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Accueil du site > Actualités > Europe > Mais comment fait l’Allemagne pour se permettre de sortir du (...)

Mais comment fait l’Allemagne pour se permettre de sortir du nucléaire ?

Certes l'Allemagne semble s'orienter unanimement vers une sortie assez rapide du nucléaire, ayant démarré bien avant la France ses investissements à la fois dans les économies d'énergie et dans les énergies renouvelables (isolation des bâtiments, éolien, photovoltaïque, biogaz). Mais, étant donné l'inadaptation à cette profonde transformation de son réseau et de son parc de centrales (lieux de production par trop éloignés des lieux de consommation, réseaux intelligents encore dans les limbes, centrales au charbon/lignite encore trop nombreuses, centrales BWR cousines de celles de Fukushima) il est difficile pour un français de se rendre compte si les objectifs peuvent être tenus. Essayons tout de même ...

Mais comment fait l'Allemagne pour se permettre de sortir du nucléaire ?

Avant de rentrer dans le contexte purement économique et technique il n’est peut-être pas inutile d’aborder quelques considérations politiques.

D’abord il y a lieu de reconnaître que l’Allemagne s’appuie, bien d’avantage que la France, sur sa jeunesse et sa composante féminine, profondément et sincèrement écolos et d’ailleurs assez bien représentés dans les parlements locaux et fédéral. L’amour de la forêt, l’observation des animaux dans la forêt, sont les deux mamelles …

Ensuite il faut prendre en considération les effets à long terme positifs de ce que l’on a longtemps moqué en France comme étant un handicap majeur : « nain politique quoique géant économique ». Certes la France a surexploité le fait que les alliés ont bien voulu lui réserver une place au conseil de sécurité de l’ONU, mais on a bien vu quel parti ont su tirer le Japon et l’Allemagne de leur statut de vaincus qui leur interdisait de se réarmer. Des centaines de milliards ont pu ainsi être mobilisés dans des domaines de reconstruction tout aussi utiles, si ce n’est plus, comme les infrastructures (autoroutes gratuites), les universités quasi gratuites, des immeubles décents et entretenus — à la différence de la France qui s’apprête à généraliser la location sur 20 ans par l’Etat des locaux construits pour tenir son rang au classement des universités mondialisées – pour les écoles, lycées, universités, les retombées des industries mécaniques essaimées dans toutes les régions, les centres de recherche fédérés (Max Planck, Fraunhoffer) distribués dans toute l’Allemagne et copieusement dotés même s’il leur est demandé de travailler en coopération avec l’industrie … Et puis dans un char ou une vedette rapide proposés à l’exportation par ses voisins Anglais ou français on finit toujours par y mettre un moteur, une turbine, de l’hydraulique allemands, qui auparavant ont été réalisés pour leurs composants mécaniques avec des machines allemandes

Donc d'énormes économies, mobilisables sur d'autres projets moins emblématiques mais davantage porteurs à long terme surtout quand ils sont couplés à un tissu dense de PME encrées dans toutes les régions du territoire

Sa révolution a dix ans déjà. Elle s'est produite en deux actes : la loi sur les énergies renouvelables (« EEG ») en 2000 et la loi de sortie du nucléaire, en 2001, mises en œuvre grâce à la coalition SPD-Verts au pouvoir entre 1998 et 2005. Ces deux textes ont changé la politique énergétique allemande. En 2010, le gouvernement conservateur d'Angela Merkel a voulu revenir sur la décision de sortir du nucléaire, avant de changer d'avis en 2011, après Fukushima, et de se ranger à la position des Verts et des sociaux-démocrates, et au consensus de la société (inerview de Jürgen Trittin, ministre de l'environnement de 1998 à 2005, par Médiapart). 

Mais comment concrètement fait l'Allemagne ? Quels sont ses atouts, voire ses (quelques) faiblesses (en gras/italique dans le texte) ?

