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Accueil du site > Actualités > Europe > Présidence allemande : retour sur un bilan positif

Présidence allemande : retour sur un bilan positif

6 mois passés au crible, des politiques énergétiques aux institutions

Au moment où l’Allemagne a pris la présidence de l’Union européenne, celle-ci se trouvait à un moment charnière de son existence. Deux ans après les non français et néerlandais à la ratification du traité constitutionnel, l’Union européenne est, au début de l’année 2007, plongée dans une crise multiple : crise institutionnelle mais aussi crise de confiance des citoyens. Ceux-ci semblent avoir perdu leurs repères et leurs référents dans une Union ressentie comme opaque et dont les derniers élargissements se sont faits trop vite. L’angoisse face à la mondialisation et l’apparente incapacité de l’Union à apporter des réponses à ce défi amplifient cette incompréhension entre l’Union et ses citoyens ; parallèlement à une reforme institutionnelle, les Européens attendent des réponses concrètes dans le domaine de l’économie et la relance de la stratégie de Lisbonne est annoncée comme une des priorités de la présidence allemande.

Les grandes dates de la présidence allemande


1er janvier 2007 : Début de la présidence allemande

8-9 mars, Bruxelles : Conseil européen : stratégie de Lisbonne pour la croissance et l’emploi, initiative "Mieux légiférer" et politique énergétique et climatique intégrée

24-25 mars, Berlin : Réunion informelle des chefs d’Etat et de gouvernement à l’occasion du cinquantenaire des Traités de Rome, Berlin

30 avril, Washington : Sommet annuel UE-Etats-Unis : renforcement de l’intégration économique transatlantique (harmonisation des règlements)

18 mai, Samara : Sommet UE-Russie : questions énergétiques

4 juin, Berlin : Sommet UE-Canada : coordination sur les questions d’actualité internationale, coopération en matière de gestion des crises, approfondissement des relations commerciales et politique énergétique et climatique

5 juin, Berlin : Sommet UE-Japon : coopération en matière de propriété intellectuelle, coopération renforcée sur le thème de l’efficacité énergétique, coopération douanière et coopération renforcée en politique de l’innovation

6-8 juin, Heiligendamm : Sommet du G8 : "Développement et responsabilité" - organiser l’économie mondialisée, aider au développement de l’Afrique, s’engager dans le domaine de la protection environnementale

21-23 juin : Conseil européen, Berlin : questions institutionnelles

Cependant, l’UE en cette année 2007 est aussi le symbole d’une grande réussite, célébrée par un anniversaire important : le cinquantenaire de la signature des Traités de Rome, acte fondateur de la construction européenne. Angela Merkel a rappelé dans son discours à Berlin le 25 mars 2007 la nécessité de faire avancer l’Europe et elle a lié son histoire personnelle à sa volonté de relancer une construction européenne ralentie : « [...] lors de l’adoption des Traités de Rome, j’avais 3 ans. J’en avais 7 lorsque le Mur fut construit. Il divisa aussi ma famille. Je ne pensais pas que j’aurais l’occasion de me rendre librement à l’Ouest avant l’âge de la retraite. Mes chemins se terminaient à quelques mètres d’ici. Et pourtant, le Mur est tombé. J’ai appris par ma propre expérience que rien ne doit rester comme il est [...] ». Au moment où la Roumanie et la Bulgarie entraient dans l’UE, symbolisant encore un peu plus l’unité retrouvée entre Europe de l’Ouest et Europe de l’Est, la présidence allemande rédigeait la Déclaration de Berlin, récapitulatif des buts et valeurs de l’UE, consensus minimal chargé de renouer les liens entre les 27 membres et de préparer la relance politique.

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Cérémonie officielle du 50 e anniversaire des Traités de Rome, le 25 mars 2007
Signature de la déclaration de Berlin par Angela Merkel, José Manuel Barroso et Hans Gert Pöttering, président du Parlement européen

L’Allemagne, dont la reconstruction et la réunification sont indissociables de l’intégration européenne, s’était fixé des objectifs ambitieux pour sa présidence, tout en ne perdant pas de vue qu’en six mois, peu de choses sont réalisables : elle a donc associé le Portugal et la Slovénie à ses réflexions et projets. La France, qui prendra la présidence de l’Union en 2008, a aussi été concertée, même si l’attente des résultats des élections présidentielles a figé jusqu’en mai l’action des dirigeants français. Angela Merkel avait démontré ses talents de négociatrice et son don pour la recherche inlassable de consensus au sein de la Grande coalition (CDU-SPD) du gouvernement allemand et lors de son premier conseil européen des 15 et 16 décembre 2005 qui avait traité des questions budgétaires. Le poids de l’Allemagne conjugué à l’aura de cette première chancelière de l’histoire allemande ont contribué à augmenter les attentes des Européens. Angela Merkel a mis beaucoup d’énergie à montrer sa volonté de relancer les grands chantiers de l’UE : intitulant son programme de travail « Ensemble, nous réussirons l’Europe » ( Europa gelingt gemeinsam ), elle a fixé ses priorités, les dévoilant aussi simultanément aux citoyens, dans un souci de rapprochement et de transparence, par l’intermédiaire d’un podcast sur son site internet.

La présidence allemande, outre la relance du processus politique et institutionnel, avait placé au rang de ses priorités les questions de sécurité énergétique et de protection du climat, la poursuite de la mise en place de la stratégie de Lisbonne pour créer de la croissance et de l’emploi, la lutte contre le terrorisme international et la criminalité transfrontalière, l’élaboration d’une « nouvelle politique de l’Est », l’engagement en faveur de la paix au Proche-Orient et enfin le rétablissement d’un lien de confiance entre l’UE et ses citoyens. A l’heure de passer le relais au Portugal, quel bilan tirer de ces objectifs ambitieux ?

De la politique énergétique au marché intérieur : des premiers pas concluants

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L’Allemagne préside également en 2007 le G8
Angela Merkel et Vladimir Poutine, à Heiligendamm, le 7 juin

Dans l’attente du dénouement de la situation politique intérieure française, la présidence allemande a tout d’abord laissé de côté la relance institutionnelle, pour se consacrer aux questions économiques, énergétiques et de protection du climat lors du sommet des 8 et 9 mars 2007 tenu à Bruxelles. Ce sommet s’est avéré être une réussite pour Angela Merkel et la présidence allemande, alors même que les Etats membres de l’UE étaient divisés sur ces sujets. Préambule aux thèmes prévus pour la réunion du G8 de juin 2007 également sous présidence allemande, les conclusions du sommet des 8 et 9 mars affirment la volonté des membres de l’UE de s’accorder sur un défi majeur : la protection de l’environnement. Les Etats membres se sont ainsi collectivement engagés à réduire de 20 %, d’ici à 2020, leurs émissions de gaz à effet de serre, à économiser la consommation énergétique de l’Union et à porter à 20 % la part des énergies renouvelables dans la consommation énergétique totale d’ici 2020. Les Etats membres doivent s’efforcer d’atteindre ce but, quel que soit leur niveau de développement économique et l’état de leur marché énergétique ; l’UE se pose en modèle mondial dans la lutte contre le réchauffement de la planète. Ces décisions ont démontré une réelle ambition et ont eu un impact sur le G8 au cours duquel les sept pays les plus industrialisés et la Russie se sont engagés à « prendre sérieusement en considération une division par deux de leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050 ». Malgré tout, au niveau européen, une ombre dans ce tableau prometteur subsiste : face au lobbying des pays à fort potentiel nucléaire comme la France, le sommet a accepté un compromis choquant d’un point de vue purement écologique : si la France a échoué à faire reconnaître le nucléaire comme une solution équivalente aux énergies renouvelables pour lutter contre les changements climatiques, il entre quand même - et ce au même titre que l’énergie solaire par exemple - dans les critères qui définissent l’objectif national que chaque pays devra atteindre pour mettre en œuvre l’objectif européen.

