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Accueil du site > Actualités > Europe > « Les pères de l’euro n’étaient pas naïfs » assure (...)

« Les pères de l’euro n’étaient pas naïfs » assure l’économiste en chef du gouvernement, Pisani-Ferry

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Le Radeau de La Méduse

« Les pères de l'euro n'étaient pas naïfs » lançait, depuis une tribune intitulée « Le début ou la fin de l'euro ? », en 2012, le Commissaire (général) à la stratégie et à la prospective (CGSP), Pisani-Ferry.

Les fautifs, ce sont les chefs d'état de l'époque, Chirac, Kohl, Mitterrand. Ils avaient confié aux premiers la tâche d'achever (au sens de parfaire) la planification de l'Europe économique. En retour, les chefs d'états n'avaient pas assez bien écouté leur précieux conseil.

Cette thèse de Pisani-Ferry devrait intéresser les Français qui ont soif de vérité sur l'origine du désastre économique de l'euro ; un échec qui fait dire à Angela Merkel au Conseil européen de décembre 2013 (paraphrase) : « l'Europe s'achemine, tel un somnambule, vers sa destruction, comme en 14 ! » (la source est donnée plus bas).

Certains pourraient se fier exclusivement au prestige de Pisani-Ferry, et prendre sa thèse pour argent comptant. Mais un détail a piqué notre curiosité, qui nous a incité à prendre du recul. Ce détail, c'est que le centre de réflexion économique qu'il a fondé, Bruegelle plus influent auprès des instances européennes, est justement présidé par un père fondateur de l'euro, Jean-Claude Trichet.

« braver l'océan dans une petite embarcation »

Voici le paragraphe contenant la thèse de Pisani-Ferry (que nous avons traduit de l'anglais) :

À la fin, les ‘leaders’ de l'époque—particulièrement le Chancelier Kohl, le Président Mitterrand, et son successeur Chirac—décidèrent de braver l'océan dans une petite embarcation. [...] Certains, comme le Pdt de la Commission européenne, Jacques Delors déploraient ouvertement cette approche. Reconnaissant la contrainte politique, les architectes de l'euro n'en étaient pas, pour autant, naïfs. Il savaient que leur création n'était pas complète [...] Mais ils pensaient qu'une dynamique de réformes se mettrait en place, aboutissant à une unification politique. (Pisani-Ferry, 2012)

Nous allons tenter de réfuter cette thèse de trois manières. La première réfutation considère cet extrait d'un discours de Delors, en 1997 (1) :

Je ne crois pas à la vertu de la théorie du « cliquet ». Celle-ci est que l'intégration économique crée, comme par magie, l'intégration politique. Je n'ai jamais pensé que l'union économique et monétaire, pour laquelle j'ai travaillé si dur, pourrait, comme certains l'affirment, servir de tremplin à l'union politique. (Delors ; discours prononcé à l'Aspen Institute, en 1997, intitulé « Notre mission historique : réunifier l'Europe »)

Il nous semble que ce passage est en contradiction avec cette partie de la thèse de Pisani-Ferry : « ils pensaient qu'une dynamique de réformes se mettrait en place, aboutissant à une unification politique ». Nous avons dit « semble », parce que c'est un texte éminemment politique, qui nourrit de grands desseins pour l'Europe, pétri de références historiques, et qui, donc, nécessite un décryptage approfondi pour en retirer la substantive moelle. Ce serait nous entraîner sur un autre terrain que l'architecture de l'euro.

La deuxième réfutation c'est que Trichet a vigoureusement défendu la petite embarcation contre ses détracteurs (de poids), de façon explicite, non équivoque, et invariable depuis 1999 : ce sont les actes qui comptent, pas les regrets. La troisième réfutation c'est que l'embarcation prétendument supérieure, prônée avant 1999 par les pères de l'euro, mais refusée par les chefs d'états, était de toute façon une embarcation inadaptée.

