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Accueil du site > Actualités > Europe > Les Catalans ont dit « oui »

Les Catalans ont dit « oui »

En disant « oui » du bout des lèvres au référendum, la Catalogne a quand même choisi le large .

A moins de cinquante pour cent, la population catalane s’est exprimée lors du référendum organisé dimanche pour donner l’occasion à la population de cette région du Nord-Est du royaume de se prononcer sur le “nouveau statut d’autonomie” de la Catalogne.

Madrid , 18 juin (BCB) - C’est un résultat paradoxal qui a été présenté sur le mode triomphal par M. Jose Luis Zapatero, président en exercice du gouvernement central espagnol et leader du Parti socialiste espagnol, (SPOSE). M. Zapatero a estimé publiquement que le « statut de Catalogne » avait été approuvé par une « très large » majorité, en affirmant que trois citoyens sur quatre avaient apporté par leur vote leur adhésion au nouveau texte définissant ce que sera à l’avenir la Catalogne.

Selon le président du Conseil, la consultation a été « normale », puisque près de 50 % de la population ont participé à la consultation. C’est une proportion moyenne, « acceptable pour les référendums des régions autonomes », a-t-il dit. De telle sorte que relativement aux effectifs mentionnés dans les listes électorales, on peut estimer finalement que 35 % des citoyens, seulement, ont en réalité apporté leur soutien au nouveau texte. Mais n’est ce pas la tradition démocratique impliquée par ce mode de décision populaire ?

M. Zapatero, se voulant plus précis, a tenu à exprimer ses félicitations aux 74 % de Catalans qui ont voté "oui", alors que seulement 20 % ont répondu "non".

Comme on pouvait s’y attendre, le leader de l’opposition conservatrice du Parti populaire, M. Mariano Rajoy, a exhorté solennellement M. Jose Luis Zapatero « à paralyser le processus de réforme des institutions catalanes » pour la simple raison, a-t-il fait valoir, que "deux Catalans sur trois" avaient en réalité refusé d’approuver un projet institutionnel décrit comme étant "l’œuvre personnelle" du président du gouvernement espagnol.

M. Rajoy a annoncé qu’il se proposait, après consultation lundi du comité exécutif de son parti, de présenter un recours devant le Tribunal constitutionnel.

« La façon dont est interprété le résultat du référendum tendant à faire état de l’ample majorité des Catalans, est objectivement inconstitutionnel », et porte « atteinte à la lettre et à l’esprit » de la « Magna Carta » qu’est la Constitution espagnole, a affirmé M. Rajoy.

« Si nous acceptions les résultats du référendum tendant à attribuer à une "région autonome" la qualité de "nation" dont la Constitution rejette le concept, nous reconnaîtrions d’emblée l’existence d’un "pouvoir souverain en Catalogne" ».

Lors de la discussion du nouveau statut catalan, M. Rajoy avait prédit que « l’Espagne, dans ce cas, serait divisée en deux groupes qui n’auraient ni les mêmes droits fondamentaux, ni les mêmes obligations, ni les mêmes lois, ni la même langue, puisqu’en Catalogne le catalan serait le langage obligatoire, sans la connaissance duquel les citoyens ne pourraient accéder à une fonction publique. »

Il est peu probable que ces mises en garde du leader conservateur exercent la moindre influence sur le cours de l’histoire. En effet, quelle que soit l’interprétation donnée à la consultation « historique » de dimanche, le résultat acquis par les urnes « à la majorité des votants » fait de la Catalogne une « nation » autonome au sein d’une fédération royale espagnole.

Elle sera désormais située dans une zone grise proche de l’indépendance absolue. Mais cela - avec l’approbation ou non de toute sa population catalane - ne constitue pas un fait nouveau. Déjà, au cours de l’histoire la plus ancienne, dont le souvenir a été gommé par la prédominance des royaumes de Castille et d’Aragon, puis par la dynastie des Bourbons depuis le XVIIIe siècle, la Catalogne a été une nation conquérante, un pays de grandes expéditions navales.

Les citoyens les plus nationalistes de cette région autonome rappellent que dès l’an mille, aux origines de ses origines, le roi Jaume 1er, souverain de Catalogne autant que d’Aragon, a créé un véritable Etat qui, pendant des siècles, a été maître du commerce méditerranéen et allié de la République de Venise.

N’est-ce pas dès le XVe, sous les rois catholiques, que Barcelone a supplanté Séville - trop exiguë - pour devenir le plus grand port du royaume, qui lançait ses flottes marchandes vers la Méditerranée orientale et les nouveaux rivages d’Amérique du Sud ?

C’est en mémoire de ce "millénaire" et manifestement en pensant à l’avenir que, depuis la restauration de la Généralisât ( gouvernement de Barcelone), toute une littérature officielle de luxe a été publiée évoquant - en catalan, pas en espagnol - ce passé historique indéniable.

De telle sorte que, vu de Barcelone, il n’est plus considéré comme une hérésie d’affirmer dans l’article premier du « statut révisé de cette région dite autonome », adopté à l’aube de l’an 2000 par le Parlement de Barcelone, accepté par les Cortès en mars 2006, que « la Catalogne est une nation, possédant son propre drapeau, son hymne, le catalan devenu la langue officielle obligatoire, tolérant une cohabitation incontournable avec le Castillan, la langue de l’Etat royal central. »

En vertu de ce nouveau statut, la Generalitat catalane est appelée à devenir l’unique responsable du découpage municipal et des ramifications de la nouvelle « nation », seule maîtresse de sa police régionale, de son système judiciaire, entretenant elle-même des « représentations extérieures privées » , affichant son désir d’avoir des liens directs - sans passer par Madrid - avec l’Union de l’Europe et les autres organismes internationaux, administrant son éducation et son "enseignement laïc", contrôlant les impôts et les finances, ses ports, chemins, de fer, routes et toutes autres voies.

