Alors que le parlement doit voter ce soir vers minuit le protocole imposé par la troïka, les manifestations dégénèrent en émeutes dans le centre d'Athènes où les incendies se multiplient.
20h50, Place de la constitution.
La nuit est tombée sur la place Syndagma ( place de la constitution) et les ambulances traversent l'athmosphère chargée de gaz lacrymogène et de fumées. Depuis midi, les manifestants n'ont cessé d'affluer place Syndagma qui était noire de monde. Plusieurs personnalités comme Mikis Thodorakis se sont jointes aux simples citoyens !
Mais en fin d'après midi des échauffourées ont éclaté et la police a tenté de disperser la foule sans y parvenir durablement. La foule est revenue devant le parlement quand les nuages chimiques se sont dispersés.
La nuit tombée, les manifestants alignés devant le parlement éclairent les fenêtres du batiment avec des pointeurs laser vert pour signaler leur présence aux deputés qui s'apprètent à voter le le train de mesures que la troïka impose à la Grèce pour lui accorder la prochaine tranche de prêts.
Plus loin, des manifestants excedés cherchent à en découdre avec les forces de l'ordre - qui ont à plusieurs reprise tenté de les disperser - et bougent sans cesse pour éviter le contact avec les cordons de sécurité. Les cocktail Molotov répondent aux grenades lacrymogènes. Ici et là des groupes de casseurs démolissent des vitrines de banques et de commerces.
L'agence Eurobank est en flammes. Quelques rues plus loin trois autres banques brûlent ainsi que les bureaux d'une agence du ministère de l'économie. À côté, une cafétéria brûle aussi, ponctuée par les explosions de cannettes ou d'autres consommables.
L'opinion a été particulièrement remontée par les déclarations du ministre du travail à la télévision, qui ont fait le buzz toute la journée sur Internet.
Interrogé par un journaliste sur le temps qu'il avait eu lors de l'eurogroup pour lire le protocole avant de le signer il avait déclaré l'avoir signé sans l'avoir lu !
Quand le journaliste estomaqué lui demandé comment il pouvait engager l'avenir du pays sur des réformes dont il ignorait la teneur, le ministre a expliqué que ce n'était pas son travail de lire les traités, qu'il y avait des collaborateurs pour ça et que de toute façon ils étaient le dos au mur.
Cette aveu naïf de démission de la part d'un représentant du pays a été la goutte qui a fait déborder le vase pour de nombreux grecs qui disent maintenant vouloir que les choses "pètent" pour se débarrasser d'une classe politique largement décrédibilisée et que de plus en plus de citoyens considèrent comme au mieux des lâches, et des corrompus, au pire des traitres.
Les députés du parti socialistes ont été menacés de représailles par M. Papandreou s'ils ne votent pas le programme de rigueur ce soir, ce qui va sans doute mener à la création d'un parti socialiste dissident dans les jours qui viennent. Le sentiment de siège pour les élus a pris un tour plus dramatique quand les nuages de lacrymogènes ont commencé à envahir les locaux du parlement grec.
Cependant le verrouillage politique semble tel que les manifestants sont persuadés que le texte sera voté en dépit des dissidences de parlementaires et de ministres démissionnaires.
La tention est palpable et il est à redouter que l'adoption des mesures ne provoque une nuit de violences à travers la capitale grecque.
Aldous, d'Athenes pour Agoravox.

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