• mercredi 8 février 2012
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Actualités > Europe > Les retraites dorées des fonctionnaires Européens
10%
D'accord avec l'article ?
 
90%
(63 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Les retraites dorées des fonctionnaires Européens

Bonjour la poule aux œufs d’or… Il fait bon travailler comme fonctionnaire de notre appareil communautaire. Il semblerait bien qu’il existe une anomalie particulièrement criante au regard des citoyens normaux que nous sommes. Loin de moi l’idée de jeter le bébé avec l’eau du bain, je suis un Européen convaincu, mais ce n’est pas une raison pour laisser passer ça. Mieux vaut chercher à améliorer le système imparfait, et pour cela, mieux vaut faire le chien de garde plutôt que de se taire.

En effet, j’ai hésité (pas trop longtemps je dois dire) avant de relayer cette information qui circulait par email ces derniers temps. Car je vois déjà le déchainement outrancier qui va s’emparer des lecteurs Agoravoxiens anti-européens convaincus, qui vont se servir de cette information pour soutenir leurs positions. C’est normal, c’est l’exercice démocratique, et je ne peux pas moralement justifier de ne pas relayer cette information sous le prétexte fallacieux que cela donne de l’eau à leur moulin.

Mieux, d’un stricte point de vue pragmatique, cela ne remettra pas en cause l’existence de l’Europe. Au contraire, cela donne l’opportunité aux pro-Européens de faire pression pour améliorer une organisation qui souffre d’un important déficit démocratique. C’est pourquoi je choisis de publier cet article.

De quoi s’agit-il ?

Quelques exemples parlants pour commencer. Ils proviennent de sources internes à l’administration Européenne, un peu comme l’histoire des fichiers des fraudeurs de Eric Woerth.

Giovanni Buttarelli, qui occupe le poste de « contrôleur adjoint de la protection des données », aura acquis après seulement 1 an et 11 mois de service (en novembre 2010), une retraite de 1 515 € par mois. L’équivalent de ce que touche, en moyenne, un salarié français du secteur privé après une carrière complète (40 ans).
Son collègue, Peter Hustinx, vient de voir son contrat de cinq ans renouvelé. Après 10 années, il aura droit à près de 9 000 € de retraite par mois.
Beaucoup d’autres technocrates profitent d’un tel privilège :
Roger Grass, greffier à la Cour de justice européenne, va toucher 12 500 € de retraite par mois ; Pernilla Lindh, juge au Tribunal de première instance, 12 900 € par mois ; Damaso Ruiz-Jarabo Colomer, avocat général, 14 000 € par mois. Etc. La liste est assez longue (mais de quelle longueur exactement, je ne sais pas).

Même les parlementaires qui, pourtant, bénéficient de la « Rolls » des régimes spéciaux, ne reçoivent pas le tiers de ce qu’ils touchent.

Pour ces fonctionnaires, c’est le jackpot. En poste depuis le milieu des années 1990, ils sont assurés de valider une carrière complète et, donc, d’obtenir le maximum : 70 % du dernier salaire. Non seulement leurs pensions crèvent les plafonds mais il leur suffit de 15 années et demie pour valider une carrière complète alors que pour vous, comme pour moi, il faut se tuer à la tâche pendant 40 ans et, bientôt, 41 ans.

Face à la faillite de nos systèmes de retraite, les technocrates de Bruxelles recommandent l’allongement des carrières : 37,5 ans, 40 ans, 41 ans (en 2012), 42 ans (en 2020), etc. Mais, pour eux, pas de problème, le taux plein c’est 15,5 ans. À l’origine, ces retraites de nababs étaient réservées aux membres de la Commission européenne puis, au fil des années, elles ont également été accordées à d’autres fonctionnaires. Maintenant, ils sont nombreux à en profiter : juges, magistrats, greffiers, contrôleurs, médiateurs, etc. Cela, en soit, c’est déjà assez scandaleux.

Mais le pire, dans cette affaire, c’est qu’ils ne cotisent même pas pour leur super retraite.
Pas un centime d’euro, tout est à la charge du contribuable.

Nous, nous cotisons plein pot toute notre vie et, au moindre retard de paiement, c’est la déferlante : rappels, amendes, pénalités de retard, etc. Aucune pitié, aucun passe-droit. Eux, ils (se) sont carrément exonérés. Même les magistrats de la Cour des comptes européenne qui, pourtant, sont censés « contrôler si les dépenses de l’Union européenne sont légales, faites au moindre coût et pour l’objectif auxquelles elles sont destinées... », profitent du système et ne paient pas de cotisations.

