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Accueil du site > Actualités > Europe > Soin palliatif pour campagne électorale en déshérence

Soin palliatif pour campagne électorale en déshérence

Existe-t-il un remède pour récupérer in extremis, cette campagne ratée qui tourne à vide ? Sachant qu’il ne s’agit pas là d’une question d’esthète, mais de démocratie, c’est-à-dire de la paix civile de demain, si nous ne trouvons pas comment débattre de nos désaccords.

Il est plus que probable que c’est en raison du non-respect du « non » au référendum de 2005, que les citoyens boudent, boycottent ou, en colère, se tiennent à l’écart de la version 2009 de la campagne des européennes.

Cependant, il y a un fait plus lourd de conséquences et qui ne concerne pas les citoyens, mais les élus et les candidats : en raison du même référendum, l’essentiel de notre personnel politique, à la fois partisan de la poursuite du processus et échaudé par le revers de 2005, se garde bien de toute « audace » démocratique. On pourrait aussi parler d’honnêteté, ou de son absence, ne serait-ce que sur la question du partenariat transatlantique qu’ils ont approuvé à la quasi unanimité, gauche et droite de concert (à 99% pour le PPE (UMP et centre) et à 98,7% pour le PSE (PS), sachez apprécier l’immense différence ! [1]). Au vu du score et l’importance de ce futur marché commun UE - USA on pourrait s’attendre à ce qu’ils viennent tout de même en parler un peu à leurs électeurs. Il n’en est rien.

Néanmoins il y a un problème encore plus profond concernant les élections européennes, puisque depuis 1979 qu’elles existent, la tendance générale, sur les 30 ans et sur tous les pays, est à une baisse sensible et continue de la participation (taux d’abstention en France : 1979 39,7% ; 1984 43,3% ; 1989 51,3% ; 1994 47,3% ; 1999 53,2% ; 2004 57,25% [2]).

Nous n’avons donc affaire cette année qu’à une circonstance aggravante, en aucun cas à un phénomène exceptionnel. Mais quelle est donc la raison profonde de ce désenchantement de la question de l’Europe ? L’absence d’une démocratie européenne ? évidemment. Le fait que les promesses faites n’ont pas été honorées ? aussi. Les directives européennes qui prétendent tout régenter ? c’est un fait. La dureté de la crise qui vient et le fait que l’UE se soit montrée pour ce qu’elle est, inopérante et incapable d’intervenir ? également.

Mais tout cela n’explique pas pourquoi le débat ne prend pas, puisque de toute évidence il y a matière à débattre.

Hypothèse

Proposons cette idée : tout notre débat démocratique sur les questions européennes est bloqué parce que nous n’avons pas de clivage pertinent pour représenter la diversité des opinions. Oui/non, pour/contre, pro/anti-européen, quels que soient les mots utilisés, cela ne va jamais bien au-delà du simplisme et de la caricature, et cette situation annihile la possibilité même du débat.

Or, c’est une chose que d’être confronté à un problème et on l’aggrave si l’on est incapable de le nommer, mais c’est y rajouter de funestes et inextricables complications que de faire usage de mots inadéquats pour en parler.

C’est exactement ce qui se passe pour nos débats sur l’Europe, le parti majoritaire dans nos « élites » étant pour, il rejette dans un magma informe toutes formes de contestation, et au fur et à mesure des années et des décennies, toute la question s’est empêtrée dans l’insignifiance.

Proposition

Voilà un clivage un peu plus élaboré que nous pourrions utiliser et qui pourrait éclairer la situation :
- il y a des citoyens qui sont pour « cette Europe », et c’est leur droit le plus strict ;
- mais il y en a aussi qui veulent une « autre Europe », et ils ont le droit de faire entendre leurs espoirs ;
- il y a ensuite des courants de l’opinion qui veulent « quitter immédiatement » l’UE et eux aussi ont le droit de s’exprimer sans se faire insulter ;
- enfin il y a des citoyens qui veulent une réorientation complète de notre politique étrangère, qu’elle soit fondée sur « l’indépendance et la coopération » et non plus sur l’union, et eux aussi ont le droit de ne pas se faire accabler par les bien-pensants.

Peut-être que si cette autre façon de situer les idées sur l’Europe réussissait à faire une percée à l’occasion de cette fin de campagne, celle-ci aurait peut-être quand même servi à quelque chose d’utile et à atténuer l’exaspération d’une grande partie des citoyens. Ce serait en quelque sorte comme un soin palliatif administré in extremis à cette sorte de débat que nous avons observé jusqu’à maintenant.

Afin que les internautes puissent apprivoiser ce paradigme et situer leurs idées dans ces 4 familles de pensée, le site Europes 2009 propose un questionnaire en ligne dont les réponses expriment les différents types de réponses possibles, puis il donne une analyse et présente des diagrammes (« positionnement » et « profil ») qui permettent aussi de comparer les réponses avec celles des partis et des candidats.

Notes :

[1] Pour vérifier par vous-mêmes, allez sur http://www.epvote.eu/ cliquez sur « TEXTS », saisissez « A6-0114/2009 » la référence du « Rapport sur l’état des relations transatlantiques après les élections qui ont eu lieu aux États-Unis » de la commission des Affaires étrangères du Parlement européen (n’hésitez pas à télécharger le rapport), voyez les résultats généraux, par groupes parlementaires et par pays, cliquez sur le nom des pays pour voir ce qu’ont voté nos « chers » parlementaires.

 

[2] Les données sont accessibles sur le site de l’UE


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3 réactions à cet article    


  • LE CHAT LE CHAT 4 juin 2009 13:19

    c’est mal barré , sur le terrain aussi

    21 listes en région sud est , seuls 3 avaient mis des affiches sur les panneaux à hier soir
    PS ,NPA , FRONT DE GAUCHE

    quand aux tract sur la place du marché , je n’ai vu que PS tardivement , les verts et les communistes ............

    on se demande si c’est pas une blague , ce vote du 7 juin .......


    • Montagnais Montagnais 5 juin 2009 02:16

      Ben, nous on en a vu plus, des affiches pour le 7 juin : Johnny, Tapie, BHV, Zébulon, Dany le Bouge, Tartuffe Bertrand, Besson, Bouton... et plein d’autres, même un royaliste. c’est dire si tout ça est sérieux.

      Et les base lines, mon Dieu quel talent, quel espoir, quel avenir radieux assuré !

      L’Europe c’est nous

      L’Europe debout

      L’Europe devant

      L’Europe du changement

      L’Europe autrement

      L’Europe si je ments

      ...

      Non, non, pas une blague


    • citoyen 4 juin 2009 14:09

      excellent article , concis , clair ; d’accord à 100 pour cent.

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