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Accueil du site > Actualités > Europe > Quel contrat social pour le Citoyen européen ?

Quel contrat social pour le Citoyen européen ?

L'UE des 28 Etats a du pouvoir... mais le Citoyen européen n'a pas de contrat social avec ce pouvoir. Il en a un avec son Etat-nation seulement, mais ne peut pas contrôler ce que l'UE fait pour lui, ou si peu. Situation insupportable...

Nous avons tous deux citoyennetés

Nous sommes tous citoyens nationaux et citoyens européens, très bien sur le papier. Dans les faits, à part notre vote lors des élections Européennes, nous ne savons pas qui fait quoi dans l'UE, ni pourquoi la région continentale la plus riche du monde (25% du PIB mondial) s'enferre dans une crise récessive qui détruit nos vies dans une gangrène qui s'étend, aujourd'hui symbolisée par le TSCG, véritable Traité Stupide de Casse Généralisée.

Les Etats membres sont tous ici interdépendants les uns des autres, et travaillent à 70 ou 80% dans leurs Parlements sur la transposition des lois européennes. Tous sauf la Grande Bretagne et le Danemark se sont engagés à faire partie de l'Euro, notre monnaie commune...mais seuls 17 Etats l'ont effectivement adoptée. La PAC, politique agricole commune, et la politique structurelle d'aide aux Régions sont les deux seules politiques opérationnelles dont nous voyons des retours sur le terrain (80% à elles deux du budget européen), favorisant les industries chimiques et agroalimentaires ou les richissimes agriculteurs contre les petits paysans...

Mais au nom de l'Europe des Etats, chaque Etat impose à ses citoyens nationaux de payer pour ses propres banquiers spéculateurs qui ont fait des dettes de jeu, de réduire tous les pactes sociaux nationaux éducatifs, de santé, de chômage, de retraite...et les destructions d'emplois se multiplient alors même que les multinationales européennes, par les transferts de leurs activités sur des pays à fiscalités disparates, se débrouillent pour ne payer presque aucun impôt ici, réinvestissent les cadeaux fiscaux des contribuables sur leurs filiales hors d'Europe, là où se trouve la grosse part de leurs masses salariales...

Pendant ce temps, l'UE des 28 Etats entre aussi en récession, (chute du PIB -0,6%, passant de 7,1% à 12 % de chômage de 2007 à 2013 dans la Zone Euro), n'a aucune politique de change vis à vis du Dollar sous évalué de 33% / Euro, et reste grande ouverte à 90% à toutes les économies du monde, qui elles, sont fortement protectionnistes...le budget européen lui aussi est revu à la baisse, et donc ne relance rien du tout. Pire, nos financements de politiques publiques doivent obligatoirement passer par une rente de situation au profit des banquiers, la BCE ne pouvant pas prêter directement aux Etats endettés.

Nous sommes clairement les otages captifs d'Etats incapables de s'entendre pour créer un Etat supranational solide avec lequel nous aurions un vrai contrat social. Le grand bazar opaque de l'UE profite uniquement aux amoureux de leurs petits pouvoirs nationaux qui conservent leur souveraineté intègrale, et aux détenteurs de pouvoirs économiques privés qui font leur beurre du déficit politique structurel de l'UE qui n'est qu'une Europe - marché inacapable (refusant ?) de réguler quoi que ce soit, de tenir tête aux grands Etats solides que sont Chine, Inde, USA, etc.

Bref, nos citoyennetés nationales sont mises à mal, vidées de droits, alors que personne ne remplit là notre citoyenneté européenne de droits équivalents à ceux perdus ici localement. Nous sommes tous promis à un avenir "à la grecque" dans ce système.

Peut-on revenir en arrière ?

La réponse est NON, nous le savons bien. L'économie intra européenne est totalement imbriquée entre ses petits pays, l'Euro est notre seule possibilité (inexploitée) de ne pas subir la dévaluation compétitive du Dollar de notre travail lorsque nous exportons ce que nous produisons, toutes nos constitutions ont été réformées pour être toutes désormais euro-compatibles, nous n'avons plus de frontières intérieures...et ceux qui croient que les Grecs se trouveraient bien de revenir à la Drachme n'ont pas très bien saisi l'immense pauvreté que subirait ce beau pays avec une monnaie sans cesse dévaluée.

