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Accueil du site > Actualités > Europe > Pourquoi Washington soutient-il le gouvernement d’Aléxis Tsípras (...)

Pourquoi Washington soutient-il le gouvernement d’Aléxis Tsípras ?

Quelques jours après son élection, le tout nouveau gouvernement Syriza recevait un soutien de taille et qui étonne les commentateurs : le gouvernement américain lui-même.

Pour saisir les raisons d'un tel soutien, l'auteur présentait dans un précédent article l'hypothèse que le vrai enjeu de la crise grecque est le processus de fédéralisation de l'Europe. Cette analyse se trouve corroborée par l'étude d'un discours récent du ministres des finances Yanis Varoufakis. Elle rejoint aussi tant les vues de l'Union Populaire Républicaine (UPR) que celles d'analystes comme F. William Engdahl et Paul Craig Roberts. 

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Dans un discours tenu à la Fondation Hans-Böckler à Berlin (8 juin 2015) le ministre grec des finances du gouvernement, Yanis Varoufakis, confirme tout à fait qu’au-delà de la question grecque, l’enjeu est l’achèvement d’une Europe fédérale qui découle d'une "union politique" :

 « Visiblement, nous avons besoin d’une union politique. Mais de quelle sorte ? N’oublions pas que l’Union soviétique était une union politique, même si nous ne souhaitons pas l’imiter. Non, l’objectif de l’Europe est une union politique démocratique, qui plaise à ses peuples. »

Face au problème d’ une « union monétaire asymétrique » avec des pays à forts excédents commerciaux et d’autres à forts déficits, quelle est donc cette « union politique démocratique » selon Varoufakis ?

Il rejette tout d’abord une union politique basée sur l’austérité et les politiques néo-libérales car elle déboucherait sur le « tribalisme nationaliste » :

 « quelques leaders européens [entendre Angela Merkel ] pensent que sacrifier la Grèce, telle une Iphigénie moderne, permettra de mettre le cap sur l’union politique grâce à une discipline que la crainte du « Grexit » . [...] Voulons-nous une union politique qui n’admette aucun écart par rapport à la doctrine néolibérale et tente d’abattre, au détriment de la démocratie, les pro-européens perturbateurs du genre du gouvernement Syriza. Laissez-moi présager que, si l’Europe opte pour cette dernière solution, elle sera finalement dominée par des antieuropéens qui haïssent l’Europe et tout ce qu’elle incarne, et qui veulent la ramener au tribalisme nationaliste qui a causé tant de morts au cours des siècles. »

 

En revanche il propose une Europe unifiée par un mécanisme de « recyclage des excédents », c’est-à-dire de transferts des excédents allemands vers les pays du Sud comme la Grèce via les instruments financiers du Mécanisme européen de stabilisation financière (MESF). L’idée est de transformer les dettes envers la BCE et le FMI par des dettes envers le MESF, donc d’augmenter l’exposition des autres pays et de resserrer les liens d’inter-dépendance politique.

« La grande question devient donc : est-il possible de donner davantage de souveraineté aux peuples de notre union monétaire asymétrique tout en introduisant un mécanisme efficace, non-toxique, de recyclage des excédents ? »

Ce "mécanisme efficace" est donc de continuer d’augmenter le volume des obligations envers le MESF, ce qui débouchera inéluctablement à une union politique, donc à une Europe fédérale.

Yanis Varoufakis se place lui-même dans une grande continuité historique. Il se réfère au « Discours de l’Espoir » du secrétaire d'État des États-Unis J. Byrnes en 1946 qui est le fondement de la reconstruction de l’Allemagne sous le contrôle des USA. Yanis Varoufakis en désigne l'auteur de ce discours comme John Kenneth Galbraith dont il est un proche ami du fils, James Kenneth Galbraith. 69 ans plus tard Yanis Varoufakis appelle à un nouveau « Discours de l’Espoir », tenu cette fois par Angela Merkel, pour bel et bien achever le grand projet américain des « États-Unis d’Europe ».