- elle a investi depuis 20 à 30 ans dans les énergies renouvelables (« Les énergies renouvelables font partie de notre tissu industriel. Et elles n'ont pas été autant impactées par la crise que l'automobile et l'industrie chimique. C'est l'une des industries qui croissent le plus vite », Jürgen Trittin, ex ministre de l’environnement du chancelier Schröder de 1998 à 2005, interviewé par Médiapart)

- beaucoup d'universitaires deviennent en fait des ingénieurs en énergies renouvelables (ENR) ; c’est le cas à l’Université de Freiburg en Brisgau qui fournit pas mal d’experts et de cadres pour les PME du secteur

- au lieu de polluer comme en Bretagne, depuis une dizaine d’années (loi EEG des énergies renouvelables de 2000) beaucoup de gros paysans Allemands se sont équipés, à raison de 4 millions d’€ pour une unité de production de biogaz d’une capacité de 1,1 MW, pour valoriser leur magma nauséabond de lisier de porc en le mélangant avec du maïs broyé et/ou de la pulpe de betterave à sucre , produisant ainsi suffisamment de méthane pour faire fonctionner cinq turbines électriques, le tout étant doublé d'un dispositif de cogénération qui permet de récupérer la chaleur dégagée. Ils vendent ainsi du courant au réseau (prix garanti sur 20 ans par la loi EEG de 2000 mais dégressif) et chauffent des locaux sur place

- depuis 30 ans elle n'a jamais construit autrement que des bâtiments bien isolés, la reconstruction d'après-guerre ayant été, pour des raisons évidentes, beaucoup moins soignée

(les solutions du type briques creuses collées/MONOMUR que l'on voit enfin apparaître en France, viennent de chez eux)

- elle n'a jamais prôné à tout va les « grilloirs » électriques chers à EdF comme moyen de chauffage (on n'y voit que du chauffage central classique ou à pompe à chaleur et désormais des ensembles conçus passifs ou presque en association avec les futurs habitants. cf l'ex caserne des français de Freiburg en Brisgau). (La pointe de consommation hivernale en France est de 96 gigawatts, alors qu'elle est de 80 gigawatts en Allemagne, dont la population compte 16 millions d'habitants de plus !, (interview de Mycle Schneider par Médiapat))

- elle a investi à l'Est en prenant des parts (50 %) dans l'exploitation du gaz (au passage l'ex chancelier Schröder s'est recasé en se concoctant sur mesure un poste de deputy chairman de la coentreprise germano-Russe), voire du pétrole

- ce qui lui sera bien utile pour compenser la fermeture progressive de ses centrales nucléaires, dont un bon nombre notons le, comme en Suède, sont des cousines de celles de Fukushima (BWR de KWU, ex AEG)

- ce qui lui permet d'écouler à l'Est tout ce qu'elle sait parfaitement construire et vendre en matière de biens d'équipement (très bon pour l'équilibre de la balance des paiements)

- en construisant des centrales à gaz combinées modernes (haut rendement) qu'elle construit et vend elle-même, lesquelles ne sont démarrées qu'en cas de demande-crête, vu le coût du gaz (mais aussi en remettant en service des centrales à lignite qu'elle avait juré devoir fermer) ; bref en s'asseyant sur sa promesse (avec l'UE tout entière) de faire baisser la contribution CO2 (ce qui ne l'empêche pas pour autant, le ridicule ne tue pas, de donner des leçons de morale au plan budgétaire vis-à-vis des pays du club Méditerranée)

- en ayant réalisé de façon très volontariste des démantèlements « ground zero » de centrales nucléaires ou de prototypes, prouvant ainsi la faisabilité sans attendre comme EdF que la décroissance fasse le boulot sous prétexte d'économies (en revanche, pas plus logique que la France et à rebours de sa réputation de pays de consensus, pourquoi n'a-t-elle encore pas réussi à boucler le cycle du nucléaire en se dotant d'un centre de stockage souterrain pour l'évacuation définitive des déchets de haute et très haute activité)

- en s'étant fait reprendre sans vergogne – et sans tambour ni trompettes ; en effet les français ne le savent même pas alors qu'ils sont actionnaires à hauteur de 85 % par le biais de l'Etat – les activités nucléaires de Siemens NP par AREVA-NP qui comprennent encore 5 à 7000 emplois, lesquels sont maintenant en partie menacés

- en attirant les investissements des majors français dans ses PME des ENR, ce qui d’ailleurs donne accès pour Areva aux juteux marchés des fermes d'éoliennes offshore de la mer du Nord

- en participant à des projets communs avec les Européens, ce qui lui a permis de remonter quand même au premier plan (Airbus, Eurocoptère, Eurofighter) dans le domaine aéronautique à la différence de la France qui s'est époumonée avec ses programmes uniquement nationaux de porte-avions nucléaires et d'avions Dassault de type Rafale, peut-être excellent mais inexportables du fait de séries trop étriquées

Une préoccupation pour toute l'UE :

- Comment compte-t-elle désormais gérer ses échanges de courant avec ses voisins européens maintenant que la donne va être chamboulée ?

