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Accueil du site > Actualités > Europe > Les européistes contre l’Europe, la vraie

Les européistes contre l’Europe, la vraie

“Moi je dis qu’il faut faire l’Europe avec pour base un accord entre Français et Allemands. (…) Une fois l’Europe faite sur ces bases (…), alors, on pourra se tourner vers la Russie. Alors, on pourra essayer, une bonne fois pour toutes, de faire l’Europe tout entière avec la Russie aussi, dut-elle changer son régime. Voilà le programme des vrais Européens. Voilà le mien”. Charles de Gaulle (1949)

Les peuples européens ont à faire face à “un Islam que sa force encore indomptée pousse de ses territoires surpeuplés vers l’Europe”, à une concurrence économique “des peuples d’Extrême-Orient” et enfin à “une Amérique qui les aliène culuturellement”, “qui les rackette économiquement” et “qui les vassalise politiquement”. Jordis Von Lohausen dans la postface écrite en 1995 de Les Empires et la puissance

Ce qui est : l’Empire du Rien

Qu’est-ce que l’Europe ?

L’Europe est une civilisation, somme des civilisations qui la composent.
Pour qui regarde avec recul une carte du continent, quatre ensembles émergent. Une Europe latine, marquée par la catholicité et, dans une certaine mesure, par le rejet républicaniste de cette dernière (laïcité française, anarchisme espagnol).

Une Europe « anglo-saxonne », ou disons anglo-hollandaise, caractérisée historiquement par la prédominance d’un protestantisme que nous qualifierons pour simplifier de « libéral » (acceptation de la liberté individuelle, encadrée par une véritable mystique de concurrence).

Une Europe germanique, caractérisée historiquement par la prédominance d’un protestantisme que, toujours pour simplifier, nous qualifierons « d’ordo-libéral » (conjonction d’une métaphysique luthéro-réformée inégalitaire et d’une acceptation relative du libre examen).

Une Europe slave, dominée par l’orthodoxie, puis par sa sécularisation parfois inconsciente, mais surtout subie, dans des systèmes à la fois autoritaires et/ou égalitaristes (tsarisme absolutiste, soviétisme).

Ces quatre ensembles possèdent en outre des zones de recouvrement périphérique. Une partie de la Hollande est en réalité germanique. La Scandinavie est caractérisée par l’interpénétration des deux héritages protestants. La Pologne est catholique, donc latine, et pourtant fondamentalement slave. A l’inverse, la Roumanie, principalement orthodoxe, est un pays linguistiquement latin.

Certains pays sont même traversés de façon radicale par une ou plusieurs de ces ruptures anthropologiques. L’exemple le plus frappant étant l’Ukraine, dont la partie occidentale, longtemps dominée par la Pologne, est uniate, de rite orthodoxe mais reconnaissant l’autorité romaine, tandis que la partie orientale est rigoureusement orthodoxe et tournée vers Moscou. La France elle-même est traversée par plusieurs de ces ruptures, même si le temps a largement effacé les lignes de partage, monarchie capétienne et jacobinisme obligent : l’Alsace-Moselle est germanique, par exemple.

Facteur additionnel de diversité (la vraie), l’histoire a engendré au sein des quatre grands ensembles des mécanismes réactionnels complexes qui ont produit, à partir d’un héritage culturel relativement homogène, des variantes très significatives. Le cœur parisien de l’ensemble français s’oppose, par sa tradition laïque ancienne, aux marches profondément catholiques (Vendée). Le sud de l’Espagne et la Catalogne, anarchisants, s’opposent au nord castillan héritier d’une pure tradition catholique autoritaire. L’Allemagne du sud, majoritairement catholique (Bavière), présente des traits presque latins aux yeux d’un Allemand du nord.

Paradoxalement, c’est de cette extrême diversité religieuse, culturelle et anthropologique que l’Europe tire son unité. L’existence d’une infinité de variantes capables de se combiner et de se recombiner participe du génie européen. Elle rend impossible la création de fractures irréversibles. Comme il n’existe en réalité aucun grand pays européen homogène sur le plan anthropologique, chaque grand pays « contient » en quelque sorte une partie des autres. C’est particulièrement vrai pour la France, mais pas seulement pour la France.

Ce qui a rendu possible ce miracle, ce mariage improbable d’une multitude de variantes apparemment inconciliables, c’est l’existence d’un sous-jacent commun : le socle civilisationnel chrétien, formulation de l’hellénisme dans le cadre du message biblique (Cf. Saint-Thomas d’Aquin). Ce socle civilisationnel implique un ensemble de valeurs communes : la reconnaissance de la personne humaine comme sujet du religieux, donc du politique, porte en germe des idées de démocratie, d’égalité ontologique des êtres humains, et, par conséquent, d’égalité de respect accordée aux citoyens dans la Cité, aux conjoints dans le couple, etc. (1) Même si la notion d’égalité n’a pas la même portée et le même sens selon les variantes culturelles de la civilisation européenne, lorsqu’il s’agit fondamentalement d’une exigence de respect accordé à l’Autre (le vrai), les Européens, entre eux en tout cas, se reconnaissent toujours.

L’Europe, la vraie, c’est cela.

Qu’est-ce que l’Union Européenne ?

Cette Europe s’est progressivement désagrégée à partir de la Première Guerre Mondiale. Elle avait déjà été perturbée (euphémisme) par les guerres de religion et les aventures sanglantes napoléoniennes, mais le « système Europe » s’était malgré tout reconstitué, autour de la conscience partagée de valeurs communes.

