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Accueil du site > Actualités > Europe > NON au nationalisme en Europe

NON au nationalisme en Europe

L’Union européenne est en perpétuelle mutation. 18 années se sont écoulées après la chute du mur de Berlin, que des historiens tendent à identifier comme l’événement-clé annonçant la fin du XXe siècle. Presque deux décennies au cours desquelles plusieurs élargissements ont permis aux peuples de l’Est et de l’Ouest de l’Union européenne de se réconcilier avec l’Histoire. Deux décennies pour commencer à apprendre à redécouvrir ses voisins, brasser les populations, créer des familles mixtes ou encore s’installer à l’étranger pour travailler et vivre... autrement. La conquête de la diversité n’en est qu’à son balbutiement, tant les tentations du pas en arrière sont malheureusement bien présentes.

Mercredi 14 novembre 2007 à Strasbourg, le Parlement européen a annoncé en séance plénière la dissolution du groupe parlementaire ‘Identité, tradition, souveraineté (ITS)’. Ce groupe parlementaire d’extrême droite n’a pu résister à la vague de contestations internes qui ont suivi les turbulences politiques générées par une succession de faits divers impliquant des populations d’origine roumaine en Italie. Repoussant les attaques des députés européens italiens de l’ITS, les membres roumains du groupe ont décidé de claquer la porte, plaçant ainsi l’ITS en grande difficulté puisque les 18 eurodéputés restants ne suffisent plus à composer un groupe parlementaire qui doit en contenir 20 au minimum.

Dimanche 18 novembre 2007, la marche organisée à Bruxelles sur l’initiative de Mme Marie-Claire Houart autour de la pétition ‘Pour l’unité de la Belgique’ a rassemblé une foule de Belges et de non-Belges soucieux de manifester leur refus de voir les discours sécessionistes et nationalistes emporter la Belgique et avec elle toute une culture de dialogue et de démocratie en Europe.

A quelques milliers de kilomètes, un peuple est peut-être en train de voir le bout du tunnel. Blessé par plus de dix années de tutelle par son voisin serbe, le Kosovo, sous l’égide de l’administration onusienne, a organisé en ce même dimanche 18 novembre des élections législatives et devrait, malgré une situation économique désastreuse, goûter à des vertus qui n’ont, elles, pas de prix : la liberté et l’indépendance.

A quoi bon être nationaliste aujourd’hui ? Que peut-on gagner à vouloir s’enfermer dans des certitudes selon lesquelles l’on vivrait mieux sans les autres, l’on offrirait un avenir plus sain à nos enfants en les préservant de l’extérieur, l’on maintiendrait notre haut niveau de vie plus aisément en nous contentant de fabriquer nos propres produits et en réduisant la part de nos importations, l’on maîtriserait mieux les flux migratoires en sécurisant à outrance les frontières, l’on aurait à gagner à substituer les efforts d’intégration au profit d’une politique plus musclée de l’immigration ?

Le monde a considérablement évolué depuis la Seconde Guerre mondiale. L’extension croissante et l’intensification au-delà des frontières nationales à la fois des transports, des communications et des échanges a déplacé le noyau des centres d’intérêt d’une conception dépassée fondée sur la souveraineté liée à la maîtrise de tout ce qui se passe à l’intérieur d’un espace fermé que l’on appelle le territoire, à une conception moderne qui repose sur la maîtrise de la vitesse et de la connaissance, au-delà de toute considération d’espace. Au XXe siècle, siècle de la maîtrise de l’espace territorial, succède le XXIe siècle avec ses enjeux nouveaux, tournés vers la maîtrise du temps, des connaissances et de l’information.

La question qui doit se poser lorsque l’on aborde le sujet de notre avenir face à des nationalistes pourrait être la suivante : souhaite-t-on vivre avec notre temps ou bien s’y refuser, au risque de voir d’autres franchir le Rubicon à notre place ? Veut-on s’accorder des instruments efficaces pour assurer le maintien d’un haut niveau de vie en Europe au XXIe siècle ou bien risquer de mettre en danger ces acquis par frilosité ou absence d’intérêt ?

Prenons le cas de la Belgique. Je me posais une question toute simple, mais qui m’interpelle tellement la réponse me semble cohérente et presque évidente. Quels intérêts ont ces personnalités politiques, quelles soient flamandes, francophones ou germanophones, à abandonner le niveau de représentation fédérale ? Si d’aventure un Etat flamand devait voir le jour, quel poids/influence aurait cet Etat au sein des institutions européennes ? Quand on pense qu’un Etat membre comme le Luxembourg compose avec 4 voix au Conseil et 6 députés, mais dispose d’un solide pôle d’attractivité financière et d’une expérience européenne reconnue, que pourrait bien gagner un Etat flamand sur la scène européenne, à part perdre de son influence actuelle au sein de la représentation belge (12 voix au Conseil et 24 députés), voire anéantir une réputation qui s’est battie pendant des décennies autour de la recherche permanente du compromis et qui a fait ses lettres de noblesse au long du lent processus de construction européenne ?

Quelles que soient les communautés, les Belges et la Belgique ont tout à perdre à s’engoufrer sur la voie du nationalisme/régionalisme exacerbé. La culture de la différence, prônée par certains hommes politiques, mène à la perte de ce pays et à une impasse à moyen terme. La chance de la Belgique est de ne jamais avoir baissé les bras lorsqu’il s’agit de devoir rechercher un compromis politique, au nom de l’intérêt général et en faveur du plus grand nombre, ainsi que des minorités. La diversité culturelle est une richesse sur laquelle ce pays peut s’appuyer. C’est au peuple belge de le rappeler à ces hommes politiques et à les presser en ce sens.