Dans les faits la situation est d’ores et déjà paradoxale dans la mesure où la France, du fait de ses gros besoins en hiver avec une pointe à 96 Mégawatt, qui se tourne habituellement vers l’Allemagne pour importer du courrant est, hypocritement, bien contente que celle-ci remette en marche en hiver ses centrales à charbon pour elle (au grand dam des défenseurs de l’environnement)

Ce qui reste un sujet d’interrogation (pour un français) :

- comment l'industriel Siemens, après avoir rompu son partenariat avec Areva puis conclu une autre alliance aussi peu fidèle que la précédente avec les Russes, a pu s'abstraire du nucléaire aussi brutalement [1] ? On le comprendrait d’un Areva, complètement aux ordres de l’Etat, mais que je sache Siemens est bien une AG ?

- Pourquoi le combustible MOX si décrié en France n'est-il jamais reproché à ses vrais inventeurs, Belgo-Nucléaire, aujourd’hui absorbé par Suez-Gaz de France, et l'industrie nucléaire Allemande, la France n'ayant été que suiveuse, lorsqu’elle perdit tout espoir de recycler le plutonium de La Hague dans les coeurs de réacteurs à neutrons rapides comme Phénix et Super Phénix et leurs suivants ?

- Areva-ENR investit à Bremenhaven chez un constructeur affirmé d'éoliennes qui a accès au marché des fermes offshore de la mer du Nord au lieu d'investir en France qui certes part de zéro mais dont les adjudications pour les futures fermes offshore de la Manche ne sont pas à négliger ; la France a pourtant montré jadis qu'elle savait importer une technologie et la prolonger à son avantage (Westhingouse, Framatome, Areva)


[1] trahissant ses partenaires par deux fois en 5 ans ; les Nordiques, qu’on a tendance à prendre comme modèles dans notre pays de latins, savent on le voit ne pas être francs du collier ; rappelons-nous l’arrêt brutal de la fusion Renault-Volvo). Au surplus, comment fait Siemens pour exporter ses ICE davantage que Alstom ses TGV alors que l'accident d'Echede avec plus de 100 morts (roues à bandages problématiques contre roues monobloc ; rames traditionnelle contre rames articulées avec bogies communs) ne constitue pas une bonne référence en regard des zéro morts du TGV ?


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53 réactions à cet article    


  • joletaxi 3 décembre 2011 11:18

    Tout cet article, pour arriver à la conclusion

    les allemands vont faire avoir recours de plus en plus au fossile.
    Tout le reste c’est du baratin pour enfumer le chaland.

    Quand on sait à quel point ils sont littéralement hystériques sur le CO2,qu’ils ont bati une filière renouvelable qui leur a coûté une vraie fortune(et qui va encore coûter très cher pendant des années),on ne peut que conclure qu’une chose

    le renouvelable est incapable, pour le moment, de prendre les relais des énergies classiques,tous ceux qui prétendent le contraire sont des camelots.


    • Abou Antoun Abou Antoun 3 décembre 2011 22:00

      le renouvelable est incapable, pour le moment, de prendre les relais des énergies classiques,tous ceux qui prétendent le contraire sont des camelots.
      A tort ou à raison, je partage votre opinion (et cela me chagrine).
      Quand au titre de l’article il n’est pas très bien choisi car il laisse à penser qu’on est devant un fait accompli alors qu’il s’agit d’une intention.
      Nous rediscuterons de la chose quand tous les réacteurs allemands seront à l’arrêt et quand l’Allemagne n’importera aucune électricité d’origine nucléaire de ses voisins.
      Pour l’heure, c’est sûr, les allemands ont l’intention de brûler des quantités de gaz russe.