En réalité, il ne lui resterait plus, pour proclamer son indépendance, qu’à créer son armée et à diriger sa politique extérieure. Ce qui est évidemment à exclure. Faut-il rappeler qu’elle a déjà rempli fréquemment , de facto, ces fonctions diplomatiques sous la présidence de Jorge Pujol, prédécesseur de Pascual Maragall ?Voyageant en Amérique latine, Pujol y a toujours été reçu comme un chef d’Etat, tandis que Madrid fermait les yeux sur ces incartades .

Dès lors, le nouveau statut changera également la condition du pays catalan et son système de financement. La Catalogne pourra mettre ses pendules à l’heure "en devenant une nation". "Il s’agira vraiment d’un outil extraordinaire grâce auquel nous allons pouvoir construire la Catalogne du futur", avait-il affirmé alors en mars dernier.

Et que vont dire les autres dignitaires politiques régionaux ? Ceux d’Andalousie qui possèdent déjà un texte statutaire en mains, prêts à prendre la forme d’une constitution parallèle ? Sans parler des Basques de toutes nuances, les pieux prélats et les curés de campagne, les gens de Donostia (San Sébastien en langue locale), les industriels et chefs d’entreprises du tertiaire à Bilbao, et puis les autres, les rebelles de « los montes » ? Un référendum serait-il suffisant pour les faire renoncer à la vie aventureuse de la clandestinité, tellement plus attrayante que le comptoir de n’importe société commerciale ? Que vont-ils dire des initiatives catalanes ? Les derniers ne vont-ils pas craindre d’être poussés trop tôt vers une vie banale et grisâtre, que va-t-il en être de l’autorité des prélats, et de la révérente considération dont jouit le clergé basque très proche d’une population fidèle à l’Eglise catholique ?

La Catalogne ayant eu recours au moyen du référendum pour s’auto-déterminer dans le cadre de dix-sept autonomies du royaume d’Espagne, comment les citoyens basques qui se trouvent à l’extérieur de l’organisation terroristes ETA pendront-ils l’initiative d’organiser une consultation pour donner à leur peuple le moyen de s’autodéterminer autrement que par la violence et le crime ?

© Bertrand C. Bellaigue - juin 2006


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51 réactions à cet article    


  • Mizo (---.---.20.56) 19 juin 2006 11:18

    La participation à ce référendum paraît très faible, pour un pays aussi politisé que la Catalogne. Ce que je trouve sur la Toile, c’est que le Parlement Catalan avait proposé un statut plus radical reconnaissant entre autres à la Catalogne la condition de « nation », mais le Parlement de Madrid a refusé.

    Il y a eu alors ceux qui ont rejeté le statut « amputé » et ceux qui ont trouvé que, malgré tout, il était moins mauvais que le précédent.

    Mais n’oublions pas qu’en Espagne, comme en France, de plus en plus de défenseurs des nationalités historiques misent sur un éclatement à terme de ces Etats par la voie des institutions européennes : il y a là un réel danger. Mieux vaudrait changer de politique pendant qu’il est encore temps au lieu d’alimenter les revanchismes par des politiques de verrouillage.


    • Marie Pierre (---.---.40.47) 19 juin 2006 13:31

      1/3 des catalans ont dit oui. Alors que l’Espagne et, majoritairement la Catalogne ont dit oui au TCE, ce retour vers une nation catalane a un goût passéiste.

      La Catalogne a bénéficié de la renommée de ses universités, favorisant l’implantation de nombreuses entreprises. Ce qui a fait sa richesse. Pour combien de temps ?

      Depuis déjà quelques années, on assiste au déclin des universités catalanes au profit de Saragosse et Madrid. La raison ? l’enseignement en catalan. Les hispaniques des Etats Unis ne viennent plus, les étudiants du reste de l’Espagne non plus. Les européens, encouragés par le programme Erasmus se tournent aussi vers d’autres universités assurant l’enseignement en Castillan.

      Originaire de Mallorque, je connais de nombreux jeunes qui préfèrent Saragosse alors que Barcelone est à 1/2 heure d’avion, que la langue est la même. Mais ils privilégient l’ouverture.

      C’est également un repli fondamentalement égoïste, une manière de ne vivre qu’entre soi : les administrations ne répondent qu’en catalan, vous ne pouvez que difficilement mettre vos enfants à l’école car les cours sont en catalan. Seules les personnes parlant le catalan seront embauchées.

      Certes, c’est une réaction au franquisme, les langues régionales ayant été interdites sous Franco. Barcelone a toujours été une province républicaine (même le foot est touché puisque le Barçao est le grand rival de Madrid). L’ouverture des JO de Barcelone a été en catalan.

      Il est bon de maintenir les langues régionales, à condition de ne pas en faire la langue officielle de la région. A l’heure de l’Europe, c’est un coup dur.


      • Marsupilami (---.---.183.77) 19 juin 2006 13:41

        Ouaf !

        Je suis d’accord avec toi, mais quand même, quand j’écoute Campanades a morts de Luis Llach, je me sens un peu catalan...

        Houba houba !


      • Marie Pierre (---.---.40.47) 19 juin 2006 13:50

        Mallorquine, c’est quasi catalane, alors je me sens bien de cette région.


      • Bertrand C. Bellaigue Bertrand C. Bellaigue 19 juin 2006 14:05

        A l’heure de l’Europe, c’est un coup dur.