A partir de 1914, et surtout à partir de 1917, ce « système Europe » s’est disloqué. Les bolcheviks ne reconnaissent pas la valeur de la personne humaine en leur adversaire. Par opposition, ce sont apparemment des non-européens, les nord-américains, qui semblent porteurs d’une exigence accrue de respect, y compris pour leurs adversaires (nous n’entrerons pas ici dans le débat relatif à la sincérité de Wilson). Ensuite, à partir de 1933, et surtout de 1938, les logiques du nazisme viennent contredire totalement les fondamentaux de la civilisation européenne. Le « sous-homme » slave n’est plus un être humain, et, en réponse, l’Armée Rouge démontrera en 1945 qu’elle ne tient pas le respect des populations civiles pour une donnée primordiale.

Après le collapsus du « système Europe », un mouvement général se produisit, au niveau des classes dirigeantes, pour faire en sorte que « plus jamais ça ». Dès le départ, ce mouvement fut ambigu : ses instigateurs principaux, messieurs Monnet, Spaak, De Gasperi et Schuman, n’étaient en effet pas nécessairement d’accord sur tout, et leurs mandants propres pouvaient avoir des demandes bien distinctes. Si l’on s’en tient à la version officielle, les motivations de ces pères fondateurs issus de la démocratie chrétienne pour la plupart ne relevaient que de l’universalisme européen.

La réalité semble avoir été un peu plus complexe. Prenons les deux Français. Monnet est un ancien haut fonctionnaire, auteur, en 1940, d’un projet d’union franco-britannique, et il joua pendant toute la Seconde Guerre Mondiale un rôle charnière entre Grande-Bretagne et États-Unis. On ne lui connaît pas de liens particulièrement forts avec l’Eglise catholique. Robert Schuman, franco-luxembourgeois de langue allemande, fit partie du premier gouvernement Pétain, avant d’être arrêté par les Allemands pour des raisons obscures. Evadé, il rejoignit la Résistance, dans un de ces parcours incompréhensibles aujourd’hui, mais caractéristiques de l’époque.

Un procès en béatification de Robert Schuman a été ouvert par l’Église catholique : Monseigneur Pierre Raffin, évêque de Metz, a autorisé l’ouverture du procès en 1991. En 2004, le procès diocésain a été clôturé. Les documents ont été envoyés au Vatican où la Commission pour la Cause des Saints est en train d’étudier le dossier.

Qu’est-ce qui peut bien avoir réuni deux hommes aussi dissemblables ? L’universalisme chrétien ? Peut-être (hum). Une explication un peu plus sérieuse semble avoir été fournie au début de ce siècle par le journaliste du Daily Telegraph Ambrose Evans-Pritchard : Robert Schuman était, au début des années 50, employé par les services secrets américains. Étant donné le parcours de monsieur Monnet pendant la Seconde Guerre Mondiale, il semble bien que nous tenions ici le chaînon manquant…

En fait, l’Union Européenne, au berceau, apparaît comme une créature des États-Unis. Les Américains (plus précisément les réseaux Rockefeller) ont pris appui sur le traumatisme de l’Europe, devenue inconsciente d’elle-même, pour la fédérer sous leur coupe. Dès l’origine, c’est bien de cela qu’il s’agit.

Vue sous cet angle, l’Union Européenne est un proconsulat de l’Empire américain. Exactement comme César unifia la Gaule pour la dominer, après avoir soigneusement attisé les tensions entre les tribus pour se rendre incontournable, l’Amérique a capté à son profit le besoin que l’Europe, après le collapsus de son système historique, avait de reprendre conscience d’elle-même et de son destin.

Dès lors, toute l’histoire de l’Union Européenne peut être vue comme le processus par lequel, à travers de multiples vicissitudes, un continent désuni, privé de son identité structurante, va devoir utiliser, pour se refonder, les structures mêmes de son maître étranger. Avec évidemment, au bout du chemin, une seule vraie question : peut-on retourner contre l’Amérique la ruse par laquelle elle a dupé l’Europe ? Peut-on, après que César a unifié la Gaule, refonder une Gaule indépendante ?

En tout cas, ça n’en prend pas le chemin. Depuis qu’elle avance, et se félicite de chaque avancée, l’Europe des « il faut plus d’Europe » ne semble jamais se poser la question de vers où, au juste, elle « avance ». Cet ensemble qu’on pourrait définir comme l’Empire du Rien, même pas capable de s’entendre sur une référence aux valeurs chrétiennes dans un traité constitutionnel européen (TCE), même pas fichue d’assumer une citation de Thucydide dans le préambule dudit TCE, s’est en revanche montrée tout à fait capable « d’avancer », comme son « partenaire » américain l’exigeait, vers l’intégration à marche forcée de pays aussi stables et compétitifs que la Bulgarie et la Roumanie. Pour l’instant, on nous a épargné la Bosnie, mais c’est uniquement parce que les eurocrates n’ont toujours pas trouvé quelqu’un avec qui négocier ! (authentique : la Bosnie souhaite intégrer l’UE, mais Bruxelles doute de l’unicité du pays ! – et quand des Bruxellois ont des doutes sur l’unicité d’un pays…).