Preuve de ce lien avec les milieux américains, il a bénéficié du soutien discret du gouvernement américain qui a forcé le FMI à publier un rapport très critique sur l’insoutenabilité de la dette grecque, à un moment très favorable pour le gouvernement d'Aléxis Tsípras.

Ce jeu très trouble a été dénoncé dès l'élection de Syriza en janvier 2015 par l'Union Populaire Républicaine. Il a est également décrit par des spécialistes des turpitudes de la politique à Washington. L'économiste américain F. William Engdahl se pose la question si Yanis Varoufakis n'est pas "le cheval de Troie" des intérêts de Washington à l'intérieur de l'Europe : 

« Je viens à la conclusion réticente que loin d'être le champion du peuple grec malheureux, Varoufakis fait partie d'un jeu beaucoup plus grand et très sale. »

L'économiste américain décrit le parcours de Yanis Varoufakis, naturalisé australien et qui a passé 30 ans dans les milieux de la pensée néo-libérale anglo-saxons. Il s'appuie aussi sur l'analyse de Paul Craig Roberts qui résume tout le problème :

« la crise de la dette souveraine grecque est utilisée pour créer un précédent qui s’appliquera à tout gouvernement de l’UE. Les États membres cesseront d’exister comme États souverains et la souverainité reposera dans l’UE. Ces mesures que l’Allemagne et la France promeuvent mettront ainsi fin à terme à leur propre souverainité dont déjà très peu aujourd’hui subsiste du fait qu’elles n’ont pas de monnaie indépendante et que leur politique étrangère est asservie à celle de Washington. »

Cette analyse se trouve corroborée par les fermes appels à la cohésion de la zone Euro lancés tant par la Chine que par les États-Unis. Ce remarquable accord de vue des deux grands concurrents mondiaux montre bien à qui profite réellement l'Euro. Ainsi les grandes difficultés du peuple grec sont sciemment et cyniquement utilisées pour des buts de domination hégémonique sur les États européens.

 

 Précédent article sur le même sujet : La crise grecque, clé de voûte de l’édifice européen ?


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45 réactions à cet article    


  • leypanou 6 juillet 2015 10:17

    La question que l’on doit se poser est pourquoi les créanciers ont tout de même déjà obtenu la tête d’Yanis Varoufakis ce matin en attendant mieux ?


    • V_Parlier V_Parlier 6 juillet 2015 10:54

      @leypanou
      Après ce que je viens de lire, je me demande si ce sont vraiment les créanciers qui ont demandé sa tête. Et je ne regrette plus qu’il ait été éjecté !


    • Idées de la Tripartition sociale Idées de la Tripartition sociale 6 juillet 2015 11:09

      @leypanou
      Dans ce jeu complexe, difficile de voir clair. A priori cela confirmerait l’analyse de W. Engdahl que Varoufakis est un « cheval de Troie » qui a été reconnu comme tel et maintenant expulsé. Ou alors c’est une contre-partie : l’Allemagne accepte des concessions (discussion sur la dette) en l’échange de ce limogeage symbolique.
      Bref : Show ou réalité, impossible de savoir à chaud.

      Le principal sera de voir si le programme de Varoufakis (transfert des dettes vers le MESF + rééchelonnement) sera appliqué ou non.

      Un peu de patience.


    • elpepe elpepe 7 juillet 2015 06:38

      @leypanou
      il n a pas ete expulse il a fait le job bad cop good cop, c est un effet de manche ca fait partie de la negociation, le scenario etait ecrit bien avant l heure et Tsypra vaut bien Poutine en tant que joueur d echec, chapeau ...


    • diogène diogène 6 juillet 2015 11:48

      merci à l auteur pour ces éléments d information

      Podemos, les Indignés et Anonymous sortent-ils de la même matrice ?

      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 7 juillet 2015 07:19

        @diogène
        Oui, Podemos vient du mouvement des Indignés, c’est la Gauche européenne réformiste, qui croit qu’on peut changer l’ UE de l’intérieur :
        - PCF/FG
        - Syriza
        - Bloc de Gauche Portugais
        - Ezquierda d’unita en Espagne
        - Refondation en Italie
        - Die Linke en Allemagne.


