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Ordures de Naples : bravo Berlusconi !

A l’occasion des dernières élections en Italie, vous avez peut-être entendu Berlusconi promettre d’installer son gouvernement à Naples jusqu’à ce que le problème des ordures qui encombraient la ville soit résolu. A l’époque, il y en avait dans les rues de Naples une quantité estimée à 35 000 tonnes !

Il n’a pas tenu toutes ses promesses en ce sens qu’il n’a pas vraiment installé son gouvernement à Naples, mais son premier Conseil des ministres s’y est effectivement tenu le 21 mai et depuis il y passait une journée par semaine pour faire le point. Par contre, il a effectivement réussi en trois mois de temps à dégager les 35 000 tonnes d’ordures ménagères des rues ! Même les banlieues éloignées et les petites routes qui étaient jonchées de détritus ont été dégagées et la puanteur a disparu.

Comment a-t-il réussi ? Sans surprise, en employant la manière forte. Car le problème résidait dans l’égoïsme des élus et des électeurs qui souhaitaient tous que les nouvelles décharges et les ordures soient mises ailleurs que sur leur commune. Un exemple extrême du complexe NIMBY, Not in my BackYard ou, en français, Pas derrière chez moi.

La personne nommée pour nettoyer les écuries d’Augias s’appelle Guido Bertolaso, un médecin de 58 ans doté de tous les pouvoirs qui a succédé à quatorze commissaires qui s’étaient succédé avant lui. Berlusconi a proclamé la militarisation des centres de tri et des décharges et a ôté tous pouvoirs aux élus locaux. Le blocage des décharges est désormais passible de peines de prison (5 ans !) et les consortiaux chargés du ramassage qui étaient un haut lieu d’infiltration mafieuse parmi des élus complaisants ont été fermés. Enfin, les maires, dont celui de Naples, ont été sommés de trouver les sites de nouvelles décharges.

Sur le plan physique, ce sont les bulldozers de l’armée qui ont fait le travail de dégagement et géré les décharges. Les trains d’ordures ménagères à destination de l’Allemagne qui coûtaient fort cher ont même été supprimés.

Le problème a donc été réglé, mais ce n’est que temporaire car la solution finale réside dans l’installation de nouvelles décharges et d’incinérateurs qui vont sans doute donner lieu à d’autres batailles homériques entre collectivités locales. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la Commission européenne qui avait lancé une procédure d’infraction à la législation européenne n’a pas voulu la lever tant qu’un cycle complet de traitement n’a pas été mis en place. Le gouvernement s’est donné trois ans pour y parvenir.

M. Romano Prodi, l’ancien Premier ministre et ancien commissaire européen, doit se rendre compte aujourd’hui de la différence entre parler et agir.

Et nous, en France, me direz-vous ? Dans le même temps et alors que la décharge d’Entressens près de Marseille doit fermer le 31 décembre 2008, le nouveau président de la Communauté urbaine de Marseille, Eugène Caselli, envisage de maintenir voire d’augmenter la surface de la décharge qui d’après lui est à 98 % aux normes européennes. Quant à l’incinérateur en construction sur la zone de Fos qui suscite son lot d’opposition de toutes sortes d’associations, il entend augmenter sa part de méthanisation de l’usine, voire remplacer complètement le processus d’incinération. Voilà donc une usine qui ne verra pas le jour avant longtemps.

Finalement, nous ne sommes peut-être pas si loin que cela de la situation napolitaine à Marseille !

Un grand bravo à Berlusconi et surtout à son secrétaire d’Etat à l’Urgence sanitaire, Guido Bertolaso, pour leur efficacité dans l’élimination de ce scandale sanitaire.

 

 




par ÇaDérange (son site) vendredi 19 septembre 2008 - 51 réactions
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  • Par Ronny (---.---.---.50) 19 septembre 2008 15:08
    Ronny

    @ auteur,

    Article biaisé. Voyons en effet la méthode et ses conséquences :

    Il s’est agi de réquisitionner des carrières et anciennes décharges fermées depuis des années pour y déposer "en urgence" les ordures napolitiannes. Cette réquisition s’est faite contre l’avis des élus locaux et des populations locales, représentées par les conseils municipaux. Il s’agit donc d’un déni de la représentation locale. Je cite : “Nous réclamons juste le droit de pouvoir gouverner sur nos territoires. Ces décisions ont été prises par-dessus nos têtes, nous n’avons pas été consultés, c’est ça le problème”, déclaration à l’AFP de Massimo Nuvoletti, maire-adjoint de Marano, une commune de gauche limitrophe de Chiaiano.

