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Quelques nouvelles de Belgique

La Belgique est-elle condamnée ? S’il y avait scission que deviendraient les Wallons ? Et Bruxelles ? Il m’a semblé intéressant de faire d’une façon quelque peu humoristque un petit exposé de la situation. Une façon aussi d’échapper à notre nombrilisme pour nous intéresser à nos voisins. Alors voici, vue du Limousin et de façon très résumée, la situation de nos amis belges.

La Belgique vue d’ici...

On imagine la Belgique comme un petit pays industrieux, peuplé de Belges qui se racontent des histoires drôles, une fois... On commet là des erreurs grossières. D’abord les Belges se racontent des histoires françaises pour tourner en dérision notre grand pays, terre des droits de l’homme, de la liberté, de l’égalité et de la fraternité... (Ah bon ? La rupture ? Les tests ADN ?), ensuite il n’y a pas de Belges en Belgique.

Je n’ai pas dit que la Belgique était vide, mais elle est peuplée de Wallons et de Flamands, les uns francophones et les autres néerlandophones, sans parler de Bruxelles qui est bilingue et d’un petit bout à l’Est qui parle allemand. Déjà ce n’est pas simple !

Et il y a 176 ans que c’est comme ça, depuis que le pays qui appartenait à la Hollande a pris son indépendance, s’est trouvé un roi qui justement passait par là, et a inventé le drapeau belge...

En ces temps-là, la Flandre était plutôt pouilleuse et la riche Wallonie banquait pour tout le monde, parce qu’elle avait plein de bonnes mines de charbon et de fer... Et la Wallonie inventait plein de trucs, Tintin et Le Commissaire Maigret qui a fait carrière à Paris, puis Spirou, le grand Jacques Brel, et encore Gaston Lagaffe et Le Marsupilami.

Plus tard, quand les choses ont commencé à se déteriorer, ils ont encore inventé Annie Cordy et Poulidor... (Poulidor ? Tu es con ou quoi ? Poulidor, c’est un Ionassou de Saint-Léonard) Je voulais dire Eddie Merckx.

Ils ont failli aussi inventer Johnny Halliday, mais ils ont vu à temps que le moule avait des défauts et ils l’ont balancé par-dessus la frontière...

Les Flamands, eux, en cherchant bien ont inventé le Vlaams Bellang, un parti néofasciste...

La Belgique a été très riche pendant un certain temps, parce qu’en plus de ses mines, de son industrie, elle avait le Congo qui rapportait beaucoup de sous belges en raison du tirage exceptionnel de Tintin au Congo et des richesses naturelles de ce pays africain. Tout baignait sauf qu’on ne se parlait pas beaucoup entre communautés.

Et puis un jour la crise économique est arrivée. Les mines ont fermé et les industries sont parties voir ailleurs si les Belges y étaient. Même le Congo s’est carapaté...

La Wallonie est devenue pauvre à son tour, alors que la Flandre ouverte sur la mer avec l’énorme port d’Anvers s’est requinquée, d’autant plus qu’elle bénéficiait du statut nouveau de Bruxelles, devenu capitale européenne... Ca rapportait de l’argent, mais en contrepartie il fallait supporter la présence de José-Manuel Barroso.

La Wallonie, elle, a confié ses derniers sous aux socialistes...

Alors la Flandre a décidé, maintenant qu’elle était riche qu’elle ne voulait plus voir les Wallons et qu’ils n’avaient qu’à dégager ou devenir Flamands. Et elle a fait élire Leterme comme Premier ministre, ce qui voulait tout dire. Leterme, c’est ce Flamand (déjà il cache bien son jeu) qui a commencé par dire que les Wallons n’apprenaient pas le flamand parce qu’ils étaient trop cons. Ensuite, on lui a demandé ce que célébrait la fête nationale belge et il n’en savait fichtre rien... (Je ne suis pas très sûr qu’un certain autre chef d’Etat sache ce qu’on célèbre le 14 juillet), mais bon ça fait tache. Pire quand on lui a demandé de chanter l’hymne national belge, il a braillé La Marseillaise. C’est comme si notre président à nous ouvrait toute grande la bouche un soir de match où la France va prendre une gamelle, et qu’il en sorte La Brabançonne. (Je sais il y a peu de risques)...