Ce qui va probablement arriver

Dislocation probable de l’Euroland

Un doute subsiste sur la genèse de l’Euroland.
Une première interprétation serait que les dirigeants européens, une fois la plupart des restrictions au commerce levée par l’OMC, se sont aperçus soudainement qu’il n’existait à vrai dire plus rien qui distingue formellement leur projet d’une simple déclinaison locale du libre-échange global. Dès lors, l’euro aurait été un moyen, pour l’Empire du Rien, de maintenir la fiction de son existence.

Une deuxième interprétation, moins crédible car supposant l’existence d’une réflexion stratégique dans les cervelles de messieurs Mitterrand et compagnie, serait que l’euro a été décidé pour arrimer fermement l’Allemagne réunifiée à l’Europe. Le destin a voulu qu’en fin de compte, ce fut l’Europe désunie qu’on arrima à l’Allemagne, mais ceci est une autre histoire.

Une troisième interprétation, qui nous paraît pour notre part la plus envisageable, est que l’euro a été pensé dès l’origine comme la matérialisation d’une zone-mark assez étendue pour faire contrepoids au dollar, dans la perspective d’un marché transatlantique unifié, selon les logiques relativement claires et, il faut le reconnaître, assez judicieuses d’un point de vue américain, du sieur Zbignew Brzezinski (lire à ce sujet « Le Grand Échiquier », et la théorie d’un Occident 1 + 1 associant Europe et Amérique du Nord). Là encore, le destin risque d’être facétieux, puisque la grande question du moment est de savoir si le dollar implosera après ou avant l’explosion de l’euro.

Quoi qu’il en soit, le caractère irrationnel, pour ne pas dire fictionnel, de l’entreprise « euro » comme monnaie unique, et non simplement commune, saute aujourd’hui aux yeux même des aveugles. On se demande en toute sincérité qui a bien pu avoir l’idée saugrenue de concevoir une politique monétaire unifiée et intégrée pour la Grèce et l’Allemagne. Le simple examen des différentiels de compétitivité croissant depuis 2002 entre l’Europe du nord et l’Europe du sud montre immédiatement qu’on a voulu marier artificiellement et enfermer dans une logique homogénéïsante des pays trop hétérogènes, et même des cultures fondamentalement différentes. En arrière-plan, on trouvera ici de toute évidence une ignorance crasse de ce qu’est véritablement l’Europe, telle que nous l’avons défini au début de ce texte : des valeurs communes appuyées fondamentalement sur l’helléno-christianisme, mais pour le reste, des civilisations diverses.

L’explosion de l’euro est désormais une quasi-certitude. Seul un traité uniquement soumis à la voie parlementaire (et surtout pas référendaire), qui permettrait un passage à un fédéralisme fiscal et budgétaire, empêcherait l’inéluctable. Mais si une telle décision était prise, l’UE, une fois encore, prouverait sa dimension antidémocratique, pour ne pas dire tyrannique. Et en outre, même ce fédéralisme budgétaire et fiscal ne résoudrait pas tout. Il y a un moment où on doit comprendre que, peut-être, tout simplement, les sociétés latines ne peuvent pas fonctionner comme des sociétés germaniques – et si on les y oblige, tôt ou tard, la réalité se vengera.

Les images de cette femme grecque menaçant de se suicider en sautant de son balcon après avoir appris son licenciement de son administration, licenciement qui ne lui permettra plus de payer les soins de son enfant gravement malade, en disent beaucoup plus long que n’importe quelles données chiffrées ou n’importe quel tableau statistique, sur l’état de faillite morale des élites de ce continent, sur l‘étendue de leur échec et – n’ayons pas peur des mots – sur leur degré de trahison. (2)

Tensions probables au sein de l’UE
Nécessaire démondialisation et urgence de la réindustrialisation

L’incapacité plus ou moins flagrante à organiser un protectionnisme continental, et la volonté manifeste de ne surtout pas laisser les États en organiser un à l’échelle nationale, double-conséquence du “concept-zombie” (se référer au sociologue allemand Ulrich Beck) de libre-échange, s’avère d’ores et déjà suicidaire.

Ce refus idéologique des technocrates bruxello-maastrichtiens de laisser les gouvernements ou les Chefs d’Etat (avec l’accord plus ou moins tacite de ces derniers) à mettre en place des mesures de protection, devenues désormais vitales face à la concurrence sud-est asiatique notamment, relève d’une attitude parfaitement mortifère et criminelle pour l’industrie européenne. Y compris allemande. Car la “désinflation compétitive” présentera aussi ses tragiques limites à plus ou moins court terme.

Il ne serait donc guère surprenant que l’on assiste dans un avenir plus ou moins proche à des tentatives agressives, unilatérales et sans aucune concertation préalable d’un “retour aux frontières”, pour user de cette expression qui visiblement leur donne des sueurs froides.
Autre solution possible : aucune mesure forte et d’envergure n’est prise et la situation pourrit progressivement.

Dans ce cas, deux options : apathie générale des populations européennes, lassitude et résignation l’emportent ou au contraire le continent s’embrase avec des insurrections ici et là, une colère de plus en plus vive avec les conséquences dramatiques que l’on peut envisager (recours au terrorisme, stratégie de la tension entretenue par les États et la nomenklatura européiste, émeutes incontrôlables). Bref, ces deux options n’en sont pas.

A moins d’accepter que le destin européen n’est plus.

