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Accueil du site > Actualités > Europe > Sortir ou pas de l’euro ? Telle est la question

Sortir ou pas de l’euro ? Telle est la question

 Deux constats sont certainement largement partagés : Un, en principe, on fait d’abord une union socio-économique et puis une monnaie commune, pas l’inverse. Deux, la question de la sortie ou non de l’euro divise la gauche radicale en ce moment.

D’un côté, l’euro est vu comme un symbole ET un instrument de domination et de compétition dont il faut absolument se libérer. D’un autre côté, il est considéré soit comme utile (une monnaie forte face aux autres économies), soit comme nécessaire (sans l’euro, ce sera pire).

Sans revenir sur le fait que les Institutions européennes violent sans cesse leurs propres lois, soulignons que leurs traités ne prévoient pas de modalités spécifiques pour la sortie de la zone euro (contrairement à la sortie de l’Union prévue par l’article 50 du traité de Lisbonne). D’un point de vue légal, l’une n’entraîne pas l’autre. D’un point de vue légal, encore, l’expulsion d’un pays de la zone euro par les autres membres n’est pas possible, mais dans les faits ils peuvent bien sûr faire pression sur lui (via la BCE, entre autres).

D’un côté, on souligne qu’une sortie de l’euro entraînerait une forte dévaluation de la nouvelle monnaie et une fuite de capitaux. De l’autre, on (Frédéric Lordon, par exemple) dit que ces effets s’éteindront après une année et que plus on attend, pire ce sera. De plus, plusieurs scénarios de sortie de l’euro et alternatives sont mis en avant :

- sortir de l’euro à plusieurs (voire se doter d’une monnaie commune alternative)

- négocier cette sortie / dévaluation avec l’Europe pour en limiter les effets négatifs

- appliquer une réforme monétaire redistributive

- utiliser une monnaie complémentaire à l’euro pour les échanges internes (comme en Équateur où de nombreux paiements quotidiens – dont les factures et certains salaires – se font sans utiliser le dollar, la monnaie officielle)

- last but not least, demander l’avis à la population…

 

La position du CADTM

La sortie de l’euro n’est pas LA solution (avant l’euro, il y avait des problèmes, et le capitalisme était là) et elle ne doit pas être présentée comme un préalable à toute politique.

Le préalable c’est l’arrêt de l’austérité. Pour cela, il faut remettre en cause la dette illégitime. Si ces politiques peuvent être mises en place tout en restant dans le cadre européen (Europe et/ou euro), et que cela permet un changement de rapport de forces pour en changer profondément l’orientation et le fonctionnement, tant mieux. Si ces politiques ne peuvent pas être mises en place sans une rupture avec l’Europe et/ou l’euro (c’est ce que tend à montrer l’actualité grecque), alors il faut faire rupture.

Mais cette rupture ne doit pas se limiter à la sortie de l’euro. Pour empêcher le « ce sera pire après » et empêcher l’hémorragie, il faut un moratoire sur le paiement de la dette, un contrôle strict des mouvements de capitaux et la socialisation des banques.

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15 réactions à cet article    


  • JBL1960 JBL1960 2 juillet 18:48

    Ou carrément sauter le pas et comprendre que collectivement il y a bien plus de choses qui nous rassemblent que de choses qui nous divisent. Ignorer le Système pour créer les bases solidaires de la société des sociétés organiques et réfléchir et agir en praxis commune et enfin adapter l’ancien (le meilleur s’entend) au neuf = https://jbl1960blog.wordpress.com/2016/07/02/le-futur-est-proche/ Parce que, perso, y’a rien à garder de ce Système là, rien...


    • wesson wesson 2 juillet 20:38

      Je suis d’accord sur un point, sortir de l’Euro ne constitue en aucune manière une fin en soi. L’Angleterre n’est pas dans l’Euro, et a pourtant mené une politique outrancièrement néolibérale. 


      La problématique est en effet de fabrique une monnaie « commune », étape nécessaire à une véritable fédération. Mais cela implique des transfert de capitaux des pays riches vers les pays moins riches qui ne sont pas réalistes. Sapir a fait un calcul qui débouche sur 200 milliards par an pour la seule Allemagne, et au final 10 points de PIB. Ce n’est ni réaliste, ni souhaitable. 