        Tout a fait d’accord avec vous. Il faudra pourtant qu’un jour la Generalitat réalise qu’en dehors des Catalognes du Sud et du Nord, Andorre, et les Baléares, personne d’autre ne comprend le « catala ». Pourtant, heureusement les Catalans ne se définissent pas seulement par la langue mais par leur culture millénaire. Leur voeu : Reconstituer le « polygone » socio-politique-culturel et aujoud’hui de haute technologie, défini par Barcelone, Montpellier et Toulouse. BCB


      • Marie Pierre (---.---.40.47) 19 juin 2006 14:30

        Mais pour les catalans, comme pour les Baléares, le ciment c’est la langue. Pour Montpellier, où j’ai vécu très longtemps, ce n’est absolument pas le cas, encore moins pour Toulouse. Même si Frèche, dans sa mégalomania se voyait à la tête d’une supra région, Septimania.


      • c florian (---.---.162.39) 19 juin 2006 14:36

        mais pas grand monde ne parle non plus le hollandais, le polonais ou le wollof. il faut juste trouver un juste milieu entre les langues nationales ou régionales et les langues internationales. il serait beaucoup plus simple de tous parler la même langue, mais l’histoire a fait que chacun a développé la sienne, tout le monde veut garder sa culture en commençant par sa langue, et les français ne sont pas les derniers. ce qui se passe en espagne devient similaire aux situations suisse et belge, selon la région dans laquelle on arrive, la langue n’est pas forcément la même. c’est peut être un handicap pour barcelone, mais il lui en faut bien pour ne pas attirer trop de monde.


      • Bertrand C. Bellaigue Bertrand C. Bellaigue 19 juin 2006 14:38

        Pour Marie-Pierre :

        Amen.

        BCB


      • c florian (---.---.162.39) 19 juin 2006 14:24

        je crois que votre vision est trés française et est basée sur une certaine idée de la nation. en quoi la catalogne n’aurait pas le droit d’être une nation ? en quoi l’espagne est une nation ? en quoi la france est une nation ? on m’a appris à l’école qu’une nation est un ensemble de personnes dans un ensemble géographique ayant la même histoire, la même culture, la même langue. or cette définition ne peut s’appliquer ni à la france, ni à l’espagne. ces pays, comme beaucoup d’autres, se sont construits par des guerres pour la quête de pouvoir des dirigeants. le sentiment national est né d’une solidarité contre le pouvoir en place. cette notion a ensuite été travaillée pour souder un pays et s’opposer aux autres.

        aujourd’hui les frontiéres s’ouvrent et chacun cherche son identité. ceux qui en ont une trés marquée veulent la faire accepter, mais ne veulent pas forcément se couper du monde pour autant. les catalans sont pro-européens et ne cherchent pas à s’enfermer. l’europe permet d’ouvrir le débat sur le partage des pouvoirs et des institutions. c’est la possibilité pour certains de s’échapper d’un systéme centralisateur instauré sous la contrainte. le monde a besoin d’un découpage administratif cohérent mais en aucun cas d’un cloisonnement entre les hommes. il faut maintenant trouver des institutions à différentes échelles permettant de gérer les différentes sociétés.


        • Bertrand C. Bellaigue Bertrand C. Bellaigue 19 juin 2006 14:36

          A l’attention de Florian : Je ne vois rien de répréhensible dans vos imprécations. Connaissez vous la remarque - traduite en Castillan - d’un vieux Catalan pendant la guerre civile :

          « Yo soy ateo ; gracias a Dios ! »

          BCB


        • Marie Pierre (---.---.1.190) 19 juin 2006 14:57

          A Florian

          Que les identités régionales soient reconnues, entièrement d’accord. D’ailleurs c’est un article du TCE.

          Je pense simplement qu’au niveau de l’Europe, vouloir créer une nouvelle nation est un peu fort. La Catalogne sera-t-elle représentée au Parlement Européen ? (actuellement 1 nation = 1 voix). L’Ecosse et le Pays de Galles, très autonomes, font partie de la Grande Bretagne, la langue officielle est l’anglais et ils ne se considèrent pas comme nation. Quid du Pays Basque ? de la Corse ?


        • Mathieu2 (---.---.22.244) 19 juin 2006 15:34

          Si, pour bien les connaître, les Gallois et les Ecossais se considèrent comme une nation, ce qu’ils sont d’ailleurs. Pensez au Tournoi des 6 nations en rugby (seule la France n’en est pas une en fait !), ou encore la Parade des Nations Celtes au Festival Interceltique de Lorient chaque année.

          Quant aux langues de ces pays, elles sont un moteur important de l’économie. Rien que pour l’audiovisuel dans la langue nationale, les Gallois ont créé des milliers d’emplois. Quant à dire que le catalan est un frein au développement de la Catalogne, c’est assez ridicule : ce pays est depuis la fin du franquisme espagnole, c’est à dire la fin del’interdiction du catalan, une réusite économique exemplaire en Europe.


        • c florian (---.---.162.39) 19 juin 2006 16:18

          tout dépend ce que l’on comprend par nation. la nation n’est pas forcément un état et inversement. la catalogne peut trés bien être une nation ratachée à l’espagne elle même ratachée à l’europe. si ensuite les catalans veulent majoritairement la totale indépendance, c’est à eux de décider. le monténégro a pu le faire, je ne vois pas pourquoi la catalogne, la corse ou l’écosse ne pourrait pas le faire, même si je doute de la victoire des indépendantistes.

          dans mon esprit, l’europe doit se dégager de ce fonctionnement ou un pays égal un vote. il faut établir des domaines de compétence et chaque citoyen doit voter pour élire ses représentants. aujourd’hui chaque pays défend son pain et l’ue n’avance plus. elle doit devenir une institution démocratique.


