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Accueil du site > Actualités > Europe > Le Royaume-Uni glisse-t-il vers la sortie de l’Europe (...)

Le Royaume-Uni glisse-t-il vers la sortie de l’Europe ?

Deux ans après les deux « non » qui ont secoué l’UE, le Conseil européen des 21-23 juin a débloqué la situation. Mais dans la mesure où les chefs d’Etat et de gouvernement se sont essentiellement mis d’accord pour reprendre presque tous les éléments du Traité constitutionnel mort-né, on ne peut s’empêcher de penser que deux années de palabres ont été perdues.

Fait remarquable : le Royaume-Uni a accepté la possibilité pour certains Etats membres d’aller plus loin et plus vite que les autres dans leur coopération policière et judiciaire en matière pénale. Cette disposition contente le Royaume-Uni qui refusait de se voir impliqué dans un processus pouvant déboucher sur un parquet européen vécu comme une intrusion dans la souveraineté insulaire. Elle répond aussi aux desiderata d’autres Etats membres plus volontaristes. Cependant, cette ultime concession de Tony Blair quelques jours avant de passer la main pourrait éroder l’influence future du pays dans les affaires européennes.

Le Royaume-Uni ne participait déjà pas à l’Union économique et monétaire [1]. Son absence de la zone euro le marginalisait déjà sur le plan de la conduite des politiques économiques. Aujourd’hui, le Royaume-Uni fait le choix de « s’auto-exclure » d’un des pans les plus en vue de la construction européenne depuis les attentats du 11 septembre 2001 à New York, du 11 mars 2004 à Madrid et ceux qui ont touché le cœur de Londres même en juillet de cette année.

Le Royaume-Uni a souvent eu une guerre en retard dans la construction de l’Union européenne [2]. Déjà, en 1955, le chancelier Butler avait dénigré l’invitation à la Conférence de Messine qui préparait le futur Traité de Rome et n’avait daigné dépêcher qu’un observateur, convaincu que le projet d’une Communauté européenne ne relevait que d’une « excavation archéologique ». En 1991, John Major s’opposa à une série d’avancées sociales voulues par les onze autres pays si bien que le protocole social ne s’appliqua pas outre-Manche. Il fallut attendre l’arrivée de Tony Blair pour que le protocole soit pleinement intégré au Traité lors de sa révision à Amsterdam en 1997 et s’applique à tous les Etats membres.

En 2004, au moment de parachever ce qui allait devenir le projet de Traité constitutionnel, le même Tony Blair s’opposa à une coopération plus poussée dans le domaine énergétique. Un an et demi plus tard, les limites de son entêtement apparurent lorsque la crise pétrolière et les désordres géopolitiques persistants poussèrent le cours du baril du pétrole à 80 $. La priorité des vingt-sept devint alors la définition d’une politique énergétique européenne.

Le fait pour le Royaume-Uni d’avoir pris l’habitude de rater le train (quand il ne l’a pas tout simplement retardé) pourrait avec cette dernière concession l’isoler comme jamais auparavant. En effet, les nouveaux Etats membres sont tous tenus d’adopter la monnaie unique si bien que bientôt, le Royaume-Uni sera avec le Danemark et peut-être la Suède les seuls pays où l’euro ne circulera pas. Aussi, lors des négociations d’adhésion des nouveaux Etats membres, leur justice plus que lacunaire a été pointée du doigt ; pour la Bulgarie et la Roumanie, il a même été récemment question d’activer les clauses de sauvegarde leur fermant temporairement les frontières et les privant momentanément des aides européennes en raison de leur corruption endémique et des réformes insuffisantes. De plus, leur longue frontière avec des pays tels que l’Ukraine et la Moldavie les rend attentifs au problème de criminalité transfrontalière. Par conséquent, si certains parmi eux considèrent l’Europe comme un tiroir-caisse ou une zone commerciale, ils semblent intéréssés par la coopération renforcée qui s’ouvre dans ces nouveaux domaines et ne sont plus prêts à suivre le Royaume-Uni comme ils l’avaient fait pour l’Irak ou la libéralisation des services en Europe.

Risque de se poser la question de la pertinence pour un Royaume-Uni de plus en plus isolé de rester dans l’Union. Après tout, une autre innovation du Traité constitutionnel [3] a été endossée par le Conseil européen : la clause de sortie organisant pour la première fois le retrait de l’Union pour un pays qui souhaiterait s’en désengager. Aujourd’hui, plus aucun dirigeant politique national ne peut honnêtement dire que l’UE est une contrainte extérieure à laquelle il n’y a pas d’alternative car ce n’est plus vrai.