Le but de Leterme était que chacun garde ses euros. Les euros wallons en Wallonie et les euros flandriens en Flandre. Dans un premier temps, les Wallons ont refusé cet arrangement. D’autant qu’on parle d’argent, mais que ça serait surtout une super dette à se partager. Les affaires de divorce sont souvent difficiles à régler. Il y a des choses dont personne ne veut, comme Charleroi et des choses que tout le monde veut, comme Bruxelles. Depuis on fait les comptes...

Leterme est parti, et puis revenu. C’est pas un type rancunier.

Allez, ils vont bien finir sans doute par se rabibocher pour un temps, mais ça m’étonnerait qu’ils fassent un petit dans la réconciliation. Il y a quand même de l’eau dans le gaz.

Nous s’il fallait on prendrait bien quelques belges avec nous (on réfléchirait avant au test ADN).


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20 réactions à cet article    


  • TALL 17 octobre 2007 14:44

    Pas mal, sauf pour votre vision des Flamands qui n’est qu’une copie de la vision purement wallonne des choses. Car le nationalisme flamand est une réaction identitaire basée sur le fait que les Wallons n’ont JAMAIS accepté l’idée du bilinguisme d’état. Car ils ont TOUJOURS considéré la langue et la culture flamande, comme un patois et une sous-culture par rapport au français.

    On aurait pu éviter tout ceci en légalisant le bilinguisme dans tout le royaume, au plus tard au début des années 50, lors de la fameuse question royale. Mais non, rien.

    Et aujourd’hui, c’est trop tard. C’est fini.


    • slashbin 17 octobre 2007 21:53

      Je ne suis pas toujours d’accord avec Tall, mais je le rejoins sur l’idée que ne pas avoir instauré le bilinguisme est une des causes (mais pas la seule) de la crise actuelle. Avec la nuance que les Wallons ne sont pas seuls responsables, mais aussi la bourgeoisie flamande (en particulier bruxelloise) tournée vers le français.

      A la création de la Belgique, même les élites flamandes refusaient le Néerlandais, car rappelant trop les Pays-Bas, et la constitution était vague sur les langues :

      Article 23

      L’emploi des langues est facultatif en Belgique, il ne peut être réglé que par la loi et seulement pour les actes de L’autorité publique et pour les affaires judiciaires.

      L’histoire linguistique est passionnante, et un bonne présentation est disponible ici : http://www.tlfq.ulaval.ca/AXL/Europe/belgiqueetat_histoire.htm


    • moebius 17 octobre 2007 22:19

      ...en fait de cette région autrefois trés industrieuse et si convoitée il n’y a que le luxembourg qui ait réussi a tirer son épingle du jeu


      • moebius 17 octobre 2007 22:20

        ...pourquoi ?


      • Reflex Reflex 18 octobre 2007 09:47

        Yralim nous conte les contes et mécomptes de la Belgique fantasmée. C’est joli mais un peu court. Tall, cette fois se mélange les pinceaux, découvrant un prisme wallon adapté à la vision du Blok de l’extrême-doite flamande. Slahsbin embraie sans savoir. Quant à Moebius, il ferait bien de jeter un coup d’oeil au nord-est de la belge province de Luxembourg pour comprendre pourquoi elle tire son épingle du jeu.

        Au total, tout cela est bien sympathique mais totalement dépourvu d’une éconnaossance historique, sociologique, linguistique et économique qui, dépassant les clichés, permettent une compréhension de la fermentation lente et de l’évaporation tout aussi rapide (...) de ce petit royaume qui demeure, envers et contre tout, largement plus prospère que ses grands voisins mais, es vero, tout aussi largement sous le niveau de richesse de ses homologues en taille, voire les mini-états européens.

        Chers amis Francophones, un peu de boulot sur les fondamentaux vous feraient le plus grand bien. Sorry, mais aujourd’hui, le temps me manque de vous instruire de ces arpents ardus.

        Sans rancune !


        • Reflex Reflex 18 octobre 2007 09:50

          Yralim nous conte les contes et mécomptes de la Belgique fantasmée. C’est joli mais un peu court. Tall, cette fois se mélange les pinceaux, découvrant un prisme wallon adapté à la vision du Blok de l’extrême-doite flamande. Slahsbin embraie sans savoir. Quant à Moebius, il ferait bien de jeter un coup d’oeil au nord-est de la belge province de Luxembourg pour comprendre pourquoi elle tire son épingle du jeu.

