. On l’aurait parié à 100 contre mille ! Rarement, il nous a été donné de lire un brouet mélangeant à la fois les questions linguistiques, politiques, communautaires et économiques. Heureusement, la plume a reculé devant le clivage philosophique.

        Pas étonnant que la Belgique s’évapore quand ses cerveau se livrent à de telles élucubrations. Allez Napax, encore un effort et vous imploserez avec le pays qui vous vit naître. Car, bien sûr, tout cela est de la faute des vilains journalistes qui refusent de comprendre les politiques et ceux qui les portent au pouvoir.


        • napax 2 juin 2008 19:28

          @faxtronic

           

          Il existe une identité belge légale, culturelle, trans-communautaire : de l’état fédéral à la culture populaire, la belgique est unie. Il est vrai qu’il existe des conflits d’intérêts, mais cela est propre à toute démocratie, que ce soit en France, en Italie, ou en Espagne. La singularité des difficultés rencontrées en Belgique est, selon moi, lié à l’assimilation des intérêts financiers à l’identité linguistique. Et à cette singularité vient s’ajouter le problème de diffusion de l’information de manière orientée en fonction du groupe linguistique. Cette diffusion partisane amène les individus à considérer les hommes politiques belges, bilingues et représentants de tout le peuple belge (comme inscrit dans la loi) en fonction de leurs appartenances linguistiques, etc.

           

          La parallèle avec l’Europe est intéressant : vous dites qu’il n’existe, pratiquement, que des démocraties unies par un lien, théorique. C’est vrai que l’on se sent plus français qu’européen, mais il est possible de se sentir plus parisien que français. Et, dans les faits, il y a une identité européenne, une monnaie unique et une solidarité financière, à travers les aides que l’Europe donne aux pays en difficultés. Cela a permis, par exemple en Espagne ou en Irlande, d’améliorer la qualité de vie des habitants de ces pays. Et c’est à ce niveau là que l’identité européenne existe réellement, là ou il y a des sentiments d’identités nationales.

           

          Et c’est là que la situation des identités affectives, dans la Belgique appartenant à l’Europe, est un peu dérisoire : "Je me sens plus francophone que belge, donc je vais manifester mon mépris de la Belgique et ceux qui la défendent". Un peu comme si un français disait : "Je me sens plus français qu’européen, donc je vais manifester mon mépris de l’Europe", en omettant par exemple les avantages que l’Europe apporte à l’agriculture française. Cette prédominance de l’affect dans le débat, qui semble ridicule dans cet exemple de la France et de l’Europe (qui est au passage une idée de l’extrême droite française), cette prédominance est permanente dans le paysage médiatique belge, ainsi un édito du Soir se réjouissait de l’avancement de la construction de l’identité francophone, en réponse à l’identitaire flamingant - qui n’est jamais que minoritaire, mais qui a un impact médiatique fort. 

          @Adonis

           

          Nombreux sont les soutiens populaires à la Belgique. Que ce soient les bruxellois, les flamands ou les wallons, nous avons à la fois une histoire commune, entre nous, une culture, une construction légale, et une interdépendance financière quoi que l’on puisse penser. Cette inquiétude, je l’ai aussi devant les médias, mais quand je me promène à Bruxelles et que j’entends tous ces gens de toutes cultures vivre ensemble, je retombe dans la réalité d’une cohabitation sereine tangible. Et dans tous les pays, les politiciens sont en conflits, c’est l’art de vivre en démocratie, mais je ne pense pas que les belges laisseront la Belgique exploser.

          @Reflex

           

          Votre réponse est probablement la plus significative, et ce à plusieurs niveaux. Je vais m’appliquer à vous répondre correctement.

           

          Tout d’abord, vous êtes non pas dans une critique argumentée de ce que je dis, mais péjorative et méprisante à mon égard. Cette réaction affective, je n’en extrais que deux critiques cyniques : que mon texte est un brouet déstructuré qui mélange tout, et le suivant que les journalistes s’efforcent de comprendre les politiciens et ceux qui les portent au pouvoir.