On sait Gordon Brown moins Européen que le précédent locataire du 10 Downing Street [4]. Par ailleurs, bien que membre du club européen depuis 1974, les médias sont restés majoritairement hostiles à tout ce qui vient de « Bruxelles » et la population n’a jamais fait preuve d’enthousiasme à l’égard de la construction européenne [5].

Au cours des vingt-cinq dernières années, ce n’est qu’entre 1988 et 1990 qu’une majorité de Britanniques ont porté un regard positif sur leur appartenance à l’UE. En moyenne, un sur quatre jugeait que c’était une mauvaise chose. En 1999, 42 % des Britanniques jugeaient que leur pays ne bénéficiait pas de l’appartenance à l’UE (contre 29 % pensant le contraire ; moyenne UE-15 : 31 % et 46 %). En 2007, 43 % évaluent plus positivement les bénéfices retirés de l’adhésion (UE-27 : 59 %) [6].

Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que Londres et d’autres capitales ont exigé - et avec succès - la suppression des références à un super-Etat européen qui étaient contenues dans le Traité constitutionnel (les symboles, l’appellation « ministres européen des Affaires étrangères », le terme « lois européennes »...). Or, comme l’a fait justement remarquer l’eurodéputé vert, Johannes Voggenhuber : « Un gouvernement qui veut se débarrasser d’un symbole veut se débarrasser d’une idée »...

Cette indifférence, voire ce mépris envers l’UE donne l’impression que le Royaume-Uni crache dans la soupe ou a la mémoire courte. Il faut en effet se souvenir qu’en 1975, à la demande explicite du Royaume-Uni tout nouveau membre de l’UE et en proie à d’importantes restructurations industrielles, est créé le Fonds de développement régional. Ce fonds octroie des aides européennes pour aider les régions à se reconvertir et à se moderniser. Son action n’est vraisemblablement pas étrangère à la présence du Royaume-Uni parmi les économies les plus compétitives. Ce fonds est financé par le maigre budget européen que le Royaume-Uni avec cinq autres complices avait voulu déboursoufler fin 2003 alors qu’il aurait fallu renforcer sa dotation pour que les élargissements se réalisent dans des conditions optimales.

L’Europe politique et le Royaume-Uni, surtout celui de Gordon Brown, semblent être des causes perdues l’une pour l’autre. Gordon Brown en tirera peut-être la conclusion qu’un divorce à l’amiable prenant la forme d’une sortie de l’Union, mais avec une participation négociée aux avantages du marché intérieur, est la seule solution envisageable.



[1] Après de nouvelles études, Gordon Brown a en mars 2004 jugé que l’adoption de l’euro était contraire aux intérêts de son pays.

[2] Ce scepticisme systématique et mal inspiré a bien été résumé par Tony Blair en 2001 : « We said that it wouldn’t happen. Then we said it wouldn’t work. Then we said we didn’t need it. But it did happen. And Britain was left behind. » (speech intitulé Britain’s role in Europe, 2001)

[3] Article I-60.

[4] G. Brown, « Global Europe : full-employment Europe », octobre 2005.

[5] La question du retrait volontaire de l’UE ne se pose pas pour la Pologne car si son gouvernement peut être estampillé d’eurosceptique, ce n’est pas le cas de la population : 67 % des Polonais jugent favorablement l’appartenance à l’UE et que le pays a retiré des bénéfices de l’adhésion. La posture anti-européenne du pays pourra être corrigée à l’occasion des prochaines élections. Par contre, les Pays-Bas semblent emprunter progressivement le même chemin que le Royaume-Uni.

[6] Eurobaromètre standard 52, avril 2000, Eurobaromètre standard 67, juin 2007.


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53 réactions à cet article    


  • Cris Wilkinson Cris Wilkinson 24 août 2007 10:07

    Qu’on se débarrasse de la Grande-Bretagne, ainsi que de dix des douze derniers entrants, cela fera du bien à une Europe dégraissée, qui aura une vision plus uniforme de l’avenir.


    • RilaX RilaX 24 août 2007 11:30

      C’est vrai que la grande bretagne, niveau européen, elle donne plus l’impression d’être le cheval de Troie des états unis plutôt qu’un pays membre ... Elle ne participe a rien, euro, économie, défense etc ... et appose son veto des que c’est possible.

      J’aime bien les anglais, mais faudrais voir a pas pousser !


      • POUET pouet 24 août 2007 11:31

        La perfide Albion en tant qu’insulaire a toujours eu pour politique depuis de longs siècles d’affaiblir le continent en contribuant à sa division. C’est pour ça qu’elle a combattu, chacun en leur temps, Napoléon, Hitler, etc...

        Je n’ai donc jamais compris pourquoi l’UE a laissé entrer les Anglais. C’était écrit d’avance qu’ils y viendraient en cheval de Troie. De Gaulle l’aurait compris aussi s’il avait pu intervenir, lui qui les a bien cotoyé lors de son séjour londonien de 40-44.