Certains pourraient s’interroger sur la présence d’ultra-nationalistes dans l’hémicycle du Parlement européen. Ou du comment peut-on multiplier les interventions anti-européennes... et siéger comme eurodéputé sur les bancs de Bruxelles et de Strasbourg. La manière dont le Parlement européen diffuse la démocratie est à ce titre un exemple qui devrait être enseigné et discuté plus régulièrement un peu partout dans l’Union européenne. Là où certains Etats membres ont vérouillé l’accès des nationalistes au scrutin (je pense à l’Allemagne notamment pour les raisons historiques que l’on connaît), le Parlement européen accueille ainsi toutes les sensibilités politiques en son sein, telles qu’elles resortent du scrutin des législatives européennes organisées tous les cinq ans (les prochaines en 2009) dans le cadre d’un système de représentation à la proportionnelle. Ainsi représentées, ces sensibilités extrêmes sont mieux combattues par les mouvances politiques modérées, et il n’est pas rare de constater que les groupuscules nationalistes évoluent sur leurs positionnements politiques en siégeant auprès des autres députés, effet positif qui favorise l’intégration idéologique des extrêmes et les oblige à prendre position.

Malgré des activismes exacerbés par des groupuscules politiques minoritaires, relayés par une classe politique en mutation, les nationalistes ne peuvent apporter des réponses satisfaisantes aux questions que se posent nos concitoyens européens. Prônant une voie populiste, démultipliant les actions médiatiques de large envergure, le discours demeure le même et s’articule autour de thèmes bien connus et particulièrement dépassés. Parmi les sujets de prédilection, le culte de la différence et le recroquevillement territorial sont des voies sans issue dans notre société postnationale en gestation. L’Etat nation, produit de la centralisation passée et des révolutions des XVIIIe et XIXe siècles, n’est en effet plus adapté à l’intégration économique et structurelle mondiale.

Il faut aujourd’hui réfléchir à une autre voie, à un autre moyen d’organiser la vie en société. Une voie possible est dès à présent d’oser penser notre avenir au-delà des nations en renforçant leur intégration dans la société internationale, en leur permettant de s’offrir les moyens de répondre ensemble, au sein d’une communauté toujours un peu plus intégrée et non pas seules de façon isolées, à la multiplicité des défis que nous offre le monde moderne chaque jour.

C’est tout l’enjeu des débats qui s’ouvrent ça et là entre les démocrates et qui visent à dégager, pour notre société, un autre horizon que celui, sans avenir, défendu par les mouvances nationalistes en Europe. Cette voie est celle de l’ouverture et du dialogue, de la solidarité et la curiosité entre nos peuples, de la recherche permanente du compromis. Elle est aussi celle du dessein et de cette volonté née de l’imagination de nos aïeux, que nos hommes politiques se doivent de cultiver et de nous rappeler chaque jour, de permettre à nos peuples de mieux se connaître et de travailler, main dans la main, à la construction de notre avenir commun.


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66 réactions à cet article    


  • casp casp 20 novembre 2007 19:07

    Je ne suis pas d’accord. L’europe sera de fait un super etat. Et lui même se verra un jour confronté au problèmes de nos états..

    Croire que la nation existe encore aujourdhui de facon concrête au niveau du pouvoir c’est se leurrer. Le pouvoir c’est l’economie. et aujourd’hui seul l’europe à encore un vague controle sur la question.

    Evidement si par nation vous entendez seulement l’image d’épinal gravé dans l’esprit de tout bon ecolier ayant été à l’école dela république.. Alors oui effectivement il y a du temps avant de voir cette notion disparaitre.


  • Neos 20 novembre 2007 19:10

    Bonjour à tous, bonjour Sebastien,

    Je vous remercie pour votre intervention et me propose d’y apporter quelques commentaires.

    J’ai souhaité écrire cet article sur AGV sur un sujet qui m’est cher et qui, je le constate sans surprise, déclenche les passions.

    Avant de dire quelques mots au cours de ce débat sur le concept de nation, et des confusions qui demeurent sur son ’faux-frère’, le nationalisme, je souhaiterais exprimer une appréciation personelle, à laquelle certains souscriront peut-être, d’autres pas, sur le fait que selon moi le phénomène du nationalisme est loin d’appartenir au (seul) passé et montre des relents qui m’invitent à m’exprimer ouvertement.

    Je vous invite d’ailleurs à consulter Google pour recueillir de plus amples informations sur la terminologie ’nationalisme’, afin d’être certain que nous débattront sur le même thème, avec des sources si possible équivalentes.

    Vous conviendrez avec moi, être un ressortissant national (je suis citoyen français) ne signifie pas aborder une étiquette politique nationaliste. Je pense qu’il est important de se mettre d’accord sur ce point avant d’aller plus loin. La nation n’est pas le nationalisme, et vice-versa. Ce sont deux concepts, qui malgré leur étymologie équivalente, prônent deux approches totalement différentes du rapport de l’individu à la société, et de la vision de l’avenir de cette société.

    Dans cet article, je ne fais pas l’éloge d’un super Etat européen. J’y suis fortement opposé.

    Je n’exorte pas non plus l’Union européenne à se monter contre les nations européennes (..) Je ne défends pas ainsi l’idée selon laquelle il faudrait supprimer les nations, celles- ci sont parties intégrante du projet de construction européenne et demeurent un pilier essentiel à la viabilité du système dans son ensemble. L’Union européenne existe par la volonté des Etats membres et se compose à la fois des Etats et de leur peuple.


  • TALL 20 novembre 2007 11:23

    Vouloir supprimer les nations est aussi ridicule que vouloir supprimer les mairies ou les départements. Ce sont différents niveaux d’administration d’intérêts communs, c’est tout.

    Il est légitime qu’une communauté à l’identité culturelle bien marquée souhaite vivre selon une législation conforme à ses valeurs. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir de bonnes relations avec ses voisins ni non plus de s’intéger dans une entité plus large si elle estime y trouver une plus-value.

    Diaboliser le nationalisme en le taxant d’égoïsme est fallacieux et anti-démocratique. C’est nier le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.


    • Neos 20 novembre 2007 19:23

      @ TALL

      Vous me contredirez si je me trompe, mais il me semble qu’il est possible de défendre des intérêts somme-toute nationaux sans devoir pour cela adopter une politique ou une position nationaliste.