Les Européens authentiques et sincères ne devront évidemment jamais accepter un tel état de fait.

Fractures identitaires irrémédiables ?

La crise aidant, les divisions internes à chaque pays vont probablement se faire sentir plus cruellement encore.

Des pays comme l’Espagne avec la Catalogne et le Pays Basque, le Royaume-Uni avec l’Écosse mais surtout la Belgique avec la Flandre vont voir s’accentuer les pressions sécessionnistes et devront se frotter au prurit indépendantiste. Même remarque pour l’Italie avec le Tyrol du Sud (plus connue sous le nom de Haut-Adige ou province autonome de Bolzano) dont quelques responsables politiques de la province ne font plus mystère de vouloir renforcer leur autonomie par rapport à Rome.

Tous les pays européens vont également être confrontés plus durement à la problématique (insoluble ?) des populations extra-européennes présentes sur leur sol. La composante musulmane n’étant au final qu’un facteur aggravant mais pas la cause première d’un chaos ethnique et communautaire qui pourrait marquer l’acte de décès de l’Europe en fonction de l’ampleur de la déflagration.

Le tragique précédent ex-yougoslave ne pousse guère à l’optimisme si une explosion générale de ce type venait à frapper le continent.

Le retour des irrédentismes et des pan-nationalismes ?

Lors du grand délire anti-hongrois des dernières semaines, les commentateurs “éclairés” ont fustigé et brocardé, avec l’esprit de nuance qu’on leur connaît, les mesures “liberticides” prises par Orban et le Fidesz (alors que BHO et le Congrès promulguaient les paragraphes 1021 et 1022 du NDAA, mais passons…), mais étrangement ont oublié de dénoncer la seule mesure réellement condamnable de cette grande réforme constitutionnelle, en l’occurrence la réactivation de l’irrédentisme hongrois.

Une partie de la droite populiste magyare se réfère toujours à la Grande Hongrie et ne reconnaît pas le traité de Trianon (1920). Le Fidesz s’est engagé à accorder le droit de vote aux Hongrois de souche situés en Voïvodine, en Slovaquie ou en Roumanie.

Cette décision a très fortement irrité les voisins de la patrie de Saint-Etienne. Est-ce vraiment surprenant ?

La Hongrie pourrait faire école dans cette affaire. On peine à croire que la pasionaria des Allemands réfugiés et expulsés des provinces orientales de l’Allemagne et d’Europe de l’Est, la Frau Erika Steinbach, membre de la CDU et femme extrêmement courageuse au demeurant, ne s’engouffre dans la brèche pour réclamer des réparations substantielles, la restitution des biens et remettre en question avec plus de véhémence qu’elle ne l’a déjà fait, la légitimité du tracé de la frontière germano-polonaise. Ce qui ne manquera pas de déclencher une nouvelle fois l’ire des Polonais qui en ont fait leur ennemi juré.

Même remarque pour la République tchèque qu’elle agace prodigieusement. Elle a en effet mis en doute à plusieurs reprises le bien-fondé de la réconciliation diplomatique germano-tchèque, là encore pour des motifs frontaliers essentiellement (voir les décrets Benes à ce sujet).

Les Allemands étant très largement culpabilisés et s’enfonçant dans une espèce de contrition éternelle, il n’est pas certain que ces récriminations rencontrent beaucoup d’écho au sein de la population, mais parfois les choses peuvent changer extrêmement vite. La crise est en ce sens un accélérateur de transformation et une machine à bouleverser la donne y compris la psychologie collective des peuples.

Ces tensions présentent des risques faibles de concrétisation en conflit ouvert, mais lorsque tout se déglingue, plus rien ne devient impossible et il faut dès lors envisager ce qui semble le plus saugrenu et le plus incongru.
Comme dit l’adage populaire : “Mieux vaut prévenir etc.”

En revanche, les différends entre Polonais et Russes ne vont probablement pas s’apaiser. Depuis la catastrophe aérienne de Smolensk (sur laquelle planent des zones d’ombres), des dirigeants polonais n’ont pas caché leur inquiétude concernant le rapprochement germano-russe et l’itinéraire prévu pour un certain gazoduc…

Le “partage de la Pologne” a laissé des traces dans les mémoires polonaises.
En cas de découplage États-Unis/Allemagne, les E-U tenteront probablement de s’appuyer sur les autorités libérales polonaises pour conserver une “base” au cœur du continent européen.

On peut donc imaginer aisément les conséquences graves qui résulteraient de frictions fortes entre la Pologne et la Russie.
Mise sous tutelle accrue par les États-Unis

Le risque face au scénario du pire évoqué plus haut est une mainmise étasunienne encore plus prégnante qu’elle ne l’est déjà sur le continent européen.

Le parachutage récent d’hommes de Goldman Sachs à des poste-clefs en constitue probablement un signe
avant-coureur.

Évidemment, il ne faudra guère compter sur Barroso, Ashton ou Van Rompuy pour faire ce qui doit être fait afin d’éviter qu’un tel cataclysme moral et humain n’advienne.

Seuls les Allemands pourraient être en mesure de contrecarrer ces plans. Si la haute bourgeoisie industrielle allemande sent que les États-Unis, tels qu’ils sont depuis 1945 touchent à leur fin, elle décidera peut-être de couper le cordon ombilical avant d’être entraînée elle aussi dans la Chute.

