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Accueil du site > Actualités > Europe > Non à la charte européenne des langues régionales

Non à la charte européenne des langues régionales

Il y a quinze jours, en déplacement en Bretagne, le premier ministre, Jean-Marc Ayrault a annoncé la prochaine ratification de la charte européenne des langues régionales et minoritaires, promise par François Hollande. Encore un mauvais coup de cette mauvaise europe contre les Etats-nations.

Non, mais de quoi je me mêle !
 
Il est tout de même assez stupéfiant que personne ne se pose la question : pourquoi donc l’UE se mèle des langues régionales parlées dans les pays membres ? Selon le principe de subsidiarité, l’UE serait sensée gérer les domaines dont elle s’occuperait mieux que les Etats (principe contestable sur le fond, mais aussi la forme puisque l’UE est juge et partie). Et comment justifier qu’elle soit mieux à même de gérer la question des langues régionales ? Chaque pays a une culture différente et aussi un rapport différent à la question régionale. Par conséquent, une charte unique est totalement injustifiée.
 
Et comme le note bien Laurent de Boissieu dans une note détaillée et engagée sur son blog, « en réalité, cette charte a pour objet de permettre la reconnaissance de minorités (ou ‘groupes’ de locuteurs à l’intérieur des ‘territoires’ dans lesquels ces langues régionales sont pratiquées) jouissant de droits collectifs, notamment le ‘droit imprescriptible’ de pratiquer une langue régionale minoritaire non seulement dans la ‘vie privée’ (ce qui est bien entendu le cas actuellement) mais également dans la ‘vie publique’, c’est-à-dire dans les relations avec les administrations et les services publics  ».
 
L’alliance UE – régions contre les Etats

Le journaliste note que « le Conseil constitutionnel a donc logiquement jugé qu’une telle reconnaissance de minorités linguistiques porterait ‘atteinte aux principes d’indivisibilité de la République, d’égalité devant la loi et d’unicité du peuple français  ». Cette charte porte en elle une possible et scandaleuse remise en question du fait que le français soit notre seule et unique langue officielle puisqu’elle pourrait permettre l’emploi d’une autre langue sur certains territoires, comme cela se passe aujourd’hui en Catalogne, où le catalan s’est petit à petit substitué à l’espagnol dans la communauté régionale.

On retrouve avec cette charte la traditionnelle alliance entre cette europe et les régions pour dépecer les Etats-nations qui lui font encore de la résistance. Cette remise en question est d’autant plus importante que l’Europe est actuellement secouée par une vague de régionalismes menaçant l’unité nationale, en Espagne et en Grande-Bretagne notamment et que rien n’est fait pour empêcher la progression de l’anglais comme lingua franca de l’espace européen. Il est révoltant que l’Union Européenne fasse une telle propagande contre les langues officielles des Etats qui la composent.

Encore une fois, après l’épisode de la loi Fioraso, le Parti Socialiste se fait l’agent d’un projet totalement anti-républicain et qui revient à déconstruire ce qu’est la France. Comme les Verts, dont la nouvelle secrétaire vient de déclarer vouloir la dissolution de la nation, il est devenu un ennemi de la France.

 


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62 réactions à cet article    


  • zygzornifle zygzornifle 28 décembre 2013 10:33

    Avant l’Euro c’était les vacances à l’ile Maurice, maintenant c’est les vacances à Lille chez Maurice smiley .... 


    • Chamiot 29 décembre 2013 18:35

      Non, non, Momo, c’est à Tourcoing !


    • bluerage 28 décembre 2013 11:43

      l’Europe, quelle déception...


      • hunter hunter 28 décembre 2013 12:34

        Salut à tous ,

        Stratégie de l’UE : créer les euros-régions, et petit à petit les faire grandir pour aboutir à la fin des nations actuelles !

        OK, soit !

        A mon avis, faut jouer le jeu, profiter de tout ce qui est fourni par l’UE (ils vont allonger les brozoufs) et en parallèle, coopérer entre régions et préparer le moment venu, le gros coup de pied au fion qui nous aura libérés de TOUTE NOTION ETATIQUE, aussi bien nationale qu’européenne !

        Ils feront quoi l’europe ? Ils n’ont aucun moyen militaire !

        Ainsi, on retrouve nos racines (je rappelle que presque toutes les régions de France furent annexées et colonisées par L’ile de France (voilà pourquoi on est dominés par ces connards de parigots corrompus et racistes), donc c’est peut-être une chance de devenir des entités plus à taille humaine, avec un système à la suisse, plus facile à roganiser.

        Et une coopération saine entre ces nouvelles entités !