      Si des électeurs souhaitent voir siéger des représentants d’extrême-droite dans un hémicycle, il est de bon ton de respecter le scrutin et d’appliquer les principes démocratiques en permettant à ces représentants de s’exprimer au même titre que leurs pairs au Parlement.

      En revanche, il s’agit dès-lors de se demander quels éléments et raisons peuvent bien pousser ces électeurs à adopter les valeurs nationalistes que je réfute totalement et qui, je l’assume, peuvent justifier que vous employassiez le terme de ‘diaboliser’.


    • TALL 20 novembre 2007 19:49

      Vous assimilez le nationalisme à l’extrême-droite, c’est fallacieux.

      Un exemple : je suis un indépendantiste bruxellois. Car je souhaite en cas de prise d’indépendance de la Flandre, que Bxl devienne capitale-état de l’UE. Et qu’on unisse pas notre destin à celui de la Wallonie.

      Je suis donc un nationaliste bxlois. Mais comme je souhaite un Bxl trilingue, international et multiculturel ( puisque c’est déjà le cas sur le terrain ) personne ne peut me taxer d’extrême-droite.


    • Neos 20 novembre 2007 21:25

      @ TALL

      Le nationalisme de gauche a causé de lourds dégâts au cours du siècle passé et me semble tout aussi contestable, voire dangereux, que les dérives nationalistes d’extrême-droite. Qu’il soit de gauche ou de droite, le nationalisme demeure une idéologie passionnée, qui se nourrit des excès et de l’exhaltation des masses pour diffuser des messages peu glorieux.

      En ce qui concerne votre penchant indépendantiste, je ne vois ici aucune tentation nationaliste. Vous devez, me semble-t-il, faire allusion à une revendication nationale.

      Je ne comprends pas votre désir de voir Bruxelles devenir une « capitale-état » de l’Union européenne. Quid ?


    • TALL 20 novembre 2007 23:42

      Un peu long à re-raconter, je vous renvoie à mes 2 articles et leur forum
      article 1
      article 2


    • stradiuvarius 21 novembre 2007 00:31

      Bonsoir Tall,

      Tes 2 liens sont remarquables dans la justesse et l’objectivité contrairement à ce torchon-ci sur le Nationalisme et ses fantasmagoriques dangers versus Nécessité de l’UE etc...je passe.

      Suis Français avec un grand père Flamand au nom tellement imprononçable dans la langue de Molière que l’officier d’état civile s’est empressé de le francisé pour des questions pratiques dés qu’il est entré en France - début siècle passé - (donc suis passablement intéressé par ce qui se passe en Belgique) et une remarque de ta part, m’a stoppé net dans un des 2 liens :

      « L’Etat belge est une administration, sans plus. »

      Franchement que dire de la France ? avec la Corse ? l’Alsace ? les Bretons ? les Basques et autant de régions qui revendiquent une identité linguistique quand ce n’est pas tout simplement des desiderata doublés de considérations raciales, territoriales voir ethniques .

      Quitte à élargir le débat de manière concentrique par delà la Belgique vers toute l’Europe. Ne penses tu pas que une fois la boite de pandore ré ouverte, le cas Belge faisant jurisprudence , le continent ne se dissolve dans le régionalisme promut de toute part par Bruxelles (l’UE) et sombre finalement dans une Balkanisation telle que l’Europe n’en a connu depuis 1914 ?


    • TALL 21 novembre 2007 09:40

      Je pense que non pour un motif important : la Belgique, c’est un fédéralisme à 2 et il s’avère qu’ici, c’est la partie majoritaire ( 6 milions de Flamands sur 10,5 millions de Belges ) qui n’en veut plus. Ce n’est donc pas comparable aux régions françaises ou ailleurs.

      En vertu de la logique qui veut que l’on ne s’associe que si chacun y trouve un avantage, le fédéralisme à 2 est un vase de cristal. Je crois que c’est une des leçons à retenir de l’histoire belge.

      C’est tellement vrai qu’on a bidouillé en Belgique toute une série de garde-fous légaux contre le vote pourtant démocratique d’une communauté contre une autre. Mais ces garde-fous ont leurs limites. Ils freinent le processus pour calmer le jeu, c’est tout.

      Exemple : aujourd’hui, si tout est bloqué, c’est parce que les revendications flamandes sur la réforme de l’Etat exigent les 2/3 des voix au Parlement. Or le gouvernement en formation ne l’a pas, et ceux ( les socialistes ) qui devraient fournir l’appoint de voix refusent de le faire sans entrer dans le gouvernement, ce que les libéraux, vainqueurs des élections, refusent.

      Ceci dit, même si les libéraux finissaient par accepter une tri- ou quadripartite ( avec les verts ) ce n’est pas résolu pour autant, tant les exigences sur les réformes sont éloignées l’une de l’autre. C’est bien simple : les Flamands veulent carrément dépecer le fédéral ( il ne resterait que l’armée, le Roi et des bricoles ) et le francophones veulent tout garder comme c’est ( fiscalité, sécu, emploi .. ).

      Et pour tout simplifier, dans 18 mois, il y a des élections régionales, et le premier parti qui baissera son pantalon devant l’autre communauté sera impitoyablement sanctionné dans les urnes. Les opinions étant bien en phase avec le politique quoiqu’en disent les Belgicains.


    • La Taverne des Poètes 20 novembre 2007 11:28

      Vous n’allez pas vous faire que des amis avec cet article ici. Pour mémoire, j’ai rédigé un article sur ce thème (un de mes rares articles -3 ou 4 sur 180- ayant fait moins de 50 %.)« L’Europe, un goût extrême » : http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=17980

      Bon courage !


      • Neos 20 novembre 2007 19:33

        @ la Taverne

        Cet article n’est pas là pour plaire aux amis, mais pour débattre d’un sujet très sensible qui ne doit pas être mis à la trappe.

