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Accueil du site > Actualités > Europe > Le tabou de la torture en Italie remis en cause par l’Europe

Le tabou de la torture en Italie remis en cause par l’Europe

L’Italie, condamnée plusieurs fois par la cour européenne pour "acte de torture", traine encore des pieds.

Lors du G8 de Gênes en 2001, les autorités ne se sont pas pas gênées pour prendre leur plaisir, comme le dit si bien l’expression.

Quand on parle d’Autorité, il s’agit plutôt de ses sbires qui ont agi en son nom.

L’assaut des forces de l’ordre Italienne sur l’école de Diaz, restera une tache indélébile concernant la démocratie italienne.

L’affaire pourrait être un dérapage Italien de plus mais cela est devenu un problème intrinsèque aux valeurs de l’Europe et celle-ci a une fois de plus, condamné ce pays.

Bien que le sénat et la chambre se repassent la proposition de législation. Loin des conflits hideux qui parsèment le monde, l’Italie se donne le droit en 20015, de pratiquer la torture.

Du 20 au 22 juillet 2001 s’est tenu à Gènes le G8, enfin le G7 plus la Russie.

De grands esprits avaient décidé que cette ville d’Italie serait plus appropriée.

Disons qu’ils pensaient passer inaperçu.

C’était sans compter avec les altermondialistes, ceux-ci bien sûr rappliquèrent dardar … 

Avec évidemment l’intention d’en découdre, sans compter les mouvements anarchistes du genre Black Bloc aux méthodes extrêmes.

Bon, chacun fait son « petit bordel  » habituel, les idéalistes cassent, les casqués chargent.

Rien que de plus normal …

Mais, tout à coup, un carabinier décide de tuer par balle un jeune altermondialiste Carlo Giuliani.

Et pour bien finir le travail, une voiture de police blindée lui roulera dessus à plusieurs repries.

Condamné en 2009, l'état Italien sera finalement acquitté en 2011.

Amnesty International, concernant le traitement des troubles par la police, déclarera qu'il s'agit de la plus grande atteinte aux droits démocratique depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

Jusque-là, rien que de plus normal.

Evidemment, cela énerve un peu les D’jeuns et sur la fin du G7+1, ils ne sont pas très content.

Alors ils bousculent les voitures des flics qui passent, avec des jets de bouteilles.

Et jusque-là, toujours rien que de plus normal …

Les autorités, n'aimant pas qu'on leur jette des bouteilles et apparemment peu satisfaites de la mort d’un gauchiste, décident de porter le coup fatal à ces trublions. Ils pensent savoir que des terroristes ( Black Bloc ) se cantonnent dans l’école de Diaz.

La décision est donc prise d’attaquer ce bastion altermondialiste, sous prétexte que c’est justement un fief des Black Bloc.

Et ils y vont en mettant du cœur à leur ouvrage, 300 policiers tabassent tout ce qui passe devant leurs yeux.

Les manifs étaient terminées, les gens qui dormaient là devaient repartir le lendemain. Certains étaient là car les autorités avaient donnés l’ordre de fermer les hôtels de la ville et il y avait de tout : Du jeune idéaliste, en passant par le journaliste de droite et même une personne âgée qui n’avait pas trouvé d’hébergement.

Mais étrangement … pas de traces des "Black Bloc" dans l’école.

Extrait d’un article du Monde du 15/06/07 :

C'est vrai, j'ai vu des policiers s’acharner sur des personnes sans défense, cela ressemblait à une vraie boucherie, a raconté Michelangelo Fournier, mercredi 12 juin devant le tribunal de Gênes où il comparaît avec vingt-sept autres fonctionnaires ayant participé à la descente de police.

Dans l'obscurité, j'ai vu quatre agents, deux en uniformes et deux en civil, matraquer une jeune fille, je leur ai crié d’arrêter, ils ont continué, j'ai dû les bousculer, ils m'ont insulté.

cette fameuse "nuit des matraques", comme l'a baptisée la presse, "je l'ai portée comme une croix pendant six ans", avoue-t-il.