Le 9 mars, le Conseil a aussi adopté un plan d’action pour la création d’un marché intérieur de l’énergie dans le domaine du gaz et de l’électricité et pour le renforcement de l’approvisionnement et des mécanismes de solidarité énergétique.

Un autre domaine qui est récurrent à l’agenda des présidences successives est celui de la relance économique en Europe et de l’achèvement du marché intérieur. Adoptée par le Conseil européen des 23 et 24 mars 2000, la célèbre "Stratégie de Lisbonne", qui visait à faire de l’UE "l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde, capable d’une croissance économique durable accompagnée d’une amélioration quantitative et qualitative de l’emploi, d’une plus grande cohésion sociale et d’un respect de l’environnement" à l’horizon 2010, est loin d’atteindre ses objectifs initiaux - accroissement des investissements en R&D à 3 % du PIB, réduction des formalités administratives afin de faciliter l’entreprenariat, taux d’activité de 70 % de la population en âge de travailler entre autres. A trois ans de l’échéance, un des buts de la présidence allemande était de faire un état des lieux et de prendre des mesures concrètes pour relancer cette stratégie. Quelques engagements ont été pris pour améliorer la compétitivité de l’UE, comme le plan d’action pour réduire les coûts de la bureaucratie de 25 % d’ici à 2012, la décision de créer un Institut européen de technologie (EIT) d’ici fin 2007 ou la mise en place d’un espace unique de paiement. L’Allemagne a par ailleurs beaucoup insisté sur la nécessité d’une réflexion sur le modèle social européen, encourageant plus de coordination des systèmes de sécurité sociale et une politique de la santé innovante et préventive. Cependant, c’est à chaque Etat de définir sa propre politique de modernisation en fonction de sa situation nationale et si l’Allemagne montre un bon exemple avec son paquet de réformes « Agenda 2010 » et un retour de la dynamique et d’une embellie sur le marché de l’emploi, elle ne peut pas, en six mois de présidence, inverser la tendance dans les autres pays européens.

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Sommet UE - États-Unis du 30 avril 2007
Angela Merkel, José Manuel Barroso et Georges W. Bush

Les limites de l’action extérieure

La présidence allemande voulait faire des questions de politique extérieure un de ses domaines d’action privilégiés : relance du processus de paix au Proche-Orient, règlement de la question du Kosovo, approfondissement des relations transatlantiques, renouvellement du partenariat euro-russe ou renforcement de la politique européenne de voisinage. En s’engageant dans ces domaines, la présidence allemande montrait sa volonté de répondre aux attentes des citoyens européens, pour lesquels l’action conjointe des pays européens sur la scène internationale est primordiale.

Un nouvel élan, préparé en amont par la chancelière allemande très favorable à une avancée dans ce domaine, a été donné aux relations transatlantiques lors du sommet du 30 avril 2007 à Washington. Il a abouti à un accord sur la création d’un Conseil économique transatlantique, affirmant la volonté des deux parties d’intensifier encore les relations économiques entre l’UE et les Etats-Unis et d’introduire des mesures d’harmonisation pour faciliter les échanges.

Si Angela Merkel a relancé le Quartet, celui-ci est resté assez impuissant face aux événements violents qui se sont produits ces derniers mois en Israël-Palestine. De même, l’UE ne peut pas avoir une influence décisive sur la question de l’acceptation ou non du futur statut indépendant du Kosovo : si elle s’engage activement en faveur d’une résolution, la décision reste entre les mains des membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, dont la Russie - qui soutient la Serbie - ou la Chine font partie.

A l’issue du sommet UE-Russie, le 18 mai 2007 à Samara (Russie), des accords ont finalement été conclus sur la coopération transfrontalière, les douanes, dans le domaine de la lutte contre la criminalité, contre le trafic des stupéfiants, etc. L’UE a aussi convenu de créer un mécanisme d’alerte précoce en matière d’énergie avec la Russie de façon à éviter toute interruption de livraison. Mais de multiples contentieux politiques et économiques ont entravé les négociations et ont conduit à l’échec du sommet.

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Les 6 mois de présidence allemande ont été marquées par les tensions entre la Pologne et ses partenaires européens, en particulier l’Allemagne
Couverture controversée du magazine polonais Wprost du 25 juin 2007, affichant le titre : "La marâtre de l’Europe"

Pour manifester contre l’embargo russe sur la viande polonaise, la Pologne a empêché l’ouverture des négociations sur le nouvel Accord de Partenariat et de Coopération qui doit succéder à l’actuel Accord en vigueur jusqu’en septembre 2007. Rappelons que c’est ce même conflit qui avait fait échouer le sommet UE-Russie de Lathi en novembre 2006 sur la sécurité énergétique. D’autres contentieux gangrènent les relations euro-russes : le conflit sur l’approvisionnement pétrolier de la Lituanie, la querelle actuelle avec l’Estonie sur le déplacement d’une statue datant de l’ère soviétique et plus largement les atteintes répétées aux droits de l’homme en Russie, qu’Angela Merkel a condamnées à plusieurs reprises.

Pourtant, une étroite coopération entre l’UE et la Russie est capitale. L’interdépendance économique entre les deux partenaires l’y oblige. Pour la Russie, qui tire sa croissance de sa rente énergétique, il en va de sa stabilité économique. L’UE, très largement dépendante du gaz russe, doit assurer la sécurité de son approvisionnement énergétique par l’instauration d’un climat de confiance avec la Russie propice aux investissements. A cette fin, l’UE souhaite élaborer un nouveau cadre de partenariat plus « stratégique » avec Moscou.

On a pu parler lors du Sommet européen d’ « eurosolidarité » pour illustrer le soutien apporté par la présidence allemande à la Pologne contre Moscou. Celui-ci s’inscrit en effet dans l’esprit de la nouvelle politique de l’Est (Neue Ostpolitik) prônée par la présidence allemande de l’UE, qui consiste à renforcer les relations de l’UE avec son voisinage, les pays du Caucase du Sud et d’Asie centrale dans le cadre d’une « Politique européenne de voisinage plus » tout en renforçant le partenariat avec la Russie. Elle suppose une meilleure prise en compte des revendications des nouveaux Etats membres à l’égard de la Russie, notamment en matière énergétique (pensons aux conflits gaziers avec l’Ukraine et la Biélorussie, et aux répercussions sur l’UE) et une présence accrue de l’UE sur les bords de la mer Noire, couloir énergétique stratégique. Cependant, les divergences d’approche entre anciens et nouveaux Etats membres complexifient la relation à la Russie dans une Europe élargie. Par exemple, Varsovie exige de Moscou qu’elle signe le Protocole de transit de la Charte énergétique alors que Berlin et Paris adoptent une position plus flexible, consistant à vouloir intégrer des éléments de ce protocole dans le nouvel Accord de Partenariat et de Coopération. De même, les réactions hostiles des pays Baltes et de la Pologne à l’égard du projet germano-russe de construction du gazoduc de la mer Baltique relié directement à l’Allemagne sans traverser leurs territoires illustrent le caractère ultrasensible du dossier énergétique. Cela exige donc de préférer aux arrangements bilatéraux avec la Russie une concertation européenne qui favorise l’émergence d’une politique étrangère et de sécurité commune (PESC).