        • Gary Gaignon (---.---.37.192) 4 juillet 2006 21:41

          « et ils ne se considèrent pas comme nation. »

          Oh ! Marie-Pierre, en êtes-vous si sûre et certaine ?

          Les Écossais, les Gallois, les Irlandais, sont des nations Celtes, pas Anglo-Saxonnes du tout - même si elles ont été laminées...

          Il se reconnaissent tous comme des Nations.

          À terme, Le Royaume-Uni devrait s’élargir aussi, et permettre aux uns et aux autres de construire la vraie Europe, à titre d’États-Nations, celle des peuples fondateurs devant l’Histoire.

          Je ne vois pas le problème que cela pose, bien au contraire, car tous ces peuples sont de la même ethnie indo-européenne, comme d’ailleurs les Québécois, les Canadiens.

          Nous nous retrouvons désormais face au Monde entier à bâtir, Marie-Pierre. L’Empire mondial d’Occident vit un grave et sèvère crise de leadership. Il faut l’enlever aux Anglos-américains, et le redonner aux Européens.


        • Marie Pierre (---.---.1.190) 19 juin 2006 15:51

          La langue officielle reste malgré tout l’anglais. Ceux qui ne parlent pas gallois ou écossais ne se sentent pas perdus voire rejetés.

          Vivant maintenant en Bretagne, je me vois mal dans une région où je ne comprendrais rien, où je n’aurais aucune relation avec les habitants.

          Le défilé des Nations au FIL : la Galice est une nation ?


          • Marie Pierre (---.---.1.190) 19 juin 2006 15:52

            Message à Matthieu2


          • Mathieu2 Mathieu2 20 juin 2006 10:54

            En Ecosse le gaélique est en grand danger, mais cela ne date pas d’hier. Il n’y a actuellement plus que 60 000 locuteurs pour 5 millions d’habitants. Il faut dire que les Ecossais expriment aussi leur caractère national par une forme typiquement écossaise de parler anglais. N’empêche que le gaélique écossais est reconnu comme langue officielle d’Ecosse depuis l’année dernière, que l’état Royaume-Uni a ratifié, comme la quasi-totalité des états-membres de l’Europe, la Charte Européenne des Langues Minoritaires et Régionales, que la télévision et la radio publiques britanniques ont des chaînes spécifiques en gaéliques (il y a BBC Scotland en anglais et BBC Alba en gaélique). Au Pays de Galles, c’est encore mieux car il y a eu au cours du XXè siècle une reconquête du gallois. Ca été l’exact inverse du breton : au début du siècle il y avait une proportion bien plus importante de britophones en Bretagne que de galophones en Galles, et maintenant c’est l’inverse : en Bretagne on est passé de 1 250 000 à 200 000 pour 4 millions d’habitants. Au Pays deGalles aujourd’hui 20 % de la population parle couramment gallois alors que c’était une langue en grand danger au début du siècle. Ceci est dû à une raison simple : les Gallois se sont battus pour avoir un statut d’autonomie, et aujourd’hui ils ont retrouvé leur propre Parlement. Le gallois est donc enseigné dans toutes les écoles, et il y a des écoles publiques tout en gallois. Les Anglais n’ont plus leur mot à dire et ils n’en sont pas morts ! Le Prince de Galles fait même chaque année un discours en gallois devant l’assemblée galloise. Comme si Dominique de Villepin allait faire un discours en breton devant le Parlement de Vannes ! Avec ce jacobin napoléonesque ça ne risque pas.

            Marie-Pierre : « Vivant maintenant en Bretagne, je me vois mal dans une région où je ne comprendrais rien, où je n’aurais aucune relation avec les habitants.

            C’est exactement cette raison qu’on invoqué les Français pour interdire le breton en Bretagne : je ne comprend pas cette langue donc vous devez l’abandonner. Tout le monde devait être monolingue francophone, condition pour accéder au rang de citoyen. Les Bretons n’auraient au grand jamais abandonné leur langue nationale, c’est l’état français qui les a forcé. Donc croire aujourd’hui que l’état français va maintenant faire quelque chose pour que le breton ne disparaisse pas, c’est vraiment faire preuve de naïveté. Les Catalans le savent bien avec l’Espagne et décident aujourd’hui eux-mêmes sur tout un tas de sujets : résultats leur langue est reconnue et respectée par les autres. Une dernière chose Marie-Pierre : vous vous êtes installé en Bretagne, bien, mais ce ne sont pas aux Bretons de s’adapter à vous, c’est à vous de vous adapter aux Bretons. Je crois que ce n’est pas trop difficile d’ailleurs, nous sommes connus pour être plutôt affables et ouverts... Bien sûr il y a des imbéciles partout mais en y mettant du cœur je pense que vous n’aurez pas de difficultés majeures pour vous intégrer. Une bonne initiative est de se mettre à apprendre le breton, vous verrez vous apprendrez pleins de choses sur l’identité et la mentalité bretonnes, et les gens vont en seront reconnaissants. Mais aujourd’hui la proportion de britophones est tombée tellement bas que franchement, craindre de se trouver perdue au milieu des britophones (qui je le rappellent parlent aussi tous français, et souvent mieux qu’un Français monolingue !) est un peu ridicule. Tout cela, c’est avant toutnune question de tolérance et de respect.

