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Le Royaume-Uni a-t-il toujours sa place dans l’Union européenne ?

La première partie de cet article a montré que l’histoire des relations de la Grande Bretagne à l’intégration européenne avait été marquée, plus que pour aucun autre Etat membre, par une série de malentendus et de discordes. Les années 1990 ont vu naître une solution aux éventuels blocages pouvant résulter de ces désaccords sur les politiques à mener en commun au niveau européen : les « opt-outs », qui ont ouvert la voie à une intégration différenciée. Partant de ce constat, une question se pose : à quel jeu le Royaume-Uni joue-t-il en ce moment ?


- Retour à la partie précédente : Aux origines d’un malentendu


« Lignes Rouges » et « opt-outs » britanniques dans la négociation sur le nouveau Traité Réformateur

Le recours aux opt-outs s’est perpétué depuis de la relance des négociations sur l’avenir institutionnel de l’Union, avec le lancement d’une nouvelle Conférence Intergouvernementale (CIG) le 23 juillet 2007. Cette dernière devrait aboutir à la signature d’un « Traité Réformateur » d’ici la fin de l’année. En amont des négociations, le cabinet de Tony Blair, à l’époque encore Premier ministre, avait défini quatre « lignes rouges » que le mandat de la nouvelle CIG devrait respecter pour obtenir le soutien du Royaume-Uni (nécessaire du fait de

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Tony Blair, ancien Premier ministre du Royaume-Uni
Jeune Premier ministre, il promettait beaucoup quant à son engagement pro-européen, et voulait ouvertement renforcer l’engagement - et ainsi le leadership - européen de son pays. Dix ans après son accession au pouvoir, les résultats sont mitigés. (source : www.plusnews.fr)

la règle de l’unanimité en vigueur pour la réforme des traités). Cette méthode devait assurer que le nouveau traité n’entraînerait « aucun transfert de compétences à destination de l’Union européenne dans les domaines d’une importance centrale pour la souveraineté britannique ». La pratique n’est pas nouvelle et avait déjà été utilisée pour Maastricht, Nice et dans le cadre de la Convention. Il s’agissait avec ces quatre lignes rouges de

1) maintenir une politique étrangère et de défense indépendante et autonome,

2) assurer la protection du système fiscal et de sécurité sociale britannique,

3) préserver la législation du travail en vigueur au Royaume-Uni et, enfin,

4) défendre le système juridique britannique de « common law », en particulier en ce qui concerne les procédures policières et judiciaires.

Dans son discours aux Communes le 23 juillet 2007, jour du lancement officiel de la CIG, Jim Murphy, le ministre des Affaires européennes du nouveau Premier ministre Gordon Brown, avait estimé que l’accord sur le mandat de la CIG obtenu à la fin de la présidence allemande respectait ces quatre lignes rouges grâce à une série de clauses arrachées par le gouvernement britannique aux autres gouvernements européens. Le respect des conditions posées par le Royaume-Uni est selon lui permis par

1) la non-communautarisation de la PESC et le maintien d’un « Haut Représentant pour la PESC » en lieu et place du poste de « ministre des Affaires étrangères » prévu par le Traité Constitutionnel ;

2) l’absence de nouvelles compétences communautaires en matière fiscale ;

3) l’opt-out obtenu par le Royaume-Uni sur l’application contraignante de la Charte des droits fondamentaux afin d’empêcher que celle-ci entraîne le développement de droits sociaux contraires à la tradition britannique ;

4) l’opt-out obtenu par le Royaume-Uni sur la communautarisation (1er pilier) de la coopération policière et judiciaire en matière pénale (jusqu’alors encore contenue dans le 3e pilier intergouvernemental) afin de préserver le système de common law.