De tête de pont des États-Unis en Europe, l’Allemagne pourrait ainsi se métamorphoser en passerelle entre la partie occidentale du continent et le Grand-Est.

Il s’agirait de l’acte de naissance de l’axe Paris-Berlin-Moscou cher à Henri de Grossouvre pour ne citer que lui. (3)

Chine en embuscade

Au-delà de la permanente menace étasunienne, la Chine semble également aiguiser ses incisives et n’hésitera pas à se joindre au festin lorsqu’il faudra dévorer l’agneau européen.

Le rachat d’une partie des dettes européennes et l’achat d’actifs dans des secteurs déterminants sont à cet égard emblématiques de l’appétit féroce du Vampire du Milieu.

La signature d’un contrat de concession de l’ordre de 3,3 milliards d’euros dans le port du Pirée a notamment permis à l’entreprise publique chinoise Cosco de lancer un programme qui a pour objectif de rivaliser avec Rotterdam.
Rien de moins !

On citera aussi l’affaire baptisée “Pékin sur Shannon”. Il s’agit d’un projet pharaonique. Un groupe d’entrepreneurs chinois espère obtenir l’autorisation de développer un projet de 48 millions d’euros à Athlone, dans le centre de l’Irlande, afin de construire un centre de production d’articles chinois comprenant des appartements, des écoles, des transports ferrés et des usines. Le projet prévoit de faire venir 2 000 travailleurs chinois pour ériger le site – déjà surnommé le “Pékin sur Shannon” – où devraient également travailler 8 000 Irlandais (Source : Daily Telegraph).

Ce qui serait souhaitable

Éclatement de l’UE pour repartir sur des bases saines

Paradoxalement, malgré le dépeçage de la Grèce, par la Commission européenne et la BCE notamment, l’UE bénéficie auprès d’une certaine couche de la population d’un capital sympathie qui ne se dément pas. Pourquoi une telle mansuétude ? Malheureusement, pour un ensemble de raisons extrêmement triviales. Nombre d’Européens se satisfont de l’UE aux seuls motifs que, grâce à Schengen par exemple, ils peuvent traverser les frontières sans attendre une trentaine de minutes à la douane lorsqu’ils partent en vacances chez leurs voisins, ou lorsqu’ils se déplacent dans un pays de l’Euroland ne sont plus obligés de changer la monnaie ou bien encore peuvent s’accorder une année quasi sabbatique pour faire la fête sur un campus universitaire dans le cadre du programme Erasmus.

Devant de telles considérations, il y a évidemment de quoi être affligé, mais il en est ainsi.

Évidemment, le jour où les Européens se satisferont de l’UE (ou de la structure qui l’aura remplacé) car ils ont pu profiter d’échanges européens consacrés aux œuvres de Mozart, Molière, Dante, Cervantès, Verdi, Cioran, Wilde, Rembrandt, Tarkovski etc. l’Europe aura fait un très grand pas.
Inutile de préciser que l’Europe en est très, très loin.

C’est seulement lorsque la phase de dislocation sera enclenchée, si phase de dislocation il y a, que les Européens comprendront que l’Union qualifiée par antinomie “d’européenne” ne les protège en rien, n’est qu’une passoire, un nain politique voire une variable d’ajustement et un terrain de jeu pour des puissances confirmées ou émergentes.

Si le vernis ne craque pas définitivement, l’Europe-Potemkine continuera à afficher sans vergogne son décor de carton-pâte et le tout avec l’assentiment dramatique des peuples.

Seul l’effondrement permettra peut-être aux peuples et Nations d’Europe d’entrevoir dans toute sa laideur le visage de leur bourreau et de ne plus se vautrer dans cette forme insupportable de soumission librement consentie.

Une Europe des européens, par et pour les européens

Pour renaître l’Europe devra rompre avec l’homogénéisation destructrice, le fonctionnalisme, l’obsession normative, son impéritie diplomatique, sa naïveté économique, sa bureaucratie soviétoïde, sa sujétion face aux puissances d’argent et aux forces mondialistes, sa crédulité désarmante dans tous les domaines, en deux mots avec son inaptitude chronique.

Autant dire qu’il y a beaucoup, beaucoup de travail !

Les peuples et les Nations qui la composent devront recouvrer leur liberté, en clair leur souveraineté.

Toutes les alliances, toutes les coopérations devront être promues et encouragées.

Une Europe des cercles concentriques se dessinera probablement de façon intuitive et spontanée, en fonction d’intérêts bien compris et partagés basés sur des considérations diverses (proximité linguistique, géographique, psychologique etc).

L’Europe devra développer une économie de puissance dans le cadre de stratégies permettant de faire face à la concurrence déloyale et faussée émanant des autres espaces civilisationnels.

Des agences européennes (réellement européennes celles-là contrairement à Airbus !) devront exister dans tous les secteurs primordiaux.

L’Europe devra toujours avoir à l’esprit qu’elle doit lutter contre : la submersion migratoire, l’hiver démographique, le déracinement, le libéralisme hors-sol, la Haute finance transnationale, l’hédonisme consumériste, l’absence de sensibilité artistique et de curiosité scientifique, les menaces extérieures de toutes sortes.

