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Accueil du site > Actualités > Europe > « Messieurs les Anglais, tirez les premiers ! »

« Messieurs les Anglais, tirez les premiers ! »

Nous sommes le 11 mai 1745 lors de la bataille de Fontenoy, près de Tournai dans l’actuelle Belgique, durant la Guerre de Succession d’Autriche. Le Royaume de France de Louis XV fait face au Royaume de Grande Bretagne allié aux Provinces Unies, à l’Électorat de Hanovre et aux Habsbourg. Les Français et les troupes de Maurice de Saxe, en infériorité numérique, font face à des Britanniques sûrs d’eux durant une bataille qui resta dans les annales et qui sera décisive pour la suite des hostilités. Mais les gens ne se souviennent pas de la victoire française ou du fait que cette bataille amorça une avancée triomphale des troupes de Louis XV qui purent conquérir les Pays-Bas autrichiens en moins de deux ans ; ils se souviennent davantage de la célèbre phrase rapportée par Voltaire et qui fut attribuée au Comte Joseph Charles Alexandre d’Anterroches. Sur le Champs de bataille, Lord Charles Hay, officier à la tête du premier bataillon de Gardes britanniques, chercha, sûr de la victoire anglaise, à se moquer des Français en sortant une flasque et en buvant à leur santé. Le Comte d’Anterroches, pensant qu’il l’invitait à tirer, prononça alors cette phrase.

Cette phrase de Voltaire, issue du Précis du Siècle du Louis XV, me fait penser aux mots prononcés de vive voix par les dirigeants européens depuis plusieurs semaines pour parler du Brexit et de la sortie britannique de l’Union Européenne. Le 28 juin, encore sonnés par la nouvelle, les « têtes pensantes » de l’Union Européenne se sont réunis à Bruxelles pour aborder le Brexit, ils ont lancé un ultimatum à la perfide Albion de David Cameron (qui a été remplacé depuis par Theresa May) ; les Britanniques avaient exprimé un choix clair et c’était à eux de prendre les devants et d’engager leur sortie, en se servant de l’article 50 du traité de Lisbonne qui permet à un état membre d’entamer sa sortie de l’union1. En bref on leur disait ce que le Comte d’Anterroches avait dit plus de deux siècles avant, ils devaient tirer les premiers. Depuis que s’est-il passé ? Et bien pas grand-chose ; Theresa May a remplacé David Cameron au 10 Downing Street, le charismatique Boris Johnson, chef de file du Out pour le vote du 23 juin 2016, pilote désormais la diplomatie britannique, mais ils n’ont pas avancé leurs pions et la Grande Bretagne fait encore partie de l’Union Européenne et profite de ses largesses et des avantages offerts par le marché unique (les derniers avantages en date ont été concédés par Jean-Claude Juncker et les autres dirigeants européens après un chantage intelligent de David Cameron2).

Et dans tout cela a-t-on entendu nos leaders d’opérette qui se voulaient intraitables avec les Britanniques ? François Hollande s’est voulu ferme en disant que les choses devaient aller vite, mais en réalité il laisse venir, comme toujours, en espérant qu’en faisant le dos rond il s’en tirera encore une fois bien, quitte à saborder son pays et l’Union Européenne avec (enfin, ce qu’il en reste), pas de problème, il ne le fait pas avec son argent mais avec celui des contribuables… Soyons honnêtes le pauvre bougre est trop occupé avec sa politique déplorable qui ne vise qu’à couler un peu plus notre beau pays. Donald Tusk, président du Conseil, dit que la sortie doit se passer le plus rapidement possible, mais les actes n’accompagnent pas ses pieuses paroles. Quant à Angela Merkel, le seul véritable politicien de la bande, elle patiente et se cache derrière les textes européens en disant que seuls les Britanniques peuvent invoquer l’article 50 et entamer leur sortie1. Rappelons qu’elle pourrait perdre dans l’histoire un précieux allié libéral, le seul qui appuyait ses choix au niveau européen et était d’accord avec ses positions sur les pays d’Europe du Sud. Dorénavant qui va rejoindre Angela Merkel sur la rigueur imposée à la Grèce, le Portugal ou l’Espagne ? Ce ne sera certainement pas ce « gauchiste » de François Hollande ou les autres sociaux-démocrates d’Europe. Il faut aussi rappeler qu’Angela a joué gros durant la crise des migrants, elle a finalement perdu et se voit critiquée dans sa majorité même, notamment par la CSU qui ne goute guère sa politique. De plus les Allemands seront appelés aux urnes en 2017 et comme toute bonne politicienne, elle cherche à conserver son siège et à être réélue ; elle patiente donc, pour ne pas commettre d’impair sachant que les Allemands ont toujours été partisans d’une Europe libérale et apprécient les Britanniques.