        Y a des politiciens qui n’auraient pas dû brosser leur cours d’histoire au lycée. Cela aurait évité à l’UE de perdre plus de 20 ans.

        Il fallait approfondir d’abord l’UE qualitativement avec un nombre de pays limités et basés sur l’axe franco-allemand ( Mitterand - Kohl ). Et une fois que le ciment avait bien pris, agrandir progressivement ensuite, mais en position de force alors.

        Bref, l’anglo-saxon a une de fois de plus niqué les latino-germains.


        • tvargentine.com lerma 24 août 2007 11:34

          Si les anglais pouvaient quitter l’Europe cela serait une grande avancée mais soyons réaliste,les anglais et leur allié américain,n’ont aucun intérêt d’avoir une Europe indépendante.

          La guerre en Irak a démontré que les dirigeants anglais utilisent l’Europe dans le sens des américains et jamais les américains ne laisseront l’Europe indépendante.

          Le cheval de troie restera donc dans l’europe smiley


          • tvargentine.com lerma 24 août 2007 11:34

            Si les anglais pouvaient quitter l’Europe cela serait une grande avancée mais soyons réaliste,les anglais et leur allié américain,n’ont aucun intérêt d’avoir une Europe indépendante.

            La guerre en Irak a démontré que les dirigeants anglais utilisent l’Europe dans le sens des américains et jamais les américains ne laisseront l’Europe indépendante.

            Le cheval de troie restera donc dans l’europe smiley


            • ZEN ZEN 24 août 2007 12:17

              D’accord avec Ierma..

              exceptionnel !!


            • ZEN ZEN 24 août 2007 12:18

              Ierma aurait-il deux fers au feu ?...


            • JL JL 24 août 2007 14:32

              Hum. Il est difficile d’accepter ce langage : Ce n’est pas l’absence de la GB qui déterminerait l’indépendance de l’UE. L’admettre serait reconnaître que l’UE serait inféodée à la GB, ou aux US par le biais de la GB. Moi je veux bien ! Mais qu’on le dsie alors.

              Je crois que ce sont davantage les lobbies que les états, qui manipulent la construction de l’UE. Et que l’UE est sur ce plan, beaucoup plus vulnérable que n’importe quel état, n’importe quelle nation, qui ne parle que d’une seule voix au contraire d’elle.

              Je ne pense pas que celui qui d’habitude fait preuve ici d’autant de bon sens qu’un lombric, soit mieux averti que l’européen de base sur ces affaires là ! Mais je peux me tromper.


            • spartacus1 spartacus1 24 août 2007 19:40

              Maintenant, j’ai tout compris !

              Lerma a parfaitement raison d’être Sarkozyste ! Dans un post il dit blanc un jour et noir le lendemain. Bref dire tout et sont contraire, c’est typiquement ce que fait Sarkozy. On doit bien reconnaître que Lerma maîtrise parfaitement cette technique.


            • MICHELP 24 août 2007 11:38

              Je partage les avis des commentaires ci-dessus, il est urgent de corriger plus de 30 ans de tergiversations avec la participation des anglais à l’Europe, en les laissant voguer à leur grés dans leur Île. Le plus tôt sera le mieux.


              • Arnes Arnes 24 août 2007 11:41

                J’adore les anglais, lors de mon mariage avec une anglaise en 1973, ma nouvelle famille se réjouissait de rentrer dans le marche commun.

                Depuis, ils profitent a fond de ce marche ouvert, comme ils l’on toujours fait historiquement en prônant le « free trade », ils se sont debarasses de leurs industies puantes et sales en se concentrant sur la finance. Politiquement et culturellement, ils sont de plus en plus proches des etats unis. Pour eux, l’europe est un reservoir de fournisseurs, de main d’oeuvre et une source d’enrichissement grace a leurs jeux financiers ; c’est aussi dans sa partie sud un formidable exutoire pour leur jeunesse avide de soleil et de biere. Mais ce n’est que ça : pas question de politique monetaire ni de politique commune. Et je ne vois pas dans la jeunesse actuelle anglaise de raison pour que cela change : leur horizon d’expatriation, ce sont les etats unis ou l’Australie, mais pas les voisins europeens qui ne sont bons qu’a acceuillir leurs retraités. En ce sens, ils sont de plus semblables aux suisses : egoistes tirant tous les avantages possibles sans en payer le coût.

                Il est donc inutile de les associer plus longtemps a la construction européenne : ni le labor ni les tories ne signeront le nouveau traite. Hâtons nous d’élaborer une active gouvernance en europe sans s’occuper des anglais ni des suisses et fixons leur des règles de coopération plus équitables.