           

          Je reconnais que mon texte n’est pas la quintessence du style journalistique, mais il me semble que pour traiter les problèmes sociétaux et politiques, l’approche large est nécessaire, puisque ces problèmes sont eux-mêmes globaux. Dire que l’identitaire flamingant n’est pas lié à l’économique, que l’image de Leterme n’est pas véhiculée de manière différente selon les médias, que l’opinion publique n’est pas construite par le sentiment identitaire sur lequel jouent ces mêmes médias, c’est rester cloisonné entre différentes approches qui ne sont jamais que partielles, et qui est le principe dont je cherche à m’éloigner dans cet article. Un peu comme je trouve ridicule les journalistes lorsqu’ils parlent du salon de l’auto puis, "sans transition", du taux élevé de particules polluantes dans l’air : il me semble qu’entre l’industrie automobile et l’environnement, il y a un lien non-négligeable et qui discrédite les journalistes lorsqu’ils se contentent d’un "sans transition". Cet article vous a éventuellement semblé être une soupe, mais il m’a semblé structurer mes arguments et arriver à une solution possible, et c’était là mon objectif : réaffirmer la possibilité de la solidarité, et le rôle des médias dans ce possible.

           

          Je suis entièrement d’accord lorsque vous dites que les journalistes s’efforcent de comprendre les politiciens et ceux qui les portent au pouvoir. Vous êtes vous-même journaliste professionnel, et je ne doute pas de votre sincérité. Mais ce qui me semble, à moi en tout cas, évident, c’est qu’ils les comprennent dans le jeu affectif d’un débat qui se devrait de rester ouvert, critique et distancié, et non pas fermé, partisan et affectif. Votre réaction est d’ailleurs tout à fait significative du monde journalistique : affective, et méprisant ceux qui ont une approche à froid du problème. J’ai, avant de proposer cet article à agoravox, essayé de le mettre sur les forums du site du Soir, et ils me l’ont refusé, sans plus d’explications. En quelque sorte, une forme de censure, comme vous qui me jugez inapte à avoir une opinion valable. Et c’est là que le cinquième pouvoir joue un rôle destructeur : il refuse le débat pour rester dans l’affectif, et censure ceux qui veulent le responsabiliser. Cette dimension affective, pourtant, est dangereuse, surtout lorsqu’elle cherche le conflit. C’est sur elle que reposent les guerres. C’est ici qu’Agoravox devient nécessaire, et je les remercie de permettre ce débat.

           

          Mais si ce cinquième pouvoir n’agit pas de manière responsable, ou réfléchie, il n’en reste pas moins qu’il peut le faire, et que ça pourrait changer beaucoup, beaucoup de choses dans la sphère politique. C’était en quelque sorte le message véhiculé par les arguments de mon article. Je regrette que vous n’ayez pas saisi le fond de mon propos pour rester dans le mépris de la différence d’opinions et le conflictuel. D’autant plus que vous êtes journaliste.

           

          Cordialement, napax.


          • Reflex Reflex 2 juin 2008 22:53

            Croyez que je suis désolé de vous être apparu méprisant tandis que vous tendiez à structurer votre approche de le Belgique. Un Etat-prétexte dont nous savons qu’elle joua un rôle de tampon entre les superpuissances qui la portèrent sur les fonts. Avec d’autres intervenants, je me risque à analyser l’actuelle situation comme la persistance de ce tampon, fort inutile au vu de la prégnance européenne.

            Ce pays illusoire, de plus en plus résiduaire, se maintient pas ses affects communautaires bien plus que régionaux. L’Europe des Régions a vocation de supplanter, dans les régions frontalières tout au moins, l’Europe des Nations. Ainsi, je doute fort que le Sud-Luxembourg s’estime wallon quand le Nord de cette province demeure ouverte à Liège et son esprit principautaire. Toute française qu’elle soit, Lilles noue des accords, notamment médicaux, avec la Flandre. Les exemples sont à cet égard multiples et ne cesseront de s’amplifier.