      • egos 12 juillet 2015 22:08

        @Fifi Brind_acier 


        changer l’Europe ? 

        ces partis se contenteront d’un coup de blush,

        le parlementarisme enragé de leurs dirigeants les conduits a accepter ttes les compromissions

        Paris ou les couloirs du pouvoir valent bien une messe.

      • Aristoto Aristoto 6 juillet 2015 12:12

        sont décidément irrécupérable nos complotistes anti-américain patenté !!

        Pauvre de vous !


        • Allexandre 6 juillet 2015 13:48

          @Aristoto
          Sont vraiment irrécupérables nos naïfs ingénus pro-étasuniens !!

          Pôvres de vous

        • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 6 juillet 2015 19:01

          @Aristoto
          Vous voulez quelques exemples de déclarations sur le Fédéralisme et le projet de création d’un Trésor européen ?

          Attali, qui fait semblant de critiquer le FMI pour mieux promouvoir une Europe fédérale.

          Attali encore en 2012 « Pour une Euro fédération patin couffin... »

          Piketty « Une seule solution, le fédéralisme »

          Le Think tank Europa : création d’un Trésor public européen.

          Les Centristes français : « Plaidoyer pour une Europe fédérale »
          etc etc

          Vous tapez « fédéralisme européen » vous avez 191 000 réponses...


        • lsga lsga 6 juillet 2015 13:53

          Il se trouve que quand la californie a fait faillite il y a quelques années, elle n’a pas été exclu des USA.


          • Onecinikiou 6 juillet 2015 15:25

            @lsga

            Il ne vous a pas échappé que les Etats-Unis forment peuple et Nation. Qu’ils partagent un même sentiment d’appartenance nationale. Partagent la même langue, histoire, culture. Toute chose de radicalement différent pour le continent européen. Ce que d’ailleurs ne comprennent pas - ne veulent ou ne peuvent comprendre - les promoteurs zélés des Etats-Unis d’Europe, et qui est une chimère dont le but caché est en fait son assujettissement aux intérêts de l’Empire américain, comme de Gaulle l’avait parfaitement entrevu. 

            Mais en bon nécoconservateur que vous êtes devenus, on peut comprendre que cette perspective ne serait pas pour vous déplaire, me trompès-je ?

          • diogène diogène 6 juillet 2015 21:57

            @lsga

            Detroit non plus

          • cardom325 cardom325 12 juillet 2015 12:55

            @Onecinikiou
            Les USA ont beau former un peuple, comme vous dîtes, quand l’explosion financière se produira ( et elle se produira) , on pourrait voir une nouvelle guerre de Sécession, certains états ont des fourmis guerrières dans les jambes , on se prépare à de grands bouleversements en Europe , aux USA et ailleurs, le grexit ne serait que le point de départ d’un cycle de calamités


          • Hervé Hum Hervé Hum 6 juillet 2015 14:11

            le système financier mondial est une pyramide de ponzy planétaire, le gouvernement des USA a surtout peur que la Grèce fasse s’écrouler l’édifice au mauvais moment.

            car si l’euro chute, cela peut entraîner le dollar avec elle.

            Le système pour se soutenir, doit impérativement créer de la monnaie, mais plus il crée de monnaie, plus il crée de la dette, c’est mécanique, le problème étant que si la créance est toujours particulière, tant qu’elle n’est pas échangé, la dette est toujours collective. ce principe est la conséquence directe de la propriété.

            Tant que les créancier, aussi propriétaires des moyens de productions, se contentent de papier (ils y sont fortement incité pour soutenir la valeur de leur créance), ça tient le coup, le problème, c’est lorsqu’ils veulent réaliser leur créance et là, c’est uniquement dans l’économie réelle qu’ils peuvent la réaliser, et c’est là que tout coince et provoque systématiquement la crise. Parce que bien évidemment, ils s’en prennent alors aux biens publics d’abord, puis privés.

             en fait, le dollar seul repose sur du vide, il a besoin d’une béquille qu’est l’euro.