    Des lors, comment ne pas comprendre la réaction des populations habitant des quartiers défavorisés. Je cite "Depuis vendredi, jour et nuit, des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants de Chiaiano, un quartier au nord-ouest de Naples, bloquent l’accès à d’anciennes carrières que le gouvernement a réquisitionnées par décret, avec neuf autres sites, pour les transformer en décharges afin d’absorber les milliers de tonnes d’ordures en souffrance de la région de Naples, la Campanie."

    Il s’agit donc bien d’un syndrome de "not in my backyard", mais la face visible de celui-ci a concerné des communes défavorisées à qui on impose de l’être davantage, alors que les pressions sont venues, à l’échelle locale, des communes les plus riches, donc de celles qui ont voté Berlusconi majoritairement !!! Elles ne voulaient pas "partager" la question du traitement des ordures. Quoi de plus naturel, et quelque part de plus légitime, que la révolte des populations ! Je cite encore : "Douze personnes ont été blessées vendredi et samedi dans des heurts parfois violents avec les forces de l’ordre. Trois manifestants accusés de violences envers les forces de l’ordre ont été assignés à résidence et seront jugés début juin.... Le gouvernement de Silvio Berlusconi a adopté mercredi lors d’un conseil des ministres symboliquement réuni à Naples, un arsenal de mesures pour résoudre la crise des déchets, dont la “militarisation” des sites choisis pour être transformés en décharges et des sanctions pénales allant jusqu’à l’incarcération pour les personnes qui s’opposeraient à ces décisions... Les personnes incitant aux “désordres” contre la création de décharges risqueront jusqu’à 5 ans de prison tandis que ceux empêchant leur aménagement seront passibles de trois mois à un an de prison, a averti le nouveau chef de gouvernement."

    Rappelons aussi que les ordures ont été judicieusement enlevées des quartiers touristiques. D’après "Le point" : "Les Napolitains respirent et les touristes, qui font traditionnellement étape avant de poursuivre sur Pompéi ou d’embarquer pour Capri, peuvent revenir. Nul effluve ne se dégage plus de la piazza del Plebiscito, et la via Toledo, principale artère commerçante, a été rendue à son grouillement. Les quartiers populaires de la vieille ville eux-mêmes sont exempts de toute pollution visuelle et olfactive." Mais rien n’est réglé dans la périphérie de Naples, et là aussi curieusement dans les quartiers les plus populaires qui croulent toujours sous les sacs plastiques.

    Conséquence de cette politique Berlusconienne que vous encensez ? Je cite Umberto Arena, professeur à l’institut des sciences de l’environnement de l’université de Naples : « D’un point de vue sanitaire, les ordures ménagères qui encombraient les rues de Naples ne constituaient pas un véritable danger ; elles auraient tout au plus pu provoquer une épidémie de gastro... La vraie menace pour la santé publique, c’est précisément l’enfouissement de déchets industriels sans la moindre précaution.  Une couche de bonne terre pour recouvrir le tout et le champ est mis à la disposition d’un maraîcher qui peut tout à loisir y faire pousser fruits et légumes. Et, quand les rebuts ne sont pas enfouis, ils sont brûlés, dégageant dans l’atmosphère d’importantes quantités de dioxine ". 


    Rappelons en effet que certaines communes de l’agglomération napolilaine sont fortement polluées par la dioxine, avec des taux parmi les plus élevés en Europe. Je cite "Le point" toujours : La Campanie est ainsi devenue la région la plus polluée d’Europe. La densité de ces décharges sauvages est telle dans la zone délimitée par les villes de Nola, Marigliano et Acerra qu’elle a été surnommée «  le triangle de la mort  » par la revue médicale The Lancet . Et ce trafic dure depuis une vingtaine d’années, suffisamment longtemps pour que les effets s’en fassent sentir sur les organismes.

    On en a deja vu une consquence récente avec la pollution la dioxine de la mozzarella distribuée partout en Europe...

    Rien n’est donc résolu mais tout a disparu. C’est de la magie sauce Berlusconi, dont les effets se feront sentir en terme de santé publique dans des années... 


    Pour en savoir plus (et être moins affirmatif dans vos assertions) :

    http://www.agoravox.fr/article.php3...
    http://www.lepoint.fr/actualites-mo...
    http://afp.google.com/article/ALeqM...
     

  • Par Laurent Monserrat (---.---.---.59) 19 septembre 2008 16:58
    Laurent Monserrat

    Bonjour,

    Je voudrais m’enthousiasmer avec vous pour le nettoyage de Naples, malheureusement, la réalité est bien plus complexe. C’est la mafia qui gère les entrerprises de recylcage des déchets, les contrats leur ayant été attribués par l’administration Berlusconi. Ces entrerpises utilisent des carrières et non aucun souci des nappes phréatiques ni même de l’environnement tant que cela peut leur rapporter. 