’The Greatest threat since WWII’L ou comment faire de la désinformaion grand public
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Le tabloïd The Sun, qui est réputé pour sa verve anti-européenne, a lancé il y a quelques jours une grande campagne en faveur d’un référendum sur le Traité réformateur. On pourrait penser, avec une grille de lecture « continentale » que ce genre d’initiative sert la démocratie et le débat d’idées. En règle générale, qu’on soit pro ou anti-européen, on ne peut pas prétendre le contraire. Sauf que dans le cas précis du Sun on est face à un tabloïd auquel le mensonge ne fait pas peur et qui s’est illustré ces dernières années comme l’un des plus diffamatoires et mensongers sur les problématiques européennes. Dans son édition du 24 septembre, The Sun titrait ainsi, à propos du Traité simplifié : « The Greatest threat since WWII (la plus grande menance depuis la Seconde Guerre mondiale) » et appelait les citoyens britanniques à signer leur pétition pour la tenue d’un référendum sur le Traité simplifié. Le ton est populiste, comme d’habitude mais cette fois, on peut tout de même y lire des débordements outrageants du type : « We won that titanic struggle against the roaring guns of Nazi Germany. But we risk losing an equally crucial battle without a shot fired or a voice raised. (Nous avons gagné ce combat de titans contre les fusils grondant de l’Allemagne nazie. Mais nous sommes sur le point de perdre cette bataille sans que le moindre coup de feu ne soit tiré et la moindre voix ne soit haussée. » L’ensemble du texte est un tissu de mensonges et de provocations de ce type. S’opposer et proposer une critique constructive est une chose, mentir et faire du populisme en est une autre.
- La campagne du Sun pour la tenue d’un référendum britannique sur le Traité Réformateur
- Le dossier spécial Traité simplifié du Journal The Sun

Tout ça pour ça ? Secrets et mensonges sur la portée des exigences britanniques

Ces résultats, en particulier les deux opt-outs, que le gouvernement de Sa Majesté présente volontiers à son opinion publique comme des victoires essentielles, sont-elles vraiment si décisives que cela ? Ce n’est pas si sûr... En effet, en ce qui concerne la PESC et la politique fiscale, il n’avait jamais été sérieusement question d’arriver à une communautarisation plus importante dans ces domaines dès lors que les gouvernements s’étaient accordés sur le principe d’un « traité simplifié ». De son côté, le maintien du titre de « Haut Représentant pour la PESC » s’apparente à une facétie terminologique, celui-ci conservant l’essentiel des attributions que le Traité Constitutionnel conférait au ministre des Affaires étrangères, en particulier son double siège au sein de la Commission et du Conseil.

Au sujet de la coopération policière et judiciaire en matière pénale, on peut penser que le Royaume-Uni, très sensible à la question de sa sécurité nationale, devrait souvent faire jouer son « opt-in » afin de profiter des bénéfices de la coopération entre Etats, à l’instar de son attitude envers le système Schengen. Enfin, en ce qui concerne la Charte des droits fondamentaux, il faut rappeler que le chapitre IV sur la « Solidarité » ne contient que des droits sociaux soit déjà établis dans le droit communautaire (comme le droit à l’information et à la consultation des travailleurs ou le droits à des conditions de travail justes et équitables), soit faisant référence explicite aux « modalités établies par les législations et pratiques nationales » (au sujet par exemple de l’aide sociale ou de la protection de la santé). L’application contraignante de la Charte semble donc loin de menacer le droit social britannique, ce qui d’ailleurs n’est pas surprenant. Il faut en effet rappeler que la Charte avait déjà été acceptée par le gouvernement britannique au sein de la Convention chargée de sa rédaction, au moment de sa proclamation solennelle lors du traité de Nice en décembre 2000 et enfin, à l’occasion de la signature du Traité Constitutionnel (dont elle constituait la partie II, légalement contraignante) à Rome en 2004.

Derrière l’attitude britannique dans les négociations actuelles, on décèle donc avant tout l’obsession du gouvernement de donner des gages de son engagement à empêcher l’avènement d’une Union européenne dotée de caractéristiques étatiques. Ceci est en effet considéré outre-Manche comme la dilution totale de la souveraineté et de l’identité britanniques. Il s’agit donc de retirer au futur traité tout caractère constitutionnel (comme par exemple une Charte des droits fondamentaux) et de multiplier les références à la préservation de la souveraineté britannique. Le but ultime étant d’éviter de devoir tenir la promesse, annoncée par Tony Blair à propos du Traité Constitutionnel, d’une ratification par référendum... que Gordon Brown semble considérer comme perdue d’avance. Dans une perspective « sarkozyenne », on serait tenté d’y voir une attitude pro-européenne, car destinée à empêcher le blocage de la relance institutionnelle par les citoyens. Sauf que...