      C’est pourquoi une sortie est en réalité à mon sens inévitable à terme. Ce à quoi il faudra faire attention, c’est qu’elle ne soit pas inutile. Ré appliquer le même néolibéralisme avec sa propre monnaie, et vous avez l’Angleterre Bis. 

      Alors, pour paraphraser Lordon, il y a la sortie moche par la droite teintée d’une bonne dose de xénophobie : c’est l’Angleterre qui se débat avant tout pour barrer la route à un nouveau labor franchement plus radical.

      Et il y a une autre sortie de gauche, ou effectivement il ne faut pas se raconter que ce sera facile au début, mais qui sur le long terme pourra nous amener de quoi à vivre en paix au moins jusqu’à la fin de nos jours. 

      Mais pour cela, il y a une condition absolument indispensable, et qui n’est aujourd’hui pas rempli : Se préparer sérieusement à une sortie. Et quand je dit sérieusement, ça veut dire que lorsque on attaque la négo, on pose sur la table une date qui à l’issue de laquelle on n’"as pas obtenu la fin de la concurrence par le social et le fiscal, alors on se barre véritablement. 

      Et ça, c’est vrai que je ne voit que Mélenchon qui y arrivera (peut-être). 

      En effet, je n’en suis même pas sûr, mais je sait que tous les autres n’essaieront même pas !

      • Ar zen Ar zen 2 juillet 21:01

        @wesson

        Je vous signale, qu’il n’existe aucun moyen de sortir de la zone euro. En fait, je dis une grosse bêtise. Il en existe une seul : sortir de l’Union Européenne.

        Quand vous dites que « les autres n’essaieront même pas » vous oubliez sciemment François Asselineau et l’UPR. Vous savez que ce parti veut sortir de l’UE, de l’Euro et de l’OTAN.

        Vous écrivez : « on pose sur la table une date qui, à l’issue de laquelle on n’a pas obtenu la fin de la concurrence par le social et le fiscal, alors on se barre véritablement ». Est-ce que vous vous croyez dans réunion syndicale ?

        N’importe quel projet de « révision » au sein d’un traité répond à l’article 48 du TUE. N’importe quel projet de révision au sein d’un traité est soumis à un « processus » bien décrit par l’article 48.

        On ne fait pas n’importe quoi wesson. On ne s’asseoit pas à une table de « négociation ». Cela ne se passe pas comme ça. Sortez cette idée de votre tête. Il y a de très nombreux acteurs. Il faut tous les interroger, il faut recueillir l’unanimité, créer une convention, etc. C’est tout un bordel infâme, un parcours du combattant impossible à réaliser. Et l’on ne parle que « d’un seul » projet de révision. Chaque projet est attaché au conseil de l’Union Européenne, c’est à dire aux 28-27 ministres concernés par ce projet (économie, agriculture, commerce, etc). Les traités sont inmodifiables par la complexité de la mise en oeuvre de leur révision et de la probabilité infinitésimale d’obtenir l’unanimité.

        Maintenant vous pouvez y croire. Vous pouvez penser que les chefs d’Etats se mettent autour d’une table et négocient. Cela ne se passe pas du tout comme ça. Il faut bien que vous le compreniez sinon votre déception sera à la hauteur de la supercherie.

        Voici les 10 étapes à respecter pour parvenir à présenter un projet qui proposerait une « révision » d’une disposition d’un traité. Voici ce que j’ai présenté dans un post antérieur. Prenez bien votre temps pour comprendre la supercherie.

