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Accueil du site > Actualités > Europe > Que devrait faire la Grèce ?

Que devrait faire la Grèce ?

Une dette qui dépasse le PIB, est-ce un problème ?

Réponse courte : oui.

Réponse longue : on va tenter de garder ça court.

Le gouvernement grec a un sérieux problème. Il a maquillé la réalité et vécu au dessus de ses moyens. Après une bonne décennie de croissance importante, le gouvernement n’arrive plus à boucler son budget. Non seulement la dette gonfle, elle est dorénavant ingérable. À 115 pourcent du PIB, c’est trop. Les paiements mensuels sont si importants qu’il n’arrive plus à payer l’épicerie.

La crise grecque est contagieuse, comme le virus ebola, dit le ministre des finances mexicain Angel Gurria.


Au Québec la dette est aussi un sujet pressant. Si le gouvernement fédéral a réussi à réduire sa dette dans les années 1990 et 2000, la Belle Province ne l’a pas fait. Et en temps de récession, vaut mieux avoir un beau profil face aux requins de la finance. Mais le Québec est-il comme la Grèce ? Pouvons-nous subir un sort semblable et voir le FMI débarquer à Dorval ?

Il y a des ressemblances.
  • Sur le plan macroéconomique, le Québec est un pays développé qui traine un peu de la patte, comme la Grèce.
  • Le Québec habite au sein d’une union monétaire rigide, comme la Grèce.
  • Pis encore, l’OCDE évalue la dette du Québec à 94 % de son PIB en tenant compte de la proportion de la dette fédérale qui revient virtuellement au Québec. Presque autant que la Grèce.
Mais attention. Cette dette fédérale (34 % du PIB) revient à Ottawa. Les banquiers iront voir Harper pour se faire payer, pas Charest. Ce qui fait dire à Gérald Fillion, chef d’antenne de l’émission En direct sur l’économie à la SRC, qu’il ne faut pas croire que le Québec soit dans une situation aussi précaire que ne l’est la Grèce :
Jamais ne verrait-on le FMI atterrir à Dorval pour venir négocier un plan d’aide avec Jean Charest !
Je rajouterais que si la Grèce vit un mélodrame, ce n’est pas tant à cause de sa situation macroéconomique.

Selon moi, la solution est simple : se séparer de l’Union (monétaire) européenne et raviver le drachma. Celui-ci sera largement dévalué, ce qui aidera le pays à créer de l’emploi. L’économie grecque est fortement axée sur le transport maritime, le tourisme et les finances. Une monnaie nationale ne pourrait que soulager la crise actuelle.

Mais cette solution n’est pas envisagée publiquement. Mais c’est une possibilité réelle.

Fait intéressant, M. Fillion démontre que le mélodrame grec est essentiellement dû au système politique européen. L’Europe est une confédération de pays. La Grèce doit demander l’aide de pays voisins.

Mais au Canada, le Québec pourrait demander l’aide d’Ottawa sans tous ces sparages. On vit dans le même pays.
Des pressions politiques de toutes sortes s’agitent, ce qui met à l’épreuve à la fois la structure et la philosophie de l’Union européenne et la stabilité de la zone euro. L’univers dramatico politico-financier dans lequel évolue la Grèce n’a absolument rien à voir avec la stabilité canadienne, vue comme un modèle à suivre en matière budgétaire depuis plus d’une décennie. G. Fillion
En terminant, je crois fermement que l’Union européenne ne veut pas voir partir la Grèce, qui au passage domine le transport maritime (n1 mondial !). Pas besoin d’avoir la tête à Papineau pour comprendre qu’une plateforme de transport fonctionne plus rondement quand on partage la même devise.

Ce n’est pas tout, tant les Allemands que les Français ne veulent pas voir s’effriter cette ambitieuse union politique qui 1) assure la paix sur le Vieux Continent et 2) crée un contre-poids à l’hégémonie américaine.
 

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5 réactions à cet article    


  • Radix Radix 12 mai 2010 16:04

    Bonjour

    Vous vous trompez quand vous dîtes que la Grèce pourrait revenir à son ancienne monnaie et la dévaluer et ainsi régler son problème.
    Ce serait possible si son déficit était intérieur, comme le Japon, mais il est extérieur et en euro ou en dollar. Vous n’imaginez tout de même pas que les banques, qui détiennent la dette, vont accepter d’être payées en monnaie de singe !

    Il n’est pas inutile de vérifier ses informations surtout sur un sujet que l’on ne maîtrise pas !

    Radix


    • Radix Radix 12 mai 2010 19:48

      Pas bonjour...

      ... et susceptible en plus !

      Radix


      • wawa wawa 13 mai 2010 07:24

        a radix
         la dette grecque ne sera jamais remboursé en totalité que ce soit en euro en dollars en drachme ou en monnaie de singe .
         La Grece fera défaut, si elle arrive a en rembourser les 2/3 se sera déja pas mal !

