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Accueil du site > Actualités > Europe > Qu’est-ce qui te prend, Georges ?

Qu’est-ce qui te prend, Georges ?

C’est quoi cette idée de référendum ?

A quoi ça sert qu’on se décarcasse, Angela et Moi pour trouver des solutions qui préservent les intérêts des banques, rassurent les marchés et me donnent une stature internationale qui fait oublier mes promesses non tenues en France ?

Tout allait bien, on avait trouvé à 17 la solution à tous les problèmes de ton pays, problèmes financiers s’entend, parce qu’on n’est pas là pour faire du social auprès des Grecs, tout de même, faut pas déconner.

Les banques avaient fait pêter le champagne, heureuses de s’en tirer à si bon compte, avec la promesse, je peux bien te le dire maintenant, qu’on n’irait plus les emmerder avec ces histoires de nationalisation, qu’elles pourraient continuer à confondre banque de dépôt et banque d’affaires, en spéculant hardiment sur les dettes des autres pays et en se gavant sur les frais bancaires des déposants et en continuant à alimenter des comptes dans les paradis fiscaux.

Je te l’accorde, on savait déjà que ce plan de sauvetage de ton pays ne sauverait pas l’euro et qu’après la Grèce on passerait à l’Italie, puis le Portugal et l’Espagne, mais enfin, ça avait de la gueule et ça me permettait de me présenter en sauveur de l’Europe, avant le chaos, juste pilepoil pour assurer ma réélection devant Hollande, tout juste bon à gérer la dette de la Corrèze.

Et puis voilà, ton idée de référendum qui fout tout par terre. Je sais bien que la Grèce est le berceau de la démocratie, mais tout de même ! Est-ce que tu ne serais pas en train de craquer face à la pression de la rue, un gros burn out ? Je sais bien que ton élection est due à l’incompétence de tes prédécesseurs de droite, et leurs magouilles avec Goldman Sachs, la banque qui les a aidé à maquiller leurs comptes pour entrer dans la zone euro et que tu as trouvé un pays quasiment en faillite, mais de là à mordre la main de ceux qui te nourrissent, il y a un pas qu’il ne faudrait pas franchir, tout de même.

Sans compter que les Chinois qui se proposent de nous faire l'aumône pour notre fonds européen de stabilité financière vont commencer à avoir des doutes et vont être tentés nous traiter comme le dernier des interdits bancaires en retirant leurs billes.

Je sais ce qui t’arrive ! Tu as du louper le stage de formation de Premier Ministre, tu n’as pas assisté à toute la session, notamment aux modules FMI/BCE et au stage pratique avec les traders. Qu’est-ce qu’ils foutent à l’internationale socialiste ? Même pas capable de te donner des conseils : ça promet, si Hollande est élu.

Si tu m’avais appelé avant de prendre ta décision, je t’aurais dit que ça ne sert à rien de faire appel au peuple qui ne vote jamais comme on s’y attend.

Tu nous fous dans la merde, Georges, et on va encore être obligé de trouver une solution de contournement comme celle que j’ai mise en œuvre après le non Français au référendum sur le traité européen en faisant voter les parlementaires, droite et gauche confondues, pour ratifier ce traité contre l’avis des électeurs.

D’accord, le peuple est légitime (surtout quand il vote pour moi ou l’UMP), mais il y a des limites. Franchement, qu’est ce qui est le plus important aujourd’hui ? Les grecs qui sont dans la rue ou les banquiers qui risquent d’y être si tu persistes dans ton comportement ?

Il fallait les entendre, ces pauvres banquiers désespérés par ton attitude : « Dés qu’il y a une lueur d’espoir, les politiciens détruisent tout » qu’il disait ce trader déboussolé, interrogé à la télé.

Allez, Georges, un bon mouvement, renonce à ton projet pendant qu’il est encore temps et donne les clés du pouvoir à d’autres, à ceux qui sont capables de voir où sont les intérêts véritables, c'est-à-dire ceux des marchés et de la finance internationale, sans oublier mes intérêts électoraux et ceux d’Angela.

Et prends de longues vacances dans une île.


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11 réactions à cet article    


  • Jason Jason 2 novembre 2011 08:47


    Excellent.

     Un p’tit conseil Georges, va voir les armateurs qui ne paient pas d’impôts. Ils te loueront une petite barque pour aller te mettre au vert. Ils te doivent bien ça.


    • Fergus Fergus 2 novembre 2011 23:10

      Bonsoir, Jason.

      Les armateurs, mais aussi l’église orthodoxe qui bénéficie d’avantages exorbitants.


    • JL JL1 2 novembre 2011 10:22

      Il ne faudrait tout de même pas perdre de vue que ce n’est pas cette initiative louable d’organiser un referendum qui a foutu la merde : referendum ou pas, le récent accord n’avait pas enrayé la crise ni rassuré ces « maudits marchés ».

