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Accueil du site > Actualités > Europe > Plan d’aide à la Grèce : réactions de Bayrou, de Fillon, ... et (...)

Plan d’aide à la Grèce : réactions de Bayrou, de Fillon, ... et conséquences

Derrière l'apparence d'un sauvetage avec sourires affichés et poignées de mains fraternelles, d'une réconciliation du couple franco-allemand et d'une Europe qui recolle les morceaux, quelques remarques pour la suite ...


La presse a essentiellement retenu le succès du sauvetage et ... enfin une Europe de la zone euro qui commence à s'entendre à la dernière minute, grâce à la réconciliation du couple franco-allemand sur un compromis, notamment sur la contribution du secteur privé (banques, assurances, fonds de pension) ! L'Union européenne a débloqué 158 milliards d'euros : 109 milliards seront financés par l'Europe et le FMI. Le reste sera apporté par des institutions privées.

Cependant quelles remarques méritent d'être soulignées :

1- Le plan d'aide à la Grèce est un répit mais qui ne suffit pas à éviter les autres crises prévisibles, notamment sur les autres pays de la chaine de dominos. Il éteint un feu sur des braises ardentes et l'incendie risque de reprendre.

Comme le dit François Bayrou : "On était dans l'urgence extrême (...) On a pris des décisions dans la douleur qui donneront un répit au gouvernement grec et on l'espère à son peuple. Mais ce plan ne suffira pas", le plan "souffre de deux défauts rédhibitoires". D'abord, "il dit haut et fort que les efforts qui ont été décidés en faveur de la Grèce, notamment du secteur bancaire, ne seront en aucun cas repris pour d'autres Etats", or "traiter au coup par coup, c'est se condamner à des crises à répétition. Ensuite, "les règles et les structures d'une défense systémique de la monnaie européenne (mutualisation de la dette, structure commune de gestion et autorité politique) n'ont pas été mises en place et donc les même causes risquent à court terme de produire les mêmes effets. On aurait voulu et espéré que la crise grecque permette à la zone euro de régler les problèmes d'ensemble qui l'assaillent. On n'a pas trouvé la réponse et on connaîtra d'autres crises".

2- La contribution "volontaire" du secteur privé cache un transfert des risques du privé vers le public :

Le dispositif de "contribution volontaire" du secteur privé (des banques) donne le choix entre trois options (prolonger les prêts avec taux abaissé, reconduire les prêts ou revendre la dette grecque au FESF avec une décote (ou l'échanger contre titres de zone euro bien notés, avec décote) mais reste à préciser toutes les contraintes, un chiffrage plus précis de ces engagements soi-disant "volontaires" des banques. Le Financial Time, Mediapart et ATTAC ont dénoncé le risque de voir se transformer le Fonds européen de stabilité financière en une structure qui rachète les bad debts, et renforce la spéculation sur les obligations risquées. Ce dispositif rappelle une structure de défaisance à l'instar du CDR du Crédit Lyonnais. Ainsi, les banques pourraient se débarasser de ces actifs pourris, bien sûr avec une décote donc en subissant une perte mais ainsi en limitant les dégâts, et ce risque serait supportépar l'ensemble des contribuables de la zone euro ... Il s'agit d'un transfert des risques du privé vers le public !

3- Le gouvernement va probablement utiliser le prétexte d'aide à la Grèce pour justifier son excès de dette publique :

Comme le dit cet article du Monde François Fillon annonceque ce plan coûterait 15 milliards d'euros à la France d'ici 2014 et viendrait augmenter notre endettement compte tenu de l'intégration des garanties. Ceci est faux car une garantie n'exige pas l'appel en financement, donc l'endettement supplémentaire, tant qu'elle n'est pas exercée, tant qu'il n'y a pas défaut. D'ailleurs voir cet article de l'Expansion qui précise les choses (en fait 5 milliards ont vraiment été avancés par l'Etat français en prêt direct pour la Grèce). C'est La Croix qui explique le plus précisément le dispositif décidé.

4- Enfin, comme le dit très justement l'Oeil du Post dans cet article, avec un extrait-montage très significatif et édifiant, Nicolas Sarkozy a fait montre d'un comportement étrange lors de sa conférence de presse annonçant les décisions relatives à ce plan. Mal à l'aise car devant faire ce discours sans note (d'habitude il lit toujours un texte qui lui a été préparé au point de lever rarement les yeux vers la caméra), il donne l'impression de ne rien comprendre à ce qu'il raconte, n'est absolument pas clair, il a une gestuelle surjouée, ponctuées de tics nerveux. Ce n'est pas très bon signe ...


