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Accueil du site > Actualités > Europe > Pertinence de l’argument de géographie physique sur l’adhésion (...)

Pertinence de l’argument de géographie physique sur l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne

L’argument de géographie physique est fréquemment utilisé pour discréditer l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne, puisqu’elle ne possède que 3 % de son territoire en Europe. En étudiant le concept d’Europe géographique et en voyant sa concordance avec la réalité de l’UE, je vais tâcher de montrer que la géographie n’est pas une notion pertinente quant à l’acceptation de la Turquie.

La Turquie a une superficie d’environ 785 000 km², dont 24 000 seulement, soit 3 %, sont situés en Europe, dans la partie turque de l’ancienne Thrace. Par conséquent, il semblerait logique de refuser toute entrée à une union qui se dit européenne puisque son territoire est ultramajoritairement situé hors d’Europe.

Le « continent européen »

Du point de vue de la géographie physique, l’Europe n’est pas un continent, puisque non entouré d’eau. Elle n’est qu’une péninsule - voire un sous-continent - dans un ensemble plus large, l’Eurasie, tout comme l’Anatolie, la péninsule arabique ou le sous-continent indien.

Quels territoires sont alors dépendants de cette péninsule ? Si la définition traditionnelle veut que l’Europe aille de l’Atlantique à l’Oural, la question de la limite sud-est n’est pas tranchée. Le Caucase peut faire partie de l’Europe - les trois états qui le composent sont membres du Conseil de l’Europe - ou non, selon les points de vue. L’on voit déjà par cet exemple que l’Europe ne saurait être un ensemble de géographie physique cohérent et sans ambigüités.

La question des îles

Les territoires insulaires ne font pas partie des continents ou des péninsules au sens strict. Cependant, d’un point de vue géologique, sont fréquemment adjoints aux continents les plateaux continentaux, qui sont des zones ayant les mêmes caractéristiques que les continents stricto sensu (lithologie acide, forte épaisseur de la croûte continentale, histoire géologique) mais situés sous le niveau de la mer et qui peuvent réapparaître par ailleurs lors de périodes glaciaires, ainsi que les îles situées sur ces plateaux appelées îles continentales. Sont donc considérées comme européennes les îles britanniques, scandinaves, la Corse et la Sardaigne ; la notion « d’Europe continentale » prend alors tout son sens, l’Europe étant donc plus large que cette dernière.

L’adéquation à la réalité politique

Penchons-nous maintenant sur l’Europe politique. Tous les Etats membres semblent avoir une large part de leur territoire en Europe. Étudions quelques cas.

La situation française

La France, de par son ancien empire colonial, possède certaines parties de son territoire hors d’Europe, qui totalisent 65 000 km², soit un peu plus de 10 % du territoire français. Cette partie, de taille certes déjà importante, est dispersée sur toute la planète et ne saurait contrebalancer les 90 % restants situés en Europe, bien qu’anecdotiquement la France partage sa plus longue frontière avec le Brésil.

Le cas danois

Bien qu’a priori anodin, le cas du Danemark est en fait plus complexe. Lors de son accession à la Communauté économique européenne en 1973, celui-ci entre avec ses dépendances, parmi lesquelles, notamment, le Groenland. À cette époque donc, le Danemark possédait seulement 2 % de son territoire en Europe, et la majorité du territoire communautaire était d’ailleurs située en Amérique du Nord - le Groenland est une île continentale - sans que cette situation ne choque. En 1985, après l’application d’une loi de dévolution et un référendum consécutif, le Groenland quitte la Communauté, closant le problème. Il reste toutefois possession danoise qui, bien qu’il possède aujourd’hui l’intégralité de son territoire communautaire en Europe, ne fait partie qu’à 2 % de l’Union.

L’interrogation maltaise

La cas de Malte est moins évident. Cet archipel méditerranéen est en effet situé sur le plateau continental africain, avec la Sicile ; le rift passant dans le détroit de Messine. Géologiquement, l’intégralité du territoire de cet Etat membre est donc hors d’Europe. Il est toutefois possible d’objecter en arguant que la distance séparant l’archipel maltais du continent européen ou à la Sicile est plus faible que celle la raccordant à l’Afrique. Bien que tendancieux, Malte pourrait rester en Union européenne.