Mais pour autant, en rester là provoque notre colère légitime, car encore une fois, la zone la plus riche du monde, nous le savons, c'est ici. Force est de constater que c'est en toute connaissance de cause des malheurs qu'ils nous imposent que nos Etats-nation acceptent de nous laisser subir, non plus tant une crise globalisée déjà surmontée ailleurs, mais les effets destructeurs de leur mésententes, qui elles perdurent. Oui, le projet politique de laisser l'UE dans cet état lamentable d'indécision est bien la cause N°1 du fantastique effet d'aubaine pour les Chinois et autres de nous vendre tout et n'importe quoi, de racheter nos entreprises européennes et nos ports, de faire crever même le photovoltaïque allemand, de détruire l'avenir des jeunes générations de citoyens européens. La coopération intergouvernementale, ça ne marche pas du tout en période de crise. Il faut mettre une colonne vertébrale là dedans.

L'Europe s'est construite parce que les Etats le voulaient au sortir de 1945. Depuis 1992, ils ne veulent plus et préservent leurs prés carrés souverains, quitte à faire la misère de leurs propres peuples. Nos chefs d'Etats se conduisent exactement comme autrefois nos princes dans la compétition entre eux, à une seule contrainte près : ils n'ont plus le droit de nous mobiliser pour nous jetter les uns contre les autres dans des conflits sanglants. Mais nous faire crever économiquement et nous faire perdre nos dignités, ils le peuvent toujours et de ne s'en privent pas au travers de cadeaux fiscaux à la compétitivité des entreprises, payés par les ménages européens, où qu'ils soient. Ils ne nous sauvent de rien eux-mêmes, et leurs conflits entre eux nous rajoute une louche de rigueur injuste et inefficace.

Démocratie, quel joli mot...

Ramener 1 Euro à la valeur de 1 Dollar, ré équilibrer nos échanges à la même hauteur que ce que les grands ensembles économiques du monde nous laissent exporter chez eux suffisent à résorber le chômage européen, à le ramener de 26 millions à 4, son seul structurel probable de plein emploi réel. Oui, mais pour ça, il faut un Etat fédéral, et que donc les Etats nations se déshabillent de certains pouvoir à son profit. Quand une grande masse de citoyens européens auront compris quelle est la vraie cause de leurs malheurs, qu'elle est ici et pas à Pékin ou Washington, qu'il suffit de ça pour que tous vivent mieux, ils n'en reviendront pas du cynisme époustouflant et de l'incompétence caractérisée de leurs propres classes politiques dirigeantes (les vrais maîtres de l'Europe, c'est eux, nos 28 chefaillons) qui n'ont rien fait depuis 20 ans pour les protéger. Il y moins de fonctionnaires à Bruxelles qu'à Paris, le problème n'est pas là, le problème c'est que Bruxelles est une foire d'empoigne entre 28 compétiteurs qui s'y planquent pour pratiquer leur sport préféré.

Paraphrasons Seyes : "Qu'est-ce que le peuple en Démocratie ? Tout". Si nous voulons mieux vivre, ce à quoi théoriquement nous avons droit puisque vivants en démocratie, les pouvoirs représentatifs doivent être au service du peuple européen. Or jamais on ne nous a proposé un vrai contrat social "propre" entre Citoyen et pouvoir européen. Le TCE, Traité Constitutionnel Européen en promettait un à venir, car c'était encore un traité au sens juridique, mais fourni avec des politiques opérationnelles sur base de moins disant social façon Bolkestein, c'était un sale truc, une embrouille. Le Traité de Lisbonne qui l'a remplacé est lui, clairement, un déni de démocratie en voulant faire de l'Europe un club privé d'Etats, un micro G28 local où même les Députés européens élus par le peuple subissent le Conseil européen des chefs d'Etats, où la Commission n'est plus qu'un gendarme des Etats membres, ne propose plus rien de constructif. Ce Traité nous éloigne d'une Europe qui agit pour nous, qui nous respecte : nous devons exiger de sortir de cette logique de traités tous plus incapacitants les uns que les autres.

Nous avons besoin d'une Constitution, d'une vraie, simple, claire, lisible, qui définisse un Etat fédéral, ses compétences propres, ses institutions, le contrôle démocratique que nous avons sur elles. Il faut changer la machine archaïque et opaque de l'UE au service de lobbies privés et de rentiers des politiques nationales en vraie Démocratie au service de tous les Citoyens européens. Là, enfin, nous respirerons ici, et nous pourrons avoir une politique extérieure digne de ce nom avec nos voisins, et pas avant. Aider les Tunisiens, Libyiens, Egyptiens, Maliens, etc. à construire leurs propres démocraties stabilisées est imposible avec l'UE qui ne sait qu'avilir ses propres citoyens et leur faire peur d'une immigration politique et économique, alors même qu'elle n'aide aucunement les peuples voisins à stabiliser l'emploi chez eux, assise sur la plus grande richesse mondiale jamais accumulée, mais au profit de quelques-uns seulement.