        Dégageons les autorités qu’elles qu’elles soient, nationales ou européennes !

        Adishatz

        H/


        • Indépendance des Chercheurs Indépendance des Chercheurs 28 décembre 2013 18:33

          Ne mélangeons pas deux aspects radicalement différents du problème.

          L’Etat français a été formé par une expansion impérialiste et réactionnaire à laquelle l’Eglise romaine a donné le coup d’envoi avec la Croisade Albigeoise destinée à réprimer la première tentative de révolution bourgeoise. La langue d’Oc a de ce fait été « punie ».

          Trois siècles plus tard, deux empires (français et hispano-autrichien) ont mis l’Europe à feu et à sang. Il en a résulté la montée de la révolution calviniste qui, via la Hollande, est plus tard arrivée jusqu’en Angleterre. Avec Cromwell, les juifs expulsés pourront rentrer à Londres.

          Face à ce type de mouvances, la France était un pays franchement retardataire au moment de la Révolution Française qui, pour cette même raison, a été forcément très radicale.

          Par la suite, alors que le respect des langues des populations et le droit des peuples à l’autodétermination ont commencé à être reconnus, l’impérialisme français à nouveau montant s’y est opposé. A la place, il y a eu la « grande expansion coloniale » suivie d’une montée du chauvinisme (pas seulement en France) et de deux guerres mondiales.

          Reconnaître que l’Etat français est formé d’un ensemble de nationalités historiques, redonner aux langues dites « regionales » la place qui leur revient, ce serait la moindre des choses et ne constituerait aucun danger pour la langue française.

          Mais la politique de l’Union Européenne n’apporte aucune solution dans ce domaine. Bien au contraire, il s’agit de former un grand Etat avec des ambitions de super-puissance et l’anglais comme langue officielle. Les actuels Etats seraient de fait voués à la disparition et les acquis sociaux avec, ce qui aggraverait encore les choses.

          Cordialement

          Le Collectif Indépendance des Chercheurs
          http://science21.blogs.courrierinternational.com/
          http://www.mediapart.fr/club/blog/Scientia


        • BOBW BOBW 28 décembre 2013 21:35

          Effectivement, Par Indépendance des Chercheurs :
          On peut se ranger contre la dictature économique et culturelle de l’Europe et vouloir défendre les cultures régionales comme l’Occitan qui a défendu cette belle langue chantante et imagée, héritage culturel, qu’on peut encore parler couramment des environs de Bordeaux ,en passant par les Cévennes , Nice et son arrière pays jusqu’ au Piémont !  smiley


        • Indépendance des Chercheurs Indépendance des Chercheurs 28 décembre 2013 22:19

          A noter également que la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires :

          http://conventions.coe.int/treaty/fr/Treaties/Html/148.htm

          n’est pas une convention de l’Union Européenne mais du Conseil de l’Europe. Tout comme la Convention Européenne des Droits de l’Homme.

          C’est une différence importante, car le Conseil de l’Europe :

          http://hub.coe.int/fr/web/coe-portal

          n’a rien à voir avec Bruxelles, Maastricht et tout le reste.


        • Gourmet 2012 28 décembre 2013 22:54

          En effet, avec 47 Etats membres, le Conseil de l’Europe comprend des pays comme la Russie, l’Azerbaïdjan ou l’Arménie. De ce point de vue, l’article n’est pas bien orienté.

          Mais surtout, s’en prendre au statut des langues « régionales » pour défendre la langue française ou la souveraineté de la France paraît particulièrement maladroit. Quant au bilan à tirer de la période coloniale et de chauvinisme impérialiste qui a été également celle de la répression musclée des langues « régionales », il paraît particulièrement désastreux.

          Avec la première guerre mondiale, les Etats-Unis sont devenus la première puissance mondiale aux dépens des belligérants. Par la suite, l’état d’autodestruction de l’Europe occidentale s’est avéré tel, qu’une deuxième guerre a encore eu lieu.


        • Abou Antoun Abou Antoun 28 décembre 2013 23:19

          Bien au contraire, il s’agit de former un grand Etat avec des ambitions de super-puissance et l’anglais comme langue officielle.
          Et une des meilleures façons de faire consiste à délégitimer les langues nationales chaque fois que c’est possible, et particulièrement si elles ont un rayonnement mondial.


        • Nougeottier 28 décembre 2013 23:44

          Le problème des langues dites « minoritaires », la France le traîne depuis très longtemps sans jamais vraiment l’aborder autrement que par une politique visant à déraciner ces langues. C’est suicidaire.