Nous verrons qu'il y a en fait une quatrième réfutation, involontaire et de pure forme, de la part du correspondant pour Libération à Bruxelles, Quatremer.

La deuxième réfutation commence ici.

Trichet n'est pas le moindre des pères fondateur de l'euro (condition nécessaire pour notre première réfutation). Relayant l'impulsion de Delors, qui avait posé les bases de l'euro, en 1989, Trichet, avait « négocié au nom de Paris chaque virgule de tous [...] les aspects monétaires » du traité de Maastricht, en 1992, confie t-il à Le Point, en octobre 2013. Le poids de la garantie apportée par Trichet à l'euro est à la mesure du prestige dévolu à ses fonctions successives, en particulier à la tête de la BCE, de 2003 à 2011. Le haut fonctionnaire Jean-Pierre Jouyet résume leur place respective : « Trichet a été au système monétaire européen ce que Delors a été à la Commission et à la Communauté européenne ».

De quel côté les convictions de Trichet (post 1999) font-elle pencher la balance : pour, ou contre, la thèse de Pisani-Ferry ? C'est la question que nous allons examiner, en deux étapes.

Le centre de réflexion économique fondé par Pisani-Ferry, et présidé par Trichet, dont sont membres l'État français et la BdF, est administré par des « personnalités prestigieuses aux horizons variés (gouvernement, entreprise, société civile, académique, et média) »

 

« L'euro est une curiosité [...] Un peu comme un miracle »

La première étape de notre deuxième réfutation, c'est de se familiariser avec la série de billets (voici le plus représentatif) que nous avons consacrée au vice de l'euro.

Nous avons conclu que le processus aboutissant à la monnaie unique s'est fait à marche forcée : au mépris des lois économiques connues, contre l'establishment économique américain (2), et malgré la réticence du public. Et les « experts monétaires », unis par des convictions telles que la nécessité de combattre l'inflation, ont joué un rôle d'entraînement déterminant (nous avons, dans le billet donné en lien, fourni une source des plus sérieuses, intitulée « Le rôle du rapport Delors dans l'unification monétaire : l'influence des réseaux »).

Le résultat, quinze ans après le lancement de l'euro, en 1999, c'est, dans certaines régions d'Europe (Grèce, Espagne), une dévastation économique, cruellement en terme de chômage, équivalente à celle de la grande dépression des années 1930. En comparaison, cette autre grande union monétaire, les États-Unis, ont, en 2010, de façon très nette, inversé leur courbe du chômage.

« Du point de vue scientifique, l'euro est une curiosité des plus intéressantes. Un peu comme un miracle. Je doute que ce sera une grande réussite... Mais ce sera en tout cas intéressant de voir le passage de la théorie à la pratique » (Milton Friedman, 2000, tiré de "An interview by John B. Taylor with Milton Friedman", notre traduction, de l'anglais)

La persistance d'un déséquilibre entre le nord et le sud de la zone euro, consécutive à la crise financière de 2008, puis la crise de l'euro, est la réalisation du scénario noir envisagé par l'establishment économique américain qui, de Friedman à Krugman, s'étaient penchés sur le rapport Delors.

Quel était la raison de ce scénario noir ? C'était le vice de l'euro, c'est à dire l'absence de mécanisme pour mutualiser le risque macroéconomique entre les états. Autrement dit, un budget fédéral capable, comme aux États-Unis, de résorber les chocs asymétriques. Et, effectivement, les courbes de chômages des différents états des États-Unis, ont traversé la crise financière de 2008 en demeurant synchrones.

L'auteur de ce billet, Bonneteau, demande fermement qu'on ne plagie pas ses billets. Citez ses billets (lien html, OK).

« Certains ont reproché à l'architecture de l'euro... »

La deuxième (et dernière) étape de notre deuxième réfutation passe en revue les convictions de Trichet sur l'architecture de l'euro.