En majorité les dirigeants européens veulent donner du temps aux Britanniques pour éviter le psychodrame.

Les Tories voulaient attendre et tenter de rester dans l’Union le plus longtemps possible, pour profiter aux maximum des avantages offerts. C’était ce que David Cameron voulait et Theresa May ne cherche pas autre chose, elle a d’ailleurs annoncé qu’elle n’activerait pas l’article 50 et le processus de sortie qu’au minimum à la fin de l’année ; la City de Londres profite de avantages offerts par l’Union Européenne avec notamment le passeport financier, pourquoi se priver ?

Nos dirigeants font le jeu des Britanniques qui n’en demandaient pas tant ; mais ils sont habitués à faire comme cela depuis des décennies, en témoignent les demandes de Margaret Thatcher à Fontainebleau qui ont été entendues par les dirigeants européens ou le travail « intéressé » du Tory Arthur Cockfield, commissaire européen chargé du marché intérieur dans la commission présidée par Jacques Delors, pour parvenir à la rédaction de l’Acte Unique et à la libéralisation plus grande de la CEE4. Jacques Delors était trop content de contenter les Britanniques et de faire prendre à la CEE un tournant clairement libéral, qui a permis aux banques de la City et autres grandes entreprises de se remplir les poches alors que le citoyen européen lambda commençait à souffrir.

Mais Jacques Delors et les autres libéraux européens ne se sont pas arrêtés à l’Acte Unique, les traités de Schengen, Maastricht ou Amsterdam (pour ne citer qu’eux, la liste est longue, il me serait impossible de citer chacune des directives critiquables), les Anglais encourageront ce tournant libéral mais ne voudront pas être tenus de respecter ces textes : « Fais ce que je dis et pas ce que je fais », ils ne sont pas si bêtes, ils n’ont pris que ce qui les arrangeait dans l’Union. Peut-on leur en vouloir pour cela ? Bien sûr que non, ils n’ont fait que profiter de la crédulité de nos dirigeants (qui n’ont jamais été élus, vive la démocratie !), une crédulité guidée par leur idéologie libertarienne et pseudo-humaniste qui les pousse à penser qu’ils ont toujours raison, au contraire du peuple. Nos amis britanniques resteront dans l’UE aussi longtemps qu’il y aura à manger à la table, dès que ce sera fini ils partiront, ils ont été assez malins pour ne pas rentrer dans l’Union monétaire ou l’espace Schengen (bien leur en a fait) alors ils ne sont pas retenus par grand-chose.

Et ce n’est pas les vaines paroles de libéraux tels Guy Verhofstadt5 les appelant à la retenue et qui en appellent à un nouveau référendum qui changeront la donne, les Britanniques vous ont donné une leçon de démocratie et ils comptent bien profiter de votre « gentillesse » jusqu’au bout.

Les libéraux européens ne font que se donner en spectacle, ils n’ont pas compris comment le monde fonctionnait (et pourtant c’est comme cela depuis bien longtemps) ; nous assistons à une logorrhée de nantis qui se pensent au-dessus des lois et des peuples ; relisez donc les grands textes, tout est dit…

Dans l’Article 3 de la Constitution française de 1958 « La souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce par ses représentants et par la voie du référendum. Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s'en attribuer l'exercice. ». Que dire de plus…

Devant toutes ces pleureuses professionnelles, qui pensent qu’avec le départ de la Grande Bretagne c’est tout le modèle européen qui s’apprête à chanceler je voudrais dire tout d’abord qu’un modèle c’est quelque chose qui marche, et l’Union Européenne ne marche pas (si elle marche, c’est plutôt sur la tête).

Charles de Gaulle a toujours été opposé à l’entrée de la Grande Bretagne dans l’Union, il avait ses raisons…

Le Comte autrichien Richard Coudenhove-Kalergi, en 1926 lors de l’introduction de son union paneuropéenne (un mouvement qui n’était pas vraiment de droite et souverainiste) excluait la Grande Bretagne de son modèle, il devait lui aussi avoir ses raison…

Mais pour aller au bout des choses revenons encore plus loin, à la première forme d’Union entre nations européennes, car l’idée européenne n’est pas née avec Aristide Briand ou les Pères fondateurs de l’Union Européenne, c’est Napoléon Bonaparte qui a le premier exposé cette idée.