            Marie-Pierre : « La langue officielle reste malgré tout l’anglais. Ceux qui ne parlent pas gallois ou écossais ne se sentent pas perdus voire rejetés. »

            Les Gallois et les Ecossais, en défendant leur langue propre, ne se demandent pas si les Anglais vont être gênés ou pas, ils agissent c’est tout. Aux Anglais de s’adapter. On note d’ailleurs maintenant une tolérance bien plus grande chez les Anglais que chez les Français sur ces questions de diversité linguistique et culturelle ; les Français font beaucoup de discours sur la diversité culturelle dans toutes les tribunes du monde (une diversité d’ailleurs avant tout...francophone !) mais sur le terrain, de manière je dirais feutrée, les préfets freinent à tout prix les ouvertures de classes bilingues en Bretagne ou en Catalogne française.

            A voir un reportage de Radio Canada en Bretagne intitulé : Pourquoi le gouvernement français refuse-t-il d’intégrer les écoles en langue bretonne Diwan dans le système d’éducation public ? http://www.radio-canada.ca/actualite/v2/5sur5/niveau2_liste65_200411.shtml

            Je crois qu’une erreur fondamentale des Français est de croire que les gens ne vont parler qu’une seule langue. C’est une vision 3è république complètement obsolète et intégriste. Il n’y a qu’à aller dans les classes bilingues au Pays Basque, en Catalogne ou en Bretagne, les jeunes parlent souvent 3 ou 4 langues couramment. C’est d’ailleurs tout à fait banal quand on a bénéficié d’un enseignement bilingue dès le plus jeune âge. Personnellement je parle 3 langues couramment, et je me débrouille en italien. Ma priorité est de me remettre au breton mais quand on a 31 ans c’est beaucoup plus dur... D’où ùmon regret de ne pas avoir pu bénéficié d’un enseignement du breton et en breton à l’école.

            Le plurilinguisme, c’est l’avenir, et là les Français, par leurs vieux réflexes, ont du retard. Quant aux Catalans, ils sont un exemple de réussite qui ne s’en laisse pas compter. Vive les Catalans ! Vive le catalan ! Vive la Catalogne ! Bevet Bro-Katalunia ! smiley)


          • Marie Pierre (---.---.1.126) 20 juin 2006 11:06

            Mathieu,

            Où avez-vous lu que j’étais pour la disparition de la langue bretonne ? Personne n’est à se mettre au niveau de l’autre du moment que nous sommes en France. Un bon copain, chanteur breton, Dom Duff chante aussi en français, en anglais et prend soin de donner le sens des paroles pour les non bretons.

            Je suis pour les écoles bilingues publiques qui peuvent accueillir tous les élèves. Qui permettent aux bretons de garder leur culture et aux autres de la découvrir. Mais contre les écoles privées.

            Je pense avoir été claire.


          • Mathieu2 (---.---.22.244) 20 juin 2006 18:52

            Marie-Pierre, loin de moi l’idée de vous juger sans vous connaître. Il me semblait juste que votre phrase, sur laquelle je réagissais, signifiait que le droit des britophones s’arrêtait là où commençait celui des non-britophones, ce qui est injuste, inégalitaire si vous préférez, mais j’ai peut-être mal compris vos propos, merci de préciser. Les Bretons doivent avoir le droit de parler breton en Bretagne, que cela plaise aux Français installés en Bretagne ou pas !

            Si vous êtes pour l’enseignement du breton c’est tout à votre honneur. Notons cependant que le simple enseignement d’une langue, sans place dans la société (médias, enseignes, usage professionnel, services publics, etc, bref comme dans n’importe quelle langue « régionale » en Europe en-dehors de l’hexagone) ne sert à rien et la langue meurt quand même. C’est tout une politique de reconquête linguistique qui doit être mise en oeuvre au niveau breton ! Les Catalans l’ont déjà fait et seuls les jacobins castillans et français s’en plaignent, ce qui est bien la preuve qu’ils ont raison ! smiley

            Cordialement.


          • Marie Pierre (---.---.1.5) 20 juin 2006 19:04

            A Mathieu,

            Il y a tout de même un hic à imposer le breton dans toutes les administrations, entreprises et autres : toute la Bretagne ne parle pas breton ! Une bonne partie parle gallo et je vous rappelle les manifestations des pays gallos contre la mise en place autoritaire des panneaux de signalisation en breton. Rennes (capitale régionale) a, dans son histoire, très peu parlé breton.

            Pour les entreprises : combien d’entreprises non bretonnes se sont installées, ont donné du travail ? On ne les compte plus.

            Pour les administrations : vous ne voudriez tout de même pas empêcher les gens d’autres provinces de venir travailler ici ? C’est ce qui se passe en Catalogne et aux Baléares.

            Je fréquente un pub à Vannes (très bonne bière bretonne) et c’est un plaisir de voir des gens converser en breton. Cela prouve que la langue ne meurt pas à la sortie de l’école. Si vous avez du mal à l’apprendre à 31 ans, ce serait encore plus difficile pour une quinqua ++


          • Mathieu2 (---.---.22.244) 22 juin 2006 02:13

            Je n’ai jamais dit imposer le breton dans les administrations et les entreprises mais le proposer. Ne reproduisons pas le scandale de la législation française actuelle qui impose une langue unique dans ces lieux , et pas seulement contre l’anglais ! Quant aux zones britophones/gallo elles sont dépassées, nous sommes au XXIè siècle. Ou alors il faut les appliquer aussi dans l’autre sens et interdire le français en Basse-Bretagne, c’est une question d’égalité ! Je vois qu’en France tout le monde est égal mais comme dit Coluche il y en a qui sont plus égaux que d’autres... J’ajoute que les parlers brito-romans (gallo et associés) sont de simples langues régionales de l’est de la Bretagne qui n’ont pas les mêmes réalités que le breton et le français. Ce sont des langues rurales, il faut bien le dire presque disparues, sans tradition littéraire écrite antérieures à 30 ans, et encore je suis généreux. Elles sont intéressantes et participent de la richesse et de la diversité culturelle de la Bretagne mais on ne peut pas sérieusement les mettre sur le même plan que le breton et le français qui sont aujourd’hui les 2 langues vernaculaires des Bretons. Et chose très importante : le breton est considéré au-delà de ces locuteurs même comme le porte-drapeau de l’identité bretonne.