« Les principales préoccupations entourant l'Union Économique et Monétaire [...] M. Trichet, quant à lui, a tenté de contrer les commentaires négatifs sur l’absence de budget fédéral centralisé en Europe [...] » (Intervention devant le Parlement du Canada en 1999)

« Certains ont reproché à l'architecture de l'euro son absence de budget fédéral capable de surmonter, via la redistribution fiscale [des zones les moins touchées vers les plus sinistrées], un choc asymétrique. C'est précisément pour combler cette lacune que les Pacte de Stabilité et de Croissance [imposant des contraintes budgétaires] a été instauré. Il permet de réfuter la critique comme suit. [...] ». (Trichet, discours à Dublin, en 2004 ; Source : The Irish Economy).

« Notre message a toujours été de dire que, dans le contexte d'une monnaie unique sans fédération politique, il faut avoir un cadre de stabilité, notamment budgétaire, extrêmement fort [...] » (Trichet, entretien avec Les Échos, en 2011)

Ainsi, on peut affirmer, que Trichet a vigoureusement défendu la petite embarcation, dont il avait le commandement, contre ses détracteurs (de poids), de façon explicite, non équivoque, et invariable depuis 1999. C'est difficilement réconciliable avec la thèse de Pisani-Ferry, quelqu'aient été ses prises de position avant 1999 (nous les verrons plus bas).

Son discours à Dublin, en 2004 (3), permet de mieux connaître les arguments qui sous-tendent sa réplique contre les détracteurs (l'establishment économique américain).

En aparté, il ne faut pas chercher plus loin que le discours de Trichet, pour trouver la justification de la règle d'or budgétaire (sous toutes ses variantes : Pacte de Stabilité et de Croissance, two packs, six packs ... de quoi y perdre son latin) qui tient lieu de politique économique pour la zone euro. On trouve la traduction de ce modèle de pensée jusque dans les voeux du Président de la République.

En aparté, le livre de Pisani-Ferry, « Le réveil des démons », du moins d'après ce qui transparaît dans une synthèse de l'institut dirigé par Delors, n'accorde pas de place à la controverse opposant l'establishment économique américain à Trichet au chapitre décrit comme suit : « Ensuite il fait réapparaître les débats qui faisaient rage entre les économistes quant à la meilleure approche à adopter pour une monnaie unique... ».

« Vers une intégration radicale, sinon c'est l'explosion de l'euro »

Nous abordons maintenant notre troisième réfutation de la thèse de Pisani-Ferry.

Récapitulons la section « L'euro est une curiosité [...] Un peu comme un miracle ». Les États-Unis sont robustes aux chocs asymétriques grâce à leur budget fédéral. Au regard de ce risque, la crise financière a mis à jour la fragilité de la zone euro. Ce contraste valide la raison du scepticisme de l'establishment économique américain (invalide le discours de Trichet) envers l'euro, le vice de l'euro, c'est à dire l'absence de budget fédéral.

L'euro va exploser si l'eurozone ne procède pas à une intégration radicale. La situation est aussi périlleuse qu'il y a 100 ans, à l'aube de la première guerre mondiale [VO : Der Euro wird „explodieren“, wenn die Euro-Zone nicht zu einer radikalen Integration übergeht. Die Lage ist ähnlich gefährlich wie vor hundert Jahren – als es danach zu einem Weltkrieg kam.] (Angela Merkel, Conseil européen, propos rapportés, décembre 2013)

L'implication immédiate du raisonnement qui précède c'est que, pour corriger le vice de l'euro, la zone euro doit se doter d'un budget fédéral. En la matière, le modèle éprouvé, c'est les États-Unis (la grande embarcation). Tout ordre de grandeur inférieur, c'est de l'expérimentation. Or, les monnaies nationales, elles aussi, sont éprouvées. C'est parmi les options sûres, c'est à dire capables de résister aux chocs asymétriques, qu'il est optimal de choisir. C'est à la contrainte politique de révéler, parmi ces optimums, lequel est le bon.