            Normalement, en l’état actuel, la Grèce n’a d’autres solutions que de sortir de la zone euro pour redonner de la souplesse à son économie intérieure, sinon, la situation intérieure va devenir explosive et ingérable et où finalement, le plan de la troika finira par être mis en place.EEn sortant de l’euro, l’austérité peut être réduite, mais certainement pas la rigueur.

            en complément de la tripartition sociale, je vous invite à lire cet article,

            et de me donner votre avis !


            • Idées de la Tripartition sociale Idées de la Tripartition sociale 6 juillet 2015 15:19

              @Hervé Hum
              Merci de votre commentaire : je suis bien d’accord que le dollar a besoin de la « béquille qu’est l’euro ». En revanche il ne repose pas vraiment « sur du vide », mais sur la suprématie militaire des Ètats-unis.

              Mon analyse diverge de la vôtre en considérant que les USA (enfin les grands intérêts financiers implantés à Washington), loin d’avoir peur de la crise grecque, ont maîtrisé tout le processus. Pour étayer cette affirmation, on peut étudier notamment la carrière de L. Papadimos passé de la Banque centrale grecque en 1997 (à l’entrée frauduleuse dans l’€) au poste de premier ministre en 2011 (à la crise de la dette frauduleuse), donc du début à la fin https://fr.wikipedia.org/wiki/Louk%C3%A1s_Papad%C3%ADmos).

              Est-il besoin de préciser que M. Papadimos est un ex-Goldman Sachs ? (http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/11/14/goldman-sachs-le-trait-d-union-entre-mario-draghi-mario-monti-et-lucas-papademos_1603675_3214.html)

              Les USA se servent de cette crise de la dette pour faire avancer l’union politique en Europe, donc les Etats-Unis d’Europe, leur but depuis 70 ans. Mais il leur faut casser la résistance allemande, peu désireuse de se voir attribuer les dettes grecques et des pays du Sud.

              Je posterai mes remarques directement à la suite de votre article que je vous remercie de m’avoir indiqué.


            • Hervé Hum Hervé Hum 6 juillet 2015 17:24

              @Idées de la Tripartition sociale

              merci de votre réponse  !

              Si on excepte la donnée militaire, le dollar repose sur du vide sur le point de vue strictement monétaire.

              Mais vous avez raison, le dollar tient sur la puissance militaire, mais celle ci aussi repose sur l’alliance avec l’Europe, tout seul les USA en tant que pays a déjà perdu sa suprématie. Ils ont donc là aussi besoin de la béquille UE pour continuer à faire illusion encore un peu.

              Pour eux, le danger n’est pas la Russie ou la Chine, le danger est et reste leur propre population qui pourrait un jour réaliser que la source de tout leurs malheurs est la propriété des moyens de productions et de l’accumulation de droits de créances sur tout le reste de la population que cela exige. Bref, de réaliser qu’ils sont des serviteurs toujours sous le couperet de redevenir des esclaves, pour acquitter une dette systématique, continuelle envers ces mêmes personnes, alors que le système n’a pas besoins de propriétaire pour bien fonctionner, mais seulement pour très mal fonctionner !

              Pour s’en rendre compte, il suffit de regarder l’organigramme d’une grande multinationale, ce ne sont que des salariés, même le PDG. De ce fait, la propriété n’a rien à voir ou plus rien à voir avec l’efficacité productive, celle ci dépend de deux facteurs autres. L’émulation par les défis que l’on se pose et la juste récompense de son effort. Il n’y a pas de propriété là dedans qui tienne !


            • Laulau Laulau 6 juillet 2015 19:05

              @Hervé Hum
              en fait, le dollar seul repose sur du vide, il a besoin d’une béquille qu’est l’euro.

              Et l’Euro il ne reposerait pas lui aussi sur du vide ? Alors en quoi est-il une béquille ?
              Ce que vous dites est séduisant mais cela manque un peu d’explication.


            • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 6 juillet 2015 19:09

              @Hervé Hum
              10 pays européens ne sont pas dans l’euro. Leurs économies marchent mieux que celles qui y sont.
              La sortie de l’euro pour la Grèce ne présente qu’un seul inconvénient, c’est que l’économie grecque se porte mieux Ce qui prouverait aux autres, qu’il vaut mieux être dehors que dedans !