        La question qui se pose est qui va enregistrer les pertes sur le défaut : les banque préteuse ?

        Elles sont deja au bord de la faillite, les creances sur la dette ne represente qu’une partie de leurs actifs toxique et tout le monde redoute par dessus tout une nouvelle crise bancaire :
        les pertes (privatisation des profits , nationnalistion des pertes) seront donc transferées sur le contribuable europpéen et/ou les détenteur d’euro par émission monétaire. l’euro n’a pas fini de baisser.

        Pour le reste, le passage au drachmme n’est qu’un moyen simple de baisser les salaires et d’un seule coup sans avoir besoin de chippotter sur les primes aux fonctionnaire, les recours juridique de la population etc.

         Les conséquence pour les grecs : une envolée des prix de tout ce qui est importé : pétrole, bien de consommation, nourriture. je n’est pas le souvenir que les grecs produisent grand choses eux même, m^me leurs oliveraies sont parfois en plastique pour toucher les subventions de la pac ! . les vacances en grèce ne couterait par contre plus rien pour les européens ! un séjour en grèce devrai etre moins cher que la tunisie !

        pour l’instant les autorités européenne freinent des quatre fer cette enventualité car les autres pigs (portugal espagne italie irlande) pourraient etre aussi tenté de sortir de l’euro pour les même raison Ce qui signifierait la fin de celui-ci.

        pour les reste voila notre avenir a nous aussi, mais dans deux ans :
        soit les salaires baissent en nominal en on garde la même monnaie : déflation
        soit les salaires restent fixes mais le prix de tout ce qui est importé augmente : inflation, voir hyper inflation
         dans tous les cas baisse du niveau de vie smiley

        notre seul avantage par rapport au grecs : le territoire est auto suffisant en nourriture, si elle est equitablement distribuée au moins peut importe le système on aura pas faim


        • Radix Radix 13 mai 2010 11:32

          Bonjour Wawa

          Si la Grèce ne rembourse pas ses emprunt en totalité elle ne pourra plus emprunter sur les marchés et aggravera d’autant ses difficultés.

          Ils n’ont pas le choix !

          Radix


        • JJ il muratore JJ il muratore 15 juin 2010 11:16

          Musima, je ne vais pas défendre le monde pourri de la fynance, loin de là !
          Cependant vous commettez une erreur d’analyse en disant que les « hyper banques » seraient détentrices des énormes dettes accumulées par les pays riches. Si tel était le cas cela voudrait dire que les hyper banques auraient prêté aux Etats de l’argent leur appartenant.
          ça n’est pas le cas : les banques ne sont que des intermédiaires (trop bien rémunérés certes) entre les Etats emprunteurs et les déposants ou souscripteurs aux emprunts d’état.
           Ainsi tout l’argent qui circule passe entre leurs mains.
          Quelques exemples : l’Etat français émet pour financer son budget en déséquilibre des Obligations d’Etat, de petits épargnants ( français ou le + souvent pauvres des pays en voie de développement, souscrivent à ces obligations, ils ne peuvent le faire qu’en passant par un intermédiaire qui est une banque. mais + de la moitié des prêts aux pays riches sont faits par d’autres Etats ( la Chine, l’Asie) via des Fons dits « Souverains », ces fonds transitent par les banques qui bien sûr prélèvent de grosses commissions au passage.
          Le scandale de ce système financier c’est qu’en tant qu’intermédiaire il s’enrichit énormément sur le dos des créanciers qu’ils soient des particuliers ou des Etats, sans prendre le moindre risque puisqu’il n’est pas le prêteur.
          A ce jour 50% de la dette extérieure des Etats Unis sont dus à la Chine !
          Le vrai scandale c’est que tous les pays dits « riches » EU, Canada, Europe, maintiennent leur train de vie grâce à l’épargne de pays infiniment moins riches qu’eux mais « vertueux »
          Une exception : le Japon, sa dette est de 110% de son PIB ! mais elle est totalement intérieure, ce sont les citoyens japonais qui prettent à leur état ( bien sûr tout cet argent transite par les banques)
          Pour revenir à la France sa dette « officielle » est de 1700 milliards soit 80% de son PIB, cette dette est due aux petits épargants nationaux et étrangers, et à d’autres Etats ; mais en réalité ces chiffres sont trafiqués car la France exclu de sa dette 1000 milliards dus pour la retraite de ses fonctionnaires, ce qu’aucun autre pays ne fait et ce que normalement elle devrait faire ! Si elle le faisait notre dette serait au moins de 110% de notre PIB !
          Voila, nous sommes bien au bord de la faillite et ce ne sont pas les banques qui en supporteraient les conséquences.


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