Le cas de Delors est déjà traité dans notre billet « Gouvernance économique, passerelle vers le fédéralisme ? » et il tombe sous la critique que nous venons d'énoncer. Ce qu'il prônait en 1997, d'après ce qu'il affirme en 2011, c'est, en fait, un ersatz du fédéralisme. Autrement dit, une « petite embarcation » améliorée ; un choix sous-optimal.

La partie narrative de la thèse de Pisani-Ferry (il aurait proposé aux chefs d'états...) est compatible avec celle de Delors. 

L'ersatz de Delors contient un volet sur des sanctions renforcées pour les règles budgétaires. C'est le discours de Trichet, renforcée. Lui aussi, à fait des déclarations en ce sens après son mandat à la BCE (3). C'est dérisoire.

Delors sous-estimait la gravité du vice de l'euro en 1997, et il n'a pas changé de paradigme. En corollaire, il sous-estimait aussi le saut politique requis pour corriger le vice de l'euro. Ce faisant, les dirigeants actuels sont devant un dilemme cornélien : monnaies nationales ou fédéralisme (total).

« Mitterrand, prophétique »

La tendance qui se dessine, c'est de proposer une petite embarcation avec un cockpit sur-dimensionné prévu, en réalité, pour le fédéralisme (“full-fledged”). Afin, naturellement, de faciliter son avènement, quand le moment sera opportun, c'est à dire lorsque la population sera manipulable à souhait (songer au traité de Lisbonne). Ce fédéralisme latent, est illustré comme suit :

Jean-Claude Trichet propose un saut fédéral pour sauver l'euro. [Il s'agirait d]'« une confédération d’États souverains d’un type entièrement nouveau » doté d’un « ministère des finances de l’Union. Celui-ci ne gérerait pas nécessairement un important budget fédéral,[...] » (Tiré du blog de Quatremer, à Libération, Les coullisses de Bruxelles, 2011)

On apprend d'ailleurs du même billet que ce serait une idée ancienne de Trichet (5), mais les Allemands l'avaient refusée. Ceci tend à corroborer, ici encore, la partie narrative de la thèse de Pisani-Ferry (qui a dit quoi), pour la période avant 1999. 

Quatremer, qu'un directeur de recherche au CNRS décrit comme « n’en fini[ssant] pas de voir des complots partout depuis que son objet chéri[ ,l'euro,] est en crise et attaqué de toutes parts », ne s'est manifestement pas aperçu que ce que (re-)propose Trichet, c'est une petite embarcation avec un gros cockpit : « Les évènements récents donnent pourtant raison à [Trichet], vingt ans plus tard. », dit-il. C'est la suite qui est intéressante :

« En octobre 1990, François Mitterrand, prophétique, avait prévenu qu’une monnaie unique sans gouvernement européen ne survivrait pas longtemps. » (Quatremer, 2011)

Au total, donc, 4 réfutations de la thèse Pisani-Ferry (Mitterrand, fautif), dont une, de pure forme, de Quatremer.

 

(1) Version originale du discours de Delors, en 1997 : “I do not believe either in the virtues of the so-called ratchet theory according to which political progress emerges as if by magic from economic integration. I have therefore never believed that the Economic and Monetary Union - for which I worked so hard - would, as some claimed, serve as a springboard for political union.”

(2) Nous nous focalisons sur les économistes américains parce que leur travaux ont été recensés, selon les règles de l’art, de façon exhaustive (170, provenant pour 130 d’universitaires et 40 de la FED), dans une étude de la Commission européenne à l’occasion du dixième anniversaire de l’euro, en 2009. Ils motivaient le cadre retenu comme suit : ce sont les américains qui dominent la pensée économique et ils ont l’expérience d’une monnaie unique, celle des États-Unis. D'autres justifications sont fournies ici.