            Certes, les Etats-Nations ne disparaîtront pas du jour au lendemain mais ils perçoivent sans peine que leurs pouvoirs régaliens vont s’effilochant. La colère de la France, en passe ; lundi, de se faire sermonner une fois encore pour l’ampleur de ses déficits publics démontrent que, tôt ou tard, l’harmonisation fiscale s’imposera comme la coopération judiciaire se développe et l’armée européenne devient réalité.

            Croire les journalistes de complaisants relais des élus relève majoritairement d’un fantasme. Au contraire du temps révolus des "piliers" où l’on pouvait relever pareilles proximités. Aujourd’hui - hélas pour mes jeunes confrères -, ils ont gagné en indépendance politique ce qu’ils ont perdu en indépendance économique. Les titres de l’ex-groupe Vers l’Avenir sont propriété du néerlandais Corelio, devenu premier éditeur de presse quotidienne belge (!) après avoir appartenus des décennies durant aux doyennés catholiques fédérés autour de l’évêque de Namur.

            Fer de lance du libéralisme d’abord, du combat francophone ensuite, Le Soir et ses satellites de presse régionale (Sud-Presse) se maitiennent à flot grâce à leur pôle français de La Voix du Nord. Bref, la presse traditionnelle tout comme ses prolongements dans les nouveaux médias (on n’y par plus que de "crossover") est de moins en moins porteuse d’une idéologie, voire même d’un simple engagement. De tous temps soumise à des impératifs économiques, la presse se résume aujourd’hui à des marchands de papier où les plans de redressement succèdent aux charrettes de licenciements.

            Votre mésaventure, napax, vécue avec Le Soir illustre bien la portion congrue qui reste dévolue au débat. Le quotidien ne s’en cache pas, qui calibre les contrbutions "souhaitées" de ses lecteurs. N’oublions pas que derrière le sourire de Béatrice Delvaux se cache l’homme qui introduisit la presse de caniveau en Belgique avec la Dernière Heure. A La Libre Belgique, les airs patelins de Michel Könen n’ont jamais convaincu sa rédaction qui toujours a sanctionné sa démarche par des votes de défiance. Dans le monde de la presse périodique dite de qualité, Le Vif a cannibalisé le secteur francophone comme son homologue Knack - lui aussi propriété du groupe Roularta - les publivations néerlandophones. Mieux, Roularta s’est aujourd’hui offert L’Express français et Le Vif, après avoir débarqué son directeur de la rédaction, ests devenu la voix de son maître.

            Lumpen prolétaires du clavier, du micro et de la caméra, les journalistes sont aujoudr’hui (mal) payés pour toujours plus produire, au détriment du nécessaire recul à une analyse apaisée, à une production de qulité . Or, comme les multiples écoles de journalisme (j’ignoraisque ce métier s’apprenait sur les bancs d’une haute école ou d’une faculté quand la constitution consacre, via la liberté de la presse l’accès de chacun à la profession) vomissent chaque année trois fois autant de diplômés que ne le nécessite le simple renouvellement des départs naturels. L’inévitable darwinisme qui en résulte rend vain l’expoir d’un gain qualitatif de notre presse et de son sens critique. Non qu’ils manquent du talent pour ce faire. Dans la curée de la chasse à l’information, dans des jounaux électroniques produits à jets continus, le temps est le plus précieux des gages de qualité et d’indépendance. Aujourd’hui, pour la Belgique comme pour sa presse, le temps est compté.


          • faxtronic faxtronic 3 juin 2008 10:02

            A napax :

            Bien que Francais, je ne connais pas du tout le coté francophone : Ik woon in gent, maar Ik will wonen in brussels vanaf september. Je ne connais pas du tout le coté francophone.