Relance institutionnelle : un défi relevé

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Clôture de la conférence de presse du Conseil européen des 21 et 22 juin 2007
Angela Merkel et José Manuel Barroso

L’enjeu du sommet européen du 21 juin et le défi posé à la présidence allemande de l’UE étaient de taille : la relance institutionnelle d’une Europe en panne depuis deux ans. Si d’emblée, les 27 membres de l’UE ont exprimé leur volonté de la rendre plus démocratique, plus transparente et plus forte sur la scène internationale, les Etats membres restaient opposés sur certains principes fondamentaux de l’UE et démontraient une grande frilosité au compromis.

Ainsi, alors que la chancelière allemande, Angela Merkel, exprimait au départ la volonté de préserver la substance du traité constitutionnel, les ambitions furent revues à la baisse. Dès lors, l’objectif de la présidence allemande consistait à sauver le plus grand nombre d’innovations introduites dans le projet constitutionnel élaboré par la Convention. Berlin y est parvenu, notamment grâce au pragmatisme et à l’adresse diplomatique de sa chancelière. La révision du traité supposait pourtant de trouver un point d’équilibre entre les Etats membres ayant ratifié le traité constitutionnel par voie référendaire (Espagne, Luxembourg) et des pays opposés au projet (France, Pays-Bas).

Plusieurs mesures entreront en vigueur dès 2009 : la permanence du poste de président du Conseil européen, la création d’un poste de « haut représentant » de l’Union pour les affaires étrangères et de sécurité, le caractère juridiquement contraignant de la Charte européenne des droits fondamentaux, le passage à la « double majorité » en 2014 ; l’élargissement de la codécision du Parlement européen (contrôle accru du principe de subsidiarité et meilleure délimitation des compétences) et du champ d’application de la majorité qualifiée au domaine de la politique intérieure et de la justice. En outre, le nouveau traité fait du combat contre le changement climatique un devoir de l’UE. Enfin, « l’esprit de solidarité » entre Etats membres doit permettre une politique énergétique européenne sûre.

Mais les diplomates allemands ont dû faire face au blocage de la Pologne et de la Grande-Bretagne sur certaines avancées chères aux partisans de l’Europe politique.

Tout d’abord, sous la pression de Varsovie et au terme de vifs débats, la règle de la « double majorité » (atteinte lorsqu’une décision est votée par 55 % des Etats membres et représente 65 % de la population), ne s’appliquera qu’en 2014 et non dès 2009. En cas de conflit, il sera possible jusqu’en 2017 de se référer au Traité de Nice. Au terme d’âpres et infructueuses négociations avec le président polonais, A. Merkel est allée jusqu’à menacer de poursuivre le sommet sans Varsovie. La presse allemande a condamné la politique « destructive » des Polonais, consistant à « isoler » et à « discréditer » l’Allemagne (Volker Zastrow, Der polnische Patient, FAZ, 24.06.2007). L’Allemagne n’est en effet pas parvenue à imposer la réforme du système de Nice : Berlin, Paris, Londres et Rome conservent leur 29 voix au Conseil des ministres et la Pologne, qui compte moitié moins d’habitants que l’Allemagne, ses 27 voix. De manière générale, le sommet a été entaché par la politique non coopérative de Varsovie et par les propos provocants de son Premier ministre Jaroslaw Kaczynski à l’égard de l’Allemagne. « Sans la guerre, la Pologne ne compterait pas 38 mais 66 millions d’habitants », déclarait-il.

Quant à la Grande-Bretagne, opposée à l’inclusion de la Charte des droits de l’homme dans le Traité, elle se voit exemptée de l’intégrer à son droit national. Par ailleurs, c’est à la demande de Londres qu’a été retiré le titre de « ministre des Affaires étrangères » du projet constitutionnel au profit de « haut représentant », assumant les fonctions de vice-président de la Commission « relations extérieures » et de président du Conseil « relations extérieures ». Enfin, la France est parvenue à imposer à la Grande-Bretagne le retrait de la référence à la concurrence libre et non faussée dans les objectifs de l’ UE.

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Passage du flambeau à la présidence portugaise du Conseil de l’UE, le 1er juillet 2007 à Berlin
A droite, Luís Amado, ministre des Affaires étrangères portugais. A gauche, Frank-Walter Steinmeier, ministre des Affaires étrangères allemand

« La présidence allemande a réussi quelque chose que beaucoup estimaient impossible il y a quelque mois », déclarait Frank-Walter Steinmeier, ministre des Affaires étrangères allemand. Cette réussite redonne en effet espoir et crédibilité au projet européen. Mais elle ne cache pas une certaine victoire des opposants à l’ « Europe puissance » et à l’intégration politique. En outre, la renonciation aux symboles européens (le drapeau, l’hymne) est la marque du recul de l’esprit européen, comme l’ont fait remarquer R. Prodi, J.C. Juncker ou G. Verhofstadt. Les régimes d’exceptions et reports altèrent la pertinence du « traité modificatif » (http://www.eu2007.de), qui, par ailleurs, signe l’acte d’abandon du projet de Constitution. Il s’agit maintenant pour la Conférence intergouvernementale de travailler à la rédaction du nouveau texte d’ici 2009 et de le faire adopter par les pays membres, par la voie parlementaire ou référendaire. Certes, selon José Manuel Barroso, l’ « Europe est sur le bon chemin ». Mais il est encore long. Le travail, la volonté de réussir et le sens diplomatique montrés par la présidence allemande devront inspirer longtemps encore les autres dirigeants européens.

Le bilan de cette présidence allemande est positif et il faut reconnaître aux responsables allemands une grande capacité de négociation et de compromis. Mais il semble peu probable que les avancées institutionnelles permettent de réduire le déficit démocratique européen. Elles résultent plus souvent de compromis obtenus « à l’arrachée » et marquent un recul par rapport au travail de la Convention pour le Traité constitutionnel, qui associait acteurs nationaux et européens dans une grande transparence ; d’autre part, la perspective d’un référendum européen, qui donnerait une crédibilité et une légitimité au projet de traité, semble irréaliste. Enfin, le contexte international difficile - terrorisme, conflit israélo-palestinien, échéances électorales proches en Russie... - et la complexité d’une Europe à 27 ont limité la marge de manœuvre de l’UE sur la scène internationale. La présidence portugaise, étroitement associée aux travaux de la présidence allemande, devra profiter de la dynamique créée lors du sommet des 21 et 22 juin et concrétiser ces avancées dans le cadre de la CIG, qui débutera ses travaux le 23 juillet 2007.


Moyenne des avis sur cet article :  3.29/5   (14 votes)




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40 réactions à cet article    


  • tvargentine.com lerma 3 juillet 2007 09:46

    Avec le pragmatisme débarassé du passé (chiraquisme) nous avons avec Angéla Merkel et Nicolas Sarkozy ,deux personnes réalistes,qui ont compris que pour aller plus loin,il convenait d’être réaliste et de laisser de coté le « romantisme européén » et toutes ses idées ultra-libérales qui ne menent nul part


    • tvargentine.com lerma 3 juillet 2007 09:46

      Avec le pragmatisme débarassé du passé (chiraquisme) nous avons avec Angéla Merkel et Nicolas Sarkozy ,deux personnes réalistes,qui ont compris que pour aller plus loin,il convenait d’être réaliste et de laisser de coté le « romantisme européén » et toutes ses idées ultra-libérales qui ne menent nul part


      • L'enfoiré L’enfoiré 3 juillet 2007 10:11

        @L’auteur,

        Article excellent. Il sera d’ailleurs mentionné dans le mien de la semaine prochaine (sur mon site et peut-être ici). Merci. smiley


        • Euros du Village Euros du Village 3 juillet 2007 10:45

          Bonjour, et merci beaucoup pour votre commentaire. Si vopus souhaitez citer l’article, merci de bien vouloir utiliser la source originale, qui est plus complète que celle d’agoravox (qui n’est qu’une reprise de notre site) : http://www.eurosduvillage.com/SPECIAL-PRESIDENCE-ALLEMANDE

          Bien cordialement


        • L'enfoiré L’enfoiré 3 juillet 2007 11:35

          Bien sûr. C’est corrige, smiley


        • Reinette Reinette 3 juillet 2007 16:35

          idiotsduvillage.con


        • ZEN ZEN 3 juillet 2007 10:24

          @ Intéressante synthèse.