          Au total, tout cela est bien sympathique mais totalement dépourvu d’une connaissance historique, sociologique, linguistique et économique qui, dépassant les clichés, permettent une compréhension de la fermentation lente et de l’évaporation tout aussi rapide (...) de ce petit royaume qui demeure, envers et contre tout, largement plus prospère que ses grands voisins mais, es vero, tout aussi largement sous le niveau de richesse de ses homologues en taille, voire les mini-états européens.

          Chers amis Francophones, un peu de boulot sur les fondamentaux vous feraient le plus grand bien. Sorry, mais aujourd’hui, le temps me manque de vous instruire de ces arpents ardus.

          Sans rancune !


          • Reflex Reflex 18 octobre 2007 11:00

            Tall,

            Les francophones de Belgique ont-ils toujours considéré le flamand (les flamands comme les wallons seraient nettement plus corrects) comme une sous-culture vis-à-vis du Français. C’est là une des légendes de notre pays petit. Car, au XIXe, il est vrai que la bourgeoisie francophone dominait les Flandres. Il est faux en revanche de prétendre que, durant la « glorieuse » boucherie de 14-18, les officiers comandaient la troupe dans une langue qu’elle ne comprenait. Ces malentendus sont savamment entretenus par la droite extrême qui, hélas, s’offre de régulières poussées d’urticaire en Flandre. Est-elle plus intelligente que son homologue francophone ? Certes non, mais bien davantage structurée. Les économistes vous le démontreront à foison. Le Sud du pays a lontemps - au prix d’un exode abject d’ailleurs - nourri le Nord. L’inverse ne se produit point ? Nouveau mirage d’un pays qui n’en manque pas. Même s’il est vrai que la Flandre surpeuplée, dressée sur sa satisfaction égotiste, n’est guère accueillante aux « allochtones » qui sa moedertall ne parlent point. L’inverse n’est heureusement pas vrai. Hier, la Wallonie ouvrait ses bras aux industrieux Flamands, Italiens, Turcs, Marocains, etc. Aujourd’hui, elle attend de leurs fils un dynamisme qu’elle leur a insufflé.


            • .TALL 18 octobre 2007 13:12

              Je ne me base jamais sur ce genre de grosse ficelle ( 14-18 ). Trop lourdaud, et donc suspect d’office. Non, je me fie à mon expérience perso des Flamands et Wallons que la vie m’a appris à bien connaître tous les 2. D’ailleurs, aujourd’hui encore on lit souvent que « le flamand est un patois » ou des trucs du genre, dans les nombreux forums belges consacrés à la crise.


            • Sigefroid 18 octobre 2007 13:58

              Euh ? Le Flamand n’est pas un patois ?Ah bon ! Il l’est tout autant que le Luxembourgeois ! Vieux franc mosellan pour ce dernier et franc salien pour l’autre je crois ! Mais aucun de ces 2 là n’a jamais eu un caratère international, une littérature largement diffusée, l’usage dans le cadre de pourpalers diplomatiques ... etc ... Des parlers locaux en somme et rien que locaux... Le Luxembourg se prend aujourd’hui pour un puissant Etat parce qu’il peut gaspiller dans des projets pharaoniques en béton armé l’argent qui coule à flot en provenance d’autres pays et il se pique de déclarer son patois, langue nationale (ça bloque les étrangers qui voudraient s’approcher de trop près de la Fonction publique, véritable aristocratie nationale )... Et les Flamands qui ont largement profité de l’industrie pétrolière (pas du pétrole flamand !!) implantée dans ses ports se prennent pour un peuple puissant ... La création d’un Etat Flamand et d’un Etat Wallon (comme la Corse d’ailleurs) les excluerait de l’Union européenne et ils devraient recommencer tout le processus d’adhésion comme nouveaux Etats ! Ce serait amusant pour les fonds structurels et autres subventions !! Mais bon, vu les stocks dont elle dispose, la Belgique pourrait exporter massivement ses politiciens ... Peut-être que les républiques bananières toujours utilisatrices de dirigeants verreux et prévaricateurs se montreraient intéressées par cette relève providentielle !


            • Jules 18 octobre 2007 11:06

              Pour éviter de trop tomber dans les clichés concernant les problèmes linguistique de la Belgique, quelques précisions : Les flamands parlent flamand, pas néerlandais comme ces braves hollandais. Entre la côte de la Mer du Nord et le fond du Limbourg, il y a environ 200 dialectes flamands. Quasiment un par village... S’ils s’en tenaient à leur variante locale, les flamands auraient du mal à se comprendre. Aussi, ils utilisent le néerlandais, qui est en sorte une langue vernaculaire pour la Flandre entière et également celle utilisée par les médias flamands.