              Les européistes cachent soigneusement le fait qu’il y a 4 points d’écart entre le chômage zone euro et les 10 qui n’y sont pas... « L’eau mouille et le chômage tue ». Ceux qui tiennent absolument à ce que la Grèce reste dans l’euro ne doivent pas savoir lire un graphique avec 2 courbes...

            • Hervé Hum Hervé Hum 6 juillet 2015 20:54

              @Laulau

              sans doute, mais jusqu’à présent, l’euro à bien occupé les esprits !

              @fifi, mieux que mal, ne veut pas dire forcément bien !

              c’est le système de gestion de l’économie qui est vérolé, autrement dit, le système capitaliste fondé sur la propriété des moyens de productions et de son financement. Asselineau est un réactionnaire, pas un progressiste. Désolé !


            • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 7 juillet 2015 07:39

              @Hervé Hum
              L’appropriation collective des moyens de production suppose théoriquement une dictature, celle du prolétariat. Au final, c’est toujours une dictature des apparatchiks qui s’est mise en place, avec confiscation des libertés publiques et aucune initiative autorisée de la base.
              Ce qui déconsidère le projet, mais les communistes ne veulent pas l’entendre.


              Il n’y a que les anarchistes qui donnent le pouvoir à la base, mais ils rejettent l’existence d’un pouvoir central, ce qui pose d’autres problèmes. Ce que les anarchistes ne veulent pas entendre non plus.
              Au bout de 150 ans d’expériences malheureuses, on en est toujours là.
              La surdité semble la pathologie la plus répandue à Gauche.

              Les pays d’ Amérique du sud les plus en pointe dans l’anti -impérialisme ne parlent plus de communisme depuis longtemps et ont une économie mixte public/privé.
              La Gauche ne semble pas bien comprendre ce qui se passe sur ce continent...
              « Le néo colonialisme intellectuel de la gauche européenne ». 

              Le programme de l’ UPR repose sur celui du Conseil National de la Résistance.
              Il faudrait expliquer en quoi ce programme, fortement influencé par les Communistes, est réactionnaire, CQFD.

            • Hervé Hum Hervé Hum 7 juillet 2015 09:52

              @Fifi Brind_acier

              l’abolition de la propriété des moyens de productions n’exige pas la mise en place d’une dictature, mais de la démocratie fondé sur la responsabilisation des citoyens.

              la dictature des apparatchiks n’est pas la démocratie ni la collectivisation des moyens de productions, mais leur confiscation par les apparatchiks.

              On ne peut collectiviser les moyens de productions en conservant le mode de gestion capitaliste, c’est impossible. En utilisant le modèle capitaliste on ne peut faire que du capitalisme. C’est l’erreur des communistes et qu’ils ne veulent pas remettre en question parce que leur Marx n’a pas su dépasser le modèle capitaliste, mais seulement le dénoncer. Résultat, ils dénoncent un modèle dont ils épousent les méthodes, c’est absurde !

              Quant à ce qui se passe en Amérique du Sud, l’expérience montre que le système est bancal et reste toujours soumis aux tensions sociales quant à la répartition de la richesse. Donc, c’est évidemment très positif car le résultat est plus de justice sociale, mais sa faiblesse, sa fragilité est d’être prise entre le privé et le public. Mais c’est infiniment mieux ! Donc, oui, le plan du CNR représentait une forte avancé sociale, mais ne répond plus aux contraintes du monde d’aujourd’hui.

              Le programme de l’UPR est réactionnaire, notamment car il ne tient pas compte de la réalité de la mondialisation de l’économie qui implique l’interdépendance et non l’indépendance. Or, pour faire face aux défis posés par la démographie, les atteintes à l’environnement et les inégalités sociales structurelles causant le chaos, on ne peut revenir au nationalisme à la De Gaulle.

              Une solution existe et ce n’est rien de ce que vous connaissez. Si vous voulez en prendre connaissance, il faut lire mes articles. Cela dit, je pense que pour la majorité des personnes, il faudra attendre les prochains articles pour commencer à voir de quoi il s’agit concrètement !