                Ceci dit, j’adore toujours les anglais et ne hais point les suisses.

                ps : je distingue bien l’angleterre du royaume uni et suis convaincu que les écossais pourraient faire de bons européens une fois indépendants a l’instar de l’irlande.


                • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 3 septembre 2007 05:36

                  Moi aussi j’aime bien les Anglais et les Anglaises. Les Turcs et les Turques aussi, d’ailleurs, mais si on parle politique... On ne dissociera jamais le U.K de l’Amérique et si on ajoute l’Amérique à l’Europe, on a l’OTAN. L’Atlantisme. L’union de fait avec un partenaire économiquement en déclin et moralement discrédité

                  Le destin de l’Europe semble bien d’intégrer la Russie et de laisser Anglais et Américains se bâtir un projet à leur goût... C’était le modèle du Général mais aussi de Orwell, qui le voyait avec des yeux d’Anglo-saxons. Il faut prendre nos distances...

                  Pierre JC Allard

                  http://nouvellesociete.org/5149.html


                • Nemo 24 août 2007 12:22

                  Bonjour,

                  Si je partage l’analyse des commentateurs sur le manque d’empressement (le mot est faible) du Royaume-Uni à faire avancer l’Union Européenne, je ne pense pas que ce soit une bonne idée de les pousser vers la sortie.

                  A mon sens, il est au contraire capital de les garder au sein de l’Union, pour une raison stratégique. Si l’Union envisage, un jour, loin, d’avoir une politique de puissance qui sache correctement défendre ses intérêts face aux américains, aux russes, aux indiens et aux chinois, elle ne peut pas se passer des anglais.

                  Outre les restes de leur Empire colonial, qui leur assurent une présence aux points stratégiques du commerce maritime mondial, une Europe de la Défense n’aurait aucun sens sans eux. De ce point de vue là, la construction d’un porte-avions en coopération avec eux est un enjeu capital.

                  De cette manière, en prenant l’argument du porte-monnaie (ca coûte moins cher), on leur met le doigt dans l’engrenage d’une coopération militaire étroite. Car un porte-avions, ca ne se balade pas tout seul. On parle d’ailleurs de groupe aéronaval. Il faut des frégates de lutte anti-sousmarine, des démineurs, des remorqueurs, des ravitailleurs et autres bâtiments de surface.

                  Ce porte-avions aura donc des conséquences beaucoup plus importantes que les simples économies générées par la construction commune.

                  La question est effectivement dans quel sens jouera l’engrenage. Cela va-t-il les entraîner vers l’Europe, ou cela arrimera-t-il l’Europe encore un peu plus aux Etats-Unis ?

                  Le moment me semble bien choisi. Avec le désastre de la guerre en Irak, c’est LE bon moment pour pousser ce genre de projet. La « vision » stratégique américaine, à laquelle les britanniques se sont toujours ralliés, en a pris un sacré coup dans l’aile.

                  Mais il ne faut pas se voiler la face, les anglais ne sont pas des imbéciles. Ils sont parfaitement conscients des implications très importantes que représenteraient une telle décision. Les américains non plus ne sont pas en reste, et doivent être en train de faire un lobbying d’enfer pour faire capoter le projet.

                  C’est pour cela qu’il faut tout faire pour qu’il se réalise, et ne surtout pas pousser les anglais vers la sortie.

                  En revanche, avec les polonais, je serai tenté d’être moins catégorique......


                  • POUET pouet 24 août 2007 13:31

                    On est déjà militairement unis dans l’OTAN, pas besoin de l’UE pour ça.


                  • Jacques 24 août 2007 13:33

                    Le maintien du Royaume Uni dans l’Europe relève de l’acharnement thérapeutique. Mais il est bien difficile voire impossible de débrancher le malade. Le problème est peut-être plus idéologique que rationnel : on ne doit pas aller a l’encontre de la sacro-sainte grande unification.

                    Je ne partage pas votre analyse stratégique de la situation. Notre indépendance fondamentale est déjà garantie par l’arme nucléaire. Quant à garantir nos intérêts stratégiques dans le reste du monde, ca me parait totalement illusoire avec l’aide de pays comme le Royaume-Uni, la Pologne et les anciens pays du bloc communiste qui méprisent la vielle Europe et rêvent le rêve américain. Ne serait ce pas plutôt l’occasion de se rendre à l’évidence et de prononcer le divorce ?

                    Qu’avons-nous à perdre ? Nos relations avec le monde anglo-saxon resterons ce qu’elles ont toujours été polies et commerçantes. La Chine et l’Inde deviendront à terme des pays avec qui il sera plus important d’être en bons termes économiques, sans plus.


                  • Signé Furax 24 août 2007 12:45

                    Comment nos dirigeants politiques ont-ils pu être aussi ignares et absurdes en laissant entrer l’Angleterre en Europe ?