        Il sera intéressant d’analyser, après quelques jours de débat, quelles sont les positions défendues par les intervenants et lecteurs d’AGV sur le sujet du ’nationalisme’.


      • SALOMON2345 20 novembre 2007 11:56

        NATIONALISTE ....BEURRRRRK !

        - Lorsque vous reprochez à certains africains une faute patente (universelle donc indiscutable) : s’ils sont de mauvaise foi, ils vous accuseront de « RACISME » !
        - Un Israëlien malhonnête et jugé à ce titre vous accusera « d’ANTISEMITE » si vous stigmatisez ses actes délictueux !
        - Un géant, surprenant un nain également malhonnête, se verra traiter de « PROFITEUR » (de sa taille) s’il gueule après le petit ... Pour l’Europe, c’est identique :
        - lorsque le bureau de poste ferme...
        - que le train ne s’arrête plus à votre gare...
        - que votre emploi est supprimé car vous « COUTEZ » désormais TROP cher, etc, etc, etc...nous sommes dans la même réthorique sophiste, la même volonté de jouer les idées au boneteau, ce jeu malhonnête qui consiste à troubler, à dessein, la vision exacte de toute chose, comme dans les textes « illisibles » de certains contrats d’assurance, soustraits à la vigilance du contractant car écrits en trop petits caractères et en termes « ésotériques » ! On peut être Européen convaincu, voter OUI, accepter tous les partages possibles avec les autres pays, mais on peut aussi - sans être accusé ni de ringardise ni de nationalisme réactionnaire anti étranger - s’interroger sur : comment une LEGALITE sournoise (voir plus haut) s’est ainsi opposée à une LEGITIMITE dont les pleurs sur la poste, la gare et l’emploi disparus (et beaucoup d’autres sujets encore) en sont la manifestation sincère et sans équivoque possible ! Pierre Mendès France avait une autre conception de la démocratie et son honnêté foncière lui interdisait de manipuler l’opinion : il ne trichait pas, lui ! Tous les votes sur l’Europe, lorsque l’on mesure aujourd’hui l’égarement des idées, me font penser à l’élection d’un restaurant dans lequel on ne vous présente ni menu, ni carte, ni genre de gastronomie, et dans lequel vous devrez vous contenter du simple plat du jour...obligatoire ! Les peuples ne sont pas des imbéciles dont on doit dissimuler le destin commun envisagé par « LES EXPERTS »... OUI, j’aime l’Europe mais je ne veux pas que l’ON décide à ma place - et sans pouvoir en débattre - à quelle sauce dois-je consommer les aliments. Je ne veux pas de chocolat avec des graisses doûteuses, je veux bien de la « rissa » dans le couscous mais pas imposée dans la choucroute, je veux pouvoir consommer de la moutarde de Dijon et d’ailleurs, les deux ou plus encore mais pas qu’une seule, je veux que le Basque continue à manger basque, le l’Auvergnat comme à Clermond et le far comme à Brest, les spaghettis comme à Milan, etc... je veux toutes les saveurs d’Europe, pas comme aux USA dont l’uniformité créerai notre ennui...un Mac’do, oui, ,mais de temps en temps seulement ! Au-delà de la métaphore gastronomique, je veux de la pédagogie et non de la propagande, de la démocratie et non de la démagogie pour cette Europe qui me fait rêver...à cette condition. Non je ne suis pas nationaliste (celui qui déteste l’étranger) et l’organisation sociale, sociétale, économique et in fine politique de mon pays, me regarde ! Hier j’ai voté OUI, demain je m’interroge !!!.....


        • Alpo47 Alpo47 20 novembre 2007 12:05

          Donc, et si je comprends bien l’auteur, la majorité de citoyens européens hostiles à CETTE UNION LA (Dixit Sarkozy), sont des ignorants, « nationalistes ».

          Comment pourrait on être pour une Europe qui ignore les opinions publiques pour prendre des décisions, toujours favorables aux lobbies ?

          Qui retire le pouvoir aux élus, pour le confier à des fonctionnaires anonymes ?

          Qui continue accélère une politique d’intégration de pays de moins en moins européens ?

          Qui va progressivement vers davantage d’intégration à l’OTAN, préalable à des aventures militaires extérieures ?

          Qui réduit chaque jour davantage nos libertés individuelles ?

          Les citoyens disent NON, les élus et fonctionnaires européens disent OUI, voilà la meilleure description du fonctionnement de l’Union Européenne ?


          • JL JL 20 novembre 2007 12:14

            Je regrette, je n’ai pas réussi à lire cette litanie de poncifs jusqu’au bout, tant la conclusion de Néos est perceptible : chacune de ses phrases nous dit : « mort à l’Etat nation ».

            Mais quid de la démocratie ? Si vous ne savez pas ce que c’est, n’hésitez pas à vous renseigner. smiley


            • Neos 20 novembre 2007 19:37

              @ JL

              Je vous renvoie à mes interventions un peu plus haut. Le nationalisme n’est pas la Etat-nation et l’Etat membre est partie intégrante (et je l’espère pour longtemps) du système européen actuel. Sans la nation, il n’est plus d’Union européenne, puisque ce sont les Etats, avec leur peuple, qui sont les éléments essentiels à son existence.


            • JL JL 20 novembre 2007 14:00

              AEgidius Rex, les mots sont des armes, encore faut-il qu’ils soient portés : ce sont les médias qui portent les mots. A ce sujet il n’est pas inutile de rappeler que « la liberté de la presse est entière, il suffit d’avoir les milliards nécessaires » (Alfred Sauvy).

              N’importe quel âne qui encence ce parti de la presse et de l’argent voit sa parole diffusée dans des milliers de journeaux, des millions de récepteurs. Ici nous sommes des milliers à parler, qui nous entend ?


            • HELIOS HELIOS 20 novembre 2007 18:03

              «  »« Si l’opinion inverse est majoritaire, d’un seul coup, on ne parle plus de démocratie mais de dictature de la majorité. »«  »

              je diras même mieux, on vous taxe de « populisme » !


