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« Should I stay or should I go » : le Royaume-Uni à la porte de l’Europe ?

La proposition de David Cameron, d’organiser à l’horizon 2017 un referendum quant au maintien ou non du Royaume-Uni au sein de l’Union européenne, a suscité une levée de boucliers au sein de la politique française.

Le Royaume-Uni est pourtant coutumier du fait. 3ème économie de l’Union, la perfide-Albion a toujours semblé marcher sur des œufs en ce qui concerne l’expansion des compétences exclusives de l’Union et partant, la diminution de ses compétences étatiques propres. 

Depuis 1973 et son entrée délicate dans la CEE (après deux veto du Général de Gaulle qui lui reprochait sa préférence pour le Commonwealth), la relation entre le Royaume-Uni et ses alliés européens a toujours fait figure de quasi-exception, dans une Europe de plus en plus libérale.

"I want my money back !"

Le premier fait d’armes a lieu en 1979, quelques mois après l’élection de Margaret Thatcher. En cause, les 40% du budget de l’Union dédiés à la Politique Agricole Commune, à laquelle le Royaume-Uni – contributeur net – profite peu. A un journaliste du Guardian qui l’interroge, la dame de fer lance alors le fameux « I want my money back ! ».

La phrase est depuis lors passée à la postérité, et après cinq années de conflit a été institué le fameux « rabais britannique » sur la contribution au budget européen, première étape d’une Europe à la carte.

Le Royaume-Uni a en effet habitué l’Union à cette politique isolationniste, et celle-ci a depuis toujours respecté les clauses d’exemption (clauses d’opting-out) formulées par les gouvernements britanniques successifs. C’est notamment par ce type de clause que le Royaume-Uni s’est écarté du troisième volet de l’Union économique et monétaire (UEM) instituant la monnaie unique.

Si ce nouveau désaccord entre Londres et Bruxelles s’inscrit donc dans le fil d’Ariane de la politique extérieure britannique, le résident du 10 Downing Street va sans doute beaucoup plus loin que ses prédécesseurs. Alors qu’il aurait pu demander une énième dérogation en renégociant un nouveau transfert de compétences de l’Union vers le Royaume-Uni, il agite cette fois-ci le spectre de la sortie pure et simple de l’Union, nageant totalement à contre-courant de la doxa quasi-fédérale de la Commission européenne.

Faut-il y voir une stratégie politique du premier ministre britannique, eurosceptique modéré, qui ne sait plus comment faire pour contenir la droite europhobe de son parti ?

C’est en tout cas l’avis du président du Parlement européen, le social-démocrate allemand Martin Schulz, qui « suspecte M. Cameron de jouer un jeu dangereux avec cette proposition de référendum pour des raisons tactiques et de politique intérieure ».

Juger cette sortie de Cameron à l’aune d’une démarche purement électoraliste n’est cependant pas suffisant et ne convainc pas ; le prochain scrutin est lointain et par ailleurs s’il est indéniable que David Cameron a besoin du socle de voix de la droite des tories, il est toutefois à la tête d’un gouvernement de coalition au sein duquel les Libéraux-démocrates, europhiles de la première heure, jouent une place importante. Qui plus est, David Cameron doit avoir encore en tête l’exemple français, qui a montré que le choix de céder aux sirènes de la droite d’un électorat n’était pas probant.

Il n’en demeure pas moins que David, le chef de parti ou Cameron le chef du gouvernement, semble ne plus savoir à quel saint se vouer, à l’heure où le virulent Nigel Farage, du Parti pour l’indépendance du Royaume Uni (UKIP) rallie une partie de la population à la cause europhobe.

Et en cas d’avis négatif de la consultation populaire, qu’adviendrait-il de l’Union européenne ? Est-elle vouée aux gémonies sans son partenaire britannique ?

La démarche de Cameron ne sonne sans doute pas le glas de la construction européenne ; il doit déjà être réélu lors des législatives de 2015, ce qui n’est pas forcément chose aisée. Le sujet est en tout cas sur la table, et permettra à coup sûr de remuer les consciences. En témoigne le satisfecit – peut-être de façade – de la chancelière allemande qui lors de leur rencontre au forum de Davos a assuré à son homologue qu’elle était « prête à discuter des souhaits britanniques ».

L’Europe se fera alors par avancement différencié, ce qui peut être à terme la solution pour concilier les particularismes nationaux. C’est en tout cas l’avis mesuré de Sandro Gozi, député italien et ancien membre du cabinet de Romano Prodi, qui estime que « si on pense à l’Europe comme à une famille, alors ses enfants sont tous d’âges différents, et ne peuvent évoluer au même rythme. ».


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12 réactions à cet article    


  • L.F. L.F. 26 janvier 2013 18:33

    Le principal motif d’intégration de la CEE pour le R-U était de participer à ce grand marché commun, alors en pleine croissance et qui collait parfaitement à la tradition de libéralisme économique chère aux britanniques.

    Ils ont commencé à trouver ça beaucoup moins intéressant à mesure que les contraintes posées par l’Europe grandissaient ( malgré de nombreuses clauses d’opting-out ) et que la croissance européenne ralentissait.

    Aujourd’hui les intérêts à rejoindre cette Union ont quasi-disparu : l’ouverture douanière de l’Europe vers l’extérieure est quasi-totale ( plus grand intérêt à rejoindre la marché commun donc ) et surtout cette Europe est plongée dans la récession.
    De plus, la force économique du RU est maintenant la City et non plus l’industrie, ce qui réduit encore l’attrait d’un marché commun et tourne les anglais vers Wall Street et les places boursières asiatiques en expansion ( Hong-Kong, Singapour ) plutôt que vers l’Europe.

