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Accueil du site > Actualités > Europe > Les Européens dans les élections municipales

Les Européens dans les élections municipales

Une particularité des municipales est qu’elles sont, avec les européennes, les seules élections auxquelles peuvent se présenter les citoyens de l’Union qui ne possèdent pas la nationalité française. Une analyse du nombre de candidats non-français et de la place qui leur est donnée sur les listes permet d’évaluer l’ouverture sur l’Europe des différents partis politiques. Un petit classement sans prétention, mais qui révèle parfois quelques surprises.

À Paris, le résultat obtenu est variable selon les arrondissements. Certains affichent 0 candidat non-français (9e, 19e) et d’autres en présentent 6 (14e, 18e) ; le record est même de 9 non-français dans le 20e, mais 4 d’entre eux sont présentés par la même liste (LCR) et sont de la même nationalité (italienne) ce qui relativise la performance. À noter qu’il est possible que certains candidats français aient également une autre nationalité ; ils ne sont bien entendu pas recensés dans cette étude puisqu’il s’agit simplement d’examiner la place faite aux résidents non-français.

Au niveau des partis, le Mouvement démocrate arrive en tête du classement, avec 14 candidats non-français de 8 nationalités différentes, présentés dans 12 arrondissements, dont la moitié (7) ont une place dans les dix premiers de liste. Viennent ensuite les Verts avec 11 non-français de 6 nationalités différentes dans 9 arrondissements, mais seuls 3 d’entre eux sont dans les dix premiers de liste. Mention bien également à trois petits mouvements : une liste indépendante du 14e (deux candidats en 3e et 5e position), une liste royaliste du 7e (un Britannique 8e et un Espagnol 12e) et une liste alter du 20e qui place une Italienne à sa tête.

Ensuite, on passe déjà en dessous de la barre d’admissibilité avec... la LCR (9 candidats dans 5 arrondissements), suivi des listes Delanoë (8 candidats dans 8 arrondissements). Carton rouge en revanche à l’UMP qui avec son poids aurait quand même pu faire beaucoup mieux que 4 Européens dans 4 arrondissements. Le Front national, à l’inverse, semble presque plus ouvert sur l’Europe que l’UMP parisienne puisqu’ils réussissent malgré leur faible poids et la difficulté de rassembler sur leurs thématiques à présenter 3 Européens dans 3 arrondissements, et l’un de ces candidats est même en 2e position dans le 1er. Le FN est d’ailleurs la seule liste (sur onze) à présenter un non-français dans le 10e arrondissement...

Dans le Rhône, seules 14 communes (sur 293) comptent des ressortissants de l’UE non-français parmi leurs candidats. Il s’agit des communes de Caluire-et-Cuire, Chassieu, Givors, Lentilly, Lyon (3e arrondissement), Neuville-sur-Saône, Saint-Didier-au-Mont-d’Or, Sainte-Foy-lès-Lyon, Saint-Genis-Laval, Saint-Priest, Sathonay-Camp, Tassin-la-Demi-Lune, Vaulx-en-Velin et Villeurbanne. À noter que Lyon fait bien pâle figure avec seulement un candidat (en 13e position sur la liste du Mouvement démocrate menée par Eric Lafond).

Ici, encore, on constate que l’ouverture sur l’Europe reste la marque de fabrique du MoDem (5 candidats à Lyon 3e, Neuville, Saint-Genis et Vaulx-en-Velin) et des Verts ou écologistes (5 candidats à Caluire-et-Cuire, Givors, Lentilly et Tassin), mais cette fois l’UMP rhodanienne (5 candidats également à Saint-Didier, Sainte-Foy, Saint-Priest et Villeurbanne) fait jeu égal. Le reste des candidats se répartit entre le Nouveau Centre (2 à Vaulx-en-Velin), les listes divers droite (2 à Givors et Neuville) ou divers gauche (1 à Saint-Priest), LO (1 à Villeurbanne), Gauche moderne (1 à Vaulx-en-Velin), PS-PCF-Verts (1 à Saint-Genis) et PCF (1 à Givors).

Ces classements restent bien entendu de simples indicateurs quantitatifs, à ne pas prendre trop au sérieux, néanmoins on peut considérer qu’ils révèlent des tendances intéressantes en ce qui concerne notamment l’ouverture vers les autres et la volonté politique de faire vivre l’Europe au quotidien. Il serait intéressant de compléter cette étude par des études similaires dans d’autres départements ainsi que par une analyse qualitative pour confirmer ou relativiser nos conclusions.


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2 réactions à cet article    


  • Parpaillot Parpaillot 13 mars 2008 13:43

    @ Auteur :

    Je ne suis pas sûr que l’on puisse tirer des conclusions relatives à l’ouverture des partis politiques sur la question européenne à partir de la place faite sur les listes électorales établies pour des élections municipales. L’enjeu des élections municipales étant avant tout local, donc sans aucun rapport avec la question européenne.

    Par ailleurs, certains pays accordent le droit de vote aux étrangers sur le plan local, voire au-delà, et parfois même aussi le droit d’éligibilité, sans le limiter aux seuls ressortissants de l’UE et sans le restreindre aux seuls pays tiers qui accorderaient la réciprocité.

    Accorder le droit de vote sur le plan local aux étrangers en situation régulière, établis depuis quelques années dans une commune ne me choque absolument pas, mais je ne vois aucune raison de le limiter aux seuls ressortissants de l’UE.

    Cordialement !


    • jrev jrev 16 mars 2008 17:52

      Bonjour,

      Où ma femme qui est anglaise va-t-elle pouvoir demander sa carte d’électeur avant d’être élue Maire ?

      Merci de me renseigner sur ce détail

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