Les limites d’un rapport à l’Union européenne fondé sur les doubles discours

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Gordon Brown, Premier ministre britannique
Le nouveau Premier ministre travailliste est réputé moins euro-enthousiaste que son prédécesseur, en particulier en ce qui concerne toute incursion communautaire dans le droit social britannique. Il suscite des interrogations : résistera-t-il aux appels en faveur d’une ratification du Traité Réformateur par référendum ? Saura-t-il s’engager pour convaincre ses concitoyens d’approuver le texte ? Combien de temps restera-t-il au pouvoir ? (Illustration : www.hippyshopper.com)

Sauf que cette politique symbolique visant à courir après une opinion publique nourrie à la sauce du tabloïd The Sun montre de plus en plus ses limites. Tout d’abord, sans préjuger de l’avenir ni de l’utilité d’une intégration à plusieurs vitesses, il est tout de même fâcheux de voir l’un des plus grands Etats de l’Union multiplier les demandes de statuts particuliers, car il risque d’entraîner avec lui nombre d’Etats supplémentaires (comme par exemple la Pologne et la République tchèque sur la Charte des droits fondamentaux). Cette attitude est ensuite en contradiction avec l’ambition affichée dans tous les discours officiels de rendre le système communautaire plus transparent. De plus, la stratégie qui tient à amadouer une opinion eurosceptique par des gages symboliques mais finalement peu conséquents (comme le maintien du titre de « Haut Représentant pour la PESC ») ne passe pas inaperçue et semble renforcer les velléités d’opposition plutôt qu’elle ne les diminue.

Ainsi, le parti conservateur (les Torries) ne considère pas le mandat de la CIG comme correspondant aux lignes rouges fixées par le gouvernement, mais au contraire comme une dernière « vente au rabais » des intérêts britanniques par Blair l’européiste. Il a récemment lancé une campagne en faveur d’une ratification du Traité Réformateur par référendum, relayée par des journaux comme le Daily Telegraph et surtout le très populiste Sun conduit par l’anti-européen Rupert Murdoch. Dans son édition du 24 septembre The Sun qualifiait le nouveau traité en cours de négociation de « plus grande menace pour l’indépendance britannique depuis la Seconde Guerre mondiale » ! On imagine donc aisément que les appels à un tel référendum ne sont pas vraiment motivés par l’envie irrépressible de voter oui...

On est ici au cœur du rapport complexe du Royaume-Uni à l’intégration européenne qui, comme dans nombre d’autres pays mais sûrement à un degré beaucoup plus important, tient de la schizophrénie et du double discours. D’un côté on trouve la tentation constante du retrait et du repli sur l’argumentaire de la souveraineté nationale et de la dénonciation du « super-Etat européen ». Cette tentation conduit à l’exigence de statuts particuliers, une perspective d’autant plus alléchante pour les responsables politiques qu’elle semble brosser dans le sens du poil une opinion publique et des médias toujours menaçants. De l’autre côté, on note une attitude beaucoup plus pragmatique vis-à-vis des politiques concrètes de l’Union, c’est-à-dire tout à fait consciente des bénéfices de l’intégration européenne pour la Grande Bretagne, voire de sa nécessité dans certains domaines. On peut ainsi noter le soutien sans faille de la Grande Bretagne à l’approfondissement du marché intérieur (qui se fait pourtant par vote à la majorité qualifiée, contraire à l’idée de préserver la souveraineté nationale), le lancement avec la France, en 1998 au Sommet de Saint-Malo, d’une politique européenne de Sécurité et de Défense (PESD), ou plus récemment l’engagement du Royaume-Uni en faveur du développement de politiques communautaires dans les domaines de l’énergie et du changement climatique.