(3) Discours à Dublin en 2004. Voici la suite (notre traduction) : « Il permet de réfuter la critique comme suit. Premièrement, les états membres se surveillent mutuellement quant au respect de ce pacte. Deuxièmement, l'orthodoxie budgétaire est synonyme de constitution d'un matelas de sécurité qui pourra être utilisé en cas de coup dur. Troisièmement, fixer des limites sur les finances publiques, offre aux agents économiques un environnement plus prévisible. Cette réduction de l'incertitude, en retour, leur permet de se projeter dans le long terme, ce qui est porteur d'investissement et de croissance économique. En particulier, cela permet de détendre les taux d'emprunt de sorte à stimuler les financements. Enfin, la discipline des uns profite à leur voisins, le contraire impliquant des taux d'emprunt plus élevés chez les seconds. »

(4) Discours à New York, en 2011 (notre traduction) : « Comme vous le savez, la BCE défend farouchement le point de vue que le mécanisme de sanction doit répondre plus vite et de façon automatique aux contraventions [aux règles budgétaires]. [...] Des sanctions automatiques ne suffiront pas. Le mécanisme de surveillance macroéconomique, en particulier, doit fournir de claires incitations aux états membres pour qu'ils suivent des politiques vertueuses, en imposant des sanctions sitôt un écart est constaté. [...] Il faut pour cela mettre en place un cadre budgétaire solide dans chaque état membre. [...] Les européens doivent réformer leur cadre de gouvernance économique comme je viens de l'exposer. Nous ferions bien de marcher dans les pas de Alexander Hamilton, père du fédéralisme américain. [...] »

(5) « En fait, Jean-Claude Trichet reprend les idées que la France a défendues lors de la négociation du traité de Maastricht, en 1991 [...] le négociateur français n’était d’ailleurs autre que Trichet Jean-Claude, directeur du Trésor »

 


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20 réactions à cet article    


  • Robert GIL ROBERT GIL 16 janvier 2014 09:29

    La seule rupture avec cette UE et tous les traités européens au service du Capital se fera par la force, lorsque les révolutions s’empareront du pouvoir en socialisant les moyens de production et les banque. Espérons que ça se fera à l’échelle européenne, mais tout territoire national renversant sa propre bourgeoisie exploiteuse sera une grande avancée et un exemple à suivre pour tous les peuples ...........

    voir : L’EUROPE EST ENCORE A INVENTER…


    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 16 janvier 2014 13:24

      L’UE et l’euro remontent bien avant Trichet..., aux origines de la construction européenne :

      « La construction européenne a été financée par la CIA »

      Pour détruire les Etats Nations et nous transformer en colonie de l’ Empire américain :
      «  Monnet était un agent américain pour détruire les Etats européens »

      Schuman pareil.

      De Gaulle n’avait pas la majorité nécessaire pour empêcher cela :
      « Le mythe du couple franco-allemand » 
      Il s’est fait rouler dans la farine par Kennedy et Adenauer.

      «  Pourquoi l’ Europe est comme elle est ? » Pour soumettre les peuples et les ruiner.


      • Langlemort Bonneteau 16 janvier 2014 13:36

        J’apprends, et je signale, que Trichet a été auditionné le 14 janvier 2014 par le parlement européen pour son rôle dans la crise :



      • Langlemort Bonneteau 16 janvier 2014 14:00

        « La construction européenne a été financée par la CIA »


        Je me suis déjà exprimé sur ce type d’explications, en amont de la construction européenne.

        Les États-Unis ont façonné le XXè siècle, et ils ont imprimé leur marque sur la reconstruction d’une Europe détruite. Avec, c’est assez prévisible, sa part d’ombre (agent de l’étranger, que sais-je). 

        À chacun son dada. Le mien ce sont les données publiques, méconnues ou faisant l’objet d’interprétations contestables. 

      • Langlemort Bonneteau 16 janvier 2014 14:16

        « À chacun son dada. Le mien ce sont les données publiques, méconnues ou faisant l’objet d’interprétations contestables. »


        Et je précise : sur l’architecture de l’euro (pour l’instant).