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14 réactions à cet article    


  • latortue latortue 25 juillet 2011 10:44

    il y a de grande chance de voir apparaitre des produits financier bidons, avec a l’intérieur une partie de la dette Grec ,du fait de la complexité de certain produit il est très difficile de savoir ce qu’il y a dedans ,les hedges fond vont encore s’en mettrent plein les fouilles .Rien n’ayant été fait pour réguler les marchés .Et devinez quoi !!!!!!qui serons les dindons de la farce ???
    Rien n’est réglé pour la grece que ce soit le premier plan de 110 milliards d’euros de mai 2010 et celui de 160 milliards d’euros de ce moi de juillet pour combler une dette de 350 milliards ne servent qu’a payer les intérêts de la dette qui sont énormes et qui serons encore plus enormes puisque les prêts ont été prolongés , ou alors tout ça est un effet d’annonce qui n’a pour seul but que d’empêcher les agences de notation de dégrader les pays, France, Portugal ,Irlande, Grèce, Italie, Espagne, pour éviter une dégringolade en chaine par des défauts successifs de ces pays .le résultat de toute manière est toujours le même, c’est le petit peuple qui paye ,et les politicards qui s’en mettent plein les fouilles ,d’ou sorte t’il le fric si ce n’est de nos impôts ,cette manière de sauvetage absolu est suicidaire on n’a plus de fric pour sauver et sauvegarder nos associations et nos pauvres et on en trouve pour sauver un pays a quand le prochain !!!!!!!!!!! .


    • latortue latortue 25 juillet 2011 11:01

      pris sur le site de Jovanovic :
      Examinons d’abord ce fameux sauvetage de la Grèce :

      - Faillite.1 mai 2010 : prêt de 110 milliards d’euros au taux d’environ 5%, remboursable sur 3 ans.

      - Faillite.2 mars 2011 : prêt de 110 milliards d’euros au taux d’environ 4%, remboursable sur 7,5 ans.

      - Faillite.3 mai 2011 : prêt de 110 milliards d’euros avec 101 milliards d’euros d’intérêts payables sur 30 ans, si la croissance est supérieure à 2,5% par an (et que les poules ont des dents).

      - Faillite.4 juillet 2011 : prêt de 150 milliards d’euros sur 15 ans avec un taux d’intérêt de 3,5 à 4%, environ. Pourquoi « environ » en parlant des taux d’intérêt ? Parce que les prêts consentis à la Grèce sont à taux variables. Il s’agit du taux auquel les banques se prêtent entre elles, majoré de 3 à 4%.Des conditions de marché, en somme
      "
      si je calcul bien ça fait 480 milliards de prêt pour une dette de 350 milliards je comprends plus rien là ,SVP éclairez ma lanterne merci .


      • Marianne Marianne 25 juillet 2011 11:24

        Non car il faut voir l’échéancier avec les remboursements des anciens prêts, qu’il s’agit de renouveler. Et des prêts à certains taux et durée initiale sont repris pour être allongés avec un taux abaissé.

        Ce qui m’étonne, c’est de ne pas voir d’engagement sur les mesures fiscales qu’il faudrait mettre en place sur les activités d’armateurs et de l’église, actuellement exonérés, les mesures visant à éradiquer l’éviction fiscale (marché noir) qui touche 30% de l’économie et surtout une mesure visant à arrêter les dépenses énormes d’armement du fait du conflit opposant la Grèce à la Turquie notamment impliquant Chypre, qui est dans l’UE. Faisons les comptes sur ces points et exigeons des engagements !


      • latortue latortue 25 juillet 2011 17:40

        Désolé Marianne mais po tout compris trop compliqué pour moi pourtant je suis assez bon en calcul mais là !!!!!!!!!!!!!!!!


      • avec 330 milliards d’euros..on pourrait AVOIR UNE VRAIE EUROPE...AVEC UNE VRAIE
         
        ARMEE ET UN MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES......... PAS .......UN NAIN POLITIQUE
         
        AU SERVICE DE LA FINANCE


      • Marianne Marianne 25 juillet 2011 11:18

        Article dans l’AGEFI ce matin : http://www.agefi.fr/articles/La-Grece-chemin-faire-redevenir-solvable-1186973.html

        Extrait :
        « D’après leurs projections, la diminution de 0,5% du taux d’intérêt moyen payé par le gouvernement sur ses obligations allègera la dette de 30 milliards d’euros ou 10% du PIB d’ici à 2020. Si, en plus, une décote de 25 milliards d’euros de la dette grecque est appliquée cette année, du fait de la participation du secteur privé, et que les mesures de soutien européennes relèvent la croissance d’un point, la dette publique pourrait tomber à moins de 100 % du PIB en 2020.