Nos propres valeurs démocratiques sont trainées dans la boue. On ne peut pas être fier d'être citoyen européen, et dans le grand jeu des négociations entre puissances, l'Europe reste un nain politique ridicule. Celà suffit ! Les Citoyens européens ne sont pas des imbéciles, ils comprenent le petit jeu de leurs propres chefs. Les bulletins de vote, c'est nous qui les tenons. Les élections Européennes de 2014 approchent et nous verront bien qui ose nous promettre que l'UE actuelle va soudainement réussir à faire des étincelles en votant pour lui, et qui a le courage de nous dire que son parti national accepte de fonder avec ses pairs des autres pays un parti vraiment européen pour changer l'Europe-marché en Europe au service des citoyens, depuis le Parlement. Qui veut installer une Constituante et qui veut ne rien changer à la machinerie lamentable actuelle.

Nous verrons bien qui nous propose un vrai contrat social, au sens rousseauiste du mot, et qui veut se moquer de nous. Mesdames et Messieurs les politiciens, nous attendons vos copies.


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11 réactions à cet article    


  • scripta manent scripta manent 21 février 2013 11:29

    D’accord de bout en bout !
    La difficulté va être de trouver, dans chaque pays membre, la personnalité et/ou le parti politique qui aura la lucidité et le courage de défendre cette approche. C’est une raison de plus pour faire entendre cette voix.
    En-dehors du bulletin de vote, on pourrait attendre aussi une action puissante et coordonnée des syndicats européens, mais encore faudrait-il qu’ils se mettent d’accord entre eux ... :
    http://www.citoyensunisdeurope.eu/syndicalisme-et-europe/bilan-de-la-manifestation-europeenne-des-syndicats-14-novembre-2012-ces-t420.html
    Pour apporter de l’eau à votre moulin :
    Sur le TSCG :
    http://www.citoyensunisdeurope.eu/quelle-europe/karine-berger-ps-traite-budgetaire-tscg-politique-keynesienne-commune-pour-l-europe-union-europeenne-t368.html
    Sur les institutions européennes :
    http://www.citoyensunisdeurope.eu/les-institutions-europeennes/les-etats-unis-d-europe-certes-mais-pour-quoi-faire-t339.html
    et plus encore sur :
    www.citoyensunisdeurope.eu


    • Fifi Brind_acier Pilou Camomille 21 février 2013 19:32

      scripta :
      Les syndicats européens sont financés par Bruxelles. Allez faire un tour sur le site de la CES Confédération européenne des Syndicats, c’est écrit dessus comme le Port Salut...


    • PhilVite PhilVite 21 février 2013 11:58

      « ...et ceux qui croient que les Grecs se trouveraient bien de revenir à la Drachme n’ont pas très bien saisi l’immense pauvreté que subirait ce beau pays avec une monnaie sans cesse dévaluée. »

      Il est vrai que l’opulence dans laquelle les Grecs se vautrent en ce moment vous donne pleinement raison !!

      « Peut-on revenir en arrière ?
      La réponse est NON, nous le savons bien.
       »

      Ah bon ? On parie ?
      D’ailleurs, il ne s’agit pas de revenir en arrière, mais de faire un grand bond en avant vers la la souveraineté nationale. La nation étant l’espace le plus adapté à l’instauration de la démocratie et à la défense contre les appétits de l’oligarchie qui nous assassine. L’UE, c’est le royaume des lobbies où les « citoyens » ne sont que moutons à tondre le plus ras possible.

      Comme vous le dites vous-même, en Europe il y a et aura toujours le reflexe national. Pour la bonne et simple raison ...qu’il y a des nations ! Et la nation, ce n’est pas une vue de l’esprit, c’est une réalité. Les européistes veulent la nier et ils ont tort, le principe de réalité finit toujours par s’imposer, parfois douloureusement.


      • L.F. L.F. 21 février 2013 12:38

        Deux gros problèmes sur votre volonté de ramener l’euro à la parité avec le dollar : 

        -les disparités sont telles entre les pays qu’aucun taux ne serait néfaste pour personne
        - l’Allemagne n’acceptera jamais une telle baisse de l’euro : c’est un pays vieillissant qui doit donc particulièrement veiller à préserver la valeur de sa rente, d’autant que le système de retraite allemand fonctionne par capitalisation et donc qu’une baisse de l’euro entraînerait mécaniquement une baisse des pensions de retraite ( on peut pas lui en vouloir, c’est comme ça ).
        Autrement dit, votre beau projet tombe ( malheureusement ) à l’eau.

        • bernard29 bernard29 21 février 2013 12:52

          la France est incapable d’oeuvrer à la démocratisation de l’europe, puisque déjà sa démocratie nationale est dans un état lamentable.