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David Cameron, leader des Torries
Leader de l’opposition conservatrice depuis 2005, seulement 4 ans après sa première élection à la Chambre des Communes, cet homme de sang bleu a su faire fructifier son image jeune et moderne, de telle sorte que certains le considèrent comme le « Tony Blair torry ». En matière de politique européenne, la modernisation menée par celui qui pourrait devenir le prochain Premier ministre a pour l’instant consisté à planifier le retrait des eurodéputés conservateurs britanniques du groupe PPE-DE, considéré comme trop fédéraliste, au profit de la formation d’un nouveau groupe plus « euroréaliste ». (Illustration : Wikipédia)

Ces deux aspects contradictoires et ce double discours se révèlent être problématiques, aussi bien pour le Royaume-Uni lui-même que pour l’Union en général. Pour le Royaume-Uni parce que la tentation du repli et l’incapacité de s’engager pleinement dans le processus d’intégration européenne entraînent une baisse de son influence sur la conduite des politiques européennes. En particulier, les opt-outs impliquent, lorsque l’on veut finalement se joindre à une politique commune, de rependre un acquis réglementaire sur lequel on n’a eu auparavant aucune prise. Ce fut le cas dès le départ avec la CECA puis la CEE (et les Britanniques s’en mordent encore les doigts pour la PAC), puis pour Schengen, et aujourd’hui par exemple pour le traité de Prüm sur la coopération policière transfrontalière. Mais la situation est également handicapante pour l’UE dans son ensemble car les exigences particulières du Royaume-Uni compliquent sa structure et son fonctionnement. Mais surtout, car une participation active du Royaume-Uni représente une condition essentielle voire sine qua non pour un nombre de politiques de plus en plus important (pensons par exemple à la PESC et à la PESD, à la politique énergétique etc.).

Faut-il craindre un référendum sur la ratification du Traité Réformateur ?

On peut donc affirmer qu’aussi bien le Royaume-Uni que l’UE auraient intérêt à un engagement européen plus franc et moins capricieux de cet « étrange partenaire ». Il ne s’agit pas, bien sûr, que les Britanniques deviennent d’un coup des fanas du fédéralisme européen, mais plutôt que les dirigeants politiques du pays s’assument malgré tout pleinement en tant que membres à part entière de l’aventure et défendent ouvertement les bénéfices que le pays en retire face à leurs citoyens. Il est évident qu’une évolution réelle de la position du Royaume-Uni sur l’échiquier européen ne pourra venir que d’un changement profond des mentalités face à la construction européenne au sein de la population et dans les médias d’outre-Manche.

Vaste programme, direz-vous ? C’est certain. Les dirigeants politiques britanniques qui choisiraient de défendre vraiment la construction européenne dans leur pays ne pourraient faire l’économie de l’organisation d’un vaste débat public au cours duquel ils devraient affronter l’hostilité d’une large partie de l’opinion et de la presse tabloïd. On se rappelle que Tony Blair s’y était essayé à son arrivée au pouvoir, se posant en dirigeant le plus pro-européen que le pays ait jamais connu, multipliant les initiatives comme le lancement de l’Europe de la défense, la ratification du protocole social de Maastricht, parlant de préparer son pays à l’adhésion à l’euro... Il y a à peine plus de deux ans, il était encore question de la ratification d’un Traité Constitutionnel par voie référendaire, c’est-à-dire en prenant l’engagement (très risqué) de le défendre devant ses citoyens. Finalement, depuis les difficultés politiques et le refus du Traité Constitutionnel par la France, toutes ces belles intentions ont été oubliées, entraînant un retour au postulat selon lequel l’euroscepticisme de la population britannique est insurmontable.

Faut-il donc, d’un point de vue pro-européen, s’associer aux appels à l’organisation d’un référendum sur le Traité Réformateur (mais bien sûr dans l’espoir d’un vote oui), afin de lancer ce débat public qui permettra peut-être d’effacer enfin certains des préjugés en vogue dans le Royaume ? C’est une question difficile, tant il est vrai qu’un nouvel échec de la réforme institutionnelle de l’Union serait menaçant pour son avenir, et d’autant plus que l’Ecossais Gordon Brown paraît peu à même d’enthousiasmer les foules (et lui-même d’ailleurs) au sujet de l’Europe. Allez, disons que ce sera pour la prochaine fois, peut-être...

Auteur : Benoit Roussel, pour Euros du Village


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18 réactions à cet article    


  • europa 28 septembre 2007 10:01

    Le Royaume Uni a tout a fait sa place dans l’UE telle qu’elle évolue aujourd’hui, c’est-à-dire une organisation économique avec quelques compléments politiques. Cependant, ses positions l’empêcheraient d’intégrer une UE politique. Si l’UE devenait une organisation plus intégrée, voire une fédération, le Royaume Uni n’y aurait pas sa place, et d’ailleurs aujourd’hui il est le principal obstacle à son encontre. Sauf bien sûr si les politiques acceptaient de rapporter leur discours interne aux évidences auxquelles ils se sont rendus, et d’entreprendre de défaire toute la désinformation de leur population à l’égard de l’UE, couplée à la nostalgie de l’empire britannique, ce qui ne serait pas sans risques pour le gouvernement qui oserait...