    Ajoutez à cette disparition des attraits de l’UE pour le R-U le sentiment d’ « indépendance jalouse » ( rien de péjoratif dans cette expression ) qui anime toujours autant nos voisins d’outre-Manche, et vous comprendrez aisément que l’UE n’est plus tout à fait en odeur de sainteté à Londres.
    Enfin, alors que le gouvernement anglais a beaucoup de mal a relever l’économie, une sortie de l’Europe lui donnerait une réelle action, dont les résultats sont directement vérifiables, à ajouter à son ( maigre ) bilan dans l’optique des élections de 2015 


    • Rensk Rensk 27 janvier 2013 09:53

      Le maire de Londres a déjà proposé de crée un nouvel espace...

      « Britzerland »

      Pour les intimes ; Il y propose ni plus ni moins que la création du « Britzerland », soit d’une nouvelle communauté formée de la Grande-Bretagne et de la Suisse.

      Les deux pays auraient tout intérêt à s’associer pour créer un nouvel espace séparé de l’Union européenne (UE), estime en substance Boris Johnson. D’autres pourraient s’y joindre, ajoute-t-il en pensant concrètement à la Norvège et à la Suède.

      http://www.tdg.ch/suisse/Le-maire-de-Londres-propose-de-creer-le-Britzerland/story/21309133


      • Luc le Raz Luc le Raz 27 janvier 2013 14:52


        « Le Royaume-Uni au sein de l’Union européenne, a suscité une levée de boucliers au sein de la politique française »

        Oui mais pas pour tout le monde politique semble-t-il  smiley


        • Luc le Raz Luc le Raz 27 janvier 2013 15:02

          Oups ! j’ai oublié le titre ! « Should I stay, should I go ? »


        • Antoine 27 janvier 2013 16:07

           Dehors les anglo-saxons qui ont toujours foutu le bordel en europe en prenant bien soin de contrarier les intérêts français !


          • Surya Surya 27 janvier 2013 19:07

            David Cameron est personnellement contre la sortie de la Grande Bretagne de l’Union Européenne. Il a cédé à la forte pression des euro-sceptiques de son clan, mais ce qu’il souhaite, si j’ai bien compris, c’est que le référundum ait lieu après acceptation par l’Union Européennes de réformes qu’il propose et qui selon lui s’imposent pour que cette union puisse continuer de fonctionner. Je ne sais pas si ces réformes qu’il demande sont supposées ne servir les intérêts que de la Grande Bretagne, c’est fort possible, en tout cas il me semble que Merckel soit de son avis et pense que ces réformes sont nécessaires au bon fonctionnement de l’UE.
            Quant à Nigel Farage, je l’ai vu l’autre jour à la télé dans un talk show où les gens, toute personne qui souhaite participer peut le faire, viennent sur le plateau pour poser directement leurs question aux politiciens ou autres. Il souhaite une sortie de l’UE et pour convaincre, stigmatise les travailleurs étrangers, fait d’eux ses boucs émissaires. Une femme dans l’auditoire s’est alors levée et a raconté comment, n’est ce pas, la présence de nombreux travailleurs polonais changeait l’atmosphère dans son coin (du genre on n’est plus entre nous), comment il y en avait trop, et bien sûr elle ne pouvait pas supporter cela, la pauvre... Evidemment Nigel Farage a approuvé, il en rajoutait même une couche... Ca vous donne un aperçu des raisons pour lesquelles certaines personnes veulent sortir de l’UE... On a le droit de ne rien y connaître en politique ni en économie, c’est aussi mon cas, mais tomber aussi bas dans son analyse de la situation d’un pays, et croire que la solution sera trouvée en montrant du doigt et stigmatisant des gens qui n’y sont absolument pour rien, et qui en plus bossent dur, c’est pitoyable.


            • spartacus spartacus 27 janvier 2013 19:34

              La démocratie fait peur aux bobos semble t-il.

              Démocrates de pacotille.


              • L.F. L.F. 27 janvier 2013 22:58

                Il est en effet vrai qu’un des raisons pour laquelle Cameron se fait copieusement taper dessus par la grande majorité des intellectuels européens est sa proposition de référendum ( on le taxe de populisme, démagogie etc ) : mais rien de très étonnant quand on connaît l’amour fou qui unit la construction européenne actuelle et les peuples...


              • spartacus spartacus 28 janvier 2013 18:27

                Il le fera !

                La Norvège ou la Suisse sont hors CEE.
                Ces 2 pays affichent une santé économique hors pair !

                Il en a rien a foutre du résultat !


              • quelle grande gueule ce cameron....le défict finances compriseS de l’angleterre est le 10 fois plus fort que LEUR PIB donc donc du PBI de la majorite des états CEE

                dans 2 mois ou 2 ans...ils pleureront pour revenir et avoir de l’aide financière

                IL FAUT LEUR DIRE NON PAS LE BEURRE ET LE GATEAU.................


                • spartacus spartacus 28 janvier 2013 18:29

                  Un déficit se mesure par rapport à un budget. Pas par rapport à un PIB.

                  Voici pourquoi l’Angleterre à une note AAA et pas la France !

                • toto toto 28 janvier 2013 22:34

                  Bonjour, comme d’habitude sur l’Europe les réactions sont anti-Européiste. Ce qui est tout à fait normal quand on comprend ses principes de fonctionnement. Voir notre souveraineté disparaître ne fait jamais plaisir.

                  Pour lutter et mieux comprendre tout cela il y a un parti, un parti peu connu car il est éviter par tous nos grands médias et pour cause, avec l’appui de conférence simple et explicite, il dénonce les vérités que nos hommes politiques se cachent de dire. 

                  Je vous invite donc à consacrer un peu de votre temps sur le site www.U-P-R.fr.

                  Pour que vive la France. 

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