                    Les Anglais sont les suppôts zélés des Américains et rien ne viendra bousculer cette évidence de façon significative.

                    Il n’est que de voir leur insistance à faire entrer la Turquie dans l’UE (autre absurdité) afin de faire de l’Europe un grand bazar (au sens propre comme au sens figuré) et paralyser ainsi le continent au profit des USA.

                    Allez : England go home !!!


                    • Signé Furax 24 août 2007 13:02

                      Mais, bien évidemment, cette sortie de l’UE ne devra en rien perturber le bon déroulement du tournoi annuel des Six Nations.


                    • vinvin 24 août 2007 13:12

                      Bonjour.

                      C’ est vrai que les Anglais sont bizarres, mais je pense que les 10 derniers pays étants rentrés dans l’ UE sont beaucoup plus inquiétants.

                      D’ ailleurs, on aurait jamais du les laisser entré dans l’ Union.

                      Léttonie, Lituanie, Slovénie, Slovaquie, Roumanie, Estonie, Chypre, Tchèque, Bulgarie, Pologne, sont des pays dont on se serait passé aisément.

                      Bien cordialement.

                      VINVIN.


                      • stephanemot stephanemot 24 août 2007 13:20

                        Pas si simple. Leur stratégie ne bouge pas : torpiller l’Europe politique, façonner un machin utile pour le business au quotidien mais incapable de concurrencer les US et de fourrer son nez trop loin dans les affaires îliennes.


                        • TSS 24 août 2007 13:23

                          DE Gaulle l’avait dit il y a plus de 45 ans.

                          « si vous voulez une europe unie et solidaire il faut la faire sans l’angleterre !! »


                          • spartacus1 spartacus1 24 août 2007 19:31

                            Et le général De Gaulle avait parfaitement raison, j’étais loin d’approuver toute sa politique, mais force est de reconnaître que, grâce à lui, la France forçait le respect des autres nations.

                            Alors qu’actuellement, la presse internationale s’amuse beaucoup de l’agitation frénétique de Sarkozy, il amuse les gens. Quant à la place de la France dans le monde ... J’imagine que c’est le cadet de ses soucis, il est devenu président, sa pensée unique durant de longues années, il peut maintenant en jourir, pour le reste ...

                            Pour en revenir au sujet initial, que la Grande-Bretagne quitte l’Europe, c’est la meilleure chose qui puisse advenir à l’Europe, les grands-bretons n’en sont membres que pour mieux la démolir, et il faut bien reconnaître qu’ils y ont partiellement réussi.


                          • gloagf 24 août 2007 13:46

                            Bonjour,

                            Je travaille actuellement en Angleterre, et je tiens a illustrer vos rpopos par cette phrase mainte fois entendue : « vous autres, europeens ». Je pense qu’il n’y a rien a ajoute a cela, et que l’on comprends apres aisement la volonte de construction europeennes outre manche...


                            • docdory docdory 24 août 2007 13:50

                              @ Olivier Derruine

                              L’Angleterre fait preuve de sagesse . L’Europe politique a déjà été beaucoup trop loin . Il y a actuellement plus de différences de législation entre deux états des USA qu’entre deux états européens .

                              La récente affaire de la commission européenne contre le monopole de la française des jeux est symptomatique d’un état supra -national idéologique ultra-libéral , qui se mêle de ce qui ne le regarde absolument pas , au nom de la sacro-sainte « concurrence libre et non faussée » .

                              Si l’Europe avait voulu fonctionner , elle se serait inspirée du modèle ultra-démocratique de la confédération helvétique , dans laquelle , grâce aux référendums , chaque canton jouit de ses particularités législatives propres . La première réforme pour l’Europe serait que chaque pays ait le droit de s’opposer , par référendum ou par voie parlementaire , à toute directive européenne , selon le principe que les citoyens obéissent à des lois qu’ils ont démocratiquement choisies , seuls les enfants , les serfs et les esclaves obéissent à des directives . Halte à l’eurofascisme !


                              • JL JL 24 août 2007 14:47

                                Docdory : «  »La première réforme pour l’Europe serait que chaque pays ait le droit de s’opposer , par référendum ou par voie parlementaire , à toute directive européenne , selon le principe que les citoyens obéissent à des lois qu’ils ont démocratiquement choisies , seuls les enfants , les serfs et les esclaves obéissent à des directives . Halte à l’eurofascisme ! «  »

                                Bien d’accord avec vous. Surtout si l’on ajoute à cela que les seules oppositions aux directives européennes, quand il y en a, sont le fait des multinationales, et que ces « refus d’obtempéréer » entrainent des amendes considérables pour les pays qui ne les respectent pas, autrement dit pour les citoyens :

                                J’en veux pour preuve la pollution des nappes phréatiques en Bretagne par les pesticides. Cette situation nous amènent à payer 5 fois les dégats dus à ces pesticides : les amendes et les astreintes, le surcoût des fruits et légumes pesticidés, la pollution dans nos assiettes, la pollution de notre environnement, l’eau en bouteille, les maladies...