            • JL JL 20 novembre 2007 19:04

              Qui est majoritaire ? surement pas ceux qui craignent le recours au référendum !


            • Neos 20 novembre 2007 19:41

              @ Ægidius REX

              Le déficit démocratique est en effet bien présent et je suis de ceux qui le regrettent. L’Union européenne (mais aussi ses Etats membres) a besoin de + d’implication des peuples qui la composent et de + de dialogue entre ces peuples et leurs dirigeants.

              Concernant la nationalisme, il est heureux qu’aucun parti nationaliste ne soit au pouvoir actuellement dans aucun des Etats membres en Europe. Mais ceci demeure naturellement une réflexion tout à fait personnelle.


            • Internaute Internaute 20 novembre 2007 13:16

              Cet article est d’une mauvaise foi effrayante. En plus c’est un tissus de contradictions.

              D’un côté Néos nous dit :

              « A quoi bon être nationaliste aujourd’hui ? Que peut-on gagner à vouloir s’enfermer dans des certitudes selon lesquelles l’on vivrait mieux sans les autres,... »

              et de l’autre son contraire :

              « A quelques milliers de kilomètes, un peuple est peut-être en train de voir le bout du tunnel. Blessé par plus de dix années de tutelle par son voisin serbe, le Kosovo, sous l’égide de l’administration onusienne, a organisé en ce même dimanche 18 novembre des élections législatives et devrait, malgré une situation économique désastreuse, goûter à des vertus qui n’ont, elles, pas de prix : la liberté et l’indépendance. »

              On remarquera au passage que la sécession du Kosovo, totalement illégale du point de vue du droit international, est faite par la force des instances internationales. On notera le terme « voisin serbe » en parlant d’une province serbe. A quand la libération du pays basque de la tutelle de leurs voisins français ?

              Néos broie les peuples comme un chien son os. Seul le pouvoir supranational est sa tasse de thé et n’importe quelle ineptie est bonne à dire pourvu qu’elle pousse son pion. Il est facile de parler du « peuple kosovar » aprés avoir vidé la province de ses habitants serbes et fait rentrer des centaines de milliers de personnes depuis l’Albanie voisine.

              Cet article est un tissus de mensonges provocateurs. Il est digne de Lénine et ne vaut pas plus que les pamphlets communistes du siècle dernier.

              Le grand danger des gens comme Néos est qu’ils ravivent des replis sur soi qui n’existeraient pas sans lui. L’UE cherche l’affaiblissement des pouvoirs nationaux au profit de « régions » si possible inter-nationales. Le résultat en est la détestable situation belge où les régions flamandes et wallones tirent chacune la couverture à soi, face à un pouvoir belge qui n’existe plus que sur le papier.

              Le nationalisme est au contraire l’ultime rempart contre le démantèlement que nous propose l’UE. Il nous offre la voie d’une associatoin de nations, dans le respect des intérêts mutuels, sûrement pas d’un replis sur soi. Ce sont des gens comme Néos qui se recrocquevillent sur l’idée qu’ils se font du pouvoir mondial.

              Néos parle de la crise du TIS en laissant sous-entendre que le problème des roumains en Italie viendrait d’un nationalisme de droite (extrême). Il oublie soigneusement de vous dire qu’elle vient du chef du gouvernement italien Romano Prodi, qui souhaite renvoyer les roumains d’Italie. Il oublie soigneusement de vous dire que Romano Prodi a été le Président de la Commission Européenne pendant les années où justement l’UE a mis en place l’élargissement et ce « brassage » des populations qui lui semble si cher. A l’époque, Romano Prodi a été incapable d’apréhender les conséquences désastreuses de ces politiques pour son propre pays. C’est cependant à ce genre de personnages que Néos nous invite maintenant à confier nos destinées.

              Ouvrons les yeux et ne suivons pas ce joueur de flûteau qui nous conduit à la falaise.


              • JL JL 20 novembre 2007 14:19

                Internaute, je me suis fais la même réflexion. Ce qui prouve une fois de plus que ces gens là qui soutiennent l’insoutenable disent n’importe quoi.

                C’est le propre du populisme dont l’un des moyens consiste à déstructurer la pensée pour la formater à sa convenance.

                Comme on le sait, le populisme n’est pas le propre d’une idéologie donnée mais est le fait de toutes les idéologies : « le populisme spécifique à une idéologie X est toujours un anti-discours de cette idéologie X en même temps qu’un discours opposé à l’idéologie anti-X ».


              • Neos 20 novembre 2007 20:00

                @ Internaute

                Je me doutais bien qu’il y aurait une intervention d’un internaute sur le passage que vous évoquez.

                La lutte pour l’indépendance nationale et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes sont des droits qui sont entrés au panthéon des règles régissant la société internationale.

                Ma référence à cette lutte que mènent les Kosovars aujourd’hui - et qui s’avère avoir lieu en ce moment puisque des élections ont eu lieu ce week end - témoigne de l’importance que pèse la nation sur le cours de l’histoire d’un peuple et d’un Etat.

                Cette référence à la lutte pour l’indépendance nationale kosovar, je l’ai souhaitée dans mon article pour montrer un aspect constructif et ‘positif’ de l’activisme en faveur de l’unité et de l’édification d’un Etat.

                En revanche, et je reviens une fois encore dessus, les exacerbations nationalistes, les discours prêchant la haine, l’intolérance et le culte de la différence, sont des éléments regrettables qui malheureusement accompagnent ce genre d’événement historique. Le discours du président serbe Slobodan Milosevic, prononcé en 1987 sur ces terres kosovars, est un exemple des dérives nationalistes et populistes qui ont engendré tant de haine et de terreur dans ces régions des balkans.

                La nation est une belle invention de notre histoire en ce qu’elle a permis depuis le XVIIIe siècle aux peuples de se réunir puis de stabiliser leurs structures étatiques autour de valeurs communes et d’un avenir en commun.