      • Langlemort Bonneteau 7 février 2014 13:44

        Le Commissaire (général) à la stratégie et la prospection du gouvernement Ayrault, Pisani-Ferry, est classé au rang 75 des 100 penseurs les plus influents dans le monde, en 2013, d’après le Gottlieb Duttweiler Institute. Paul Krugman est classé 74...



      • Langlemort Bonneteau 25 mai 2014 05:09
        LES MÉTHODES DE STALINE ONT TOUJOURS LA COTE EN FRANCE : A NOUVEAU, CENSURE DE BILLET !

        Images mêlant Goldman Sachs, le think tank Bruegel, et la Commission européenne : censurées dans mon article « La Triple imposture... ». Rebelote dans ce billet. Qui a pu faire cela : Goldman Sachs, Bruegel, la Commission ? C’était la question posée en réaction au premier constat de censure. Point commun entre les deux billets ? Le laboratoire d’idée le plus influent auprès de Bruxelles, Bruegel, fondé par Pisani Ferry, rattaché à Matigon au titre de Commissaire à la stratégie et à la prospective (CGSP), qui fait actuellement la promotion de son « roman de l’euro » dans les médias.

        Récapitulatif des images censurées :

        La 2ère image de ce billet, placée à la fin de la section intitulée « braver l’océan dans une petite embarcation » reproduit la page de profil de l’ex-analyste vedette, puis PDG (CEO) de la branche gestion d’actif, de Goldman Sachs, Jim O’Neill, dans le magazine en ligne Project-Syndicate. Ce profil mentionne également son affiliation à Bruegel. 

        La 3è image de ce billet, placée au milieu de la section intitulée « Certains ont reproché à l’architecture de l’euro... » est un voeu du Président de la République, via Twitter.

      • Langlemort Bonneteau 25 mai 2014 17:27

        Par chance, l’original de cet article, c’est à dire avant censure de ses images intactes, a été sauvegardé et est, pour l’instant, intact. Voir ici.


      • Langlemort Bonneteau 28 mai 2014 06:21
        « ...C’était la question posée en réaction [lien html rectifié] au premier constat de censure. Point commun entre les deux billets ? »

      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 16 janvier 2014 19:39

        Excusez-moi, je n’ai pas eu le temps d’élaborer un réponse la première fois.

        Les données publiques ne peuvent être séparées des données géopolitiques.

        Vous constatez que l’euro ne répond à aucune logique économique. La zone euro ne correspond pas à la définition de « zone économique optimum », qui justifierait une même monnaie.

        Pas d’économie unique, pas de peuple européen, pas de compétitivités semblables, pas de langue unique et refus des populations de traverser le Continent pour trouver du boulot...

        L’euro était prévu pour rapprocher les économies de la zone euro, et au final, elles divergent de plus en plus..., mais personne ne reconnaît qu’on s’est trompé.

        « Divergences entre les économies de la zone euro »

        La question est donc posée de savoir si l’euro était une décision économique hasardeuse, ou une décision politique pour lier ensemble des Etats afin qu’ils ne puissent pas se défendre, en leur enlevant le droit de battre monnaie, droit régalien s’il en est.

        Et là, nous revenons à l’origine de l’ UE et de l’euro, qui l’a voulu et pourquoi ?

        Voici une explication : « La tragédie de l’euro » , mais vous pouvez en trouver une autre...


        • Thierry SALADIN Thierry SALADIN 16 janvier 2014 20:24

          Bonsoir Fifi Brind_acier,

          J’ai remarqué à plusieurs reprises combien mes idées étaient proches des vôtres. Probablement parce que vous avez fait vôtres les thèses de l’UPR que je partage aussi.

          Simplement, je ne comprends pas très bien ce vous voulez dire ici :

          Je vous cite :

          « Vous constatez que l’euro ne répond à aucune logique économique. La zone euro ne correspond pas à la définition de « zone économique optimum », qui justifierait une même monnaie.