    • joletaxi 3 décembre 2011 22:31

      Oui cela aussi me chagrine.
      Vous ne le croirez pas mais lors du premier choc pétrolier, j’avais l’écoute du management d’un grand groupe pétrolier auquel j’avais proposé un projet éolien.
      Force m’a été de reconnaître que je me fourvoyais, et que je risquais de ruiner les investisseurs.
      Il faut avoir le réalisme de dire la vérité, nous n’avons aucune solution


    • Abou Antoun Abou Antoun 3 décembre 2011 23:22

      j’avais proposé un projet éolien
      L’idée est naturelle. quoi de plus simple et de plus sain que de vouloir utiliser les forces de la nature, mais l’idée c’est l’idée et la réalisation c’est la réalisation.
      Il y a les problèmes de stockage, les problèmes de transport, les problèmes de maintenance, la dégradation du paysage, la pollution acoustique (les champs d’éoliennes font un bruit d’enfer).
      D’ailleurs, même l’énergie hydroélectrique n’est pas ’clean’.
      On ne sait pas encore en Égypte si le barrage d’Assouan est un bienfait ou une catastrophe.
      Barrage d’Assouan
      Idem pour l’usine marémotrice de la Rance
      Usine de la Rance
      Rien n’est gratuit !


    • sto sto 4 décembre 2011 10:58

      >> les allemands vont faire avoir recours de plus en plus au fossile.
      >> Tout le reste c’est du baratin pour enfumer le chaland.

      Oui et non.

      L’allemagne brule effectivement une quantite inimaginable de son charbon pour les chauffages electriques France, et cela commence a se savoir en Allemagne. En compensation, EDF exporte du nucleaire l’ete.
      EDF n’a qu’une seule peur, c’est que l’allemagne decide de stopper ces exportations massives. Et cela peut arriver ! Pourquoi ?
      En allemagne, chaque facture electrique montre au consommateur et aux industriels le ratio de chaque type d’energie, et la quantite de CO2 et de dechets ultimes radioactifs. Beaucoup de consommateurs s’abonnent a un tarif comprenant exclusivement de l’electricite renouvelable, pour un surcout raisonnable (8%, abonnement inchange dans mon cas).
      En exemple, mon fournisseur :
      http://www.rewag.de/pages/angebote_preise/strom/stromkennzeichnung.htm
      en orange : le renouvelable non subventionne
      en bleu clair le renouvelable subventionne
      en bleu fonce : le nuke
      rouge : charbon
      vert : gaz
      violet : autres renouvelables
      Bien sur, les electrons provnant de la prise sont melanges, mais le FINANCEMENT va la ou l’on choisit.
      Il y a donc une pression economique enorme sur l’industrie pour installer du renouvelable. En baviere, une maison sur 2 a des panneaux solaires, beaucoup de communes sont autonomes en electricite (en moyenne !).
      Ne vous en faites pas pour l’Allemagne.
      L’arret du nuke dans ce beau pays est gerable et gere, et il est definitif. Le debat public a deja eu lieu.
      Cela genere pour le moment un deficit comble par le charbon et le gaz, mais ce n’est que passager. L’echelonnement des arrets de centrales a ete determine dee facon a minimiser ce deficit, et a le correler avec la croissance vertigineuse du renouvelable.
      ’La solution definitive sera semblable a la vision du projet Desertec. Le solaire thermique a accumulation est l’avenir, le nucleaire est le passe.
      Ouvrez les yeux...


    • hgo04 hgo04 5 décembre 2011 06:13

      En bavière ?? Tiens.. j’y ai passé des vacances, mais je ne me souviens pas d’avoir des panneaux solaires sur une maison sur deux.. 


    • hgo04 hgo04 5 décembre 2011 06:14

      «  »« Peut être que les Allemands n’achèteront pas l’électricité, mais l’échangent contre autre chose...d’aussi vital ? »«  »


      Réponse cynique : de l’oxygène ??

    • francoyv francoyv 5 décembre 2011 10:23

      "En bavière ?? Tiens.. j’y ai passé des vacances, mais je ne me souviens pas d’avoir des panneaux solaires sur une maison sur deux.. "

       Je confirme ; certains prennent leur désirs pour des réalités ; il s’agit sans doute, au mieux, d’une maison sur deux qui se construisent actuellement


    • zadig 3 décembre 2011 12:09

      Bonjour,

      Cette décision d arrêt du nucléaire en Allemagne a déjà été prise en 2000.
      Et tout doucement les centrales sont reparties.
      Une deuxième décision d’arrêt a été prise cette année.

      les centrales sont à l’arrêt , pour moi elles repartirons !