                Vous me contredirez si je me trompe, mais le nationalisme n’a eu pour effet au XXe siècle que de plonger le monde dans la misère et dans l’effroi.


              • Internaute Internaute 20 novembre 2007 21:00

                La nation telle que vous en parlez existait déjà sous l’ancien régime. Ce n’est pas tant le nationalisme qui a conduit aux désastres des deux guerres mondiales que l’exacerbation de celui-ci fait par la presse de l’époque. N’importe quel autre véhicule des sentiments humains aurait tout aussi bien servi, la religion par exemple (Cf la St. Barthélémy) ou la lutte des classes (Cf les 50 millions de morts en URSS). La presse est plus coupable dans cette affaire que le nationalisme. Aujourd’hui les gens ont d’autre sons de cloche que le quotidien local. Un tel danger semble donc écarté.

                Je ne vois pas ce qui vous choque dans une association de nations. C’est d’ailleurs ce qui a fait la force de l’Europe jusqu’à la chienlit actuelle. Le grand melting-pot ne nous amènera que des déracinements et des misères.


              • elric 20 novembre 2007 13:31

                attention il ne faut pas confondre nationnalisme et patriotisme,comme le disait Romain Garry:le patriotisme c’est l’amour des siens ,le nationnalisme c’est la haine des autres.Pour moi le nationnalisme demeure une perverssion,ce n’est nullement un rempart,il a été responsable de moult conflit ,sa disparition ne me gènerait pas.De toute façon,le supranationnalisme n’ira qu’en se dévelloppant et c’est tant mieux.


                • Internaute Internaute 20 novembre 2007 13:40

                  Nationalisme, patriotisme, souverainisme... il n’y a pas beaucoup de différences dans tout cela.


                • Neos 20 novembre 2007 22:57

                  @Internaute

                  C’est justement là que vous faites erreur. On peut être patriote, aimer la nation, vouloir préserver une identité nationale. Et adopter une attitude modérée.

                  Ce que le nationalisme, sous des élans de passion et d’exaltation, réprouve par nature.


                • Yannick Harrel Yannick Harrel 20 novembre 2007 13:42

                  Bonjour,

                  Autant je dois vous avouer avoir bien apprécié la première partie de votre article, autant la seconde me laisse bien plus dubitatif.

                  N’enterrez pas si vite l’Etat-nation, il a la peau dure vous savez. Du reste, l’une de ses bases les plus solides est qu’il repose sur le sentiment d’appartenir à une communauté de destin, fondée ou non sur une homogénéité ethnique. Qu’on le veuille ou non, l’être humain a besoin de se rattacher à un groupe identifiable au sein duquel il se reconnait et attend la protection des siens. L’Etat-nation c’est l’avènement de la reconnaissance du peuple et de son histoire sur le devant de la scène mondiale.

                  En outre, l’Union Européenne m’étonne par certains de ses choix : elle vise à dissoudre le lien citoyen-nation pour le remplacer par un vague lien consommateur-institution et dans le même temps, flatte le sentiment identitaire en exacerbant le régionalisme et la sédition sur base ethnique (cf Kosovo). A quel jeu joue Bruxelles ? J’aimerais bien le savoir...

                  Cordialement


                  • JL JL 20 novembre 2007 14:07

                    Y. Harel, bonne critique, un modèle de force et de modération. smiley


                  • Yannick Harrel Yannick Harrel 20 novembre 2007 14:46

                    @JL

                    Merci smiley

                    J’aimerais quand même avoir une réponse à mes interrogations. Je ne vous cache pas que mes sentiments Europhiles se sont étiolés au fil des ans lorsque j’aie compris que les peuples n’avaient pas leur mot à dire sur la construction qui pourtant se faisait en leur nom.

                    Le grand dessein Européen dressé par les pères de l’Europe a sacrément pâli et désormais se fait en force, sans consultation populaire, et sur une base uniquement économique. La construction Européenne m’apparait plus désormais comme une fuite en avant qu’autre chose smiley

                    Cordialement


                  • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 20 novembre 2007 18:07

                    Sur le plan du droit je me sens plus protégé actuellement par l’Europe que par la vision de la justice qui sévit en France !

                    Quant à la solidarité en France ; ce qui se passe rue de la Banque à Paris, donne froid dans le dos : il est vrai que ces personnes et ses familles mal-logées ne sont pas toutes composées de français soi-disant de souche...

                    Pour moi qui suis anti-nationaliste, ces personnes font partie de la nation française, comme entité juridique et citoyenne, dès lors qu’elles y travaillent et y vivent.

                    Comme quoi on peut défendre la solidarité « nationale » contre le nationalisme exclusif.


                  • HELIOS HELIOS 20 novembre 2007 18:09

                    Pour le Kosovo, essayez de voir si un autre angle d’analyse permet de mieux comprendre... par exemple, la religion !


                  • Neos 20 novembre 2007 20:22

                    @ Yannick

                    merci pour vos commentaires.

                    Au risque de me répéter, mais cela a du bon pour que vous n’ayez point à remonter trop haut pour retrouver mes commentaires au long de ce débat, je pense que l’Etat-nation fait partie intégrante de l’Union européenne, et j’espère sincèrement qu’il en sera ainsi encore longtemps.

                    Les Etats membres et leur peuple constituent les éléments essentiels du système de l’UE. Vous enlevez les-uns ou les-autres et c’est l’ensemblede l’édifice qui s’effondre.

                    Relisez-moi bien et vous percevrez, je n’en doute pas, la subtilité que j’essaye de faire passer dans mon message. Par « penser notre avenir au-delà des nations », j’entends non pas ’imaginer un système sans les nations’, mais tenter ’d’imaginer un moyen de nous organiser AVEC les nations au-delà de leur organisation structurelle nationale.’

