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Qui succédera à Silvio Berlusconi ?

La scission de son parti il y a quelques jours, et les déclarations faites ces derniers jours demandant un vote de confiance à la rentrée, met l’Italie devant le risque d’une crise gouvernementale qui pourrait entrainer de nouvelles élections. Vu l’âge avancé de Silvio Berlusconi, on le voit mal se lancer dans une nouvelle campagne électorale, et la dissolution du gouvernement pourrait entrainer la fin de sa carrière politique. Aussi il devrait se concentrer sur la recherche de son successeur, et aux italiens de choisir leur prochain premier ministre. En effet, entre une recherche continuelle de Silvio de cloisonner son parti pour en garder le leadership et une opposition toujours à la recherche du candidat qui sera rassembler, les possibilités se réduisent. Mais le risque toujours plus important de dissolution, avec la création du nouveau groupe parlementaire composé de 33 députés, ayant le pouvoir de faire tomber le gouvernement, incite les italiens à réfléchir sur le futur de leur pays. Mais qui sont les éligibles possibles.

1. Au sein du PDL, parti de Silvio Berlusconi.

Le fidèle parmi les fidèles est sans contestation possible le ministre de l’économie, Giulio Tremonti, le seul capable de s’opposer à Berlusconi de manière amicale mais ferme, et le seul qui soit en mesure de tenir les rênes de l’économie. Sans Giulio Tremonti aux commandes, l’Italie serait certainement déjà devenu l’égale de la Grèce, de plus, par sa détermination à se contre positionné à Silvio Berlusconi sur les questions regardant l’économie, il a su limiter la récession, même s’il doit malgré tout aujourd’hui affronter les chiffres, et a du faire passer il y a une semaine une manœuvre économique, mettant les italiens devant un déficit budgétaire gigantesque et imposant de sévères mesures de restriction pour boucher le trou. Toutefois, il reste un homme de cabinet, un homme de l’ombre, qui préfère le sombre travail administratif aux lumières d’un poste de premier ministre. Son coté bureaucratique l’empêcherait de pouvoir percer comme leader.

Le second serait Gianfranco Fini, ancien leader de A.N. (équivalent d’un F.N. en plus soft) qui est rentré dans le parti de Berlusconi il y a deux ans, malgré qu’il participe à la direction du pays depuis de nombreuses années. Son rôle dans la politique du pays en fait le meilleur allié de Silvio Berlusconi, comme de son pire adversaire. Toujours indispensable dans les différentes prises de pouvoir de la droite, il a toujours su tirer son épingle du jeu, en profitant de sa position de force pour obtenir ce qu’il désirait. Sa nouvelle scission avec le PDL, en créant son groupe parlementaire, le met une nouvelle fois dans une position d’opposant. A tout moment, il peut décider de faire tomber le gouvernement, cependant, cela le ferait passer pour le traitre, et perdrait définitivement le consensus du PDL pour les prochaines élections. De plus, son passé d’extrémiste ne fait pas l’unanimité au sein du parti, et ses litiges continuels avec Silvio Berlusconi en font un candidat qui ne pourrait pas créer le rassemblement de la droite.

 

2. Au sein de l’alliance, avec la Liga del Nord.

L’allié fidèle de la droite, reste la Liga del Nord, avec comme responsable Roberto Calderoli, qui pourrait représenter le futur de ce parti. Ayant obtenu une forte progression lors des dernières élections, cet allié est devenu puissant, voir indispensable pour gouverner le pays. Avec 4 ministres dans le gouvernement, il représente un parti qui pourrait être l’alternative. Toutefois, ce parti n’est autre qu’un parti séparatiste. En effet, son programme est basé sur la souveraineté du Nord de l’Italie sur le reste du pays, en se disant la première puissance économique, il souhaite que le pays soit divisé région, et que chaque région gère eux-mêmes leurs ressources et dépenses. Il souhaite en fait une nation avec des états indépendant vivant en fonction de leurs recettes, on imaginerait mal qu’il puisse représenter l’Italie, ce serait comme si un membre du parti séparatiste Corse devienne président de la France.

 

3. Le PD ou Parti Démocratique.

Pier Luigi Bersani est le leader de ce parti qui se veut être l’alternative au gouvernement actuel. L’équivalent de notre Parti Socialiste, ce parti représente 20 – 30 % de l’électorat. Après les espérances créées avec l’arrivée de Veltroni comme secrétaire du parti, la gauche croyait détenir son candidat, mais le revers des dernières élections a coupé l’élan de ce nouveau parti. L’élection démocratique de Pier Luigi Bersani a redonné un nouveau souffle au sein de la gauche et ré-ouvert les possibilités de victoire. Toutefois, comme notre parti socialiste, le PD reste ancré dans une phase de réflexion et d’écoute des électeurs qui semble être sans fin. Les propositions peines à venir et le programme est peu consistant, laissant donc des votes aux partis radicaux de gauche, et ne sachant pas si le parti serait prêt pour des élections immédiates.

 

4.L’UDC ou L’Union Des démocratiques.