      A quand la troisième décision d’ arrêt « définitif »

      Qui vivra verra

      Salutations


      • sto sto 4 décembre 2011 11:13

        Faux, mon cher Zadig
        Les centrales ne sont pas reparties. La part du nucleaire a baisse un peu entre 2000 et 2010.

        source : http://www.ag-energiebilanzen.de/viewpage.php?idpage=227


      • Bibi 4 décembre 2011 16:53

        Je confirme les dires de Sto :

        • les centrales d’Obrigheim, Stade et la non centrale de Mülheim-Kärlich ont été définitivement arrêtées.
        • je dis « non centrale » car cette dernière ne fonctionnait plus depuis longtemps, suite à des plaintes, mais l’opérateur comptait toujours la remettre en route. Elle aura fourni l’équivalent d’une année de production... et des quota d’électricité à produire, ce au nom du renoncement aux recours juridiques (en clair elle a permis de faire fonctionner des centrales de RWE plus longtemps).

        De plus l’arrêt des centrales en mars était initialement « temporaire » (moratoire), il s’est transformé en arrêt définitif.

        Je suppose que Zadig a confondu remise en marche et prolongation car le Bundestag avait voté fin 2010 une prolongation du fonctionnement des centrales encore en route (loi à son tour annulée).

        Grosso modo la vitesse de sortie du nucléaire en Allemagne est inchangée. Il suffit de faire une moyenne sur 2-3 ans smiley.


      • jef88 jef88 3 décembre 2011 12:13

        Mais comment fait l’Allemagne pour se permettre de sortir du nucléaire ?

        Tout simplement , elle n’y est jamais entrée...
        Les grünen (verts) ont été, avant 1990, manipulés par l’URSS qui ne voulait pas de (bombe) nucléaire à l’ouest Alors en bonne démagogie il était plus facile d’utiliser les énergies fossiles et de se servir en France par exemple à Cattenom.

        Le raisonnement est depuis resté le même


        • jef88 jef88 3 décembre 2011 12:14

          J’ai, aussi, travaillé avec des allemands dans les années 80.................


        • brieli67 3 décembre 2011 12:41

          Difficile de servir à Gérard_mééééééé

          ya pas ya pas en 88

          mais le gaz de schiste promet

          tout ce qu’il faut pour canarder les pistes de La Bresse aux canons à neige.

          A bientôt et qu’avec les jonquilles l’espoir !!


          • krolik krolik 3 décembre 2011 12:58

            Les Allemands ont 450 ans devant eux d’exploitation du lignite.

            Avec le gazoduc Nordstream ils vont pouvoir brûler tout le gaz possible.

            Ils construisent à marche forcée 12 centrales à, flamme.. bagatelle.

            Et ils envisagent d’acheter des droits à polluer.

            Quant à leurs énergies renouvelables, la production éolienne vient du Nord, alors que la consommation est au sud.. Et ils n’ont pas les lignes HT pour le transport.. Les gens veulent bien des éoliennes mais ne veulent pas des lignes HT inhérentes. Tout cela induit des instabilités dans les réseaux, et ils vont bien arriver à mettre une partie du réseau européen à genou.

            les énergies renouvelables sont synonymes de multiplication des lignes de transport.. Mais les écolos ont tellement combattu les lignes HT, sous le prétexte que l’on devait choper un cancer lorsque l’on habitait à proximité.. que maintenant ils sont bien en peine d’expliquer que l’écologie demande plus de lignes..

            Tout le reste c’est du pipo.

            Quant à la France il serait intéressant de mettre en exploitation à iel ouvert le gisement de charbon qui existe dans la Nièvre, ce serait très « écolo » à la façon de l’Allemagne. Le tout ce serait convaincre les habitants de coin. On enlève une couche d’épaisseur de 200 mètres de mort-terrain avec des roue-pelle d’une capacité de 200 000 tonnes / jour.. etc.. etc.. Faîtes le déplacement / la visite du côté de Cologne, ça vaut vraiment la visite.

            @+


            • joletaxi 3 décembre 2011 13:29

              Mr. Krolik bonjour

              Vous n’aimez pas ?