                                Ces pratiques relèvent du grand banditisme.


                              • Manuel Atreide Manuel Atreide 24 août 2007 15:34

                                Là, j’avoue tomber sur le cul ...

                                Alors, le coût de la pollution des eaux bretonne est de la responsabilité de Bruxelles ? Moi qui pensait naivement que lorsque je vais chez moi dans le finistere, je devais acheter de l’eau en bouteille (à la tonne) en raison de la pollution faite par l’industrie agricole ...

                                Ma foi, si ce sont les « eurocrates » de Bruxelles qui viennent déverser nitrates, purin et autres rejouissances sur la belle campagne de mes aieux, il faut me le dire d’urgence.

                                Dans le cas contraire, laissez donc un peu travailler les grandes personnes. Ni les agriculteurs, ni les collectivités locales, ni même l’état français n’ont fait quoi que ce soit durant les 25 dernières années pour permettre que coule de nouveau une eau potable aux robinets bretons. Je vous fais d’ailleurs humblement remarquer, que nous PAYONS cette eau contaminée au prix fort ....

                                Allez, je vous l’accorde, parmi les très nombreuses contributions candidates au prix, la vôtre remporte haut la main le pompon de l’ânerie de la semaine.

                                Manuel « assoiffé » Atréide


                              • JL JL 24 août 2007 19:06

                                @ Manuel Atréide : j’ai failli ne pas revenir sur ce fil, j’aurais manqué grave, comme disent les djeuns !

                                Je n’ai jamais dit ce que vous avez, semble-t-il, compris.

                                Bruxelles (qui ne chante plus depuis longtemps, du moins pour nous !) a condamné la France pour non respect de ses directives concernant les taux de nitrates, jugés excessifs dans les eaux en Bretagne !

                                J’ajoute à ma « liste à la Prévert », que cette situation, à savoir la pollution des eaux, est la conséquence de la PAC. Ces ’aides’ ont surtout permis aux agriculteurs d’honorer la facture des pesticides, pour la plus grande satisfaction de l’industrie ad hoc. Cette PAC a également transformé la Bretagne en machine agricole ’performante’.

                                Et quand les chantres de l’UE viennent nous dire que la France a bénéficié des subventions européennes je suis scandalisé, parce que la contreppartie de la PAC a été la ruine de notre artisanant de la pêche et de notre industrie de la conserverie.

                                Bon, de toutes façons, cette industrie de la conserve était moribonde depuis que les usiniers avaient délocalisé sans préavis ni indemnités, vers des contrées à bas coûts de main d’oeuvre.


                              • JL JL 24 août 2007 19:07

                                Mr Atréide, vous me devez des excuses. smiley


                              • Manuel Atreide Manuel Atreide 24 août 2007 20:07

                                JL, des excuses ?

                                Donc Bruxelles condamne la France parce que les eaux de Bretagne sont hyper nitratées et c’est mal ? Ah bon, la commission aurait du faire quoi ? Nous décerner une médaille ?

                                Ca fait des années que le problème est connu. Que les bretons financent les limonadiers parce qu’ils ne peuvent plus boire l’eau « potable » qu’ils ont au robinet. La paient-ils moins cher, cette eau « potable », pourtant ? Non, même pas !

                                Ca fait des années que chaque été, dès que le beau temps arrive, les plages bretonnes sont recouvertes d’algues aussi gluantes que nauséabondes, dont la croissance est alimentée sans cesse par l’extraordinaire richesse nutritive des eaux des fleuves bretons. je suppose que tout cela se fait pour la plus grande joie des touristes et la plus grande satisfaction des professionnels du secteur, ainsi que des communes obligées d’investir un pognon fou dans du matériel qui ne peut servir qu’à nettoyer cette ... « joie ».

                                La France est condamnée par Bruxelles, non pas pour avoir des eaux polluées, mais pour n’avoir RIEN FAIT pour commencer à regler le probleme.

                                Dernier petit point : la PAC. Qui soutient encore cette politique, qui en est le plus ardent défenseur. Qui la proroge contre l’avis de tous ? La commission ? La France, mon bon monsieur, la France !

                                Si la PAC (politique agricole commune) est responsable de nos malheurs aquatiques, qui coyez vous que j’ai envie d’aller secouer ? Bruxelles ?

