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Quel avenir pour l’Europe

Note sur l'auteur : L'auteur réside depuis cinq mois en Pologne pour son travail. Cette note permettra de mieux apréhender son point de vue.

Souvenez-vous c’était il y ’a tout juste 10 ans, la Pologne rentrait dans l’Union Européenne. Cela avait suscité la polémique à l’époque. Au secours, des polonais allaient débarquer chez nous pour voler le travail de nos plombiers. Cette polémique nourrie par P. de Villiers avait en partie provoqué le rejet par référendum de la constitution européenne en 2005.

Aujourd’hui qu’en est-il ? La vague d’immigration prédite a-t-elle eu lieu ? Eh bien non. Ou du moins pas en France, les polonais ont préféré aller en Angleterre. Aujourd’hui ils sont à peu près 500 000 à résider dans ce pays.

Au contraire, aujourd’hui ce sont même des français qui partent vivre en Pologne. Cela reste encore marginal mais néanmoins ils sont 5000 à résider à Cracovie. Pourquoi un tel choix, me direz-vous ? Comment peut-on aller vivre dans un pays où il fait - 40 degrés en hiver ?

Eh bien, pour deux raisons, la première est que partir vivre en Pologne nécessite peu de formalités administratives. Un simple enregistrement de séjour suffit. En ce sens l’Union Européenne est bien faite. La deuxième raison et pas la moindre est qu’il est facile de trouver du travail en Pologne même sans parler la langue locale.

Cela est dû au fait que la Pologne est la destination phare de l’ « outsourcing » en Europe. Par ce terme anglo-saxon un peu barbare, il faut comprendre la délocalisation des services d’une entreprise (comptabilité, relation client, etc). Après la vague de délocalisations des activités de production dans les années 80, on assiste aujourd’hui à une deuxième vague qui touche des métiers qui étaient alors épargnés.

Ce phénomène est une bouffée d’oxygène alors pour des jeunes touchés par le chômage en France et plus généralement en Europe de l’ouest. Ainsi, les espagnols sont parmi les plus nombreux. Les français arrivent en deuxième position. Alors bien sûr il faut dédramatiser. Le chômage des jeunes en France n’est pas comparable à celui de l’Espagne. 

Certain(e)s ont eu envie de se rapprocher de leur petit ami(e) ; d’autres ont eu envie de revenir après avoir fait un séjour Erasmus dans le pays. Il y en a même qui quittent un travail en France simplement car ils voulaient découvrir une autre culture.

Néanmoins, il est certain que des jeunes français viennent en Pologne car ils ne trouvent pas de travail en France. Même si les salaires sont bas il vaut mieux avoir du travail en Pologne qu’être au chômage en France.

Aujourd’hui seulement 2% des citoyens européens vivent dans un autre état membre de l’Union Européenne. Ce chiffre va certainement augmenter dans les prochaines années en raison de la crise. En effet de plus en plus d’européens touchées par le chômage se rendront dans les régions épargnées.

Ce constat n’est pas très reluisant, je vous l’accorde. Quitter sa famille, ses proches, son pays peut constituer un déchirement. Néanmoins il sera au moins bénéfique pour une chose. Il permettra d’améliorer l’enrichissement culturel des citoyens européens.

Car après tout, que connaissons-nous de nos voisins, de leurs cultures, de leurs langues, de leurs coutumes ? Pas grand-chose. Pourtant nous avons une histoire commune. A titre d’exemple, 3000 mots polonais viennent du français. L’hymne national polonais rend hommage à un français : Napoléon Bonaparte. Ou dans une histoire plus récente, la Pologne est le pays ayant payé le plus lourd tribut humain durant la Seconde Guerre Mondiale ; 20 % de sa population ayant péri au cours de cette période.

L’histoire des différents peuples européens est liée. L’Europe tant décriée par les populistes de tout bord présente à elle seule une immense richesse par son histoire et son identité. Nos hommes politiques se plaisent à dire que pour faire face à la crise l’Europe doit poursuivre son processus d’intégration. Comme si la crise de l’Euro n’avait jamais eu lieu. Ont-ils dressé un seul inventaire sur l’euro douze ans après son apparition ?

Que les différents peuples d’Europe se connaissent davantage est selon moi indispensable avant toute étape supplémentaire d’intégration. Cela passera par une mise en avant de l’apprentissage des langues et de notre histoire commune. En attendant, donnons-nous rendez-vous dans dix ans pour voir comment cela aura évolué.


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15 réactions à cet article    


  • Le taulier Le taulier 14 avril 2014 10:49

    Encore un article pour ne rien dire.

    On dirait du Pinsolle.


    • foufouille foufouille 14 avril 2014 10:55

      après la banlieue pour pauvres, le pays pour prolo
      justement en pologne, electrolux paye ses employés 700€

      smic : 387€


      • César Castique César Castique 14 avril 2014 10:57

        Ouais, mais la Pologne est du bon côté des contributeurs, les « pas nets » smiley


        « la Pologne est la destination phare de l’ « outsourcing » en Europe. »

        Bel exemple de concurrence salariale déloyale, même si ce n’est pas le pire :

        Le revenu mensuel /brut) moyen par habitant en Pologne s’élève à 1 055 $, soit 12 660 $par habitant et par an. (source : Journal du Net/Banque mondiale)

        Le salaire mensuel net moyen par habitant en France s’élève à 2 130 € nets / mois, soit 25 560 € nets par habitant et par an. (source : journal du Net/ INSEE)

        • BA 14 avril 2014 11:08

          En tout, 197 nations sont représentées à l’Organisation des Nations Unies.