Tous ces technocrates ne manquent pas une occasion de jouer les « gendarmes de Bruxelles » et ne cessent de donner des leçons d’orthodoxie budgétaire alors qu’ils ont les deux mains, jusqu’aux coudes, dans le pot de confiture. À l’heure où l’avenir de nos retraites est gravement compromis par la violence de la crise économique et la brutalité du choc démographique, des fonctionnaires européens bénéficient, à nos frais, de pensions de 12 500 à 14 000 € par mois, après seulement 15 ans de carrière et sans même cotiser...
 
Quelques média se sont faits l’écho de ces abus. L’article suivant du Point y ajoute quelques détails supplémentaires :
 
http://www.lepoint.fr/actualites-ec...

En démocrate convaincu de l’utilité vitale de l’Europe et de ses bienfaits, je milite pour que ces abus manifestes soient corrigés, afin de remettre un peu d’équité et de justice dans un monde qui en manque tellement. Faire pression sur nos élus Européens, faire pression sur l’administration Européenne elle-même, par toute voie démocratique possible (pétition, médias etc.), me paraît essentiel pour corriger un système dont je suis convaincu de l’importance stratégique et de ses bienfaits pour les citoyens. L’Europe n’est pas parfaite, très loin de là, mais c’est à nous, citoyens, qu’il appartient de faire pression pour donner du sens, de l’équité, et de l’efficacité à ce en quoi nous croyons.

Je ne me lancerai pas ici dans un débat stérile avec les anti-Européens sur la question même de l’Europe Communautaire, je ne jetterai pas le bébé avec l’eau du bain, mais en bon pragmatique, je les invite eux aussi à pousser leur coup de gueule pour faire pression sur nos élus et sur l’administration européenne. Pour une fois que nos convictions et objectifs différents peuvent agir utilement de concert, pourquoi s’en priver ?
 

Documents joints à cet article

Les retraites dorées des fonctionnaires Européens
par Bertrand Damien (son site) vendredi 29 janvier 2010 - 109 réactions
yahoo
10%
D'accord avec l'article ?
 
90%
(63 votes) Votez cet article

2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par Bertrand Damien (xxx.xxx.xxx.224) 29 janvier 2010 12:17
    Bertrand Damien

    Vous êtes totalement spécieux. Je n’ai pas hésité à publier ces données brutes, parce que toutes brutes qu’elles soient, aucun mérite ne justifie de capitaliser des retraites pareilles en si peu de temps, ne serait qu’en regard de TOUS les autres citoyens Européens méritant qui eux n’en bénéficient pas. Je pourrais tout aussi prétendre que mon mérite professionnel (et ma rentabilité pour mes employeurs en tant que l’un des hauts dirigeants exécutifs d’une entreprise de 500 personnes) justifierait un traitement aussi inéquitable vis à vis des autres employés de mon entreprise, mais voyez-vous, je ne raisonne pas comme ça.

  • Par Bertrand Damien (xxx.xxx.xxx.224) 29 janvier 2010 13:08
    Bertrand Damien

    Je vous remercie, vous êtes en train de faire la démonstration de la validité de mon raisonnement.
    Les fonctionnaires Européens ne travaillent pas en Algérie, leurs revenus sont à considérer en fonction de leur environnement économique et social relatif, qui est au cœur même de l’Europe.

    Ma position tient au fondement même de nos règles démocratiques : égalité des droits et des devoirs. Ces fonctionnaires se soustraient d’eux-même par un pouvoir discrétionnaire à ces droits et devoirs.

    J’étais très bien payé par mon entreprise, en fonction de ce qu’ils jugeaient, et moi aussi, être mon mérite (sans quoi, j’aurais écouté les sirènes des chasseurs de têtes). Je contribuais donc très largement et lourdement aux contributions sociales et de retraite, ainsi qu’à l’impôt. Et je ne trouve absolument rien à y redire. Je ne professe pas la règle du beurre (vivre et bénéficier de ce que me garantit mon pays), et de l’argent du beurre (en bénéficier sans y contribuer).

  • Par Bertrand Damien (xxx.xxx.xxx.224) 29 janvier 2010 12:27
    Bertrand Damien

    Selon l’étude récente d’un journaliste spécialisé (argghh, faut que je retrouve ce lien !), il est impossible d’obtenir auprès du Ministère du budget le montant exact des impôts payés par les entreprises du CAC 40, qui abusent des paradis fiscaux. C’est quasiment du secret défense. Car si l’on découvrait la vérité, celle-ci serait tellement énorme que cela jetterait dans la rue des millions de personnes, y compris les chefs d’entreprises de PME/PMI.

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Sondage

Pour quel candidat pensez-vous voter à l’élection présidentielle de 2012 ?


Voter

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox