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Accueil du site > Actualités > Europe > PS et le grand marché néo-libéral transatlantique

PS et le grand marché néo-libéral transatlantique

Nous arrivons au terme de notre modeste lecture du manifeste du parti socialiste européen. Une lecture vue de gauche et qui ne vise aucunement l’exhaustivité.

Le dernier chapitre définit les ambitions internationales du PSE. Celles-ci visent à promouvoir la paix, la sécurité, le partenariat, et à éradiquer la pauvreté...

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Derrière ces objectifs, la question des moyens se pose...
 
1. Un corps volontaire européen d’aide humanitaire.
 
"Éradiquer la pauvreté" est louable mais qu’en est-il de la nature et de l’efficacité des moyens présentés succinctement dans ce programme.
 
Parmi ces moyens, le PSE souhaite la création d’un corps volontaire européen d’aide humanitaire.
 
Cette proposition n°66 mériterait d’être détaillée.
 
L’électeur ne connait pas quelles seront les missions, les objectifs, les moyens mis en œuvre, de même que la politique pratiquée sur le terrain par ce corps de volontaires...
 
Ledit corps ne risque-t-il pas d’être ressenti par les populations locales comme une armée post coloniale ?
 
Ne serait-il donc pas plus efficace d’aider les ONG déjà sur place, et en particulier celles qui ont été créées par les citoyens eux-mêmes ?
 
Cet exemple prouve que ce chapitre du Manifesto a été rédigé en des termes si vagues et si imprécis, qu’un cerveau endormi est susceptible de ne pas relever de tels détails...
 
Parmi ces "détails", on remarque que le PSE privilégie deux axes qui mettent en péril la volonté de construire une Europe indépendante et sociale : un partenariat avec les Etats-Unis (propositions 50 et 62) et une coordination en matière de défense avec l’OTAN.
 
De plus, le PSE ne précise pas s’il est favorable ou non à la constitution d’une armée européenne et d’un corps diplomatique européen...
 
Tout ce flou et ces imprécisions ressemblent à de l’enfumage.
 
Ici, devait s’achever la lecture ô combien passionnante d’un Manifesto (sans rire) très décevant.
2. Un grand Marché transatlantique entre l’U.E. et les U.S.A.
 
En fait, on va poursuivre après la lecture d’un billet stupéfiant de J.-L. Mélenchon qui complète d’ailleurs, un autre d’Etiam Rides .
 
Précédemment, nous avons employé le mot "partenariat" sans le développer, faute de matière dans le Manifesto...
 
Le porte-parole du Parti de gauche et tête de liste du front de gauche dévoile le projet de Grand Marché transatlantique entre l’Union européenne et les États-Unis :
"de sommets en réunions ministérielles, ce projet avance discrètement mais vivement. Au Parlement européen, lors de 5 votes successifs depuis 2004, le PPE (le groupe des partis de la droite européenne) et le PSE (parti socialiste européen) ont donné leur appui enthousiaste à son avancement (...) à un marché transatlantique sans barrières douanières, avec des règles harmonisées, pour 2015".
Bigre !
 
Ce grand marché est déjà bien avancé :
"Barroso, Merkel et Bush adoptent un « Programme cadre pour l’avancement de l’intégration économique transatlantique ». Et le sommet met en place un « Conseil économique transatlantique »."
Bien entendu, ce marché obéira au sacrosaint dogme néo-libéral :
"Un rapport d’étape du Conseil économique transatlantique est annexé aux conclusions du sommet. Il propose d’« accélérer la réduction et l’élimination des obstacles au commerce international et à l’investissement ». Et il engage les USA et l’UE à « rationaliser, réformer et quand c’est nécessaire, réduire les réglementations pour renforcer le secteur privé », à « parvenir à une coopération réglementaire plus effective, systématique et transparente pour réduire les coûts liés à la réglementation » et à « éliminer les différences inutiles entre nos réglementations pour favoriser l’intégration économique ». Suivent dans ce rapport, une liste de secteurs et de domaines ou des mesures conjointes font avancer cette déréglementation transatlantique".
La notion de partenariat évoquée dans le Manifeste du PSE devient plus claire...
Et, on aurait apprécié que le PSE le dénonce et s’y oppose !
 
Mais non, le PSE soutient un partenariat d’essence néo-libérale...
 
Il y a cette réalité, vérifiable du Manifeste et du marché transatlantique, et les beaux discours de nos socialistes qui essaient d’enfumer l’opinion publique avec de belles déclarations gauchisantes contre Sarkozy, Barroso et la droite...

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7 réactions à cet article    


  • LE CHAT LE CHAT 12 mai 2009 09:55

    avec DSK et Pascal Lamy aux commandes d’organisations mondialistes commerciales , le PS est mal placé pour faire des leçons de gauchisme , faut être décérébré pour croire un instant que le PS est de gôche autrement que dans les mots .


    • pas perdus pas perdus 12 mai 2009 11:17

      Je suis d’accord... Mais encore faut-il convaincre autour de soi...


      • Gandalf Tzecoatl 12 mai 2009 14:35

        Vous auriez écrit : « Modem et le grand marché néo-libéral transatlantique », c’en aurait été pareil puisque l’ADLE, le centre européen, a également voté pour le projet de Madame Mann.

        30 ans de dirigisme libéral, « cause toujours on libéralise », en faveur d’une clientèle d’élites, ne suffiront pas à provoquer le divorce entre citoyenneté et hautes sphères : les medias et la « pédagogie » veillent au grain.

        Le retournement de veste politique en faveur d’un favoritisme keynésien suite à la crise actuelle est un piètre leurre aux fondements idéologiques et in fine lobbyistes des réformes et décisions opérées, bien à l’abri de l’aval citoyen dans de multiples gouvernances dont les meilleurs ingrédients sont le soporiphisme et le verbiage obscurantiste.


        • ZEN ZEN 12 mai 2009 18:51

          Pathétique, le vide abyssal de la (non) pensée du PS !...

          Le futur Grand marché transatlantique est un vieux projet , qui resort aujourd’hui des cartons, celui qui permettra aux multinationales de continuer à mener le bal...
          Le nouvel agenda est dèjà prêt.

          [Selon Raoul Jennar, le projet d’un grand marché transatlantique« revient à négocier par étapes l’élimination progressive, sur l’espace européen, de toutes les législations et réglementations, nationales ou locales, qui pourraient entraver l’activité des entreprises américaines : protections sociales et environnementales, droit du travail, services publics, politiques culturelles et d’éducation, normes sanitaires, marchés publics, investissements, concurrence, etc. ». Au moins autant que les protections tarifaires, le projet vise les « entraves non-tarifaires », c’est à dire les normes spécifiques qui font obstacle à la mise en place d’un grand marché transatlantique. Ainsi, le rapport d’Erika Mann « met en garde contre la prolifération de réglementations complémentaires au niveau national, le non-recours aux normes internationales pertinentes sur lesquelles fonder les réglementations techniques, (et) les exigences excessivement lourdes en matière d’étiquetage ». Demain, des OGM et des hormones laitières dans nos assiettes ?]

          Sans consistance politique, l’Europe, telle qu’elle s’est façonnée, perdra sans aucun doute toute possibilité d’expression et d’action autonome vis à vis des grands blocs, elle ne peut avoir l’espoir de peser sur les intérêts américains.
          Comme le disait P.Mendés-France : " L’abdication d’une démocratie peut prendre deux formes, soit elle recourt à une dictature interne par la remise de tous les pouvoirs à un homme providentiel, soit à la délégation de ses pouvoirs à une autorité extérieure, laquelle au nom de la technique exercera en réalité la puissance politique, car au nom d’une saine économie on en vient aisément à dicter une politique monétaire, budgétaire, sociale, finalement une politique au sens le plus large du mot nationale et internationale. "


          • Gandalf Tzecoatl 12 mai 2009 19:39

            Excellente citation que je ne connaissais pas. L’histoire l’illustre à de multiples reprises

            Si pendant les années 30, d’après Lacroix-Riz, nos élites avaient abandonnés toute idée d’alliance avec les soviets par choix idéologique, abandonnant implicitement les clés de la maison France aux foudres hitlériennes afin de mieux mater les revendication sociales et soviétisantes, la parenthèse des 30 glorieuses ressemble à s’y méprendre à une éphémère paix des repentis.

            L’objectif de la mondialisation est bel et bien le même, annihilant absolument tout moyen de pression lors de revendications salariales. La violence des séquestrations récentes illustre parfaitement l’impuissance totale du monde salarié dans les négociations.

            L’invasion promise de la mentalité américaine dans les relations d’entreprises européennes permet de parachever le diktat du capital.

            Le seul hic est que ce diktat va continuer son travail de sape sur la consommation, et donc la croissance. Mais, rien, absolument rien des signaux envoyés par les élites n’indiquent d’inquiétudes à ce sujet. Tout concourt au contraire à l’implicite le plus abject, à savoir le malthusianisme par la pauvreté et la sélection naturelle par la finance.

            Les citoyens, dépossédés de leur voix au chapitre, répondent sporadiquement par des revendications corporatistes et un sauve-qui-peut généralisé autant que possible par le haut.


          • pas perdus pas perdus 12 mai 2009 22:19

            Excellente citation de Mendès, mais d’où la tenez-vous ?


          • paul muadhib 15 mai 2009 12:17

            oui cette citation de Mendes est si juste,un brin visionnaire..
            bon , de bonne humeur ce matin, je me rends compte , une vision ? que le projet absurde,totalitaire et sanguinaire ne marchera pas, pourquoi ? parce que je viens de le decider...reste a « montrer » a , euh ! je ne sais pas ,..5 milliards de personnes que cooperer pour assurer les besoins vitaux est LA SEULE solution pour la securite physiologique necessaire...ca ne devrait pas etre dur car deja c est le cas quand ca marche , toute production etant deja cooperative...ca ne peut etre autrement ! apres ca se gate, donc il faut s occuper du « apres », du systeme competitif, qui est en fait l emanation des arrivistes nevroses du pouvoir, le probleme est la , mais surtout dans le cerveau , l ego , ce fameux ego, signifiant tout connement « moi », petit moi miserable qui se prends pour l univers tout cela parce qu il fuit en permanence sa mort prochaine.
            on vient donc de decouvrir ensemble que ce n est pas un systeme qu il faut changer, c est l humain , ce qui veut dire que le chemin est dans l observation, la connaissance de soi et de voir si une transformation radicale peut avoir lieu.
            si celle ci n est pas possible, on est condamne au malheur, je sais qu il y a une autre voie, pas comme la projection d un desir, comme experience personnelle, s enfoncer dans la connaissance de soi , se liberer de ses chaines mentales, etre libre ne veut pas dire aller ou l on veut et faire ce que l on veut avec les autres , etre libre ca veut dire se liberer de tous ses propres conditionnements., se liberer de ses dependances physiques mais surtout psychologique...c est balaise comme boulot, il faut bien une vie pour cela, ca se situe dans l ego/cerveau analytique fait de memoire,d analyse et de projections, originallement outil pour la survivance, l ego a pris le controle de tout, exactement comme les neocons du moment veulent tout controler, c est le meme mouvement a une autre echelle..
            ma conclusion est : dans neocon, il y a con et ce n est pas ma faute.

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