              Si un wallon s’adresse à un flamand en néerlandais, on lui répondra en flamand. Comme pas mal de touristes français avisés, si je demande une consommation à Bruges, je le fais en anglais.

              Bref, on demande aux wallons d’apprendre une langue parlée dans un seul pays de la planète : la Hollande. Certes, cette même langue est comprise par la partie nord du pays, mais elle n’est utilisée qu’en tant que langue vernaculaire, comme l’arabe dans les pays du magreb.

              Vouloir à tout prix faire apprendre le flamand au Wallons est une manoeuvre vexatoire de la part de quelques politiques haineux qui se sentent humiliés par rapport à une époque dont eux seuls se souviennent.


              • Dalziel 18 octobre 2007 12:47

                On aurait pu éviter tout ceci en légalisant le bilinguisme dans tout le royaume, au plus tard au début des années 50...

                En tant que Suisse, j’ai une autre opinion sur la question. En 1912, Jules Destrée écrivait au roi Albert (mes excuses aux Belges, qui connaissent par coeur) :

                « Sire (...) Vous régnez sur deux peuples. Il y a en Belgique, des Wallons et des Flamands ; il n’y a pas de Belges. »

                Il n’y avait pas de Belges en 1912, il n’y en avait pas en 1950, il n’y en a pas aujourd’hui, il n’y en aura pas demain, rester ensemnble n’est donc qu’une paresseuse facilité.

                Qu’a donc la Suisse, que ne possède pas la Belgique ?

                Une identité nationale !

                Une identité nationale qui, en l’occurrence, s’est façonnée au long des siècles, bien avant que le pays existât dans ses frontières actuelles.

                Ce qui me permet d’affirmer que l’identité suisse n’est pas une conséquence de la création de l’Etat helvétique, mais l’une de ses causes fondamentales.

                Voilà, à mon sens, pourquoi Flamands et Wallons divorceront inéluctablement. Comme ce sont des gens paisibles, ça se fera à la tchéco-slovaque, et non à la yougoslave.


                • .TALL 18 octobre 2007 13:19

                  Oui, mais un vrai bilinguisme aurait pu bien aider à arrondir les angles.


                • Dalziel 18 octobre 2007 17:26

                  Vos échanges mettent surtout en évidence l’origine linguistique de vos problèmes...

                  Ah, mais pour moi, l’origine est culturelle. Je pourrais parler de mentalités peu compatibles, si vous préférez.

                  Or aujourd’hui tout se passe, non seulement en Belgique mais aussi ailleurs en Europe, comme s’il y avait un détricotage des solidarités qui faisait que plus personne ne veut payer pour les autres, et cela, encouragé par l’exisrtence de partis nationalistes, populistes et xénophobes.

                  C’est qu’il s’agissait de solidarités artificielles, rêvées par des idéalistes, de l’intérieur d’une bulle d’illusions. D’illusions généreuses, mais d’illusions quand même.

                  Cela existe chez vous , mais aussi en Italie avec les tentatives de création de la Padanie, mais aussi en Suisse avec l’UDC, ou encore en Espagne avec la résurgence de partis phalangistes ou nostalgiques du franquisme.

                  Les mêmes idéalistes croyaient qu’on pouvait chasser le naturel sans qu’il revienne au galop. Nous n’assistons donc qu’à un retour des choses hautement prévisible.


                • Reflex Reflex 18 octobre 2007 14:12

                  Beste Tall,

                  De « dikke ficeel » soals in 14-18 de Vlaamse soldaten zijn onder de taal van de franstaalijge officieren is zeeker een goede angel. Onmogeliik, mijn vlaamse broederen kunnen nie meer terug !

                  Voilà, j’écris le flamand comme un ignare malgré six années suivies d’étude de cette langue. Mes cousins, bien moins instruits, en faisaient de même avec un français qui leur paraissait inaccessible tandis que mon père jonglait avec les patois bataves dont l’Allemand. Confidence enfantine : rien ne m’a plus traumatisé que les hurlements paternels allemands sur un chauffeur se présentant au mitant de la nuit à l’usine.

