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Nicolas Sarkozy justifie sa politique devant le Parlement européen

Invité à s’exprimer devant le Parlement européen à Strasbourg, le président français n’aura surpris personne. Sur tous les sujets, y compris ceux qui fâchent, les positions de Nicolas Sarkozy n’ont pas varié, notamment sur l’adhésion de la Turquie à l’UE, à laquelle il s’est une nouvelle fois opposé.

Contexte :

Le président du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering, avait été le premier invité étranger de Nicolas Sarkozy à l’Elysée après l’élection présidentielle.

Une situation qui justifie peut-être l’invitation exceptionnelle de Nicolas Sarkozy à s’exprimer devant le Parlement européen. En dehors des présidences de l’UE, les discours de chefs d’Etat et de gouvernement des Etats membres devant le Parlement y sont effectivement rares. Or, avant la présidence française de l’UE qui aura lieu au deuxième semestre 2008, c’est à la Slovénie de prendre les rênes du Conseil de l’Union.

Enjeux :

Rien de nouveau sous le soleil. Sur la ratification du traité, la politique monétaire, l’Europe protection ou encore la Turquie, les propos tenus, mardi 13 novembre à Strasbourg par le président français, n’étonneront personne.

Le mini traité et après ?

Nicolas Sarkozy est tout d’abord revenu sur le traité modificatif sur lesquels les Etats membres sont parvenus à un accord. En ce qui concerne la France, la ratification parlementaire annoncée a été confirmée. « Si l’Europe est démocratique au Parlement européen, la France est démocratique au Parlement français », a lancé le président français aux députés, allusion aux critiques de ses détracteurs qui, à l’image du Parti socialiste français, l’accusent de ne pas jouer le jeu de la démocratie en choisissant la voie parlementaire.

Tout en soulignant l’importance du traité pour débloquer l’Europe, le président français a néanmoins indiqué que si celui-ci ne permettrait pas à l’Europe de décider et d’agir, car le texte « ne dit pas dans quel but et avec quelle finalité ». Le traité de Lisbonne « ne donne pas de raison à ceux qui avaient décidé de croire en l’Europe de reprendre confiance en elle », a-t-il ajouté, en précisant qu’il était temps de passer à l’action politique.

La BCE doit être contrôlée

Filant la métaphore de l’Europe démocratique, le chef de l’Etat français a indiqué que l’UE devait pouvoir « débattre de tout », et notamment de la politique monétaire de l’Union. Comme à son habitude, Nicolas Sarkozy a critiqué, en l’occurrence de manière voilée, l’absence de contrôle par les Etats membres de la Banque centrale européenne (BCE). « L’Europe a choisi la démocratie, et dans une démocratie nulle indépendance ne peut se confondre avec une irresponsabilité totale. Nul ne peut se prévaloir de l’indépendance de son statut pour se dispenser d’avoir à rendre des comptes, à s’expliquer, à être contrôlé », a-t-il déclaré.

Selon le chef de l’Etat, l’absence de diminution de ses taux d’intérêt par la BCE constitue notamment un frein à la croissance des pays européens.

L’Europe protection n’est pas un gros mot

La nécessité pour l’UE de protéger ses citoyens est revenue dans le discours du président français. Le gouvernement a d’ailleurs déjà indiqué que la présidence française de l’UE en 2008 serait placée sous le signe de l’Europe protection.

« Si nous ne voulons pas qu’un jour les peuples exaspérés d’être victimes de la concurrence déloyale et des dumpings réclament de nouveau le protectionnisme et la fermeture nous devons avoir le courage de débattre de ce que doit être une véritable préférence communautaire  », a martelé une nouvelle fois le président français, selon lequel les négociations commerciales, notamment à l’OMC, doivent se faire en vertu du principe de réciprocité.

Un principe récusé par bon nombre de ses partenaires européens, notamment les Britanniques et la Commission européenne. Selon cette dernière, l’ouverture des frontières et une concurrence accrue profitent au consommateur.

La politique économique française est justifiée

Dans ses prévisions de croissance présentées la semaine dernière, la Commission a mis en garde la France contre le creusement de ses déficits et ses mauvaises perspectives de croissance.

Après être revenu sur les priorités de la présidence française, dont la liste n’a pas diminué depuis son premier discours devant les ambassadeurs français à la fin du mois d’août, le président français a répondu aux critiques sur sa politique économique, en indiquant qu’elle était un préalable nécessaire au respect des critères du pacte de stabilité. « J’ai engagé une politique de réforme. Ce n’est pas dans l’intérêt de l’Europe qu’elle échoue. C’est grâce à ces réformes (...) que la France assainira ses finances publiques, qu’elle respectera ses engagements ».