        « La combinaison de taux d’intérêt plus bas et de la modeste réduction de la dette donne aux autorités grecques une chance d’équilibrer leurs finances publiques dans les prochaines années », estime Gilles Moëc, économiste chez Deutsche Bank. Mais le succès du redressement est encore loin d’être acquis. Deutsche Bank calcule que pour revenir à une dette de 159% du PIB en 2012 à 120% en 2020, il faudrait que l’excédent primaire soit compris entre 3,5 et 4% du PIB entre 2015 et 2020, contre -5% aujourd’hui. Ce plan « n’est pas une solution miracle », ajoute l’économiste. D’autant que l’évaluation des besoins d’aide du pays d’ici à 2014 prend en compte l’hypothèse du FMI de recettes de privatisation de 28 milliards d’euros, un montant jugé très optimiste. »


        • Taverne Taverne 25 juillet 2011 11:22

          Si j’ai bien compris, Sarkozy a contré la proposition d’Angela Merkel qui était de faire participer d’abord le secteur privé. Il a une fois encore défendu le parti des riches et des spéculateurs et c’est nous qui paierons au final. Quant à Fillon, il saute sur ce prétexte pour justifier un prochain creusement de 15 milliards de plus de la dette nationale.


          • Marianne Marianne 25 juillet 2011 11:32

            Non, c’est plus habile que cela. Il y a bien une contribution du secteur privé car il est obligé de s’engager à des conditions forcées et s’il choisi l’échange de titres grecs risqués contre des titres de dettes de pays de la zone euro moins risqués il devra quand-même payer une décote qui du reste doit déjà être provisionnée dans ses comptes, mais ce dispositif permet de limiter les risques futurs pour le secteur privé, grâce à la garantie de l’UE. In fine ce sont en effet les Etats, donc les contribuables de ces Etats, qui vont subir le risque pour la suite à la place du secteur privé.

            Quant à la réaction de Fillon, elle ne peut s’expliquer que par une mauvaise foi dans la présentation très pessimiste des chiffres pour justifier un accroissement de la dette excessif, ou pire, sa certitude que la Grèce va faire faillite, que la garantie de l’Etat sera exercée et qu’ils ont bel et bien fait un cadeau au secteur privé (dans ce cas les 15 milliards aggravant la dette sont même pires qu’une dette mais une perte sèche).


          • Taverne Taverne 25 juillet 2011 14:56

            C’est une « contribution volontaire » du secteur privé. Et minime. Nous, quand on paie des impôts, ce n’est pas une « contribution volontaire ». C’est Angela Merkel qui avait raison dans cette affaire : faire payer surtout les banquiers.


          • PhilVite PhilVite 25 juillet 2011 11:34

            « ...il donne l’impression de ne rien comprendre à ce qu’il raconte. »

            Là, franchement, c’est pas un scoop !


            • Taverne Taverne 25 juillet 2011 14:54

              En fait, c’est un plan d’aide à la graisse. A la graisse des banquiers, des spéculateurs...(et oui ! on spécule aussi sur la dette et ça rapporte beaucoup paraît-il).


              • LE CHAT LE CHAT 25 juillet 2011 15:38

                quelle belle brochette de salopards sur la photo ! ils ont l’air fiers de leur connerie !


                • BA 25 juillet 2011 21:20

                  Jeudi 21 juillet 2011  : réunion des chefs d’Etat et de gouvernement européens.

                   

                  Vendredi 22 juillet 2011 : les taux des obligations de l’Italie et de l’Espagne repartent à la hausse.

                   

                  Lundi 25 juillet 2011  : les taux des obligations de l’Italie et de l’Espagne sont en forte hausse.

                   

                  Dans la zone euro, qui sera le prochain domino à tomber ?

                   

                  L’Italie ?

                   

                  Ou l’Espagne ?

                   

                  Italie : taux des obligations à 2 ans : 3,990 %.

                   

                  http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GBTPGR2:IND

                   

                  Italie : taux des obligations à 10 ans : 5,661 %.

                   

                  Espagne : taux des obligations à 2 ans : 4,155 %.

                  Espagne : taux des obligations à 10 ans : 6,028 %.


                  • caramico 26 juillet 2011 09:09

                    Complètement « chtarbé » le mec, lors de sa conférence de presse :

                    - Et c’est ça qu’on a comme président !

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