                  Doué, à l’inverse de ses rejetons, pour les idiomes germains, mon père jouait aux cartes avec les Courtraisiens, jurait avec les Brabançons, buvait sa pint’je avec les Anversois. Cadre de la sidérurgie, il apprit le wallon, disons plutôt les wallons, pour être compris des contremaîtres.

                  Sans doute faut-il voir en lui l’un des derniers Belges. Si, cet étonnant multilinguisme relevait chez lui du hobby, il n’en faut pas moins y voir un respect pour chacun. Car, cet ancien prisonnier de guerre - tôt libéré grâce à sa maîtrise du flamand - prenait à coeur de voter communiste et... catholique !

                  Bref, il celait en lui toutes les contradictions d’un Belge jusqu’à lire Molière en Allemand ! Drôle de bonhomme certes, vrai Belge assurément.


                  • .TALL 18 octobre 2007 14:58

                    Sympa votre père smiley, et finalement proche des anciens Bxlois, dont je suis. Mais son bel exemple d’ancien Belge n’est plus extrapolable aux générations d’aujourd’hui. Cette époque-là est révolue. Vous avez lu les posts de Jules et Sigefroid ? On pourrait presque croire que je les ai commandés pour me donner raison.

                    Et ce n’est pas un hasard si la génération Leterme & Co a peu ou pas connnu les partis nationaux dans leur jeunesse militante.


                  • yralim yralim 18 octobre 2007 16:43

                    Merci pour vos commentaires dont beaucoup m’ont appris quelquechose. Mon but, au départ de cet article, était, sous une forme imagée de sensibiliser mes concitoyens aux problèmes qui se posaient à l’extérieur de notre sacro-saint hexagone. De ce point de vue là, c’est un échec. Même dans l’Europe, nous vivons repliés sur nous mêmes avec un intérêt de moins en moins grand pour les autres. Mon propos ne voulait pas être exhaustif, mais simplement refléter ce qui nous arrive jusqu’ici des problèmes de la Belgique à travers le prisme de nos médias, forcément francophones. A ce titre il était fatlement partiel et d’une certaine façon, partial. J’en ai conscience.

                    Vos échanges mettent surtout en évidence l’origine linguistique de vos problèmes. A ce sujet j’ai une petite anecdote. Il y a peu , me rendant à La Haye, j’avais oublié d’emporter de la lecture comme j’aime en avoir avec moi, un bon polar par exemple. Je me dis « qu’à cela ne tienne, j’en trouverai bien sur une aire d’autoroute ». Mais voila lorsque je m’arrêtai, nous étions déjà en flandre... Heureusement qu’à Den Haag existe une excellente librairie avec un grand rayon francophone... Ce que je me demande au fond, c’est s’il n’y a pas une autre explication, plus actuelle et qui échappe à la seuls Belgique. Car enfin, pourquoi maintenant ?

                    Pendant 176 ans vous avez vécu avec vos différences, avec ce fossé de la langue, avec certainement des rancoeurs, des jalousies, voire des haines, mais vous avez vécu...

                    Or aujourd’hui tout se passe, non seulement en Belgique mais aussi ailleurs en Europe, comme s’il y avait un détricotage des solidarités qui faisait que plus personne ne veut payer pour les autres, et cela, encouragé par l’exisrtence de partis nationalistes, populistes et xénophobes.

                    Cela existe chez vous , mais aussi en Italie avec les tentatives de création de la Padanie, mais aussi en Suisse avec l’UDC, ou encore en Espagne avec la résurgence de partis phalangistes ou nostalgiques du franquisme.

                    C’est un sujet sur lequel je reviendrai, ici ou ailleurs.

                    Et je ne nous oublie pas bien sûr.

                    Si, en France, nous n’avons pas, et pour cause de problème linguistique, nous avons le FN qui ne doit son effondrement qu’au fait que ses idées sont mises en application par d’autres. Et il existe aussi, on le sent de plus en plus , cette volonté de diviser, d’opposer, jeunes contre vieux, malades contre bien-portants, travailleurs contre chômeurs, employés du privé contre fonctionnaires, autochtones contre immigrés... Avec à chaque fois l’idée que les uns n’ont pas à payer pour les autres.

                    Cette évolution me semble grave. Et je me demande si ce n’est pas aussi un autre éclairage sur ce qui est en train de se produire en Belgique


                    • Dalziel 18 octobre 2007 17:34

                      Vos échanges mettent surtout en évidence l’origine linguistique de vos problèmes...