Le problème chypriote

Chypre pose des problèmes plus profonds. Cette île de Méditerranée orientale se trouve à la limite des plaques anatolienne et africaine. De plus, elle est largement plus proche des côtes anatoliennes et levantines, moins de 200 km pour chacune, que des côtes européennes : la Crète se trouve à près de 600 km, le Péloponnèse encore plus loin. Géographiquement parlant, Chypre se trouve hors d’Europe et loin de celle-ci ; elle n’aurait donc rien à faire dans l’Union européenne.

À travers ces exemples, nous voyons que l’Union européenne ne saurait s’arrêter aux terres : si le Danemark a été accepté sans problème, c’est parce que le Groenland est fort peu peuplé ; si Chypre l’a également été, c’est parce que sa population, d’origine grecque pour la plupart, a partagé avec les autres populations d’Europe plusieurs millénaires d’Histoire. La Turquie, entourée au sud-ouest et à l’ouest par l’UE, au nord, voire à l’est, par une mer intérieure et des territoires européens, pourrait même géographiquement faire partie de l’Europe si le Bosphore était un isthme (ce qu’il fut il y a quelques millénaires) et non un détroit.

Que l’on soit pour ou contre une adhésion lointaine de la Turquie à l’Union européenne, il convient de voir que l’Union n’est pas celle des terres, mais celle des hommes. Et de répondre à la question : les Turcs sont-ils européens ?


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95 réactions à cet article    


  • scampine 26 avril 2007 12:07

    Démonstration pertinente !

    Donc pour vous la Turquie pour ce qui concerne l’ensemble territorial est en Europe ?  smiley


    • helldjinn 26 avril 2007 12:39

      Non, elle ne s’y trouve pas, de même que Chypre ; d’où l’utilisation du conditionnel dans l’avant-dernier paragraphe. L’article s’attache justement à montrer que ça n’a que peu d’importance.


    • Avatar 26 avril 2007 14:00

      La question ne se poserait même pas si la turquie était un état catholique laïque...


    • helldjinn 26 avril 2007 14:10

      En effet, la Russie et la Chine se trouvent sur le même continent que nous, l’Eurasie. Mais comme l’article le montre : on s’en moque.


    • Hesoneofus 26 avril 2007 14:12

      la question geographique de la turquie est un pise-aller. le vrai debat n est pas la. tout comme la question de la religion, la turquie est un des deux etat laique en europe. Les 2 reel questions, c est l argent. les subventions donner a la turquie si elle entre dans l europe, auront t elle un retour sur l ouverture d un marche de consomateur. et l autre question, veux on supporter l ancien empire otthoman en europe, chose que les pays d europe du sud, n ont pas envie.


      • Emin Bernar Paşa Paşa 26 avril 2007 14:13

        Depuis longtemps la Turquie s’est tournée vers l’Europe ; la République turque s’est construite en prenant ses références en France , en Suisse et en Italie. La Turquie est en union douanère avecl’Europe depuis 1995. Partant de là, il n’y a pas de question à se poser, sauf bien sûr si on a des des préjugés et des a priori...


        • faxtronic faxtronic 26 avril 2007 14:24

          La Turquie est un pays dont, sa democratie est fragile, soumises aux militaires, elle est soumise aux forces de marées ultra-nationalistes et islamiques. Si les istambuliotes sont compatibles avec la mentalité europeenne, je crains que de trop nombreux turques dans l’arriere-pays soit prets au meurtre en voyant des gays par exemple.

          Trop instable, trop dangereuse, trop grosse, trop pauvre, trop archaique en sa majorité la Turquie.


        • helldjinn 26 avril 2007 14:27

          Et l’on voit que l’on parle d’Hommes et non de terres...


        • Senatus populusque (Courouve) Courouve 26 avril 2007 14:34

          On parle d’Etats, c’est-à-dire de populations fixées sur des territoires avec pour chaque une organisation juridique et politique.

          Dans le cas de la Turquie, le rôle politique que joue l’armée est un élément supplémentaire qui éloigne la Turquie de l’Union européenne.


        • helldjinn 26 avril 2007 14:38

          Je suis d’accord, mais ça n’est pas le cas de tout le monde, et pas le sujet de l’article.