En 1806, avec le traité de Berlin, l’Empereur voulait donner naissance à un bloc compact capable de peser dans le monde et dans les relations géopolitiques ; des nations unies par une même loi (son code civil, son œuvre la plus mémorable selon les dires de Talleyrand) et une même monnaie, des nations qui ne connaissent pas les droits de douane, qui sont unies par des intérêts économiques et politiques communs…

Hélas le Blocus Continental de Napoléon n’a pas fonctionné, principalement parce qu’au fil des ans cette Union est devenue inefficace, les dignitaires français voulant obéir à la loi « tout pour la France ». La faute aussi au Portugal qui n’a pas voulu jouer le jeu, préférant être le cheval de Troie des Anglais sur le Continent (méfions-nous de cela, après le Brexit les Britanniques pourraient être prêts à trouver un nouveau « pantin » afin de rester officieusement dans l’Union pour la court-circuiter…). Et les Britanniques étaient exclus de cet ensemble bien évidemment…

Je n’irai pas jusqu’à dire qu’il nous faut une copie conforme du Blocus Continental, mais je pense sérieusement que nous aurions tort de laisser de côté cette expérience qui pourrait nous être bénéfique, se servir des points positifs comme des points négatifs pour éviter de répéter les mêmes erreurs. Le Blocus c’était l’interdiction de toute marchandise britannique, bien souvent tout cela était fait de manière violente, aujourd’hui c’est inconcevable sauf si nous voulons une guerre. Mais l’idée d’une Union des peuples, rassemblés autour de grandes idées telles que la justice, la paix, des intérêts financiers, une même politiques extérieure… Les technocrates de Bruxelles devraient avoir en tête ces notions et chercher à s’en approcher le plus possible.

 De même l’idée de protectionnisme devrait avoir une place importante dans la construction européenne, l’idée de « l’Europe d’abord » ne me choque pas ; un Buy European Act, calqué sur le modèle du Buy American Act pourrait être bénéfique (oui, depuis des décennies les Américains, pourtant grands prêtres du libre-échange institutionnel, sont adeptes du protectionnisme et veulent que l’on fasse ce qu’ils disent et pas ce qu’ils font, ils pensent à servir leurs intérêts avant tout, avis aux apôtres du TAFTA…).

Le Blocus ne cherchait pas, comme on l’a bien souvent dit faussement, à affamer l’Angleterre, mais plutôt à dérègler l’économie britannique et tenter de ruiner les banquiers anglais, qui faisaient beaucoup de mal à l’Europe.

Il est temps de revenir aux fondamentaux de l’Union Européenne, des notions simples et fédératrices pour travailler à la formation d’une union politique avant tout, et non d’une fédération d’états nations comme le voulait Jacques Delors6, il nous faut une identité européenne !

Il faut mettre les Britanniques devant le fait accompli, nous devons les obliger à entamer les négociations pour sortir de L’Union Européenne, plus de passes droits, plus de passeport financier pour les banques de la City qui leur permettait de faire des affaires dans toute l’Europe sans avoir à quitter les bords de la Tamise…

Mais pour cela il nous faut des leaders avec du cran, des politiciens qui veulent défendre les intérêts des peuples européens et non les leurs, force est de constater que nous ne les avons pas. Par exemple il faudrait que François Hollande attire les banques basées à Londres en baissant drastiquement les impôts et avec l’assurance de pouvoir traiter avec tous les pays européens, toutes les places financières, comme c’était le cas quand Londres faisait encore partie de l’UE.

Boris Johnson voulait bien dérouler le tapis rouge aux entreprises françaises pour qu’elles viennent s’installer à Londres après l’élection de François Hollande, pourquoi ne pas lui rendre la monnaie de sa pièce ? Un homme politique à poigne, avec un honneur, ferait une déclaration pour inviter les entreprises et banques britanniques, mais François n’est pas de ceux-là. Vous comprenez cela représenterait des milliers d’emplois, beaucoup d’argent gagné… Il est socialiste avant tout, tout cela n’est pas pour lui, en plus son ennemi c’est la finance…

Je pense qu’il n’en est pas à un revirement près, il a trahi tellement de promesses de campagne ! Le Brexit aurait pu être une extraordinaire opportunités pour la France, pour l’Allemagne, pour l’Europe etc. Mais force est de constater qu’il n’en sera rien, hélas…

Un peu de courage, il ne faudrait pas brader l’Union Européenne, la mettre en miettes. Nous pourrions frapper les Anglais où ça fait mal, ruiner les banquiers de la City et le secteur financier britannique, qui est le cœur de la très libérale perfide Albion ; mais non, pas de cela à Bruxelles, les idéaux d’abord, les peuples ensuite…

Il est temps de servir nos intérêts, les intérêts de l’Europe et ne pas s’enfermer dans un pseudo-humanisme mortifère. Les Britanniques, et on ne peut pas leur enlever cette qualité, sont britanniques avant tout et servent leurs intérêts avant tout (en témoigne leur attachement à la Livre Sterling). Pourquoi devrions-nous penser aux autres avant nous ?