            Coté flamand, il est rien est de dire que la nation est d’eabord la nation flamande. Je travaille avec des etudiants a Gand, qui vienne des alentours de Gand (Kortrijk, Brugge, Oostende) : Deux constats :

            - La plupart ne connaissent pas, ne serait ce que Bruxelle. Cela fait trois and que je vis en Belgique, il a fallut que moi le fransquillon fasse le guide a Bruxelle car ils n’etaient quasimenet jamais allé. C’est a 25min en train...

            - Ils ne connaissent de la Wallonnie que ce qui se dit dans les journeaux, c’est a dire que maintenant pour moi, la Wallonnie est un desert economique peuplé d’arrieré mentaux socialiste de surcroit. En exagerant legerement. Je ne suis aller personnellement qu’a Charleroi, qui a confirmé mes craintes. Meme mon amie chinoise etait horrrifiée de la ville : c’est l’afrique. Surement que la wallonnie c’est jolie, mais ici les medias ont mis tellement d’idee dans la tete des gens que s’est difficile de les enlevés.

            - Ils ne parlent que tres peu le francais, mais aime bien la France, surtout pour les vacances.

            Ils sont tous pour une separation plus ou moins marqués a l’interieur de l’etat federal belge pour certain, d’un federation benelux pour d’autre. ou bien independant (mais surement pas lavec es hollandais !!). dans les villages pendant les fetes il y a les drapeaux flamands et les drapeaux europeens. le tricolore braband est a la mairie, et encore.

            Il y a belle et bien une nation flamande unie, phenomene que ’l’on ne retrouve pas en France (et pourtant mes grands parents sont corses, mais meme en Corse ils sentent infiniment plus francais que les flamands se sentent belges).

            En ce qui concerne les politiques, voire mon commentaire plus haut, Tant qu’il n’y aura pas de partie trans-communautaire, la faille s’aggrandira


          • dom y loulou dom 3 juin 2008 13:18

            des parties transcommunautaires ne manquent pas, partout, encore faut-il vouloir leur adresser la parole et travailler avec eux. D’autres solutions existent que la séparation entre les hommes, autres que uniquement les compétitions sportives. Il y a la musique, universelle, mais pas politique... mais en politique aussi il y a toutes sortes de modèles d’union et entre les extrêmes toutes sortes de modérés agissant justement comme médiateurs.

             La premièe question devrait être :

            Oeuvrons-nous vers la séparation ou pour l’union ?

            On ne peut sortir de ce directionel-là, de cet axe-là, qu’on le veuille ou non. Et, finalement, heureusement qu’il n’y a que deux options et pas trente six mille. On oeuvre ou pour l’un ou pour l’autre, pas de juste milieu ici.

            Et bien sûr, chercher l’union entre mêmes membres est facile, mais pour unir des opposés il faut beaucoup plus d’efforts, donc on ne s’étonne pas que la plupart cherchent l’identité dans la confrontation, simplement parce que cela affermit leur identité, mais dévaste l’union, le ciment fraternel.

            Ainsi notre identité peut être vecteur d’union ou de séparation, si elle est proposée en atout pour les autres elle a pour effet de cimenter les relations, si c’est dans la vantardise l’identité se vide de toute substance et nous relègue aux confrontations de plus en plus absconnes pour ne finalement plus qu’exister dans la couleur d’un drapeau ou la marque d’une bière.

             

            Une identité nationale est à mon avis toujours très vaste, au point qu’aucun d’entre nous ne connait même sa propre culture entièrement et donc souhaiter les éclatements communautaires et les ruptures est l’apanage des fous parce que c’est le symptôme-même de la maladie.

            On privilégie croissance ? Mais pourquoi pas toutes les croissances ? L’économie ne suffira jamais pour renouer avec l’équilibre du vivant, nous le voyons tous les jours.