        • istrati 28 avril 2007 18:38

          La nation turque et non le peuple est responsable de la déportation et du massacre à froid, caculée, donc de gens innocents, de millions d’arméniens, d’assyriens, de grecs en 1915... L’allemagne a su reconnaître le génocide perpétré pendant la deuxième guerre mondiale. La posture de la Turquie est indigne vis à vis de l’Europe et des Lumières.


        • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 29 avril 2007 02:27

          A Paça. Je connais la Turquie et j’aime les Turcs. Cela ne signifie pas que je voudrais que les Turcs deviennent Européens ou que l’Europe devienne turque. Pas plus que je ne voudrais que mes voisins de paliers que j’aime bien deviennent mes colocs.

          Nous avons des intérêts communs,développons-les, mais gardons distincts nos espaces culturels. Avec nos amis de cultures différentes, visons la fraternité ; vouloir une cohabitation politique mènera à des conflits insolubles. http://nouvellesociete.org/5119.html

          PJCA


        • Cris Wilkinson Cris Wilkinson 26 avril 2007 14:46

          Vous nous gonflez menu (en étant polie) avec vos soit disant « excuse » pour qu’on accepte la Turquie dans l’UE.

          Il y a juste une bonne raison à donner : ON EN VEUT PAS !

          C’est clair net et précis, et si on nous avait posé la question pour les 12 derniers entrés, on aurait répondu pareil, et pourtant c’est des blancs, chrétien dont la totalité du pays est en Europe.


          • helldjinn 26 avril 2007 14:57

            Je n’ai pas exprimé d’avis sur la légimité de l’accession de la Turquie au statut de membre de l’UE, seulement rayé un argument qui (m’)apparaît non pertinent.

            Accessoirement, si on avait posé la question pour les autres pays d’Europe en leur temps, la réponse aurait probablement également été non. Qui regrette aujourd’hui que l’Espagne ou l’Allemagne soient dans l’UE ?


          • Michel 26 avril 2007 15:08

            En ce qui concerne l’Espagne et l’Allemagne, je ne pense pas que quelqu’un ici doute de leur position sur le continent européen.

            Par contre, dire que l’Asie Mineure se trouve en Europe...


          • helldjinn 26 avril 2007 15:26

            Comme l’article le montre, la position géographique des états n’a que peu d’importance.

            N’oublions pas que de 1973 à 1985, le barycentre territorial de la CEE se trouvait dans l’Atlantique nord.


          • Frédéric Dalmas frédéric dalmas 26 avril 2007 19:49

            Et c’est reparti pour un tour !!


          • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 29 avril 2007 01:56

            A Cris Wilkinson. Vous êtes brutal, donc clair, donc pertinent. L’Europe est l’espace qu’occupent les Européens. Les Européens se définissent par un sentiment d’appartenance à une culture et leur reconnaissance mutuelle qu’il ont ce sentiment d’appartenance. L’Europe ne peut exister que par cooptation ; raisons, prétextes, excuses pour en modifier les frontières ne prévaudrons pas contre ce sentiment. Pour ceux que ça intéresserait, j’ai écrit un texte qui développe ce concept, mais dans une autre perspective http://www.nouvellesociete.org/714b.html


          • Vilain petit canard Vilain petit canard 26 avril 2007 16:01

            Merci pour cette analyse approfondie, dont je rejoins les conclusions : l’Europe, ça se fait plus avec les hommes qu’avec la tectonique et la géophysique.

            Le cas de Chypre est exemplaire de ce qui se passe quand on ne réfléchit pas au sujet avant de se lancer : voilà un pays proche géographiquement de la Turquie, donc plutôt dans cette fameuse Asie Mineure, qui est divisé en deux parties, dont une est occupée militairement par un gouvernement qui sollicite son entrée dans l’UE (la Turquie). Pas de problème, on le fait rentrer. Après, il a fallu faire un référendum, zut on avait oublié ce détail, vous comprenez, vu de Bruxelles, c’est loi, Chypre, et puis les Membres de la Commission ne connaissent rien à l’Histoire, alors résultat : le pays est donc à la fois dans l’UE et hors UE.