                      Ah, mais pour moi, l’origine est culturelle. Je pourrais parler de mentalités peu compatibles, si vous préférez.

                      Or aujourd’hui tout se passe, non seulement en Belgique mais aussi ailleurs en Europe, comme s’il y avait un détricotage des solidarités qui faisait que plus personne ne veut payer pour les autres, et cela, encouragé par l’exisrtence de partis nationalistes, populistes et xénophobes.

                      C’est qu’il s’agissait de solidarités artificielles, rêvées par des idéalistes, de l’intérieur d’une bulle d’illusions. D’illusions généreuses, mais d’illusions quand même.

                      Cela existe chez vous , mais aussi en Italie avec les tentatives de création de la Padanie, mais aussi en Suisse avec l’UDC, ou encore en Espagne avec la résurgence de partis phalangistes ou nostalgiques du franquisme.

                      Les mêmes idéalistes croyaient qu’on pouvait chasser le naturel sans qu’il revienne au galop. Nous n’assistons donc qu’à un retour des choses hautement prévisible.

                      Cette évolution me semble grave.

                      Les solidarités artificielles ne peuvent pas être éternelles : on n’est « naturellement solidaire » que de ceux qu’on reconnaît pour siens.


                    • yralim yralim 18 octobre 2007 18:47

                      « Les solidarités artificielles ne peuvent pas être éternelles : on n’est »naturellement solidaire« que de ceux qu’on reconnaît pour siens. »

                      Le Pen a un mot pour cela : « la Corrèze avant le Zambèze. » mais précisémment je ne peux pas être d’accord sur ce point.

                      Je vous suis quand vous différenciez la Suisse et la Belgique par le fait que d’un côté il existe une identité nationale et pas de l’autre, encore que... disons qu’il y a depuis très longtemps un intérêt bien compris a être unis. Parce qu’un Vaudois reste avant tout un Vaudois, et qu’il existe aussi des tensions palpables entre germanophones et francophones.

                      Mais nous, en France, nous avons aussi une identité nationale et une seule langue, or le problème se pose d’une autre façon. Je pense qu’il existe réellement une volonté politique d’exacerber les différences pour exploiter les tensions qui en découlent.

                      Le rôle du politique ne devrait pas être me semble-t-il d’exploiter les penchants de l’homme à l’égoïsme et à l’individualisme, mais au contraire de l’éduquer pour qu’il participe à la société.


                    • Dalziel 18 octobre 2007 20:13

                      ...la Corrèze avant le Zambèze...

                      C’est de Jean-Louis Tixier-Vignancour. Et c’est bien le moins de privilégier les siens par rapport aux « autres ».

                      ...disons qu’il y a depuis très longtemps un intérêt bien compris a être unis.

                      Ah non, nous sommes unis, tout simplement parce qu’on ne conçoit pas qu’il puisse en être autrement. C’est une chose aussi naturelle que l’air qu’on respire. Et on constate la force de notre identité « transculturelle », lorsque 80 % des Suisses rejettent l’adhésion à l’Union européenne.

                      Parce qu’un Vaudois reste avant tout un Vaudois...

                      A la différence de ce qui s’observe en France, où l’on est Français et Alsacien ou Breton, en Suisse, on est Suisse parce que Vaudois, ou parce que Valaisan, ou parce que Neuchâtelois. C’est très différent.

                      ...il existe aussi des tensions palpables entre germanophones et francophones.

                      L’expression « tensions palpables » est très excessive, puisqu’il n’existe aucun mouvement séparatiste, même pas un groupuscule sécessionniste folklorique. Il y a des divergences, mais là encore transculturelles. Il n’y a jamais un bloc latin contre un bloc germanique.

                      Le rôle du politique ne devrait pas être me semble-t-il d’exploiter les penchants de l’homme à l’égoïsme et à l’individualisme, mais au contraire de l’éduquer pour qu’il participe à la société.

                      C’est cela même que j’appelle « chasser le naturel ». Mais un Etat n’est pas une Loge maçonnique. C’est voué à l’échec, même au prix de millions de morts. L’histoire l’a amplement démontré.


                    • .TALL 19 octobre 2007 08:54

                      Yralim

                      Sans remettre en cause votre idée générale sur la désolidarisation, en ce qui concerne les motifs d’union et de désunion des Flamands et Wallons j’en ai donné ma version ici

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