L’Europe devra toujours avoir à l’esprit qu’elle doit assurer : l’approvisionnement énergétique des peuples en développant les partenariats intra-européens (inter-continentaux faute de mieux), la prospérité en choisissant autant que possible de privilégier les accords économiques entre pays européens (“l’Europe de Reykjavik à Vladivostok”),

l’auto-suffisance alimentaire, une agriculture respectueuse des sols et du cycle des saisons, relocalisée et favorisant la réémergence des petites exploitations, une industrie variée et forte et enfin un système de santé gratuit et performant (autant que cela est possible pour la gratuité).

L’Europe devra concentrer des efforts particuliers dans le domaine de la Recherche (fondamentale et appliquée), la technologie de pointe, l’aérospatiale, l’aéronautique, la chirurgie de haute précision, le nucléaire de quatrième génération et bien évidemment l’armement (conventionnel ou non).

Européens nous avons du pain sur la planche ! Haut les cœurs !

Maurice Gendre

(1) La médiéviste Régine Pernoud rappelait dès 1975 (voir Pour en finir avec le Moyen-Âge) que durant le millénaire essentialisé sous l’appellation unique de « Moyen-Âge », les femmes détenaient un pouvoir tant religieux que laïc. Dans les assemblées urbaines comme dans les communes rurales, les femmes votaient, tout comme les hommes. La monarchie comportait donc certains éléments propres à une démocratie.
(2) La Grèce a doublé en trois ans son taux de suicide. Elle présentait un des taux les plus bas d’Europe en 2008, désormais elle affiche un des plus élevés. Une manifestation-commémoration a également eu lieu le 14 mars en Italie pour rendre hommage aux deux mille patrons de PME qui se sont donné la mort depuis le début de la crise qui frappe la péninsule.
(3) On peut également évoquer Jordis Von Lohausen et la réunion de la grande communauté des peuples européens au sein d’un espace continental allant de “Cadix à Vladivostok”, d’une “Europe grand-eurasienne”.

Autres citations dans le même registre pour le plaisir :

Il faut « créer avec l’accord de l’opinion publique de ses nations, une Union Européenne ayant un poids vis-à-vis de l’extérieur, à l’intérieur ne portant pas préjudice aux identités nationales, menant une politique sociale et économique cohérente, préservant les libertés individuelles, le droit, la justice, l’égalité des chances et la démocratie ».
Helmut Schmidt,« Die Selbstbehauptung Europas », 2000
« Mais je crois que l’Europe ne peut à long terme affermir sa réputation de puissant et indépendant centre de la politique mondiale seulement si elle unifie ses moyens avec les hommes, le territoire et les ressources naturelles russes ainsi qu’avec le potentiel économique, culturel, et de Défense de la Russie ».Vladimir Poutine, Discours au Bundestag, 25 septembre 2001

« L’essentiel, pour jouer un rôle international, c’est d’exister par soi-même, en soi-même, chez soi ». Général de Gaulle, discours de Dakar, 13 décembre 1959.

« Il n’y a pas d’Europe européenne, il n’y a pas d’Europe indépendante dans le monde tel qu’il est, s’il ne s’établit pas un axe Paris-Berlin-Moscou, qui est l’axe de l’indépendance européenne ». Jean-Pierre Chevènement21 mai 2000, colloque « Mondialisation libérale, Europe, Etats-Nations »

“Le fait que les médias et le monde en général accordent autant d’importance à des rencontres entre la France, l’Allemagne et la Russie, qu’on parle même de la formation d’un axe, signifie que ces rencontres sont un instrument efficaces de notre politique extérieure et un facteur de la vie internationale.” Vladimir Poutine, Strana.ru, 24 août 2005

Auteur de l'article : Maurice Gendre

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13 réactions à cet article    


  • Robert GIL ROBERT GIL 28 mars 2012 08:09

    Il est désormais bien loin, le temps des certitudes. L’économie, jadis moteur de la construction du « bloc » occidental, en est devenue le talon d’Achille. Alors que de nouveaux acteurs attendent de s’affirmer sur la scène internationale, le repère planétaire qu’est l’Occident s’enfonce dans une crise dont les répercussions sont encore imprévisibles................
    http://2ccr.unblog.fr/2012/01/14/la-fin-des-certitudes/


    • Maurice Maurice 28 mars 2012 10:14

      @ l’auteur,
      superbe article. Constat lucide sur les origines de la construction européenne, les forces en présence à l’heure actuelle, et les possibilités qui s’avancent devant nous...
      Une Europe des Nations, fondée sur des projets d’intérêts généraux (spatial, environnement, énergie) qui fera naître une fierté européenne, voila pour quoi nous devons lutter.
      Après comme le souligne parfaitement l’auteur, comment faire concrètement ? Sortir de l’UE ou refonder les bases déjà existantes (mais construit-on sur du sable ?) ? Il est vrai que la sortie de l’UE, entrainera par là même la fin de cette métastase administrative qu’est la Commission européenne, ce qui me parait être le préalable à toute tentative de reconstruction de l’Europe, la vraie.
      Merci encore et bonne journée


      • Pierre Pierre 28 mars 2012 11:07

        @ l’auteur,

        Votre article résume bien les conséquences d’une dislocation de l’Union Européenne mais sous-estime fortement le nationalisme qui monte dans presque toutes les régions d’Europe.
        Aujourd’hui, c’est l’Europe, à travers les orientations économiques uniquement libérales de ses dirigeants non-élus, qui est jugée responsable de la faillite des États.

        Une dislocation de l’Europe entrainerait immanquablement une rancœur de certaines nations qui y auront perdu des intérêts et elle mènerait au chaos, voire à des guerres locales.