                                Je veux bien entendre toutes les critiques sur l’Union Européenne et la commission de Bruxelles. Mais encore faut-il qu’elles soient justes. les votres sont non seulement fausses mais marquées du sceau de la plus parfaite mauvaise foi.

                                En guise d’excuses, je vous confirme votre gentil petit prix !

                                Manuel « BZH » Atreide


                              • JL JL 24 août 2007 20:34

                                Atréide petit con ! vous ne comprenez rien : la Bretagne est polluée, nous sommes d’accord ?

                                Bruxelles a condamné la France pour non respect de ses directives, d’accord ?

                                Mais qui n’a pas respecté les directives ? Vous ? Moi ?

                                Non, les agriculteurs, oui, les politiques, oui ! Mais pourquoi ? A cause de la la pression des industriels des phytosanitaires. Et qui l’a emporté ? les industriels, les marchands de pesticides ! Et qui paie aujourd’hui ? Vous, et moi ! Les multinationales font la loi en UE, ne la respectent pas, et ce sont les contribuables qui paient !

                                Relisez ce fil, depuis le commentaire auquel mon premier post répondait. Décrottez vous bien les yeux et essayez de comprendre ! Si vous n’y arrivez pas, on se passera de vos excuses smiley


                              • Gandalf Tzecoatl 25 août 2007 12:37

                                Bruxelles assassine le paysan breton, et commet des largesses envers l’industrie chimique avec un programme REACH plus qu’accomodant , offre à l’industrie ogémique le droit d’aller polluer le génome de la propriété voisine. L’état français n’est pas en reste puisque, afin de protéger l’industrie semencière en interdisant cette activité aux paysans.

                                Bref, les mains propres, on condamne celui qui veut bien encore mettre les mains dans la m....

                                Bref, la bureaucratie bruxelloise commet l’erreur de lessiver les campagnes de son potentat outrecuisant.

                                Bref, sous des apparences d’ultra-libéralisme bruxellois, nous avons en fait, en place et lieu d’un capitalisme d’état (avec les intérêts des industriels et banquiers bien compris), un capitalisme supra-national, exacerbé par le lobbying.


                              • JL JL 25 août 2007 13:02

                                @ Tzecoatl, voilà ce qu’il faut dire, et redire, sans relache. smiley


                              • Krokodilo Krokodilo 25 août 2007 18:37

                                Effectivement, l’Etat, par l’intermédiaire des préfets, a toujours accordé des dérogations pour créer ou agrandir des élevages de volailles, et fermé les yeux sur les dépassements et les astuces pour ne pas dépasser le seuil, sans se préoccuper de la pollution par les nitrates.


                              • Krokodilo Krokodilo 26 août 2007 10:04

                                Oups, je parlais des élevages de porc, naturellement. Après vérification dans une encyclopédie, ce ne sont pas des volailles !


                              • frédéric lyon 25 août 2007 00:08

                                Les anglais expulsés d’Europe ? Et par qui ?

                                Par les français, sans doute ?

                                Je ne saurais trop recommander aux grands délirants qui se sont exprimés sur ce forum, de cesser de prendre leurs délires pour des « idées politiques » et de retourner à des occupations plus conformes à leurs véritables capacités. Par exemple le crochet ou le jardinage.

                                Les Anglais sont en Europe parce que nos partenaires ont insisté auprès de Pompidou pour qu’ils y entrent et la France a dû s’incliner. Il en été de même pour les Lettons, ou les Polonais. Et demain, il en sera de même pour les Bulgares et pour les Turcs.

                                S’il y a un pays qui fatigue tout le monde en Europe, et dont la contribution financière nette au budget de l’Europe est négative, c’est bien la France.

                                Comment feraient nos agriculteurs pour vivre, sans la contribution britannique ?


                                • JL JL 25 août 2007 10:08

                                  F. Lyon écrit : «  »Comment feraient nos agriculteurs pour vivre, sans la contribution britannique ?«  ».

                                  Croyez-vous que les anglais accepteraient de payer pour la France ? Ridicule. Depuis le célèbre : « I want my money back » (légitime), tout le monde sait à quoi s’en tenir. Au fait, n’est-ce pas sa majesté qui reçoit le plus gros chèque au nom de la PAC.

                                  La PAC a surtout enrichi les entreprises qui produisent des pesticides, et a ruiné notre activité de pêche, la contrepartie de la PAC.

                                  Avant cette politique démente, les côtes bretonnes faisaient des jaloux : pures et riches d’une activité maritime florissante. Aujourd’hui, il n’y a plus que désolation dans ce qui est devenu par endroit, un cloaque puant envahi l’été par des touristes campants qui ne s’en rendent même pas compte, ceux là qui ont du s’exiler dans les grandes villes pour chercher un travail qu’il ne trouvaient plus sur leur terre natale.