            Marie-Pierre : « Pour les entreprises : combien d’entreprises non bretonnes se sont installées, ont donné du travail ? On ne les compte plus. »

            Toute entreprise qui s’installe dans un pays le fait pour des questions purement commerciales. La présence du breton dans les sociétés implantées en Bretagne ne leur coûtera pas un centime, comme pour tous les pays. Comment croyez-vous que font des petits pays dynamiques comparables à la Bretagne en taille et en population comme le Danemark, la Finlande, la Slovaquie ? Aujourd’hui, les entreprises étrangères qui s’installent en Bretagne sont beaucoup trop peu nombreuses, contrairement à ce que vous affirmez. La quasi-totalité installe leurs sièges sociaux en Ile-de-France, seul endroit hexagonal attractif pour les investisseurs étrangers à l’heure actuelle (La Tribune de la semaine dernière). On voit bien que ce sont d’autres raisons que la présence consentie de la langue bretonne qui rebutent les entreprises. Bref vous cherchez des inconvénients là où il n’y en a pas ! Une autre politique est possible. J’imagine bien les autorités politiques bretonnes proposer des exonérations et des incitations fiscales aux sociétés qui font une place à la langue bretonne ; elles sont avant tout pragmatiques, vous verrez si elles ne sont pas intéressées !

            Marie-Pierre : « Je fréquente un pub à Vannes (très bonne bière bretonne) et c’est un plaisir de voir des gens converser en breton. Cela prouve que la langue ne meurt pas à la sortie de l’école. »

            De l’école au bar foklo, quelle charmante perspective de cheminement pour les britophones ! Vous dites ne pas être pour la mort du breton mais vous êtes pour sa muséification, ce qui revient au même. Le breton n’a pas besoin d’endroit de ce genre pour vivre, il a besoin d’être au grand jour, dans la vie de tous les jours. Vous avez une vision folkloriste, très française de la langue bretonne.

            Marie-Pierre : « je vous rappelle les manifestations des pays gallos contre la mise en place autoritaire des panneaux de signalisation en breton. »

            Vous rappelez mal car ce que vous dites est inexact. Il y a eu 7 personnes à se réunir devant l’appareil photo d’un journaliste contre la mise en place dans leur patelin de panneaux directionnels bilingues dans le Morbihan, chose voulues de manière très majoritaire par la population. Ca a d’ailleurs été mis en place depuis belle lurette en Finistère et en Cotes d’Armor. Même si quelquefois j’ai noté une traduction de sigle discutable, globalement c’est une chose positive. C’est plus constructif que de se dire breton parce qu’on mange une crêpe ou qu’un boit une bière bretonne dans un « bar breton ». Pour un Breton, je crois qu’il y a des façons plus constructives d’honorer sa langue nationale. Je vous invite à vous défaire de cette vision minimaliste et caricaturale de la langue bretonne, croyez-moi elle mérite mieux.


          • (---.---.23.177) 19 juin 2006 16:19

            Ce que je ne comprends pas, ce sont les raisons de ces nationalismes.

            Par exemple, si L’Espagne(hors Catalogne) et la Catalogne avaient 2 visions differentes de leur avenir, la rechereche de l’independance serait explicable. Par exemple si l’Espagne souhaitait quitter l’union europeenne pour rejoindre le Mercosur alors que la Catalogne souhaite rester dans l’UE.

            Alors que la, il s’agit d’aller dans le meme direction mais pas ensemble. ??

            Pourqoi pas, mais la ou les catalans risquent d’etre tres decus, c’est que a travers l’Espagne il beneficie d’une certaine ecoute au sein de l’UE (ecoute qui est loin d’egaler celle que possede l’Allemagne) alors qu’independant il auront un poids au sein de l’UE comparable au Danemark ou la Suede. Bref ils risquent de ne pas peser bien lourd.


            • Mathieu2 Mathieu2 20 juin 2006 11:30

              Détrompez-vous, les petits pays indépendants comme le Danemark, la Suède et l’Irlande défendent très bien leurs intérêts au sein des différentes instances internationales, de même que les nations autonomes sans états comme les Catalans, les Gallois, les Basques, les Ecossais, et pleins d’autres. Car ils ont des représentations directes à Bruxelles ! Ils ont des députés à Strasbourg ! Mêmes de simples régions comme la Bavière en ont. Mais des nations sans état comme la Bretagne, qui n’ont pas leur mot à dire par exemple sur les fonds européens qui sont gérés par les préfets et les hauts-fonctionnaires dans les ministères à Paris avant d’être redistribués aux « régions administratives » de Rennes et Nantes, et bien ils n’ont la maîtrise de rien, ils subissent comme des irresponsables. Et encore, quand la France n’oublie pas tout simplenent de s’en occuper ; ainsi des millions d’€ de fonds ont été perdus par la Bretagne à cause de l’incurie et je dirais l’indifférence de l’administration française qui a d’autres chats à fouetter que l’économie bretonne, ils s’en fichent complètement croyez-moi ! Les Catalans gèrent eux-mêmes ce genre de choses et résultat : réussite économique et reconnaissance internationale.