            Les liens qui doivent grandir mais peuvent toujours rétrécir : les liens entre les hommes auxquels il faudra toujours veiller.

            Ces liens sont structurels, amicaux, amoureux, mais il est plus que hasardeux de vouloir prendre un homme comme point de réunion, une vraie folie, parce que même si on pouvait faire cela toute identité se noierait dans la sienne. N’est-ce pas ? Et le bonhomme aurait bien du mal à renvoyer chacun à ses valeurs intimes qui donnent un axe réel dans la vie ou alors il serait un fou se croyant assez vaste pour imposer une identité impériale à ses congénères.

             

            C’est là que l’aspect spirituel entre en ligne de compte, parce que seul le sens transcendant vis-à-vis de ce qui nous dépasse nous ramène chacun à notre taille d’origine. La vie elle-même nous dépasse, soyons assez humbles pour le voir. Et c’est l’univers qui décide de notre taille réelle et pas nous, quoique nous essayons de faire pour nous prouver le contraire.

            le meilleur lien que les créatures naturelles ont trouvé pour oeuvrer en concert tout en s’observant d’un prédateur à l’autre est la résonance par sympathie, quand celle-ci est asente il n’y a simplement pas de lien.

            Comme entre les babouins et les lions, partageant les mêmes territoires mais ne se croisant jamais. Ils vivent en bonne intelligence donc, car ils savent que s’ils se confrontent ce sera la boucherie, alors ils ne se regardent pas, c’est de la haute civilisation empreinte de retenue plus que de fureur. 

             Les aoms ont encore la chance supplémentaire de pouvoir user de mêmes langages et d’utiliser la parole plutôt que les mains et les dents pour communiquer.

            Pourtant certains hommes semblent enclins à revendiquer leur identité justement auprès de ceux qui ne les supportent pas et ensuite ils se demandent pourquoi ils sont dans des confrontations violentes permanentes qui semblent irréconciliables. Elles ne le sont uniquement si on veut imposer un mode de vie à d’autres qui en ont déjà un et ne souhaitent pas en changer. C’est le prototype-même de l’anti-civilisation qui ne fait qu’exacerber les polarités plutôt que de suivre le bon vieil adage "vivre et laisser vivre".

             

            pfouh... encore un pavé.


          • Parpaillot Parpaillot 2 juin 2008 23:46

            Merci à l’auteur pour son article et surtout pour son analyse et son approche constructive du problème ! Ayant lu les derniers articles parus sur AV traitant de la situation politique belge actuelle, je trouve l’auteur courageux et positif. Il porte un regard différent sur cet affrontement belgo-belge.

            N’étant pas Belge et connaissant peu ce pays, il m’est difficile de porter un jugement et je m’en garderai bien. Il se trouve cependant que je vis moi aussi dans un pays multilingue.

            Dans un article paru le 27 mai dernier sur ce site, Sylvain Rakotoarison citant le journal néerlandais De Standaard qui abordait les aspects de la dissolution de la Belgique et son (utopique) partage entre Pays-Bas et France sur la frontière des langues, relevait que « la langue fait rarement le peuple ».

            J’en suis convaincu moi-même. En Suisse où nous suivons avec curiosité l’évolution de la situation politique belge, nous ne comprenons pas les causes de vos problèmes et nous doutons fortement que ces causes soient de natures essentiellement linguistiques, car pourquoi alors ce qui fonctionne en Suisse ne le pourrait en Belgique ?

            Vous soulevez la responsabilité des médias qui jetteraient de l’huile sur le feu, à quoi on pourrait ajouter la scission des partis qui s’opère non pas selon des critères politiques, mais linguistiques ...

            Certes nous avons nous aussi nos problèmes, certes l’histoire de nos pays respectifs est différente, certes les problèmes économiques existent et vous les avez relevés dans votre article, mais pourquoi tant d’incompréhension et de blocage entre Flamands et Wallons et surtout quelles solutions ?

            Cordialement !

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