            Sarkozy répète comme un mantra : « la-Turquie-ne-peut-pas-rentrer-dans-l’Europe-parce-que-la-Turquie-c’est-l’Asie Mineure ». Aha. Bon. M. Sarkozy a lu au moins un livre de géographie niveau 6e, voilà déjà une conclusion. Mais est-ce un argument ? Non, l’utilisation de critères d’appellation (européens, qui plus est) n’est pas pertinente pour décider du destin des peuples. Quand ça s’appelait la Grande Grèce (y a longtemps), ça faisait partie de la Grèce, point final. Si on appelait ça à nouveau la Lydie (c’était il y a longtemps aussi, le roi Midas et ses orielles d’âne, l’invention de la monnaie, et quelques autres broutilles, etc.), ça ferait plus européen.

            A ce sujet, « de l’Atlantique à l’Oural » provient d’une citation tronquée du Général de Gaulle, des années cinquante, connu pour ses talents oratoires, dont personne n’a pu me citer ni le reste, ni les références (j« en profite pour faire un appel auprès des lecteurs, au passage, si vous avez ces fichues références....). Mais tout le monde fait comme siDe Gaulle avait comme projet réel une Europe »de l’Atlantique...« etc. On peut s’interroger sur ces limites légendaires. Sans compter qu’au Sud de cette bande européenne »de l’Atlantique ...etc. ", je vous signale qu’on se taperait la Tchétchénie à gérer. Faites bien attention à votre réponse.

            Ajoutons pour le plaisir une autre subtilité turque : une partie du territoire turc est en Asie mineure (appellation adoptée par les géographes des siècles passés, soucieux de bien séparer l’Europe chrétienne des masses musulmanes), et une autre partie réellement en Europe, de l’autre côté du détroit du Bosphore (l’Hellespont des chroniqueurs antiques). Même si on se cramponne à cette appellation désuète d’Asie Mineure, il faudra bien admettre que la partie occidentale de la Turquie est bien en Europe.

            Mais alors, comment définir les limites de l’Europe ? Faut-il se pencher sur l’origine des peuples ? A première vue, c’est simple : les Européens sont des gentils blancs caucasiens, et les Turcs des Asiates, qui comme chacun sait, sont jaunes, cruels et fourbes.

            Mais manque de bol, « nos » Turcs n’ont plus grand’chose à voir avec ceux de Gengis Khan et de la Horde d’Or, c’est dommage : la région était largement occupée par des indo-européens avant l’arrivée de Soliman le Magnifique. Byzance, les Empereurs d’Orient, la Rome d’Orient, même le Liban faisait partir de l’Empire... romain ! Et puis, enfin, réfléchissez, depuis 6 ou 700 ans, il y a prescription « d’asiatitude », je crois.

            Si vous refusez cette « assimilation », attention, il faudra dans la foulée revoir le statut : des Français, qui ont eu la visite des Huns dans les années 400, des Autrichiens, envahis par les Turcs depuis le début, des Hongrois magyars (tiens !), descendants des Huns (et donc la langue est un dialecte ouro-altaïque), les Finnois (même motif, eh oui, la Finlande, terre d’accueil des Turco-Mongols, vous ne vous en doutiez pas, hein...), et des Bulgares, autres tribus turques ayant adopté le slavon comme langue vernaculaire leur arrivée, je ne sais plus quand. Sans parler des Roumains, et tant qu’on y est, mais la question de l’entrée dans Union ne se pose pas, des Valaches, Albanais et autres Bosniaques.

            Bon, alors, l’Histoire et les alliances militaires ? Ah non zut, la Turquie, malgré un court passage auprès des Prussiens en 14-18, a toujours été l’alliée fidèle de la France depuis... Louis XIV !

            Et c’est là que je vous rejoins : le critère géophysique n’est pas d’une grande utilité pour définir les limites de l’Europe. J’ajoute que le critère historique est également sujet à caution, de même que le critère ethnographique. Alors, comment on fait ?

            Et bien tout simplement, en se demandant ce qu’on veut faire en faisant l’Europe (en gros : à quoi sert l’Europe ?), ce que personne ne fait.

            - si on veut une zone de libre-échange, pas de problème, on y va franchement à l’Est et au Sud, autant intégrer également le Maghreb, la Russie, le Liban et tiens, aussi, Israël, comme à l’Eurovision.