        N’oubliez jamais que le programme de gouvernement de Mélenchon s’inscrit dans le cadre des traités européens. Ceci veut dire qu’il est « impossible » à mettre en oeuvre. Alors Mélenchon va « renégocier » les traités (quelles dispositions parmi les 500 articles, le savez vous ?) et il sait qu’il n’y parviendra pas. OK. Connaissez vous le temps que ceci mettra ? Avez vous lu l’article 48 qui pose les conditions de changement de dispositions des traités. Nous serons dans le cadre d’une révision « ordinaire » des traités. Il y a différentes étapes. 1°) Soumettre la proposition au conseil de l’Union Européenne (c’est à dire la réunion des 27-28 ministres concernés par le sujet, économique, agricole, juridique,...). Unanimité requise. 2°) Transmettre cette proposition au conseil européen. Unanimité requise. 3°) Les transmettre aux 27-28 parlements nationaux. 4°) Recueillir l’approbation du parlement européen à la majorité simple pour « débuter » l’examen de la, ou des modifications souhaitées. 5°) Convoquer une convention composée de représentants de parlements nationaux (des 27-28), des chefs d’Etats ou de gouvernements, du parlement européen et de la commission. 6°) La commission doit adopter par « consensus » une "recommandation. 7°) Cette recommandation est soumise à une conférence des représentants des gouvernements des Etats membres (27-28). Unanimité requise. 8°) Si un accord est trouvé, il doit être ratifié par tous les Etats membres. C’est seulement à ce moment que la nouvelle disposition entre en vigueur. Unanimité requise 9°) Si après un délai de 2 ans après la signature du traité modifiant le ou les traités, les 4/5 ont ratifié ce traité (mais pas tous), le conseil européen se saisit de la question. Par conséquent rien n’est encore fait et rien n’est encore accepté. 10°) Je vous signale que toutes les décisions concernant les modifications sont prises à « l’unanimité ». C’est donc une course d’obstacles que personne ne pourra jamais finir. « Renégocier » les traités est une vue de l’esprit. Mélenchon le sait. Pourquoi ne se positionne t-il pas pour sortir de l’UE ? Toute la question est là ! Procédure de révision ordinaire 2. Le gouvernement de tout État membre, le Parlement européen ou la Commission peut soumettre au Conseil des projets tendant à la révision des traités. Ces projets peuvent, entre autres, tendre à accroître ou à réduire les compétences attribuées à l’Union dans les traités. Ces projets sont transmis par le Conseil au Conseil européen et notifiés aux parlements nationaux. 3. Si le Conseil européen, après consultation du Parlement européen et de la Commission, adopte à la majorité simple une décision favorable à l’examen des modifications proposées, le président du Conseil européen convoque une Convention composée de représentants des parlements nationaux, des chefs d’État ou de gouvernement des États membres, du Parlement européen et de la Commission. La Banque centrale européenne est également consultée dans le cas de modifications institutionnelles dans le domaine monétaire. La Convention examine les projets de révision et adopte par consensus une recommandation à une Conférence des représentants des gouvernements des États membres telle que prévue au paragraphe 4. Le Conseil européen peut décider à la majorité simple, après approbation du Parlement européen, de ne pas convoquer de Convention lorsque l’ampleur des modifications ne le justifie pas. Dans ce dernier cas, le Conseil européen établit le mandat pour une Conférence des représentants des gouvernements des États membres. 4. Une Conférence des représentants des gouvernements des États membres est convoquée par le président du Conseil en vue d’arrêter d’un commun accord les modifications à apporter aux traités. Les modifications entrent en vigueur après avoir été ratifiées par tous les États membres conformément à leurs règles constitutionnelles respectives. 5. Si à l’issue d’un délai de deux ans à compter de la signature d’un traité modifiant les traités, les quatre cinquièmes des États membres ont ratifié ledit traité et qu’un ou plusieurs États membres ont rencontré des difficultés pour procéder à ladite ratification, le Conseil européen se saisit de la question.

        http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=CELEX:12008M048:fr:HTML


      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 2 juillet 21:45

        @wesson
        L’euro est déjà une monnaie commune... L’euro est commun à 17 ou 18 pays.
        L’euro a simplement consisté à mettre un signe = entre la valeur des monnaies.
        Qui peut croire que la drachme, la lire, ou le franc = le mark ? Seuls des naïfs ou des ignorants peuvent croire cela.


        Le but de la zone euro n’était pas économique, mais politique.

        Le but était de ficeler les pays de la zone euro, par une monnaie impossible à dévaluer.
        Et que fait - on quand on ne peut pas dévaluer une monnaie ?
        On baisse le prix du travail.
        D’où la Loi El Khomri, la fin du droit du travail et des acquis sociaux.

        "Et quand une crise arrivera, les nations économiquement désarmées n’auront plus comme solution que déréglementer le droit du travail, privatiser les entreprises d’ Etat en masse, réduire les impôts et d’envoyer les États-providence en Europe dans les égouts."


      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 2 juillet 22:02

        @wesson
        Pauvre Lordon qui croit ce que racontent les médias ... ! Les millions d’électeurs du Brexit, ce sont les pauvres, les sans dent, les bas salaires, les laissés pour compte de la mondialisation et des délocalisations industrielles, conséquences des Traités européens : liberté de circulation des capitaux des marchandises, des hommes et des services...