          La conclusion me convient.Le bricolage institutionnel sur le nouveau traité a été amèrement critiqué par Prodi et Juncker.


          • Krokodilo Krokodilo 3 juillet 2007 12:03

            Comme toujours, pas un mot sur les problèmes linguistiques. Le référendum que nous devrions organiser dans tous les pays, c’est « voulez-vous d’une UE anglophone ? » De toute façon, elle l’est déjà. Un seul exemple : vous présentez « la décision de créer un Institut européen de technologie (EIT) d’ici fin 2007 » comme une bonne chose. Or, non seulement sa création est contestée par de nombreuses universités qui craignent le détournement de subventions qui auraient pu aller aux pôles d’excellence de divers pays, mais contestée également par les industriels qui devaient en financer le fonctionnement et doutent de son intérêt ; en outre, cet EIT (acronyme anglais : European institute of , etc.) sera évidemment anglophone, comme les programmes Erasmus mundus. L’UE renforce l’idée que la science et la modernité sont anglophones. Prochainement à Bordeaux, un congrès franco-israélien sur les neurosciences, toutes les communications apparemment en anglais d’après le programme, sous le patronage de notre ministre V. Pecresse. Je ne peux même pas parodier Astérix en écrivant « Toute l’Europe est anglophone. Toute ? Non ; un petit pays résiste encore à l’envahisseur », car la France ne résiste pas, nos élites ont fait allégeance à l’anglais lingua franca de l’UE, et presque tous nos scientifiquesont abandonné la lutte francophone.

            Si c’est une bonne chose, pourquoi ne pas le dire franchement, pourquoi le cacher systématiquement ? Pourquoi ces subventions aux séminaires bidons sur l’intercompréhension entre langues, pourquoi un commissaire au multilinguisme (passif, le commissaire, comme l’intercompréhension...) qui ne proteste pas quand le nouveau site de vidéos de l’UE n’affiche que des vidéos en anglais et nous ressort le logo « together since 1957 », en promettant comme toujours une version dans deux ou trois langues pour plus tard ? (cf. lien dans l’article récent sur le site du journaliste Quatremer) Pourquoi pas dans les 25 langues ?

            Répétons-le : à l’exception des services juridiques, tous les organismes européens de coopération, tous leurs sites, tous leurs documents sont anglophones, la plupart du temps exclusivement anglophones. Je tiens une liste à la disposition des éternels optimistes.


            • ZEN ZEN 3 juillet 2007 12:09

              @ Kroko, bonjour

              Je vous retrouve toujours aussi offensif...J’approuve !


            • Euros du Village Euros du Village 3 juillet 2007 12:46

              Vous êtes incorrigible Krokodilo ! La question linguistique est importante, certes, mais elle n’a vocation à être abordée partout. Votre réactivité extrême à ce sujet est sympathique (et chez Euros du Village, nous avons l’habitude de vos commentaires), mais peut-être disproportionnée. Personnellement, je ne suis pas inquiet, le français et les autres langues officielle de l’UE ne vont pas disparaitre ! Les petits dialectes d’Afrique ou du Brésil sont bien plus menacés. Enfin, que l’anglais soit une langue commune, véhiculaire (et non unique) est plutôt une bonne chose : c’est quand même pas mal de pouvoir se comprendre (d’autant que les services de traduction de l’UE sont les plus importants au monde - mais on ne peut pas demander à tout traduire ou à tout interpréter). Auriez vous été plus véhément si cette langue avait été le français ou, comme vous en rêvez, l’espéranto (mais peut etre ne devrias-je pas vous lancer là dessus) ? Le vrai problème n’est pas la langue, c’est la diversité. Que la Commission, qui souhaite communiquer à tout prix, ne comprenne pas que tout le monde ne parle pas l’anglais est peut etre une chose plus préoccupante, qui illustre un certain décalage vis à vis de la réalité. Après qu’à Bruxelles l’anglais domine, franchement, cela ne me choque pas. C’est ainsi !


            • L'enfoiré L’enfoiré 3 juillet 2007 14:11

              @krokodillo,

              Tu connais mes idées sur la langue universelle officielle anglophone ou plus naturelle que tu préconnises (esperanto). Tu sais que je touches aux deux.

              Mais je te dirais qu’il faut rester pragmatique et comme on dit « Faut pas rêver ».

              Je te dirais qu’au plus on connait de langues au mieux on se porte. En Belgique comme en Suisse, nous en avons pris notre parti. Difficilement pour les uns, contraints pour les autres.

              Je regrette de n’avoir pas poussé le champignon su l’Allemand. Un prof qui ne savait pas se faire respecter, une année gâchée. Et pourtant...


            • Krokodilo Krokodilo 3 juillet 2007 16:03

              Salut Zen, si vous me trouvez offensif, vous devriez lire des articles de Charles Durand... (il y en a un récent par exemple sur le site de DLF, Défense de la langue française)


            • Reinette Reinette 3 juillet 2007 16:38

              idiotsduvillage.con


            • Krokodilo Krokodilo 3 juillet 2007 17:04

              Euros du village, je m’attendais à votre réponse, je crois même que j’aurais pu l’écrire. Votre article aborde de nombreuses questions complexes, je n’allais pas commenter tout ça, ce serait mal fait, très long et rasoir. J’ai simplement pointé un sujet que vous esquivez toujours (comme quasiment tous les médias français), alors que la langue est un puissant facteur identitaire dont les zones d’influence ont toujours été corrélées aux conflits historiques. C’est donc tout sauf un point de détail.

              Votre réponse est à double sens : je peux moi aussi légitimement vous trouver incorrigibles, car le déni d’un problème ne le fait pas disparaître. J’ai pris un exemple tiré de votre article : le futur IET (que vous appelez EIT...). Et il ne s’agit pas de moi, cet IET est réellement contesté par des universités qui préfèreraient recevoir directement les sous en question !

              Ce n’est pas seulement à Bruxelles que l’anglais domine, c’est dans toute l’Europe : la quasi-totalité des sites, documents et organisations européennes fonctionnent exclusivement en anglais (la liste est très longue), et quand deux Européens se rencontrent, le plus souvent c’est en anglais qu’ils vont communiquer tant bien que mal. On nous (les espérantistes/espérantophones) traite d’utopistes alors que je demande simplement que nous ouvrions les yeux sur la réalité, et que nous discutions du problème. Vous connaissez la sentence « tout a déjà été dit, mais comme personne n’écoute, il faut toujours recommencer ! »

              A titre de comparaison, les Belges et les Suisses n’ont pas de ces tabous et discutent régulièrement et sans fard de leurs difficultés linguistiques, occasionnées par le fait d’avoir plusieurs langues nationales. Les sites d’infos en ligne, Le Temps et La Libre Belgique laissent certains articles en accès gratuit ; tapez « langues » dans leurs moteurs et vous verrez combien d’articles sortiront. Faites pareil sur le Nouvel Obs, l’Express, le Point, etc... résultat : proche du néant.