              Maintenant, la Catalogne doit-elle être un état indépendant ? Je me garderais bien de répondre à la place des Catalans, c’est à eux de décider. Un ensemble fédéral de toute la péninsule ibérique est une option possible. Les grand sensembles européens « régionaux » sont des constructions diplomatiques et économiques intéressants. Après tout, l’Espagne, le Portugal, la Catalogne, moins le Pays Basque il est vrai, sont des nations proches à beaucoup de points de vue (historique, culturel, économique...) et il serait peut-être intelligent de coopérer ensemble. L’union fait la force non ? Mais encore faut-il que certains partis espagnols abandonnent de vieux réflexes jacobins égoïstes. C’est aussi leur intérêt. Mais vouloir gérer à la place des autres, c’est vraiment débile et ringard ! Et si ils persistent dans leur entêtement, à mon avis les Catalans se lasseront d’eux et choisiront l’option indépendantiste. Et là ceux-ci ne reviendront jamais sur leur indépendance, comme n’importe quel pays d’Europe qui est devenu indépendant : il n’a jamais demandé à revenir dépendant de son ancienne puissance de tutelle. Rien qu’au cours du XXè siècle, les Danois n’ont pas demandé à redevenir allemands, les Irlandais anglais, les Norvégiens et les Finlandais suédois, les Croates et les Slovènes yougoslaves, les Slovaques tchèques, etc. La France ferait bien de méditer ces exemples !


            • Bertrand C. Bellaigue Bertrand C. Bellaigue 20 juin 2006 16:38

              Attention Mathieu2

              Idem

              Bertrand C.Bellaigue


            • (---.---.60.192) 20 juin 2006 11:28

              Ce qui m’inquiète, c’est que certaines institutions européennes du moment encouragent ces tendances à l’autonomie régionale,en Espagne comme ailleurs.

              Je ne suis pas nationaliste, mais je considère qu’en pulvérisant l’unité nationale, on fait resurgir des sources de conflits par d’absurdes guerres des mémoires et on remet en question des solidarités :certaines régions plus favorisées ne veulent plus financer d’autres moins bien loties..Comment va se développer l’Estramadure, sans l’aide d’autres régions ? On parle déjà d’une rupture andalouse...

              Cela donne des idées à la Flandre belge ,dont les tendances les plus extrèmes demandent la mort de la Belgique..On connait les revendications de la Ligue du Nord en Italie, le désirs de rupture de la riche Bavière,qui a des lobbies puissants à Bruxelles...Pourquoi cela ne donnerait-il pas aussi des idées à nos Bretons, à nos Alsaciens. ?..Ce processus de désagrégation n’a pas de raisons de s’arréter, avec tous les risques de dérapages ,de conlits (par ex:comment résoudre le problème de la séparation linguitique dans l’agglomération bruxelloise ?).Comment rebâtir des confédérations cohérentes sur des émiettements dont le processus peut s’éterniser ?...

              Cela fait le jeu de la mondialisation économique. Le conseiller américain Brzezinski précisait ,en1997,que la vocation américaine est désormais de contrôler l’Europe.Quel meilleur façon de le faire que de soutenir les divisions ?Tony Blair est là son meilleur allié...

              Un institut bien européen,mais tout à fait allemand dans ses soutiens et ses financements,l’UFCE(Union Fédéraliste des Communautés Ethniques Européennes),qui a joué un rôle trés actif dans le démantélement de l’ex-Yougoslavie, a élaboré tout un système de pensée qui « tribalise l’Europe »,comme dit Pierre Hillard dans son ouvrage :« La décomposition des nations européennes ».

              Faut-il suivre sa thèse jusqu’au bout ? En tout cas, certains faits montrent qu’il y a une part de vrai dans son analyse. Il serait temps de s’en rendre compte...


              • zen (---.---.60.192) 20 juin 2006 11:29

                J’ai oublié de signer...C’est réparé . ZEN


              • Mathieu2 Mathieu2 20 juin 2006 11:40

                Je crois que votre analyse est surtout biaisées par votre anti-américanisme et votre anti-mondialisme. Mais les nations européennes, c’est une réalité incontournable. Vous ne pouvez pas les détruire comme ça. Voyez : même avec les Etas-nations du XIXè siècle ces nations vivent encore, même en France. N’est-il pas plus intelligent de faire preuve de tolérance ? Les Bretons ne vous ont rien fait !

                Vous parlez de l’Allemagne. C’est justement en réaction au centralisme du IIIè Reich, seule période jacobine de l’Allemagne dans son histoire, que les Allemands ont optés pour le fédéralisme à la libération, car le principe de subsidiarité, c’est l’essence même de la démocratie. Alors si les Allemands favorisent le respect des identités nationales et de la diversité culturelle en Europe, on ne va pas s’en plaindre ! Et tant pis pour les rêves de grandeur de la France.


              • Mathieu2 Mathieu2 20 juin 2006 11:46

                J’ajoute que ceux qui ont provoqué toutes ces guerres, ce ne sont pas les petites nations européens mais les états-nations qui avaient et qui ont toujours pour certains d’entre eux (Espagne et surtout France) des envies de domination et d’absorption des voisins. Les petites nations cohérentes et bien dans leur baskets ne provoquent pas la guerre. Regardez les Balkans : n’est-ce pas la Yougoslavie qui en déplaçant des populations et en mélangeant tout le monde pour créer un citoyen nouveau, le « Yougoslave », a apporté la guerre ?

                Dénoncer l’impérialisme américain c’est bien, mais il faut aussi dénoncer l’impérialisme français, qui a fait beaucoup plus de dégâts.


              • zen (---.---.60.192) 20 juin 2006 11:59

                Mathieu, je crois que vous êtes hors-sujet.Mon commentaire n’est pas polémique,il essaie de prendre un recul historique par rapport à un processus économico-politique en cours, dans une perspective plus large que la vôtre .Lisez le livre de Pierre Hillard cité, et vous me direz ce que vous en pensez...Il vaut le détour, même s’il faut en débattre...