          Pourtant, le droit des populations à l’usage de leur langue est reconnu par la Déclaration des Droits de l’Homme de l’ONU. Dénoncer la situation qui prévaut en France ne constitue en rien une tentative de « délégitimer » la langue française. Bien au contraire, normaliser le statut des langues régionales ne peut qu’être bénéfique pour la langue française elle-même.

          L’auteur de l’article fait d’ailleurs preuve d’une méconnaissance totale de la question lorsqu’il écrit :

          « comme cela se passe aujourd’hui en Catalogne, où le catalan s’est petit à petit substitué à l’espagnol dans la communauté régionale. »

          La réalité est beaucoup plus simple. Le catalan a toujours été la langue des Catalans, y compris dans la rue.

          Certes, la Catalogne reçoit une forte immigration provenant notamment d’autres points de l’Espagne. Mais cette immigration s’est toujours intégrée au pays très volontiers, sans doute parce que depuis sa fondation par Charlemagne (c’est le début de la Chanson de Roland, la terre conquise « jusqu’à la mer »), la Catalogne a toujours été un pays de mouvements de populations et jamais une « nation ethnique ».

          Les Catalans, que les Espagnols appelaient jadis les Francs (los francos), ont droit à l’indépendance. Mais si c’est pour tomber dans les mains de Bruxelles, je ne le leur conseille pas.


        • Arnaud69 Arnaud69 29 décembre 2013 00:52

          Merci pour les vidéos, téléchargées et sauvegardées systématiquement sur HDD externe et serveur privé .
           smiley


        • Universitaire 1995 29 décembre 2013 10:31

          N’en déplaise à certains qui se disent « patriotes » et qui ne font que nous chanter la bonne vieille histoire officielle de la France, Indépendance des Chercheurs a raison de rappeler la manière dont l’Eglise a poussé au développement de la monarchie parisienne pour s’opposer aux tendances progressistes du début du XIII siècle.

          Au moment de la Croisade contre les Albigeois, ce que l’on appelle aujourd’hui le « Midi de la France » était le pays le plus avancé de l’Europe sur les plans économique, culturel et politique. La bourgeoisie, nouvelle classe sociale montante, tentait d’y développer un nouveau type de société et les nobles locaux ne s’y opposaient pas vraiment. L’Eglise de Rome a considéré que sa propre existence était en danger.

          D’autant plus, que dans les villes occitanes la profession du christianisme n’était pas exigée pour exercer une fonction publique. De nos jours, on parlerait de « laïcité ». Les légats du Pape ont explicitement reproché au Comte de Toulouse de permettre que des juifs puissent exercer une autorité administrative sur des chrétiens. C’est l’un des motifs officiels de la Croisade Albigeoise que l’on retrouve dans les sources historiques.

          Et si la logique impériale n’existait pas déjà à l’époque, il faudra m’expliquer ce que Louis IX (dit « Saint Louis ») est allé faire à Tunis où il est mort. Le XIII siècle a d’ailleurs connu la montée de l’empire catalan dans la méditerranée, au détriment des prétentions parisiennes en la matière (vêpres siciliennes et la suite). Les empires existaient donc déjà à l’époque. Le successeur de Louis IX, Philippe III, est mort à Perpignan (alors ville du Royaume d’Aragon) en plein échec de la croisade contre la Catalogne. Une guerre fomentée, encore, par la Papauté pour qui le royaume de Paris était toujours le « royaume garant ».

          Au XIII siècle, l’Eglise a également imposé aux Juifs le port de la rouelle, et Louis IX a été l’un des exécutants de cette politique.

          De même, François I a bien mené une politique d’expansion autant qu’il en a eu les moyens, et brigué la couronne impériale à la mort de Maximilien de Habsbourg. Si les précédents rois de France avaient développé avant tout une politique d’hégémonie méditerranéenne, François I s’engagera du côté de l’Amérique. C’est bien une politique impériale et impérialiste, que les successeurs de François I ont poursuivie.

          Dans ces constats, il n’y a aucun « mondialisme ». C’est trop facile de crier au « mondialisme » pour étouffer les critiques que l’on peut légitimement adresser à ces aspects de la politique de l’Etat français, un Etat construit par la force à coups d’annexions.

          Quant à la politique coloniale, franchement les discours de Léon Gambetta et Jules Ferry n’ont rien eu de glorieux. Jusqu’à parler ouvertement de « races supérieures » et de « races inférieures » comme Ferry devant l’Assemblée Nationale ici (site de l’Assemblée Nationale) :

          http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/Ferry1885.asp

          M. Jules Ferry.... et je vous défie - permettez-moi de vous porter ce défi, mon honorable collègue, monsieur Pelletan -, de soutenir jusqu’au bout votre thèse, qui repose sur l’égalité, la liberté, l’indépendance des races inférieures. Vous ne la soutiendrez pas jusqu’au bout, car vous êtes, comme votre honorable collègue et ami M. Georges Perin, le partisan de l’expansion coloniale qui se fait par voie de trafic et de commerce.