              Alors que l’attitude de l’UE et la vôtre, c’est le déni, sauf dans votre réponse à mon message, enfin la vérité : « Enfin, que l’anglais soit une langue commune, véhiculaire (et non unique) est plutôt une bonne chose : c’est quand même pas mal de pouvoir se comprendre (d’autant que les services de traduction de l’UE sont les plus importants au monde - mais on ne peut pas demander à tout traduire ou à tout interpréter » C’est votre opinion, elle est légitime, et c’est celle de beaucoup de gens, de la plupart de nos « élites » ; là où le bât blesse c’est qu’ils ne le disent pas officiellement, et que c’est contraire à l’esprit de la construction européenne. Favoriser officieusement une position qu’on rejette officiellement est une attitude schizoïde, de l’équilibrisme. Il n’y a pas loin de l’équilibre à la chute ! C’est donc là où effectivement, nous ne sommes pas du tout d’accord : je n’ai rien contre la culture anglo-américaine, il s’agit de justice, d’équité, d’équilibre linguistique dans la construction européenne, mais comme vous dites, je ne vais pas ressortir tout mon argumentaire.

              « Le vrai problème n’est pas la langue, c’est la diversité. »

              Là, on est d’accord. Et où est la diversité quand l’Italie, le Portugal, et bientôt la France rendent l’anglais obligatoire à l’école, quand l’UE sera, est déjà anglophone ? Pour construire l’Europe, il faut en affronter les difficultés, et la question linguistique n’est pas la moindre, contrairement à ce que vous écrivez.

              Quant à savoir si j’aurais été aussi véhément contre le français, c’est un coup bas car une réponse affirmative sera suspecte. J’ai déjà écrit sur le forum de Vox latina (un des sites de défense du français) que j’étais gêné par certains propos car les mêmes arguments affichés contre l’hégémonie de l’anglais s’appliquent aussi au français ou à l’allemand dans l’UE en tant que ex-langues de travail écrasées par l’anglais. En fait, une fois convaincu par la rationalité et l’efficacité de la solution de la langue auxiliaire internationale, on ne peut plus soutenir aucune langue nationale dans ce rôle. Il en va autrement pour la francophonie ou la zone d’influence de telle ou telle langue. Et rappelons toujours que la langue interculturelle n’empêche nullement d’étudier d’autres langues ; la majorité des espérantistes sont polyglottes.


            • Krokodilo Krokodilo 3 juillet 2007 17:15

              Saluton, je lis régulièrement les articles sur vos problèmes linguistiques en Belgique, mais je ne commente jamais car c’est trop compliqué ! En plus, ça ne me regarde pas, alors que la construction européenne, ça nous concerne tous. Au moins, vous, vous en discutez librement.

              En Suisse non plus ce n’est pas simple : certaines régions souhaiteraient pouvoir apprendre un peu d’anglais en LV1, avant une autre langue nationale, avant le français par exemple.

              Et après ça on nous dit que le plurilinguisme européen, c’est juste une question de moyens, de temps, de volonté, que le cerveau des enfants est une éponge aux capacités illimitées, etc. Le nouveau credo des enthousiastes et naîfs jeunes européens, c’est que tous ces problèmes vont se résoudre quand la génération Erasmus parviendra au pouvoir ! Seul compte le pouvoir et les puissants, la communication entre Européens lambda, bof, z’ont qu’à se démerder, de toute façon y z’en ont pas besoin.


            • Krokodilo Krokodilo 3 juillet 2007 17:19

              Saluton... etc, c’était un massage pour l’Enfoiré.


            • L'enfoiré L’enfoiré 3 juillet 2007 21:03

              Bonan vesperon,

              Dankon. Kiel vi fartas ? Mi petas paroli franca pli kutimo.

              Il est prouvé qu’un jeune qui apprends plusieurs langues dès le départ avancera plus vite qu’un autre dans les autres matières. Après la pratique de plusieurs langues en apprendre une de plus de même origine va plus vite. C’est une gymnastique. C’est prouvé. Il ne faut pas arrivé avec du Japonnais ou du Chinois, bien sûr. Toutes les langues ont leur charme surtout pour celui qui la pratique par habitude ou de naissance. C’est un fait aussi. Le combat des langues serait idiot. On ne ferait plus que se battre vu leur nombre. Et puis, il faut bien donner des chances aux interprètes. N’est-il pas ?

              Unu bieron, mi petas ! Saluton Krokodilo smiley


            • Quintien Lorteuil 3 juillet 2007 23:53

              A noter que les élites gauloises ont fait avec le latin ce que font nos élites avec l’anglais : ils l’ont adopté et imposé de fait.


            • ARMINIUS ARMINIUS 4 juillet 2007 08:44

              Parkway, ...ein Märchen aus alten Zeiten, das kommt mir nicht aus dem Sinn" ça fait plaisir de rencontrer des supporters de la langue maternelle la plus parlée en Europe. Dommage qu’on n’entende pas le rythme et la musicalité d’un si beau poême. Les berceuses et comptines allemandes grace à cette subtile harmonie sont aussi magiques. La nostalgie, outre-rhin est toujours ce qu’elle était. On est loin de la langue hachée et gutturale parodiée dans les éternelles séries type « Papa Schültz » qui colle autant que la culotte de cuir tyrolienne à l’image éculée de l’Allemagne


            • ARMINIUS ARMINIUS 4 juillet 2007 08:59

              L’enfoiré, Et je dirais même plus :« si tu veux connaître un pays connais d’abord sa langue » et en prime : « comme ça tu connaitras ses goûts et habitudes et ça te permettra de ne pas te planter si tu veux faire commerce avec » ...si ça peut aider nos futurs vendeurs à l’export au cas ou ils voudraient contribuer à relever notre balance commerciale tombée bien bas ces temps derniers...


            • Krokodilo Krokodilo 4 juillet 2007 15:05

              Saluton L’Enfoiré :

              J’espère que tu partages l’opinion que les « samideanoj » (pour les lecteurs : partisans d’une même idée) ne sont pas obligés d’être d’accord sur tout. Je ne crois pas qu’il ait été prouvé que les enfants qui apprennent plusieurs langues précocement marchent mieux dans les autres matières. Le problème des sciences humaines, c’est que les preuves, les expériences reproductibles, sont bien difficiles à établir : il faudrait isoler un facteur, faire un groupe d’enfants qui bosse dans sa langue nationale, et un autre groupe dans deux langues, et veiller à ce que ces deux groupes soient de même niveau socioculturel, sinon l’expérience est faussée. Je crois que rien n’a été prouvé dans ce domaine, on est en plein dans le dogme et la passion, dans les opinions plutôt que dans les preuves. Seule référence que j’ai sous la main : un article du Courrier international 25-31/01/07 qui relate une analyse allemande qui aurait été faite par un sociologue allemand réputé, Harmut Esser, des diverses études disponibles en Allemagne (turc), aux USA (espagnol), au Québec (français), toutes les études sont viciées, faussées dès le départ. Sa conclusion : rien ne permet d’affirmer que la pratique de la langue maternelle favorise les résultats scolaires des enfants dont les parents en parlent pas la langue du pays d’accueil.

              Autre point : l’UE avait financé un rapport sur l’apprentissage précoce des langues, par un groupe d’experts de divers pays ; or, ce rapport, favorable, était dans le détail plein de précautions et d’avertissements, très très prudent. Depuis, l’UE a commandé et reçu un nouveau rapport, plus favorable ! (le lien est dans mon article sur l’apprentissage précoce) Je ne dis pas que ce n’est pas un atout pour certains enfants, mais simplement qu’il y a dans ce domaine plus de dogmatisme que de science, et que ce n’est pas la seule compétence utile dans notre société : penser que nous devons tous devenir des polyglottes de niveau professionnel est une théorie, une opinion, pas une preuve.