          Pas d’économie unique, pas de peuple européen, pas de compétitivités semblables, pas de langue unique et refus des populations de traverser le Continent pour trouver du boulot... »

          Vous souhaiteriez donc une langue unique en Europe ? Doit-on comprendre cela, ou est-ce une maladresse ?

          Cordialement.

          Thierry


        • Langlemort Bonneteau 16 janvier 2014 20:47

          « La question est donc posée savoir si l’euro était une décision économique hasardeuse »


          Vous vous posez encore cette question après avoir lu mon billet ? 

        • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 16 janvier 2014 21:10

          Pas du tout.
          Je décris ce que les économistes appellent « une zone économique optimum » dans laquelle une seule monnaie peut fonctionner. Mais je me suis peut-être mal exprimée.

          Les USA sont une zone économique optimum, pas l’ UE.

          Ce n’est qu’une des raisons pour lesquelles l’ UE et l’euro ne sont pas viables, ce que de plus en plus d’économistes commencent à dire, alors qu’ils se sont tus pendant 10 ans.

          Asselineau explique bien les autres inconvénients de la monnaie commune, en particulier l’accumulation des euros des pays de la zone sud dans les banques allemandes, le taux de change unique etc.

           Les faits ne cessent de lui donner raison. Vous avez bien fait de rejoindre l’ UPR, bienvenue !


        • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 16 janvier 2014 21:13

          Je répondais à Thierry.

          à l’auteur,

          Ben oui, l’euro ne fonctionne pas, mais vous aideriez les Français en leur expliquant pourquoi ?
          Faire le constat, ils le font tous les jours, c’est la solution pour en sortir qu’il faut expliquer.
          Bien à vous.


          • Langlemort Bonneteau 16 janvier 2014 22:25
            Votre message précédant disait : 

            « Ben oui, l’euro ne fonctionne pas, mais vous aideriez les Français en leur expliquant pourquoi ? 
            Faire le constat, ils le font tous les jours, c’est la solution pour en sortir qu’il faut expliquer. »

            Je l’ai signalé comme abusif. Je suis prêt à parier que M. Asselineau ne serait pas content que des personnes fassent connaître ses vues en abaissant la mienne. 

            Quant à « Le petit détail du discours de Mario Draghi », je vous ai déjà répondu. J’ajoute que je m’intéresse aux causes premières du problème de l’euro, sur la base de document solides (les discours de Trichet, le recensement des travaux de recherches sur l’euro etc.). 

            Pas les petites phrases de Draghi. Je l’ai d’ailleurs aussi fait savoir ici, concernant, justement, un autre petit détail. 


          • BA 16 janvier 2014 23:12
            Italie : défaut de paiement à l’horizon.

            En novembre 2013, la dette publique de l’Italie a pulvérisé son record.

            La dette publique de l’Italie est de 2104 milliards d’euros.

            2007 : dette publique de 1605,1 milliards d’euros, soit 103,3 % du PIB.
            2008 : dette publique de 1671 milliards d’euros, soit 106,1 % du PIB.
            2009 : 116,4 % du PIB.
            2010 : 119,3 % du PIB.
            2011 : 120,8 % du PIB.
            2012 : 127 % du PIB.
            Juin 2013 : dette publique de 2076,182 milliards d’euros, soit 133,3 % du PIB.
            Novembre 2013 : dette publique de 2104 milliards d’euros.



            • Langlemort Bonneteau 18 janvier 2014 14:43

              « Trichet n’est pas le moindre des pères fondateur de l’euro (condition nécessaire pour notre première réfutation) »


              Correction : c’est la deuxième réfutation.

              • Langlemort Bonneteau 20 mars 2014 13:19

                Excellent article par l’économiste Jean-Pierre Vesperini, intitulé « Pourquoi l’euro n’a que des qualités et aucun défaut » :


                Ses partisans veulent l’euro non pas tant pour ses improbables vertus économiques, quoiqu’ils l’aient toujours prétendu, mais surtout parce qu’ils veulent l’avènement d’une Europe fédérale qui a besoin d’une monnaie unique pour exister.

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