      Alors, que Papandreou jette l’éponge à la manière de Ponce Pilate, au fond, c’est ce qu’il avait de mieux à faire, non ?


      • Michel DROUET Michel DROUET 2 novembre 2011 10:39

        Tout à fait d’accord JL1.

        Pas plus que l’accord du 21 juillet mort-né, ce nouvel accord, comme je l’indique, ne résoud rien.

        Il était juste là pour différer de quelques mois la crise à laquelle nous allons être confrontés et accessoirement laisser passer les élections présidentielles.

         


      • Daniel Roux Daniel Roux 2 novembre 2011 10:51

        Ce bon Georges avait demandé un effacement d’au moins 60%. Vu que Merkel n’a accordé que 50%, il marque son désapointement à la manière ordinaire du politique roublard, par le chantage.

        La réponse du berger grecs à la bergère allemande, c’est : donne moi 70% de remise et je démissionne, annulant du même coup le projet de référendum, sinon tant pis pour vous, j’en ai rien à foutre, je fais tout sauter.

        Cette stratégie peut très bien marcher. Attendons nous à une renégociation à marche forcée et à une remise revue entre 60 et 70%.

        Quant à Sarko, il est hors du jeu. Lui ce qu’il voulait, c’est faire financer les banques (enfin les gros actionnaires des banques) par le contribuable en créant une bad banque qui stockerait des dettes à l’infini et que le contribuable rembourserait à l’infini.

        Ce qui est cocasse est que les uns crient à la trahison de classe, et les autres au triomphe de la démocratie, comme si les vrais sujets étaient là.


        • sylvie 2 novembre 2011 11:52

          Bonjour, j’ai entendu sur RTl hier soir (qui n’est pas de gauche) que 50% de la dette était suspendue mais l’intérêt à payer l’était sur la totalité... allez comprendre


        • tchoo 2 novembre 2011 11:01

          50% qui se traduit par 100 mds pour un total de 350 mds soit à peine 29% et pas effacée simplement rééchelonné dans le temps qui fait le Grèce grace à l’extrême générosité de ce plan se retrouvera en 2020 avec une dette égale à 120% de son PIB actuel, soit la même situation avant que la crise commence.
          Je sais pas comment on fait pour avoir des élites aussi intelligentes !


          • dawei dawei 2 novembre 2011 17:18

            Ecouté M’sieur Tchoo, hein, j’trouve vos commentaires de bien mauvais esprit, hein, le monde se divise en deux catégories, hein, ceux qui essaie de faire avancer les plans , et ceux qui commentent, hein , vous vous commentez. Et si on donne au Non , le pouvoir de dire OUI, heu Non, alors les pouvoir de dire NOn au OUI, et OUI, heu non ... s’annulle dans un équilibre instable ... et vice versa , ou réciproquement , ou ptet meme l’inverse je sais plus ... et pi ça suffit, vous m’enervez.
            Don’t forget, the Yes need the No to win against the NO !!!


          • BA 2 novembre 2011 20:44

            Mercredi 2 novembre 2011 :

             

            Grèce : le référendum ne portera pas sur l’euro.

             

            Le référendum grec portera sur le plan de sauvetage. 

             

            La consultation portera sur le plan d’aide européen, et non sur l’appartenance à la zone euro, a annoncé le porte-parole du gouvernement grec. Interrogé sur le maintien de la Grèce dans la zone euro, le porte-parole Angelos Tolkas a répondu : "Non, ce ne sera pas la question. Ce sera le plan de sauvetage".

             

            http://www.europe1.fr/International/Grece-le-referendum-ne-portera-pas-sur-l-euro-797771/

             

            Grèce : taux des obligations à un an : 224,749 %. Record historique battu.

             

            http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB1YR:IND

             

            Grèce : taux des obligations à 2 ans : 96,685 %. Record historique battu.

             

            Grèce : taux des obligations à 5 ans : 34,584 %. Record historique battu.

             

            Grèce : taux des obligations à 10 ans : 25,466 %. 


            • Fergus Fergus 2 novembre 2011 23:08

              Bonjour, Michel.

              Excellent, cette interpellation de Papandréou par un Sarkozy plus vrai que nature. Demander l’avis du peuple, quelle incongruité !

              Cordialement.


              • Michel DROUET Michel DROUET 3 novembre 2011 08:14

                Bonjour Fergus

                La démocratie représentative pourrait faire oublier aux élus, même si le mandat impératif n’existe pas, qu’ils peuvent tout décider en ignorant les souhaits du citoyen.

                Pire encore, dans le cas de la Grèce, ce sont des pays et des gouvernants tiers qui veulent décider pour les citoyens grecs, et cela pose problème.

                Je trouve donc que l’initiative de Papandréou d’organiser un référendum doit être saluée, d’autant plus qu’elle signifie sans doute sa mort politique.

                PS : dans un style voisin, j’ai beaucoup aimé l’interview de Giullia.

                Cordialement

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