            - si on veut en faire un ensemble fort de contrepoids aux USA aux Chinois, et aux Russes, militairement et industriellement, il faut intégrer la Turquie, et créer une espèce d’OTAN européen.

            - si on veut faire une zone occidentale aux origines chrétiennes, rempart de la lutte contre l’Islamisme, il faut refuser la Turquie et intégrer l’Ukraine, le Bélarus et la Russie. Ou au contraire intégrer la Turquie et l’aider activement à confirmer sa laïcité, après tout.

            - si on veut faire n’importe quoi (comme avec Chypre), il faut se cramponner à une position du genre « gnagnagna c’est en Asie Mineure même pas européen », et on vexe un puissant pays allié, sans aucun avantage pour nous, en lui refusant l’entrée sans prétexte valable.

            Je trouve désolant qu’en 50 ans, la question du pourquoi de l’Europe en soit arrivée à ce point de décrépitude. Et il est sidérant qu’aucun de nos politiciens n’aborde franchement le sujet (sauf parfois Bayrou, hors campagne électorale, et sous la pression de questions insistantes).

            Voilà, j’ai été un peu long, mais votre article m’a inspiré.


            • Aldoo Aldoo 28 avril 2007 15:39

              En accord avec tout, sauf vos conclusions.

              Ok, les frontières de l’UE, ça dépend du rôle que l’on veut voir jouer à cette union. Mais si ce que l’on souhaite, c’est une Europe politique cohérente et forte, moins il y aura d’états membres, mieux ce sera. Je pense qu’il y a plein de bonnes raisons d’ordre purement pragmatique pour refuser la Turquie dans l’union (et d’autres pour l’accepter).


            • stradiuvarius 26 avril 2007 16:21

              Je ne vois pas vraiment en quoi, pour faire contre poids aux USA, à la Chine ou à l’Inde, l’Europe devrait se doter d’un boulet pauvre, archaïque , en voix de réislamisation sous la houlette de l’Islamiste modéré Erdogan, totalement inféodé aux USA sous l’égide de l’OTAn , incapable de reconnaître ses crimes passés, persécutant ses minorités, avec un Nationalisme rampant comme on en fait plus depuis le XIXème siecle en Europe, et dont le coût de 14 milliards d’euros de subventions par an, va durablement l’affaiblir comme les think tank le prévoient aux USA. On pourrait d’ailleurs très bien, avec l’auteur de cet article , s’interroger sur le caractère européen des frontières métropolitaines et douter finalement de l’appartenance de la France à l’Europe, puisque le propos se résume ici à faire du continent un espace non défini, pour y accueillir à peu près toute la misère des pays environnants..... A quand un rattachement du Mexique, du Canada aux USA sous le même principe ?


              • Vilain petit canard Vilain petit canard 26 avril 2007 16:35

                A cause de sa puissance militaire et de sa position géostratégique. Au nom d’on ne sait pas trop quoi, on a fait rentrer la Slovénie, inconnue jusqu’ici et la Roumanie, modèle de démocratie. Alors un peu plus, un peu moins...

                Et attendez, on n’a pas encore abordé le meilleur : que faire des débris de la Yougoslavie ?


              • Vilain petit canard Vilain petit canard 26 avril 2007 16:36

                ... parce qu’eux, ils sont bien en plein dans l’Europe géographique ! Ah, la libre circulation en Serbie...


              • Nono Nono 26 avril 2007 18:02

                @ helldjinn

                Bel article et une convaincante démonstration mais comme l’adhésion de la Turquie n’est pas prévue pour demain, on a donc tout le temps...

                @ Vilain petit canard (IP:xxx.x55.117.250) le 26 avril 2007 à 16H01,

                Bravo mon Vilain petit canard et salut au passage ! On te retrouve, vif et alerte.

                Les plaques tectoniques bougent de plus en plus. L’adhésion de la Turquie n’est prévue que dans 15 ans...au moins !

                Alors comme on ne sait pas ce qui peut se passer d’ici son adhésion, si dans 15 ans, en fonction des chamboulement climatiques actuels et à venir, on sera toujours sur le même continent ou satellisé ailleurs, y a t-il besoin de s’énerver sur cette question ?