    Le problème des ordures reflètent la manière dont la mafia tient une partie du pays et ce n’est pas parce que les ordures n’apparaissent plus dans les rues qu’elles ont vraiment disparues.

    Je vous invite à lire cet excellent ouvrage ou bien à aller voir le film du même nom, Gomorra qui présente une réalité beaucoup moins souriante.

    Cordialement,

    Laurent

  • Par ZEN (---.---.---.56) 19 septembre 2008 18:02
    ZEN

    "La magie sauce Berlusconi", dont parle Roony

    L’auteur est apparemment un grand admirateur du cavaliere
    Voici de quoi le satisfaire :

    A côté du "Cavaliere" , le héros de O.Welles est un amateur , et Sarkozy a encore du chemin à faire...
    Contrôlant une bonne partie des médias et des maisons d’édition , il est maître du parlement et s’est annexé la justice(immunité) , vidant de sa substance la démocratie italienne, s’ingéniant à nier la politique elle-même.
    Dictature molle , libéralisme "fun" sur fond de médiacratie...________


     "
    . « Un menteur professionnel qui ment à tous, toujours, et aussi à lui-même, au point de croire à ses propres mensonges », disait de lui l’ex-directeur du « Giornale », Indro Montanelli, après l’avoir connu comme éditeur pendant près de quinze ans. « Silvio n’est pas un menteur ; il raconte des histoires. Comme doit le faire un bon vendeur », nuançait son ami Bettino Craxi. Un génie du marketing politique « postmoderne », renchérit même Umberto Eco, persuadé que l’opposition et l’opinion internationale ont totalement sous-estimé son « prodigieux instinct de vendeur ».


     "
    Silvio Berlusconi est le premier nabab des médias à diriger les destinées d’une démocratie occidentale. Avec une surface financière nette estimée à 13 milliards d’euros, le chef du gouvernement italien contrôle 90 % de la télévision nationale. Il ramasse, directement ou indirectement, les droits d’auteur d’un quart de tous les livres publiés en Italie, et a la mainmise sur deux journaux nationaux (l’un tenu par son frère, l’autre par sa femme). Il contrôle également les principaux réseaux de distribution de la plupart des magazines et des films circulant en Italie et gère une manne de près de 60 % des ventes publicitaires de toute la télévision. En Italie, où la plupart des gens sont informés par le biais de la télévision, le contrôle des ondes hertziennes représente un atout politique inestimable. Pas très étonnant, dans ce contexte, de voir Berlusconi occuper le fauteuil politique le plus important d’Italie…"________


     "
    Berlusconi n’est pas un problème seulement italien ni européen, mais un problème mondial. Cela est d’autant plus vrai après le « débarquement » de Murdoch en Italie. Ce phénomène est exemplaire pour plusieurs raisons.
    La première est qu’il risque de devenir un modèle général parce qu’il exprime de manière simple et directe un principe qui est au cœur du libéralisme et qu’il possède tous les instruments pour le diffuser de manière capillaire. Ce principe est le suivant : tout objet, toute action et toute pensée peut être achetée et vendue ; c’est donc une marchandise et elle a un prix. Le prix de la communication c’est le contrôle."______________


     "Selon l’hebdomadaire Carta (1), le gouvernement Berlusconi, allié aux forces post-fascistes italiennes , a changé de nature par rapport à celui que le Cavaliere présidait en 2001, et il serait sur le point de mener une « guerre éclair » contre la société italienne. Pour Pierluigi Sullo, directeur de l’hebdomadaire, ce gouvernement « n’incarne pas la farce féroce d’un néolibéralisme « fun », comme il voulait se présenter en 2001. Il est pire que cela, bien pire. Nous n’avons pas encore commencé à comprendre sa véritable nature » (Carta, n° 29)."_____


     "Il y a peut-être quelque chose de plus profond qu’on ne le pense entre le « Cavaliere » et la péninsule. « Silvio Berlusconi reste une bonne autobiographie de la nation : il y a encore une bonne part de l’Italie qui répugne à payer ses impôts et considère que la politique est quelque chose d’impropre », estime le politologue Gianfranco Pasquino, persuadé que l’attitude antipolitique est profondément enracinée dans l’histoire du pays . Comme le disait le chanteur génois Gian Piero Alloisio : « Je ne redoute pas tant Berlusconi en soi que Berlusconi en moi. »(PdG)


     YouTube - Citizen Berlusconi

  • Par Bernard Dugué (---.---.---.89) 19 septembre 2008 18:06
    Bernard Dugué

    Sacré Berlusconi, il a tout mis à la décharge publique, y compris une compagnie aérienne en déficit

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