                    Cette réflexion que je ne suis pas seul à diffuser vise à renforcer l’implication des peuples (et donc les nations) dans les activités qui dépassent leurs frontières nationales, à réflechir aux moyens dont nous disposons pour nous permettre ensemble (sans concevoir un instant de supprimer quoi que ce soit) de mieux nous organiser à une échelle transnationale, le tout afin de répondre avec + d’efficacité aux divers besoins que nous impose l’évolution du monde international d’aujourd’hui et surtout de demain.

                    Le constat est simple : les Etats ont des difficultés venant de l’extérieur de leurs frontières face auxquelles ils ne peuvent faire face seuls.

                    Or, comme ils ne souhaitent (les peuples non plus d’ailleurs) se soumettre à aucune autorité de nature étatique supérieure à la-leur (vous me suivez ?), il devient nécessaire de trouver un équilibre satisfaisant entre (1) répondre à cette mutation internationale avec laquelle nous devons vivre (même si ne sommes pas d’accord) et (2) impliquer toujours un peu + les Etats et les peuples dans un processus où tout le monde conservera son identité et sa diversité,, mais où tout le monde aussi participera à l’élaboration de mécanismes politiques, économiques, institutionnels, sociaux, fiscaux, etc qui nous permettent de continuer à vivre ensemble (et bien) le plus longtemps possible sur le continent européen.


                  • Neos 20 novembre 2007 20:58

                    @ Yannick

                    Je suis tout à fait d’accord concernant votre regard porté sur le déficit démocratique. Les peuples sont devenus demandeurs et souhaitent devenir + acteurs, ils souhaitent s’approprier le thème de la construction européenne et en faire une question essentielle de leur quotidien.

                    Je pense que nos dirigeants ont conscience de cette évolution.

                    Je pense aussi que nos dirigeants (en France : le Président de la République, les membres du gouvernement) craignent fortement de perdre beaucoup d’influence politique à l’échelle nationale en cédant du pouvoir à l’institution du Conseil de l’Union européenne (où ils siègent plusieurs fois par mois mais où leur position politique est discutée à 27... ce qui naturellement dilue considérablement le poids individuel de leur décision)

                    Je pense que nos parlementaires (députés et sénateurs) craignent fortement de perdre beaucoup d’influence politique à l’échelle nationale en cédant du pouvoir à leurs homologues députés européens qui représentent EN PRINCIPE la voix des peuples européens. Pour entendre la voix des électeurs qui souhaitent peser sur les décisions européennes, vous avez compris qu’il faudrait que les députés européens puissent s’exprimer mieux (et plus fort) sur les préoccupations des citoyens européens.

                    Lorsqu’il fait face à des interrogations, à des problèmes, le peuple apostrophe ses députés nationaux. Il interroge son gouvernement national. Un usage, une habitude... une facilité peut-être.

                    Posons-nous la question : et si nous changions de cible pour des questions sur lesquelles nos représentants nationaux n’ont peu ou prou aucun poids. Pensez-vous que nos dirigeants pourraient longtemps boter en touche si les peuples poussaient les médias à aller les interroger à Bruxelles sur le résultat de leurs travaux (et accessoirement sur les échecs politiques ?)

                    Pensez-vous un instant que nos députés européens rechigneraient à s’exprimer si on les interrogeait sur les problèmes de nos pêcheurs, de l’absence de coordination économique en Europe, sur la hausse du prix de l’essence à la pompe ? Bien sûr qu’ils auraient beaucoup à dire ! Et de parler des blocages de tel ou tel président national, des mauvaises gestions (nationales) des aides structurelles européennes, de la ponction fiscale énorme de certains Etats sur les énergies... Vous imaginez la grogne dans les ministères ! Et la tête des gens découvrant que l’on paye beaucoup moins dans d’autres Etats membres... Quel embarras pour nos gouvernement nationaux !

                    Enfin, interrogeons-nous : lorsque Michel Barnier, proche de Nicolas Sarkozy, prônait, il y a environ 2 ans, la réconciliation des héritiers de Jean Monnet et de Charles de Gaulle, en proposant l’organisation d’une grande consultation populaire (de type referendum) pour faire adopter le traité établissant une Constitution pour l’Europe (...) pensez-vous un instant que cette idée fantastique pour briser le déficit démocratique européen ait été prise au sérieux par des hommes politiques soucieux de conserver leur pouvoir au niveau national et que j’ai décrit ci-dessus ?

                    Les peuples réclament qu’on les écoute lorsqu’ils s’expriment. Je pense pour ma part qu’un jour viendra où nos dirigeants (peut être au sein des nouvelles générations d’hommes politiques) consulteront soit par le biais de partis réformés et résolument modernes, soit au-delà des frontières nationales (puisque les appareils de partis vérouillent l’expression au niveau national), les avis des citoyens.


                  • stradiuvarius 20 novembre 2007 22:07

                    « Sur le plan du droit je me sens plus protégé actuellement par l’Europe que par la vision de la justice qui sévit en France ! »

                    >Evidemment, puisqu’en tant que retraité, Mr Reboul n’a plus à faire à la Justice Sociale, celle qui par exemple statue sur les Droits des salariés en France. Car au niveau Européen, autant dire qu’elle est parfaitement inexistante et/ou inféodée à la vision ultra libérale donc anglo saxonne, puisque le modèle Français est par définition un contre exemple, honnis.
                    -  Il n’empêche que Mr Reboul peut remercier (chaque jour) l’Etat Français ainsi que ses travailleurs (toujours Français) de lui permettre aujourd’hui de vivre de LEURS prélèvements obligatoires via sa retraite de l’Enseignement nationale (si toutefois ce sbire a jamais enseigné en France). Je propose pour ma part de faire travailler les ingrats de son genre jusqu’à 75 ans afin qu’ils prennent l’exacte mesure de ce qu’est le Droit Français et de ce qu’il pourrait devenir si nous nous plions à l’Europe. Salubrité publique !