La Turquie n’adhérera pas à l’UE

Si les propos tenus à Strasbourg par Nicolas Sarkozy sont en droite ligne avec son discours habituel sur l’Europe, ses déclarations sur la Turquie lors de la Conférence des présidents de groupe, qui s’est tenu peu de temps avant, ne l’ont pas été moins. D’aucuns auraient pu penser que le président français avait assoupli son discours sur l’adhésion d’Ankara, pas le moins du monde. Selon un communiqué de presse du Parti socialiste européen, « le président français a indiqué aux chefs de file des groupes politiques au Parlement européen qu’il s’opposerait à une adhésion pleine et entière de la Turquie à l’UE  ».

Positions :

Si le président du Parlement européen, le député allemand Hans Gert-Pöttering (PPE-DE) a salué le discours « sincère » et « profondément européen » du président français, les Socialistes ont été beaucoup plus critiques.

« Visiblement, nous ne partageons pas les mêmes priorités que M. Sarkozy. Le président français n’a pas employé une seule fois le mot "social" dans son discours », a souligné Hannes Swoboda, vice-président du groupe socialiste au Parlement européen. « Cela nous inquiète beaucoup dans la perspective de la présidence française de l’UE », a-t-il ajouté.

De son côté, le député européen socialiste français, Gille Savary, n’a pas été plus tendre. « On ne peut qu’être déçu de sa confondante imprécision sur les priorités de la présidence française et sur l’absence de toute référence à l’Europe sociale et aux services publics dans les propos du chef de l’Etat  ».


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10 réactions à cet article    


  • bernard29 candidat 007 16 novembre 2007 15:10

    C’est Sarkozy qui le dit : « en cas de référendum sur le traité de Lisbonne, le non serait gagnant partout »

    Article de Marianne.fr aujourd’hui. http://www.marianne2.fr/C-est-Sarkozy-qui-le-dit-en-cas-de-referendum-sur-le-traite-de-Lisbonne,-le-non-serait-gagnant-partout_a81067.html?PHPSESSID=0d66c6c43c51cbcb065ca09ec918d8e7

    "Selon le site Internet du Daily Telegraph (quotidien de droite britannique), Nicolas Sarkozy aurait admis que les gouvernements européens ne pourraient gagner un référendum : « Un référendum aujourd’hui mettrait l’Europe en danger. Il n’y aura pas de traité si un référendum a lieu en France, qui serait suivi par un référendum au Royaume-Uni. ».

    Pour le quotidien britannique, il ne faut pas chercher plus loin la volonté des gouvernements de contourner le suffrage universel (la voie référendaire) en privilégiant la ratification parlementaire : « La même chose (un vote négatif, comme le vote français en 2005, ndlr) se produirait dans tous les Etats membres si un référendum y était organisé » aurait ajouté Sarkozy."


    • Olivier Bonnet Olivier Bonnet 16 novembre 2007 17:52

      En s’affirmant certain du « non », il a ainsi annoncé clairement qu’il entend violer la volonté souveraine du peuple - qui a déjà rejeté le traité -, puisque la nouvelle version n’en est que la copie illisible pour les profanes. Ca s’appelle de la forfaiture, au mieux, au pire un coup d’Etat contre la démocratie ou une haute trahison.

      Je ne le sors pas de mon chapeau mais de la bouche d’un renommé professeur en droit public (Anne-Marie Le Pourhiet de l’université de Rennes). Je la cite sur mon blog.


    • Harald 16 novembre 2007 15:54

      Sur la BCE qui doit être contrôlée :

      pourquoi veut-il alors ce mini-Traité qui institutionnalise son’indépendance ? J’pige pas...


      • ZORBA 16 novembre 2007 16:08

        A PROPOS DE LA TURQUIE QUE M.SARKOSY LA VEUILLE OU PAS EN EUROPE CELA M’EST EGAL. MAIS EST CE BON POUR ELLE D’Y ENTRER ?JE NE LE PENSE PAS ET J’AI EU L’OCCASION DE M’EN EXPLIQUER LA BAS. IL FAUT SAVOIR QUE LA MAJORITE DES TURCS NE VEUT PAS RENTRER DANS L’EUROPE.ET CECI POUR DE NOMBREUSES RAISONS QUI VONT DE LEURS TRADITIONS A LEUR RELIGION. SEULE UNE MINORITE FINANCIERE ET INDUSTRIELLE LE SOUHAITE. POUT AUTANT CE PAYS NE DOIT PAS FAIRE L’IMPASSE SUR SON OBLIGATION DE QUITTER LE NORD DE CHYPRE DE SE DEMOCRATISER DE GARANTIR LES LIBERTES RELIGIEUSES ET DE RENDRE L’AUTONOMIE AUX KURDES.VASTE PROGRAMME ! SANS COMPTER L’APAUVRISSEMENT ACCELERE DES MASSES TURQUES SI CE PAYS RENTRE EN EUROPE.ILS EN SONT BIEN CONSCIENT. DE PLUS LES GOUVERNEMENTS SUCCESSIFS NE SEMBLENT PAS VOULOIR ACCEPTER LEURS RESPONSABILITES HISTORIQUES(GENOCIDE ARMENIEN,NON RESPECT DU TRAITE DE LAUSANE ENVERS LA POPULATION GRECQUE DES ILES D’IMBROS ET TENEDOS LE GENOCIDE DES GRECS DE LA MER NOIRE)ETC... ET COMME J’AI DES AMIS TURCS ET QUE J’AIME CE PEUPLE JE LUI SOUHAITE DE GRANDS PROGRES SUR TOUS LES PLANS MAIS JE NE LUI SOUHAITE PAS DE NOUS REJOINDRE PARCEQUE NOUS NE SOMMES PAS UN ENSEMBLE DE PROGRES MAIS SEULEMENT UN VASTE SUPERMARCHE SANS IDEAL ET SANS AME.