          [...]

          Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! il faut dire ouvertement qu’en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures... (Rumeurs sur plusieurs bancs à l’extrême gauche.)

          (...)

          M. Jules Ferry. Si l’honorable M. Maigne a raison, si la déclaration des droits de l’homme a été écrite pour les noirs de l’Afrique équatoriale, alors de quel droit allez-vous leur imposer les échanges, les trafics ? Ils ne vous appellent pas ! (Interruptions à l’extrême gauche et à droite. - Très bien ! très bien ! sur divers bancs à gauche.)

          (...)


        • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 28 décembre 2013 12:40

          La Bible raconte que pour punir les hommes de leur orgueil (dans la construction de la tour de Babel) il les fit se diviser en parlant des langues différentes...

          Le multilinguisme, pour la Bible, ce n’est pas une richesse mais une malédiction !

          Ressuscitons les langues mortes (elles ne sont pas minoritaires, elles sont souvent mortes ! Il n’y a que les très vieux ruraux et quelques intellos en mal de racines pour les parler. Et elles sont souvent des résurrections !) et parlons tous l’anglais basic... Mais pourquoi pas faire plutôt la promotion de l’Esperanto ?

          • Luc le Raz Luc le Raz 28 décembre 2013 13:15

            L’anglais est le latin d’aujourd’hui. Au fil du temps il va, lui aussi, se transformer. Ça a déjà commencé, pour preuve le globish  ! smiley


          • Xavxav 29 décembre 2013 10:18

            Ressuscitons les langues mortes (elles ne sont pas minoritaires, elles sont souvent mortes ! Il n’y a que les très vieux ruraux et quelques intellos en mal de racines pour les parler.

            Effectivement, à force d’interdire l’usage de leur langue maternelle à l’école, au prix d’humiliation, les langues régionales sont en train d’être exterminés. En Bretagne, un élève qui était pris en train de parler Breton devait dénoncer un autre élève, sinon, il risquait une punition : porter le fameux bonnet d’âne. Vous imaginez l’ambiance dans les classes en fin de journée !

          • skirlet 29 décembre 2013 19:04

            La bible a pompé sur la mythologie babylonienne :


            "S’enorgueillirent jadis les habitants du grand Babylone et décidèrent de construire une tour de la terre jusqu’au ciel, d’entrer dans le palais des Anounnaks, de boire et de manger leur nourriture avec eux. Ils décidèrent de devenir les égaux des dieux. La tour grandit, s’élève vers les cieux, les gens se réjouissent. Cela ne fut pas au gré des dieux. Ils vinrent voir Mardouk et dirent : "Ô Mardouk, tu es le plus grand d’entre nous, regarde, combien les gens s’enorgueillissent ! Nous ne voulons pas les voir dans le ciel, leur place est sur terre, qu’ils y restent ! Aide-nous, Mardouk !"
             Mardouk réfléchit et jeta un puissant sort sur le grand lac près de Babylone. On puisait de l’eau à boire dans ce lac, on lavait les corps dans ce lac. Mais que se passe-t-il ?.. Chacun qui boit ne serait-ce qu’une gorgée oublie sa langue ; il parle avec des mots incompréhensibles, les autres ne le comprennent pas ! Impossible de poser une pierre, d’apporter de la terre, d’édifier les murs ! Le chantier s’arrêta. Voyant cela, le magicien Shouroukkah tomba à genoux et pria  : "Mardouk, ô Mardouk, pourquoi châties-tu les gens qui te sont fidèles ? Comment un époux comprendra-t-il son épouse, comment un fils répondra-t-il à son père, comment les sujets pourraient-il chanter la gloire de leur souverain ? Rends-nous la parole, aie pitié !"
             La bonne déesse Ishtar compatit avec eux et pria Mardouk de les pardonner. Et Mardouk fit en sorte qu’un poisson magique apparaisse dans le lac : celui qui le mange recommence à parler comme avant, il retrouve la parole. Les gens louèrent Mardouk, firent de la tour inachevée un temple à sa gloire, abandonnèrent les pensées coupables. Ceux qui ne voulurent manger les poissons babyloniens donnèrent naissance aux autres peuples, parlant des langues étranges et incompréhensibles."

          • brieli67 28 décembre 2013 12:43

            c’est l’allemand qui est la langue la plus parlée la plus usitée en Europe.