              Moi j’ai été très impressionné.
              Ces roues ont quelque chose d’extraterrestre.
              Mais le plus spectaculaire, c’est le tapis roulant qui transporte sur plus de 80 kms la lignite à près 75 kms/heure.
              Curieux que l’on entend jamais les écolos, sur ces villages qui ont été déplacés, des cimetières, les églises, bref toute une région qui descend de 100 mètres dans la plus parfait indifférence.
              Et cette odeur si particulière, rien que du naturel.

              Vous avez dit des charlots ??


            • krolik krolik 3 décembre 2011 15:03

              Mais les Allemands ont réussi à aoir une certaine acceptation des écolos pour l’exploitation du lignite, dans la mesure où ils paient des écologues pour faire un état des lieux du biotope avant d’attaquer le terrain.

              Et ensuite il y a pléthore de naturalistes, paysagistes ; botanistes qui sont employés pour reconstruire le biotope dans le détail, les petites herbes, les sauterelles, les tétards, les mulots et les renards.....etc..

              Le plus difficile pour les compagnies exploitantes des gisements de lignite c’est de négocier le déplacement des cimetières... !! Le côté sacré et intemporel.. Mais au final les vieux os sont toujours déménagés, et ils ne protestent pas.

              Mais effectivement les bandes transporteuses qui amènent le lignite aux centrales à flamme, c’est aussi un aspect spectaculaire.. Tout cela est très optimisé et lorsque cela devient trop loin et bien ils déménagent la centrale.C’est l’écologie à l’allemande..

              @+


            • Bibi 4 décembre 2011 16:29

              De fait les associations comme RobinWood ou Greenpeace se mobilisent aussi contre les centrales à lignite, par exemple en occupant des arbres afin de gêner la progression des engins. Prétendre le contraire (sans s’être renseigné), c’est prendre le risque de passer pour un charlot.


            • krolik krolik 4 décembre 2011 19:26

              @Bibi,

              Mais il n’est pas prétendu le contraire, il est seulement constaté que les excavatrices et les roue-pelles avancent, que de nouveaux sites d’exploitation s’ouvrent.Il y a peut-être quelques zozos qui vont faire les pitres sur les arbres, mais cela ne déplace pas des dizaines de milliers de protestataires..

              D’autant que les sociétés exploitantes comme Eon emploient des milliers d’écologues pour la restauration des biotopes...C’est indiqué sur leur site de visite près de Cologne.. c’est très « choupinet »..

              @+


            • lagabe 3 décembre 2011 16:00

              si tu bases la consommation électrique à 100 , année 2000 elle a baisse sa consommation électrique de plus de 20 % , en faisant une bonne politique


              • krolik krolik 3 décembre 2011 17:31

                @Lagabe.

                Où avez vous péché cette évolution de la consommation d’électricité en Allemagne ?

                @+


                • Bibi 4 décembre 2011 17:01

                  @krolik et Lagabe
                  la stabilisation affichée sur le graphique n’est pas en opposition avec la baisse annoncée par Lagabe.
                  Dans un cas il est question de valeur absolue et de l’autre de valeur relative au PIB : oui les Allemands ne consomment pas moins mais ils produisent plus pour la même quantité d’énergie.


                • sophie 3 décembre 2011 18:13

                  encore une fois donc , conclusion : nucléaire arrêt de tout le plus vite possible, thermique charbon : idem, reste à nos brillants ingénieurs à plancher sur de nouvelles solutions


                  • 65beve 3 décembre 2011 18:38

                    Bonjour les gens,

                     Les allemands comptent nous acheter de l’électricité nucléaire.
                    C’est la raison pour laquelle notre Président trouve parfait tout ce qui se fait outre Rhin.

                    cdlt


                    • Don Touchmyjunk 4 décembre 2011 01:18

                      Ah bon ?

                      Je dirais plutôt que la raison, c’est la meilleure santé financière.
                      Quand on est bling-bling, on aime bien les riches.


                    • 65beve 4 décembre 2011 21:09

                      je voulais dire que notre Président critique le PS+les verts qui veulent sortir du nucléaire mais pas les allemands qui eux sortent réellement du nucléaire.
                      Malgré leurs économies d’énergie, les allemands vont devoir importer de l’électricité.


                    • Croa Croa 3 décembre 2011 23:42

                      Les allemands ne sont en rien exemplaires, ils sont juste différents !