        Une boîte de Pandore a été ouverte avec le démantèlement de la Yougoslavie et, comme vous le soulignez bien dans l’article, des régions riches voudront se détacher de régions plus pauvres.

        De plus, les frontières des États européens ont été fixées par les vainqueurs des deux guerres mondiales, à Versailles et à Yalta sans la participation des vaincus. 

        Prenons un exemple entre mille. On a ressuscité la Pologne à Versailles sans en définir la limite orientale. La ligne Curzon avait été proposée par l’Angleterre. La Pologne, nouvellement indépendante, ne la reconnut pas et une guerre se déclencha avec la Russie alors en pleine guerre civile. La Russie perdit ainsi une partie de ses territoires que Staline s’empressa de reprendre en 1939 avec quelques gains supplémentaires comme la région de Lvov par exemple. Ces territoires font aujourd’hui partie de l’Ukraine et de la Biélorussie mais de fortes minorités polonaises y subsistent encore. Tout ce qu’il faut pour enclencher des revendications territoriales. Et il en est ainsi dans toute l’Europe centrale.

        N’oublions pas que ces pays ont aussi été intégrés à l’Europe pour éviter des conflits entre eux lors du retrait de l’Union Soviétique.
        Il est très difficile de définir des frontières d’États après le démembrement d’empires. L’intangibilité des frontières fixées après la deuxième guerre mondiale a été un énorme facteur de stabilité en Europe jusqu’en 1992 et il n’y a pas eu de guerre entre États durant cette période.

        Personnellement, je pense qu’il faut réformer l’Europe de l’intérieur avec des structures en « pelures d’oignon ». Il y aurait un noyau central avec une économie totalement intégrée, une monnaie commune, une même approche sociale et une politique étrangère et de défense commune et tout-à-fait indépendante des États-Unis. 
        Une première pelure serait composée d’États aspirant à cette adhésion mais qui ne remplissent pas encore tous les critères. 
        La deuxième pelure serait composée d’États qui ne désirent que le libre-échange économique sans concurrence sociale avec le noyau dur. 
        Une troisième serait composée d’États associés.
        La Russie, la Turquie et d’autres États voisins pourrait très bien adhérer à la deuxième ou à la troisième pelure.
        Les conditions d’adhésion à une de ces pelures de l’Europe ne seraient pas négociables. On y adhèrerait sans conditions particulières que si on le désire, après un référendum aux 2/3 par exemple pour qu’il n’y ait pas d’ambigüité.
        Et il faut trouver la formule pour réindustrialiser l’Europe. C’est possible, l’Allemagne y arrive bien !






        • Maurice Maurice 28 mars 2012 11:52

          @ Pierre,

          Je suis d’accord avec vous, il faut trouver le juste équilibre entre élans nationalistes dangereux, et aspirations souverainistes légitimes. Et cette approche de l’oignon est, ma foi, intéressante : elle permettrait une construction à géométrie variable.
          Juste une remarque sur la question de la monnaie commune : je ne sais pas si une monnaie commune fixe (comme l’euro actuellement) soit une bonne chose. Les différentiels concurentiels entre des nations pourtant proches comme l’Allemagne ou la France, font que cette rigidité en désavantage un (et dans le cas précis il s’agit de la France). Pourquoi ne pas revenir à une sorte d’ECU auquel serait adossé les différentes monnaies nationales : nous pourrions ainsi effectuer des dévaluations compétitives, tout en ayant une monnaie nous représentant sur les marchés pour emprunter au nom de l’Europe (ECU comme « moyenne » des différentes monnaies nationales). Je ne sais pas si cette solution est possible mais, elle stoperait au moins cette rigidité qu’entraine l’euro.


        • Pierre Pierre 28 mars 2012 13:44

          @ Maurice,

          Bien sûr qu’une monnaie uniquement scripturale comme l’ECU serait aussi possible. Il représenterait un panier de devises à taux fixe mais ajustables en cas de nécessité.
          Le principal inconvénient que je vois, c’est les attaques spéculatives contre une des monnaies du panier. Aujourd’hui, les spéculateurs peuvent s’en prendre à un État qui a besoin d’emprunter mais pas à l’euro qui est un trop gros morceau.

          Les États-Unis ont une monnaie commune avec des disparités de niveaux entre les États et s’en accommodent. A mon avis, ce doit être possible en intégrant plus équitablement les économies et en restant solidaire de ceux qui acceptent et appliquent les règles.

          Je crois plutôt que les principaux obstacles sont le temps qu’il faudrait pour adopter un nouveau traité de l’Union Européenne et les obstacles que les Etats-Unis ne manqueraient pas de placer pour empêcher une défense européenne hors de l’OTAN.



        • Pierre Pierre 28 mars 2012 11:13

          Et merci à l’auteur pour cet article de qualité.


          • jef88 jef88 28 mars 2012 11:14

            Je suis fils de déporté et né en 1944 !
            Un de mes souvenirs de jeunesse les plus marquant a été le jour ou De Gaule a serré la main à Adenauer !!!

            Pour moi c’était la paix .....

            Je suis donc fondamentalement pour l’Europe !
            Pas celle des affaires, celle des peuples...

            Il faut virer la commission de Bruxelles actuelle et trouver une union basée sur des élections.... Je sais c’est le plus mauvais système à l’exception de tous les autres ....