              Le prochain réserve une surprise de taille qui sera sans doute largement réfuté... Ce n’est qu’après que le tout commencera à prendre forme et vous verrez que ce système repose intrinsèquement sur la démocratie et même confirme la souveraineté des peuples quant à eux mêmes, mais plus dans leur relations avec les autres peuples. Il n’y a donc plus d’impérialisme possible, alors que le monde selon De Gaulle était fondé sur la division du monde en zones sous domination impérialiste. De Gaulle ayant inventé l’impérialisme post colonial avec le néo-colonialisme !


            • izarn 7 juillet 2015 23:13

              @Idées de la Tripartition sociale
              ...En fait Washington serait aussi à gauche que Mélenchon en voulant que les dettes d’états soient directement acquises par la BCE, c’est à dire comme les QE de la Fed, BoJ et BoE.
              Ce qui n’a rien à voir bien sur avec le socialisme, puisque les QE servent en priorité à la spéculation financière et à soulager les banques en faillites depuis 2008.
              Le MES est un organisme financier luxembourgeois, qui n’est pas une institution européenne de droit. Ce qui n’empeche pas les états européens de se porter garant du MES. Le MES est en fait une « bad bank ». Il existe parceque l’Allemagne a toujours refusé que la BCE aide directement les états. Il faut remarquer que ce n’est pas si stupide, car sinon la BCE serait toute puissante, bien plus qu’elle ne l’est ! Bref dans le fond c’est un ratage de Washington, mais trés désagréable pour des pays comme la Grèce qui sont à la merci des marchés.
              Donc l’équation : Attaque des marchés sur la dette greque >>> Forcer l’Allemagne a doter la BCE de ce pouvoir souverain de financer qui elle veut, et bien sur empecher que la Grece sorte de l’euro par Tsipras. (BCE dirigée par des ex de Goldman Sachs) semble bien un plan américain organisé de longue date.


            • izarn 7 juillet 2015 23:18

              @izarn
              Remarquons que Tsipras a parlé de la Troika comme « institutions »....
              De fait, ni le MES, ni le FMI ne sont des institutions européennes. C’est à dire légalement nommée par le suffrage des citoyens, meme trés indirect.
              Ces « institutions » sont totalement étrangères et anti-démocratiques.
              Pourquoi dire « institutions » ??


            • agent ananas agent ananas 6 juillet 2015 15:20

              Cela expliquerait pourquoi la Grèce n’a pas donné suite à l’offre généreuse que Poutine a mis sur la table lors du sommet de St Pétersbourg il y a deux semaines...
              La démission de Varoufakis pour raison qu’il n’était pas le bienvenu aux négociations est étrange sinon risible. Est-ce que l’article de ce week-end de William Engdahl, auteur notoire dans les médias indépendants, a joué un rôle dans celle ci ? Son article recyclait largement un article de Wayne Madsen passé inaperçu en janvier.
              Il faut aussi souligner que Varoufakis n’est pas membre du parti Syriza, malgré son look alternatif et de son habitude à se déplacer en moto.


              • leypanou 6 juillet 2015 16:53

                @agent ananas
                " Cela expliquerait pourquoi la Grèce n’a pas donné suite à l’offre généreuse que Poutine a mis sur la table lors du sommet de St Pétersbourg il y a deux semaines. «  : d’après ce que l’ai quelque part, l’offre auparavant de V Poutine a été plus généreuse encore mais comme A Tsipras n’y a pas donné suite, celle dont vous parlez l’a été nettement moins.

                Des observateurs politiques ont l’impression que Tsipras fait »jouer" Poutine contre l’UE et Washington mais il risque de perdre sur les 2 tableaux car la Troika ne lui laissera que peu de marge de manœuvre et pour l’Eurasie, c’est essentiellement pour des raisons politiques qu’il leur est utile.


              • Idées de la Tripartition sociale Idées de la Tripartition sociale 6 juillet 2015 18:31

                @agent ananas
                Merci beaucoup pour vos éclaircissements : effectivement j’ai retrouvé l’article-source que vous mentionnez :
                http://www.strategic-culture.org/news/2015/01/29/a-soros-trojan-horse-inside-the-new-greek-government.html

                Je serais même d’avis que les réunions avec Poutine n’étaient que du théâtre, vu de la perspective grecque.