                      Eux non plus n’ont pas comprit que la solution était dans les économies, alors...

                      - La France restera nucléaire smiley

                      - et l’Allemagne produira des gaz à effet de serre smiley

                       


                      • chantecler chantecler 4 décembre 2011 10:35

                        A court terme !
                        L’ Allemagne n’a pas l’habitude de cautionner les catastrophes industrielles...
                        Nous, on les accumule .
                        Donc il y aura une pause d’une dizaine d’années , si j’ai bien compris .
                        Déjà que sur 6 mois ou un an ( échéances électorales) nous n’avons aucune visibilité sauf irréversibilité d’une politique chez nous .... !


                      • jacques jacques 4 décembre 2011 14:56

                        La solution n’est pas dans les économies mais dans efficience faire plus avec moins et non pas moins avec moins .
                        Les bâtiment à énergies positives,les voitures optimisées,une meilleure organisation des collectivités,le recyclage conçu à la source,etc...


                      • des centaines de milliers de prisonniers pédalerons dans des mines de sel....pour produire de

                        l’électricité.a défaut de camps...trop visibles.ils connaissent la méthode « ARBEIT MACHT FREI »


                      • francoyv francoyv 4 décembre 2011 01:10

                        @ tous

                        J’ai bien sûr moi-même, disons, quelques doutes, à cause notamment des problèmes de stockage et d’acheminement de cette électricité non disponible là et au moment où elle est demandée, d’autant que, vous l’avez relevé, les écologistes ne sont pas disposés à laisser construire les nouvelles lignes HT ni même à envisager des stockages sur batteries à cause du risque d’épuisement des ressources de lithium. De plus j’apprends que nos voisins se lancent déjà dans le démantèlement/recyclage (non sans problèmes) des éoliennes de première génération qui ont 10 ans pour cause de mauvais rendement (leurs « asperges » de 70 m vont passer à 130 m)

                        j’aurais pu ajouter aussi au titre des sujets d’interrogations :

                         l’absence de commande en Allemagne de centrale EPR, pourtant concept franco-allemand concocté pendant plus de 10 ans, était étrange du fait de la forte implication de son industriel et de son autorité de sûreté nucléaire ; cela peut sans aucun doute être interprété aujourd’hui comme le signe précurseur du retrait du nucléaire, préparé de longue date (1999) mais acté dans les faits par la survenue de la catastrophe de Fukushima[1]. Ce qui était totalement inattendu en revanche : le consensus non seulement des politiques mais aussi des industriels Certaines mauvaises langues insinuerons : « réflexe petit doigt sur la couture du pantalon – ou plutôt claquement des talons — pas mort »


                        [1] Pourquoi d’ailleurs a-t-on si peu entendu après cet accident les homologues allemands de l’autorité de sûreté nucléaire et de l’IRSN alors que ces derniers mouillaient leur chemise en faisant œuvre d’expertise communicante quand bien même que notre territoire ne dispose d’aucun de ces réacteurs BWR, à la différence de l’Allemagne et de la Suède ?


                        • anty 4 décembre 2011 14:18

                          Je fais le pari que tôt ou tard les allemands se rangeront du côté nucléaire tant cette dernière est plus rentable surtout avec les EPR3.
                           Avec EPR4 les nations vont se battre pour les construire sur leur sol.


                          • jacques jacques 4 décembre 2011 14:58

                            pour l’EPR il semble que le prix du kw soit du même niveau que le solaire et avant démantelement.


                          • francoyv francoyv 4 décembre 2011 15:58

                            @anty
                            je réagis par rapport à votre évocation du démantèlement

                            Savez-vous le plus drôle ?

                            EdF devenu actionnaire de EN-BW (avec notre argent qui était provisionné pour, en principe, financer au moins une partie des futurs démantèlements et stockages de déchets) va devoir réellement cette fois démanteler la centrale bouillante de Philippsburg I du Bade-Würtemberg qu’il comptait justement exploiter encore au moins dix ans avec le Land (qui malheureusement pour elle a changé de majorité)
                            Voici comment nos provisions pour « fin de cycle » (Enstsorgung) vont en fin de compte bel et bien servir sa cause.
                            Et chez nous alors ?