            • Soi Même 28 mars 2012 12:31

              Ce que l’on a du mal à comprendre, que l’Europe est avants tout, une Europe de l’Esprit.
               Cela à toujours existé. Il y a une Europe Chrétienne couverte d’ordre Religieux, une Europe des Bâtisseurs de Cathédrale, une Europe des croisades, une Europe des Ordres Militaires, Templier, Johannique, Teutonique.pour le meilleur comme pour le pire, Une Europe de la Culture, , de l’Art, des Savants, des Génies, des Artistes.

               Bref une Europe de l’Esprit qui c’est éteint à l’orée de la fins du XIX siècles et qui a fête ses noces de sang dans la guerre de 14-18.

              Depuis cette Europe, n’est plus cette Europe que Novalis prévoyait dans son essais L’ Europe Chrétienne. Mis celle de Schiller dans ses Lettres sur l’Éducation Esthétique de l’Homme.
              Nis celle de Goethe dans le Romans des Années de Pèlerinages.

              Cette Europe à pris d’autre voie, celle du Chauvinisme, du Nationalisme exacerbé, du Militarisme, du Mercantilisme, qui se retrouve par un tour de force dans cette tentative mort nées qu’est cette UE. L’antithèse de cette Europe du passé qui certes avait aussi des défauts et en même temps tous les espoirs étaient possible. Qui n’est plus le cas aujourd’hui ! Car cette Europe Artificielle aujourd’hui est en trains de nourrir de fait qu’elle a foulé au pied l’Esprit des Hommes !

               


              • Pierre Pierre 28 mars 2012 14:58

                L’Europe de l’esprit a bien été le lien commun entre les États pendant plus de cinq cents ans. Vous auriez aussi pu citer Érasme et la renaissance ou le siècle des lumières au XVIIIe siècle.
                L’Europe de l’esprit existe toujours mais davantage dans le domaine scientifique que philosophique ou artistique. C’est dommage qu’aucune personnalité ou aucun mouvement consensuel n’émerge en Europe aujourd’hui.
                Ces cinq siècles qui se sont achevés en 1945 et qui ont vu l’Europe être le centre du monde ont aussi été témoins des pires guerres de l’Histoire des hommes. 
                La construction européenne a depuis été le seul cordon qui relie les Européens entre eux. 
                J’avoue que l’Europe m’a fait rêver et j’en veux à ces politiciens qui ont mis en place, comme seule perspective d’avenir, une mondialisation du libre-échange qui n’a jamais été approuvée par des élections démocratiques.


              • Soi Même 28 mars 2012 19:23

                @ Pierre, j’ai fait court, bien sur que la Renaissance, et une des phases capitales majeur de la diffusion des idées,elle est sur ce point aussi importante que l’époque l’Europe se couvre de d’ordre monastique, de basilique et de cathédrale.

                Le siècle des Lumières, quoique l’on en dissent, elle concerne que les Têtes Couronnées, et en cela ce n’est pas un fait déterminant, il est juste rappelé par ceux qui non rien compris à ce qu’est été impact de la Révolution Française et l’Espoir qui à sollicité à travers toute l’Europe.

                Cette Europe est en réalité morte en 14-18, avec le Traité de Versailles qui contiens tous les germes future de sa perdition.

                Il y a texte qui est disponible d’un historien Jacques Bainville qui en 1920 à écrit un livre qui à pour titre Les Conséquences Politiques de La Paix. Dans ce document il demontre comment ce traité de Versailles ne peut que débouché que sur une guerre Européenne. Ce qui se réalisa 18 ans plus tard. C’est bien le fait que l’Europe telle que l’on là fait, c’est fondé sur la guerre et que c’est la plus mauvaise base qui existe.

                Il y a un texte qui l’explique très bien.

                Les Etats Unis ont fiancé la création de l’Union européenne et Jean Monnet
                http://www.u-p-r.fr/actualite/europe/la-cia-finance-la-construction-europeenne

                • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 28 mars 2012 21:17

                  Pour ce qui est du couple franco allemand,je ne sais plus qui a dit : les allemands aiment les français mais ils ne les admirent pas,les français admirent les allemands mais ils ne les aiment pas.Phrase assez vraie,il me semble.


                  • Iren-Nao 29 mars 2012 04:51

                    Tres excellent expose, je nomme l’auteur Ministre du futur axe Européen nécessaire et qui viendra peu après l’implosion en cours des US qui sont comme d’habitude a la source de toute merde.

                    Iren-Nao


                    • Amada 29 mars 2012 15:40

                      Bonjour Enquête et débats,


                      Merci pour cet article historiquement instruit qui re-donne à penser.
                      Merci aussi d’oser parler des racines chrétiennes et gréco-chrétiennes qui courent sous cette Europe et merci à ceux qui la qualifient d’Europe de l’Esprit. Il y aurait encore beaucoup à dire à ce propos sur la place que les différents substrats philosophiques et religieux accordent à l’autre au sens large, mais je m’arrête là.
                      Merci en fait de transgresser l’interdit sournois qui nous frappe tous : l’interdiction de penser et de penser à partir des faits. Je ne dis pas de débattre ou d’opinioner, mais bien de penser. N’est pas Hannah Arendt qui disait que ce n’était pas le contenu de la pensée qui était dangereux (sous entendu pour l’ordre établi, la fixité), mais la pensée tout court ? 


                      Cordialement
                      Amada



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