            Le Breton : faut être né et vivre à la campagne avant 1933

            Du breton, y a plus mais plus du tout. : c’est une koinè comme l’occitan ou le créole.


            • Fergus Fergus 28 décembre 2013 14:03

              Bonjour, Brieli.

              Désolé, mais tu fais erreur, il y a des locuteurs de breton nés bien après 1933. Et je ne parle pas de ceux qui se sont mis sur le tard à apprendre le breton unifié (moi-même j’ai suivi quelques cours). Certes, la majorité de ceux qui parlent encore breton ne sont plus des poulets (ou des poulettes) de l’année, mais beaucoup sont né(e)s dans les années 50 et même 60. Je le sais d’autant mieux que j’en connais personnellement quelques-uns, principalement dans le Finistère, mais aussi dans l’ouest des Côtes d’Armor.


            • Fergus Fergus 28 décembre 2013 14:11

              Et si le breton unifié est une « koiné », cela n’« empêche pas que soient encore pratiqués ici et là les variantes locales, d’ailleurs pas si différentes que cela l’une de l’autre, un locuteur de breton habitué au mot »menez« comprenant évidemment bien celui qui utilisé »méné« (montagne), de même que »coat« pour »goat« (bois) ou »dol« pour »daol« (table), voire »trez« pour »traezh« (plage).

              Quant à l’occitan, une »koiné" largement unifiée autour du parler de Toulouse, il n’empêche pas que soient encore pratiqués ici et là les patois régionaux de langue d’oc. C’est vrai notamment en Auvergne où des membres de ma propre famille parlent encore assez couramment la langue de leurs parents.


            • Jean-François Dedieu Jean-François Dedieu 28 décembre 2013 21:48

              Non Fergus, l’occitan n’émane pas de Toulouse, il est parlé du Piémont au val d’Aran et du Limousin au Languedoc ; il doit certainement ses variantes au fait qu’elles n’ont pas eu à se soumettre à un pouvoir central puisque les nordistes furent les plus forts.
              Et comme le terme « patois » a surtout été utilisé comme marque de mépris par le jacobinisme acharné de Paris, je préfère dire « variante » ou « dialecte », ce qui n’empêche pas de lire et de comprendre Mistral, Nobel de littérature.
              Et Pinsole qui est contre l’Europe pour récupérer un monopole antidémocratique, il vient de se faire des amis ! 
              Et « koiné », c’est quoi comme koinerie encore ?


            • Fergus Fergus 29 décembre 2013 09:32

              Bonjour, Jean-François.

              Je connais d’autant mieux la zone linguistique occitane que je suis moi-même originaire par une grande partie de ma famille d’Auvergne et que je m’intéresse de près aux cultures occitanes.

              Pour ce qui est de l’occitan unifié, vous m’avez mal lu, je n’ai pas dit qu’il était originaire de Toulouse mais qu’il s’était assez largement construit autour de la langue parlée à Toulouse et dans sa région (on n’y retrouve pas, par exemple, les idiomes du comté de Nice). Idem pour le breton unifié, très largement bâti sur un mix des parlers du Finistère ; un breton unifié qui est enseigné dans les écoles Diwan (l’un de mes petits-neveux y est scolarisé).


            • brieli67 29 décembre 2013 09:42

              rien à dire, ni à ajouter @ Fergus.


              sauf que sur WIKI
              Au recensement de 1911, la population bretonne atteignit un maximum historique de 2 601 715 habitants.
              Avant la Première guerre mondiale, la moitié de la population de Basse-Bretagne ne connaissait que le breton, l’autre moitié étant bilingue breton-français.

              en 85 sortaient les premières études universitaires canadiennes 
              bretonnants entre 30/35 ooo capables de transmettre le breton en famille
              Un des critères éducatifs : Jeune, avez vous joué en breton

              Quelle hécatombe ! quel génocide ! 
              merci aux hussards de la République.

              Pour métaboliser, ce V/i/OL une surconsommation PSY pour qqs générations.
              et lever le coude....

              ETRENNES
              du Chiemsee  été 12
              .Ca faisait longtemps que j’étais pas sorti autant en sueur d’un concert... !
              Le concept ? Cinq Bavarois en culotte de peau (Lederhose) et pieds nus ( barfuss), une trompette, un trombone, un tuba, une basse et une batterie. Le tout pour jouer une fusion Blasmusik/jazz/funk/ska avec des vrais morceaux des Balkans dedans.
               C’est un mélange de tout, un peu de fanfare des balkans, un peu de techno des Alpes, un peu de d’ambiance caribéenne, mais ce qui est le plus important, c’est que cela « fait bouger les gens en leur rendant difficile de rester immobile ».