                Je ne vois sincèrement pas ce que la Turquie a à gagner en rejoignant l’Europe (Si Europe il y aura) Elle ferait mieux de se retourner ver la Chine et la Russie et autres pays asiatiques (Nouveau bloc de Shanghai), elle y gagnerait beaucoup plus.

                « La bougie ne perd rien de sa lumière en la communiquant à une autre bougie. »...

                Bien à vous tous, les « pour » et les « contre »

                Nono


              • Frédéric Dalmas frédéric dalmas 26 avril 2007 19:50

                Mais stradivarius, vous êtes toujours à fond sur la Turquie ! Vous n’avez pas autre chose à faire ?


              • stradiuvarius 26 avril 2007 21:05

                Vous n’avez apparemment rien d’autre à faire non plus Dalmas...

                Avez-vous pensé à prendre vos cachetons hier soir au fait et fini de résoudre votre oedipe avec les « lumières » et la laïcité version Montesquieu ? :- )

                Quand à votre photo, un conseil changez la, vous faites clairement dans le « sorti de Ste Anne » permissionnaire pour le W-end ! Cela pour répondre à une de vos remarques désobligeantes à un autre intervenant ici.


              • Vilain petit canard Vilain petit canard 27 avril 2007 10:04

                Salut Nono !

                Je suis d’accord avec toi, on a du temps devant nous. Mais je maintiens que la puestion prioritaire, c’est de savoir ce qu’on veut faire avec l’Europe, et que là, il est vraiment temps de se la poser, parce que les problèmes internes à l’UE sont déjà là.

                Tant que ce n’est pas tranché, pas la peine de parler d’élargissement.

                @ Stradivarius ou Stradiuvarius

                Dites-moi, vous aussi, faut prendre vos cachetons, ici c’est un espace de discussion, pas un défouloir...


              • Frédéric Dalmas frédéric dalmas 26 avril 2007 19:52

                Ah Calmos, vous avez changé votre photo ! Sur celle-ci on perçoit moins votre air patibulaire. Deviendriez-vous un gentil petit minou ?


              • jako jako 26 avril 2007 18:05

                marrant que en 1914 cette question ne s posait pas, la Turquie était bien en Europe.............. ;


                • Senatus populusque (Courouve) Courouve 26 avril 2007 18:12

                  En 1914, beaucoup de conneries ont été faites ...


                • ni-ni 26 avril 2007 19:04

                  vous avez raison ... le problème géographique n’est que secondaire... on dira que c’est l’argument « politiquement correct », la réalité est plutôt d’ordre culturel, cest deja assez dur de créer une europe avec des peuples ayant le mm background(judéo-chrétien)... alors y ajouter un pays de 70 millions (avec une croissance de la pop de 1,06%)majoritairement musulman c’est se resoudre a faire de l’europe qu’une zone de libre echange...sans aucun contenu politique.. et c’est pour ca que les USA poussent a l’adhésion turque ! de plus du point de vue géographique est ce qu’on a envie d’avoir l’iran l’irak et la syrie comme voisin ?


                  • moebius 26 avril 2007 19:15

                    Comme vous y aller ! « Le probléme géographique est secondaire » par contre le probléme racial... l’européen est blanc et lorsqu’il mange du camenbert il est français


                    • minijack minijack 26 avril 2007 19:17

                      Il est vrai que l’argument géographique n’est pas très solide au vu de nos propres possessions outre-mer. Pourquoi la Turquie ne ferait pas partie de l’Europe quand la Guyane ou Tahiti en ferait partie ? C’est ridicule.

                      Par contre il faut bien mettre une limite au concept européen. Faute de quoi l’Europe deviendrait vite la planète entière, ce qui serait tout aussi ridicule.

                      La seule chose qui peut donc servir de commun dénominateur entre nos divers pays est l’Histoire qui a forgé la Culture commune. Et cette culture en ce qui concerne les principaux pays fondateurs est essentiellement judéo-chrétienne, mais pas uniquement, il faut en être conscient.

                      Il me parait donc souhaitable de procéder pour l’Europe comme en mathématiques modernes, par « groupes » d’affinités. Les six pays fondateurs étant le premier groupe, la véritable « Europe de l’Ouest », et d’autres groupes de pays plus orientaux ou méridionaux pourraient s’interpénétrer avec le premier groupe ou entre eux pour des domaines précis et pas pour d’autres.