                          • Bibi 4 décembre 2011 17:52

                            Raté smiley de peu smiley.
                            En effet EDF SA a vendu ses parts dans EnBW au land.
                            Certes ce n’est pas définitif (il y a des possibilités de recours quant à cette vente faite juste avant les élections), mais EDF SA devrait échapper à son devoir de démanteler.
                            Il fait dire qu’avec Brennilis, EDF SA montre combien ils ne savent pas faire.

                            Ceci est une réaction au commentaire de l’auteur.
                            Quant au message d’anty, il montre seulement qu’il parle de ce qu’il ne connaît pas, visiblement il confond génération et EPR.
                            3e génération (produit marketing de la deuxième génération) : c’est par exemple l’EPR.
                            4e génération : grosso modo ce sont les catastrophes économiques et techniques de la seconde génération (style surgénérateurs avec Superphénix comme exemple) que l’on essaie de nous refiler dans un nouvel emballage.

                            Quand au coût de l’EPR : quand on vend pour 3 milliards prix clé en main un truc qui coûte plus de 6 (7 ? 8 ?), c’est sûr qu’Areva est une tare pour le contribuable français.
                            Et pendant ce temps l’Allemagne exporte de l’électricité vers la France (solde positif depuis 2004) ainsi que des éoliennes et des panneaux photovoltaïques.

                            Pour rappel, la version précédente du réacteur d’Areva, le N4, a été vendu à 4 (quatre) exemplaires, tous à EDF (qui a le même actionnaire principal : l’état français).
                            Qui d’autres qu’Areva peut arriver à fabriquer un réacteur qui a des problèmes de fatigue thermique avant même sa mise en service industriel ?


                          • Bibi 4 décembre 2011 16:21

                            Tentatives de réponses aux trois questions en fin d’article :

                            • Siemens avait créé une coentreprise avec RosAtom en 2009. Ça n’a rien donné, ils se retirent. Il y a pléthore de coentreprises qui ne marchent pas, ce n’est qu’une de plus.
                            • si l’usine Siemens de Hanau a été rapidement abandonnée, c’est que l’opposition à cette « gestion » du plutonium était forte.
                            Le reprocher aux Allemands, qui ont abandonné la filière, alors que les Français ont récupéré le directeur de l’usine pour leur usine, c’est un concept original.
                            N. B.  : le MOX avait pour seul intérêt pour les Allemands de pouvoir exporter leurs déchets nucléaires (à La Hague et Sellafield principalement) tout en utilisant une (infime) partie des produits du retraitement (1%). Quant à l’utilité du retraitement, elle était gravée dans les tables de lois allemandes : un réacteur nucléaire n’a le doit de fonctionner que si son exploitant « montre » que dans les 5 (cinq !) ans à venir les déchets seront correctement gérés.
                            Et le retraitement faisait partie des possibilités.
                            • Areva a acheté Multibrid, il est logique qu’il investisse dans Multibrid. Je laisse à l’auteur le qualificatif de « constructeur affirmé d’éoliennes » concernant cette société qui était encore une start-up quand Areva l’a rachetée (et on a vu les problèmes des premières éoliennes en question). Il est probable que pour emporter un des appels d’offre français d’éolien marin, Areva promette de fabriquer des parties sur place (fondations ou mâts par exemple).

                            • suumcuique suumcuique 4 décembre 2011 18:06

                              Déjà, on annonce de possibles coupures de courant dans certaines régions de l’Ouest cet hiver en raison de la diminution des exportations allemandes d’électricité vers la France consécutive à l’abandon du programme nucléaire par les politicards qui gèrent l’Allemagne, décidé brutalement dans l’atmosphère hystérique des lendemains de Fukushima.

                              Ce qui est dangereux pour l’Europe, ce n’est pas le nucléaire, mais, ente autres, MRKL et ses rouges-verts et ses amazones de salon.

                              • francoyv francoyv 4 décembre 2011 21:03

                                @Bibi

                                Merci de m’avoir éclairé sur l’histoire de l’usine de Hanau (banlieue de Francfort) et de son chef (ajd’Hui à Melox !) que j’ignorais.

                                Mais sans doute faut-il préciser, ça me revient, que cette fermeture fut une longue bataille de 1987 à ...

                                Et avant de tout nettoyer je crois bien que les restes du procédé on été vendus aux Russes dans les années 90

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