    • NPM 28 septembre 2007 10:37

      Le peuple britanique ne veut pas d’un Etat Européen, c’est tout. Ils ont mis 10 ans à se débarasser du socialisme, dans la douleur, et ce n’est pas pour qu’il se reconstitue à Bruxelle.

      De tout de façon, qui veut vraiment d’un Eta Européne ? Pas les Pro-Turc, en tous cas.

      L’Union va rester une zone de libre échange, et ce n’est déja pas si mal d’arriver à cela (quand ce sera fait, car pour l’instant, il n’y a pas les services 75% de l’économie !)


      • ZEN ZEN 28 septembre 2007 10:50

        Bonne synthèse.

        « ...il est tout de même fâcheux de voir l’un des plus grands Etats de l’Union multiplier les demandes de statuts particuliers, car il risque d’entraîner avec lui nombre d’Etats supplémentaires (comme par exemple la Pologne et la République tchèque sur la Charte des droits fondamentaux). »

        Là est le problème de fond à mon avis .Hinterland des intérêts us sur le continent,l’UK restera encore « en marge » longtemps, tout en diffusant sa conception particulière du marché dans les instances européennes. N’accepter les règles du jeu que si elles vont dans le sens des intérêts de la City...


        • Krokodilo Krokodilo 28 septembre 2007 10:57

          Bien sûr que la GB a sa place dans l’UE, s’ils le souhaitent toujours, que celle-ci soit un simple libre-échange, ou une intégration plus poussée. A la condition qu’il y ait un peu de justice dans cette construction européenne, que l’anglais ne devienne pas la lingua franca de l’Union, ce qui entraîne un gain financier énorme en faveur de la GB de diverses façons, et un sentiment d’injustice de la part de sautres langues qui finiront bien par se réveiller, sinon leurs gouvernements, du moins les peuples.

          Un seul exemple : Eurocorps, à ses débuts, comportait des soldats français et allemands, souvent partiellement bilingue, et donc l’anglais est devenu la langue d’Eurocorps ! Cherchez l’erreur...

          Tout récemment, l’Assemblée nationale a honteusmeent voté le protocole de Londres qui obligera les PME françaises à traduire elle-mêmes les brevets depuis l’anglais pour vérifier que telle ou telle idée n’est pas déjà couverte par un brevet, car des textes en anglais auront maintenant force de loi sur le sol français ! (dernière chance : écrire à nos sénateurs avant le vote d’octobre)

          Alors, oui au Royaume-uni, mais non à l’hégémonie.


          • LE CHAT LE CHAT 28 septembre 2007 11:05

            to be or not to be , that’s the question ! smiley


            • Krokodilo Krokodilo 28 septembre 2007 11:07

              Pour la GB, c’est plutôt : to be inside, or not to be inside !


            • LE CHAT LE CHAT 28 septembre 2007 11:19

              délicate question n’est il pas ? ou devenir le 51eme état ?


            • Matozzy Matozzy 28 septembre 2007 12:57

              La GB est un agent double.

              Tentez de profiter de tout et se faire désirer. C’est egoiste, mais assez agréable comme situation.


            • europa 28 septembre 2007 11:58

              Ouh... pourquoi tant de haine ? Je vous signale qu’au début, Churchill était pour une FEDERATION (si si, c’était un visionnaire), malheureusement il n’est pas resté Premier ministre. Ensuite, dans l’Europe à 6, c’est toujours la France qui a emm**dé tout le monde à ne pas vouloir de rapprochement politique trop fort, jusque dans les années 60. Après, le Royaume Uni étant entré dans la Communauté, la France a paru un peu moins réticente, et les Britanniques ont utilisé leur force économique pour forcer la CEE à prendre une orientation plus commerciale. Mais enfin tout n’est pas de leur faute, dire le contraire est être d’un aveuglement nationaliste assez consternant...