              • Mathieu2 (---.---.22.244) 20 juin 2006 12:29

                « dans une perspective plus large que la vôtre . »

                Est-ce le monde ? On peut parler à l’échelle du monde mais ça complique encore le débat. J’ai pris comme perperctive l’Europe depuis le XIXè siècle, je pense que c’est toujours intéressant de comparer les réalités nationales et étatiques européennes entre elles. J’ai effectivement élargi par rapport au sujet de départ qui était la situation catalane car justement il est plein d’enseignement pour l’Europe. L’auteur de l’article voudra d’ailleurs bien m’excuser pour cet élargissement du débat.

                Je ne connais pas Pierre Hillard mais si dans son titre « La décomposition des nations européennes » il parle des états-nations issus du XIXè siècle, ça sent le rabachage jacobin cher à l’extrême-droite française ! Je préfère lire des auteurs non-français : généralement ça aère l’esprit, ça ouvre sur des réflexions moins stéréotypées. Bien sûr il y a des exceptions !


              • Bertrand C. Bellaigue Bertrand C. Bellaigue 20 juin 2006 16:37

                Attention de Mathieu2

                Je crains, mon cher, que vous ne soyez à côté de vos baskets.

                Voici deux conseils qui pourraient - si vus l’ignoriez - vous être utiles pour intervenir sur un forum :

                1 - En tête de votre texte je vous conseille - pour être clair - de mentionner « Attention de XXX ( en ce qui me concerne, c’est »Attenttion Bertrand C. Bellaigue"

                2 - Je vous recommande de signer avec votre patronyme, - comme je le fais moi-même.

                Le reste de votre intervention ne me concerne pas.

                Bertrand C. Bellaigue


              • Bertrand C. Bellaigue Bertrand C. Bellaigue 20 juin 2006 16:45

                Attention tous

                Je repete ce que j’ai recommandé a Mathieu2

                1 - Pour être clair et ne pas risquer de manquer sa cible, je vous suggère de d’écrire en tête de votre texte :

                « Attention machintrucmuche »

                2 - A la fin de votre tetxe - quel qu’il soit - vous signez de votre nom patronyme - comme je le fait moi-même -ce qui me parait plus « digne » que se placer dans un anonymat derrière lequel on est tpoujours dissimulé.

                Bertrand C. Bellaigue


              • zen (---.---.25.199) 20 juin 2006 19:15

                M’avez-vous vraiment lu ?


              • zen (---.---.60.192) 20 juin 2006 12:49

                C’est curieux de juger un livre que vous n’avez pas lu...Comme quoi les préjugés ont la vie dure...On lit D’ABORD, on juge APRES : logique, non ?...


                • Mathieu2 (---.---.22.244) 20 juin 2006 14:08

                  Désolé mais les historiens français je les connais par coeur, je n’ai pas de temps à perdre avec leur discours habituels sur la France éternelle. Et puis, j’ai tapé Pierre Hillard sur wikipédia et j’ai vu qu’il a fait il y a 3 mois un discours en hommage à Jacques Bainville, un historien français d’extrême-droite, alors ça me donne encore moins envie de le lire...

                  J’ai déjà droit aux discours jacobins quotidiennement dans les médias, c’est pas encore pour me faire du mal à lire un Pierre Hillard, surtout quand je vois les titres de ces ouvrages !

                  Par contre, si vous avez un nom d’historien catalan je suis preneur.


                  • zen (---.---.60.192) 20 juin 2006 14:15

                    Vous avez vite fait de vous informer...Je n’ai pas dit que Hillard était irréprochable, mais de considérer avec attention sa thèse, quitte à la réfuter...simple honnêteté intellectuelle...Connaissez-vous Fernand Braudel ?. J’ai lu toute son oeuvre.


                  • Bertrand C. Bellaigue Bertrand C. Bellaigue 20 juin 2006 16:59

                    Attention ZEN alias Thiriet

                    Vous avez lu Braudel. Très bien, vous aurez une bonne note

                    Bertrand C. Bellaigue


                  • Marsupilami (---.---.162.202) 20 juin 2006 17:01

                    Ouaf !

                    J’ai moi aussi lu tout Fernand Braudel et je vais donc m’empresser, vu que je vis en Bourgogne, de lancer le FLB (Front de Libération Bourguignonne). Une connerie pareille, ça urge !

                    Houba houba !


                  • Bertrand C. Bellaigue Bertrand C. Bellaigue 20 juin 2006 17:41

                    Attention marsupu...etc

                    On peut se réjouir que l’affaire catalane ait été l’occasion, pour certains, de « se meubler » l’esprit, quoique souvent les commenaires exprimés incitent à penser que les connaisances ainsi acquises ne sont pas encore très bien assimilées.

                    Ceci dit, mises à part les acrymonies manifestés et les rodomonates adressées d’un extrême à l’autre, le problème qui fait l’objet de ces reflexions n’est pas nouveau.

                    Le combat entre Jacobins et Girondins sera biento tricentenaire. L’avantage aujoud’hui est qu’on ne coup plus les têtes.

                    Donc, vous pourriez quitter vos anonymats un peu désuets et tenter de vivre libres.

                    Bertrand C. Bellaigue

                    Bertrand C. Bellaiguz


                  • Marie Pierre (---.---.1.123) 20 juin 2006 18:32

                    Monsieur Bellaigue,

                    Comment se fait-il que, lorsqu on clique sur un début de post (à gauche de l écran), on n y accède pas ?

                    Bizarre, l apostrophe me renvoie à la recherche ....

                    Remerciements

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