              Par contre, le bon sens apporte plein de renseignements : s’il était si facile d’apprendre des tas de langues, est-ce que la Belgique et la Suisse auraient autant de mal avec leurs deux ou quatre langues nationales ? Chacun les maîtriserait et apprendrait en supplément une langue à grande diffusion comme l’anglais, l’espagnol, l’arabe ou le chinois. Je pense qu’il faudra un jour admettre que l’apprentissage d’une langue étrangère est un énorme travail, et maintenir son niveau également.

              Quant aux interprètes, même dans l’hypothèse d’une langue auxiliaire, ils ne manqueraient pas de travail, car ils s’y mettraient eux-mêmes pour la traduction de documents, de livres, la certification, l’enseignement, etc.


            • stradiuvarius 3 juillet 2007 14:26

              Les euros du village ? !

              Jamais entendu parlé sur la toile ...

              Enfin si les subventions européennes payées grassement avec notre impôt servent (aussi) à faire de la propagande à moindre coût pour les Nazillons Bruxellois déguisés en gentils promoteurs de la pensée UNIQUE LIbérale...Pourquoi pas ? On sait ou passe notre fric au moins.

              Il n’y a plus tant de Bisounours que cela pour croire à la supercherie au travers de l’Europe cela dit. Les temps sont durs pour les « rêveurs »,Aussi longtemps que ce sont les autres qui casquent pour les « rêvasseries » des européistes cela dit, ça ne semble pas trop leur poser de problème.

              Il va donc falloir qu’eux aussi se mettent à l’heure de « la France qui se lève tôt le matin »...et donner du résultat ou du chiffre ou Disparaître évidemment. Tiens, depuis 2 ans qu’il ne se passe rien à Bruxelles , ils sont toujours là, étonnant la culture du NON résultat dans les organes Institutionnels Européens !

              Finissent par donner la gerbe, ces donneurs de bons points et ces redresseurs de tort à la fin, vous ne trouvez pas ? qu’est ce qu’on va bien pouvoir en faire ?


              • Euros du Village Euros du Village 3 juillet 2007 15:59

                Monsieur, pour vous dire franchement, c’est en réaction au genre de propos que vous tenez (Europe libérale, pensée unique, méchants eurocrates nazillons bisounours européistes, etc.), qui reflètent une certaine lepénisation inquiétante des esprits, qu’est né le projet Euros du Village. Mais, bien heureusement, grâce à l’énergie de jeunes étudiants et professionnels, et sans soutien financier de quelconque institution, le projet s’est rapidement transformé en quelque chose de constructif et de désormais reconnu pour sa qualité. Ce n’est pas le cas, semble-t-il, des tenants de votre discours. Que vous soyez d’accord ou pas, tant mieux dans les deux cas, il est toujours bon de débattre, mais vous avez décidé de tuer l’échange d’idées car vous ne semblez pas réellement en avoir. Notre initiative a pour but d’informer et de pousser à la réflexion, en mettant en avant la qualité de contributions de spécialistes, pas de porter des jugements à l’emporte-pièce ni de promouvoir la vision d’une Europe idéale ou diabolique. Je constate qu’en France, le chemin à parcourir est encore bien long, malheureusement...

                Mathieu Collet, rédacteur en chef d’Euros du Village


              • stradiuvarius 3 juillet 2007 17:35

                Oui c’est cela , la lepénisation des esprits, le leitmotiv multicarte monté tel un étendard à la face de ceux qui refusent de se plier au diktat de Bruxelles à l’instar d’un Lech Kaczynski, actuel président de la Pologne vulgairement renvoyé à son nationaliste ,à son sectarisme parce qu’il ose apporter une vision divergente à la pensée unique de Bruxelles, à ses sbires contemplatifs et mous dont vous semblez être et qui se mirent dans le miroir de leurs illusions et qui au final passent plus pour de doux crétins « illuminés » quand bien même ils appellent « spécialistes de l’Europe », « Juriste en guoguette » et autre cloche à la rescousse pour nous resservir l’indigeste plat de la « nécessité de l’Europe » sans savoir eux même pourquoi ils sont là à la défendre in fine. Cela confine au pathétique !

                Etonnant par ailleurs de se voir gratifier de votre part de Fasciste quand on est soi même incapable d’entendre, de respecter, ou d’accepter l’issu d’un scrutin référendaire. Les euro du Village seraient ils donc exempts de tout excès ou immunisés contre la connerie parce qu’ils soutiennent un projet avalisé par le Lobby de Bruxelles et/ou de ses institutions : évidemment que Non. Souffrez donc cher « directeur de la rédaction des euros du village » de recevoir ici la contradiction ou la critique quand bien même elle ne vous plaît point. Si vous êtes si peu prompt à l’accepter, personne ne vous empêche de retourner discutailler le bout de gras sur votre site et/ou de nous fouttre la paix avec l’Europe.

                rafraichissons la mémoire de ce Mr Collet :

                29 Mai 2005 : France : TCE : N O N à 5 5 % 01 Juin : Pays Bas : N O N à 6 0 %

                Rappellons également que les Danois, les Anglais , les Tchèques ne se sont toujours pas prononcés si tant est que Bruxelles a dû juger inopportun d’ajouter au désaveu général et à réfléchir à une sortie de crise avant même d’avoir tirer un bilan (même négatif) de ce vote. SUPERBE DEMOCRATIE !

                Par ailleurs et en substance, au nom de qui et de quoi vous exprimez vous sur ce forum ? Enfin qu’est ce qui vous permet de distribuer avec condescendance et quelque flagornerie assez puante les bons et les mauvais points ? Vous vous prenez pour qui !


              • Reinette Reinette 3 juillet 2007 16:33

                BRUXELLES, BIENVENUE DANS LA CAPITALE DES LOBBIES INDUSTRIELS

                Un observatoire ausculte depuis 10 ans l’activité des groupes de pression dans l’Union européenne et propose même d’édifiantes visites guidées au pays des défenseurs acharnés de l’automobile, du nucléaire, des biotechnologies...

                Avec plus de 15 000 lobbyistes, Bruxelles se classe juste derrière Washington, La Mecque mondiale du secteur.

                A Bruxelles, pour chaque lobbyiste issu de la société civile, il y 7 lobbyistes industriels. »


                • Krokodilo Krokodilo 4 juillet 2007 13:34

                  le « lobbying » est considéré outre-atlantique comme un mode de fonctionnement politique normal et démocratique : si des gens partagent un point de vue, un intérêt commun, il est légitime qu’ils le fassent savoir et agissent ! Mais dans l’UE ils y vont fort. Un bouquin très documenté à ce sujet : « les Lobbies à l’assaut de l’Europe », de Bernard Lecherbonnier, par ailleurs défenseur actif de la langue française.


                • Boileau419 Boileau419 4 juillet 2007 10:10

                  Agoravox doit aimer l’Europe pour avoir mis cet interminable et ridicule panégyrique à la tête de son édition du 3 juillet.


                  • Boileau419 Boileau419 4 juillet 2007 10:27

                    Vous parlez de l’emprise grandissante de l’anglais en Europe et vous avez bien raison. Voyez comme il s’infiltre aussi sur Agoravox : je relève presque tous les jours des titres qui contiennnet des mots anglais.

                    L’allemand est une langue éminemment poétique et qui mériterait, bien plus que l’anglais, d’être la première langue européenne. Il suffit de lire Hermann Hesse dans l’original ou Ernst Juenger pour s’en rendre compte.