              • alberto alberto 28 septembre 2007 12:17

                Oui, Europa, sauf que Churchill a aussi déclaré, ainsi que le laisse entendre Le Chat, qu’entre tout, son choix sera TOUJOURS celui du « grand large » : je pense que cette philosophie perdure encore aujourd’hui.

                Aujourd’hui, la raison de la présence du RU dans l’UE, est surtout d’y entretenir le plus de zizanie possible car une UE forte serait un concurent plus redoutable pour les USA, leur allié de toujours et éventuellement en tirer quelques petits bénéfices du côté de la City.

                Bien à vous.


              • Neos 28 septembre 2007 12:06

                Bonjour, un bon article qui met exergue les sempiternelles prouesses britanniques pour boter en touche sans (trop) égratigner la verve européenne de ses partenaires historiques de l’UE.

                Pour avoir eu le plaisir de vivre d’assez près les batailles de couloirs sur le lancement des négociations d’adhésion à la Turquie et à la Croatie, ainsi que celles qui portaient sur le paquet des perspectives financières (qui déboucha à un accord sous la présidence britannique en décembre 2005), j’ai observé avec un sourire la technique bien britannique d’être particulièrement enthousiaste sur les dossiers très ambitieux qui nécessitent de gros efforts (parfois déraisonnables) d’intégration économique ou politique, en espérant en leur for intérieur que cette ambition se désagrège face à l’obstacle de l’enjeu, en quelque sorte « noyer l’ambition d’intégration dans un trop plein d’intégration ».

                Je donne un exemple : si l’objectif unanimement affiché par les 27 est d’obtenir un accord sur l’élargissement à l’Etat X, le UK, très enthousiaste, fera montre d’une grande ambition européenne en soumettant l’idée de l’élargissement à ce pays, mais aussi à cet autre candidat, avec l’espoir que cette idée bloque le processus initial (certains Etats y voyant une décision trop ambitieuse et déraisonnable) voire en espérant que cet élargissement trop large n’handicape l’UE dans son ensemble en l’empêchant de digérer convenablement un énième élargissement. Au moins pendant plusieurs années.

                Je reviens par ailleurs sur le projet de traité établissant une Constitution pour l’Europe. En 2004, le Premier ministre Blair a signé le texte à Rome. Je fus étonné de cet effort car le texte contrevenait brillament aux ’lignes rouges’ et à l’identité nationale britanniques dont fait mention l’article en son sein à propos du projet de traité modificatif adopté à Bruxelles en juin 2007. Comment en effet le UK pourrait il supporter la ratification d’un traité aux vertus « constitutionnelles » ?? Impensable dans un pays de coutume tel que celui ci. Je pense que la stratégie de Blair fut encore une fois de ne pas froisser ses partenaires enthousiastes, de faire preuve d’une fantastique volonté politique vis à vis du continent européen... et de voir si (..) les Etats membres qui se prononcent avant le UK sur le texte ne le repoussent pas d’abord. Qu’y a-t-il de plus confortable en effet que de ne pas vouloir un texte, et de regarder les autres le repousser à notre place ? Faite le travail à ma place, je ne serai pas responsable - mais qu’est ce que cela m’arrange !

                Oui, la question de la place du UK dans l’UE est posée. Plus que jamais. C’est la raison pour laquelle il est désormais indispensable de doter l’UE d’une procédure de retrait au sein des traités. Et même s’il y a fort à parier le gouvernement britannique (ainsi que la plupart des financiers britanniques s’y opposeraient sans réserve) refuserait d’envisager un retrait de l’UE, cela offrirait aux Etats europhiles un argument de poids pour faire pression sur l’ile afin qu’elle cesse d’enrhumer le continent avec ses ambitions vicieuses et joue le jeu lors des grands événements d’un Etat responsable capable de dire ’non’ à des mesures qui lui contreviennent plutôt que de recourir une fois encore à cette politique hypocrite qui n’est pas sans rappeler la terminologie de droit privé de « l’homicide volontaire ». A vouloir avancer tout le temps trop loin trop vite, on prend le risque de sanctionner l’UE dans son ensemble qui devra encaisser les ambitions déraisonnables des eurosceptiques dissimulés sous leurs costumes d’occasion de « fantastiques euro-enthousiastes ».

