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Sarkozy – Merkel : Un appel politique

C’est l’événement politique du jour, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy signent un appel conjoint publié en France dans le journal du Dimanche et en Allemagne dans Die Welt. Fortement investi dans la campagne européenne, le président Français joue pour la seconde fois la carte franco-allemande pour appeler les Européens aux urnes.


Sarkozy et Merkel le 10 mai 2009, crédits : Michael Dalder / Reuters

Sarkozy et Merkel le 10 mai 2009, crédits : Michael Dalder / Reuters

On le disait avoir du plomb dans l’aile depuis l’élection de Nicolas Sarkozy et les déclarations d’Angela Merkel offusquée par l’attitude du président français, mais en période de doute sur l’Europe le couple franco-allemand demeure une valeur refuge. Après avoir tenu un meeting commun à Berlin, le 11 mai dernier, Merkel et Sarkozy nous offrent aujourd’hui une déclaration très politique.

A une semaine de l’ouverture des bureaux de vote pour les Européennes dans la plupart des 27 pays, le but de ce texte commun est évidemment d’endiguer l’abstention que l’on annonce massive dans tous les États. Pour cela, la chancelière allemande et le président français se lancent dans une grande opération de promotion de l’Union Européenne. C’est un appel pour “une Europe forte qui nous protège”. Une Europe que l’on s’efforce de rendre séduisante en affirmant dès les premières lignes qu’ils refusent “une Europe bureaucratique qui applique mécaniquement des règles tatillonnes et qui se méfie du changement”. Avec une longue anaphore en “nous voulons” (Est-ce une figure de style imposée par Sarkozy qui aimait tant pendant sa campagne présidentielle, utiliser l’anaphore “je veux” donnant cette sentation d’égotisme ?), les deux chefs d’État présentent leur vision d’une “Union Européenne qui soit à l’écoute des citoyens, qui innove, qui dynamise”.

Pour eux, l’Europe a été un rempart contre la crise, et c’est par cette même Union que nous en sortirons. Ils en appellent à “une économie de marché responsable” reprenant la formule oxymorique du traité de Lisbonne : “une économie sociale de marché hautement compétitive”. Pour que la reprise puisse se faire dans les meilleures conditions, ils en appellent à un assouplissement des critères européens de stabilité : “nous appelons à la modification de règles comptables”. Paradoxalement, ils affirment à la fin de cet appel qu’ils sont conscients que “la dette publique actuelle est un fardeau trop lourd pour être laissé aux générations futures”

Conjointement, ils vendent les résultats de leurs six mois de présidence de l’Union Européenne qui ont permis une “lutte contre le changement climatique” avec ce qu’il convient d’appeler “le paquet climat” (formule somme toute fort peu élégante et bigardienne). Sur ce point, le couple franco-allemand cherche à convaincre leur “plus proche allié” (comprendre les États-Unis) de se rallier à leur position lors du traité de Copenhague en décembre prochain. Ils affirment croire en une “croissance verte”“protection du climat et productivité doivent aller de pair” ce qui passera par des “mesures pour protéger l’industrie européenne”.

Après en avoir appelé à “une Europe à l’écoute des citoyens”, je le disais, le couple franco-allemand, justifie le passage en force du traité de Lisbonne en louant ses mérites puisqu’il “rendra l’Europe plus forte”. Culpabilisant le seul État à ne pas encore l’avoir ratifié, les deux chefs d’État en campagne avouent faire confiance “aux Irlandais pour faire le choix de l’Europe”. Avant d’envoyer un message clair à la Turquie, sans même la citer : “L’UE a besoin de frontières. Un élargissement illimité n’est pas possible”. On pourrait imaginer que le message s’adresse aussi à l’Islande, mais vu la campagne de l’UMP sur le sujet, on comprend que la cible est plutôt la Turquie, surtout qu’après, les deux signataires écrivent que “l’Europe doit assumer ses valeurs et son identité” (comprendre chrétiennes).

Après avoir évoqué le besoin de renforcer “une politique commune de défense et de sécurité” et une politique étrangère basée sur “le respect des droits de l’homme” (aucun commentaire), Angela Merkel et Nicolas Sarkozy appellent “tous les Européens à voter aux élections européennes” avant de conclure par cette formule choquante : “Europa kann das, wenn es will”, traduction : Quand l’Europe le veut, l’Europe le peut soit le slogan de l’UMP pour cette campagne !

Quand_l__Europe_veut__l__Europe_peut

 

Dans cette volonté d’endosser à nouveau son statut de président de la République française au dessus des partis, Nicolas Sarkozy réussit encore à être en campagne énonçant des points du programme de son parti et clôturant par le slogan de celui-ci, un président qui décidément semble avoir du mal à accepter son rôle et à abandonner celui de chef de la majorité présidentielle.

 


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