        • Olivier Bonnet Olivier Bonnet 16 novembre 2007 17:54

          A propos de la Turquie, il y a surtout cette violente et confuse diatribe islamophobe, tenues devant les premiers ministres irlandais et suédois et relatée par le correspondant de Libé à Bruxelles, Jean Quatremer. C’est aussi sur mon blog !


        • tal 20 novembre 2007 17:48

          Zorba il y a beaucoup (mais pas tout...) de vrai dans ce que tu dis, mais faut pas crier comme ça. smileyj’ai mal aux oreilles...


        • Satan's Tango Satan’s Tango 16 novembre 2007 23:25

          Jean-Marie Sarkozy-le-nain-raciste-cocu-gras-et-mou joue à Mr Muscle.

          Lorsqu’ils ne pourront plus le supporter, les Français bruleront la France avec lui, « Mr 140 % dit l’enculé », au milieu des flammes !

          L’Europe devient de plus en plus un « Machin » comme disait Degaulle au sujet d’autre chose...

          Ils veulent imiter & ressembler aux USA mais ne leurs ressembleront jamais...

          Créer l’Europe Unie sans vraiment tenir compte des spécificités de chacun des pays ?

          Alors, s’ils ne demandent déjà pas l’avis de la population où vont-ils ? Droit dans le mur, comme le nouveau A380 aujourd’hui à Toulouse !


          • anny paule 17 novembre 2007 15:39

            Si N.Sarkozy reconnaît lui-même que l’organisation d’un référendum à l’échelle des Etats se solderait par un refus, quel droit a-t-il à prétendre représenter le peuple de France qui refuserait de nouveau ce « mini-traité »,(identique dans l’esprit au TCE) ?

            Cette attitude correspond, ni plus ni moins, à du fascisme. C’est très grave. Et, dire qu’il prétend représenter la démocratie !

            Le pire est à craindre.


            • JL JL 19 novembre 2007 09:26

              C’est un fait, aucun pays aujourd’hui ne voudra organiser de référendum : c’est trop risqué.

              Mais il y en a deux qui sont au pied du mur : la Hollande et la France qui ont déjà eu recours au référendum. Je ne sais pas ce que les hollandais ont prévu mais la France porte a une lourde décision à prendre : si le gouvernement passe en force comme prévu, l’UE sera discréditée définitivement, mais le peuple de France aussi : les français seront définitivement des veaux.

              Si au contraire la France organise un référendum au motif que c’est le même traité et que seul le peuple souverain peut défaire ce qu’il a fait, eh bien ce sera la faute à Chirac ! Il entrera dans l’histoire comme Rousseau et Voltaire !

              Plus sérieusement, la ratification par la voie parlementaire de ce traité n’est pas acceptable : c’est un casus belli du gouvernement contre son peuple. Même les sarkozystes, même les « ouistes » doivent l’admettre, il y va du symbolique qui fonde la République. Seuls les ennemis de la France, les anti-républicains et les anti-France peuvent prétendre le contraire.


              • fourreau 20 novembre 2007 22:20

                Bruno Waterfield, correspondant à Bruxelles de The Telegraph/www.telegraph.co.uk/news/main.jhtml?xml=/news/2007/11/14/wfra114.xml> a révélé hier que Nicolas Sarkozy, devant un groupe de parlementaires européens réunis à huis-clos, a admis /www.solidariteetprogres.org/spip/sp_article-breve.php3?id_article=3508> que : ’des référendums sur le nouveau traité européen étaient ‘dangereux’ et perdants en France, en Angleterre et dans d’autres pays. Il y a un gouffre entre les peuples et les gouvernements’.

                Parlant du référendum du 29 mai 2005, Sarkozy a dit que : ’La France n’était qu’en avance sur les autres pays dans son vote pour le NON. La même chose arriverait dans tous les Etats membres si un référendum y était organisé. Un référendum aujourd’hui mettrait l’Europe en danger. Il n’y aura pas de traité si un référendum a lieu en France, et il en va de même pour un référendum au Royaume-Uni.’

                Mail tombé dans ma boite et livré brut

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