La police va même jusqu’à chercher les « faux blessés » à l’hôpital pour regrouper tout ce petit monde dans leurs locaux de la caserne Bolzaneto et là … pendant trois jours, en toute illégalité, on s’en donne à cœur joie, on parle même de sévices à caractère sexuels.

Un infirmier témoignera plus tard qu'il a assisté a un véritable lynchage, ainsi qu'a des actes qu'il pensait inimaginables.

Sans compter les preuves, inventées de toutes pièces par la police pour justifier cet assaut.

De pures méthodes inspirées des Nazis ou des fascistes, désolé mais il n’y a pas d’autre analogisme possible.

 

Le 7 Avril 2015, la cour européenne des droits de l’homme a rendu son verdict. Sur ce point et après plusieurs condamnations, l’Italie est devenue coutumière de ce genre de faits.

Surtout quand l’on sait que beaucoup de lois fascistes de l’époque Mussolini, n’ont pas été abrogées

Et que la première page du code pénal est toujours paraphée par le Duce : Benito Mussolini. 

Extrait d’un article de « Courrier International du 08/04/2015 » :

<< Les violences policières contre des manifestants commises lors du G8 de Gênes en 2001 relèvent de la torture. Une notion qui n’existe pas dans la législation italienne.

La Cour européenne des droits de l’homme a condamné l’Italie ce 7 avril pour n’avoir jamais poursuivi ni identifié les auteurs des violences policières commises en 2001, en marge du G8 de Gênes. La police avait lancé un assaut d’une grande brutalité sur une école qui servait de dortoir à 300 militants, et avait ensuite emmené 93 d’entre eux dans une caserne où ils ont subi d’autres violences. >>

Voilà donc le problème, L’Italie ne reconnait pas les actes de tortures.

En d’autres termes, la police peut faire ce qu’elle veut avec qui elle veut.

Au prétexte que l’arsenal juridique et législatif Italien est déjà suffisamment complet.

Tout cela au sein même de la vieille Europe dont on nous vante les mérites et l’avancée en termes de droit de l’homme et du citoyen.

A ce jour, bien qu’approuvé par le sénat Italien, le texte n’est toujours pas passé à la chambre.

Ou plutôt si mais ces deux derniers se renvoient le texte, telle une partie de tennis.

La forte opposition à cette loi vient de certains partis politiques et en particulier de l’extrême droite.

L’Italie pourra donc, à l’occasion, continuer de tranquillement torturer quand bon lui semblera.

Attendu que cette notion n’existe pas encore dans leurs textes.

Et toujours rien que de plus normal dans notre chère Europe de 2015.

 

Voir le film de Daniele Vicari : 

Diaz : un crime d’état / Diaz : Don't Clean Up this Blood . 

« Avant la sortie de mon film, les Italiens ne se souvenaient plus de ce qu’il s’était passé dans l’école Diaz. Les procès ont été peu ou mal couverts par la presse italienne. Et ensuite… il n’y a pas de délit de torture en Italie, et donc, on peut torturer sans problème. »

 

Bella Ciao …


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5 réactions à cet article    


  • César Castique César Castique 29 octobre 2015 18:21

    « Mais, tout à coup, un carabinier décide de tuer par balle un jeune altermondialiste Carlo Giuliani. »


    Pour une histoire de gonzesse ?

    • panpan 30 octobre 2015 16:11

      @César Castique

      C’est bien possible... Testostérone, quand tu nous tiens...


    • zygzornifle zygzornifle 30 octobre 2015 12:08

      torture a 2 vitesses, Berlusconi n’y a jamais eu droit .....


      • keiser keiser 30 octobre 2015 13:38

        Salut

        Je ne suis pas un spécialiste de l’Italie mais il me semble qu’il était président du conseil à l’époque des faits .
        Et il avait composé son gouvernement avec la Ligue du Nord et d’autres joyeux lurons.
        Si l’on prend aussi en compte sa haine des gauchistes, on peut dire qu’il est responsable de ces événements dramatiques .
        De toutes façons et avec toutes les casseroles qu’il traine derrière lui ... 


        • Philphot81 11 novembre 2015 14:18

          Le fascisme n’a jamais amener autre chose que de la terreur .......
          Merci meussieu Keiser pour ton message !...... smiley

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