          • Paul ORIOL 21 février 2013 15:56

            Pour l’élection d’une assemblée constituante européenne, élue le même jour, dans les 28 pays de l’Union chargée d’élaborer une constitution européenne soumise aux peuples de l’UE par référendum le même jour.
            Les pays votant « oui » appliqueront la Constitution, ceux votant « non » négocieront un accord d’association s’ils le désirent.


            • Fifi Brind_acier Pilou Camomille 21 février 2013 19:41

              Article IV 443,3 des Traités européens : « Un seul état peut s’opposer à toute modification des Traités ». Dans un système démocratique 50% +1 devrait suffire. Ce n’est pas le cas.

              Un grand nombre de pays sont dirigés, soit par des Young Leaders comme Hollande, soit par d’anciens de Goldman Sachs, soit par les diplômés de grandes Universités américaines. Pas difficile d’en trouver un qui s’oppose.... Encore faudrait-il des referendum, vous n’êtes pas près d’en voir la couleur...

              De ce côté là tout est bien verrouillé, tous ceux qui proposent « des remises à plat », « des modifications », se fichent de vous.

              L’auteur devrait regarder les vidéos de François Asselineau, sur le site de l’ UPR.
              Le bilan de l’ UE est un échec patent, plus vite nous en sortirons, mieux ce sera avant de ressembler à la Grèce.


              • Le421 Le421 21 février 2013 20:40

                Je pourrais parfaitement jouer les Cassandre et dire :« On vous l’avais bien dit !! »
                Je me suis battu comme un fou pour faire voter « non » au seul référendum qui nous a été proposé. J’ai battu la campagne tous les soirs après le boulot avec ma sono, vidéoprojecteur, etc, etc... Par conviction et en accord avec le PCF dont je faisais partie à l’époque. Au final, je m’aperçois que nos arguments étaient parfaitement valables et je me félicite que mes compatriotes aient voté majoritairement Non. Encore une fois, ce n’étais pas un « Non » à l’Europe des citoyens, mais un « Non » à l’Europe du bizness et des technocrates telle qu’un Président qui a forcé la main des français en passant par l’Assemblée Nationale l’a voulue.
                Une des choses que je ne pourrais jamais lui pardonner. Entre autres...


                • kimbabig 21 février 2013 21:06

                  Nous sommes clairement les otages captifs d’Etats incapables de s’entendre pour créer un Etat supranational solide avec lequel nous aurions un vrai contrat social.

                  C’est plutôt de l’europe que nous sommes captifs ! Faudrait pas inverser les rôles !

                   Les pays membres de l’ue ont des intérêts et des modes de fonctionnement incompatibles (surtout dans un ensemble intégré), donc forcément il est vain d’espérer les voir s’entendre sur un contrat social, qui s’en trouve donc réduit, par défaut, à la sinistre formule : « Marche ou crève ».

                  Pour le plus grand bonheur des requins de la finance, qui ont en prime l’opportunité de prendre le contrôle de cet ensemble incohérent par le biais de lobbys, ou en plaçant leurs sbires directement aux postes de commande, ce qui . C’est pourtant simple à comprendre...

                  Et on en a eu la démonstration en Grèce, en Espagne, au Portugal, en Italie, et ça va être le cas de plus en plus chez nous, tant que notre gouvernement n’aura pas le courage de renier ces dogmes matraqués depuis 20 ans dans le médias selon lequel l’europe serait un horizon indépassable, et la clairvoyance de sortir la France de l’ue.

                  Peut-on revenir en arrière ?
                  BIEN SÛR !!! Quand on est dans une impasse, c’est bien la seule chose à faire de toutes façons !

                  Du point de vue légal, rien ne s’y oppose.

                  Du point de vue économique, ce serait même plutôt souhaitable ! C’est l’avis de 2 Prix Nobel d’économie, Krugman et Stiglitz, et celui directeur de l’EHESS, Jacques Sapir.

                  Aujourd’hui, la seule issue pour notre pays réside dans l’adoption de mesures unilatérales, et en particulier dans une sortie de l’Euro. C’est la seule solution si nous voulons conserver une industrie puissante dans notre pays.

                  http://russeurope.hypotheses.org/846

                  Les seuls qui aujourd’hui prédisent qu’une sortie de l’europe serait catastrophique sont ceux qui nous prédisaient des lendemains qui chantent grâce à l’europe. On a pu voir ce que valaient leurs prédictions.

                  L’acharnement à vouloir faire marcher ensemble et, pire encore, intégrer des pays aux intérêts si divergents est mortifère. Il nous a conduit à la catastrophe actuelle.

                  Donc il est temps d’arrêter les frais ! Il faut abattre l’europe pour retrouver notre contrat social.

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