        Et Lordon, croit que c’est une idée d’extrême droite ? Plus à côté de la plaque, tu meurs ! Si la Gauche ne voit même plus les pauvres voter, elle sert à quoi ? A pérorer dans le vide.

        « Les cartes qui expliquent le vote du Brexit »
        "Les explications « multicritères » du vote, selon le « Guardian »
        Les remarquables cartes interactives du site du journal britannique le Guardian confirment que ce sont les parties de l’Angleterre qui se sont le mieux adaptées à la mondialisation qui ont voté contre le Brexit.

        Les données compilées dans ces cartes montrent que ce sont les électeurs disposant des plus hauts revenus, des plus hautes formations et des qualifications les plus élevées qui ont le plus voté contre le Brexit. En revanche, il apparaît que les donnés sur l’âge ou les origines étrangères ou non des électeurs pèsent peu sur le résultat du vote (voire la carte interactive)."

      • Mmarvinbear Mmarvinbear 10 juillet 20:27

        @Fifi Brind_acier
        Qui peut croire que la drachme, la lire, ou le franc = le mark ? Seuls des naïfs ou des ignorants peuvent croire cela. 


        Personne n’a dit cela. 

        Dès le départ, les monnaies nationales ont toutes eu un taux de conversions différent.

        1,96 DM pour 1 euro, ou 1936 lires , ou 6,55 francs français, ou 340 drachmes.

      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 2 juillet 21:48

        Cela m’attriste de voir des gens qui n’ont aucune notion du rôle des monnaies...
        « La tragédie de l’ euro », pour qu’enfin vous compreniez le rôle nocif de l’euro.


        • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 3 juillet 07:02

          Il n’existe aucune sortie moche ou pas moche de l’ UE...
          La souveraineté n’est ni de Droite, ni de Gauche. La souveraineté, c’est l’ensemble des droits régaliens dont dispose (ou pas ) un pays, pour défendre l’intérêt général de sa population :


          - le droit de battre monnaie, de dévaluer, de gérer son budget.
          - le droit d’avoir des frontières et de les gérer.
          - le droit de faire ses lois et de les appliquer.
          - le droit de décider de la guerre et de la paix.

          Tous les pays du monde disposent de ces droits, sauf évidemment les pays européens, qui ne peuvent plus décider de rien d’important.

          • fred.foyn Le p’tit Charles 3 juillet 07:57
            Sortir ou pas de l’euro ?...Les gens sensés sortiraient, mais pas assez nombreux hélas pour peser pour l’instant sur une sortie... !

            • zygzornifle zygzornifle 3 juillet 08:54

              la connerie c’est d’avoir mis l’Europe entre les mains des politiques .....


              • JBL1960 JBL1960 3 juillet 09:19

                @zygzornifle C’est à dire qu’ils s’en sont rapidement saisie surtout quand on sait qui en est à l’initiative réellement = https://jbl1960blog.wordpress.com/2016/06/29/rene-la-taupe-au-bilderberg2016/


              • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 3 juillet 21:35

                @zygzornifle
                Ce sont les lobbies qui font les lois.
                Les politiques les appliquent .


              • gaijin gaijin 4 juillet 11:01

                ce qu’est l’europe :
                https://reporterre.net/Les-incroyables-precautions-pour-cacher-le-traite-Tafta-aux-elus-du-peuple
                il faut plusieurs personnes pour permettre a un député d’accéder a un bureau vide .....
                même en corée du nord ça doit les faire marrer


                • CN46400 CN46400 4 juillet 12:08

                  Comme la misère est plus supportable au soleil, l’austérité capitaliste serait plus supportable hors de l’UE, surtout que les bourgeois gaulois sont tellement moins voraces de profits n’est-ce pas ? J’attend, avec intérêt, une démonstration sérieuse des avantages concrets cette proposition.....


                  • Ouam 11 juillet 02:26

                    Extraordinaire celle ci, faut absolument l’écouter !

                    http://bfmbusiness.bfmtv.com/mediaplayer/podcast/500-millions-d-europeens/

                    Lien Direct :

                    http://bfmbusiness.bfmtv.com/mediaplayer/audio/bfm-0907-500-millions-d-europeens-344224.html

                    Extraordinaire je vous le dis, surtout l’histoire avec la cantine et les enfants.

                    Si la vous n’avez pas compris la manipulation.....

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Robert GIL

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