               


            • BOBW BOBW 29 décembre 2013 10:10

              @ Fergus : L’occitan e lo niçard siàgan vesins = l’occitan et le niçois sont voisins .


            • VICTOR LAZLO VICTOR LAZLO 28 décembre 2013 14:34

              Bonjour,


              Rien de nouveau. L’objectif de l’UE est de casser les nations, et surtout, les solidarités entre les différents peuples de l’Union.
              Promouvoir les régions, les langues régionales ? Pourquoi pas ...Il y aura même des naifs (indépendantistes Bretons ou Corses) pour croire qu’ils pourront tirer leur épingle de ce jeu de dupes....
              Car derriére ces « causes régionales » se cachent la promotion des langues minoritaires : arabes et autres....En clair le multiculturalisme, la débandade des identités européennes, la soumission au pognon et à tous les Emirs du Qatar ou des Etats Unis...


                • BarbeTorte BarbeTorte 28 décembre 2013 20:13

                  Je voulais mettre une image, mais apparemment je ne sais pas comment faire.
                  Je mets donc un lien à la place : défense de parler breton...
                  C’est exactement à ça que m’a fait penser votre article.

                  Je précise que je ne suis absolument pas locuteur de cette langue, mais je m’indigne du traitement qu’on lui a fait dans ce pays, et du traitement qu’on lui fait encore. Il y a eu une francisation à marche forcée de nos belles provinces, et çà ne date pas de si vieux.
                  A l’époque, on pensait en France qu’il fallait éradiquer tout autre parler que le français pour que la République, ce qui est un peu simpliste comme raisonnement, ne trouvez vous pas ?
                  Pensez vous réellement que le fait d’autoriser des écoles sous contrat avec l’état à réaliser l’enseignement dans une autre langue que le français soit de nature à fragiliser la République ? Pensez vous à contrario que le fait de l’empêcher va garantir toute velléité de régionalisme ? Si vous pensez çà, vous avez au moins 80 ans de retard.
                  Au lieu de gloser, vous feriez mieux de lire la fameuse charte en question. Comment se fait il que votre article ne contienne pas de lien direct vers ladite charte ?

                   


                • JL JL 29 décembre 2013 10:07

                  BarbeTorte,

                  je suis Breton, et mes parents ont en effet, connu l’école qui leur interdisait de parler cette langue en classe et même en récréation.

                  Mais ce n’est pas pour autant que je le regrette et je ne voudrais pas aujourd’hui qu’on revienne là-dessus. Que ceux qui souhaitent parler cette langue l’apprennent, c’est leur affaire. Mais c’est comme la religion : ça doit demeurer du domaine de la sphère privée.

                  Je suis entièrement d’accord avec l’auteur de cet article : les États-nations sont des poches de résistances, le seul pouvoir politique qui défrise encore un peu, trop peu pour moi, le pouvoir économique. Cette UE néolibérale entièrement inféodée à la finance et aux multinationales se révèle de plus en plus être une calamité.


                • psynom 28 décembre 2013 14:41

                  de nombreux français immigrés ne veulent pas faire l’effort d’apprendre le Français, alors, bientôt on nous imposera des interprètes pour eux dans les administrations, des profs pour eux dans les écoles...
                  Diviser les français et les peuples européens, dissoudre leur identité... c’est le but de l’UE


                  • Richard Schneider Richard Schneider 28 décembre 2013 16:21

                    Je me méfie comme de la peste de ce multi-linguisme - les euro-socialistes fanatiques se proclament haut et fort issus des Girondins …

                    Comme déjà écrit, « objectif de l’Europe est de casser les nations ». Pourquoi, en effet, comme le regrette Bruxelles, la France devrait-elle bénéficier d’une « exception culturelle » ? Et pour casser cette exception,il faut organiser l’Europe des régions. Ainsi, les états-nations, comme la France, seront tellement affaiblis qu’ils finiront par disparaître !

                    PS. Je signale que je ne suis absolument pas un adversaire des langues et cultures régionales (je vis très bien en Alsace et parle parfaitement l’Alsacien de la région de Haguenau). Mais j’estime que le Français doit rester la langue prioritaire. Car, ma région fait encore partie de République Française une et indivise. 

                    • brieli67 29 décembre 2013 11:02

                      ja - ja 


                      très bien Meister Tailleur !!
                      Les suisses, les allemands, les luxembourgeois ne veulent plus de nos frontaliers.
                      Worom ? Warum ? Pourquoi ?

                      Mais j’estime que le Français doit rester la langue prioritaire. 
                      et alors ? L’enfant peut très bien acquérir deux voire plus de langues
                      y a de très bons résultats dans le monde entier. 
                      c’est uniquement réservé à la faune internationale ?