Certes la France a brillamment remporté la bataille de Fontenoy, elle a mis la main sur la totalité des Pays-Bas autrichiens, mais à l’issue de cette Guerre gagnée militairement la France n’a pu conserver ses gains territoriaux, elle est même ressortie de ce conflit affaiblie car l’Angleterre, qui a perdu le conflit, s’en sort grandie et affirme sa place comme puissance maritime et mondiale. Marie-Thérèse de Habsbourg a pu mettre la main sur les États héréditaires des Habsbourg en Autriche et elle a pu mettre son mari sur le trône impérial du Saint Empire, ironique alors que les Autrichiens ont perdu militairement. La faute aux Prussiens, nos alliés dans ce conflit, qui ont obtenu ce qu’ils voulaient et ont signé une paix séparée avec l’Autriche de Marie-Thérèse. En fin de compte ils ont joué le jeu des ennemis, ils ont obtenu ce qu’ils étaient venus chercher et ont laissé leurs alliés français au bord du gouffre, affaiblis économiquement. Voltaire dira en parlant de cette Guerre que la France avait « travaillé pour le Roi de Prusse » soit travaillé pour rien et contre ses intérêts. Cette trahison laisse des traces en France et motive le rapprochement de la France et de l’Autriche, ennemi juré de la Prusse.

Espérons que l’histoire ne se répète pas et que l’Union ne soit pas trahie par un état cupide servant ses intérêts plutôt que l’intérêt général…

 

Pierre Clairé

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20160628.REU0334/les-europeens-pressent-les-britanniques-d-engager-le-brexit.html

http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/02/20/brexit-cameron-arrache-un-accord-a-bruxelles_4868811_3214.html

3 http://www.boursier.com/actualites/economie/brexit-theresa-may-demande-du-temps-a-berlin-32326.html?rss

4 http://www.taurillon.org/Royaume-Uni-et-UE-plus-de-40-ans-de-relations-devoilees,05499

5 http://www.rtl.be/info/video/587278.aspx

6 http://www.institutdelors.eu/011-13361-Federation-d-Etats-nations.html


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7 réactions à cet article    


  • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 2 août 12:02

    Que penser de Trafalgar ?


    • Jélaniac Jélaniac 2 août 12:51

      @Jeussey de Sourcesûre
      .
      moi je descend à Austerlitz ..


    • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 2 août 16:41

      @Jélaniac

      nous ne fréquentons pas les mêmes réseaux !

    • Jeekes Jeekes 2 août 13:50

      « ...quitte à saborder son pays et l’Union Européenne... » 


      Son pays, il s’en fout.

      En ce qui concerne l’UE, la saborder serait sans aucun doute l’unique chose potable qu’il pourrait faire de toute sa pitoyable existence ! 
       


      • JBL1960 JBL1960 2 août 14:50

        Je préfère cette phrase lue au détour d’un commentaire à la suite du vrai faux Brexit « Messieurs les Anglais ; Tirez-vous les premiers »... Et vlog = https://jbl1960blog.wordpress.com/2016/06/26/et-vlog/ D’ailleurs dès ce moment je présumais que pour faire sortir ce Brexit des écrans radars Merdiatiques, les zélites folles allaient bien trouver qque chose, comme un attentant sanglant... Ah bah on a vu ! Et bim = 6 mois de plus = https://jbl1960blog.wordpress.com/2016/07/20/6-mois-de-plus/ Donc, la France est en État d’urgence permanent comme les Zuniens après le 11/9/2001 = https://jbl1960blog.wordpress.com/2016/08/02/false-flag-co/


        • zygzornifle zygzornifle 2 août 15:13

          Cette Europe c’est un cancer généralisé par la faute de tous ces politiques totalement illuminés ne courant qu’après le pognon des lobbys et quand ils travaillent c’est pour nous pondre des débilités style la hauteur des marche des escabeaux ou la puissance des aspirateurs mettant en péril de nombreuses industries qui étaient florissante par leurs normes issus de cerveaux malades et le tout payés grassement a plus de 10000 € net mensuel avec un temps de présence ridicule (heureusement car ce serait encore pire) Cette Europe consanguine ne peut mettre bas que des portés de lapins crétins et ça se bouscule au portillon pour être député ..... 


          • hugo BOTOPO 7 août 18:39

            La GB n’impose pas la politique de rigueur aux espagnols, grecs et portugais, en soutenant Merkel.
            Les britanniques sont hors les clous du pacte de stabilité défini et imposé dans l’eurozone. La BoE n’est pas aux ordres de la BCE !
            La GB n’a pas la Gueule de Bois : la City continue à gouverner et fait un bras d’honneur à l’UE et à la BCE !

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