                    Revenons au latin, voyons. Pourquoi l’espéranto ? Une langue sans racines, sans littérature. C’est une blague, ou quoi ?


                    • Little Scarlet Pimpernel Little Scarlet Pimpernel 4 juillet 2007 11:22

                      L’oligarchie britannique est la véritable oligarchie européenne, ensemble avec sa cousine américaine. Regardez à quel point un Bolloré, qui peut offrir des vacances à « notre président », est petit à côté.


                    • Krokodilo Krokodilo 4 juillet 2007 14:25

                      Boileau419 :

                      Effectivement, je lis souvent sur AV « intellgence économique » et autres anglicismes inutiles, et Agora vox développe une version en anglais, mais je leur dois de rappeler qu’ils permettent à des opinions minoritaires de s’exprimer sur des sujets comme l’espéranto - totalement boycotté par les grands médias français excepté FR3, les journaux régionaux, les infos en ligne récentes comme Le Taurillon, les Euros du village, etc.. Ils laissent aussi passer des articles du lobby anti-vaccination qui personnellement me choquent, ou des articles manifestement de commande et de propagande par exemple par les laboratoires pharmaceutiques, mais on dirait que c’est le principe retenu, qui fait son originalité : le débat (avec des commentaires parfois très agressifs, voire débiles), à chacun de lire et de se faire une opinion.

                      L’espéranto, non je ne disais pas ça comme une blague, mais tout à fait sérieusement, je vous renvoie aux débats qui ont suivi les articles de Henri Masson sur AV, par exemple celui sur le globish, ou après certains de mes articles sur les langues. Je ne connais rien à l’allemand, et je veux bien croire qu’il est poétique, mais je pense que chaque locuteur d’une langue trouve la sienne plus poétique, parce qu’il a été éduqué dedans, qu’il a ressenti les émotions de l’enfance et de l’adolescence dans celle-ci. Je suppose que Pouchkine est assez poétique en russe, non ? Ou Dante en italien ? La comparaison des qualités poétiques d’une langue ne débouche sur rien de concret à mon avis ; j’ai fait un petit article sur les difficultés comparées des langues, aspect qui, lui, est lié à l’apprentissage et au débat sur la ou les langues de communication dans l’UE.

                      Pour faire bref, je vois le sujet en deux temps :

                      Premier temps : pourquoi tant de gens trouvent-ils la solution anglais lingua franca finalement pas si mal, et pratique ? Comme moi il y a quatre ans... Parce que le bon sens populaire et l’expérience personnelle, celle de leurs amis, de leur famille, leur indique que le plurilinguisme de bon niveau dans quatre langues est une chimère. Un atout à l’échelle individuelle de quelques individus à qui des circonstances particulières ont permis de devenir polyglottes confirmés (famille, obligation professionnelle, expatriation, etc.) mais chimérique à l’échelle de toute une population car acquérir ces qualifications est un énorme travail, et maintenir ce niveau plus encore. Ce même bon sens leur a fait apprécier de pouvoir échanger quelques phrases en anglais avec un Suédois, un Danois, un Grec, un Turc, un Asiatique. Bref, le bon sens a fait ressentir à chacun l’utilité d’une langue-pont entre les cultures, et la mondialisation en a montré l’utilité, la nécessité politique et commerciale.

                      Deuxième temps : quelle langue-pont ? C’est ce débat qui n’a pas lieu, qui est refusé par l’UE et par les médias, soit par peur de paraître anti-européens, soit par conformisme, soit par conviction politique. Le latin, comme vous le proposez ? C’est une langue morte (déf. des dictionnaires), mais surtout tout aussi difficile que l’anglais ou une autre langue nationale. A la limite, je préfèrerais l’italien, dont la phonétique largement est plus régulière que celle de l’anglais. Mais l’injustice du choix d’une langue nnationale demeure vis-à-vis des autres langues et de leurs locuterus défavorisés. L’équité linguistique me paraît une condition sine qua non de la cosntruction européenne.

                      A mon sens, une langue-pont, ou langue interculturelle, ou langue auxiliaire internationale, ne peut être que la plus facile possible, afin de pouvoir être utilisée (à des niveaux divers) par la plus grande partie de la population (UE ou mondiale), une solution démocratique là où l’anglais est une solution élitiste. Or, actuellement, seul l’espéranto répond à ces critères de coût-efficacité, temps-résultat, neutralité (langue non-nationale), d’internationalité : la grammaire est internationale, cad. basée sur des structures de base, langue agglutinante et isolante.

                      Sans racines : le vocabulaire étant essentiellement européen, ses racines sont millénaires... L’espéranto a parfois été surnommé le latin moderne. Sans culture : la réponse est trop longue, je vous renvoie sur les nombreux sites du réseau. Mais l’émergence et le développement d’une langue construite sont par eux-mêmes un phénomène culturel très sous-estimé.

                      Cela paraît absurde et irréaliste, utopiste, à beaucoup de gens, mais franchement, aucun politique n’envisage une seconde de remplacer l’anglais par le latin ou l’italien, nous sommes donc à égalité d’utopie de ce point de vue, sauf que les espérantistes existent en nombre, présents sur tous les continents, très actifs sur Internet, et en progrès même en France (je passe les détails), un des pays les plus réfractaires à l’espéranto. Donc, si personne ne connaît le futur, la solution Eo me paraît à la fois plus efficace et plus probable que le retour du latin.


                    • Little Scarlet Pimpernel Little Scarlet Pimpernel 4 juillet 2007 11:20

                      Cet article représente un son de cloche : le « pro-européen » à outrance. Mais on peut adopter d’autres points de vue.

                      A l’occasion de l’article de lundi de De ço qui calt ? , j’ai été voir son blog http://blog.360.yahoo.com/quicalt et, sans vouloir m’alourdir, j’y ai trouvé quelques articles récents sur le sujet :

                      http://blog.360.yahoo.com/blog-hemwnYcgbq_SQcISKczR?p=118 Après les présidentielles françaises, mine de rien, l’ « Europe militaire » (1)

                      http://blog.360.yahoo.com/blog-hemwnYcgbq_SQcISKczR?p=119 Nicolas Sarkozy, l’Etat et l’identité nationale (2)

                      http://blog.360.yahoo.com/blog-hemwnYcgbq_SQcISKczR?p=148 Après les présidentielles françaises, mine de rien, l’ « Europe militaire » (2)

                      http://blog.360.yahoo.com/blog-hemwnYcgbq_SQcISKczR?p=169 Sarkozy, Royal, Kouchner, Bayrou, les « gauches » et l’euronationalisme consensuel

                      http://blog.360.yahoo.com/blog-hemwnYcgbq_SQcISKczR?p=182 Après les présidentielles françaises, mine de rien, l’ « Europe militaire » (3)

                      Salutations

                      Little


                      • Forest Ent Forest Ent 4 juillet 2007 13:07

                        A propos des institutions, la seul chose claire est que le TCE est enterré. Quand au « nouveau traité », il faudrait qu’il soit renégocié, avec sans doute quelques vicissitudes de rédaction au passage, puis re-ratifié par chaque pays. Attendons de voir.


                        • Forest Ent Forest Ent 4 juillet 2007 16:49

                          Je n’ai pas voté Pinocchio et décline toute responsabilité pour la suite. A mon avis, malheureusement, cela ne va pas s’arranger dans les 5 prochaines années pour la plupart des fins de mois difficiles. J’aimerais bien me tromper, mais la plupart des mesures qui se profilent ont l’air plutôt au bénéfice des riches...