                    • Thierry SALADIN Thierry SALADIN 28 décembre 2013 20:08

                      Le but de cette Charte européenne des langues est bien entendu de contribuer à dépecer les États, seuls à même de lutter, avec quelque pouvoir, contre ce projet d’Union Européenne décidé en son temps à Washington (en gros à la fin des années quarante).

                      En gros, et à terme, chacun parlerait sa langue régionale et au-dessus règnerait sans partage l’anglais. 

                      C’est ce qu’explique très bien François Asselineau (F.A.) dans ses conférences, et notamment dans celle-ci : Que cache le projet des Euro-Régions ?

                      F.A. qui, au passage, est un homme politique boycotté sur la page de Wikipédia en français, et ce pour des motifs, disons risibles. Mais passons.

                      Mais ce que F.A. ne dit pas dans ses conférences et écrits, du moins pas encore, c’est que la première étape de ce plan élaboré à Washington consistait à évincer le français de la scène internationale. En effet, la langue française étant la seule langue, comme l’anglais, à être parlée sur les cinq continents, il s’agissait d’éliminer ce rival. Pour cela, l’administration États-unienne intervint, comme toujours en douceur, sans débat, et au besoin en achetant à coup de milliers de dollars quelques opportunistes de tout poil prêts à sacrifier le génie de la Mère-Patrie. 

                      Je ne cite pas de noms, F.A. lui-même en cite quelques uns dans la conférence déjà citée. Nul doute que le nombre d’auxiliaires dans cette affaire est important, et encore secret.

                      Vu de Washington, il fallait donc imposer l’anglais. Logique, finalement.

                      Ce processus était déjà bien engagé lorsque de Gaulle revint au pouvoir en 1958. Il ne parvint qu’à l’ajourner, à retarder le stratagème. Sans plus.

                       Une citation, comme ça : 

                      « Lorsque le Pacte de Varsovie se dénoua, cela se fit en anglais. Lorsque le G7 se réunit, il le fait en anglais. L’anglais est la langue de l‘informatique et des agences de presse. Le seul organisme international qui continue à utiliser une langue « étrangère » est la Commission européenne de Bruxelles. Avec un peu de chance, nous y mettrons un point final ! »

                       Jenkins, The Times, 1995.

                      Une autre ?

                      « Il y va de l’intérêt économique des États-Unis de veiller à ce que, si le monde adopte une langue commune, ce soit l’anglais ; que s’il s’oriente vers des normes communes, en matière de télécommunications, de sécurité et de qualité, ces normes soient américaines ; que si ces différentes parties sont reliées par la télévision, la radio et la musique, les programmes soient américains ; et si s’élaborent des valeurs communes, ce soient des valeurs dans lesquelles les Américains se reconnaissent »

                      David Rothkopf. (In Praise of Cultural Imperialism ?, cité par le Monde diplomatique, août 1998)

                      Et dire qu’il y a des gens qui affirment, parce qu’ils y croient dur comme fer, que l’anglais s’est imposé, comme ça. En somme, comme un processus relevant de l’évolution naturelle… (soupirs)

                      Non, mille fois non ! Une langue ne s’impose jamais toute seule. On l’impose, nuance !

                      Après, bien sûr, il peut y avoir un certain suivisme, mais au départ, il y a bien une volonté.

                       Alors, pour en sortir, (et par le haut S.V.P. !) il serait temps pour tout un chacun de reconsidérer sa position sur l’espéranto, une langue construite, bien vivante (n’en déplaise aux ignorants), parlée dans le monde entier depuis 1887, européenne sur le plan du vocabulaire, plutôt extrême-orientale sur le plan de la structure, s’apprenant dix fois plus vite que l‘anglais, présente évidemment sur l’Internet (même Google a son portail disponible en espéranto, c’est dire !) parfaitement adaptée à notre monde moderne et qui… etc.

                      Mais parce que les opposants au tout-anglais (ici, je ne cite pas de noms, volontairement) font comme si l’espéranto n’existait pas, les choses n’avancent pas. Ces gens-là défendent le français, et avec raison, mais prêchent le multilinguisme, voire rien du tout. Comme s’il était donné à tout le monde d’apprendre et de maîtriser une langue étrangère.

                      Taratata !

                      Apprendre une langue, c’est bien difficile, et n’est pas à la portée du premier venu. Loin de là. Alors, plusieurs langues… ?(re-soupirs)

                      Parce qu’il nous faudra bien une langue commune en Europe (j’ai bien dit : « commune » et pas unique, S.V.P. !)