              • soi même 6 juillet 2015 17:48

                @ L’auteur cela ne va gommé pour autant la crise systémique que le monde va subir tous ou tard, il ne faut pas oublié que la crise de financière n’est qu’un des aspects du chaos , il y a un autre beaucoup plus grave , c’est la mécanisation du monde.


                • Pere Plexe Pere Plexe 6 juillet 2015 18:30

                  Il manque à cette analyse l’importance géostratégique de la Grèce.

                  Carrefour historique entre le moyen orient et l’occident entre la Russie et les Balkans c’est un accès privilégié à la méditerranée donc au Maghreb et ses intrigues islamistes.
                  C’est cette importance géostratégique qui avait conduit l’UE à intégrer ce pays alors même qu’il était dans un état incompatible avec le reste des états membres.
                  L’urgence était d’éviter,déjà, que las hellènes tissent des liens trop étroit avec l’URSS.
                  Qu"importe l’intérêt des européens ou des grecs...
                  Qu’aujourd’hui l’oncle Sam favorise le maintien de se pays au sein de l’UE n’a rien de surprenant.


                  • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 6 juillet 2015 19:19

                    @Pere Plexe
                    La conséquence de votre analyse stratégique, s’est traduite par l’importance des achats d’armements de la Grèce et son appartenance à l’ OTAN. Tsipras a donné à l’ OTAN l’île de Karpathos pour y installer une base, ce que même les colonels n’avaient pas osé faire...


                  • TSS 6 juillet 2015 18:53

                    Les USA soutiennent ,officiellement, Tsipras,pour contrer Poutine et la peur d’une

                    base russe en méditerranée ! Mais je pense qu’en secret ils espèrent ou ils lui preparent

                    un accident façon Alliende... !!


                    • Laulau Laulau 6 juillet 2015 19:20

                      @TSS
                      Il y a du vrai, mais c’est sans doute un peu plus compliqué.
                      La politique agressive des USA en Europe est aussi une conséquence de la crise financière. N’oublions pas que tout cela découle de la crise américaine des « subprimes » et que cette crise provient de la contradiction entre deux nécessité contradictoire du capitalisme :
                      - Réaliser des profit maxima, ce qui à conduit à déplacer la production vers la Chine ou l’Inde.
                      -Vendre les produits en Europe et aux USA quitte à prêter à des gens qui ne peuvent pas rembourser.
                      C’est là la cause de cettedette monstrueuse et partant de la fuite en avant des occidentaux, quitte à détruire la planète.


                    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 6 juillet 2015 19:25

                      @TSS
                      Quel danger représente Tsipras ? Aucun.
                      Il a garanti, dès les élections, le remboursement de la dette.
                      Il a entériné 400 textes pourris des gouvernements précédents.
                      Il ne veut sortir ni de l’ UE, ni de l’euro, encore moins de l’ OTAN.
                      Il a envoyé fin juin, une lettre à la Troïka pour dire qu’il était d’accord avec le plan « de sauvetage » de la Grèce. C’est le Financial Times qui a publié la lettre.


                      Je crois surtout que le referendum a servi à neutraliser l’opposition interne à Syriza..., et à enfumer les autres !

                    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 6 juillet 2015 19:44

                      @Laulau
                      Grâce à des documents US déclassifiés en 2000, on sait que ce sont les USA qui ont créé l’euro... en 1965 à Washington avec Robert Marjolin représentant de la CEE.
                      Les USA étaient alors lors en pleine forme économique...