           

          Que voyons-nous en observant ces 197 nations ?

           

          179 nations gardent précieusement le contrôle de leur monnaie nationale.

           

          Et seulement 18 nations ont détruit leur monnaie nationale pour créer une monnaie unique : l’euro.

           

          C’était vraiment une expérience de tarés : 18 nations détruisent leur monnaie nationale pour créer une monnaie unique.

           

          Aujourd’hui, nous pouvons constater quel est le résultat de cette expérience de tarés : un désastre.

           

          Le retour aux 18 monnaies nationales sera simplement la fin d’une expérience de tarés.

           

          Le retour aux 18 monnaies nationales sera simplement le retour à ce qui se fait partout ailleurs, sur tous les autres continents, dans les 179 autres nations.

           

          http://alternatives-economiques.fr/blogs/raveaud/2014/04/11/euro-bernard-maris-ny-croit-plus/


          • tf1Groupie 14 avril 2014 12:41

            Monaco siège aux Nations-Unies et sa monnaie est ... l’Euro !

            Andorre siège à l’ONU et ... n’a pas de monnaie nationale.
            Pour le Panama je vous laisse vous renseigner.
            Etc ...

            Bref vos arguments sont « approximatifs »


          • zygzornifle zygzornifle 14 avril 2014 11:14

            Avenir ? Un gigantesque Pole-Emploi Européen ou tu seras radié avant d’avoir été inscrit ......


            • ZEN ZEN 14 avril 2014 12:17

              Quel jeu joue la Pologne ?
              Européenne ou Otan-atlantiste ?


              • unandeja 14 avril 2014 12:54

                sans hésiter euro-atlantiste....elle achète son matériel militaire aux USA alors qu’il y a d’excellents chasseurs en Europe, que cela soit chez Dassault ou l’Eurofighter !


              • unandeja 14 avril 2014 12:37

                ...connaissez vous le phénomène des travailleurs détachés ??

                Vous savez, lorsque des patrons emploient des salariés d’europe de l’est pour ne pas payer les charges sociales françaises et mettant ainsi des travailleurs français au chomage. (la directive précise que les charges sociales payés sont celles du pays d’origine du travailleur....).

                Je ne connais pas la part de travailleurs polonais là dedans...mais la carricature du « plombier polonais » (= travailleur d’Europe de l’est) s’est bien réalisée.
                Donc oui les détives annoncées ont bien eu lieu. Sur certains chantiers de BTP, + de 50% de la main d’oeuvre vient de l’étranger....certains ne parlent même pas français....


                • foufouille foufouille 14 avril 2014 12:59

                  dans l’agriculture, ce sont des africains « payé » par une société bidon en espagne


                • taktak 14 avril 2014 13:49

                  Comme le propose le PRCF, il faut sortir de l’UE et de l’Euro.
                  L’UE est une dictature anti sociale, une prison des peuples. l’Euro une arme d’exploitation massive pour saigner les travailleurs, servir l’oligarchie capitaliste et baisser les salaires.

                  En dehors de toute compromission, le PRCF créé il y a plus de 10 ans à toujours défendu la sortie de l’UE et de l’Euro, issu de son analyse que l’UE et l’euro seraient une catastrophe pour les classes populaires. Sa prédiction s’est malheureusement réalisée.
                  De plus en plus d’intellectuels, et cet article d’une certaine manière également, lui donne raison. Oui pour s’en sortir, il faut sortir de l’Euro.

                  Il serait peut être temps de soutenir l’un des rares mouvements sincère, sans politiciens professionnels à avoir fait leur carrières à l’UMP ou au PS et qui veulent conserver en place le système les un sans sortir de l’UE, les autres sans remettre en cause la dictature de l’oligarchie capitaliste : un vrai pôle communiste contre le Système. Rejoignez et soutenez le PRCF, aidez nous à briser la censure médiatique.


                  • marcdouziech 14 avril 2014 13:56

                    Entierement d accord, faisons un effort ! L’ Europe ne fonctionnera que si les 500.000.000 d’ habitants parlent les 20 langues parlées sur le territoire smiley .

                    Pour ma part, étant trop fainéant, j’ ai préféré apprendre seulement le portugais et participer à exporter notre savoir-faire au Brésil dans le domaine de la construction de voiliers de plaisance. Les riches brésiliens aident ainsi quelques milliers de Charentais et Vendéens à conserver leur emploi local.
                    Bon, chacun ses motivations.

                    • DanielD2 DanielD2 15 avril 2014 00:56

                      " Néanmoins, il est certain que des jeunes français viennent en Pologne car ils ne trouvent pas de travail en France. Même si les salaires sont bas il vaut mieux avoir du travail en Pologne qu’être au chômage en France. « 

                      Ben on a qu’à directement mettre le SMIC à 300-400 euro par mois en France. Comme ça nous aussi on aura du » outsourcing ". De toute façon c’est le projet, alors quoi ? Ils osent pas l’annoncer aux gens ?


                      • zygzornifle zygzornifle 15 avril 2014 08:58
                        « Quel avenir pour l’Europe ».....C’est rond, c’est brun et il y a des mouches vertes qui tournent autour ....

                        • rotule 16 avril 2014 08:30

                          > En attendant, donnons-nous rendez-vous dans dix ans pour voir comment cela aura évolué.

                          J’espère que ça va péter avant ! L’Europe de l’austérité misérable n’est pas un rêve ! On peut encore espérer une évolution interne (votes type « Syriza » aux prochaines), mais l’espoir est mince, le mouton bêle et finit a l’abattoir !

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Auteur de l'article

Thomas


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