                      Seulement voilà, le tissu d’âneries que répètent à l’envi beaucoup de gens (les lecteurs d’Agora Vox notamment) est aussi un obstacle de taille.

                      Comme le dit si bien François Grin dans son Rapport demandé par le Haut Conseil de l’Évaluation de l’École en 2005, et qui dort, probablement depuis, sur les étagères ou à la cave du Ministère de l’Éducation Nationale :

                      « Les fréquentes réactions de rejet à l’égard de l’espéranto rendent impraticables la mise en œuvre à court terme du scénario [Espéranto au sein de l’Union Européenne] (…)

                      un très gros effort d’information afin de surmonter les préventions qui entourent cette langue — et qui sont en général basées sur la simple ignorance — et d’aider les mentalités à évoluer. (…)

                      Quatre-vingt cinq pour cent de la population de l’Europe des 25 y a un intérêt direct et évident, indépendamment des risques politiques et culturels que comporte l’hégémonie linguistique. »(p.7)

                      Comme tout cela est bien dit.

                      Alors, parmi les lecteurs de cet excellent article, qui lancera la première ânerie sur l’espéranto ? Comme ça, pour voir… ?

                       Cordialement à tous.

                       Thierry Saladin

                       P.S. : 1) bravo à l’auteur pour son article

                            2) pour ceux qui ne connaissent pas encore l’UPR, qui n’est en rien (encore) favorable à l’espéranto, voici son site : c’est très instructif.


                      • BarbeTorte BarbeTorte 28 décembre 2013 21:47

                        Ah ?
                        Donc, si je suis votre raisonnement, vu que les etasunis ont décidé d’imposer l’anglais, il faut tuer le breton ?
                        C’est comme si le berger, voyant arriver le loup, décidait de buter tous les lapins du pré
                        Ce ne sont certainement pas les langues régionales qui vont nuire au français, bien au contraire. Ma femme vient d’un paysqui s’appelle le Cameroun. C’est le pays du monde qui contient le plus de langues vivantes (220 !). Et bien, figurez vous que le français est roi là-bas, alors que le pays est officiellement bilingue français-anglais. Or, à Yaoundé, pas mal d’officiels ne connaissent pas l’anglais, mais tous connaissent parfaitement le français, alors qu’ils pratiquent quasiment tous une langue « locale ». Ma femme parle le yemba, ce qui ne l’empêche pas de parler parfaitement le français.


                      • skirlet 29 décembre 2013 19:42

                        Or, à Yaoundé, pas mal d’officiels ne connaissent pas l’anglais


                        Pourquoi donc ? Le multilinguisme, c’est tellement facile !..

                        Ma femme parle le yemba

                        Y a-t-il des écoles et des universités dans cette langue ?

                        En fait, tout ça ne confirme qu’une chose : apprendre les langues n’est pas facile. Ça fait longtemps que les élèves qui parlent à l’école breton, catalan, occitan etc. etc. ne sont nullement punis ; donc, personne ne veut « tuer » le breton ni autres langues régionales. Que leurs locuteurs les parlent, où est le problème ?

                      • Magnon 28 décembre 2013 23:00

                        Bien, la dénonciation du jeu régionaliste de l’Europe de Bruxelles, Maintenant, il n’y a pas de leçons d’impérialisme des bretons bretonnants qui font parler leur langue finistérienne à la place du Gallo, langue parlée depuis Vercingétorix dans l’est de la Bretagne ... smiley smiley


                        • Pie 3,14 28 décembre 2013 23:22

                          Un article ultra-jacobin écrit par un souverainiste à la française.

                          Pourquoi reconnaître les langues et les cultures régionales ferait se dissoudre la république et la Nation ?

                          C’est un fantasme très français que n’ont pas la plupart de nos voisins. Il ne s’agit pas de dépecer les états. L’UE a une vision fédérale et multiculturelle de l’Europe, elle préconise donc une large autonomie régionale et le respect des cultures locales. On cite toujours les cas de la Catalogne et de l’Ecosse dont la relation difficile avec la Castille et l’Angleterre est ancestrale. En réalité, la plupart des régions d’Europe bénéficient déjà d’une grande autonomie dans le cadre d’états-nation sans que cela pose aucun problème. Que dirions nous si l’Europe affirmait qu’il faut éradiquer les langues régionales ?

                          Enfin, l’auteur devrait savoir que la plupart des humains de cette planète sont bilingues. Ils parlent une langue régionale, voire locale et maîtrisent une langue nationale. C’est le cas des chinois, des indiens, de la majorité des autres asiatiques, des africains, de beaucoup de sud-américains et de certains européens. Où est le problème ?

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