                      On sait aussi que l’ UE était dans les tiroirs des USA pendant la 2e guerre mondiale.
                      « Le 10 août 1944, a eu lieu une réunion à Strasbourg, à l’ Hôtel Maison Rouge entre dirigeants nazis et les Américains. Les dirigeants nazis demandaient à l’élite industrielle allemande, (Volkswagen,Krupp & Messerschmit), d’oeuvrer pour un empire allemand fort en coopération avec les Américains. »

                      « Assistaient à cette réunion les Hauts fonctionnaires de l’ US Navy et du Ministère de l’armement.
                      Ils répondirent que ce serait un Empire économique, plutôt que militaire, et pas seulement avec l’ Allemagne. »


                      D’où le recyclage de nombreux nazis par les USA, dont Walter Hallstein, le juriste d’Hitler, qui a signé le Traité de Rome au nom de l’ Allemagne et devint le 1er Président de la Commission européenne.

                      Je suppose que le Fédéralisme constituera la plateforme d’atterrissage idéale pour TAFTA...


                    • zozoter 6 juillet 2015 20:30

                      Tsipras est un trotskyste donc un homme de la Banque, donc un copain de la marionnette Obama.


                      Varouf n’est pas de Syriza, Il est est souverainiste, il sait lui qu’il faudrait balancer l’€.
                      C’est lui qui a été viré, tu m’étonnes.

                      Il faut suivre l’affaire, pour notre part des couillons de Français, la facture va être salée.
                      A moins que Flamby y aille de la fausse monnaie ou du moins de déficit record dans le futur.
                      Et comme il sait bien dire, c’est rien, c’est l’État qui paye !

                      • Samson Samson 6 juillet 2015 22:01

                        Washington et l’OTAN ont d’autres casseroles sur le feu - en Ukraine et en Syrie notamment .
                        Alors même que l’OTAN met la pression sur la Russie et fait voter par l’€urope des sanctions économiques ruineuses pour tous nos producteurs, il serait fort malvenu pour les think-thanks néo-cons que l’intransigeance de la Troïka force un Grexit susceptible de faire basculer la Grèce dans le camp des BRICS.
                        Ceci ne suffit-il pas à expliquer cela ?


                        • Idées de la Tripartition sociale Idées de la Tripartition sociale 7 juillet 2015 10:54


                          @Samson
                          Cela dépend de la perspective. Mon hypothèse est que tout tourne autour de la fédéralisation de l’Europe et l’achèvement de ce grand projet américain : l’Ukraine, la Syrie, la crise grecque en sont des conséquences. Le but est de cimenter l’UE pour en faire un bloc et l’aarimer aux US par les traités transatlantiques TTIP et Cie. J’explique cette vision dans l’article suivant
                          http://tripartition-sociale.fr/2015/04/04/la-federalisation-europeenne-forcee/


                        • izarn 7 juillet 2015 23:30

                          @Idées de la Tripartition sociale
                          Pour empecher ça il faudra ne pas voter ni Sarko, ni Hollande en 2017.
                          Soyons logique !
                          Et savoir si Marine Le Pen n’est pas une autre torpille comme Tsipras, avant de la choisir. Sinon la tactique sera d’instaurer le bordel d’une Assemblée ingouvernable, l’horreur des ricains...

                          Vous raisonnez comme si la France n’existait plus !


                        • Idées de la Tripartition sociale Idées de la Tripartition sociale 8 juillet 2015 08:12

                          @izarn
                          Tout à fait, voter Sarko, Hollande ou MLP revient au même et mène au fédéralisme. Mais la France existe encore bel et bien ! C’est pourquoi le seul vote cohérent est pour l’UPR (www.upr.fr) dont le programme est sans ambigüité.


                        • baldis30 6 juillet 2015 22:33

                          Faut-il y voir un seul aspect économique ou aller plus loin dans le cadre d’une stratégie militaire . ?

                          La peur des U.S.A. est de voir un gouvernement de centre gauche en Grèce s’éloigner vers .... la Russie !

                          Alors cette dernière peut contrôler toute la Méditerranée Orientale en encerclant les bases US en Turquie. Avec des alliés réels ( Syrie, Egypte), une nation bienveillante, le Liban et la neutralité positive d’Israël. Sans oublier la place financière ( un peu décatie...) de Chypre..

                          Donc le soutien à Tsipras peut venir de là ... mais comme la corde soutient le pendu. On attendra le bon moment pour le virer, en d’autres termes lorsque la corde sera bien serrée on lâchera le cadavre.

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