                Ce qui me fait dire en guise de conclusion à mon intervention : Etats membres de l’UE, soyez optimistes, soyez déterminés. Mais cessez d’être téméraires lorsque certains d’entre vous sortent un trop plein d’As de leurs poches et font miroiter des perspectives chimériques, voire s’offrent des privilèges d’un autre âge, que l’on ne peut se permettre de valider ou d’assimiler.

                A ces Etats, je pense qu’il est temps de dire : Non. Vous avez signé un traité, vous êtes dans le bateau, vous pagayez comme les autres.


                • stephanemot stephanemot 28 septembre 2007 12:55

                  Il faut vraiment être Français pour croire que le Royaume Uni fait partie de l’UE.


                  • non666 non666 28 septembre 2007 14:09

                    L’Histoire de l’intégration européenne et de la grande Bretagne est toujours a comprendre dans le sens des interets anglais.

                    Insulaire, située a une périphérie de l’Europe, les anglais n’ont aucun intérêt a une Europe trop structurée.

                    Au contraire, dans le role d’interface avec le monde anglo-saxon, que ce soit leur ex-empire et les États unis, ils sont gagnant tant que l’Europe ne présente pas un visage uniforme et structuré.

                    Ce role d’interface est d’ailleurs la cause principale de l’emploi en grande bretagne que ce soit dans la finance ou le reste.

                    Quand les Français ont créée la CEE avec l’Allemagne et le Benelux, la première tentative anglaise a été de diviser pour mieux régner, comme d’habitude. Création de la Belgique , du Koweit , de l’AELE : même combat !

                    Au contraire de ce que vous sous entendez, je ne crois pas que le TCE soit une menace pour les anglais.

                    Le TCE representait EXACTEMENT ce que souhaitais la grande bretagne et c’est d’ailleurs ce que disait les britanniques après la convention Giscard : « le meilleur traité que nous puissions avoir... »

                    Un traité qui refusait la création d’une armée européenne mais garantissait les droits de l’OTAN, un traité qui justifiait économie sociale de marché hautement compétitive et obligeait a l’ouverture de tous les services au marché, un traité qui permettait a n’importe qui de rentrer en Europe, ce qui brisait sa cohérence...

                    Ce n’est pas un hasard si la ratification britannique devait être la dernière, une fois que tous les autres aurait ratifié :

                    En cas de simultanéité, les arguments qu’aurait du expliquer T Blair aux britanniques pour justifier ce traité étaient ceux qui l’aurait torpillé dans tous les autres pays !

                    Seuls les français et les Hollandais semblent l’avoir compris, helas.


                    • TSS 28 septembre 2007 14:12

                      comme le disait si bien De Gaulle :« si vous voulez une Europe unie et soilidaire,faites la sans l’Angleterre !! »

                      rien n’a changé !


                      • Ghirlandaio 28 septembre 2007 18:40

                        Sauf que la Turquie risque de jouer le rôle de l’Angleterre et mieux vaut encore les anglais que les turcs.


                        • dom y loulou dom 28 septembre 2007 21:50

                          une fois de plus... c’est aux anglais de répondre à cette question, à personne d’autre. A partir de là la communauté doit faire avec les différentes tendances et les différentes visions qui la triturent. C’est la fédération, d’une manière ou d’une autre, de toute façon quoi que croient les uns ou les autres, chacun DOIT composer avec TOUTES les tendances et ne peut rien imposer et ça vaut pour n’importe quel pays.

                          Je dois dire qu’à ce jour c’est plutôt la Pologne des frères jumeaux qui fait souci... chasse aux homosexuels... arrrg... est-ce toujours en cours ? Comment se fait-il qu’il y ait si peu d’infos européennes sur l’europe et donc tant de questions ? Je me dis qu’il faut vraiment discuter avec des anglais pour en savoir plus, car que savons-nous vraiment ? Ce qu’en disent les médias ? Et si dans le foond les anglais, comme les polonais, les monegasques ou les corses, ne sont-ils pas comme nous ? Vous n’êtes-vous donc comme moi et moi comme vous ? Ya celui qui préfère la Vodka au Whisky ou celle qui ne boit jamais... partout nous avons de tout, du sage au fou furieux et partout on ne voudrait que des sages et cette attente est tellement puissante qu’on se transforme tous en fous furieux... bref. Vous voyez, qu’est-ce que nous savons ? Un Suisse peut se demander s’il a sa place en europe... un français pour la France... un birman pour la Birmanie et ses temples... un Touareg pour ses dunes et ses chameaux... un juif pour sa sinagogue et un musulman pour sa mosquée... un esquimau pour sa banquise.