                        • Astidiel 4 juillet 2007 16:25

                          [mode provoc] Et peut t’on débarrasser AV des rédacteurs anti-européen ??? [Fin mode provoc]

                          Sérieusement, AV est un espace ou chacun peut s’exprimer et publier des articles. Qu’il soit pro-européen ou non.

                          Cet article très complet (peut être un peu trop) est visiblement le fruit d’un long travail et d’une longue réflexion. A ce titre il mérite d’être mis en valeur et débattu de manière plus sérieuse.

                          Pour revenir à certains commentaires plus haut. Je trouve assez incroyable que certains critiquent les idées et l’engagement des autres sous prétextes qu’il y a eu un référendum sur le sujet, donc le sujet est clos, paf, plus d’Europe ! Et surtout n’en parlons plus, ne faisons plus rien !

                          Le pire c’est que ce sont les mêmes personnes qui s’indignent lorsque des Sarkosystes leur disent de se taire car « le peuple à voté Sarko, donc les anti-sarko doivent se taire ! »

                          De même, pour l’auteur, assimiler les anti-européens à des fascistes, c’est du même niveau que de voir les pro-européens comme des neo-libéraux...

                          Et si vous appreniez les uns les autres a discuter avec des gens ayant un point de vue différent sans tomber dans l’insulte, la démagogie et la stigmatisation ?

                          Astidiel


                        • stradiuvarius 5 juillet 2007 00:06

                          On débat d’un sujet lorsque son interlocuteur est disposé à se départir, un tant soit peu, des sempiternels lieux communs et banalités qui font que l’on peut discuter à minima des sujets secondaires ou accessoires puisqu’au fond ils n’intéressent pas grand monde, mais que l’on se garde au final d’aborder la critique externe des rouages institutionnels ou démocratiques, bref de prendre de l’ascendant pour jauger plus globalement le Monstre et interroger sa légitimité démocratique , au risque de passer pour un réactionnaire d’extrême Droite. Et il me paraît sain, voir nécessaire de souligner que l’Europe Institutionnelle, politique, vous l’appelez comme vous voulez, fait ici fausse route, se trompe, prend le mauvais chemin si vous préférez. Et que les Français et les Néerlandais lui ont CLAIREMENT signifié en 2005 . Est-ce assez clair : NON !

                          Ai-je le droit d’exprimer cet idée, d’autant que je ne suis pas le seul à la partager, sans être immédiatement taxé de Fasciste ou de décliniviste parce que je casse le joujou idéologique de ces Messieurs ou des Européistes et que je me permets de toucher à leur fond de commerce ? Non. Donc le droit je le prends , et je vous emm....

                          Et enfin qu’est que le parallélisme avec Sarkozy à avoir la dedans ?

                          Lorsque l’on débat du rôle du Sénat dans les institutions Françaises, ou de sa nécessité, on ne regarde pas à la dépense en prenant assez piteusement A Poher comme exemple ou contre exemple pour noyer le poisson en se demandant si il a bien fait son boulot ou pas, mais on s’interroge sur l’intérêt de l’institution dans le cadre de l’organisation des contre pouvoirs qu’il apporte à la démocratie et aux citoyens...

                          L’Europe c’est pareil ! Il faut juste avoir (enfin) le courage de se poser les bonnes questions quitte à remettre en question son éxistence même.

                          Et en démocratie, c’est possible, voir parfois nécessaire .


                        • Astidiel 5 juillet 2007 07:18

                          Ce que j’ai voulu dénoncé c’est la stigmatisation de ceux qui ont un avis différent du sien. Cela vaut pour une bonne partie des commentaires ici.

                          Chacun à évidement le droit de s’exprimer, le droit d’écrire un article. Après il est vrai que l’on peut s’interroger sur le bien-fondé de la mise en valeur de tel ou tel article à condition que que l’on ne se base pas sur ses convictions. Cela est loin d’être le cas pour cet article.

                          Pour revenir sur le non. Le non l’a emporté, c’est incontestable, il ne s’agit pas de remettre en cause la validité du non, mais de continuer à avancer en prenant en compte cet avertissement. Je ne suis pas d’accord avec certaines politiques de l’Europe (libéralisation des services), cependant ma seule crainte c’est de voir l’Europe rester sur le statut-quo actuel.


                          • Philippe Vassé Philippe Vassé 5 juillet 2007 09:05

                            Bonjour,

                            J’ai lu l’article qui a généré ce fil et, qui, si j’ai bien compris, est une oeuvre collective.

                            J’en ai retiré un certain nombre de faits et d’informations que l’on trouve aussi en ligne sur les divers sites officiels de l’Union Européenne, avec le même langage abscons, froid et impersonnel, si éloigné des réalités quotidiennes des citoyens.

                            Arrivé à la fin de l’article, une question posée de facto par le titre de l’article reste sans réponse des auteurs : à qui et quoi exactement a donc « profité » le côté « positif » de la Présidence, non pas « allemande », mais d’Angela Merkel, pendant 6 mois, à la tête de l’UE ? Le texte est muet là-dessus alors que c’est son but déclaré.

                            Ceci dit, si l’article est formaté sur le moule ou, comme on voudra, sur le mode utilisé généralement- peu lisible il est vrai- par les rédacteurs de textes de l’UE, je suis resté sur ma faim quant aux faits positifs concernant les citoyens, non de l’UE comme il est écrit par erreur, mais des Etats membres de l’UE.

                            Je rappelle au passage un « léger » point de droit- j’allais écrire un « détail »- qui ne peut échapper à personne, surtout pas aux auteurs:l’UE est une entité juridique d’Etats membres, laquelle n’a pas, en soi, de citoyens relevant directement d’elle !

                            Je n’ai pas non plus lu dans cet article des avancées concrètes quant au niveau de vie des citoyens des Etats membres, des progrès dans le fonctionnement des services publics qui leur sont dûs, des pas positifs qui auraient diminué la distance- on peut aussi dire le fossé que tous constatent- entre l’UE, ses institutions fort éloignées des pratiques démocratiques- et les citoyens des Etats membres.

                            En résumé, j’ai donc vainement cherché dans le corps fort long de l’article ce qui était annoncé dans le titre comme « positif », en quoi et pour qui. En vain !

                            Mon impression finale, fondée sur les faits exposés par les auteurs eux-mêmes, est que l’article n’apporte pas la preuve de ce qu’il annonce en entrée. En clair, il aligne beaucoup de mots et de belles déclarations, mais ne donne à l’appui de sa position aucun fait positif concret pour le citoyen de base d’un quelconque Etat membre de l’UE...

                            En conclusion, cet article copie bien, certes, les textes habituels, assez creux que les hauts fonctionnaires de l’UE savent produire à la perfection et à foison, mais sans rien apporter ni au débat qu’il prétend alimenter en le fermant d’entrée par son titre laudateur sans motif donné ensuite, ni à l’information intéressante des citoyens de base.

                            C’est bien regrettable, car le titre était accrocheur, mais le contenu ne tient pas la promesse du début.

                            Et ce n’est pas ainsi, dans la forme et le fond, que l’on pourra nourrir un débat sain, large, ouvert et démocratique qui pourrait restaurer le lien inexistant entre l’UE et les citoyens des Etats qui en sont membres.

                            Bien cordialement vôtre,


                            • stradiuvarius 5 juillet 2007 15:14

                              Merci Parkway, Merci philippe....

                              Je finissais pas me demander sur ce forum si c’est moi qui avais des lubis... A priori Non, vive l’Europe des citoyens, de vous et de moi. En aucun cas celle de la techocratie Bréjnevienne de Bruxelles !

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