                  • Yannick Harrel Yannick Harrel 21 novembre 2007 09:20

                    @Neos

                    Bonjour,

                    Merci d’avoir pris le temps et la peine de me répondre sur ce sujet passionnant (et passionnel) qu’est l’Europe et les identités nationales.

                    En réalité c’est surtout ce passage-ci qui m’a fait bondir : « L’Etat nation, produit de la centralisation passée et des révolutions des XVIIIe et XIXe siècles, n’est en effet plus adapté à l’intégration économique et structurelle mondiale. » Or, force est de constater qu’en 2007 les Etats-nations sont bien portants et qu’au sein même de l’Europe, les PECOs sont très jaloux de leur identité (vivant moi même dans une capitale Européenne j’ai plus que souvent l’occasion de cotoyer des Européens de tous horizons et d’attester cette particularité). Le dysfonctionnement de l’UE c’est qu’actuellement nous sommes dans un entre-deux qui paralyse tout le système : à la fois les Etats nationaux et les instances dirigeantes de l’UE. D’où la quasi-absence de l’UE dans les grandes questions politico-économico-sociales du monde...

                    Quant au déficit démocratique, il y a une confluence de plusieurs problèmes : tout d’abord le fait que nos parlements nationaux ne sont pratiquement plus que des chambres d’enregistrement de la réglementation Européenne. Mais aussi le fait que les élections Européennes soient aussi boudées par les ténors de la politique nationale, au point de n’y envoyer que des sous-fifres ! Torts partagés on va dire... Sauf que l’UE qui s’est construite sur une idée a dû commencer par l’économique, qui n’est pas le chemin le plus démocratique qui soit, et n’a malheureusement pas réussi à impliquer les Europeuples dans sa marche ces dernières années. Au contraire : les réticences se font de plus en plus jour ! Problème de communication ? Entre autres, mais surtout un processus sui generis qui tend à ignorer de plus en plus la voix du peuple : la crise actuelle des référendums nationaux en est un exemple malheureux qui démontre que les instances Européennes jouent à la politique de l’autruche en tablant sur le « fait accompli ».

                    Grave erreur car rien ne s’est jamais accompli de durable sans l’assentiment des peuples.

                    Cordialement


                  • daniel 20 novembre 2007 15:33

                    1- Plutot que la petite phrase de Gary (qui visait, je crois, la perversion nationaliste franquiste) je prefére me réferer à l’idée de Nation telle que la définissait Renan.

                    L’idée de Nation pour souillée ou trahie qu’elle ait été par certains régimes, demeure une des plus nobles que l’histoire ait portée. Que des régimes génocidaires ou dictatoriaux se soient parés du nom de « république démocratique » ne remet pas en cause ni la démocratie ni la république... Et cette même république s’est dressée en 1792 en criant « vive la nation ! » à Valmy.

                    2- Crier « à mort la nation » comme le fait l’auteur, tout en se réjouissant de l’émergence d’une « nation » kosovar , qui est à l’idée de nation ce que le national-socialisme est à l’idée de socialisme, est un comble.

                    Ce Kosovo « nouveau » s’est construit sur le meurtre, le viol, et la négation de l’autre. Il ne s’agit même pas de haine de l’étranger , mais de haine du frére et de la soeur d’hier...Il s’agit d’une épuration ethnique où les légitime occupants d’un pays sont chassés de chez eux , assassinés, torturés....Cela sous le regard bovin d’une communauté internationale tétanisée par la trouille et la fascination pour le geste auguste du bourreau...

                    On ne refera pas l’histoire , mais il faudra bien un jour mettre au grand jour la gigantesque entreprise de bourrage de crâne qui a été la VO de l’explosion yougoslave.


                    • Neos 20 novembre 2007 21:03

                      @ Daniel

                      Je vous renvoie à mes post précédents. Il n’est aucunement en mon esprit de vouloir porter atteinte à la nation. Les Etats membres et leur peuple font partie intégrante de l’Union européenne et je souhaite qu’il en soit encore longtemps ainsi.

                      En revanche, au même titre que Sylvain Reboul, je ne cautionne en aucun cas les idéologies nationalistes.

                      C’est en ce sens d’ailleurs que j’ai choisi le titre que porte cet article.


                    • Fenzy 20 novembre 2007 17:52

                      Présentation de l’auteur Neos (Bruxelles)

                      " 35 ans, juriste et consultant européen. Passionné par l’Union européenne, je vis la plupart du temps à l’étranger. "
                      - > Monsieur Neos mange dans la gamelle de la bureaucratie bruxelloise et trouve ça génial. D’ailleurs, il vit à l’étranger, c’est à dire en Belgique quand on en français : quel audace !

                      " J’ai décidé d’écrire sur ce site car je pense que beaucoup trop de français ignorent la nature et la finalité de l’Union européenne, et a fortiori son fonctionnement. "
                      - > Monsieur Neos prend les lecteurs d’Agoravox pour des cons, qui bien sûr auraient répondu ’non’ au référendum sur le TCE sans avoir pris soin de le lire et d’en débattre pour en arriver à la conclusion de son antidémocratisme et de son caractère despotique technocratique. Heureusement, Monsieur Neoxs est là pour nous porter la bonne parole, à nous les beaufs franchouilles.

                      " Et l’ignorance n’a pas sa place dans cette société de l’information en gestation. "
                      - > Justement, avec Monsieur Neos, nous passons de l’ombre à la lumière, ô joie. Sachez donc que : nation=caca, nation=vilains fachos, alors que UE=bien, UE= plein de gens éclairés qui savent ce qui est bon pour vous.

                      " Tout comme un homme politique bien connu, je demeure convaincu que l’instrument de l’Union est un espoir « pour peser sur l’évolution du monde et construire cette société (...)  »
                      - > Tout comme un homme bien connu dans les milieux autorisés, Monsieur Neos sa gargarise de phrases sans queue ni tête, ethérées, dont on se demande bien de quoi elle parlent : espoir, construire, harmonie, peace, love bla bla bla

                      Bravo et merci, Monsieur Neos smiley

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