                                  Cette politique européenne, on peut dire que la Bretagne l’a payée d’un très très lourd tribu.

                                  On a ruiné un pays et l’on prétend l’aider à vivre ! Bêtise ou cynisme ? smiley


                                • Asp Explorer Asp Explorer 25 août 2007 10:11

                                  La France est un contributeur net, malgré la PAC dont elle n’est plus depuis longtemps la principale bénéficiaire.


                                • POUET pouet 25 août 2007 10:20

                                  Délire francophobe de frédéric. Sans intérêt.


                                • frédéric lyon 25 août 2007 10:26

                                  La vérité sera têtue, une fois de plus : La France contribue moins qu’elle ne touche du budget européen, tandis que la Grande-Bretagne contribue plus qu’elle ne touche.

                                  Les Français sont des mendiants d’un type particulier : Ce sont des mendiants qui nient qu’ils tendent la sébille !

                                  Margaret Thatcher avait seulement obtenu une réduction du montant de la contribution britannique, car si on lui avait appliqué in extenso les critères de calcul de cette contribution, la Grande-Bretagne aurait eu une contribution supérieure à l’Allemagne et la France aurait reçu, en contrepartie, un chèque d’un montant carrément indécent.

                                  Seule la révision de la PAC, révision à laquelle nous ne couperons pas éternellement car tous nos partenaires la demande, rendra la France contributrice nette au budget de l’Europe.


                                  • Krokodilo Krokodilo 25 août 2007 18:51

                                    En fait de sébille, l’Angleterre tire une fortune de l’usage de plus en plus large de sa langue au sein de l’UE (estimée à 10 milliards d’euros par an), alors que c’est à la fois injuste et illégal, puisque l’UE s’est fondée sur l’égalité des langues.

                                    Personnellement, je pense qu’il est bon qu’ils restent dans l’Union, car ce sont nos alliés depuis plus d’un siècle, nous partageons les mêmes valeurs, la même civilisation, mais il est temps qu’ils décident soit d’adopter l’euro, soit de quitter l’UE, et surtout, il faut mettre fin à l’injustice qu’il y aurait à faire de l’anglais la lingua franca de l’UE, situation vers laquelle les eurocrates, les médias et certains de nos dirigeants nous conduisent en silence (80 millions par an pour France 24, et anglais imposé à l’école primaire).

                                    En outre, le bruit court que le gouvernement va prochainement ratifier le protocoles de Londres, malgré l’opposition du Sénat et de nombreuses personnalités, aboutissant à ce que d’ici quelques années, tous les brevets seront rédigés exclusivement en anglais car personne en se donnera plus la peine de les traduire en français ou en allemand, et pour la première fois des documents rédigés en anglais s’appliqueront et auront force de loi sur le territoire français ! La CNCPI (Compagnie Nationale des Conseils en Propriété Industrielle) approuve le brevet européen, mais s’oppose elle aussi à cette ratification du protocole de Londres, ce qui n’a pas l’air d’émouvoir notre gouvernement si anglophile. Il est important d’écrire à nos députés à ce sujet. Pour plus de détails :

                                    http://www.voxlatina.com/forums/viewtopic.php?t=3181


                                  • frédéric lyon 26 août 2007 08:59

                                    La langue Anglaise est non seulement la lingua franca de l’Europe, mais aussi du Monde.

                                    La langue Française a occupé cette position privilégiée au 17 et 18ème siècle et ne l’occupe plus aujourd’hui, après avoir été remplacée par l’Anglais.

                                    Les causes du déclin de la langue française sont multiples, elles sont liées :

                                    1) au déclin démographique de la France

                                    2) au déclin économique qui a commencé dès le 19ème siècle et qui est lié à la transformation et à la dispartition des sociétés agricoles traditionnelles. La France a toujours eu un métro de retard depuis.

                                    3) au déclin politique, qui est la conséquence des deux premiers.

                                    4) aux echecs des colonisations françaises, qui se sont cantonnées à des zones géographiques sans avenir et sans développement, et qui auront rarement été des colonisations de peuplement, à cause de la faiblesse de la démographie française, alors que l’Angleterre colonisait et peuplait l’Amérique du Nord, ou l’Austalie.

                                    5) à la supériorité du modèle libéral économique, politique, social anglo-saxon, qui surclasse le modèle étatiste à la française dans tous les domaines, notre modèle qui ne tente décidemment personne.

                                    Voilà pourquoi le Monde entier, je dis bien le Monde entier et pas seulement l’Europe, a décidé d’abandonner le Français et d’adopter l’Anglais comme langue commune.

                                    C’est un fait auquel nous devrons nous adapter, que celà nous plaise ou non. C’est la conséquence de nos échecs et de nos insuffisances.

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