                          Alors OU EST LE PROBLEME ? Dans le fait de vouloir décider pour l’autre sans lui demander son avis ou pire, lui imposer. Sa décision pour lui-même peut nous apparaître comme quelque chose qu’il nous impose, mais il ne définit que SA position nous laissant tout à fait libres d’en avoir une autre. Vous comprenez n’est-ce pas ?

                          Quand on se concerte les problèmes sont résolus, si on réfléchit à partir de partis-pris et qu’avant-même d’avoir rencontré l’autre on lui enlève sa dignité, come l’ont fait certains américans avec le président iranien, alors il ne faut pas s’attendre à ce que les choses s’améliorent. Si les militaires birmans se souviennent, par exemple, du pourquoi ils maintiennent les structures de leur société ils redonneront leur voix aux citoyens de leur pays, sinon, pourquoi tenir un cadre ? Pour freiner toute avancée du pays ? Toute progression ? Faire taire sa sagesse ? Que resterait-il ensuite ?

                          C’est la même chose chez nous. smiley


                          • stradiuvarius 29 septembre 2007 20:32

                            Le Royaume unis fait bien parti de l’Europe historique, géographique, culturelle, religieuse, sans pour autant être enthousiaste, il est vrai, à l’idée d’une Union Européenne Politique et tout le blabla intégrationniste qui vise in fine à en annihiler l’essence et l’originalité . En quoi une vision discordante d’un peuple aussi important que peut l’être les Britanniques pour l’Europe est - il gênant, si tant est que la « diversité », la « différence » tant estampillées comme valeurs proéminentes dans les cercles européistes réservés est seule capable de faire évoluer (ou pas) ses institutions dans un consensus et un esprit démocratique ?

                            Et l’UE, ce n’est pas du tout la même chose que l’Europe si tant est que les pourparlers d’un membre situé en Asie , ici la Turquie par exemple semble librement être en mesure de postuler à l’union, sans que cela n’interpelle ni les Technocrates depuis Bruxelles ni les Sbires Fascistes qui pensent que l’expression des urnes (29 Mai 2005 et le Non au TCE en France et en Hollande) puisse être à ce point minorée voir discréditée (le peuple , ça pense forcément mal, c’est connu !) pour leur conception en propre de ce que doit être cet espace eu égard à leurs minables intérêts et le petit corporatisme bobo, partisan, dont ils font grassement étalage contre subventions, rétributions pléthoriques et inutilité quand ce n’est pas iniquité à la clé....

                            Les Anglais ne sont pas si finalement éloignés de la conception Française ou Néerlandaise de l’Europe si l’on s’en tient à l’expression démocratique et l’analyse cohérente des scrutins qui en ressort. Plus grave est le dévoiement idéologique des Européistes qui tentent de faire à tout prix croire le contraire, à l’instar des dignitaires d’une Nomenklatura qui tremblerait pour ses acquis.

                            Minable comme d’hab !


                            • stradiuvarius 29 septembre 2007 21:41

                              J’oubliais..... Les Euros du Village, tout comme les Bisounours, le Club des 4 ou l’Atelier couture de votre commune ou de votre bourg ne représentent qu’eux mêmes, c’est à dire Rien du TOUT dans l’espace européen de 450 millions de citoyens qui est paraît il le nôtre !

                              Ne vous laissez donc surtout point/plus ABUSER par leur rhétorique façon « maître à penser » ou « maître chanteur » aux ordres et au garde à vous devant les dignitaires européens Bruxellois. C’est le meilleur service que vous pourrez rendre à la Liberté et au Droit qui nous permet TOUS, en principe, de refuser LIBREMENT et à LOISIR ce Monstre Fasciste européen quelque mensonge ou baratin on lui accole pour le rendre « nécessaire » ou « vertueux » quand tout concorde en réalité et dans les faits à le caractériser inversement.

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