Ce parti est l’équivalent de notre Modem. Son leader Pier Ferdinando Casini, se réjouit quand son parti dépasse les 5 pourcents. Comme tout bon parti centriste, il reprend les idées des deux camps et tangue à gauche ou à droite en fonction de l’opinion publique. Dans le gouvernement de droite il y a quelques années, il est maintenant dans l’opposition avec la gauche. La volonté de ce parti serait de créer un troisième pole au centre de la politique, mais qui comme en France est peu suivi. Donc son objectif serait de rester entre 5 et 10 pourcent d’électorat, pour devenir l’arbitre en cas d’une parité entre les deux principaux partis du pays, et ainsi devenir le parti qui pourrait faire changer la majorité. Il est donc invraisemblable que son leader soit un jour premier ministre, mais sera certainement un parti nécessaire au prochain gouvernement.

 

 

5. Les partis radicaux

L’espace laissé par le mécontentement des principaux partis pourrait laisser bien espérer pour ces partis. Mais l’impossibilité de s’unir et leur radicalisme les marginalise. Les principaux leaders sont d’une part Antonio Di Pietro et le nouvel arrivé Beppe Grillo. Antonio Di Pietro est le magistrat artificier de l’opération « mani puliti » en Italie, qui a mis en œuvre l’arrestation de plusieurs hommes politiques corrompus. Son créneau est la contre position permanente et le dénigrement de Silvio Berlusconi, sa cible préférée. Du fait de son passé de magistrat il recherche à sortir la corruption de la politique et n’hésite pas à accuser la majorité actuelle quand il le peut. Son rôle d’anti-Berlusconi est toutefois si fort que son discours électoral est surtout basé sur ce sujet, il est donc dépendant de Silvio, et quand Silvio arrêtera la politique, Pier Luigi n’aura plus d’arguments.

 

Beppe Grillo quant à lui, est le dernier arrivé, comique, acteur et président d’une association de citoyen, il se dit apolitique, mais a décidé de rentrer tout de même en politique. Son parcours d’antipolitique en fait le José Bové italien. Il sait s’opposer mais ne sait pas proposer. Il devrait donc que peu compter, à moins de réussir à attirer les voix des non votants ou indécis.

6.L’affiliation démocratique

Sachant que Silvio Berlusconi n’est pas immortel, même si des fois il a tendance à le croire, il pourrait penser à l’affiliation démocratique. L’affiliation démocratique c’est quoi ? C’est une pratique courante en ce moment en France, cela vient de la définition originale du mot « affiliation » qui signifie donner en héritage à un fils, et de la définition du mot « démocratique » pour élu démocratiquement, donc donner en héritage à son fils un siège d’élu. C’est un peu comme le père de famille souhaite un garçon pour perpétré son nom, l’homme politique propose son enfant pour perpétré sa politique. Par exemple, Jean Marie le Pen a affilié démocratiquement sa fille Marine Le Pen au sein de son parti, même si elle n’était pas la meilleure candidate au départ, et malgré son inexpérience au sein du parti, l’affiliation par son père et la coopération des médias l’ont légitimé. Nicolas Sarkozy en fait de même avec son fils Jean Sarkozy, qu’il cherche à nous imposer par tous les moyens, malgré qu’il n’arrive pas à finir ses études et ne soit pas le meilleur politique du moment. L’affiliation démocratique est donc le fait de proposer un enfant à une élection démocratique sachant qu’il n’est pas le meilleur candidat mais en le légitiment, en utilisant les médias et sa notoriété. Silvio l’a déjà fait au niveau économique avec son fils Pier Silvio Berlusconi, en le mettant aux commandes de ses sociétés, il n’a pas encore pensé à le faire en politique… La France est en avance sur l’Italie en matière de pistonnage.

Pour finir, le problème principal de l’Italie, est le même qu’en France, une défiance de la politique et des représentants qui n’arrivent pas à rassembler et à convaincre. L’unique espérance pour l’Italie réside dans le « peuple violet », une association de citoyens qui s’expriment dans la rue et sur le web, contre les politiques erronés. Le peuple est souverain, et les élus doivent savoir qu’il existe une force qui peut les arrêter et les contrôler, ayant la volonté de croire que tout n'est pas possible en politique. Cette force doit faire cesser l’affiliation démocratique, doit faire cesser les politiques raciales, doit faire cesser la corruption dans la politique. Le premier parti qui réussira à s’ouvrir véritablement au peuple, en parlant d’égale à égale, et qui réussira à comprendre les vraies demandes et préoccupations des citoyens en proposant des solutions effectives pour le peuple, ce parti réussira à obtenir une majorité pour créer une nouvelle politique citoyenne loin des clichés politiques actuels.

http://www.youtube.com/watch?v=44A-k4dZ2as

 
 

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4 réactions à cet article    


  • Tiberius Tiberius 7 août 2010 12:28

    « le seul qui soit en mesure de tenir les reines de l’économie. »

    Ce ne serait pas plutôt les rênes de l’économie ? smiley


    • jullien 7 août 2010 13:59

      @ l’auteur
      Permettez-moi de vous conseiller d’améliorer votre écriture.
      Et pour commencer de vérifier comment les gens s’appellent (à la remarque de Marc Gelone ci-dessus, j’ajoute que M. « Jose Beauvais » est en fait M. José Bové).
      Dommage car votre article est intéressant.


      • Remi Gueudelot 8 août 2010 22:12

        Bonjour !

        Ok ! J’ai pris note des erreurs smiley quelque chose est passé au travers de mon second auto-controle.


      • sophie 7 août 2010 17:25

        Bref ici en France et là bas on a pas fini de rigoler smiley

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