                      Par exemple, l’Espagne pourrait tout aussi bien faire partie du 1er groupe Europe, mais également du groupe Maghreb. Sans faire partie de l’Europe, Israël pourrait faire partie d’un groupe Méditerrannée orientale avec la Grèce, la Turquie, le Liban, l’Egypte, etc...


                      • Senatus populusque (Courouve) Courouve 26 avril 2007 19:22

                        « cette culture en ce qui concerne les principaux pays fondateurs est essentiellement judéo-chrétienne »

                        Cette culture est originellement gréco-latine, à contenu artistique, philosophique, scientifique, technique, juridique, littéraire.

                        Parler d’une culture uniquement religieuse est un non-sens.


                      • minijack minijack 27 avril 2007 00:55

                        @ Courouve

                        « Parler d’une culture uniquement religieuse est un non-sens. »

                        Tout à fait d’accord. « originellement gréco-latine, à contenu artistique, philosophique, scientifique, technique, juridique, littéraire » mais aussi guerrière, colonialiste, scientifique, laïque, etc... et j’en passe...

                        La notion de « judéo-chrétienne » se voulait évidemment un simple raccourci sémantique.


                      • Gilles Gilles 26 avril 2007 19:19

                        Excellent article du point de vue géographique. L’Europe est avant tout un espace politique et humain et non un continent.

                        C’est d’ailleurs connu que notre continent est l’Eurasie, pas l’Europe, par tout ceux proches de ces sujets dont apparement ne font pas partis les détracteurs des Turcs.

                        En outre, l’histoire et la culture de l’Europe est intrinséquement lié au bassin méditerrénéen

                        Et de toute façon, comme vous dîtes, l’argument géographique est vraiment inadéquat au regard des autres enjeux de ce dossier. L’Europe est avant tout humaine !

                        De plus, pour rebondir sur cette adhésion turque, on sort aussi l’argument ethnique comme quoi les turcs n’ont rien de commun avec les européens. Hors c’est faux. Les turcs venant d’Asie Centrale ont effectivement envahit l’Anatolie mais ils n’étaient qu’une minorité au regard de la population qui y vivait. Leur domination a imposer leur langue et culture, mais pas leurs gènes. Les indigènes étaient des byzantins, la seconde rome, étaient chrétiens et parlaient surtout du Grec.

                        Ne pourront on pas voir dans les Turcs des frères désirant se réunifier avec les « européens » aprés seulement 5 siècles de conflits ?


                        • frédéric lyon 26 avril 2007 19:20

                          L’association de la Turquie à l’Europe est inévitable, car voulue par l’Allemagne et l’Angleterre.

                          D’ailleurs le processus est enclanché et la France ne pourra pas s’y opposer sans se faire flanquer à la porte !

                          L’avenir de l’Europe est à l’Est, et non au Sud qui n’a que sa misère à importer chez nous. Tout le monde en Europe le sait et la France va devoir réorienter sa politique étrangère car les anciennses colonies françaises d’Afrique sont en faillite.


                          • Senatus populusque (Courouve) Courouve 26 avril 2007 19:26

                            Ce serait transformer l’Union européenne en un immense Liban.


                          • frédéric lyon 26 avril 2007 19:43

                            Retirez-vous de la tête l’idée que la France pourrait s’opposer à une décision de l’Allemagne et de l’Angleterre en Europe.

                            Car celà ne sera pas le cas !


                          • Kookaburra Kookaburra 26 avril 2007 20:00

                            Excellent article qui démontre clairement que ce n’est pas une question de géographie mais de civilisation. Mais personne ne veut prononcer ce mot depuis que Huntington est devenu persona non grata. Pourtant il s’agit de la civilisation greco-judéo-chrétienne occidentale qui constitue le fondement de la culture européenne et qui délimite les frontières de l’Europe. Les quelques enclaves musulmanes n’influencent guère cet identité européenne. D’autre part la Turquie est un bien trop gros morceau pour être admis dans le CE. Voyons, ce serait le plus grand pays d’Europe et avec les 80 millions de Turcs musulmans bonjour l’islamisation de l’Europe !

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